(Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)

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MessageSujet: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Ven 15 Juil - 21:05

Voilà plusieurs jour que je tournais chez moi comme un lion en cage, a tel point que l'on aurait pu suivre les traces de mon passage tant le tapis ornant le sol de mon salon avait fini par s'affaisser sous le poids de mes pas. Non, j'arrête tout de suite ceux qui commence à rigoler en se disant " si tu commençais un peu par arrêter de manger tout et n'importe quoi tu n'en serais pas là". Car ce n'est pas mon tours de taille qui me préoccupait et qui, soit dit en passant était parfaitement mince, mais les événements qui ne cessaient de croître au sein d'Asaria. Ce monde n'avait jamais été aussi près de sombrer dans le gouffre du chaos. Il ne manquait que la pression de ma main pour le faire chuter. Cela aurait été tellement facile, tellement rapide. Moi qui ne vivait que pour la fin de cette cité pourrie et corrompue par le genre humain n'aurais pu être plus aux anges. Et pourtant me voilà, le regard grave, les mains dans le dos, a déambuler dans ma villa pour la simple est bonne raison que je n'étais en rien responsable de toutes ces catastrophes. J'aurais aimé être l'artiste ayant provoqué ces événements pour en savourer la moindre seconde. Mais je me retrouvais spectateur d'une pièce qui ne me plaisait gère. Ce chaos qui se dressait devant moi manquait totalement de beauté et d'organisation. La goutte d'eau ayant fait déborder le vase me demanderez-vous, ou pas pour ceux qui se contre fiche de mon avis? Un concert. Un bête et minable concert me m'était dans tout mes états.

N'allez pas vous m'éprendre, je n'ai pas l'oreille musicale des airs de mes contemporains. Pour moi il ne s'agit là que de bruits, de hurlements et d'étalages nauséabonds. Rien à voir avec ce qu'on pourrait qualifier de musique. Et non, je ne fais pas mon rageux parce que je n'ai pas réussi à obtenir un billet afin d'assister à ce dernier. Grand bien me fasse de ne pas dépenser de l'argent inutilement. Dans cette histoire ce qui m'a d'abord interpellé fût sans aucun doute cet excessif déploiement de la milice pour l'événement. Pour ceux qui me connaissent, donc très peu, vous savez que je ne porte pas la milice dans mon coeur, ne les voyant uniquement que pour être de la chair à canon décérébrée. Cependant voir autant de ces bons à rien rassemblés en un seul endroit me paraissait une décision plus qu'exagérée. La sécurité pour ce genre de représentation était légitime mais à un tel niveau...Enfin bref, fort de ma première observation, j'avais supposé que quelque chose se tramait derrière mon dos. Moi qui me targuait d'être au courant de tout quelqu'un avait eut l'audace de réaliser une exception à cette règle. C'était tout bonnement inadmissible. Aussi ma curiosité naturelle avait pris le dessus et je n'avais pas attendu pour m'enquérir du nom de l'artiste nécessitant une si grande attention de la part de notre incroyable service de sécurité et donc par la même du gouvernement.

Gabriel Laymann était son nom. Amuseur public sa profession. Mais le plus étrange dans tout cela était assurément l'absence de cet individu dans mes archives... N'étant pas omniprésent dans la cité j'avais créé, au cours des années, un système reliant directement un individu archivé à sa base de données. Ainsi l'alimentait-il de lui même afin que chaque événements de son existence soit immédiatement mis à jour sans mon intervention directe.
De sa naissance jusqu'à sa mort je pouvais tourner les pages de sa vie comme le lecteur dévorant un roman. J'avais nommé ce système "les écrits du Destin". Personnes d'autres que moi n'étaient au courant de leur existence, pas même notre chère Grande Conseillère. C'était un secret que j'avais gardé jalousement depuis tout ce temps. Les archives présentent dans la Tour Gouvernementale regroupaient le strict minimum qu'il fallait savoir sur les habitants de la cité. Bons comme mauvais, humains comme Asariens.

Quelle ne fût pas ma stupéfaction en découvrant que cet individu était comme sorti de nulle part. Sans passé, son existence ne datait que de quelques années en arrière. Pas la moindre trace d'une quelconque enfance. Des études? Comment le saurais je... Ce Gabriel s'était joué de ma création et sans l'intervention de la Milice, ce dernier aurait continué de tromper ma vigilance. Comme quoi cette milice pouvait quand même servir à quelque chose...

