(Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]

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Héléna Carter
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MessageSujet: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Mar 29 Sep - 22:27

Je pressai le pas sur le trottoir pour arriver au plus vite au domicile d’Holloway. J’aurai pu prendre un taxi ou le tram, mais j’avais préféré me déplacer à pied pour éviter qu’on me repaire trop facilement.  C’était le milieu de l’après-midi, les rues d’Asaria grouillaient de passants flânant devant les boutiques. Il  m’était facile de me dissimuler dans cette foule. Je serrais  instinctivement mes mains dans les poches de ma veste. L’une tenait fermement mon IPhone, la seconde mon porte-clefs et le fameux tube de rouge à lèvres qui n’en était pas un. J’écoutais le moindre son de sirènes, mais pour le moment, je n’entendais rien. Je repensais à ce qui c’était passé au Centre au moment où je tentais de fuir avec Grant. Les ascenseurs étaient devenus comme fous et les écrans de sécurité avaient explosé laissant les Miliciens surpris par toute cette situation. Une aide qui tombait à pic et qui n’était pas dû à un simple hasard. J’en étais certaine, mais rien pour le prouver pour l’instant. Quelqu’un nous avait ouvert tous les accès pour atteindre cette salle informatique et avait couvert notre départ. Sur le chemin, je cherchais à m’hôte de la tête toutes mes craintes, à me raccrocher à des images qui pourraient me rassurer. Et je finis par les trouver.


◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘ Flash-Back, quatre ans auparavant ◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘

A cette époque-là, il y avait eu un attentat au Luxor lors d’une soirée exceptionnelle où tout le gratin de la haute société avait été invité. Je m’en souviens encore, j’y étais présente et c’était lors de cette réception que j’avais croisé pour la première fois Gaius Hasard. L’établissement avait subi de nombreux dommages au point d’être fermé durant plusieurs mois pour rénovation. La Directrice de presse du Times, Adora Nicholson et nièce de la Grande Conseillère, s’était donnée comme point d‘honneur à trouver les responsable de tout ce carnage. Elle avait décidé de me mettre en équipe avec celui qui allait devenir mon binôme au fil des mois : Liam Holloway. Je m’en souviens encore, comme si c’était hier …
La Chieuse et l’Emmerdeur.

Toute la matinée je m’étais affairée à trouver les premières pistes pour l’enquête, téléphonant à mes indics pour leur demander de me trouver quelque chose de bien plus précis que les premiers rapports de la Milice qui n’avaient rien donné. Et c’est alors qu’il était apparu devant mon bureau, un carton à la main qui contenait ses affaires. Le bureau juxtaposé au mien était vide et c’était lui qui allait l’occuper durant toute cette enquête.

-  J’étais persuadée de ne pas vous voir aujourd’hui...

Premier grognement sans autre réponse de sa part alors qu’il se laissait tomber dans son fauteuil.  J’arquai un sourcil devant l’énergumène qui me faisait face. Nos deux bureaux étaient disposés de sorte à être face à face pour pouvoir mieux travailler. Quelle blague ! Sans aucune gêne Holloway venait de se pencher sur le côté pour admirer mes jambes rehaussées par une jupe qui m’arrivait à mi-cuisse.

- Hey !! Ça va ? Je ne vous dérange pas ? Vous vous êtes bien rincé l’œil ?

Il grogna une nouvelle fois tout en m’offrant un clin d’œil amusé et un sourire charmeur qui contrastait avec son caractère merdique. Voilà comment et pourquoi il avait cette réputation de dragueur. Il fouilla alors ses poches à la recherche de ses clopes, il les trouva et en alluma une tout en fouttant les pieds sur le bureau dans un très gracieux « boom ». L’électricité commençait à crépiter en moi et vu l’humeur qui se dégageait des deux bureaux, quelques-uns des collègues passèrent à côté de nous en évitant d'esquisser ne serait-ce qu'un petit bonjour, peut être reculaient- ils devant l'éclat plus qu'agacé de mes prunelles, ou alors, ils avaient peur que je morde. Ouais, j’opterai pour la deuxième solution ! J’étais à deux doigts de bruler le second bureau. Mais finalement, je repris lentement le contrôle sur mes émotions et je me reconcentrai sur mon article.

-Dites, vous voulez pas aller me chercher un café ?

Ce fut à ce moment précis que la question de l’étrangler fit son apparition. Je reculai mon fauteuil  et je me redressai énergiquement sur mes talons aiguilles. Je récupérai à la volée sa cigarette que j’écrasai dans la poubelle en fer. Je revins près de lui, croisant mes bras et tapotant du bout du pied. Énervée ? Moi ? Pas du tout !!

- Premièrement : on ne fume pas ici. Secundo, retirer vos chaussures du bureau, on n’a pas élevé les cochons ensemble, il me semble bien !

Je poussai vivement ses jambes pour qu’il les enlève du bureau et je fis pivoter le fauteuil du journaliste pour y poser mes mains sur les accoudoirs et me pencher vers lui, les yeux dans les yeux :

 - Vous avez lu mon badge ? Il est écrit : Journaliste et non pas bonne à tout faire de Liam Holloway. Allez-vous servir vous-même votre café !

Ma posture ne manqua pas de le faire réagir et c’est sans aucune discrétion qu’il détailla mon décolleté avec précision ! J’inspirai lentement pour dissiper la rage qu’il suscitait en moi. Puisqu’il voulait jouer de cette manière-là, je lui prouverai qu’il allait se casser les dents face à moi. J’ai toujours été une chieuse depuis ma plus tendre enfance et provoquer était aussi un jeu dans lequel j’excellais. Je me dirigeai jusqu’au buffet et je me servis un gobelet de café. Il était bien chaud. J’avais vu du coin de l’œil une journaliste en faire de nouveau. J’humai la bonne odeur tout en reprenant ma place devant mon ordinateur. Un sourire espiègle ne quittait pas mes lèvres.

- Il est excellent, un vrai délice !

◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘ Fin du Flash-Back ◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘◘

Je fus sortie de mes souvenirs par le grondement  intempestif de mon estomac qui criait famine. Depuis le début de la matinée et jusqu’à maintenant, j’avais passé toutes ces dernières heures au Centre de Recherches. Je n’avais pris qu’un bref petit déjeuner avant de partir ce matin et maintenant le besoin de me sustenter se faisait ressentir. Mais avant toute chose, je devais rejoindre Liam à son appartement.  Trois quart d’heures s’était écoulait entre le moment où j’avais pris soin de garer ma voiture devant mon immeuble et le moment où j’arrivais devant la porte d’entrée de l’immeuble le plus vintage de la cité où habitait Holloway.  Je donnai un coup d’épaule à la porte qui s’ouvrit sans aucun problème. Ce n’était pas la première fois que je venais ici. Je ne comptais plus les heures et les nuits que j’avais partagées avec lui quand nous travaillons sur un article. La salle de presse du Times était constituée en open space. Grande mode certes, mais parfois Holloway et moi, nous préférions le calme d’un endroit rien que pour nous deux et nos neurones. Dans l’ascenseur qui me menait à son étage, un frisson me parcourut l’échine lorsque le sas se referma. Je me remémorai subitement tout ce que je venais de vivre avec Grant et maintenant je prenais de plus en plus conscience qu’on avait été proche de frôler le pire sans l’aide d’une personne qui hantait certainement les étages du Centre. J’avais hâte de me plonger dans la lecture des données que j’avais téléchargées et de chercher cette anagramme qui servirait de mot de passe aux dossiers. Holloway avait certainement en sa possession un logiciel de morphing et peut-être qu’avec un peu de chance je trouverai ce qui avait bouleversé tant Grant.

Une fois hors de l’ascenseur, je longeai le petit couloir en direction de l’appartement de Liam d’un pas précipité. Mes heures étaient surement comptées et je devais tout expliquer à mon coéquipier. Devant sa porte, je toquai par deux fois, mais je n’entendis aucun bruit provenant de l’appartement. Je venais de me rendre compte qui si je l’avais bien eu au téléphone, il y a un peu plus d’une heure, je n’étais pas certaine de l’endroit où il se trouvait. Il aurait pu très bien être avec une de ses conquêtes. Pire, il pouvait être là en compagnie d’une de ces nanas. Machinalement, je fis tourner mon alliance. Je la gardais au Times pour éviter que les plus curieux ne mettent leurs nez dans mon histoire et surtout pour qu’on nous laisse en paix, Oliver et moi. Mais ici, devant cette porte, je n’avais plus à faire semblant. Je la retirai et je la fourrai dans la poche arrière de mon jean.  Sur ces entrefaites, la porte s’ouvrit … Je devais avoir une mine épouvantable.





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Dernière édition par Héléna Carter le Ven 11 Déc - 21:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Sam 3 Oct - 19:15

Le coup de fil de Carter ne pouvait pas tomber plus mal. J'avais été tiré d'un sommeil éthylique par la sonnerie insistante de mon portable. La face écrasée contre l'oreiller, j'avais tendu la main pour l'attraper sur le chevet et marmonné un"chéki?" tout à fait rébarbatif. Mais en entendant la voix de mon binôme, je m'étais redressé sur mon séant en me brassant la tignasse. La conversation avait été courte mais j'avais immédiatement capté l'angoisse dans la voix d'Helena. Lorsqu'elle raccrocha, je n'en savais pas lourd sur la situation dans laquelle elle se trouvait et cela eut le don de m'énerver mais aussi de me réveiller complètement. Je fis couler un café dans ma vieille cafetière et je regardai pensivement en me grattant les couilles la photo qu'elle m'avait envoyée. Un type dans la trentaine, un physique assez banal, pas laid mais pas un Apollon. Une petite vidéo était jointe. Je fronçai les sourcils et plissait les yeux en buvant mon café brulant. Visiblement, Helena était devant un écran d'ordinateur et elle avait filmé comme elle pouvait, ce qui apparaissait. Je devais transférer la vidéo pour la voir en grand sur mon écran vidéo. Ce pourrait être utile pour les détails mais je voyais nettement la phrase "My name is anagram". Ok, ça au moins c'était limpide: le nom de ce mec était un anagramme et en le remettant dans l'ordre on obtiendrait ... On obtiendrait quoi ? Un autre nom ? Un mot de passe ?  Oui certainement le mot de passe du fameux dossier "Ulysse et le Cyclope". Ok, le mec aimait l’Iliade et l'Odyssée et les mythes en tout genre... Je tiquais quand même quand je vis le nom d'un sous dossier du premier. Merde alors, le Phoenix ...  C'était nous, c'était Mara qui nous avait donné cette emblème et qui l'incarnait après qu'elle eut frôlé la mort par bien des aspects, après tous les drames qu'elle avait traversés. Les Paces comme on s'appelaient encore entre nous, c'était le Phoenix et le Phoenix, c'était notre maison, notre ultime refuge en cas de péril. Le fait que le type ait nommé un de ses dossiers ainsi ne pouvait pas être un hasard. "I'm a Phoenix too". Ça voulait dire quoi ? Qu'il était aussi un Pacificateur ? Qu'il était lui aussi un survivant ayant surmonté des épreuves qui auraient du l'anéantir ? Difficile de démêler les hypothèses à ce stade de l'enquête, car c'était bel et bien une nouvelle enquête qui débutait sur les chapeaux de roue et j'en avais les roustons frétillants.

J'envoyai la photo du type à quelques uns de mes indics avec juste la mention "identité du type ? ". Il y avait peu de chances que cela donne des résultats, mais ça valait le coup d'essayer. J'allumai mon PC et je chargeai l'image et la vidéo. Étant fan de vieux jeux vidéos, j'avais un écran de salon de dimensions absolument indécentes. Il me servait pas mal lors de soirées entre potes pour jouer en équipe à ces vieux jeux désuets datant d'avant la pluie de feu, ou à mater des films pour adulte en haute définition. On trouvait les deux au marché noir, vendus sous le manteau et mes indics n'avaient aucun mal à m'en dégotter.
J'avais justement une gueule de bois indéboulonnable parce que la veille au soir, Tyler et quelques potes à nous avaient squatté jusque très tard le salon pour jouer. Entre deux manches on avait parlé du phénomène inévitable du moment et c'est non sans une certaine irritation que j'avais constaté qu'Helena n'était pas la seule à encenser cette nouvelle coqueluche des nuits asariennes, le leader du fameux groupe Scarescrow. Nous étions une bande de copains au look un peu marginal à l'université déjà. Quand j'avais opté pour l'école de journalisme, on avait pris des voies un peu différentes. Mais on continuait à se réunir en fin de semaine, même si mon emploi du temps me bouffait souvent les week end . Mes copains avaient opté pour des boulots plus planqués mais ça leur convenait. Seul Tyler avait choisi une voie encore plus ardue que la mienne en faisant médecine pour devenir un chirurgien de talent puis en  fondant avec la meuf qui le faisait triper le dispensaire dans les bidonvilles. Aah! l'amour ce que ça ne fait pas faire comme connerie. Le mec est un brillant chirurgien qui sauve des vies chaque semaine, mais il va risquer sa peau et son rang en ouvrant ce Dispensaire  pour les beaux yeux d'Amaria et encore, j'en sais pas le dixième je pense. Ok, pour l'avoir croisée au QG, c'est vrai qu'elle est b... belle. En même temps, qui serais-je pour juger Tyler ? Si Helena me demandait de la suivre au pôle nord, je n'hésiterai pas une seconde. Mais elle ne me demandera jamais ça, bien entendu. Elle en pince pour l'Olive. C'était un peu pour oublier tout ça que j'avais accepté de me bourrer la gueule bien comme il faut avec Tyler et nos copains de fac. Et voilà que j'avais presque oublié que le patron se tapait la femme que je désirai, quand ils proposèrent de mater des vidéos. Je pensais qu'ils parlaient de films un peu illicites. Eh bien pas du tout ! Ils parlaient d'une compilation des clips de l'autre emplumé de Scarecrow qu'ils trouvaient génial. Seul Tyler semblait réticent, un peu sur la réserve. Mais sa curiosité l'emporta et on dût visionner l'intégral visuel de cet épouvantail qui faisait redevenir Carter comme une ado. Un matin elle avait traversé la rédaction comme une bombe pour dire à sa copine secrétaire de rédaction "J'y vais, j'y vais ! Michael (Hawkins) va m'avoir une place !" Elle parlait du concert qui devait avoir lieu dans quelques semaines. Soit disant que c'était sold out seulement une semaine après la mise en vente des places.

