(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}

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MessageSujet: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyDim 21 Aoû - 21:49



J'ai fait l'expérience maintes fois déjà. Je suis venu en "visiteur" me promener dans cet Asaria alternatif que j'ai exploré un peu plus chaque fois, jusqu'à découvrir le prix à payer pour sa réalisation. Je ne sais pas pourquoi mon destin est de mourir relativement jeune, dans toutes les dimensions que je connais. Je semble être victime d'une sorte de malédiction à laquelle même mes pouvoirs démesurés ne me permettront pas d'échapper. Ma première réaction à ce constat a été la révolte. J'avais beau être convaincu que je ne tenais pas à la vie et que je me destinais au sacrifice, savoir que de toute façon une force qui me dépassait avait déjà décidé pour moi n'était pas facile à accepter pour un être doté d'un caractère tel que le mien. Je n'ai pas peur de la mort mais je veux la choisir. Savoir qu'elle est universellement prévue avant mes quarante ans me donne une sorte de vertige que je chasse souvent dans l'alcool. Après tout cela me laisse moins de six ans pour accomplir mon destin... Peu de temps pour sauver Asaria, peu de temps pour vivre entre deux combats, quelques plaisirs mérités mais néanmoins sulfureux.

Oui, j'ai fait l'expérience maintes fois déjà, mais cette fois c'est différent. Je n'avais jamais emporté personne dans mon transfert d'énergie auparavant. L'issue de ce voyage à deux était aléatoire pour peu que le "passager" panique. J'ignorais même jusqu'à ce jour s'il pouvait y survivre, si je pouvais y survivre... Dire que le sort de Sélène m’indiffère et que c'est pour cela que j'ai décidé de lui montrer ce que je vois lors de mes incroyables voyages, serait très inexact. Je suis attaché à elle, et d'une certaine façon, je tiens à elle. Elle est la seule personne appartenant à mon passé que je peux fréquenter sans mentir. Elle sait des choses intimes sur moi. Elle a assisté aux derniers râles de Gabriel Nicholson. La haine, le sang, la violence nous lient inexorablement. Et je viens d'apprendre que nous avons tous deux été des jouets entre les mains de nos parents, des faire valoir, des pions sur l'échiquier du pouvoir. Cela nous lie davantage encore, même si cela n'adoucit en rien le reste. Cela l'explique dans toute sa cruauté. En d'autres circonstances, nous aurions pu être amis. Je suis de la même génération qu'elle, légèrement plus âgé. Nous avons dû nous croiser au cours de certaines soirées données par le Gotha asarien, mais je ne garde aucun souvenir de cette brune sublime qui aurait dû subjuguer l'hédoniste que j'étais déjà. Pourquoi ? Parce que nos parents ont fait en sorte que je ne puisse pas la remarquer... Elle était déjà tapie dans l'ombre, telle une tueuse guettant sa proie. Le crime aurait pu être parfait si Jeko n'y avait assisté par hasard... Je peux me demander ce qui se serait passé si je l'avais rencontrée avant de rencontrer Mara. Mais je refuse une alternative qui ne me fait pas rencontrer celle qui a achevé de m'ouvrir les yeux.

Sélène et moi portons chacun notre propre malédiction et elles ont fait de deux personnes, que rien ne destinaient à se haïr, des ennemis irréductibles. A présent, elle va connaître le prix de sa loyauté aux ordres de ma mère. Elle va connaître le prix qu'Asaria a déjà payé pour cette démence. Et après, juste après, je lui ferai connaître celui que notre Cité va payer dans le futur... Pour l'heure, je savoure son émerveillement de petite fille que sa fierté de femme fatale peine à dissimuler. Sous mes yeux, la Sélène qu'elle aurait pu être prend vie. Et c'est émouvant, étrangement émouvant. Je souris tristement en répondant à sa première question.

- C'est un de mes pouvoirs, la dématérialisation moléculaire ... Merci mon père ... Je peux déplacer ce que je veux dans l'espace et le temps, y compris moi ...

Je tais néanmoins ce que cela me coûte à chaque utilisation de ce pouvoir colossal. Un transfert avec un passager, comme je viens d'opérer, induit selon les Lee un vieillissement moléculaire de mes cellules d'une année. Ils ont fait le calcul lorsque j'ai envisagé de projeter les humains dans une dimension plus accueillante pour eux. Je ne suis qu'un Asarien seconde génération jusqu'à preuve du contraire et même un Ancien possédant mon don ne survivrait pas à un millier de transferts par ce canal. Physiquement je parais encore mes trente quatre ans ans, mais sur le plan cellulaire, j'en ai déjà le double selon mes amis scientifiques.

- Qui était au courant ? Sélène ? Tu parles de ma mère ... Elle ne voulait pas que les idées des Pacificateurs fassent leur chemin jusqu'au pouvoir. Et bien entendu ... Enfin, je ne sais pas si tu en as été informée ... Le fait que j'étais tombé amoureux de leur leader ... était une voie royale, puisque j'étais appelé à reprendre le siège de Grand Conseiller... J'aurais attendu qu'elle démissionne à cause de son âge ou toute autre raison la motivant...

Je laisse Sélène s'éloigner, bien conscient du bouleversement qu'elle est en train de vivre. Elle parait si vulnérable, tellement humaine au sommet de ce plateau couvert d'herbes sauvages. Plus belle que jamais.

- Je n'aurais jamais pu l'éliminer au nom du pouvoir, comme elle l'a fait avec moi. Elle était ma chair, mon sang ... Mon seul parent, ma seule famille... Tu as ta sœur Sélène... Moi je n'avais personne ... Ma mère est folle et je ne comprends pas comment les personnes qui gravitent autour d'elle n'en ont pas pris conscience quand elle t'a obligé à ...

Je l'écoute et souris puis je me rapproche et l'enlace pour la cacher des pans de mon manteau avant de poser la paume de ma main sur son front. Je ferme les yeux et elle se retrouve nue contre moi. Je sens un frisson la parcourir.

- Promis j'ai les yeux fermés ! Une robe de plage sur un bikini, ça te convient ? Je suis dans ta chambre. Bon, tu es pas si ordonnée que je croyais. Pourquoi la robe de plage et le bikini sont roulés en boule tout au fond d'un tiroir ? J'ai trouvé sans peine un maillot une pièce de l'armée en revanche. Il a une ceinture de chasteté intégrée ce truc, j'en suis sûr, mais je suis certain aussi que tu es quand même sexy dedans. Bon allez, bikini, robe et capeline en paille. Te voilà parée ...

Je me redresse, moi même métamorphosé, et la jauge en émettant un sifflement admiratif.

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- J'aimais beaucoup ta robe en dentelles mais là tu es sublime et avec ton teint tu vas prendre des couleurs rapidement ...

Je tends ma main pour l'aider à descendre jusqu'au bord de l'océan ...


Dernière édition par Gabriel Laymann le Dim 26 Mar - 12:02, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyMar 30 Aoû - 21:53





(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} 197614GabetSelene





Je sais qu’il me parle, qu’il répond à mes questions et pourtant sans être impolie, j’ai beaucoup de mal à me focaliser sur ses mots. Je l’écoute, c’est vrai, mais peut-être pas assez, pas  avec l’intérêt que je devrai porter à ses explications au sujet de ses pouvoirs qui nous ont permis d’atterrir ici. Je n’y arrive pas. Tous mes sens sont tournés vers ce soleil qui caresse ma peau sans ressentir la moindre douleur. La chaleur est si nouvelle, si délicieuse. C’est donc cela qu’éprouvent les humains hors des dômes, ce qu’éprouvaient tous les hommes et les femmes avant la pluie de feu. Mes doigts jouent dans l’herbe, à cache-cache avec le plus petit rayon du soleil. Les effluves marines me parviennent jusqu’à moi. Je n’ai jamais pris le temps de m’arrêter près de l’océan la nuit ni encore moins de me balader pour apprécier juste le moment présent. Je n’ai pas été entrainée pour cela. Je suis une Tueuse, une Guerrière et je n’ai pas le droit de m’attendrir sur cette nature. Cette autre dimension m’en donne l’autorisation, comme une enfant qui nargue les règles qu’on lui a imposées.

Mes longs et pénibles entrainements m’ont appris à développer mes sens bien au-delà de leurs limites. Je possède comme tous les miens déjà des sens supérieurs aux humains, mais il faut aussi pouvoir s’en servir et les faire évoluer pour en apprécier toutes leurs capacités. Là, j’avoue que mes perceptions me surprennent. Rien ne correspond à ce que je connais et c’est très déstabilisant. ce paradis me perturbe. Je n’ai aucun point de repères. Ils le savaient tous ce que sa disparition engendrerait. C’est comme une vision, une pure révélation qui vient me donner une claque sanglante au visage. Mon murmure ne devait être que pour moi, mais Scarecrow l’entend et mes réflexions provoquent ses questions. Je redresse ma tête et cette fois-ci je ne manque rien de ce qu’il me raconte. Sa mère n’a donné aucun ordre lorsque je lui répétais, lorsque je lui criais si je devais tirer ou pas … Son silence était son aveu … Si j’avais été plus curieuse, moins soumise aux Anciens, moins formatée … J’aurai pu éviter ce drame … Si je n’avais pas tiré un autre assassin aurait été mis sur les rangs. Peut-être devais-je être celle qui devait mettre fin aux jours du fils héritier. C’était écrit.

- Non je ne savais rien sur toi ni sur tes idées. Je savais seulement que tu étais son fils. Je n’ai eu aucune information et même si j’en avais demandé, elle n’aurait rien dit. Je suis un Assassin, j’exécute des ordres. Je ne suis pas là pour poser des questions … Et même si j’avais refusé ce contrat. Un autre aurait pris ma place. Tu gênais … mais ça tu le sais. Je ne t’apprends rien.

Je trouve la force de me relever de ce tapis vert qui respire la liberté. Mes prunelles restent fascinées sur le paysage de cet océan bleuté qui vient séduire les bords sauvages de la plage qui se dessinent tout en bas.

- J’ai ma sœur, oui. Pourtant, je suis seule … Qui peut me comprendre ? Pas elle. Non, elle ne sait rien, ni sur moi, ni sur mon père. Je la préserve jusqu’au jour où elle devra apprendre l’horrible vérité sur sa famille. Ma mère est un pion elle aussi, pauvre femme. Elle est assujettie à mon géniteur depuis le début. Je me suis toujours demandée si leur mariage n’avait pas été arrangé. On est capable de se créer une famille différente de nos liens de sang. Des Êtres qui comptent pour nous.

Moi, je ne peux pas. Je suis une Ombre. Je suis l’esclave des Ténèbres. Mes pouvoirs sont devenus tellement indépendants de moi. Ils sont vivants et j’en suis le réceptacle. Je ne contrôle pas cette puissance et je ne connais pas leur limite. Une entité au-delà de mes dons peut-elle vivre en moi ? Ou bien est-ce ma puissance que j’ai peur de libérer ? Tous ces tests sur mes pouvoirs que j’ai endurés pour devenir leur meilleur pantin au service du gouvernement, ont-ils servi à créer cette Noirceur.

- Si elle est folle, elle cache bien son jeu. Je n’ai jamais vu une femme maitriser ses émotions à ce niveau-là. Nous possédons tous des limites. Même à l’abri derrière nos propres remparts, nous savons ce que l‘on peut endurer et ce qui nous fait défaillir. Elle … c’est très différent.

J’ai envie de visiter cette dimension. De découvrir ce que j’ai tué, ce qui n’adviendra jamais. Nos vêtements ne sont pas adaptés à la balade sur la plage et le seul magicien de nous deux, c’est lui.  Il se rapproche à ma demande et ouvre les pans de son manteau pour m’inviter à m’y glisser. Je m’attends à changer de tenue à la seconde même, mais la sensation du vent sur ma peau nue, soudainement, me fait lever les yeux vers lui, surprise par cette altération sur mon corps. Sa paume touche mon front et il ferme les yeux, plongeant dans une sorte de transe. L’Épouvantail se retrouve chez moi dans mon appartement. Comment peut-il savoir où j’habite, comment peut-il être à la fois contre moi et là-bas ? Ses pouvoirs sont tellement puissants que je m’étonne qu’un corps aussi jeune puisse s’en accommoder sans séquelles. Mes doigts coulent sous son tee-shirt et agrippent ses hanches. Mes ongles s’enfoncent dans sa chair. C’est un avertissement sur ma nudité et sur ses remarques concernant mes vêtements qu’il trouve en boule au fond de mon armoire.

- Tu devrais faire attention à ta langue. Je pourrai te l’arracher à tout moment si tu ne t’arrêtes pas de faire le curieux dans mes affaires.

Des légères étoffes de tissus se matérialisent sur ma peau et la capeline en paille provoque l’ombre au-dessus de ma tête. Je me recule de son étreinte pour nouer correctement le paréo qui devient une robe d’été autour de mon corps. A son sifflement admiratif, je m’aperçois qu’il a changé lui aussi. Il a quitté son costume de Scarecrow qu’il arbore depuis notre tête à tête pour apparaitre plus décontracté, à mes yeux. Son apparence me renvoie au passé. Il était ainsi quand je l’ai découvert pour la première fois lors d’une réception. Je n’étais là que pour l’étudier. Je me souviens de son sourire charmeur et de ses cheveux longs. Son regard est dissimulé par des lunettes de soleil et je suis persuadée que lui aussi s’est modifié. Je prends sa main qu’il me tend et nous descendons la butte sur laquelle nous sommes arrivés.

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} 588446plage




Il m’a averti de faire très attention à notre présence. Personne ne doit nous reconnaitre et nous ne devons pas interagir avec ces personnes. Plus  nous approchons de cette plage, et plus mon cœur bat la chamade comme jamais. La population se fait de plus en plus dense. J’essaye de garder mon calme, de ne pas dévisager les gens et de paraitre la plus détendue possible dans cet environnement inconnu. L’océan brille d’un éclat merveilleux sous les rayons du soleil. Je retire les sandales et mes pieds s’enfoncent dans le sable. Mon envie de gouter à la fraicheur de l’eau devient presque tangible. Je lâche la main de Gabriel pour m’aventurer jusqu’au rivage. La brise se lève et j’ai le réflexe de retenir ma capeline sur la tête pour éviter qu’elle ne s’envole. Un prénom me fait tourner la tête un bref instant … Quelques secondes interminables …

- Cassie met ton chapeau, tu vas attraper une insolation.