Rares étaient les fois où je laissais mon orgueil prendre le pas sur ma raison. Mais comme toute personne qui se respecte, j'avais ma fierté. Et cette histoire était un défi qu'il me fallait surmonter. D'ailleurs je devais bien avouer que derrière ma colère bouillonnait une volonté de jouer dès plus intense. Qui pouvait bien se cacher derrière cette identité créée de toute pièce. Derrière ce masque de saltimbanque à l'hygiène plus que douteuse? Mais avant de me pencher d'avantage sur cette énigme, il me fallait comprendre la raison qui avait poussé le gouvernement à envoyer une si grande quantité de miliciens à ce concert. Aussi n'allais je pas me contenter de suivre la procédure habituelle. J'irai directement chercher mes informations au source...Alianka...

Cela faisait un moment que je n'avais pas croisé la route de notre panthère des glaces. Depuis ce petit interrogatoire dans les sous-sol de la Tour pour être exact. Aussi quel genre d'ami serais-je si de temps à autres je ne venais pas aux nouvelles en dehors des heures de bureaux. Et quoi de mieux qu'une petite visite surprise pour détendre l'atmosphère et glaner quelques informations de-ci de-là... C'est donc avec conviction que j'abandonnais le bien-être de ma demeure, au grand soulagement de mon tapis criant grâce depuis un moment. Un rapide passage devant la glace pour se refaire une beauté, l'allure avant tout vous comprenez... Nan? En même temps ça ne m'étonne même pas de vous. J'emportais avec moi une bouteille d'un grand cru dont je savais qu'Alianka raffolait particulièrement avant de m'engouffrer dans ma voiture. Ce soir pas de mondanité, pas de chauffeur. Il n'y avait que moi, ma voiture et la route. Un petit tour de clé, un moteur qui rugit et c'est parti.

Sur la route, les lumières artificielles de la ville invitait la populace à se délaisser et délester de quelques argents trop lourds dans sa poche en boissons et femmes douteuses. Mais quoi de plus normal dans une cité à l'agonie où la nouvelle génération d'Asariens, bercées par des illusions de grandeur et de puissance se sentent les maîtres du monde sans avoir à justifier leurs actes...Être Asarien devrait être un privilège et non un droit. Ils ne sont que l'engeance hasardeuse d'un désir volontaire, voir accidentel entre deux Asariens déjà existant. Reste à eux de faire leur preuve. Mais pour l'heure on ne pouvait pas dire qu'ils brillaient, loin de là... Asaria était devenu un sujet de déception me concernant et je n'attendais vraiment plus grand chose de celle pour qui j'avais consacré une partie de ma vie à l'origine...Non, je ne dirais pas qu'un moment de nostalgie était passé dans mon regard. Juste une illusion provoquée par l'éclairage environnant. Mais l'heure n'est plus au ressassage d'un point de vue déjà établi car j'aperçoit enfin la villa de cette chère Alianka.

A l'image de cette dernière, sa villa était impressionnante. Installée en hauteur, cette dernière semblait dominer la zone à l'image de la Tour Gouvernementale dominant la ville. A l'entrée un portail que l'on ne pouvait franchir s'en s'être annoncé. Et compris dans le package son vigile droit comme un I lorsqu'une voiture vient à se présenter devant la grille...

- Halte monsieur! Veuillez décliner votre identité s'il vous plaît!

- Edouard Ravenwood pour vous servir! Je viens rendre une petite visite surprise à madame De Nephthys...lui répondis-je tout en ponctuant la fin de la phrase d'un index sur mes lèvres.

- Je suis navré Monsieur Ravenwood toute visite doit être annoncée!

- Voilà qui est fâcheux! Moi qui espérait pouvoir la surprendre...Alors si nous n'avons pas d'autres fois...Allez-y!


Profitant du départ de l'agent, j'aurais très bien pu démarrer et défoncer la barrière de notre dame, mais je ne suis pas certains que l'effet aurait été de très bon goût, ni que la blague soit réussie. Aussi fallait-il obéir au protocole de sécurité... C'est en voyant les grilles s'ouvrirent que je compris que l'accès m'était enfin possible. Aussi adressais-je un rapide signe de la tête au gardien avant de suivre l'allée bordée de lumières menant jusqu'à la demeure de la panthère...