"HIIIIIII! hiiiiiii!!" des deux filles en mode "fangirls extrêmes" et moi qui lève les yeux au ciel. Je n'avais même pas essayé d'argumenter, c'était peine perdue. Le concert était annoncé depuis trois mois et il était dans un mois. Je m'étais juste renseigné sur le loustic et ce que j'avais trouvé ne m'avait pas plu du tout. Pour être franc, ça m'avait énervé. Ce type avait une vie sulfureuse au possible. Il était même pas beau, mais il se tapait toutes les femmes qu'il croisait. Le prestige de la scène sans doute, l'aura de la célébrité. Bref, il avait tous les travers de la rock star, c'en était presque caricatural. En revanche, niveau musique, on ne pouvait pas lui dénier un certain talent. Les photos et interviews m'avaient vite excédé. Quel putain de poser, ce mec! Mais je devais reconnaître que les albums étaient grandioses. Très sombres, provocateurs, et en même temps tous marqués par une chape de tristesse et de regrets. Le plus fort, je pense, c'est que toutes ses chansons pouvaient toucher un large public d'une façon différente. Le génie de ce type résidait sans doute là. Il savait toucher un large public par la diversité de ses textes et de ses musiques.

Enfin, moi il ne me touchait que par le fait qu'Helena le kiffait presque autant que son Olive verdâtre de ministre. Et ça c'était forcément un mauvais départ. Sinon, j'aurai pu être fan, reconnaître son talent. Mais il aurait fallu qu'il signe un engagement à ne pas toucher Helena. Et encore. Ce genre de mec était peu fiable quand il s'agissait de mettre une fille de plus dans son lit. Je le savais. J'étais ce genre de mec. Mais hier soir j'avais dû télécharger tous les clips (payant) afin que mes potes puissent les visionner en buvant des bières. Pendant qu'ils s'étalaient en exclamations du type "quel putain de chanteur ce type" ou " il nous botte le cul à fond avec ce titre" ou " cette compo est grandiose" , moi je rongeais mon frein en imaginant Héléna bavant devant ce type dans quelques temps.

Il est de notoriété publique que les Asariens ne peuvent prendre une cuite grâce à leur bloodhealer qui désintègre les molécules d'alcool. Mon c.. ! C'est peut-être vrai pour les Anciens qui sont aussi blindés que le string des Miliciens d’Élite. C'est vrai que je n'ai pas roulé sous la table, ni comaté sur le tapis après avoir absorbé des doses létales pour les Humains. Mais après une certaine quantité de packs de bière et d'alcools frelatés- et de passages aux toilettes- j'étais bel et bien fait. Cela faisait longtemps -depuis la fac- que cela ne m'était pas arrivé  et j'avais apprécié un moment, trop court, cette sensation de lâché prise et de légèreté de l'âme. Je me souvenais vaguement, parce que ça, en revanche, cela ne nous était pas épargné- contrairement aux humains, on se souvenait de tout - que j'avais trouvé Laymann génial, que je voulais embrasser Tyler en croyant que c'était Helena. La honte intégrale ... Et cela me revenait tandis que je sirotais ma troisième tasse de café.  Heureusement la porte sonna. Enfin, on sonna à la porte, plus exactement. Je me traînai la savate jusqu'à l’œilleton. Je n'étais là pour personne sauf Helena. J'ouvris la porte et balançai, avec un rictus moqueur sur les lèvres et une tasse à café à la main, un laconique

- Putain Carter! T'as une tronche de déterrée. Faut choisir entre ton politicien et ta rock star ! Ou alors propose leur une partouze, je suis certain qu'ils seraient partants...  

Je grimaçai, m'attendant déjà à un tir à boulets rouge assorti d'une claque qui me ferait sortir le cerveau par une oreille.


Dernière édition par Liam Holloway le Ven 9 Oct - 0:14, édité 1 fois
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Héléna Carter
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Mer 7 Oct - 21:49



Durant ce petit laps de temps, entre le moment où j’avais toqué à sa porte et au moment il ouvrit, j’avais eu la sensation de perdre pied, de ne plus savoir où j’étais. Vous savez cet effet très particulier que le corps peut avoir après une grosse dose d’adrénaline. Eh bien, c’était ce qui se passait actuellement pour moi, comme si mon corps se relâchait soudainement, une sorte d’épuisement total. Cette vague émotionnelle arrivait avec une force prodigieuse qui  semblait n’avoir qu’une idée bien précise : celle de me mettre à genoux. Je me passais les mains sur mon visage pour chasser ce trouble. Ce n’était pas le moment de me laisser avoir par la fatigue. Il y avait encore tant à faire avec tous ces dossiers que j’avais trouvés avec Grant, tant à comprendre sur ce type, ce fantôme. Quel rôle il jouait et qui était-il.  Cette toile complexe nous avait attirés à elle et maintenant j’étais certaine que nous ne pourrions plus reculer. Il n’y avait pas de possible retour en arrière. Vous croyez que je me défile aussi facilement ? Non, mais ma fatigue n’arrangeait rien, encore moins quand on n’avait rien, comme moi, dans le ventre depuis le petit déjeuner. J’aurai aimé prendre quelques minutes pour repasser chez moi, prendre une bonne douche et de pouvoir me déconnecter de tout cela le temps de reprendre des forces. C’était malheureusement un luxe que je ne pouvais pas me permettre.

La porte de l’appartement de mon binôme s’ouvrit enfin au même moment où je glissai mon alliance dans la poche de mon jean.  Elle me servait à éviter toutes questions embarrassantes qui visaient ma vie privée et je ne comptais pas étaler mes soucis au boulot. Cet anneau m’avait servi à passer les barrages des Miliciens qui gardaient le Centre de Recherches. Ils s’étaient ravisés de nous mettre dehors quand j’avais argué que nous étions là sur les ordres du ministre des médias. Vous comprenez bien que des soldats ne vont pas s’immiscer dans les ordres qui viennent tout droit d’un homme qui a sa place au gouvernement. Ce qui m’avait fait le plus sourire, c’était en imaginant la tête du ministre de la Sécurité lorsqu’il apprendrait que le ministre des Médias s’était gentiment octroyé l’obéissance de ces Miliciens. Je sais, je sais ! Je mets un sacré bordel ! Mais vous conviendrez comme moi  - en me donnant raison - que dans ce genre de situation extrême, on est obligé d’employer des méthodes extrêmes.

Si je ne savais pas quelle tête j’avais en me présentant chez Holloway, au moins, je connus la réponse très rapidement. J’arquai un sourcil et je croisai mes bras en l’attendant se moquer de mon physique. Il n’était pas vraiment mieux que moi quand je pris le temps de descendre mes yeux sur sa tenue et remonter vers sa tête de poisson hors de l’eau  qui avait passé sa nuit à boire et à … . C’était l’hôpital qui se foutait de la charité. Une très ancienne expression qui signifiait qu’avant de pointer du doigt les défauts des autres, il fallait se montrer irréprochable.

- La nuit a été bonne Holloway ? Tu t’es amusé comme un petit fou on dirait ! A voir ta tête de savate qui n’a pas encore eu totalement sa dose de caféine pour aujourd’hui.  

Sa remarque me blessa. Quand on était épuisé, on était plus sensible à ce genre de petites attaques qui d’habitude sont faciles à détourner. Je n’avais plus le moyen de me protéger.

- Dis-moi ne serais-tu pas jaloux de la rock star ?

Vous avez remarqué ? Je n’ai pas mentionné Oliver. Il y avait des jours où je pouvais tenir tête à Liam  du début de la journée jusqu’au soir quand on repartait du Times. Là, je n’avais pas la force de le faire. J’avais besoin de souffler un peu pour mieux repartir en force et étudier ensemble les dossiers du Centre. Sans lui demander la permission  et dans un geste de survie pour ma petite personne, je lui pris sa tasse de café qui me faisait de l’œil depuis qu’il était apparu sur le devant de sa porte et qui semblait me chuchoter : « prend-moiiiiii, je suis faite pour toiiiiii. Tu as besoin de caféiiiiiine !». La tasse à mes lèvres, je dégustai le bon café et le Mmmm, qui sortit de ma gorge comme un grognement de plaisir, exprima le bon gout de ce nectar aux arômes puissants.  Je pouvais au moins avouer qu’Holloway  savait faire un put*** de café qui me faisait perdre la tête. J’avais pourtant oublié un GROS détail ! Vous savez lequel ? Que j’étais toujours sur le palier de sa porte. Une voisine sortit de l’appartement voisin et nous regarda tous les deux d’un air suspect. Nous n’avions pas l’air malins, certes. Elle passa dans mon dos pour rejoindre l’ascenseur en n’oubliant pas de lancer à notre encontre dans un ronchonnement digne d’Holloway.

- Faites ça ailleurs que sur le palier ! Ces jeunes  y’a plus de pudeur nulle part!!

Et c’est là que vous vous dites comme moi : heureusement que je ne buvais qu’une tasse de café. Rien qui ne pouvait porter atteinte à la chasteté des voisins et leur tranquillité. Il valait mieux ne pas rester là. On pouvait rencontrer encore un autre voisin à tout moment. Ma tasse à la main, j’entrai dans son appartement que je connaissais depuis longtemps.  Toujours le même … style de désordre, typique d’un mec qui avait passé ça soirée avec des potes. Il y avait des cannettes de bière vides qui trainaient un peu partout dans le salon. J’étais même persuadée que je trouverai dans tout ce tas de détritus, des sous-vêtements en dentelles quelque part. D’ailleurs pourquoi je pensais à cela ? La fatigue ! Si ! Si ! C’était ça, ne cherchez pas une autre réponse. Mon cerveau divaguait assurément !

- Tu as pu recevoir tous les fichiers ? Mon IPhone n’est pas vraiment approprié pour ce genre de choses. Et puis il nous manquait du temps. J’ai moi une copie de tout ça sur ma clef USB au cas où il y aurait un bug dans le téléchargement que je t’ai envoyé.

Je posai la tasse vide sur la table du salon et je retirai mon blouson que je laissai tomber sur le canapé non sans avoir récupéré, au passage dans une des poches,  mon porte-clefs et le fameux tube de rouge à lèvres.  Son immense écran de salon était allumé et il y avait basculé l’image et la petite vidéo qui était sur pause. Je m’avançai devant l’écran pour détailler cette photo. J’essayais vainement de trouver une réponse à toutes mes interrogations comme si j’étais persuadée qu’en fixant ce visage, la réponse m’apparaitrait subitement. Bien sûr, rien ne se passa.

- Tu as trouvé quelque chose sur cet homme ? Grant n’a pas cessé de me dire qu’il connaissait ce regard, mais qu’il n’arrivait pas à mettre un nom dessus.  J’étais persuadée qu’il ne me disait rien. Sur le moment, je ne voyais rien d’identifiable. Mais en l’observant mieux sur ton grand écran, quelque chose me dérange. C’est bizarre.

Je soupirai devant mon impuissance. Cela ne me plaisait pas. La séquence de la vidéo qui était sur pause nous montrait cette phrase qui avait suscité une certaine angoisse de ma part.

-  « My name is anagram ». On va devoir commencer par ça. Grant m’a dit qu’en découvrant cet anagramme, on mettrait  la main sur le Saint Graal pour accéder aux fichiers et à  leurs contenus. Ces dossiers avec des noms étranges comme celui qui fait écho à notre Cause. Tu en penses quoi, toi ?