Je cherche hâtivement cette voix féminine et celle, plus jeune, qui lui répond immédiatement sur un ton boudeur.

- Non, je mets la casquette que Sély m’a offerte ! Où est-elle ? Elle devait venir avec nous à la plage ? !

Je reste figée au milieu des baigneurs qui profitent du soleil, allongés sur leur serviette. La petite fille, c’est ma sœur. Elle est beaucoup plus jeune que dans la réalité d’où je viens et notre mère et plus … heureuse. Sély, c’est le surnom qu’elle m’a toujours donné ici et ailleurs … Je souris tendrement à la voir courir dans l’eau. Elle ne doit avoir que 10 ans et moi, 16 ans. Enfin, le moi de cette dimension. Mon géniteur manque à l’appel … Même là, les choses restent peut-être les mêmes. Certains éléments sont inévitables quel que soit où je me trouve.
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyMar 1 Nov - 22:58



Elle lâche ma main et court vers l'eau avec une hâte mêlée d'appréhension. Malgré ce qu'elle est, malgré ce qu'elle représente à mes yeux, j'ai du mal à retenir l'émotion en découvrant cette facette d'elle qui se révèle sous mes yeux. Elle n'en a pas conscience ou elle s'en fout, mais celle que je vois ici n'est plus la Sélène suppôt du gouvernement, inféodée à ma mère. Elle est une jeune femme frappée de plein fouet par la prise de conscience qui s'opère en elle, rattrapée par une vérité qu'elle avait occultée, happée par un possible qu'elle a annihilé. Elle est fragile, réceptive à ce qui nous entoure, découvrant la beauté d'une réalité à laquelle tant d'êtres aspiraient sans toujours oser l'avouer. Mara, moi, tous les Pacificateurs, les âmes du Bidonville, les habitants du village, les esclaves, les employés soumis aux Asariens, les Insoumis terrés dans leurs galeries, certains Rebelles, même, las de cette guerre stérile ... Des Asariens encore doués de compassion et bien conscients que leurs semblables courraient à la perte de l'Humanité entière mais n'osaient, ne savaient comment briser cette logique infernale. Tant d'êtres rêvaient de ce futur possible où chacun tenterait de vivre en harmonie avec tous. Où tous auraient les mêmes droits et les mêmes devoirs.

Nous y avions cru tellement fort, Mara et moi, même si nous savions que cela prendrait du temps, qu'il y aurait des bégaiements, des ratées sur le chemin de la Paix. Nous étions prêts à changer cela. Je savais qu'au sein même du Gouvernement, nous pouvions gagner des appuis auprès de certains Ministres. Je voulais préparer en douceur le passage, faire changer lentement le regard de ma mère sur Asaria, sur ses enfants, sur cette incroyable seconde chance que cette terre magnifique nous offrait. J'ignorais, que de son côté, elle anticipait déjà ma démarche, se préparant à faucher ma vie, nos rêves, nos espoirs, condamnant ainsi Asaria à l'Apocalypse.

J'imagine à présent le choc que subit Sélène tandis qu'elle prend la mesure de ce qui a été anéanti dans la simple trajectoire d'une balle... Je porte le poids de mon échec et toutes les morts qui ont suivi. Elle porte le sien désormais, avec la conscience de ce que sa soumission a engendré. C'est peut-être la pire vengeance que je pouvais lui infliger. Partager avec elle le fardeau d'une tel destin. Elle est ma Nemesis et nous sommes liés à jamais, enfants maudits de la noirceur et du vice. Elle voit ce qu'elle a perdu et elle avance malgré tout. Je n'ai pas eu ce courage... Combien de fois suis-je revenu dans ce lieu, dans la lande pour entendre le rire de Mara ? Combien de fois ai-je préféré repartir, m'évanouir dans le néant alors que j'entendais celui d'un enfant lui faire écho ? Sélène se retourne et affronte la vision des êtres aimés, et de leur bonheur. Je connais bien entendu cette femme et cette fillette, du moins leur identité, pour avoir consulté le dossier de la famille Warren. Une famille unie et épanouie en apparences. Mais je sais à quel point on peut les faire jouer pour créer l'illusion d'un bonheur. Les paroles de Sélène dans l’alcôve, puis en arrivant ici, n'ont fait que me conforter dans mes soupçons. Nous étions l'un comme l'autre des pions sur un échiquier, les pièces d'un jeu qui nous dépassait tous deux. Moi la victime, elle le bourreau. Chacun son rôle dans la distribution. Tout était écrit et rien ne pouvait changer le cours des choses ... Sauf peut-être un grain de sable qui n'avait pas été prévu ... Le mort ne l'était pas, et, contre toute attente, il peinait à sombrer totalement dans le néant ou la haine, ce qui revient au même.

Le mort-vivant que j'étais, avait croisé au fil de ses rencontres, de petits grains de lumière et, un à un, ils s'étaient assemblés en secret dans un cœur moribond. La lumière venait de là, et aussi cet incroyable pouvoir de traverser le temps et les dimensions. Celui qui nous permettait de nous trouver là tous les deux, et m'avait empêché de la massacrer dans un combat qui nous aurait condamnés l'un comme l'autre. Cette lumière qui s'apparentait à une forme d'espoir. L'ennemi des Ténèbres, antagonisme de la Vie. Cette force s'était choisi comme écrin la folie et la décadence d'un être en perdition, d'un héritier déchu. Moi. Pourquoi ? Alors que j'incarnais tout ce qui pouvait ressembler au désespoir ? Où était-ce justement un brillant stratagème vieux de plusieurs millénaires ? Un de ces caprices du Destin qui forge les anti-héros ? Perdition - Rédemption - Ascension.

Mon cul. Je sais bien que je dois crever à peu près au milieu de la seconde étape. J'ai mes propres buts à atteindre, tout comme Sélène sans doute. Quoique j'en dise, j'ai encore des personnes à protéger et à défendre. Mais il vaut mieux pour moi qu'elle me pense désespéré donc prêt à tout. Elle ne m'a pas tout dit, je le sais. Je ne lui ai pas tout révélé non plus. Notre nouvelle et enivrante intimité ne nous a certainement pas fait perdre de vue que nous sommes ennemis. Du moins, en ce qui me concerne. Pour autant, certaines de ses réactions, à présent, me touchent plus que je ne l'admettrais jamais.

- Sély est allée voir son père au pavillon des soins psychologiques... Oui dans cette réalité, votre père est en quartier de soin. Il a été capturé après avoir ... fait le même travail que toi mais avec plus de succès...


Je souris, mais même le cynisme a du mal à masquer la tristesse.

- Elle va arriver bientôt. Elle n'aura pas envie de parler. Elle attendra que sa petite sœur aille se baigner pour parler à sa mère de sa visite. Puis elle ira jouer dans l'eau avec Cassie. Tu vois, nous ne sommes pas dans une version paradisiaque, juste une version dans laquelle ce n'est pas toi qui m'as tué.


Je m'avance dans le dos de Sélène et saisis son poignet, trop conscient de l'envie qui peut la tirailler.

- Cela m'a néanmoins laissé le temps de changer les choses. Ici je suis mort un an après la destitution de ma mère. J'ai eu le temps d'abolir les droits premiers des Asariens et de réécrire la Loi Asarienne avec l'aide de Leroy Mac Stone et Oliver Van Harper. Malheureusement, ma mère avait encore des alliés qui s'étaient échappés et terrés dans les Terres Sauvages. Ton père en faisait partie... Avec une poignée d'ultra asariens, ils ont projeté mon assassinat. Il a été leur main armée. Fort heureusement, toi et ta famille n'étiez pas à mes côtés lorsque je visitais la nouvelle maternité de l'Hôpital. La première unité médicale destinée à accueillir les nouveaux nés issus d'unions mixtes devait être inaugurée.

Je m'interromps. Les mots refusent de franchir mes lèvres ... J'ai vécu ces instants, en spectateur impuissant. Cet abjecte privilège d'assister à sa propre mort, encore et encore. En quoi cela peut-il concerner Sélène hormis le fait que c'est son père qui porte le fardeau dans cette version. Je reprends le cours de mes explications.

- Une balle, une seule, en plein cœur cette fois. Un balle perforante et explosive, le meilleur choix quand on veut s'assurer de son coup sans se soucier de la fuite. Je n'avais aucune chance d'en réchapper et même le bloodhaler ne pouvait rien face à de tels dégâts internes. Le fusil n'a pas une portée très longue, il faut s'approcher de sa victime. Ton père savait ne pas pouvoir échapper à la sécurité.

Des barques de pêcheurs sont retournées sur le sable, attendant la prochaine sortie en mer. Conscient que Sélène peut être reconnue ou attirer l'attention du duo par son attitude statique, je l'entraine derrière la coque de l'une d'entre elles.

- Nous ne sommes pas invisibles, Sélène... Ils peuvent nous voir. Nous devons rester à couvert, ne pas être reconnus. Elles sont heureuses et libres ici. Sélène veille sur elles et suit un programme de déconditionnement. Elle est en probation. La nouvelle loi asarienne vise à lutter contre la stigmatisation des enfants de criminels et protège leur famille contre les brimades. Cassie et sa mère ont les mêmes droits que tous les citoyens. Elles ont été reconnues victimes du commandant Warren et sont suivies également médicalement. Sélène sera rétablie dans ses droits de citoyenne lorsqu'elle aura achevé le programme de réhabilitation auquel seule elle peut décider de s'inscrire. Rien n'est imposé, autre que le respect de chacun.

Je la scrute, tentant de deviner ce qu'elle peut ressentir en découvrant cette alternative à notre monde.

- Cette société n'a rien de parfait, cette organisation a ses failles mais le postulat de départ est totalement différent de celui qui nous gouverne. Et ce Nouvel Asaria se construit sans ses leaders ... Ce qui prouve que les idées transcendent les êtres. Tu vois, en un an, ce qui a eu le temps de se mettre en place. Imagine si les Libérateurs avaient eu dix ans devant eux pour appliquer leurs idées. Ou bien même, imagine ce que ce système égalitaire donnera dans dix ans, même sans ses guides idéologiques... Est-ce que tu mesures ce qui a été balayé lors de mon assassinat ... est ce que tu imagines, à présent, ce qui m'incombe puisque je suis toujours vivant ?

Je m'interromps encore. Une silhouette reconnaissable se profile sur le dune et Cassie l'a reconnue de loin.

- Sély !!! La voilà ! Maman, la voilà ...


Dernière édition par Gabriel Laymann le Sam 10 Déc - 21:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyDim 13 Nov - 16:18






Il y a des histoires qui se finissent mal, quelle que soit la façon dont vous l’écrivez, dont vous la racontez. Elle aura toujours cette même fin tragique à quelques détails qui changent certains passages de son récit. Ici c’est sans doute son paradis. C’est mon enfer. Je ne sentirai jamais l’eau de l’océan  venir caresser ma peau sous un tel soleil sans que je ne brûle et y perde la vie, là d’où je viens.  Je ne sais comment c’est possible dans cette dimension. Comment les Asariens ont pu trouver le remède miracle pour échapper aux rayons mortels de l’astre solaire. La seule chose dont je suis certaine, c’est que cette dimension aussi belle qu’il peut me la montrer, elle n’en demeure pas moins, une vision qui entoure mon cœur et l’étouffe d’une pression à me faire mal.

Une Asaria différente … Un contrat  qui a changé le cours de tous nos destins. J’ai appuyé sur mon arme par deux fois alors que je n’avais aucune réponse dans mon oreillette, seulement le silence terrible et froid d’une mère … J’ai pris la décision à sa place. Il ne sait pas cette partie de l’histoire. De son histoire. Et quand bien même, je pourrai la lui confier, cela ne changerait pas le destin que j’ai écrit. La malédiction qui s’est déployée dès que l’enfant héritier a perdu la vie. Je suis celle qui a fait basculer chaque vie de chaque âme dans une toute autre alternative. Il s’est approché dans mon dos et il continue mon tourment. Je l’entends et je n’ai pas besoin d‘affronter son regard pour l’écouter me conter le vécu de ma famille. Je n’arrive pas à me dégager de cette  magnifique scène que m’offrent ma mère et ma petite sœur. Je ne sais pas si j’aurai vécu cela sur notre Asaria. C’était ma sœur, plus jeune, plus malléable qui devait succéder à mon père, premier assassin du gouvernement.  J’ai tout fait pour prendre sa place et protéger son innocence. Gabriel aurait de toute manière trouvé sur sa route un agent prêt à lui ôter la vie. Est-ce que ma sœur aurait pu rater sa cible comme je l’ai fait si elle avait été cet assassin ? … J’écarquille mes yeux devant cette constatation. Je l’ai peut-être fait inconsciemment même si mes deux balles lui ont laissé des marques irrévocables. Les miennes.

D’une main, je tiens toujours ma capeline sur ma tête pour éviter qu’elle ne s’envole. J’ouvre la main de libre devant moi, comme si je laissais tomber une arme invisible dans l’eau, à mes pieds et que j’avais du sang sur ma main. J’en ai. Beaucoup. Tellement. J’avais subi de très nombreux entrainements. J’étais la fierté de mon maitre d’arme et de tous mes mentors dans chaque discipline. Alors pourquoi ai-je raté la cible Gabriel Nicholson ?  Je baisse ma tête aux mots qu’il utilise. Ainsi, mon père n’a stigmatisé aucune de ses filles à suivre sa trace. Il aurait dû le faire aussi sur notre monde. Nicholson n’aurait jamais croisé ma route, ni moi la sienne. Mon père est donc l’assassin. Une variable qui reste la même.

-  Il est peut-être moins lâche ici. Il a fait le sale boulot lui-même au lieu de soumettre l’une de ses filles à une telle vie.  