Voiture garée, bouteille en main, ultime coup d'oeil dans le retro et me voilà montant les marches menant à la porte d'entrée...Nulle doute que cette soirée serait riche d'enseignements et à si tel n'était pas le cas boire un petit verre n'a jamais fait de mal à personne...
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Lun 25 Juil - 14:50

HRP : pour la bonne chronologie des  histoires, celui-ci se passe avant mon RP avec Tomas dans son bureau, c’est-à-dire avant : Bras de fer & Coup de poker dans les hautes sphères





Un bruit … étrange … celui d’un mécanisme qu’on remonte … La musique d’un jouet qui se met en marche…

Je refermai mon livre que je posai sur la table base. Cette mélodie ne pouvait pas exister. Cela devait provenir des domestiques. Pourtant, je n’étais même plus certaine de moi. Ces notes de musique, je les connaissais. Je les avais déjà entendues il y a longtemps … La voix de mon majordome me ramena à l’instant présent et je rivai mon regard glacial sur lui.

- Vous désirez, Madame, qu’on vous serve le repas ici ou dans le salon ?

- Pour le moment, je n’ai pas faim James. Je vous le ferai savoir.

- Très bien Madame.

La soirée débutait à peine et j’étais rentrée depuis un moment chez moi. Mon bureau et la Tour gouvernemental m’oppressaient depuis ces derniers jours, depuis cette soirée au multiplex. Quelque chose se passait en moi. Des crises de migraines me prenaient sans que je sache comment. Les Asariens et encore moins les Anciens ont ce genre de maux …sauf les télépathes ou les sujets possédants des dons liés à la pensée. Je maitrisais ce pouvoir depuis des années. Il avait été le tout premier et j’avais dû protéger mon esprit pour ne plus ressentir les effets de tous les autres sur le mien. La télépathie pouvait rendre fou n’importe qui si elle était mal contrôlée. Et aujourd’hui, elle semblait dépasser mes capacités à la maintenir. Le silence était subitement revenu dans la villa et je me demandais si c’était au final une bonne chose.

Le besoin d’alcool se fit sentir à défaut d’avoir une personne à qui se confiait, en l’absence de l’avoir près de moi. J’avais besoin de lui  … Et LUI, il se confinait dans sa tanière, au cœur de sa Milice, entouré de ses maitresses. Tomas n’avait pas besoin de moi, mais de son cortège, de ses soldats et de toutes ces femmes qui lui obéissaient en un claquement de doigt... Il m’avait dit qu’il m’aimerait toujours, que rien ne changerait ses sentiments pour moi … Le Lion m’avait dit tout cela ce soir là où nous avions partagé un diner dans son appartement. Comment avais-je pu être si stupide ? Moi ! A mon âge ? Je m’étais perdue dans ses mots, je lui avais ouvert un pan de ma vie que peu de monde pouvait se taguer de connaître et il s’était joué de mon cœur.

La couleur ambré du cognac coula dans mon verre et j’en sentis les arômes se dégager jusqu’à moi. Son silence et son impolitesse à répondre à mes convocations ne faisait qu’accroître le fossé entre nous deux. Il avait toujours était mon alter égo. Il nous suffisait d’un seul regard lors des réunions pour se comprendre. Je ne comptais plus les heures à passer dans nos bureaux, ensemble, pour formaliser des documents officiels, des lois, des projets. Nous avions usé notre sommeil, mais aucun de nous ne s’en plaignait. Je retournai m’installer sur le divan, mon verre à la main quand la vision de cet …objet près de mon livre me figea sur place … Un cheval de bois était posé à côté. Cette sculpture n’y était pas. Mon cœur la reconnut bien avant ma logique. C’était impossible. Ma main trembla à son toucher et sous le support du cheval, il y avait une phrase écrite : « Pour ton 6 ème anniversaire » Je lâchai mon verre qui explosa sur le sol ainsi que le cheval et le brouhaha alerta ma domestique.

- Madame, vous allez bien ? Je vais nettoyer le verre.

- Jetez … Jetez ce cheval de bois …

Ma voix froide et sans vie effraya l’humaine qui tentait de tout nettoyer le plus rapidement possible. Je percevais ses pensées affolées et les vibrations des battements erratiques de son cœur.