Un frisson coula dans mes veines à l’idée qu’un inconnu se fasse passer pour un Pacificateur, ou bien qu’il en avait été un à une époque de sa vie, mais qu’il avait tourné le dos à notre groupe. Si c’était le cas ? Pourquoi ? Et cette aide sortie de nulle part au Centre, avait-elle un rapport avec lui ? Je me recroquevillai sur moi-même, frictionnant mes bras pour faire partir ces frissons. Il fallait que je bouge pour me réveiller de cette langueur.

- Tu as encore de la caféine Holloway ? Je n’ai rien dans le ventre depuis ce matin. Je vais avoir besoin de quelque chose pour me booster





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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Mar 13 Oct - 20:29


J'étais encore un peu déstructuré par ma soirée de beuverie mais j'étais clean sur le plan émotionnel. Je n'avais pas baisé la dernière petite stagiaire en date au Times Revolution donc j'étais dans les cordes de mon programme de servage sexuel entrepris depuis que je m'étais réveillé à côté d'un transgenre quinquagénaire.

- La nuit a été bonne mais platonique entre les potes et des clips de ton machin à moineaux. Merci de ta compassion Carter. Je te signale que je suis en congé week end après avoir enchainé deux mois sans week end justement. Et ouais, j'ai jamais ma dose de caféine avant 18 heures, tu devrais le savoir depuis le temps. La faute à maman et ses racines italiennes. J'étais déstabilisé par son manque de pugnacité ludique. Carter, virer au bashing direct ? Elle devait être dans un mauvais jour. Pourtant je décidai de ne pas esquiver, pour la déstabiliser à mon tour.

- Ouais, peut-être bien que je suis pas jaloux mais juste soucieux de voir autant de cons graviter autour de toi. Désolé mais t'es la seule partenaire de taff potable que j'ai eu depuis longtemps. Alors oui, je m'inquiète pour toi. Quand je parle des cons, je réduis pas à Laymann, entends bien. Mais hormis son talent musical, ça m'a l'air d'un bel enculé oui. Hey... mais c'est ma tasse de caf...

Elle venait de me piquer mon carburant sans en avoir l'air, avec son air innocent de sainte à baiser les cornus. Mon esprit criait " Carter touche pas à mon café! " mais dans le même temps mon cœur et ma queue pensaient " Prends-là oui, t'as l'air d'en avoir salement besoin". Ce  fût le moment que choisit une de mes voisines pour passer dans le couloir. J'avais du mal à m'y faire mais c'était ainsi. Les voisins lambda devaient aussi passer dans le couloir et c'était souvent quand des actes "dramatiques" de ma vie se jouaient sur le pallier. Maman m'avait expliqué que ce n'était pas une conspiration des voisins qui faisait coïncider les deux mais plutôt ma vie étonnamment dramatique. J'avais traduit par "baise moins mon fils et tu auras moins l'impression que les voisins sont un jury de puritains. " Hors de question ! D'une que je baise moins. On n'a qu'une vie. Sachant que l'escalator a du mal à fonctionner à partir de 70 ans, ça me laissait ... hmm comptons avec le blood healer. Il faudrait que je demande quel impact il a sur l'érection lors de ma prochaine visite de la médecine du travail. Mais admettons une prolongation à 90 ans dans le cas des asariens. Il était exclu que je renonce à des opportunités pour recevoir la bénédiction du Père Matéo, confesseur de ma mère. D'ailleurs, elle pouvait parler, ma mère, avec ses amants des quatre vents. De deux, que je déménage. Étant donné le prix des loyers dans le quartier résidentiel d'Asaria, je ne pouvais envisager de renoncer à l'appartement compris dans mes émoluments en qualité de collaborateur du Times Revolution. Je décidai donc de répondre à la voisine  avec ma gueule enfarinée  ceci en substance:

- Pas de souci madame Kassovitz , on fera ça nus sur le balcon la prochaine fois, et, moi aussi, je vous aime madame Kassovitz.


Mais je fus bien vite frappé par l'air effaré de Carter et je m'effaçai pour la laisser entrer. Je claquai la porte au nez de la vieille.

- Ouais j'ai reçu tes fichiers. T'inquiète, je suis déjà en train de les analyser et j'ai envoyé la tronche de ton type à tous mes indics en leur demandant la plus grande discrétion.


Je la regardai avec attention. Elle avait les traits tirés et un air triste. Je n'étais pas un modèle de patience en psychologie féminine et j'avais plutôt tendance à envoyer chier les pleureuses mais Héléna n'était pas ce type de femme. Elle ne se plaignait jamais personnellement. Elle râlait juste de mon air mal embouché ou de mon comportement machiste. Je la trouvais anormalement abattue et comme, pour son malheur, j'avais le sens de l'observation et du détail, mais aussi un certain souci de pudeur, je lui balançai, une fois la porte fermée:

- T'as paumé ton alliance, Carter ? Du platine 24 carats  ? T'abuses. J'étais là quand Stevenson a conseillé Oliver. Il a du y passer au moins un an de salaire... Bon, de PDG  du Times, pas de Ministre, je te l'accorde. Mais quand même, c'était une putain d'alliance en platine, quoi !

Elle s'était avachie dans mon canapé et je l'écoutais déballer ses questions pendant que je me questionnais ,moi, intérieurement sur la mine qu'elle affichait. J'en avais strictement rien à foutre des investigations au Centre de recherches. Son air de gamine en déroute me mobilisait bien d'avantage. Mais peut-être qu'elle essayait de noyer le poisson et que ce plan de l'enquête au Centre de Recherches était un prétexte pour venir pleurer sur mon épaule. Si c'était le cas, je savais que j'allais flancher. Je décidai de tâter le terrain, histoire de m'éviter une baffe et, plus grave, une désillusion. Quoi de mieux pour tâter le terrain que de rester pro jusqu'au bout de la queue.

Je consultais ma bécane ultra sophistiquée. C'était un PC de Gamer couplé à une base de données. J'alliais mes deux passions: les enquêtes de journalisme et les jeux vidéos.

- Hey ! Apparemment, il n'y aurait pas que Grant qui connait ce regard. Mon PC dit " match found 99% in Data Base". Ce qui veut dire que j'ai dans mes données un type compatible à 99% à la tronche de ton sujet. Tu me laisses quelques heures pour affiner et je te donne le nom du lascar. Je me demande quand même bien qui ça peut être... Pourvu que ce soit pas le petit ami de ma masseuse... C'est peut-être ça qui te dérange... Non je plaisante. Je suis pas assez vieux sans doute, enfin je veux dire, je ne fréquente pas des Anciens comme toi. Alors je vois pas qui ce type peut être dérangeant ou pas.

Je l'écoutais tout en pianotant sur mon PC de journaleux.

- Okay, je vais entrer son profil dans le logiciel de correspondance morpho et je vais piloter la recherche.



* âge du sujet*


- Hmmm, je dirai 35 ans à vue de nez, peut-être moins, peut être plus. Difficile de donner un âge précis à ce type. Il ressemble à monsieur tout le monde. Le regard, cependant, a quelque chose de, je sais pas, oui tu as raison, intrusif, charismatique. Bref le genre de type à cocufier la Sainte Vierge. Mon logiciel tourne et j'espère qu'il trouvera.

* profession*

- Si seulement on savait, merde ! Je sais pas Carter mais ton impression c'est quoi? Les programmes étaient ultra dur à violer, on vous a piégé en vous facilitant la tâche pour que vous sachiez quoi en faire sans trop fonctionner dans le système ? Il serait au moins agent d'entretien dans la zone informatique , ce mec, non ?

*nom*

-Maintenant, tu peux me rappeler comment il s'appelle, pourvu que ce soit pas un piège et qu'on ne se retrouve pas levés comme des lapins ...allez, maintenant dis moi son nom que je l'entre dans la grille d'analyses des probabilités

J'entrai le nom qu'elle m'avait confirmé : Gabriel Airas. Mais comme je me tournai vers elle, assise sur le canapé à côté de moi, j'ouvris un œil d'ahuri. Je voyais bien qu'elle était au bord de l'évanouissement. Je me levai instantanément et partis en direction de la cuisine en ronchonnant et en trainant la savate.

- Bordel, Carter ! Tu me fais quoi ? Tu peux bien faire chier avec ta morale à deux kopecks sur mon hygiène de vie, je bosse jamais le ventre vide ! Non seulement tu vas avoir de la caféine mais aussi un repas italien dans le bide. Je vais faire chauffer les lasagnes de Mama. Tiens, en attendant, bouffe des chouquettes, !dis-je en lui tendant un sachet en papier. C'est Tyler qui est allé les acheter ce matin avant de partir pour l'Hôpital. Ouais, je sais, tu te demandes encore comment un beau gosse surdoué comme lui peut être pote avec un déchet comme moi, merci !




Dernière édition par Liam Holloway le Sam 7 Nov - 22:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Sam 17 Oct - 17:47


Quand Liam ouvrit sa porte, je le découvris complètement décalqué. Je m’attendais à quoi d’autre honnêtement ? J’avais entendu sa voix au téléphone, il semblait émerger à peine alors que nous étions en début d’après-midi. Ce qu’il faisait de ses nuits, cela ne me regardait pas. C’était ce que je me répétais depuis qu’on bossait ensemble, pourtant je ne pouvais pas m’empêcher d’y penser et encore plus depuis quelques semaines. Il y avait un truc qui ne tournait pas rond en moi. Mon divorce qui se profilait à une vitesse éclaire devant moi, me faisait réagir d’une façon particulière quand il s’agissait Holloway. Son grognement et sa dégaine sur le palier m’arracha un petit sourire.

- Je sais, je sais que tu es en week end et comme tu l’as dit au téléphone, je ne peux pas me passer de toi. La preuve, je suis là ! Alors cesse de rouspéter, on dirait on petit vieux qui n’arrive pas à mettre un pied devant l’autre. Tu n’es plus en âge de faire des nuits blanches Holloway, il faudra t’y faire !

Je plissai les yeux à l’entendre argumenter sa défense. Malgré tout ce temps passé ensemble, parfois, je me disais que je ne connaissais pas toutes les facettes de Liam. Derrière son compliment sur la «seule partenaire de taff potable », ouais c’est un compliment venant de lui, son comportement n’était pas le même. Je mettais cela sur sa nuit agité et sur la gueule enfarinée qu’il me présentait.

- Je te remercie de l’intérêt SOUDAIN que tu portes à ma vie privée. Je ne te savais pas aussi protecteurs. Je suis fan de Laymann depuis longtemps. Y’a quoi dans le fait que ce soit mon chanteur préféré ? Et ne te fait pas des idées tordues, je ne couche pas avec lui !  Tu fais quand même des connexions bizarres entre tous les mecs qui m’approchent et … moi. Tu es sûr que tu vas bien ?

Avant qu’il puisse continuer, j’attrapai sa tasse de café. L’odeur du nectar n’avait eu de cesse de me titiller les narines depuis qu’il s’était présenté devant la porte. Mmm, c’était vraiment délicieux. J’avais besoin d’un remontant pour me booster même si je savais que ça ne me suffirait pas vraiment pour continuer durant les prochaines heures. J’ouvris les yeux devant son air hébété. Le bruit dans mon dos venait de m’avertir que nous n’étions plus seuls. On avait l’air de deux couillons et sa voisine nous incrimina comme si nous étions responsables de tous les péchés sur la Terre.  Je ne m’étais pas retournée de peur d’aggraver la situation et j’espérais que Liam nous sauve la mise. Je l’espérais seulement … Je faillis faire déborder le reste du café qui restait dans la tasse quand je l’entendis répondre à sa voisine. Il me laissa sans voix tandis que la vieille femme grognait une réponse à la moquerie de Liam. J’entrai sans me faire prier dans son appartement

- Holloway !! Qu’est-ce que tu racontes ! Tu crois que c’est le moment de dire de telles inepties à ta voisine ??!

J’aurai pu me sentir offusquer, mais dans quelques mois je ne serai plus une femme mariée. Dès que la procédure serait engagée, la machine se mettrait en marche à une allure folle. On ne faisait pas attendre un ministre et de plus, je ne désirai rien de sa fortune. J’étais née dans une famille lambda. Mes parents m’avaient enseigné l’altruisme, le partage et aussi de savoir me débrouiller par mes propres moyens. En épousant Oliver, j’avais connu les fastes d’une vie meilleure : une villa splendide avec tout son confort et le meilleur de la technologie de l’électro-ménager et passant par le plus petit appareil sophistiqué. Dès que j’émettais le souhait  de m’acheter un sac, une paire de chaussures, une robe, un bijou, j’en avais une dizaine qui défilait sous mon nez. Toutes les grandes marques se mettaient en quatre pour plaire à l’épouse du ministre des médias. C’était dérangeant pour moi, même si je comprenais que cela partait d’une bonne intention de la part d’Oliver de me couvrir de cadeaux. Nos mondes avaient toujours été différents. On peut surmonter quelques différences, mais lorsque ces disparités se transforment en discordes, où se trouve le plaisir de partager nos envies avec quelqu’un ? Liam m’arracha à mes pensées. Tous les fichiers lui étaient parvenus. Une fois la tasse posée sur la table du salon, j’avais retiré mon blouson et je m’étais approchée de l’écran géant où s’étalait le visage de cet inconnu. Un regard qui avait perturbé Grant et en étudiant avec plus de précision ce visage, j’avais moi aussi une drôle de sensation. Je revins enfin à ce que venait de me dire mon binôme.