Je crache mon venin, mais il n’est pas destiné à Scarecrow. Il est destiné à cet homme, ce géniteur, que je déteste. Malgré cela, j’aime entendre le rire de ma sœur et voir ma mère sourire. Je fais un pas en avant. Ma progression est tout de suite stoppée par Gabriel qui attrape mon poignet et me fait pivoter pour lui faire face.  La suite de sa narration me glace le sang alors que les températures devraient plutôt réchauffer ma peau. Il a succédé à sa mère et il a fait en sorte de changer certaines lois, de rendre la vie meilleure à toute cette société. Encore une fois, mes yeux observent et détaillent toutes ses familles au bord de l’eau qui prennent du bon temps. C’est lui qui leur a permis de vivre cela. C’est moi qui les ai condamnes dans l’autre dimension.

Il s’interrompt et c’est lui que j’étudie. Sa manière de se freiner, de se contrôler, de ne pas céder. Je viens de saisir qu’il a dû assister à sa mort plusieurs fois en revenant ici. Je n’aurai pas eu ce courage d’affronter mon propre anéantissement, même pour y trouver des réponses. Mon père a utilisé ce que je me refusais de faire : les fameuses balles perforantes. Pourquoi d’ailleurs ai-je exclu cette possibilité lors de mon contrat ? Pourquoi toutes ces questions viennent me hanter maintenant ?

- Je sais … J’aurai dû les utiliser sur toi. J’ai refusé

Je ne lui en dirai pas plus, parce que je suis incapable de continuer sur cette voie. Il devra se contenter de cet aveu. J’ai envie de m’approcher de nouveau de ma famille, mais il ne m’en laisse pas l’occasion. Il m’entraine plus loin et il me plaque contre la coque d’une barque retournée, nous cachant ainsi des autres.

- Victimes du commandant Warren …

Ce n’est plus qu’un souffle qui sort de ma gorge.  Cette loi n’existe pas sur notre Asaria. Gabriel avait aussi prévu ce genre de possibilités. La voix de ma sœur indique que je viens de les rejoindre. Ce « Moi  »qui se déplace avec la même aisance sur le sable et qui porte ce même fardeau sur ses épaules, autrement et pourtant irréversible. Je reconnais cette posture que j’adopte devant ma famille quand les émotions deviennent trop douloureuses.  Je suis quasiment la même ici. Je sens la montée des Ténèbres. Il ne sait pas à quel point elles sont dangereuses.  Je replonge mon regard, qui n’a plus rien d’humain, dans le sien. Mes pupilles sont devenues aussi noir que l’ébène qui berce l’Enfer. Pourtant, quelque chose d’inattendue se passe. L’air marin qui caresse mon visage m’aide à deviner.  Je porte délicatement mes doigts à ma joue et ce sont des larmes que je recueille. Elles sont aussi sombres que mon cœur. Le sourire qui anime mes lèvres est amer et fataliste. Ma voix n’est pas aussi cassante que je le voudrai. Elle me trahit.

- Que veux-tu de moi ?  C’est donc cela ta vengeance ? Me torturer  encore et encore… Trouveras-tu l’apaisement ?  Peut-être à venir ici tourmenter mon … père … Qui te dit que ma sœur dans une autre dimension ne fait pas elle aussi le sale boulot ? La lignée des Warren est maudite Scarecrow. Ici, ou ailleurs … Nos chemins se croiseront de toute manière, de toutes les façons possibles. Tu n’y changeras rien même avec la puissance de tes pouvoirs … A part si tu peux remonter le passé et détruire l’origine même de ma famille.  Anéantir  les prémices de ton cauchemar à sa racine.

Je le repousse en plaquant mes paumes sur son torse. Sa présence trop proche de moi brouille mes idées. J’ai horreur d’être fragile. Je ne supporte pas qu’il puisse y voir mes failles et encore moins y pénétrer avec une telle facilité. Voilà pourquoi je ne peux le nommer que par ce nom, Scarecrow …

- Tu veux remettre Asaria sur sa trajectoire initiale pour qu’elle puisse au moins tendre vers cette version. Ici, il n’y a qu’un an qui s’est écoulé. Chez nous, il y a presque onze ans. Tu as mis trop de temps pour revenir Scarecrow. Asaria est rongée, gangrénée. Tu aurais dû provoquer ton retour plus tôt. Je sais. Tu vas me dire que mes balles ne t’ont pas laissé le choix. Pourtant, si tu réfléchis bien … Quelqu’un, quelque chose t’a offert une seconde chance. Je ne sais pas comment …
Je n’ai pas pris de balles perforantes alors qu’on me les avait sagement conseillées pour t’éliminer. J’ai tiré par deux fois … en ratant ma cible …  Rien n’est fait au hasard.


Comme il me l’avait indiqué, la jeune femme que je suis ici, reste avec sa mère tandis que sa petite sœur va jouer toute seule dans l’eau, sous le regard des deux femmes. Je lui tourne de nouveau le dos, et je m’accroche à la coque de la barque, comme si soudainement le sol s’ouvrait pour  m’engloutir et m’aspirer.

- Même si tu tentes de t’opposer à eux … ils se relèveront. Tous ces Anciens … Cette Asaria est magnifique. Même si le nom de ma famille est encore associé au tien. Je ne sais pas ce que tu as en tête. As-tu pris conscience que sur notre monde, la noirceur ne reculera pas ?
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptySam 10 Déc - 22:41

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} E57c8b578203c14fef708a56440e4d48




Voir sur le rivage les autres vivre et mourir, continuer à s'aimer, se déchirer, se quereller, s'affronter, mais aussi se battre pour un fragile espoir, tendre la main vers un hypothétique bonheur... Juste continuer à espérer et croire en un lendemain plus radieux que ce jour.  Comme je sais, comme je comprends ce que Sélène éprouve en ces instants. Combien je sais que ces visions renforcent en elle la colère et la rage. A quel point je connais les blessures que cela lui inflige. Certains êtres sont nés pour vivre en marge de cette lumière. Ils y sont destinés. Simples spectateurs des rêves de leurs semblables, simples réceptacles de leurs désillusions. Témoins des naissances et des morts, vigies des errances et combats, révélateurs des échecs et des réussites. Ils assistent à la création, l'évolution puis la destruction d'une vie... Pourquoi ces êtres existent-ils ? Quelle est leur raison d'être ? A quoi peut-on servir, lorsqu'on est juste un instrument aux mains d'une autre volonté ? Et quand finalement on s'en trouve libéré, libre de flotter dans l'air sans appui, sans attache, on découvre qu'on est simplement un petit enfant perdu ? A quoi peut servir notre vie ? Sans attache autre que notre coeur. On le sent battre dans notre poitrine, si fort, si puissant, comme s'il voulait sortir de notre cage thoracique . On a l'impression de le tenir dans notre main.

Je retiens la chute au ralenti de Sélène. Elle se croit forte, comme je me suis cru fort. Personne ne l'est lorsqu'il est confronté à l'image du bonheur qu'il a manqué. J'ai déjà vécu cette vision. Mara courant vers un autre moi en tenant par la main un garçonnet. Nous trois dans les jardins de la Tour gouvernementale, puis dînant avec Mère... Sous camisole...  J'ai vu les tours de la Nouvelle Asaria pousser, les bâtiments des citées jardins, destinées à abriter ceux d'entre les Asariens qui préféraient ne pas vivre dans un empilement... Le travail pour tous, aucun chômage. Il fallait construire tellement de nouvelles habitations pour loger tout le monde. Il fallait de nouveaux contremaitres, de nouveaux ingénieurs. Les Humains se reproduisaient plus vite que nous, Asariens. Je n'avais aucun mal à faire voter la loi d'accès à l'éducation et à l'enseignement pour tous. Les Universités fleurissaient, les Instituts technologiques de même... Les Humains accédaient comme nous à l'instruction et à la culture. C'était une loi naturelle inspirée de l’algorithme physique de la Nature. La population des Humains croissaient plus vite que la nôtre et nous serions assimilés dans deux ou trois générations. La Nature reprendrait alors son cours normal. Peut-être dotée de quelques héritages génétiques particuliers hérités de leurs métissage avec des ancêtres Asariens, certains développeraient des talents ou facultés très utiles à la communauté. De la parenthèse asarienne, ne demeurerait que le positif : une amélioration du génome humain lui permettant de survivre à tout aléa. Bien qu'il n'en soit pas conscient, l'Homme aurait en lui la capacité d'adaptation, d'invention nécessaire à sa survie et ce en toute circonstance ... Une espèce vouée à l'Immortalité, même si ses individus étaient mortels. Tel était l'Héritage que je devais transmettre ...

Tel est l'Héritage que je dois transmettre...

- Si j'avais à me venger de toi, en effet, c'est déjà fait ... Si j'ai encore à me venger, c'est d'autres personnes et cela ne te concerne pas. Je voulais juste te faire voir ce qu'il aurait pu advenir de notre Asaria si j'avais déjoué les plans de ceux qui voulaient m'abattre.


Je la relève et la serre contre moi, ma joue contre la sienne puis je chuchote à son oreille.

- Non ton père n'était pas moins lâche ici que dans notre réalité. C'est toi, sa fille qui a fais la différence ... Il a fait le sale boulot parce que toi, sa progéniture, son ange de la mort, tu as refusé de le faire. Tu m'as protégé et tu as préféré dénoncer ma Mère. Tu as demandé une entrevue avec une journaliste, une certaine Carter ... Tu lui as tout balancé. Le journal pour lequel elle bossait en a fait l'affaire de corruption du siècle. Mais avant de tout divulguer, ils ont mené une enquête souterraine dirigée par le patron du journal lui-même. Ils avaient des agents infiltrés au gouvernement. Tous ont apporté des preuves, des documents, sur les contrats de Madame la Grande Conseillère, sur les Commandos d'Assassins auxquels étaient voués certains enfants des hauts gradés du Commandement de la Garde Personnelle de la Grande Conseillère.

L'étau de mes bras se referme autour d'elle, non pas menaçant mais au contraire protecteur.

- Les Centres de Formation des Assassins ont été mis à jour et démantelés, leurs "élèves" ont été récupérés et "déprogrammés". Les plus réfractaires au déconditionnement ont été placés en isolement pour rééducation. Toi, tu as été mise en liberté surveillée et on t'a imposé une thérapie de déprogrammation, puis proposé un programme de réhabilitation que tu as toujours refusé. Parce que tu te méfies des déconditionnements autant que des conditionnements, sans doute.

Je souris tout en resserrant mes mains autour des siennes que j'ai agrippées pour la retenir contre moi.

- Dans cette dimension, j'étais meilleur que celui que tu connais, peut-être parce que tu m'avais épargné, ou sauvé ... Je t'avais pardonnée et je te rendais visite chaque jour au centre de rééducation. J’essayais de te persuader de participer au programme de réhabilitation. Tu ne cessais de répéter que tu voulais voir ta sœur... J'ai fini par accéder à ton souhait. A cette époque on recherchait activement ton père ... en vain. Le nouveau Conseil Populaire, avec à sa tête, Leroy Mac Stone et Oliver Van Harper pensait que tu le couvrais et s'opposait à ta libération. Je n'étais pas d'accord avec eux. Pour moi, le danger était ma Mère, pas toi. Tu n'étais qu'une arme sans munitions qu'il faut déprogrammer, à mes yeux. L'assassin, c'était ma génitrice.

Je la garde contre moi et ferme les yeux. Ma main se tend pour ouvrir encore un peu l'espace et je nous transporte plus loin, au bord de l'eau ... Nous sommes assis sur le sable humide et je dessine des silhouettes du bout de mon doigt fébrile.

- Ton père n'est pas moins lâche ici, Sélène... C'est toi qui a été plus courageuse. Ton courage m'a accordé plus de temps pour apporter une autre vision aux Asariens. Cette harmonie, cette justice... Ce mieux ...C'est ton œuvre, et non la mienne...

Je dessine sept silhouettes en fixant l'horizon... Comme fasciné par la danse des vagues.

- Je suis mort sous les balles de ton père dans cette dimension. Mais que de choses accomplies dans ce répit d'un an. Et toi ... tu as peut-être trouvé le chemin, en tout cas tu es en voie de le trouver, ta place dans le dessein d'Asaria... Celle qui te revenait de droit avant qu'on t'impose le destin d'un assassin. Tu es celle qui a vu des deux côtés du miroir et qui veillera sur eux. Eux tous. Ici, sur la Terre d'Asaria ... Tu es l'autre moitié de moi, l'Ombre au cœur de la Lumière, la nourrissant et la rendant plus forte.

Les vagues viennent lécher les silhouettes que j'ai esquissé et les effacent.

- Je suis la Lumière dans l'Ombre, Sélène. Mais tu le sais, sans doute ... La Lumière finit toujours par s'éteindre pour être remplacée par une autre... Les Ténèbres, elles, sont toujours les mêmes ... Ici, je suis mort aussi. Fauché par une balle... L'identité de celui qui a tiré n'est pas très importante, si ce n'avait été lui ç'aurait été un autre. Ce n'est pas toi ... Et c'est ce qui fait toute la différence. Tu seras l'ombre qui veille sur les Lumières qui succéderont à la mienne. Tu ne le sais pas encore. Enfin, elle ne le sait pas encore. C'est en train de cheminer lentement dans ton esprit. La réhabilitation, l'analyse, les yeux ouverts sur ce monde en pleine évolution. L'immobilisme de ton père ancré dans son fanatisme à chacune de tes visites au centre de détention. Tout comme j'ai eu à lutter contre ma mère et sa démence mégalomaniaque, tu as ton géniteur à combattre. Par l'esprit.

Mes doigts tracent nerveusement dans le sable, comme guidés par une volonté indépendante de moi, la disposition d'une constellation.

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} Phoeni10

- C'est tout ce qu'il faut ... J'ai moi même du mal à y croire. Ce dessin est une constellation. Ce dessin est une clef.

Je penche la tête pour observer le tracé que j'ai dessiné dans le sable sans en avoir vraiment conscience.

- C'est ce qu'il faut faire Sélène ... Trouver la clef ... Tu peux encore essayer de me tuer... On te le demandera sans doute. Ta décision, quelle qu'elle soit, ne sauvera pas ta sœur ni ne la condamnera. Elle sera confrontée elle aussi à des choix. Ce ne sont pas les tiens.


Ma vue se brouille et les silhouettes des baigneurs qui nous environnent s'évanouissent.

- Les Destins de nos lignées sont liés en effet. Mais pourquoi serait-ce forcément pour le pire ? Nos parents sont fous ... Nous le sommes certainement aussi... Cette folie créative qui bouillonne dans notre sang, tu la sens certainement Sély ? Et si nous l'utilisions pour créer au lieu de détruire ?

Je me tourne vers elle qui est, comme moi, assise les pieds dans les vagues. Mon apparence est volontairement jeune, cheveux longs au vent. Ma main ne lâche toujours pas la sienne.

- Je sais à qui, à quoi je m'oppose Sélène. Ils ont fait de toi une guerrière sans état d'âme. Ils ont fait de moi ... Un cadavre. Quelque soit le scénario, l'épilogue reste le même pour moi. Si tu me demandes pourquoi, je vais hurler. Ne pose pas la question. J'ai essayé tellement de scénarios hypothétiques. Le seul qui crève à chaque fois, c'est moi ...


Je hoche la tête lentement. Je suis juste fatigué de devoir démontrer à quelqu'un qu'il ne doit pas s'inquiéter, que de toute les manières possibles, je vais bientôt passer l'arme à gauche. Ma voix se mue pour s'adresser à Sélène. Sély est autre, plus digne de recevoir mes chuchotements.

- Sélène, si vous êtes la putain de salope que vous décrivez, alors, essayez de butter votre double ici et prenez sa place. Personne n'y verra rien, vous êtes tellement rapide pour ces pauvres gens ! Tuez et prenez-y plaisir, profitez car ce sera certainement la dernière fois que vous en aurez l'occasion.


Je la relâche et m’éloigne de quelques pas .

- De toute façon, ici nous sommes dans la vision idéale des choses... Idéale pour Asaria ... Je n'ai rien à faire ici ... Je suis mort.  Il nous faut partir. Je vous ai fait voir l'espoir... Laissez-moi vous montrer le futur de votre création à présent...


Dernière édition par Gabriel Laymann le Dim 15 Jan - 15:30, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyMar 20 Déc - 20:35








Combien de personnes peuvent voir une tout autre version de leur vie se dérouler sous leurs yeux ? Peu, je pense. La coque retournée de cette barque nous sert de refuge. Je ne dois pas interférer dans ce réel qui n’est pas le mien. J’y vois ma mère qui me parle. Je viens juste de la rejoindre sur le sable tandis que ma petite sœur joue en toute innocence dans l’eau. Sélène Warren n’est pas aussi différente que celle que je suis. Sa posture, ses gestes, ses mots qui me parviennent, tout cela, je connais cette attitude que j’ai temps pris soin à former et à développer comme une sorte d’armure, de carapace pour me défendre, me protéger, enfouir ce que je ne pouvais montrer, ce que je devais oublier pour devenir un monstre. Ici ou ailleurs, quel est le degré qui me relie à cette autre image de moi ?

Dans cette version où l’on se trouve, une année vient de passer. Notre Asaria a pris du retard sur sa rotation et sa destinée … Les choses se répètent, mais différemment, autrement, avec un autre jeu en mains. J’ai envie de crier, de hurler, de courir vers ma famille pour leur dire … Pour leur dire quoi ? Hello, je viens d’une autre dimension, d’un futur alternatif. Sély continue sur cette voie et surtout ne te laisse jamais manipuler !
Scarecrow semble avoir tous ces destins entre ses mains. Mon double est mieux. Je n’ai aucun doute sur cela, mais il ne sait pas tout. Il n’a toujours pas conscience de la puissance de mon pouvoir. Cette Sélène est exactement comme moi sur ce plan-là. Elle contrôle certainement mieux les Ténèbres, peut-être parce qu’elle ne s’est pas encore précipitée dedans comme je l’ai fait, moi, il y a onze années. C’est ça que j’aimerais lui dire, que j’aimerais dire à mon double : au plus tu marcheras vers la noirceur, au plus, tu deviendras soumise aux Ténèbres. Ce don qui coule en moi est quasiment impossible à décrire. Il se manifeste sur ma demande, quand j’en ai besoin, mais il a une conscience qui lui est propre et il peut se développer et apparaitre quand il en a décidé. C’est à la fois une arme contre mes ennemis et une arme contre moi-même, pour me stopper, me façonner à sa manière.  Si tu savais Scarecrow que ce n’est pas seulement à l’Assassin que tu as affaire, mais à une entité ténébreuse qui te dépasse même avec tout ce que tu as pu voir dans toutes ces dimensions parallèles. Il en a vu une esquisse, certes : des larmes noires coulant sur mes joues ainsi que mon regard qui se modifie sous l’emprise de la noirceur. Il peut relier tout cela à mon pouvoir sans en deviner davantage. Mes jambes m’ont lâchée et lentement je me laisse glisser sur le sable.

Je ne me rend-compte qu’à l’instant même ce sont ses bras qui me retiennent alors que je suis à genoux. Il me relève en même temps que lui. Je ne veux pas de son contact. J’ai déjà repoussé Scarecrow une fois, mais là, je n’y arrive plus. Il me serre contre lui, sa joue contre la mienne. Mon regard se perd sur le nouveau décor. Je ne vois ni ma mère, ni ma sœur. Je vois toute cette belle nature à perte de vue qui se déploie sous ce soleil qui ne me fait aucun mal. Mes bras ballants, tendus le long de mon corps, je n’ai pas cette même réaction qu’il a envers moi. Je ne sais pas comment il peut me tenir dans ses bras alors que je lui ai ôté la vie et toutes ses chances de réaliser ses rêves.  Mes yeux s’écarquillent de plus en plus et à chacun de ses mots, de ses explications qu’il me chuchote à l’oreille, mon corps se met à trembler. Sans réaliser ce que je fais, je m’agrippe à ses bras. Le tourbillon d’émotions est trop rude, trop violent, une fois de plus. Ici, j’ai eu le courage d’avertir celui que j’allais buter. Je me suis opposée à cette machination contre le fils héritier. J’ai fait échouer les plans de la Grande Conseillère et du gouvernement. J’ai averti les médias… Mon père quant à lui a été moins lâche que sur notre Asaria. Il a fait tout le sale boulot. Les cartes se sont inversées dans le monde d’où je viens … J’ai tiré, mais personne n’a fait quoi que ce soit pour avertir des magouilles des Anciens et de leur plan ignoble.

- Tu n’aurais rien pu faire … Tu n’aurais pas pu déjouer quoi que ce soit. Ici, c’est moi qui suis venue t’avertir. Sur notre Asaria, c’est comme si … une pièce du puzzle s’était volatilisée … J’ai remplacé mon père. J’ai accepté le contrat … Mais personne n’est venu t’avertir … Les dés étaient pipés dès le départ dans notre réel … alors qu’ici il y avait une chance pour t’informer de ce piège. Pourquoi ? Qu’est ce qui a pu se passer dans notre monde ? Est-ce quelqu’un de ton entourage qui n’a pas eu le courage de le faire et qui s’est tu ? Une personne qui devait s’en charger et qu’on a interceptée avant qu’elle puisse te prévenir du plan de ta mère ? Tout ne peut pas se modifier à chaque fois. C’est une scène qui s’alterne. Ici c’est mon père. Là-bas, c’est moi … le reste ne change pas … sauf sur le fait qui manque cette personne pour t’alerter. Notre monde est faussé … Peut-être est-ce pour cela que tu es vivant là-bas … parce que rien ne s’est produit comme le destin l’avait écrit.

Son étreinte n’est pas dangereuse. Elle est aussi forte qu’elle peut-être douce. Je veux m’extirper de ce cocon qu’il forme pour moi, pour nous parce qu’il devient insupportable d’en apprécier le confort et sa sécurité. On m’a proposé une  thérapie de déprogrammation ici que j’ai refusée parce que je me méfiais de tout cela. Je souris malgré tout. Un sourire amer. Je me reconnais trop bien dans cette réaction. Je pose mon menton sur son épaule et au lieu de fuir ses bras, je suis incapable de bouger. C’est lui qui amorce un recul sans perdre ce lien tactile entre nous. Mes mains dans les siennes, j’écoute toute cette histoire qui aurait pu être la Notre, véritablement.

- Le danger est le même chez nous. Ce n’est pas seulement ta mère, ce sont aussi les ministres proches d’elle. Les rouages sont complexes, certainement pire que dans cette dimension.

Il me garde toujours contre lui, mais d’une main il ouvre un portail, l’espace change et on se retrouve un peu plus loin, au bord de l’eau, assis tous les deux sur le sable. Je pose ma capeline en paille près de moi et je recroqueville mes genoux contre ma poitrine.

- Quelque chose s’est mise en travers de ta destinée sur notre Asaria …

Je ne sais pas pourquoi je pense à cela. C’est presque comme une évidence. Je tourne mon visage vers sa main qui semble s’animer toute seule sur le sable fin. Des dessins étranges y apparaissent sans que j’en reconnaisse l’origine.

- Oui, la Sélène de cette réalité est plus courageuse. Celle à qui tu parles est plus lâche. Elle a pensé à sa sœur, bien sûr, mais cela n’a pas fonctionné de la même façon. Je n’ai pas vu la portée de tout cela. Je n’ai pensé qu’à elle. C’est ce qu’a fait mon père ici. Il n’a pas réfléchi à l’étendue de son geste. J’ai fait de même chez nous. Je n’arrive pourtant pas à m’enlever de la tête qu’il manque une pièce dans notre histoire. Comme si on avait retiré un bout du film, coupé la bande pour que toutes les données changent. Tu n’as trouvé aucun soutien dans notre monde … pour empêcher mon geste, pour l’éviter, pour destituer ta mère et recomposer un Conseil selon tes visions.

Je secoue la tête à ce qu’il vient de me dire. Il est si confiant.

- Cette Sélène, là-bas, derrière nous avec sa famille, a trouvé sa place. Elle tient tête aux Puissants. Je n’ai rien fait de cela. Je ne suis pas comme elle. Pas tout à fait. Gab … Scarecrow … J’ai rejoint l’Escadron de la Mort du ministre de la sécurité. Je suis un pion faussé moi aussi. Elle n’a pas touché les Ténèbres comme je les côtoie. C’est pour cela qu’elle a sa place dans cette Asaria. Moi, je suis l’Ombre. C’est vrai. Je flotte, je gangrène, je ronge, je tue … Mes Ombres n’apporteront rien de bon à  la Lumière que tu es. Elles seront un frein pour toi. Si la Lumière s’éteint, c’est vrai, elle ressurgit autrement, ailleurs. Les Ténèbres s’étendent, mais elles finissent par s’étouffer. Le mélange de l’Ombre et de la Lumière donnent quelque chose qui peuvent nous dépasser si on ne maitrise pas ce qui nous entoure. La Sélène et le … Gabriel d’ici ont pu former cette alchimie un temps, même court pour donner naissance à une autre Asaria. Nous ne sommes pas eux …

Je suis pessimiste, bien plus que lui. Il me voit comme l’autre moitié d’un tout que nous formons. Ici c’est possible, pas pour Nous.  Je souris quand il parle de cette Sélène qu’il affectionne beaucoup plus que celle qui se tient près de lui.

- Elle est sur la bonne voie. Elle ne doit jamais prendre le chemin des Ténèbres. Elle et moi sommes identiques dans nos pouvoirs. Un don qui nous dévore. Elle n’est pas assujettie à cela. Moi je suis trop … corrompue. J’aimerais tant lui laisser ce message. Les Ombres sont séductrices, Ô combien puissantes, mais elles ont un prix élevé à payer …

Je ne suis pas là pour pleurer sur mon sort. Je l’ai choisi en prenant en compte toutes les conséquences quand mon pouvoir s’est développé de plus en plus. Mais si certains dons peuvent être maitrisés, le mien fait partie de ceux qui dépassent le contrôle du détenteur.  Je plisse les yeux devant la forme de la constellation qu’il esquisse. Je ne connais pas les cieux ni la signification des étoiles. Je n’ai pas eu ce luxe.

- Je ne doute pas du contrat qui ne tardera pas à arriver quand ils vont savoir que tu es vivant … Quand elle va savoir … Mais elle n’est peut-être pas la bonne personne à punir. Tu ne sais pas tout … Dans l’oreillette, quand je t’avais dans ma ligne de mire, j’ai posé par deux fois la question à ta mère. J’étais reliée à elle … Elle ne m’a jamais répondue. Je n’ai eu que le silence  … La menace peut ne pas venir d’elle cette fois-ci … Quant à ma sœur. Elle est grande. Plus grande qu’ici. Tôt ou tard, elle découvrira qui je suis, qui est son père, ce que nous sommes. Je ne sais si elle me pardonnera, mais j’aurai au moins préservé ses tendres années. J’aurais aimé qu’on le fasse pour moi.

Un bref instant, je ne suis plus concentrée sur notre conversation. Quelque chose se transforme autour de nous, le décor, les baigneurs qui disparaissent. Une alliance inimaginable, imparfaite entre nous pour renverser le destin ? C’est moi qui serre sa main d’une pression que je ne serai pas qualifiée.

- Non, tu ne sais pas à qui tu t’opposes. Ce n’est que la partie de l’iceberg immergé que tu vois …

Je me lève en l’entrainant avec moi.

- N’oublie pas ce que je viens de te dire sur mes pouvoirs. Je ne suis pas maitresse des Ténèbres. Elles me soumettent à leur volonté. J’en suis le réceptacle. Je ne contrôle rien. Tu as peut-être observé cette Sélène là-bas ou dans d’autres dimensions … Celle qui te fait face est indéfinissable. Je ne sais pas qui je suis, moi-même. Les Ténèbres me séduisent et je les séduis en retour. Tant que j’arrive à faire cela, je serai ton alliée … Quand les Ombres m’auront gangrénée, je ne pourrai rien faire. Ici Sély est forte. Moi, je n’ai pas le courage nécessaire pour les contrer …

C’est une question que je me suis posée tellement de fois. Pourrai-je avoir assez de volonté pour m’opposer aux Ombres et les faire devenir miennes totalement ?

- Créons ce qui aurait dû être établi depuis longtemps.  Que l’Ombre et la Lumière marquent à présent le destin d’Asaria. Trouvons cette clef !

Il n’y a pas que le décor qui se mue. Le Gabriel  avec lequel j’ai convers, qui m’a tenue dans ses bras redevient Scarecrow. Sa voix est celle toute familière qui me replonge dans notre présent. Ma voix se module aussi, plus froide, plus cinglante.