- Génial ! Plus vite on saura qui sait, plus vite on pourra comprendre en quoi consiste toute cette affaire. C’est comme un gros puzzle, mais il nous manque des pièces pour pouvoir l’assembler correctement. Cet homme est le point de départ de tout cela.

Je me disais qu’en examinant avec plus d’attention tous les détails de ce visage et de ce regard sur grand écran, j’arriverai à savoir pourquoi j’avais maintenant l’impression de le connaitre. J’attendais les remarques d’Holloway, mais c’est sur un autre sujet qu’il aborda la conversation. Je me crispai à ses mots sans me détourner de l’écran. Je pouvais lui raconter n’importe quoi à propos de mon alliance. Il se serait peut-être contenté d’une simple réponse. Après un moment de flottement et de silence de ma part, je me lançai.

- Je n’ai pas paumé mon alliance …

Je fixai mon annulaire, là où normalement devait se trouver le lien de mon mariage avec Oliver. Je soupirai tout en réfléchissant à ce que je pourrai répondre à Liam. Je ne voulais plus jouer la comédie et je ne désirai pas lui mentir. Je pouvais encore jouer le jeu dans les bureaux du Times pour qu’on me laisse tranquille, pour éviter les perpétuels chuchotements. J’avais déjà vu cela quand un couple de reporters s’était séparé. Des clans s’étaient composés au sein même du Times et chacun allait avec sa supposition et son hypothèse. Comment pouvait-on mettre son nez dans une affaire privée ? Il n’y avait plus de respect de nos jours. C’était pour cela que je tenais à garder mon alliance tant que les choses n’auraient pas été mises au clair avec Oliver. Mais avec Liam, c’était différent.

- Je te savais très observateur, mais pas autant avec moi … Je l’ai retirée...

Cette fois-ci je trouvai la force de me tourner vers lui et de mon confronter à ses prunelles qui me détaillaient. Mon cœur se serra à ces mots que j’allais prononcer pour la première fois. Ma voix n’était plus aussi assurée.

- Je ne vis plus avec Oliver depuis presque un mois. Au début, j’ai pris une petite chambre à l’hôtel, mais cela commençait à faire pas mal de frais. J’ai trouvé un appartement et j’ai emménagé, il y a trois semaines.

Le malaise s’installait entre nous deux. Ma relation de couple avait toujours eu un effet particulier sur le comportement et les réactions de Liam. Qu’allait-il me dire ? Qu’allait-il penser de moi ? Que j’étais une femme frivole qui  n’avait pensé qu’à elle en voulant devenir l’épouse d’un homme richissime. C’était de toute façon ce à quoi je m’attendais une fois que les tabloïds se seraient appropriés mon histoire. Son ordinateur nous sauva de ces non-dits qui éclateraient à un moment donné. Je me déplaçai jusqu’à lui, lisant ce que sa bécane affichait, par-dessus son épaule. Je lui donnai une petite tape derrière la tête avec ses bêtises de petit ami de sa masseuse.

- 99 % … c’est dingue ! On a peut-être bossé sur une enquête qui le concerne. Voilà pourquoi tu as des informations dans tes données. Et si c’est le mec de ta masseuse, tu te débrouilleras avec lui … et elle.

Il pianota sur son clavier et il commença à entrer les divers renseignements que nous avions. La tête me tourna et je me redressai pour faire quelques pas. Restez statique près de lui ne m’allait pas vraiment. Je n’avais rien dans le ventre depuis le petit déjeuner de ce matin et il fallait que je bouge si je ne voulais pas tourner de l’œil sur son divan. Je ne sais toujours pas comme il fait, comme il devine, mais il sut à la seconde même où je m’éloignais de lui que je n’étais pas en grande forme. Un peu de café me ferait du bien, mais ce n’était pas de l’avis de mon binôme qui sauta de son fauteuil et partit la direction de sa cuisine en m’énonçant mon prochain repas. Je souris tendrement en l’écoutant tandis que je me laissais tomber dans le canapé. Liam pouvait se la jouer macho, entêté et provocateur. Il avait ce petit côté protecteur et inquiet qu’il ne montrait qu’avec moi. Il revint avec un sachet de chouquettes que je pris sans rechigner. J’allais lui dire merci quand sa dernière phrase me laissa un gout amer. Je levai mes yeux vers lui.

- Pourquoi dis-tu ça ? Je n’ai jamais pensé que tu étais un déchet. Pourquoi te rabaisses-tu toujours ? Tyler est quelqu’un de très bien et si tu es son ami, c’est que tu es un mec bien toi aussi. Merci pour les chouquettes.

Il disparut sans me répondre pour surveiller les lasagnes qu’il réchauffait. Soudain, je me rendis compte que j’avais oublié le plus important. Je me levai et je le suivis dans la cuisine en titubant.

- Liam … Je dois partir. Les Miliciens doivent avoir la plaque d’immatriculation de ma voiture. Elle était garée devant l’entrée du Centre. Grant et moi sommes déjà en danger même si nous sommes couverts par l’enquête que l’on menait. Personne ne nous a vus ressortir du bâtiment. Cela va paraitre très louche. Ils peuvent remonter jusqu’à toi.  S’ils s’informent à mon sujet, c’est très facile de voir que j’ai un partenaire au boulot. Je ne peux pas te créer des ennuis …





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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Ven 23 Oct - 20:05

Tout en faisant chauffer le plat de lasagnes que Mama m'avait mis de force dans les mains la veille quand j'étais passé la voir, je ruminais tout ce que Carter m'avait balancé en vrac. Comme j'avais la tête à l'envers, il fallait y aller lentement. Je devais préparer une argumentation béton face à la fouineuse. Attendre les résultats de ma bécane nous laisserait un peu de temps pour déblayer le terrain. C'est qu'à son habitude elle n'avait pas la langue dans sa poche et tout m'était tombé dessus pêle-mêle. Mais le pire c'était qu'elle continuait à parler alors que je n'entendais rien dans la cuisine avec le four micro-onde -hé oui la chouette hulule, le corbeau craquette, et la fourmi croonde, c'est bien connu- bref, et donc quoi ? Elle voulait partir parce que les Miliciens, tout ça et encore ça ? Je jaillis de ma cuisine avec la spatule à la main.

- T'as toujours été louche Carter, ça va pas les étonner ! Et les ennuis me collent aux fesses comme un gay dans la rue centrale. Je t'ai pas attendue. Tu bougeras pas d'ici avant d'avoir mangé et dormi. S'il le faut, je te séquestre dans ma chambre des tortures.


Je disparus à nouveau dans la cuisine et j'apportai fièrement deux assiettes,le plat, et un petit chianti pour détendre l'atmosphère. En toute honnêteté, j'avais plutôt envie de boire encore du café que du pinard, mais Héléna avait grand besoin de se détendre, de décompresser. Parce que franchement ce qu'elle balançait depuis son arrivée, c'était du lourd à tout point de vue. Plus d'un type blindé se serait effondré face à toutes les adversités qu'elle devait gérer. Et elle se souciait de savoir si ce con d'Holloway était pas en danger ? Je l'étais tout le temps en danger, en permanence. A commencer à cause de moi-même ! Tu cherches la merde ? Trouve Holloway ! C'était un dicton devenu légendaire à la rédac'.

- Tu restes assise, tu manges, et tu m'écoutes !  
Décrétai-je en posant les assiettes devant ses yeux. T’inquiète, avant de venir me chercher ils vont y réfléchir à deux fois, tu sais bien que j'ai une certaine popularité chez les femmes de ministres... ooh merde désolé quel con ! Je parlais pas pour Oliver hein, la femme du ministre des Transports est plutôt pas mal  et je crois qu'elle est dingue de mon corps, on se demande bien pourquoi. Faut croire que je la fais planer ... Planer, pour la femme du ministre des transports sous les Dômes haha, le comble... enfin bref, tu t'en fous ...
Goûte-moi ça et remercie ma génitrice ! Et un petit verre pur jus italiano pour te détendre, Bellissima !


Je me tus en voyant sa pauvre mine. Je cherchai mes mots tandis qu'elle pinaillait avec la fourchette et le couteau. Je tentai l'humour. Quel fiasco.

- Faut attaquer franc ! Pas tourner autour des lasagnes de Mama. Elles t'aiment déjà, elles disent "mange-moi", comme le verre, là ! Il dit " bois-moi". Tu connais pas Lewis Caroll toi ? Bon, ok tu perds rien il parait qu'il était pas net dans sa tête.


Je jetai un coup d’œil au logiciel sur mon PC. Il fouillait toujours ma base de données qui était monstrueuse, pensez donc, avec toutes les enquêtes que j'avais couvert depuis que j'étais journaliste. Si seulement je pouvais affiner les critères.
Cette attente forcée me laissait le temps de passer en revue les sujets abordés par Carter.

- Tu sais, pour Laymann, je voulais pas te peiner. On a tous nos idoles. D'ailleurs ce qu'il fait musicalement est pas à jeter. Mes potes sont fans, et hier j'ai été obligé de regarder des clips. Je dois avouer que c'est ... intéressant. M'enfin, les mecs qui jouent sur le côté rebelle, subversif de mes couilles, ça me défrise. Quand des gamins braquent un super marché en étant inspiré par ses chansons, il est où le mec. Les artistes, ils devraient s'en tenir à la musique et laisser les idées euh... aux idéologues, voilà.


Je m'attendais à une phrase du genre " Holloway, ce que tu dis est très con! " ou  "Comment ça, tu dénies le droit à un artiste d'être citoyen et d'émettre un avis ? " Toutes opinions défendables en elles-mêmes. J'anticipai.

- Ce mec est pas clean. Tu as écouté de près ce qu'il dit dans ses textes. Un danger, un danger, mais pour qui ? Pour nos tympans ? Ça c'est sûr ! Et pour la salubrité asarienne aussi. Tu as songé à la propagation des MST ?  Ce type est un vecteur tout trouvé si j'en crois ce qu'il laisse entendre et les rumeurs sur ses mœurs. Bon ok je suis pas un modèle du genre. Mais lui il sait pas parler à une fille sans conclure et la mettre dans son lit. Donc fan ou pas, méfies-toi si tu l'approches de trop près. Il est pas net ce type. Moi, tu sais en comparaison je suis un enfant de chœur. Je pourrais faire quoi pour épater les filles ? M'encastrer dans la fontaine à eau en traversant le mur de notre bureau ? Lui, il vient de convaincre le Ministre de la Culture de refaire toute la déco de la salle de concert du Multiplex, juste pour son futur concert et ce à grands coups de "dons pour la culture en Asaria". C'est quoi ce bordel ? Il sort de nulle part, et d'où il tire son fric ? Personne arrive à faire ça ! Même Adora Nicholson ne sait pas comment il fait ... A moins qu'il ait couché avec elle aussi et qu'elle le couvre. Qui peut savoir ...

Je la regardais manger du bout des lèvres et froncer les sourcils, preuve qu'elle réfléchissait.

- Je suis toujours très observateur et te concernant, encore davantage. Quand ta copine et toi avez sauté au plafond à cause des places d'Hawkins, j'ai mené mon enquête. Si écouter ses chansons t'aide à te détendre de tes soucis, je peux comprendre, mais espère pas te distraire de tes problèmes de couple avec ce genre d'individu. Il va se servir de toi, tu es qu'une fan parmi d'autres pour lui et après, hop, jetée. Est-ce que tu as besoin de ça en ce moment ? Ça arrangerait rien entre toi et le patron. C'est peut-être qu'une mauvaise passe. Ne lui donne pas encore plus de raisons de s'éloigner de toi. Tromper un mec, ça l'a jamais fait revenir au bercail. Le rendre jaloux, oui. Je me souviens comme vous étiez amoureux le jour du mariage. Je veux pas remuer le couteau mais vous incarniez le couple parfait. C'est sûrement qu'une mauvaise passe.

Qu'est ce que je pouvais être faux-cul avec moi-même sur ce coup. Je voulais tenter de la rassurer et en cela j'étais sincère. Mais avais-je envie que mes prédictions se concrétisent ? Certainement pas ! Mais il m'en faudrait beaucoup avant que je consente à l'avouer ou même à admettre que je voulais bien être l'élément qui puisse susciter la jalousie de Van Harper. Oui, j'aurais même accepté ça, pour me donné une chance de la séduire et de la rendre accroc à moi. Il faudrait que j'écrive un article sur le sujet " les dix facteurs qui peuvent vous faire muter en un trou du cul". Le premier était l'amour et le second les femmes.