- Non ! Cette Sélène est la femme que j’aurai voulu être. Elle a son propre chemin à faire, d’autres obstacles à surmonter, à dépasser. De nouveaux choix à faire … J’en ai aussi. Je suis prête Scarecrow à voir l’avenir que j’ai dessiné en te tuant !
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyDim 15 Jan - 17:44



Tandis que je referme lentement l'espace de cette dimension et nous projette à nouveau dans le vide inter dimensionnel, je ne peux qu'approuver les deux certitudes qui semblent animer Sélène. Je me prends à désirer une pause, un sanctuaire dans lesquels j'aurais le temps de lui expliquer ce qui peut l'être, de lui révéler mes intentions dans la mesure de ce qui peut l'être. Elle ne pourrait pas rejeter un projet qui vise à protéger les plus vulnérables, comme sa propre sœur. Je prendrais le temps de lui expliquer que le clivage imposé depuis des générations n'est pas respectueux des lois naturelles. Que la fragilité ne tient pas à notre appartenance à l'un ou l'autre des génomes. Qu'il y a, suivant les domaines considérés, des être forts et fragiles des deux côtés et que la vraie loi n'est que celle de l'équilibre. Cet équilibre qui nous permettra de survivre à tout. Les plus forts doivent protéger les plus fragiles, dans chacun des domaines nécessaires à la survie de la communauté dans son ensemble. Il faut du temps pour convaincre les foules, il faut du temps pour abattre les barrières, il faut du temps pour réveiller nos raisons assoupies, il faut du temps pour éteindre la haine dans nos cœurs. La vie humaine, et même asarienne n'est qu'un éclair à l'échelle du Cosmos, de l'Univers. C'est le drame qui a noué le destin de l'Humanité. Certains hommes ont vu, dans un moment de lucidité, ce qu'il fallait changer. Mais le temps leur a manqué pour le dire ou le faire. Une vie humaine est si courte, une vie Asarienne à peine plus longue, au regard de l'entreprise monumentale qui consiste à éveiller la conscience collective de l'Humanité. Certains hommes ont marqué de leur sacrifice l'esprit et la conscience de leurs pairs mais jamais suffisamment pour les éveiller à cette vérité première. L'équilibre naturel ne tient qu'en une combinaison de forces et de faiblesses. Les faiblesses des uns étant les forces des autres et inversement. Aucun être vivant n'est exempt de l'une et l'autre. Vouloir abolir cette vérité revient à nier ce qu'est la Vie elle-même. Vouloir imposer à une partie d'être exclusivement faible, et tenter de doter l'autre de toutes les forces, c'est inviter la Mort totale et implacable au bal.

Je m'apprête à nous laisser glisser vers l'Enfer, elle et moi, et je resserre mon étreinte, me contentant de lui murmurer à l'oreille:

- Quoi que tu vois lorsque nous serons la-bas, promets-moi, qu'une fois que nous serons revenus "chez nous", quand tu auras accepté ce que je t'ai montré, de revenir me voir pour que je te montre d'autres choses qui pourront t'aider à prendre ton destin en main. Je risque d'être peu enclin à ce genre de cours à notre retour... Et d'ailleurs, à notre retour ...  Tu seras placée devant un choix ... Un choix qui relèvera de notre responsabilité commune. Tu feras le choix que ton cœur te dictera et il aura à prendre en compte bien des choses, certaines qui t'appartiennent, d'autres liées directement à ce que j'aurais pu éveiller en toi.

Bientôt l'accélération est telle que je suis contraint au silence. Par ailleurs je suis très occupé... Sélène s'en est sans nul doute rendue compte et doit me maudire pour cela, mais avant de nous précipiter dans la Géhenne, j'ai pris la liberté de l'équiper d'une tenue plus adéquate. Je souris d'avance en imaginant sa surprise lorsqu'elle va constater que je suis allé "chercher" son équipement lourd de Milicienne d’Élite au cœur même du QG de son Commandant suprême.

- Ne m'en veux pas de t'avoir encore déshabillée sans ta permission, mais seul ton équipement de chienne de l'Enfer pouvait te protéger des flammes auxquelles je vais te confronter. Aucun lieu ne peut me refuser son entrée ... Mère le savait... depuis toujours... Et cela la terrifiait ...

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} Apocalypse_city_by_sayrel-d5gqwpr

Nos pieds se posent sur des scories incandescentes dont seules nos semelles en thermokevlar nous protègent. Des flammes de plusieurs dizaines de mètres se dressent et dansent dans l'atmosphère sombre. L'obscurité règne en maîtresse absolue, partout où nos yeux peuvent se porter. De lourdes colonnes de fumée noires s'élèvent des amas de gravats d'où subsistent encore quelques fragments de panneaux publicitaires ou d'antennes. Çà et là, des carcasses de voitures particulières ou de véhicules militaires maintes fois calcinées flambent encore. Des squelettes depuis longtemps réduits en cendres, ne perdurent que les cranes. Ils se comptent sur les trottoirs, dans les magasins encore debout, dans les amas d'immeubles écroulés. Nous sommes deux passants errant dans les rues de l'Enfer. Ma main n'a pas lâché celle de Sélène qui s'est détachée de moi sitôt nos matérialisations stabilisées. Elle court à travers cette grande avenue et je sais déjà où ses pas nous entrainent.

- Sélène ... Sélène ... Le Dôme résidentiel est tombé quatre heures après le Dôme Principal ... Il n'y a plus rien là-bas ...  Les nôtres sont morts ... Tout le monde est mort ... Moi aussi j'ai cherché...

Je ferme les yeux et me remémore ma course effrénée dans le quartier résidentiel, jusqu’à l'appartement qui abritait Audrey et Leana, ma rage et ma souffrance lorsque j'ai découvert leurs deux corps réduits à l'état de squelettes s'enlaçant tendrement.  Je retiens Sélène.

- N'y vas pas! Sauf si tu penses que pleurer te fera du bien et fera honneur à leur mémoire...  Et si tu penses pouvoir vivre encore après ... Crois-moi, n'y vas que si tu es prête à lui promettre de vivre et d'empêcher que cela arrive ...


Mais, comme je l'avais pressenti, une fois de plus, elle s'élance à nouveau sans paraitre avoir entendu aucune de mes mises en garde.

- Bordel ! Sélène ! Attends-moi ! Il y a des radiations et des explosions... Tu ne sais donc rien de l'arsenal que ton cher Général avait engrangé ? Tu ignores jusqu'où leur folie a pu aller ? La mort rôde encore en ces murs ... Et je ne la laisserai pas nous prendre ...


Dernière édition par Gabriel Laymann le Ven 17 Fév - 18:21, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyMar 24 Jan - 20:55





Il nous fait encore voyager et je me doute que cette fois-ci ce n’est pas une Asaria paisible qu’il va me montrer. Je me serre contre lui ou c’est lui qui me serre. Peu importe. Je ferme mes yeux pour éviter de faire comme lors du premier saut, de laisser mon pouvoir agir sur le sien. C’est assez compliqué pour moi de laisser les rênes à cet homme, mais c’est la seule solution si on veut arriver en un seul morceau à destination. Mon bas autour de ses épaules, son souffle caresse le creux de mon cou et il me susurre des  recommandations, d’un choix face auquel je serai placée et il me demande de lui faire une promesse. J’inspire lentement et j’ouvre mes prunelles sur Gabriel, concentré sur notre traversée dimensionnelle. Il ne me voit pas et j’avoue prendre le temps de l’étudier avec précision : le contour de son visage, ses lèvres harmonieuses et qui appellent au péché, ses cheveux fins qui flottent sur ses épaules. Je me rends-compte que je suis longue à lui donner la réponse qu’il attend.

- Très bien. Je viendrai te voir à notre retour sur notre Asaria. Je te le promets.

J’étouffe. J’ai envie de hurler, de pleurer de rage, de colère et de tristesse. Toutes ces émotions que j’avais mis si longtemps à dompter et à enfermer loin de mon cœur, ressurgissent par vagues successives qui se déchainent en moi. Je cours à toute allure, droit devant moi, mais il ne me lâche pas la main et me retient d’un geste. Le dôme Principal est tombé. Ils sont tous morts. Gabriel à cette fâcheuse manie de parler … trop. J’ai envie de lui couper cette langue pour qu’il se taise un moment tout comment j’ai envie de le faire taire d’une autre façon moins douloureuse. Il ne sait pas ce qui se trame en moi, tout ce qu’il provoque et suscite. . Je sens monter les ondes noires des Ténèbres, de ce pouvoir qui est en moi. Elles se délectent de ce spectacle. Elles sont là pour ça, pour provoquer et entrainer l’Enfer sur notre Terre. J’en ai la nausée de ressentir leur jubilation obscures couler dans mes veines. Je résiste ! Oui ! Elles ne m’auront pas cette fois-ci. Leurs murmures dans ma tête ressemblent au chant des Sirènes : perfides, séductrices, dangereuses … Elles m’enveloppent dans une aura abyssale. Je ne leur céderai pas …

Contre toute attente, c’est sa voix à lui qui me redonne la force de les maintenir à une certaine de distance de ma psyché. Finalement, il faut mieux que je ne lui arrache pas sa langue. Je cligne des yeux et je me concentre sur ce que Gabriel me dit. J’irai là-bas. Je dois comprendre, je dois assumer mes actes et les affronter. Je me retourne vers lui d’un mouvement presque trop brusque. S’il n’était pas entré dans ma vie, il y a de cela onze ans, je ne serai pas là à observer toute cette horreur.

- Je me dois d’y aller … Je dois voir … J’en ai besoin.

Je sens mes larmes qui coulent. Silencieusement. C‘est leur fraicheur en contraste avec cette atmosphère irrespirable qui m’a fait prendre conscience qu’elles glissaient sur mes joues. Elles doivent être noires comme toujours. Du bout de mes doigts, je récupère ces gouttelettes qui ont l’éclat de l’eau pure. Surprise, je les détaille comme un joyau que je viens de découvrir. C’est impossible. Je ne sais plus ce qui se passe en moi, ce que je suis en train de devenir. Je lâche d’un coup sec la main de Scarecrow.

- Il faut que j’affronte cette horreur si je veux avancer. Sans cela … elles … reviendront.

Il ne sait peut-être pas de quoi je parle. Mes mots sont décousus. Je suis troublée. Je fais référence à mes larmes. Leur teneur s’est modifiée. La Lumière vient de ressurgir et de paralyser les Ténèbres, mais pour combien de temps ?  Je lève une nouvelle fois les yeux vers cette scène apocalyptique. Toutes ces colonnes de fumées qui s’élèvent autour de nous, ces débris qui ne sont plus que les souvenirs de ces immenses tours. Comment la folie des hommes a-t-elle pu permettre cette version de l’Histoire ?  Je m’élance vers ces amas d’immeubles écroulés alors que Gabriel s’évertue de me mettre en garde contre les radiations et les nouvelles explosions qu’il pourrait y avoir. Je sais qu’il va me suivre.  Sous mes pieds et à chacun de mes pas, je perçois le grésillement des cendres, des morceaux de squelettes, des cadavres de voitures. J’ai avec moi mon équipement de Milicienne grâce aux dons de l’Épouvantail. Une combinaison faite sur mesure et uniquement pour moi par le ministre Wright. Elle possède des particularités incomparables qu’on ne retrouve sur aucune autre tenue des soldats. L’air devient beaucoup trop suffocant. Je descends un peu la fermeture - éclaire le long de ma poitrine et je récupère les 2 masques dans la poche intérieure. Ils sont aussi plats qu’une feuille de papier. Encore une invention de génie de Wright. Entre mon pouce et mon index, je les frotte doucement, un par un pour qu’ils prennent leur forme d’origine.

- Prend ça avec toi.

Masque:
 



Je lui en lance un et je mets le mien qui prend aussitôt la forme de mon visage et s’adapte de telle façon à tenir grâce à de petites ventouses dermotactiles. Les décombres sont tellement nombreux que je n’arrive plus à me guider dans ces rues qui étaient les miennes. Qu’est-ce que je recherche vraiment ? Les dépouilles de ma mère et de ma sœur ? Elles sont là quelque part, mais j’arrive trop tard pour les protéger. Si par hasard je les retrouve, je ne verrai d’elles que des cadavres carbonisés. La tour où elles vivaient n’existent plus … Plus rien … Il n’y a plus que des résidus monstrueux qui jonchent chaque coin de ce dôme.

Un bruit derrière nous, sur notre droite. Un bruit mécanique lourd et bruyant nous fait nous retourner tous les deux au même instant. Des bips robotiques et des petites lumières apparaissent de derrières des taules et des débris. Une silhouette imposante et beaucoup plus grande que nous se dresse à quelques mètres de notre position. Je n’avais jamais vu cela et je ne savais même pas que la Milice pourrait se doter un jour d’un tel … spécimen :




Robot:
 




- Décret 2118-A47. Vous êtes en état d’arrestation. Rendez-vous et suivez-moi.

Je bouge lentement pour me rapprocher de Gabriel. Ce robot lève sa paume largement ouverte sur moi. Sa main devient incandescente, prête à tirer une sorte de rayon sur nous deux.

- Si c’est un cadeau d’accueil, je m’en serai bien passée Scarecrow !

Le robot nous analyse. Ses capteurs doivent rechercher dans sa banque de données des informations sur nous.

- Sélène  Anna Warren, vous vous êtes d’après les renseignements de la Milice enfuit. Vous avez été proclamée traitresse à votre race.

J’hausse un sourcil devant les propos de ce foutu robot qui arme son gantelet. Mes pouvoirs peuvent le détruire ou du moins avec mon électrokinésie jumelée avec mes dons sur les Ténèbres, court-circuiter ce tas de ferraille ! Je n’ai qu’une minute tout au plus. Je lève ma main et des crépitements bleutés se forment autour d’elle. Puis des arabesques sombres viennent s’y ajouter et là … soudainement je comprends qui si j’utilise les Ténèbres, je ne pourrai plus les contenir davantage. Ce sont des secondes que je perds pour prendre l’avantage.  Je pousse Gabriel pour lui éviter de reste sur la trajectoire du rayon et le robot tire sur moi, la cible parfaite avant d’avoir pu le dégommer avec mon arme accrochée à ma combinaison.

Le rayon m’atteint à l’épaule parce que j’esquive, je bouge au dernier moment. L’androïde continue de nous tirer dessus et cette fois-ci mon blaster à la main, je fais feux trois fois. Je serre les dents contre la douleur. Mon blood healer va me soigner.

- Mon blaster ne lui fait rien !!
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyVen 17 Fév - 22:06



(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} Sammetface

L'innocence ignore toujours ce qu'elle est, jusqu'à ce qu'elle soit pervertie et perdue.
from "A Scarecrow life behind the curtain"

Je baisse la tête. Imperceptiblement, mes épaules s'affaissent, mon cou se penche, mes bras s'ouvrent, impuissants à la retenir. Ils se referment sur le vide et pourtant je comprends ... Je LA comprends. Aussi étonnant que cela puisse paraître.

Comment étais-je, à peine revenu à la vie par l'acharnement d'un homme rustre mais finalement brave ? A quoi avais-je pensé, malgré les voix intérieures qui me criaient " tu ne trouveras rien que désolation et silence! ". Oui, à quoi avais-je pensé alors que mes pas incertains me portaient à nouveau vers le premier sanctuaire du Phoenix, celui qui avait été le berceau d'idées insolentes et rebelles, provocantes et insoumises, utopiques et pacifiques ? J'avais voulu voir par moi-même, ces lieux désertés, ces bribes de vie, ces traces d'humanité, ces impacts de balles dans les murs cimentés que j'avais moi-même édifiés, ces vêtements épars et abandonnés au cours d'une fuite précipitée, ces liasses de documents brûlés dans la précipitation pour ne pas tomber aux mains de l'ennemi. Des traces, des atomes de nos vies partagées, des particules infimes d'elle... Elle... perdue à jamais... Et j'avais hurlé en silence dans ces lieux vidés de toute vie et qui avaient pourtant abrité mes rares moments de bonheur.

Sélène et moi sommes faits de la même boue originelle. Celle qui fait front jusqu'au bout, quitte à en crever. Celle qui ne se dérobe pas face à l'inacceptable. Celle qui préfère perdre la raison que ne pas savoir. Elle veut savoir... Je ferme les yeux et hoche la tête tristement. D'accord... C'est peut-être sa façon d'être un peu honorable. A travers sa malédiction, sa noirceur, elle resplendit de cette clameur. Elle affronte son destin et ce que ses choix induisent. Une forme de noblesse que ses employeurs n'ont pas... Une forme de noblesse qui a déserté ma Mère depuis tellement longtemps que je n'arrive pas à trouver un souvenir à sa décharge. Victimes, bourreaux, monstres... Sélène et moi assumons ce que nous sommes... En toute conscience, à présent. Eux, non. Cette matricide et ses sbires. Mon regard devient encre alors que les larmes de Sélène sont transmuées en perles de cristal.

Eux ... Eux... Eux ... Eux !!!!! Ils paieront et pleureront des larmes de sang. Ma voix n'est que murmure lorsque je lui réponds.

- Alors, vas... Vas voir, puisqu'il le faut !

Je souhaite en moi-même que "voir" ne la précipite pas dans cet abîme qui me dévore. Je l'ai vue pleurer des larmes d'encre... Les mêmes que celles que je dessine, pour mieux les conjurer, sur ma joue gauche, chaque soir de concert. Je ne comprends pas le sens de ce rituel que j'accomplis avant la scène. Quand je deviens Scarecrow. Je ne comprends pas le sens des visions qui me hantent. Cette terre où les loups comme les hommes pleurent des larmes d'encre et les félins et rapaces des larmes de sang. Je sais juste que dans chacune de ces visions mon cœur se déchire entre ces deux malédictions. Je sais qu'il me faut choisir et je m'y refuse. Et c'est alors que mes yeux deviennent ténèbres... Pourrait-elle seulement imaginer ce qui se tapie dans l'ombre de mes pas, ce qui embrasse mes brefs moments de sommeil ? Les ténèbres ont happé tant de promesses, tant de joie et tant de vies dans la mienne. Penchés sur mon épaule quand j'écris, susurrant des accords machiavéliques à mon oreille quand je compose, tapis dans l'ombre de mon salon lorsque je dévore un livre passionnant, chevillés à mon corps dans les moments les plus intimes, me murmurant des paroles putrides, infâmes et malsaines. Combien de combats remportés de haute lutte pour ne pas basculer définitivement dans le gouffre ? Combien de vies temporairement épargnées ? Ma Mère ? Celles qui palpitent sous les cinq dômes maudits de cette Cité pourrie ? Mes anciens amis qui ont continué à aimer, baiser, manger, boire et crever sans moi ... à vivre en somme ... Celle de mes toujours ennemis, envers lesquels j'ai patiemment nourri haine, rage, vindicte, amertume, sorts et incantations vengeresses... Les coupables, les nantis, les tyrans ... Les victimes, les impécunieux, les esclaves. Tous, tous !!! A mort! Tous unis dans le même Armageddon !

C'est contre ce monstre dévorant que je lutte depuis dix ans. Depuis qu'il s'est emparé de moi lorsque j'ai expulsé le dioxyde de carbone emprisonné dans mes poumons de cadavre pour y laisser entrer une bouffée d'air. Jeko m'avait juste déplacé, fait tombé au sol pour me sortir de cette morgue... Quelque chose a rallumé la flamme. Son intention était simple: donner une sépulture décente à ce gamin tombé sous les balles avant qu'on en fasse un soldat inconnu. Il n'avait jamais pu trouver une explication à ma "résurrection" même s'il l'avait facilitée par un massage cardiaque lorsqu'il avait perçu trois respirations successives. La sainte trinité, amen, le souffle divin, mon fion. J'étais longtemps resté pour lui un monstre rescapé il ne savait comment. D'ailleurs, s'il s'attachait à moi, il avait dans le même temps, de son propre aveu face à l'agonisant qui hurlait des jours durant, des accès de désespoir, de culpabilité d'avoir "ramené un gosse à une vie de souffrance".


Un être marqué du sceau héréditaire de la folie ...

Petite sœur de peine ... Une voix ricanante glisse aussitôt à mon oreille "sœur incestueuse alors ... "

Je la regarde s'éloigner en murmurant:

- Parce que tu espères encore arriver à t'en défaire ? Renonce et lâche prise... On ne remonte jamais aussi bien que lorsqu'on a touché le fond ... Tu peux me croire ...

Mes poumons sont brûlants et ma rage à son paroxysme. Je ricane encore une fois lorsqu'elle me tend un masque. Je l'accepte pourtant bien que sachant qu'il ne m'est utile en rien. Un étrange sourire se dessine sur mes lèvres. Mes yeux redeviennent ambre pailleté d'azur. Elle doit pourtant savoir qu'on ne peut mourir deux fois... Comment pourrait-elle savoir ? Personne ne le peut. Pas même la femme qui m'a aimé. Elle ne s'est doutée de rien lorsqu'elle a tenté de m'approcher à nouveau. Mara. Et Scarlett que j'étreins si souvent à présent, ne se doute pas de ce que je devine instinctivement... Je n'appartiens plus à ce monde... J'en ai été retranché il y a dix ans par une balle en plein cœur. Mais j'y suis revenu... pour des raisons que j'ignore encore moi-même, bien que je sois conscient d'être le jouet d'un destin qui me dépasse. Je ne suis pas passé de l'autre côté. Je souffre et je ressens les mêmes émotions que tous ces être vivants, je partage leur existence, tout en ayant cette conscience que je peux disparaitre de leur vie au détour d'un souffle, d'un sourire, d'un battement de cœur. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment. Je sais. C'est tout.

Mais tandis que je la suis dans sa quête, un autre spectre se dresse sur notre chemin de perdition. J'ai un sourire mauvais et je lui réponds.

- Voilà ce qu'il en coûte aux vilaines petites filles désobéissantes ! Le vilain Croque-Loup vient te donner la fessée ! Cadeau d'accueil, mon cul, mademoiselle ! C'est un  bijou mis au point par Beau papa bis, alias ton boss The General Van Brënner ! Je te présente un des descendants du prototype  X- R 43 WOLF HUNTER. Dans notre Asaria, ce machin fait partie du Musée de la Milice. Il a été utilisé pour une chasse dans les Terres Sauvages, juste après la Fondation d'Asaria. Autant te dire qu'à cette époque on était encore, toi et moi dans les couilles de nos pères respectifs. Ce truc était capable de traquer les loups de nuit comme de jour, jusqu'à épuisement. Il les traçait durant leur chasse et suivait leur piste jusqu'à les faire crever de fatigue. Pas cool hein ? Et là dans cette dimension tu vois ce qu'ils en ont fait ... Des traqueurs de Sélène ...  


Je n'ai pas le temps de finir ma tirade... Il est vrai que je suis bavard pour un spectre matérialisé en incube. Encore que, non ... Les incubes sont moches à faire peur... Je dois être autre chose ... Quoi ? Mystère et boule de gomme!  Mais bon, cette femelle asarienne me coupe quand même le sifflet en me poussant pour se prendre le tir de ce légionnaire de la mort à ma place. Et elle est blessée ...

- Je vous jure ! Les femmes ! Que ne feriez-vous pas pour finir dans mes bras ? Bien sûr ton blaster ne lui fait rien! Ses circuits électriques sont reliés à la terre et il évacue les charges par là. Comme il est dépourvu de corps organique, il n'est pas sensible aux charges plasma. En revanche ça ... Ce salopard ne l'avait sans doute pas prévu !


Je tends la main et ferme les yeux. Un vent tiède balaie la rue et ses fumées nauséabondes. Je fais signe de l'autre à Sélène de venir me rejoindre et je la happe contre moi. Mon bras s'élève lentement au dessus de nos têtes et un scintillement commence à crépiter tout autour du WOLF HUNTER. La douleur à mes tempes se fait plus intense et je sais ce qu'il m'en coûte de mettre en œuvre la désintégration moléculaire dans une dimension qui n'est pas celle dont je suis originaire. L'onde de protection que j'ai déployée vibre sous les assauts du néant dans lequel je précipite notre agresseur. Le vide menace de nous emporter avec lui.

- Sélène, si tu veux utiliser ton pouvoir protecteur obscur, c'est le moment où jamais ... Fais-moi confiance. C'est un peu comme une planche de Ouija, c'est quand on y joue seul que c'est dangereux ... Bon, ok, je peux comprendre que tu sois réticente ! Je gère, accroche-toi et admire !


Et comme pour lui donner la preuve de ce que j'avance, je me couvre d'une sorte d'armure.  

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} Images?q=tbn:ANd9GcS1JoduSYgN2I7la0BcEKQDaZL1zCBrNyiIt1I7JLFNFQHhtC1tUw

Je n'ai pas "réfléchi" cette apparence. Elle s'est imposée à moi. Cet être cybernétique qui se reflète, gigantesque, dans les parois des immeubles encore debout et arme son canon à condensat pectoral, c'est un autre moi, une autre forme de moi sortie par instinct de mon esprit.

- Accroche-toi Babe! Le bal ne fait que commencer, et je t'ai réservé la première danse dans mon carnet ! Et prends-toi un glaçon dans l'cul !


Je souris, ironique, à la mine un peu pâle et déconcertée de Sélène qui n'est pas du genre à jouer les demoiselles en détresse.

- Je parlais à ce truc et pas à toi, ne t'inquiète pas ... Je sais bien qu'on a déjà dansé notre dernier slow.

Je secoue la tête un peu sonné par la salve d'un second WOLF HUNTER qui vient de surgir au croisement. Qu'est ce que c'est que ces répliques de merde ? On dirait un vieux film de super héros ! J'arme à nouveau mon canon... oui bon mon arme, tout ça histoire de briser la glace avec le comité d'accueil. Cependant, je suis encore assez lucide, malgré l'hyper oxygénation à laquelle ma mutation provisoire me soumet, pour prendre conscience que ça sent le roussi pour nos fesses. Sélène est blessée et je ne tiendrais pas éternellement si cette version d'Asaria s'est repeuplée exclusivement de cyborgs belliqueux. Sans compter que ma sexitude vient de faire une chute libre sous cette nouvelle apparence. Il n'y a guère que Van Brënner que je pourrais séduire ...

- Merde, ils ont fait des bébés ou quoi depuis ma dernière visite ? Sélène, tu tiens vraiment à ta visite guidée du cimetière urbain ? Parce que l'endroit est devenu franchement inhospitalier. A moins que tu veuilles que je reste coincé à jamais dans ce corps de cyborg et renonces aux plaisirs que mon corps d'éphèbe pourrait te procurer...


Dernière édition par Gabriel Laymann le Jeu 2 Mar - 15:47, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyDim 19 Fév - 19:39





Nous ne faisons que passer sur cette Terre ou dans ces … dimensions. Peu importe. La vie n’est qu’un éternellement recommencement et nous sommes des pions qui naissons, avançons et mourrons. Quelle trace de ma vie aurai-je laissé dans ce monde ? Celle de l’Assassin qui a tué la Prophétie d’un futur meilleur ? Voilà ce que je suis, voilà ce qu’on pourrait dire de moi pour résumer ce que je suis devenue. Ce n’est pas ce que je veux, pourtant. Les émotions n’ont pas de place dans mon corps, dans ma tête. J’ai été programmé pour cela. Un bon petit soldat. J’en ai pris cette décision sans qu’on me l’impose et j’ai pris la place de ma sœur cadette pour la protéger de tout cela, pour l’éloigner de toutes ces horreurs. Je ne suis pas de ces hommes et des ces femmes capables de transmettre l’amour, la joie et le bonheur même si j’ai pu donner le sourire à ma sœur, parfois. Continuez à me lamenter sur le passé serait inutile. Scarecrow à le pouvoir de montrer les différents futurs pas de remonter un passé pour tout effacer … Changer un détail de ce passé et toutes les dimensions s’écroulent. Cela s’appelle l’effet papillon ou la théorie du Chaos. Le battement d'ailes d'un papillon sur cette dimension peut-il provoquer une tornade sur notre Asaria ? Peut-être bien …

Je freine mes pas en écoutant la vérité qu’il vient de m’infliger comme une calque immense que je me prends en plein visage au sujet du lâché prise. Je n’ai pas le temps de penser, de réfléchir et Scarecrow a toujours des foutus mots pour me stopper dans mes actions. Je me tourne vers lui en le dévisageant, mais aucune réponse ne transpire dans mes gestes ou dans mon regard. C’est mon combat. Le mien. Les Ténèbres sont puissantes bien plus que tu l’imagines. J’en connais leur faculté, leur destruction, mais je suis incapable de maintenir leur limite. Si je dois de nouveau m’en servir, je vais devoir faire plus qu’un avec elle. Je reprends ma quête à travers ces décombres, ce champ de mort, Scarecrow dans mon dos. Mon masque à oxygène me permet de respirer beaucoup mieux, mais devant la silhouette qui s’impose devant nous, je manque d’étouffer. Je n’ai jamais vu cela … Lui par contre il me connait et récite mon identité à haute voix. Le temps que je prends à réfléchir sur l’utilisation de mes Ténèbres - merci Scarecrow – ce robot nous tire dessus. J’ai juste le temps de pousser le blondinet sur le côté pour me prendre la décharge à l’épaule.