Mon portable sonna, captant mon attention mais je continuai néanmoins sur ma lancée tout en décrochant.

- Non ce dont tu as besoin,  là, c'est de manger, de boire un coup, de dormir et de compter sur tes amis. Oui, allo ... mhhh et il achetait quoi ? Des neuroleptiques ? Mais j'en ai à foutre, je t'ai pas demandé la liste des camés du coin qui rachètent des stocks sortis de l’hôpital en douce ! Ha, ok, oui là ça devient plus intéressant. Et tu dis que le type avait l'air de savoir précisément ce qu'il voulait ? Un pro donc ? Mhhh ... Ouais, ça m'avance pas beaucoup, chacun de ces putains de groupuscules a son Black Hat.  M'enfin celui que je recherche, lui il attaque le nid d'aigle hein. Ok vois ce que ça donne et tiens moi au courant. Et au fait, mec, change de portable quand tu me rappelles. Je te défraie assez pour ça, non ?  


Je raccrochai sous les yeux intrigués de Carter.

- C'était mon contact. Il dit que la trombine que je lui ai envoyé a été vue plusieurs fois au marché du Bidonville mais aussi chez un grossiste en informatique du centre ville. Apparemment le type passe des commandes précises, officiellement pour une radio locale qu'il veut monter. Ça tient pas debout. Que ferait un pote à Van Brënner qui contrôle l'ordinateur central du Centre de Recherches, au Marché noir et à acheter du matos pour monter un média ?


Dernière édition par Liam Holloway le Dim 8 Nov - 1:17, édité 6 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Mer 4 Nov - 12:17


Avec tout ce que j’avais en tête, avec toutes les données  que nous avions trouvées, Grant et moi, j’avais failli oublier une information très importante et cela concernait la vie-même de Liam. Je m’étais levée en titubant vers la cuisine où il s’affairait à réchauffer un plat de lasagnes pour moi. Je m’étais calée dans l’embrasure de la porte et je le regardais s’activer comme si ma vie dépendait de lui. Liam Holloway avait toujours été un mystère pour moi. C’était un mélange remuant qui comprenait un macho, un dragueur et un sanguin. Ça c’était le côté que Liam montrait à tout le monde. C’était le caractère du journaliste qui grognait dès que quelqu’un s’approchait de nos bureaux quand il ne voulait pas être dérangé. Il y avait aussi la facette du pacificateur : loyal, borné et tête brûlée. Il avait mis sa vie en danger, il avait remué ciel et terre quand j’avais été kidnappée par le groupe Epsilon. Il m’avait transportée à l’hôpital parce que mon blood healer n’arrivait plus à soigner mon corps meurtri. Il était resté dans cette chambre jusqu’à ce que je me réveille. Et je me rappelais de son visage aux traits anxieux et fatigués, de ce petit sourire qu’il avait affiché quand j’avais commencé à ronchonner parce que je ne voulais pas rester un jour de plus entre ces quatre murs. Là encore, aujourd’hui, il s’occupait de moi. Il n’avait pas senti ma présence jusqu’à ce que je lui dise le danger qu’il courrait à cause de moi, de ma voiture que j’avais garée devant l’entrée du Centre de Recherches. Je devais partir. Bien sûr, on finirait par remonter jusqu’à lui à cause de moi. Il était facile de savoir que nous travaillons ensemble depuis plusieurs années. Mais ma présence dans son appartement était le pire choix que j’avais fait. Moins on me voyait avec lui et chez lui, moins il courrait de risques.

Je me détournai de la cuisine et je commençai à récupérer mes affaires quand il sortit en trombes de la cuisine agitant sa spatule à la main. J’arquai un sourcil, surprise face à son attitude. Il ne me laissa même pas le temps de lui répondre qu’il était déjà reparti dans sa cuisine. Je hochai la tête avec amusement.  J’arrivais très souvent à lui tenir tête, mais aujourd’hui je n’en avais pas la force. Je me laissai tomber sur la chaise et il revint avec un plat de lasagnes qui sentait trop bon ! Mon estomac se rappela à mon bon souvenir. Je fermai les yeux pour humer la bonne odeur tandis qu’il installait nos assiettes et la bouteille de vin.

- Je comprends pourquoi elles parlent toutes de tes prouesses : une chambre des tortures et de bons petits plats. Quant à dormir chez toi, je ne voudrais pas créer des incidents diplomatiques entre tes maitresses et moi, surtout celles qui se trouvent au Times …

Les femmes parlaient et certaines même avaient le don de provoquer. Je ne comptais plus les fois où j’avais  entendu des conversations au sujet des compétences d’Holloway surtout quand je m’approchais du buffet pour me servir du café. C’était à chaque fois la même chose, je les entendais chuchoter dans mon dos. Il m’était arrivée très souvent de vouloir dire à Holloway de chercher ses parties de jambe en l’air ailleurs qu’au Times, mais quel droit j’avais à lui ordonner cela ? Aucun.  J’avais donc joué l’indifférence et toutes ces nanas avaient vite compris que cela ne m’atteignait pas et elles avaient arrêté leur numéro de biches se languissant du prédateur.

Je fixai avec perplexité la grosse part de lasagnes qu’il venait de me servir. J’avais faim, c’était vrai. J’étais aussi anxieuse, ce qui provoquait un mélange étrange en moi. Je pris mes couverts et je commençai à couper mes lasagnes sans grande conviction d‘arriver à terminer tout cela. J’entendais son petit discours et c’est seulement quand il énonça sa popularité auprès des femmes de ministres que je relevai mes prunelles pour les plonger dans les siennes.

- Je m’en fous de ce que tu fais avec la femme du ministre des transports. D’ailleurs, pourquoi tu me racontes toujours ce que tu fais avec toutes … ces femmes ?

Je me tus rapidement. Je ne savais pas pourquoi j’avais dit cela à Holloway, pourquoi cela me gênait encore bien plus aujourd’hui de l’entendre me raconter ces histoires e sa vie privée. Je jouais avec ma fourchette en étalant la sauce tomate et la farce à base de viande hachée dans mon assiette tout en me demandant ce qui clochait chez moi. Mon divorce qui pointait le bout de son nez n’était pas facile à gérer. Cette affaire sur laquelle je bossais avec Grant, non plus. Mais de là à ressentir une pointe de jalousie, c’était la cerise sur un énorme gâteau en chocolat ! Le verre de vin qu’il venait de me servir, arriva à point nommé et je le bus d’une seule traite sous le regard halluciné de Liam.

- Je vais manger, oui ! Ça sent très bon. Ma mère fait aussi de bons petits plats. J’ai l’impression que cela fait une éternité que je n’ai pas vu mes parents. Et non, je ne connais pas … ce Lewis.

Je commençai enfin à manger, à gouter ces lasagnes. Je ne m’étais pas trompée. Elles étaient délicieuses et le vin était excellent. Depuis ces trois derniers mois, je n’avais plus pris le temps de manger correctement. Cela avait commencé avec l’éloignement d’Oliver qui ne rentrait plus diner le soir, à la villa. J’avais fini par ne plus avoir d’appétit. Puis, j’avais emménagé dans ce petit appartement, mais je n’avais pas retrouvé l’envie de manger plus que cela. Je devais faire l’effort devant Holloway avant qu’il ne se pose trop de questions. Son ordinateur poursuivait ses recherches et notre conversation semblait dévier sur ma petite personne. Habituellement, nous parlions plus boulot qu’autre chose, sur les prochains articles à écrire, sur l’actualité. Mais pas aujourd’hui. Ma fan attitude Laymannienne n’était pas appréciée par mon binôme. Allez savoir pourquoi ? J’écoutai ses arguments tout en prenant plaisir, un peu plus, à chaque bouchée que je savourais. Holloway avait une opinion bien tranchée sur mon idole. Je lui laissai tout le temps de m’exposer sa façon de voir les choses.  Je pouvais comprendre que les goûts et les couleurs ne se discutaient pas, mais là, c’était bien autre chose qui émanait des propos de Liam.

- C’est très con ce que tu dis Holloway … Où vas-tu chercher tout ça ? Tu sais que tu mélanges tout là ? Il y a des tas de célébrités du show biz : acteurs, chanteurs, réalisateurs et même des écrivains qui font passer des messages  dans leurs œuvres et leurs compositions. Laymann n’est pas le premier et ne sera pas le dernier. Tout le monde croit savoir ce que pensent ces artistes. Tout le monde interprète à sa façon et encore plus les paroles des chansons.

Je basculai contre le dossier de la chaise en croisant mes bras contre ma poitrine.

- Honnêtement, je me fous que ce mec soit clean ou pas. J’écoute ses albums et ça me suffit largement. Il fait ce qu’il veut de sa vie privée et des filles qu’il met dans son lit ! D’accord, tu vas me dire que les artistes véhiculent une image et qu’ils doivent être des exemples pour leurs fans, qu’ils devraient tous avoir une ligne de conduite à tenir. Après, il faut quand même arrêter de tout projeter sur ces vedettes. Ils jouent un rôle sur scène. Ils ont aussi le droit d’être différent une fois les projecteurs éteints. Holloway à t’écouter, j’ai l’impression que je vais coucher avec lui. Non mais je suis fan de plusieurs acteurs, d’autres chanteurs. La liste est longue et donc d’après ton esprit d’analyse, je vais aussi coucher avec toutes ces personnes. C’est quoi ce truc à deux balles que tu me sors ? Être fan ne veut pas dire baiser avec la star. Tu as l’esprit tordu toi ! Je devrai pourtant le savoir depuis tout ce temps …

Les travaux du Multiplex à propos de ce prochain concert n’avaient échappés à personne. Cela faisait un mois que le ministre avait donné son accord et qu’une salle avait été fermée pour les besoins du nouveau spectacle.

- Il a les moyens de se payer tout cela. Tant mieux pour lui ! Il y a des personnes qui sont plus persuasives que d’autres et cela ne m’étonnerait pas que la nièce de la Grande Conseillère se soit glissée dans le lit de Laymann.

Je soupirai doucement et je repris ma fourchette. Mon assiette était encore bien pleine même si j’avais réussi à avaler plusieurs bouchées.

- Holloway, je ne sais pas ce que tu as aujourd’hui, mais je n’ai aucune intention de coucher avec qui que ce soit. Quand j’étais célibataire, tu n’étais pas aussi curieux sur ma vie privée. Il faut que tu saches que j’ai rendez-vous avec Oliver dans quelques jours pour parler de la procédure du divorce … Alors, tu vois, il n’y a plus de couple parfait. Je ne le tromperai pas, ni je ne le rendrai pas jaloux. Je vais redevenir célibataire. Il veut me voir parce qu’il tient à me donner une part … Une part de sa richesse, de ce qui me revient de notre vie de couple. Sauf que je ne veux rien de tout cela. S’il tient à tout prix à ce que j’accepte, j’en ferai don au dispensaire. Amaria en aura besoin. Mon petit appartement me convient bien. Je dois encore récupérer mes dernières affaires à la villa. J’ai un salaire pour vivre. Je me suis toujours débrouillée ainsi. C’est vrai, j’ai vécu avec un homme riche. Je n’avais qu’à souhaiter quelque chose et je l’avais. Mais ce n’est pas mon monde. Je suis une nana simple qui vient d’une famille très moyenne.

Humm, son téléphone sonna et je poursuivis mon repas sans perdre le fil de son échange que j’avais dû mal à comprendre.  Lorsqu’il raccrocha, il me donna des explications sur ce type dont on cherchait en vain son identité.

- Pour avoir accès au marché noir, il faut avoir de très bons contacts. Tu sais bien qu’ils ne laissent entrer personne dans leur cercle aussi facilement. Ils sont très méfiants, ce qui est normal. Mais dès que tu as une porte ouverte, c‘est tout bénef ! Il n’existe aucune trace de transactions sur tes achats. C’est le meilleur moyen pour être discret. Pour ce qui est de ses achats chez le grossiste … qui nous dit que c’est pour une radio ? C’est l’argument qu’il a avancé pour se couvrir et être tranquille, mais ça ne tient pas debout. On a un type qui est haut placé dans les petits papiers de Van Brënner, un génie en informatique qui brouille les pistes pour ne pas qu’on remonte jusqu’à lui. Il cache donc quelque chose.
I'm the ghost


Je répétai le message que j’avais vu s’afficher à l’écran du Centre de recherches tout en cherchant à réunir toutes ces pièces. Il manquait quelque chose pour les assembler correctement.

- Ce type nous dit qu’il est un fantôme. Un fantôme ça n’existe pas…C’est une illusion surnaturelle. C’est la définition première. Et si tout ce que l’on voyait n’était qu’une immense illusion ? Ce  visage n’est peut-être qu’un subterfuge. Un masque. Ok, ton indic a dit que ce type a été vu plusieurs fois aussi bien dans les bidonvilles que dans la cité… mais est-ce son vrai visage ? Je veux dire par là que les pouvoirs des Asariens sont immenses et complexes. Il faut qu’on déchiffre cette anagramme ! C’est la clef de tout ça ! Tu aurais une feuille de papier et un stylo à me passer ?





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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Dim 8 Nov - 1:00

Mes prouesses ? Elle en avait de bonnes ...  J'avais bien envie de lui dire que les miennes n'étaient rien à côté des siennes. C'est vrai qu'on était issus tous les deux de la classe très modeste asarienne. Oui ça existait, même si aux yeux des humains on restait des enfoirés d'asariens bien mieux lotis qu'eux. C'était vrai, il n'y avait rien à dire à ce sujet. Même le plus modeste des asariens était un nabab comparé à la façon dont vivaient les humains. Étant journaliste de terrain, j'étais bien placé pour le savoir. Et pour savoir aussi que les Asariens étaient bien pourris pour certains. En général, plus ils gravitaient près du pouvoir, plus on pouvait être sûr qu'ils étaient bien entamés. J'avais longtemps pensé, malgré tout ce que je pouvais avoir comme ressentiment envers lui, qu'Oliver Van Harper était différent, un peu à l'image de Leroy Mc Stone que j'avais eu la surprise de croiser au Phoenix alors qu'il sortait du bureau de Mara Jade. Mais maintenant que je voyais dans quel état ce salaud mettait mon Héléna, je me disais que je m'étais trompé sur toute la ligne... Elle avait accompli la prouesse de séduire un de ces pourris, ce que je n'avais pas été foutu de faire jusqu'au mariage, contrairement à elle, mais je me disais qu'elle la payait cher sa prouesse.

J'avais donc ravalé mes protestations. Je n'avais pas envie de la bousculer, pas aujourd'hui. Je la sentais fragile et vulnérable. Contrairement à un autre, je n'avais aucune envie d'en profiter. Après tout, elle avait raison. Je n'étais qu'un rat avec les filles. Un chien, même. Je m'étais bâti cette réputation, et, en partie pour ne pas laisser filtrer ma détresse lorsqu'elle avait épousé l'Olive, j'en avais rajouté des caisses. L'image qu'elle avait de moi, je l'avais bien cherchée, bien entretenue. Ce qui me surprenait davantage et me troublait, c'est que cela semblait la déranger alors que cela n'avait jamais été le cas avant. Au contraire, elle se faisait un plaisir de me vanner à ce sujet.

J'avais hoché la tête aussi sans rien dire lorsqu'elle avait défendu Laymann. Cela ne voulait pas dire que j'avais changé d'avis le concernant mais juste que je sentais qu'argumenter à ce sujet n'était pas une bonne idée en ce moment. Carter se séparait de son mari et elle avait besoin de se raccrocher à une image idéalisée  du mec attirant et sexy. Elle avait l'air d'apprécier cet artiste. Je me demandais bien pourquoi, mais, même si elle le niait farouchement, j'avais bien senti la poussée d'hormones dans le bureau lorsqu'elle et sa copine avaient parlé du concert à venir. L'être asarien est aussi doué que l'être humain pour se mentir à lui-même. En ce domaine, nous n'avions reçu aucune amélioration par rapport au modèle d'origine.  En soi, sur le plan de la séduction, ce type était moins dangereux qu'Oliver. Ça tenait à son inconstance. Même s'il séduisait Héléna, il ne saurait pas garder parce qu'il serait incapable de lui rester fidèle. Et ça, je savait qu'elle ne pardonnerait pas. Ce ne serait donc dans le pire des cas, qu'une passade.  Mais il y avait une autre dimension qui me dérangeait concernant ce type. Il n'avait pas de passé. Il fallait que j'en parle à Julian mais ce type n'apparaissait dans aucun fichier accessible au public. Tout était soumis à un code d'accès, même son dossier médical ou son état civil. On n'avait aucun moyen de tracer ses sources de revenus et s'il avait un franc succès actuellement et devait se faire des couilles en or avec sa musique, cela ne datait pas de si vieux et avant il était un illustre inconnu. La provenance de sa fortune personnelle était aussi obscure que le personnage lui-même. Carter aurait trouvé ça louche au sujet de tout autre individu asarien mais elle était aveugle le concernant.

Elle avait besoin de se raccrocher à quelque chose et je mesurai à quel point sa séparation la perturbait quand elle évoqua le rendez-vous au sujet de la procédure de divorce. C'était son rêve qui s'effondrait. Même si je n'avais jamais eu de sympathie pour le patron, je déplorais de voir souffrir Héléna. J’espérais que ce type n'avait pas pris une maîtresse, qu'il ne s'amusait pas avec les sentiments de Carter. Il ne m'avait pas semblé qu'il était comme moi, un homme à femmes, bien au contraire. C'était même une de ces disparités entre nous qui m'avait fait dire que c'était le type qui lui fallait, contrairement à moi.

L'appel de mon indic m'avait interrompu dans le fil de mon raisonnement intérieur et lorsque Carter exprima ce qu'elle en pensait, je ne pus qu'approuver. Ce type était  très bien placé sur le plan relationnel mais utilisait les circuits illégaux pour s'approvisionner. Quelque chose ne tournait pas rond.

- Ou alors c'est un agent masqué de Van Brënner. Un petit pion personnel de cet enfant de salaud ? Qui jouerait double jeu, puis qu'il nous file des pistes en forme de rébus ? A moins que ce ne soit une façon de nous appâter pour nous faire tomber dans l'escarcelle de son patron ?

Je filai une feuille et un stylo à Carter en constatant avec plaisir qu'elle avait quand même mangé les trois quarts de son assiette.

- Tu veux faire ça à l'ancienne ? J'ai aussi un logiciel pour ça, tu sais.

J'avais à peine fini de parler que mon pc émit un son d'alerte. Je me précipitai devant l'écran et le tournai vers Carter. Il indiquait "match found". Une image apparut mais ne resta pas plus de deux secondes.

- Hein quoi ? Qu'est ce que c'est que ce bordel ?

Je pianotais nerveusement pour interroger le logiciel qui m'indiqua systématiquement plusieurs fois "files erased, files erased".

- Carter, tu as vu ? Dis-mois que tu as eu le temps de voir ...La concordance ... C'est ... C'est ... Tu vas pas me croire ... Dis moi que tu as vu.

Au même moment nos deux téléphones se mirent à sonner mais Carter fut plus prompte à décrocher que moi qui devais le retrouver sous un tas de coussins  et de paquets de chips vide, incrusté dans le fauteuil qui faisait face à mon écran télé.

-Allo, Holloway .


- Monsieur Holloway, je vous appelle donc je sais qui vous êtes ...

- Très drôle, qui est au bout de la ligne ?


- A votre avis ? Si j'ai donné accès à ces document à Miss Carter, c'est pour  vous alerter, pas pour que vous essayiez de déterminer mon identité. Je joue très gros et en faisant ça, vous compromettez le seul espoir de salut d'Asaria. Trouvez l'anagramme et vous saurez quel est le crime le plus inhumain des Anciens. Ne cherchez pas à connaître mon visage. Je ne suis qu'un messager.


Au même moment, l'image se coupa sur mon ordinateur et laissa place à une vidéo qui s’implémenta automatiquement sur mon écran de télé. Je le découvris en même temps que Carter, la bouche ouverte, les yeux exorbités.


- Qu'est ce que c'est que ce ... foutoir ...Carter, c'était qui ? Ton appel ? Dis moi que tu as vu l'image qu'affichait le logiciel ...


Mais à sa tête, je savais qu'elle n'avait pas eu le temps de voir, sinon elle mouillerait déjà sa petite culotte. Et je savais qu'il y avait peu de chances qu'elle me croie ...

- Monsieur Holloway ... Je suis toujours là...

- Je sais qui vous êtes, espèce d'enflure ... et de vous à moi, je préfère la musique de votre vidéo que celle de vos albums ...


- Je sais que vous êtes deux à savoir probablement ...  Ahha ma musique est  polymorphe, comme moi ...

- Non, non, elle ne sait rien, elle n'a pas eu le temps de voir ... Ne lui faites pas de mal ...


- Mon dispositif de nettoyage a mis trop de temps à trianguler vos recherches. Vous avez un sacré réseau Monsieur Holloway ... Mais vos indics viennent de vous lâcher... un petit pactole ne se refuse pas en ces temps difficiles ... J'ai effacé les dossiers de toute façon. Les dossiers image bien entendu, pas les dossiers écrits. Trouvez l'anagramme et vous aurez dans les mains de quoi changer la face du monde...

- C'est votre face que je vais changer, espèce d'enflure. Qui que vous soyez, vous avez mis deux de mes confrères en danger avec vos jeux de piste à la con .

- Ne soyez pas si grossier. Les femmes n'aiment pas la vulgarité. Si vous tenez à elle, faites en sorte qu'elle ne sache jamais qui je suis. Quant à vous, je sais que vous aimez beaucoup votre maman... La seule famille qui vous reste, je crois... Comme c'est triste. Il y a eu beaucoup de victimes collatérales ce jour-là n'est ce pas...

- Fils de ...

- ...Putain ... Oui je dois reconnaître que vous tombez juste ...

- Comment savez-vous ?  Comment pouvez-vous savoir ?

- Je suis Odin n'a qu'un œil, assis sur son trône au sommet d’Yggdrasil. Je sais tout et j'entends tout... Trouvez l'anagramme et vous saurez aussi ce qui vous intéresse.

- Arrêtez avec vos mythes à la con ! Qu'est ce que vous voulez ? Pourquoi cette mise en scène au lieu de nous donner directement les infos ?

- Disons que j'ai besoin de savoir où ira votre loyauté et je ne peux pas le savoir sans jouer avec vous à ce petit jeu... Monsieur Holloway, je donnerai des nouvelles prochainement. Trouvez le mot de passe... Je n'ai aucun moyen sûr de vous le transmettre... Ne vous inquiétez pas pour vos collaborateurs, j'ai effacé toute trace de leur visite...

J'entendis la tonalité de la ligne. Il avait raccroché.

- Carter, c'était qui ton appel ?


Dernière édition par Liam Holloway le Sam 15 Avr - 12:40, édité 1 fois
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Héléna Carter
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Sam 14 Nov - 0:23

Le plaisir des yeux est le point de départ du sentiment. C’était par cette phrase que mon père aimait raconter comment il était tombé amoureux de ma mère. Je ne me lassais pas de l’écouter. C’était pour moi la plus jolie histoire, digne d’un conte de fées. Je suis une grande romantique même si je ne le montre pas, c’est mon petit jardin secret. Je dois tirer de mon père pour cela. Ma mère aussi est une grande amoureuse et aujourd’hui encore ils forment le plus parfait des couples. Je ne dis pas cela parce que ce sont MES parents, mais parce qu’ils sont la preuve qu’un amour sincère peut traverser toutes les épreuves. Tout comme celle d'Holloway, je viens d’une famille moyenne, très moyenne. Mes grands-parents maternels voyaient d‘un très mauvais œil que ma mère s’entiche d’un petit Asarien sans grand intérêt. Ils rêvaient de la voir épouser un homme issu d’une famille bien plus riche que la leur. Mais voilà, l’amour ne se commande pas ni ne se maitrise. Mes grands-parents paternels  ont toujours été plus compréhensifs et ils n’ont cessé ‘apporter leur soutien à mon père et à ma mère. Ils sont résistés, ils se sont aimés et ils ont réussi à se marier, à avoir un petit boulot chacun de leur côté. La famille de ma mère a compris qu’ils ne fléchiraient pas et qu’ils voulaient vivre ensemble. C’est beau n’est-ce pas ? D’ailleurs, je ne sais même plus pourquoi je vous raconte cela. Mon couple, si on peut le nommer encore ainsi, bat de l’aile et après plusieurs mois à me battre toute seule pour sauver ce que j’avais bâti avec Oliver, j’avais décidé de prendre mes distances. Ce n’était peut-être pas la meilleure décision, mais c’était la mienne.

Entendre Liam évoquer ses conquêtes et ses prouesses auprès de toutes ces femmes, tout ceci  me mettait mal à l’aise. Je connaissais bien l’homme qui était assis en face de moi : un macho doublé d’un séducteur invétéré. Je ne savais plus combien de fois je l’avais vu charmer des femmes aussi bien pour nos enquêtes et obtenir d’elles des renseignements très facilement ou pour son plaisir personnel. Cela me faisait toujours sourire, parfois cela m’énervait aussi… Tiens … c’était la première fois que je pensais à mes différentes réactions devant son manège d’enjôleur. Oui, il m’était arrivée plusieurs fois de maudire toutes ces femmes qui le collaient comme des sangsues. Dès qu’on entrait quelque part, elles se collaient à lui et cela m’agaçait parce que je n’existais plus. J’avais toujours pris sur moi, j’avais toujours fait en sorte d’occulter mon ressentiment même au début de notre collaboration, avant même que je ne sois une femme mariée. Mais là, aujourd’hui, je n’avais aucune envie de l’imaginer au milieu d’une partie de jambes en l’air avec d’autres nanas. J’avais une boule au creux de l’estomac qui me faisait mal. Ce n’était certainement  que la faim qui se rappelait à moi devant cette assiette de lasagnes délicieuses.