- Espèce de sac à …

Je me mords les lèvres et serre les dents. Je sais que mon blood healer va me soigner, mais cela va prendre un moment. Je tâtonne de ma main la blessure et j’en imagine les dégâts.

- Van Brënner m’étonnera toujours … Cet homme a un manque de confiance en lui ou quoi pour créer des monstres aussi immense ! … Les hommes tous les mêmes avec vos armes pour avoir la plus grande, la plus imposante !

Je me relève et je remets mon blaster dans son holster. Il ne fonctionne pas sur ces créatures.

- Je suis l’ennemie dans toutes les dimensions et toi la pauvre victime qui a été remplumée, c’est ça ? Pas prévu quoi ?

Je me demande ce qu’il va encore sortir de son chapeau … Je le rejoints en l’observant lever sa main au-dessus de nous. Je viens de passer … hum … aucune idée si les heures s’écoulent de la même manière ici et ailleurs, bref, je viens de passer plusieurs moments à m’envoyer en l’air avec lui, si, si. A votre avis, ce sont quoi ces petits voyages ? Et j’ai toujours horreur quand il fait mumuse avec ses pouvoirs. Je m’accroche à lui avec mon bras valide essayant de caler l’autre contre ma hanche pour ne pas le mobiliser de trop.

- Je ne suis pas aussi maso pour me faire blesser rien que pour avoir le plaisir d’être dans tes bras. Tu sais quoi ? J’ai une envie de te faire taire ! Tu piailles comme un canard.

Mais ce n’est pas le moment ni l’endroit précis pour ce que j’ai en tête. Mes prunelles se pose sur ce WOLF HUNTER qui réarme son gantelet, mais Scarecrow est plus vif. Je sens un vent se créer autour de nous et le robot se fige dans son geste. Des scintillements apparaissent. Ces capteurs signalent une intrusion inconnue. C’est lui. C’est Scarecrow qui fait cela. Les yeux grand écarquillé, je vois le robot se désagrèger dans une sorte de maelstrom qu’il a ouvert : le néant. Il n’y a pas que cela. Mon esprit pourtant bien protégé par mes barrières psychiques ressent la douleur de Gabriel. Toute l’énergie qu’il déploie le rend plus vulnérable. J’ai envie de lui dire d’arrêter … Mais m’écoutera-t-il ? Le vide nous attire. Il ne peut plus utiliser son pouvoir pour nous maintenir dans cette dimension. Je m’agrippe à sa nuque qui disparait sous ma main. Quelque chose vient de se passer… Une armure le complète et le protège.

- Tu joues à Iron-Man?

Je ferme les yeux non pas de peur, mais pour rassembler ma force et me concentrer. La douleur est toujours aussi vive à mon épaule, mais je dois faire appel, non pas aux Ténèbres, pas pour le moment, mais au souffle électrocinétique qui déclenchera une bourrasque contraire aux éléments qui nous aspirent. Un coup et on chavire. Le deuxième WOLF HUNTER n’a pas l’intention de se laisser faire comme son coéquipier. Je plaque ma main sur le torse métallique de son armure et des arabesques noires sortent de ma main gravant sur le métal blanc quatre lettres en noir : SPDA. J’ai un sourire sincère et facétieux pour la toute première fois malgré la situation désastreuse qui nous entoure.  

- Il manquait quelque chose à ton armure ! SPDA pour … Space Police - Defender …of … Asaria. Maintenant à mon tour ! Mon blood healer a soigné ma blessure ! J’ai besoin de me défouler … ça serait dommage de le faire sur toi !

Je saute sur ce sol poussiéreux et chargé de cendres et je me tiens debout devant deux nouveaux WOLF HUNTER qui pointent leur gantelet vers moi.

- Votre petit numéro m’a servi ! On ne se sert pas deux fois de la même attaque avec moi !

- Nous répétons ! Vous êtes en état d’arrestation par le décret 2118-A47. N’opposez aucune rébellion ni tentative de ripostes. [/b]

Mon sourire se transforme … plus vil, plus démoniaque … Je baisse légèrement ma tête sans lâcher du regard ces deux horribles robots.

- Aucune riposte ? Ho ! Moi qui avais envie de jouer …

- Nous ne comprenons pas. Vos mots sont en désaccords avec votre comportement Sélène Anna Warren. [/b]

- Space Police, tu avais raison du lâché prise … Rien de tel que de toucher la douleur et la noirceur la plus totale pour renaitre plus fort  !
Et vous deux … Croyez-moi, vous allez comprendre ! A toi WitchBlade !



Spoiler:
 


Les deux WOLF HUNTER se consultent. Ils n’ont pas ce mot dans leur banque de données et c’est tout à fait normal. Je ne m’en suis jamais servie sur Asaria et à mon avis, je ne m’en suis jamais servi dans cette dimension à voir le gros bordel que je fous dans leur analyse. Je viens de faire bugger pour quelques instants leurs systèmes et c’est tant mieux. Je m’étais promis de ne pas employer les Ombres, mais je sais que je suis capable de les maitriser. Je dois le faire au lieu de rester passive à attendre que Scarecrow bousille son armure et son énergie vitale. Cette partie de mon pouvoir me demande énormément de concentration  et d’énergie aussi. Elle est l’ultime avatar des Ténèbres, la convergence de ma force en une seule et unique arme... Elle demande aussi un prix élevé à payer  mais ça c’est une autre histoire que je réglerai moi-même sans Scarecrow à mes basques... Je tends mon bras gauche sur le côté et soudain les effluves sombres des ténèbres l’entourent en des milliers de filaments qui glissent sur moi. Elles partent très lentement de ma main et remontent  le long de mon bras jusqu’à mon épaule et se terminent en englobant la partie droite de ma poitrine.  Une armure noire se greffe sur ma combinaison de Combattante, étrange, d’un matériau inconnu. Son origine est complexe puisque ce sont les Ténèbres qui en sont les créatrices et je ne saurai pas vous en dire plus sur cette matière incomparable.  Je la contrôle mentalement et de petites marques se gravent sur mon visage au niveau de ma joue et au-dessus de mon œil gauche faisant disparaitre le masque qui me servait à respirer.

Mes ennemis viennent de sortir de leurs introspections et au-dessus de leurs épaules, deux canons se mettent en charge. Les deux tirs me foncent dessus simultanément, mais cette fois -ci je bouge avec une rapidité précise et presque irréelle. Je roule derrière eux et je prends mon élan pour sauter. Ils se retournent et ma WitchBlade entre alors en action. Une lame apparait, prolongation de mon armure. Elle fend l’air et se plante dans la poitrine du premier WOLF HUNTER. La lame glisse tout le long de la carcasse métallique et le robot se retrouve coupé en deux morceaux bien distincts d’où on n’entend plus que des grésillements électriques qui ressemblent à des gémissements.


Spoiler:
 


Le second WOLF HUNTER  tente sa chance et ses tirs se répercutent sur ma lame qui se rétracte soudainement comme une griffe. Ma main s’illumine alors provoquant une lumière rougeâtre de plus en plus intense que je lève face à ce tas de ferraille qui continue à me tirer dessus. Un vent se lève, violent et chaud et j’aspire sa force avant de renvoyer mon pouvoir sur le robot qui vole en mille éclats.


Spoiler:
 


Je lève mon visage vers SPD qui a affaire à d’autres WOLF HUNTER de son côté.

- Pas évident de bouger tes fesses avec un tel poids … Hein ? Ton corps d'éphèbe en prend un sacré coup ! Il faut se replier !


Dernière édition par Sélène Warren le Ven 10 Mar - 11:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyJeu 2 Mar - 18:02


Je marmonne sous mon blindage pour répondre à ses mots que j'ai perçus dans le capharnaüm grâce aux capteurs de mon exosquelette. Mais je doute qu'elle comprenne ce que je dis. Aussi une idée malicieuse me traverse-t-elle l'esprit. Et je me mets à penser très fort.

Des mots, toujours des mots, encore des mots, rien que des mots. Tiens essaie un peu de me faire taire, là, Miss Warren ! Tu admets donc tout de même que c'est un plaisir d'être dans mes bras ! Si si, tu viens de le dire ! Et certaines filles aiment bien jouer avec nos armes ! Si tu continues, c'est toi que je vais faire taire en te mettant la mienne dans la bouche !

Je vois d'autres wolf hunters arriver de toutes parts et je commence à penser sérieusement à un plan B pour changer d'air, mais voilà qu'elle use d'un autre pouvoir repoussant l'attraction du vide qui nous aspirait. C'est assez pour que je puisse refermer le portail et orienter mon attention sur l'autre attaquant qui nous fait face. C'est sans compter avec cette plaie qui s'amuse avec mon armure et y grave un sigle: SPDA.

Merci pour le coup de main ... Mais qu'est ce que tu fous ? Space Police Defender of Asaria ? ... Ça le fait ! Tu aimes bien marquer les hommes toi ! Une fois ne t'a pas suffit ? Toi aussi tu lisais ces vielles revues ? Je te préviens j'ai le même caractère de merde que lui ! Eh, c'est pas pour ça qu'il faut déjà me quitter !

Elle vient de sauter de mes bras et fait face à deux de ces monstres.

Bon concentrons-nous sur l'objectif ! Tu prends ceux de gauche et je m'occupes de ceux de droite ... ah ben elle a déjà choisi. T'inquiète, tu auras l'occasion de te défouler sur moi quand l'heure sera venue! J'ai encore des choses à accomplir avant de passer l'arme à gauche.


Comme pour confirmer mes mots je m'avance vers le second chien de chasse cyborg tueur de loups et j'use de mon premier pouvoir en le conjuguant aux deux autres. Cela va prendre un peu de temps mais nous aidera sans doute. En attendant que les artefacts se matérialisent, je dois me battre avec mon seul polymorphisme sous les traits d'un robot lourd et peu sexy, bien que fraichement adoubé par Dame Sélène. Tandis que je m'amuse avec mon apparence, donnant tantôt deux têtes, tantôt des pinces de crabe ou des ailes à mon armure, je fais le tour de mes deux attaquants en sautillant, enfin autant que peut sautiller un cyborg de trois tonnes. Ils sont désorientés et se demandent surtout qui je suis, cherchant mon identité dans leur fichier, ce qui me permet de souffler. Mais lorsque je me tourne en direction de Sélène je ne vois plus ... Sélène ...

Qu'est ce que c'est que ce bordel ? Où est-elle passée ? Et qui est cette furie qui ... Hey ! joli coup !


La furie en question vient de fendre en deux un WH qui commençait à nous casser les noix, enfin surtout les miennes.

Warren, c'est toi ? Me dis pas que tu commences à t'amuser ? Je voulais te montrer cet endroit pour te faire flipper, pas pour que tu prennes ton pied !

Mais je la vois maintenant faire face à un autre attaquant en l'emprisonnant dans un rayon rouge. Je sens un transfert d'énergie, du moins mon pouvoir sur les molécules enregistre un déplacement d'énergie pure qui perturbe grandement ce don. Le Wolf Hunter se désintègre ensuite sous le rayon qui a changé de polarité. Bon sang, elle puise dans l'énergie de l'adversaire la force de le tuer. Qu'ont-ils fait d'elle ? Je commence à entrevoir ce qu'elle essayait de me dire, ses mises en garde. Tout ce remue ménage moléculaire m'a fait perdre de vue une chose: j'ai activé mon changeling. Je n'ai que le temps de hurler mentalement :

Ohohohoh ! Sélène ou qui que tu sois, la fille bien balancée ... Rejoins moi! On va avoir des invités, quelques connaissances à moi que j'ai "empruntées" à d'autres dimensions.

Tant pis pour les paradoxes temporels. Je n'avais pas le choix pour sauver notre peau de ce lieu très inhospitalier.

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} 1366218141_26494

Eh merde j'avais pas prévu qu'ils arriveraient les premiers ... Les dévoreurs  ... Il faut partir ... Ce monde va disparaître ... Ne me dis pas que tu vas le regretter ...

Je reprends mon apparence initiale ce qui me soulage un peu et me permet d'ouvrir le portail à l'opposé du vortex créé par mon don de substitution. Le temps est compté et je n'ose pas imaginer ce que je devrais faire si l'artefact s'engouffre derrière nous dans le couloir. Sélène court vers moi aussi vite qu'elle peut. Derrière elle, le voile aux monstrueuses multi bouches s'avance et avale deux Wolf Hunters qui s'apprêtaient à bondir sur elle.

- C'est bien, gentil toutou ! Maintenant hmm, couché ! Non, pas toi Sélène. Je parle à l'autre. Il n'a pas l'air de vouloir obéir plus que toi !

Un rugissement à glacer le sang me répond. Tandis que Sélène bondit, évitant de justesse une giclée de bave de matière noire, je l'attrape au vol et la serre contre moi.

- Enchanté mademoiselle ! Humm jolie tenue ... Vous avez le droit de vous servir de vos jouets en dehors du service ?  Je vous dépose quelque part ?  

Un bruit assourdissant et terrifiant m'interrompt et me contraint à nous tourner une dernière fois vers cet univers à présent voué à ce monstre que je ne connais que trop bien.