Mon adoration pour la nouvelle coqueluche de tout Asaria n’était pas au goût de mon binôme. J’avais la grande impression que Liam me préservait de tous les autres hommes que j’approcherai ou ceux qui viendraient à moi. Je lui avais confié mon prochain rendez-vous avec Oliver et ce n’était pas pour un repas aux chandelles, mais bien pour discuter du divorce.  Je n’avais plus aucune envie de me battre à tenter de recoller les morceaux d’un mariage qu’Oliver ne désirait plus, il était aussi possible que je ne le veuille plus inconsciemment. Au début de mes problèmes de couple, j’étais triste, je pleurais sans cesse quand je me retrouvais dans la villa toute seule. Je me plongeais, la journée, dans le boulot. C’était comme une bouffée d’oxygène qui m’était retirée chaque soir. En démangeant, si ma peine était encore bien présente, je m’étais sentie comme soulagée. Pour en revenir à Gabriel Laymann, pourquoi Liam se faisait-il un film à son sujet ? J’aimais sa musique et ses chansons, je serai présente à son unique et exceptionnel concert.  Je serai même tentée de l’interviewer. Je ne l’avais pas avoué à Liam qui serait capable d’associer interview à rencart puis baise. Je ne comprenais pas pourquoi il agissait ainsi. Il me mettait en garde sur un chanteur que je ne connaissais pas, il se projetait déjà comme si j’allais coucher avec lui. Et puis quoi ? J’allais bientôt redevenir une femme célibataire, je peux bien m’accorder quelques plaisirs ? Holloway ne tournait pas rond. Moi non plus ...

Le coup de téléphone de son indic nous remis en selle sur cette affaire, laissant de côté ma vie privée et son obsession à devenir mon garde du corps face à tous les mecs qui oseraient me toucher. J’avais écouté son échange tout en continuant à manger mon plat. Je  me sentais beaucoup mieux qu’en arrivant et ce petit vin qui accompagné le repas était succulent. Je tapotais la table avec ma fourchette. Il y avait quelque chose qui nous échappait et qui pourtant était là sous notre nez. Rhaaaa c’était rageant !

- S’il joue double-jeu, c’est encore plus tordu que je ne le pensais. Ce type veut se venger de qui ? Du gouvernement ? De Van Brënner ? D’un autre Ancien. Il a attendu  d’avoir leur confiance pour se retourner contre eux. La question est alors : pourquoi ? Que cherche-t-il ? Une vengeance ?  

Il me donna une feuille et un stylo, et je poussai au milieu de la table mon assiette et mes couverts.

- J’aime bien les méthodes à l’ancienne.
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Je commençai à griffonner plusieurs solutions. Il y avait peu de lettres et c’était une occasion de trouver cette anagramme sans y mettre des heures. Le logiciel d’Holloway aurait pu faire cela plus rapidement que moi, mais ça me donnait aussi le prétexte pour me concentrer sur autre chose que le début de notre conversation et cette petite sensation que je ne savais pas déchiffrer. Je listais au fur et à mesure, les mots que je pouvais former avec ces lettres. Je fus tirée de mes réflexions par la voix inquiète et excitée d’Holloway. Je levai la tête, arquant un sourcil de surprise.
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- Holloway, je ne saisis rien de ce que tu racontes ! Je dois voir quoi ? Parce que là je suis en train de réfléchir à l’anagramme si tu avais oublié ! Quelle concordance ? Où ça ?

Il était de plus en plus bizarre et ce n’était pas de lui d’être aussi nerveux.  Je ne savais pas ce qu’il cherchait sur son ordinateur à pianoter comme un dingue. Je me replongeai dans le jeu de mot à trouver quand nos téléphones se mirent à sonner en même temps. Ça par contre, c’était flippant. Je me redressai un peu de la chaise pour prendre mon IPhone dans la poche de mon jean. Le numéro de téléphone sur l’écran était masqué.

- Carter, j’écoute.

Il n’y avait rien, que le silence entrecoupé par les mouvements de Liam qui cherchait son téléphone sous les coussins et qui finit par décrocher juste après moi. Lui, il avait bien un interlocuteur. Moi, je n’avais rien … Ha si ! J’entendais un souffle, une respiration …

- Je sais que vous êtes là, alors arrêter votre petit jeu et dites-moi ce que vous voulez ?

Si la personne au bout du fil se faisait désirer, ce n’était pas le cas pour Liam. Je l’observais changer d’attitude, plus agressif, plus anxieux. Puis une voix transformée m’interpella. Un son brouillé. En même temps une nouvelle vidéo défila sur l’écran de l’ordinateur d’Holloway que je fixais avec grand intérêt.

- Mademoiselle Carter, bonjour. J’ai peu de temps alors écoutez-moi bien. L’anagramme est l’origine de tout. Elle vous conduira au secret le plus répugnant des Anciens. N’oubliez pas ces mots : I'm the ghost, I'm Phoenix too …
Je ne suis pas votre ennemi, mais j’ai besoin de savoir jusqu’où vous pourrez tenir tête aux Puissants et si vous désirez la vérité.
Je vous remercie pour votre intérêt en tant que fan. Ma musique est comme moi, polymorphe. Vous êtes une femme très rusée, mais je viens d'effacer tous les fichiers images que vous avez récupérés. Je suis très vigilant.


- Si je comprends bien, vous voulez que je mette ma vie en danger pour vos histoires de devinettes ?!! C’est une blague ?

La voix ne voulait plus répondre et je me tournai vers Liam qui était toujours en grande discussion. J’entendis de nouveau quelque chose. La voix ne s’adressait plus à moi … C’était un fragment de la conversation d’Holloway avec ce type.

- Je n'ai aucun moyen sûr de vous le transmettre... Ne vous inquiétez pas pour vos collaborateurs, j'ai effacé toute trace de leur visite...

La communication se coupa aussitôt et le regard effrayé que je lançai  à mon binôme en disait bien plus long que les mots que j’aurai pu prononcer. Sa question me fit sursauter au point de faire presque tomber mon téléphone qui glissa de ma main avant que je ne le rattrape.

- C’est cet homme. Celui du Centre. Cet Arias. Il m’a dit de trouver cette anagramme. Il a répété la phrase : : I'm the ghost, I'm Phoenix too et qu’il n’était pas notre ennemi. Puis, j’ai entendu la fin de ta conversation avec lui. Sa voix était brouillée. Qu’est-ce qu’il t’a dit ?

La vidéo semblait ne plus finir. Elle recommençait encore et encore.

- S’il croit être malin, je le suis bien plus que lui. Il a peut-être effacé toutes les données de ton ordinateur et de mon IPhone, mais pas de ma clef USB !

A malin, malin et demi, pas vrai ? Je pris la feuille sur laquelle j’avais griffonné quelques mots pour  l’anagramme et j’écrivis ceux qui s’étalaient sur l’écran.

- Armageddon,  I am the beast, the earth, I am the blood …
Ho non, non, non  … Liam … Cet homme, c’est …


Je levai ma feuille, terrifiée, pour lui montrer le nom que je venais de découvrir avec l’anagramme :
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Dim 29 Nov - 20:19

Carter semblait effrayée, totalement à cran  parce qu'elle avait entendu au bout du fil. Comment pouvais-je aborder chaque propos que ce type avait tenu sans la paniquer davantage ? Je me passai une main sur le visage pour reprendre mes esprits tandis que sur l'écran plat une autre vidéo succédait à celle qui s'était répétée plusieurs fois en boucle. Je la scrutai d'un air incrédule tout en écoutant Héléna qui avait repris son combat contre l'anagramme.


-  Ooh Bon sang ! C'était lui aussi qui t'appelait ... Oui, oui tu as raison... Heureusement qu'on a la clef USB... Il faut trouver cet anagramme... Mais bordel Carter, regarde un peu ça deux minutes. Ce type maîtrise la communication à fond et aussi le domaine artistique ... Normal tu me diras ... Si c'est bien Lay... mais je n'achevai pas ma phrase, me disant qu'il fallait mieux que j'y aille en douceur. Mais par quels moyens a-t-il réussi à entrer dans les systèmes et à effacer ce qu'il voulait. Il m'a même dit avoir effacé les images qui vous compromettaient au Centre de Recherche... Attends ...

Je fronçais les sourcils essayant de mettre en place les pièces du puzzle que nous avions en main. Je me parlais plus à moi-même que je ne m'adressais à Héléna. Héléna qu'il faudrait convaincre que son idole était impliquée dans ce sac de nœuds.
Je marmonnais, en proie à une grande nervosité.
- On vient d'avoir Arias au téléphone ... Mais quand il m'a parlé, il n'a pas nié être Laymann... Ce qui signifie que soit c'est bien lui soit ils travaillent ensemble.

Je m'étais mis à arpenter la pièce nerveusement tandis que Carter s'escrimait avec l'anagramme. Malgré l'aversion que j'éprouvais pour Gabriel Laymann, je ne pouvais perdre mon esprit professionnel et je devais m'efforcer de respecter la déontologie du journaliste. Oui mon logiciel avait déterminé la correspondance morphologique la plus concluante entre Arias et Laymann, mais les logiciels n'étaient pas infaillibles et surtout les anamorphes étaient des dons qu'on trouvait parmi les Asariens, donc cela ne prouvait absolument rien. On avait très bien pu se servir de l'image de Laymann pour frapper les esprits de deux petits gratte papiers, tout simplement parce qu'il était sur médiatisé en ce moment. Laymann n'était peut-être qu'un vecteur, un canal pour atteindre plus tard la population asarienne la plus large. Il pouvait être une victime, simplement, d'un détournement d'image publique et de notoriété. Si c'était le cas, cet Arias était fort, très fort... Il en savait long sur Laymann. Sur nous aussi... Putain! Ça faisait flipper! Je me plantai devant la télé à nouveau et accordai toute mon attention aux paroles.

En tout cas, il gère sur le plan musical. J'aime beaucoup. Ça sonne toujours comme une mise en garde... Mais là, Héléna, Héléna, tu en penses quoi ? C'est aux Anciens que cela s'adresse directement non ... Elle finit pas très bien non plus, cette vidéo, ça fait flipper...

On nageait en pleine dimension parallèle. Le type ou l'organisation qui était derrière tout ça avait des moyens colossaux en matière de médiatisation et de technologie, un savoir-faire en tout cas... Il me paraissait improbable que ce soit l’œuvre d'un seul homme. Mon attention fut détournée par le cri d'Héléna qui se tenait droite, levée comme si elle venait de voir passer un spectre. Elle agitait sa feuille avec frénésie et je dus la saisir au vol pour voir ce qu'elle avait écrit.

- OOoooohhh! ...

Mes yeux croisèrent ceux de ma binôme. Des yeux exorbités par la surprise. Pire que nos trombines le jour où nous avions débusqué le scoop sur Epsylon.

- Maaaais Bordel de pelle à queue ! Je comprends bien ? Tu comprends la même chose que moi ? Saria... Comme Ahmed Saria ? Ce serait lui, derrière tout ça ?

Je me remis à arpenter le salon en écrasant les paquets de chips vides. Je me plaquais les mains sur les joues. Je m'arrêtais pour mieux repartir...

- C'est ... c'est incroyable ...

- Extraordinaire ...

- Mais très plausible ... Tout s'explique à présent. Les moyens, le talent, c'est brillantissime, digne du génie d'Ahmed Saria ...Il faut ...

- Qu'on vérifie si ça marche ...

Nous nous ruâmes tous les deux sur mon portable. Merde, il était bloqué sur cette fichue vidéo et j'avais beau basculer le programme rien n'y faisait. J'eus alors une idée et je tapais sur le clavier"SARIA". Aussitôt la vidéo s'interrompit sur l'écran du portable et resta seulement sur celui de la télé. Je frissonnai en songeant au degré de qualification qu'il fallait pour accomplir ce que ce "type " était en train de faire.

- Il a fait une main mise sur mon pc, tu te rends compte, ça veut dire qu'il le pilote à distance. C'est comme si ... Comme s'il parlait avec nous, en direct

Je cliquai sur le dossier Batman begins en zieutant l'icone dédié.

- C'est quoi cette chauve-souris ? J'ouvre.. Ahh oui des dossiers Ulysse et le Cyclope c'était ce que vous aviez vu ?

Héléna acquiesça nerveusement. Je pouvais comprendre. On allait enfin savoir quelle effroyable révélation se cachait dans ces dossiers.

- Je clique et voilà !  My name is anagram ... On y est presque alors essayons S A R I A.  Ca y est c'est déverrouillé. Bon sang, il y a une pleine page de dossiers regarde ça ... Et dis donc, il y en a un qui s'appelle  I'm the ghost, I'm Phoenix too !

Je soufflai un coup et fermai les yeux puis regardait Carter d'un air grave. Un sentiment d'exaltation et d'angoisse mêlé à l'excitation de se retrouver comme au bon vieux temps de nos enquêtes tordues. Je cliquai sur le dossier. Une vidéo démarra et nous nous figeâmes Héléna et moi.


On y voyait un jeune homme d'une vingtaine d'années à la longue chevelure, facétieux, visiblement avec un groupe d'amis. Le son était coupé. Une voix off parlait sur ces images. Mais elle n'avait rien à voir avec les images.


Bonjour à vous qui voyez ces images.
Mon nom est Gabriel Nicholson et je suis mort à 24 ans.
J'aimais la vie, j'aimais les filles, la bière et le rock'n'roll.
Je refusais la haine, je refusais le mépris, la pauvreté.
Je voulais de la joie, du bonheur et de l'amour pour tous.
Mon nom est Gabriel Nicholson et je suis mort assassiné.
Mais pas par ceux qu'on a accusés, non.
Eux, ceux que vous voyez derrière moi, avec moi
sur ces images, eux, étaient mes amis.
Ils sont morts en essayant de me sauver...
Vous voulez savoir qui m'a assassiné ?
Alors mettez ces dossiers dans un lieu sûr
Vous serez contactés prochainement
Pour avoir les autres mots de passe
De tous les dossiers ...

Je ne suis pas la seule victime de ces monstres.
Vous en connaissez certaines car vous êtes ...
Les héritiers de ceux qui sont tombés à mes côtés.
Victimes des bourreaux du Gouvernement De Nephthys:
Héméra Stevenson, Gaïus Hasard,  Jeko Harding,
Russell Thorne, Adam Lockwood
Scott Pearson, Ryan Holloway,
Mickael Gryder...



La liste sinistre s'égrenait lue par cette voix triste. Chaque fois elle précisait le sort de la personne : torturée, exécutée, ou disparue, avec une certaine émotion.
C'est ce qui me frappait.Ce n'était pas ces voix monocordes et synthétiques qui listaient une hécatombe mais une voix humaine, sensible qui s'efforçait de rester neutre mais n'y parvenait pas. Nous nous regardions en silence Héléna et moi, les larmes aux bord des yeux. Nous connaissions certains de ces noms. C'était les nôtres, enfants, femmes, ancêtres. Il y avait des Paces. Et d'autres inconnus, mais il y en avait tellement. Tellement... Et entre deux noms inconnus, il y avait le mien ... mon père ... Pourquoi figurait-il parmi les victimes alors qu'il était Milicien ?

Vous voulez savoir le sort qui fut le leur ?  
Et quel est celui de ceux qui sont retenus hors des Dômes ?
Vous voulez savoir quel sort réservent les Anciens d'Asaria
A certains des leurs dont la mutation ne correspond pas
Aux cannons de la beauté Asarienne ?
Vous voulez savoir quels sont les projets du Ministre de la Sécurité
Pour le genre humain, pour les enfants asariens du peuple ?
Tout est dans ces dossiers. Je vous confie cette copie.
Prenez en grand soin. Je suis mort pour nos idées.
Et je mourrais une seconde fois... Quand il le faudra ...
Mon nom est Gabriel Arias et je suis mort
A cause des noms que je porte.


Je regardai Héléna, hébété, en état de choc. Elle semblait peiner à réaliser ce que nous venions d'entendre. Je pris sa main, parce que j'en avais besoin. Et je la serrai dans la mienne.

- Je me trompais... En fait c'est Saria ... Le logiciel a du se tromper à cause des prénoms ... Similaires ... Non, laisse tomber, je suis complètement sonné, je divague... Pourquoi mon père  ??? Pourquoi est-il dans cette liste ? Ce type sait des choses sur nous ... Il sait tout ... Même ce qu'on ne sait pas nous mêmes ...


Mon esprit sautait d'une idée à l'autre et j'avais soudain un mal de crâne terrible.

- Ce type qu'on voit sur la vidéo serait donc Gabriel Nicholson ? On doit pouvoir le vérifier ça, non ? Et pourquoi dit-il ensuite s'appeler Saria ? Ohh putain, je crois que j'ai compris, Ahmed Saria revient pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de ce gamin parce que ... c'était son ...

Je sentis soudain les larmes me monter aux yeux et je ne pus retenir un spasme de mes épaules. Il fallait que j'aille voir Mama... Il fallait qu'on mette ces fichiers en sécurité, il fallait qu'on alerte les Paces... Je m'essuyai rageusement les yeux du revers de la main

- Pardon, désolé, ça va passer. Voilà c'est déjà passé. Il faut qu'on appelle Mara Jade non ? Ou Amaria  ?


HRP:
 
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Héléna Carter
Pacificatrice Asarienne
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Localisation : Toujours à fouiner !
Côté coeur : En plein doutes

Activité/Profession : Journaliste/ Reporter de terrain au Times

MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue Deus ex Machina] Invoke The Machine [Pv L'Emmerdeur]   Ven 11 Déc - 21:59


- Non ! On ne prévient personne ! Ni Mara, ni Amaria ! Pas pour le moment au sujet de cet Arias/Saria ! Par contre, il y autre chose dont je dois te parler et là oui, il faut avertir le QG.

J’avais laissé Liam parler sans l’interrompre un seul instant. Il avait besoin de déverser toutes ses émotions, il avait besoin de s’exprimer comme tout Italien qui se respectait et mon binôme ne faisait pas exception à cette règle. J’avais été moi-même aspirée dans une sorte de réflexion intérieure, en essayant de faire le tri sur ce que je venais de découvrir avec l’anagramme et ces fameux coups de téléphones que nous venions chacun de recevoir. Nous devions nous apaiser et reprendre nos esprits. C’était la seule manière de nous dépatouiller de toute cette histoire abracadabrante. Je connaissais Liam pour son côté très expressif, mais là je ne l’avais jamais vu s’agiter autant. Il faisait les cent pas dans son salon bordélique où traînaient encore les paquets de chips de sa soirée précédentes et bien arrosée avec ses potes. Il était à lui tout seul un spectacle et j’avais eu beaucoup de mal à me concentrer sur mes propres interrogations. Puisque je ne pouvais pas faire autrement que de l’écouter, je m’étais laissée tomber sur le divan et j’avais pris soin de suivre ses diverses pensées. Je l’avais suivis des yeux. Il avait cette flamme dans le regard et dans ses gestes, cette façon bien à lui d’exprimer son impression. J’en aurai presque souri si cette situation ne me donnait pas froid dans le dos. J’avais bien tout enregistré, tout ce qu’il me disait et qui faisait écho à mes spéculations. Mais je devais mettre un terme à tout cela, parce que je n’arrivais plus à penser correctement. Ce fut donc à ce moment que je levai la voix en répondant à sa question. Pour le moment, je me voyais mal prévenir un Pacificateur sur toute cette histoire. Liam s’arrêta dans son petit parcours du salon, surpris par le haussement de mon ton. Je soupirai bruyamment tout en le fixant du regard.

- Ok, Ok, reprenons et assis-toi, par pitié ! Parce que tu me donnes le tournis là !

J’étais à cran et si je ne l’extériorisais pas de la même manière que Liam, il suffisait de voir dans quel état était le bout de papier dans ma main sur lequel j’avais griffonné le nom de SARIA. J’avais formé une petite boule avec et je la serrai dans ma paume à m’en faire mal.

- Pourquoi tu veux que cet Arias soit Laymann ? Il ne m’a rien dit quand il s’est présenté ! Tu es certain que tu ne ferais pas une fixation sur mon idole simplement parce que tu serais un chouia jaloux de lui et de l’attention que je lui porte ?!

Je me buttais face à ce qui n’était rien d’autre qu’une évidence pour Liam. Je ne pouvais concevoir que le chanteur que j’adulais était un … Un quoi ? Un traitre ? Un manipulateur ? Un menteur ?

- Merde ! Merde ! Merde ! Cela commence à me taper sur les nerfs ! J’ai horreur d’être prise pour une marionnette !

Si cet Arias, Saria ou Laymann, peu m’importait maintenant sa véritable identité, nous avait sauvé la mise en effaçant toutes les traces de Grant et moi au Centre de Recherches, je me doutais que ce type ne fasse pas cela par simple geste de bonté, qu’on devrait tôt ou tard payer notre dette.

- Ce type arrive à me mettre les nerfs en pelote ! S’il est vraiment ce qu’il dit être dans sa vidéo, je veux savoir  pourquoi il réapparait au bout de tant d’années ! C’est quoi son but précis ? Nous faire tourner en bourrique ?

Je me levai du canapé et j’allais m’installer devant l’écran de l’ordinateur de Liam, là même où nous avions vu et écouté la vidéo et le message qu’il nous avait délivrés. Je la repassais une seconde fois, cette fois-ci en prenant un peu plus de recul. L’évocation de tous ces noms qui m’étaient inconnus, sauf deux ceux d’Héméra et de Gaïus, me donnaient de nouveau la nausée. Le père de Liam était, lui aussi, mentionné. Pourquoi ? Même Liam ne comprenait pas cela. Je fermai la fenêtre de la vidéo et j’ouvris le logiciel de recherches. Je tapai vivement le nom de Gabriel Nicholson sur le clavier. Il n’y avait presque rien. Sa mère avait fait en sorte que plus rien ne soit écrit sur son fils ni qu’on puisse y lire quoi que ce soit. Même les images n’avaient plus lieu d’être partagé et téléchargé. Tout avait été effacé. On avait droit à un résumé de sa vie jusqu’à sa mort qui indiquait …

- A été tué lors d’un piège mené par les Pacificateurs. Les Miliciens sont arrivés trop tard pour sauver la vie du fils de la Grande Conseillère. Gabriel Nicholson a été fauché en pleine jeunesse alors que son destin brillait de mille feux. Il était celui qui devait prendre la succession de sa mère au pouvoir e la cité.

Je cliquai nerveusement sur d’autres articles, mais tous relataient la même chose au mot près. Pourquoi n’y avait-il plus de photos  de lui ? C’était d’une telle frustration que cela m’agaçait.

- Si c’est bien lui, comment a-t-il fait pour survivre et se cacher pendant dix ans ? Et surtout pourquoi attendre dix années ?! Nous n’avons aucune photo de lui pour tenter une concordance faciale avec la vidéo. Tu crois que Leroy aurait des archives dans sa Bibliothèque ?

Je laissai ma question en suspens et je tapai une nouvelle recherche, cette fois-ci en mentionnant Gabriel Laymann. Il y avait beaucoup plus d’articles sur le chanteur que sur le fils défunt de la Dirigeante d’Asaria. Je commençai à cliquer sur les différents articles. Je les lisais avec attention, mais je ne trouvais pas ce que je cherchais.

- Tu as vu ? On ne sait rien sur ce type, de ce qu’il a fait avant de devenir une star. Sa vie semble avoir commencé  en  2112, soit, il y a 4 ans, avec des débuts très discrets. Je vais aller à ce concert comme la plus grande fan que je suis et je vais tenter de l’approcher … Quelle que soit son identité, ce qu’il est, ce qu’il a été, ce qu’il est devenu, j’ai besoin de le voir et de lui parler. J’en ai plus que marre de devoir converser avec lui par vidéos ,par téléphone ou par messages bizarres.

Il restait un point important que Liam avait soulevé : le lien de parenté avec le créateur du SEER. Je tournai mon regard vers mon binôme qui me dévisageait.

– Gabriel Arias, c’est Gabriel Saria. S’il revendique ce nom c’est que non seulement sa mère c’est De Nephthys, mais son père serait Ahmad Saria et non Nicholson. Je perds le fil de toute cette histoire. Attend ! Amaria pourrait nous éclairer sur cette histoire ! Ha non non non ! On ne va affoler personne. Je dois le voir. On se tient à ce que je viens de dire ! Je vais à ce concert et je tente de l’approcher. C’est la seule façon de savoir où cela nous mène et pourquoi il nous a donné tous ces dossiers, pourquoi il nous aide et quelle dette nous allons devoir lui payer pour tous ces actes de … bienveillance …

Mon dernier mot fut accompagné d’une grimace. Ce soir, c'était le concerte et je ne savais toujours pas comment j'allais me comporter. J'allais devoir faire abstractions à tout cela, apprécier le spectacle et laisser la journaliste et la pacificatrice de coté, mais pour combien de temps ?

- Il faut que je te parle des clichés que Grant a reçu un peu plutôt au Times, ce matin. c'était peu avant de partir au Centre de Recherches ...
Ecoute-bien.









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