- Tu sais que ton caractère ne s'est pas amélioré depuis notre dernière rencontre ?

Je lui ferme la porte au nez. Puis me penchant vers Sélène je la dévisage d'un regard scrutateur.

- Alors, comment dois-je vous appeler ? Witchblade ou Sélène Warren ou La Main du Diable ?


Dernière édition par Gabriel Laymann le Mar 21 Mar - 20:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyDim 12 Mar - 21:04







La vie est une aventure audacieuse ou rien du tout. Faire face au changement et se comporter comme un esprit libre en présence du destin est une force invincible. Tout est changement, tout évolue, tout est en devenir, non pour ne plus être, mais pour devenir ce qui n'est pas encore. J’ai lu cela dans mes moments où je ne suis pas un Assassin, ni  un agent du gouvernement. Ces moments où je voudrai qu’on oublie que j’existe et qu’on me foute la paix. Ce passage d’une de mes lectures me revient en tête et je ne sais pas pourquoi.
Le changement, quel joueur celui-ci, pire que le destin et le hasard. ! Je n’ai plus aucune notion du temps, de l’heure qui s’est écoulée. Au début de toute cette histoire j’étais à un concert, puis j’ai été conviée à un after pour me retrouver dans une alcôve avec un type que j’étais censé étrangler de mes mains … ou avec mes cuisses … et maintenant … Regardez où je me trouve ? Elle n’est pas belle la vie ? D’une splendide robe de soirée en Organza noir, je suis passée en mode bikini et paréo, puis en tenue de combat et maintenant j’essaye de garder en vie ses fesses et les miennes contre des robots appelés des WOLF HUNTERS. D’ailleurs, il faudra que je demande pourquoi ils se nomment ainsi …

Scarecrow m’étonne de plus en plus, mais ça il ne le saura pas. Ses pouvoirs dépassent tous ceux que j’ai pu voir et il est maintenant protégé par un exosquelette. Il est impressionnant, captivant autant que j’ai souhaité lui arracher les yeux et la langue. Je vais devoir me mettre d’accord sur ce que je veux, mais ce n’est pas tellement la priorité du moment. Cette dimension n’est pas la nôtre, mais elle est le reflet de ce que peut devenir notre monde si on n’arrête pas ce fléau qui gangrène Asaria. J’aurai tout le temps nécessaire pour réfléchir à tout cela quand on sera à l’abri. Ce qui n’est pas le cas quand je vois ces Monstres de fer s’élever face à nous.  Scarecrow ne va pas tenir aussi longtemps et la question qui ne cesse de tourner dans ma tête c’est de savoir si son exosquelette ne lui bouffe pas toute son énergie et sa force. Je ne peux pas le laisser seul face à ces créatures qui ont décidé de nous tuer. Mon cerveau fonctionne à trois cent pour cent. Il est en pleine effervescence et la Chasseresse que je suis refait surface laissant la petite Sély embourbée dans ses choix et les visions d’un futur qu’elle ne connaitra jamais.

Je suis toujours agrippée à lui et c’est son armure froide que je sens contre mon corps. Si ce n’était que cela. Ce petit malin vient carrément de s’insinuer dans mon esprit pour garder un contact avec moi. Je tourne mon visage vers lui et je cherche au-delà de la couche cybernétique qui le protège, son regard humain ou quelque chose qui ressemble à Gabriel Laymann.  Je fronce les sourcils et j’utilise ma télépathie pour lui répondre …

N’oublie pas que tu as eu mal au crane quand je me suis infiltrée dans ta tête … sur scène … Scarecrow. Tu es maso de vouloir que je recommence. Tu aimes me tenter ...

Les explosions et les tirs des WOLF HUNTERS s’élèvent autour de nous. Je ris … je suis obligée de rire à ses mots alors que nous sommes aux portes de l’Apocalypse.

Avec ton exosquelette, je ne suis pas certaine que tu arriveras à retrouver ton arme et à la sortir correctement … Trop petite dans tout ce tas de ferraille ! Trop petite pour me faire taire …

Mais je sens tout autre chose … sa douleur à lui … Il s’est servi de son esprit pour s’accrocher au mien et Scarecrow ne s’est peut-être pas rendu compte qu’il a provoqué un lien psychique entre nous deux. Il a mal … très … quand il use de la désintégration moléculaire sur le WOLF HUNTER. Sa concentration vacille et je fais appel à un autre de mes dons qui provoque un vent électrocinétique assez puissant pour nous empêcher de nous faire avaler par le néant et pour lui permettre de se ressaisir et nous maintenir dans cette dimension. Maintenant, on doit se focaliser sur ces immenses robots. Mon blood healer a fait son travail. Ma blessure est guérie. Je ne compte pas rester passive dans ses bras. Je saute parmi les cendres, au milieu de cet enfer, non sans avoir laissé à Scarecrow un petit cadeau, rebaptisé SPDA par mes soins. Je lui accorde un sourire taquin.

Ou bien, tu ne peux t’empêcher de vouloir ma marque sur toi … J’aime bien SPDA  et les vieilles revues … Il y a longtemps … quand j’étais ...

Petite …
Innocente …
Une jeune fille banale

Je suis plus rapide que lui pour choisir mes cibles et je n’attends pas ses recommandations pour entrer dans la danse. Il découvre ce que cachent mes Ténèbres : la WitchBlade. Je prends mon pied … J’ai surtout besoin de me défouler, de hurler ma rage contre ce destin, cette vie qui m’a enchainée. SPDA crie dans ma tête et je dois calmer mon esprit contre cette douleur. Une télépathe a un esprit bien plus sensible que n’importe qui d’autre. Il ne sait pas que le pouvoir de l’esprit est fascinant, puissant, déstabilisant aussi quand, comme lui, on ne le maitrise pas.  

Arrête de crier ! Et Je n’ai pas d’exosquelette  qui change ma nature. C’est moi ! Tu devrais vérifier tes capteurs SPDA !

Mon  armure est très différente. Elle ne ressemble pas à la sienne, ni à aucune de connue. Le combat se poursuit et je mets toute mon aversion sur ces WOLF HUNTERS. SPDA s’amuse de son côté. Le danger nous frôle, nous touche, nous enveloppe et pourtant je ne me suis jamais sentie aussi vivante, aussi entière. Il voulait me montrer ce monde pour me faire flipper ? Sa mission n’est pas entièrement ratée. Ici, il n’y a plus que des débris, dévastation et mort. Je ne l’oublie pas. Il hurle de nouveau dans ma tête. Je vais vraiment finir par le faire taire à ma façon. Je me vengerai quand l’heure sera venue !

Des invités ? Il n’y en n’a pas assez ?! Bordel SPDA !!

Les Dévoreurs ? Rien que ce mot ne m’inspire pas confiance du tout. Le dernier WOLF HUNTER qui m’affronte rend l’âme. Ma WitchBlade ne fait pas dans le détail : elle tranche, elle désintègre, elle tue. SPDA flotte dans les airs. Il reprend sa forme initiale. Je me relève et je cours vers lui à toute allure pour me donner assez de puissance pour sauter dans ses bras. Une dernière impulsion, un mouvement vif et je parviens à l’atteindre. Il m’attrape et je m’accroche à lui.

- Scarecrow, tu crois que c’est le moment de faire de l’humour avec ce … truc énorme et dégoutant qui s’agite dans notre dos et se rapproche ?! D’où est-ce qu’il sort ? !!

Je lui donne une tape sur le torse et je tourne le visage vers cette chose horrible.  Je n’ai jamais vu une telle monstruosité et j’étais loin de m’imaginer que cela pouvait exister à part dans des cauchemars … La porte de ce monde se ferme sous l’impulsion du pouvoir de Gabriel et nous laisse enfin reprendre notre souffle. La créature hideuse ne nous a pas suivis et heureusement …  Agrippée au blondinet, il se penche vers moi et je le vois m’observer. Ai-je changé ? Non, je suis la même.

- Je suis tout ça à la fois. Je n’ai pas changé d’apparence. La WitchBlade est le concentrée ultime de mes pouvoirs … Des ténèbres. Elles forment une armure très légère qui se greffe sur ma peau. Elle est froide comme les Enfers. Van Brënner serait ravie de pouvoir s’en servir, de la dupliquer pour ses Miliciens. Elle ne me gêne en rien dans mes déplacements. Je ne la sens pas. C’est une seconde peau …

Et en parlant de peau, la WitchBlade pour une raison que j’ignore a besoin de toucher ma peau nue, de fusionner avec. Elle ronge les tissus qui m’enveloppent et prend sa place sur mon corps. Je ferme les yeux et je me concentre sur elle. Elle disparait lentement laissant apparaitre ma peau. Je replie mon bras et ma main sur mon sein nu et je sens déjà arriver les taquineries de Scarecrow.

- Tu peux m’en dire plus sur ces WOLF HUNTERS ? Tu as dit qu’ils avaient été utilisés pour chasser les loups dans les Terres Sauvages ? Il n’y a jamais eu de loups … enfin peut-être quelques-uns,  mais de là à les chasser, quel était l’intérêt du gouvernement ? En quoi étaient-ils dangereux ?

Quelles abominations cachent encore et encore le gouvernement sur notre Asaria ? Il n’est pas évident pour moi de me tenir à lui par un bras et cacher ma semi-nudité avec l’autre. Ce n’est pas cela pourtant qui va m’arrêter.

- Je ne pouvais pas te faire taire avec ton exosquelette. Maintenant, je peux.

Je ne le laisse pas négocier ou protester. Je donne une pression sur sa nuque pour le faire se pencher davantage et je m’empare de sa bouche. Mon baiser le dévore et mon avidité fait céder ses lèvres qui s’ouvrent et laisse ma langue savourer la sienne.  
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MessageSujet: Re: (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène}   (Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} EmptyDim 26 Mar - 11:49



Tandis que nous voyageons une fois de plus à travers le vide spatio-temporel, je prends conscience de ce qui a changé entre nous, de la mutation de ce lien mortifère qui nous attache. Chacun sait à présent une partie de ce que l'autre a vécu et son état d'esprit au moment où la mort nous a unis dans un pacte. Aucun ne sait quels sont les projets de l'autre mais tous les deux nous avons été témoins des possibles que la folie de ma Mère et de sa clique peut engendrer. Sélène sait aussi désormais ce qu'elle a assassiné lorsqu'elle m'a abattu. Elle a compris qu'elle n'avait été qu'un jouet entre les mains de ma Mère, du Gouvernement. Elle semble avoir compris où sont ses véritables ennemis. Cela ne fait pas pour autant de nous des amis. Ni des alliés. Juste des victimes. Mais j'ai décidé depuis longtemps de ne plus être une victime, de prendre mon destin en main et de défier mes bourreaux. Pour le moment c'est son corps à elle que je tiens dans mes bras, c'est son visage éclairé par cette lumière irréelle du couloir temporel qui fait face au mien, son regard dans lequel ma silhouette se reflète qui me scrute. Le temps semble se figer alors même qu'il hurle à mes oreilles. Une éternité entre nous, une fraction de seconde étirée, diluée dans l'infini de son regard. Elle me pose des questions. Encore des questions, mais je n'ai ni l'envie, ni la force de répondre maintenant. Je me concentre sur notre destination... sans la lâcher du regard.

Je sens son armure disparaitre sur son épaule, sa seconde nature refluer dans les ténèbres, ne laissant place qu'à une peau tiède, la courbe harmonieuse de son sein qu'elle cache pudiquement de sa main. Instinctivement, je resserre l'étreinte de mon bras autour de sa taille, tandis que de l'autre je guide notre progression à travers le couloir. Sans pourtant cesser de la contempler. Elle me fascine malgré la haine qu'elle m'inspire. Elle m'attire bien qu'elle ait fait de ma vie un enfer. Elle m'envoûte bien que je n'ignore pas qu'elle signera ma fin. L'épuisement menace de me faire sombrer dans l'inconscience et nous dans le néant. Je m'accroche à elle autant qu'elle à moi. Sa main se plaque contre ma nuque et m'attire à elle. Je sais avant même de sentir ses lèvres sur les miennes que le plaisir sera teinté de défi entre nous. Ma main remonte lentement dans son dos et se plaque entre ses deux omoplates tandis que je me penche sur elle, pour répondre à son baiser incendiaire. Nos langues s'offrent un plaisir indécent que nos corps ne peuvent encore se permettre sans nous condamner à mort. Si je ne devais guider notre approche vers la destination, je la prendrais bien volontiers sur le champ. S'envoyer en l'air dans le vortex spatio temporel, voilà qui serait une première mais il faudrait pour cela que je contrôle les portails de ma seule force mentale. Cela viendrait peut-être un jour, mais je doute de vivre assez vieux pour y parvenir. Pour le moment j'ai besoin d'une de mes mains. L'autre ne se prive pas de la soumettre en agrippant sa belle chevelure. Ma langue se fait plus intrusive et caressante, mon baiser plus mordant, tandis que je la plaque contre moi de façon à lui faire sentir le désir qu'elle fait naître entre mes jambes.

Je perçois le changement des vibrations des parois, annonçant l'arrivée prochaine dans notre dimension. Le portail se matérialise au bout du couloir et nous projette brutalement sur le sol de l'alcôve.

(Terminé)[Intrigue Deus ex Machina] La tentation d'exister {pv Sélène} Hotel-perpignan-hotel-pas-cher-perpignan-suite-%282%29

Nous voilà à genoux sur la moquette, face à face. Il y a tant de questions auxquelles je n'ai pas répondu et tant d'autres que je dois encore lui poser. Mais j'ai d'autres envies que de lui faire la conversation. Malgré ma force déclinante, je l'attire à moi pour reprendre ce que nous avons commencé. Tandis que nous nous relevons encore tremblants de notre périple, nos lèvres se retrouvent, nos corps se frôlent jusqu'au moment où je la plaque contre le mur tout en caressant son épaule nue, la naissance de son sein. Je crois bien l'entendre gémir et non protester.  Essoufflé, je me détache d'elle m'infligeant une frustration terrible et je plaque ma main contre le mur pour reprendre pied et parce que je me sens de plus en plus chancelant. Un sourire provocant aux lèvres, je me penche sur son visage pour lui murmurer dans un souffle:

- Alors ? Me baiser ou me flinguer ?

HRP:
 
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