- Madame … il … il n’y a pas de cheval de bois …

- Comment ça, il n’y a pas de cheval de bois ?

Je cherchai autour de moi. Je venais de le faire tomber, il aurait dû se trouver à mes pieds dans la marre de cognac et malgré cela il n’y avait aucune trace de cette sculpture …

- Sortez ! Dépêchez-vous ! Sortez !!

La porte du salon se referma et je me laissai tomber dans le fauteuil. Ce n’était pas que ma télépathie qui me faisait défaut. Il y avait autre chose de tapi dans mes ombres qui fissurait la membrane du passé pour se libérer. Une créature, un monstre que je devais retenir de toutes mes forces. La porte s’ouvrit de nouveau et ce fut mon majordome qui s’avança.

- Madame, vous avez un invité qui vient de se faire annoncer: Monsieur Ravenwood. Que dois-je dire au vigile en poste devant le portail ?

Mes pensées chaotiques m’empêchèrent de réagir subtilement à mon Majordome qui paraissait être surpris par mon trouble. L’Archiviste de la cité ne se déplaçait pas inutilement.

- Faites- le entrer. Un peu de compagnie me fera certainement le plus grand bien.




Je pris les quelques minutes qui me séparaient de sa présence pour me refaire une beauté. J’avais lâché mes cheveux, fait rare. Ils étaient toujours impeccablement coiffés lorsque j’étais à la Tour gouvernementale, mais ici j’étais chez moi et je n’étais plus la femme politique. La sonnette retentit et je me levai pour le recevoir quand il foulerait l’entrée du salon. Je n’étais pas non plus vêtue d’un tailleur-jupe, mais d’un pantalon gris clair et un chemisier rouge. Je fermai mes yeux pour faire disparaitre mon agitation et reprendre pendant quelque temps les rênes de ma raison et de mes pouvoirs. J’entendis la voix de mon majordome réceptionner mon invité et le guider jusqu’à moi. Le battant s’ouvrit et la silhouette familière de l’Ancien se présenta à moi.

- Mon cher Edouard, vous avez anticipé mes besoins. Je me sentais seule ce soir.  Je vous en prie, entrez.




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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Mer 27 Juil - 0:08

La soirée était dès plus agréable. Une chaleur modérée qui aurait pu m'inviter à faire une longue promenade dans le quartier si je n'avais pas décidé de rendre une petite visite à une amie si chère à mon coeur, ou du moins ce qu'il pouvait en rester. Levant les yeux vers le ciel un court instant, mon esprit se perdit dans cette voie lactée artificielle qui protégeait toutes les nuits le sommeil de la cité. Je savais que cela n'était que mensonges et tromperies, et pourtant ce ciel étoilé m'avait maintes fois apporté réconfort. A chacun ses lubies me direz vous. Souriant devant ces constellations factices mes pensées furent rapidement interrompues lorsqu'enfin j'entendis des pas s'approchant de l'entrée. Rêveries éphémères, mon regard s'était détourné du manteau de la nuit pour fixer la porte dont j'entendais la poignée de tourner. Et enfin, la demeure m'était accessible. Pourtant je ne fis pas le premier pas. Pourquoi? Parce que je savais qui se tenait droit comme un "I" dans la continuité de ce morceau de bois travaillé. Un homme pour qui le protocole se devait d'être respecté et les bonnes manières ne devaient être bafouées.

- Bonsoir Monsieur Ravenwood!

- Bonsoir James.

- Madame de Nephthys vous attend. Si vous voulez bien me suivre.

- Mais parfaitement.


L'usage avait été respecté et enfin je pouvais pénétrer dans la demeure de la panthère de glace. Cela faisait des années que je connaissais ce majordome et je ne me lassais jamais de le voir arquer un sourcils lorsque l'étiquette n'était pas respectée. Combien de fois m'étais-je amusé à le faire tourner en bourrique en réalisant sciemment une erreur? Je ne les comptais même plus à vrai dire. Mais jamais il n'avait exprimé de remarque de vive voix. Une légère toux ou encore un bruit de gorge lui suffisait pour se faire comprendre. Et moi qui m'amusait à lui répondre " vous avez mal à la gorge mon ami?". Cet homme devait être certainement le seul contre lequel Alianka pouvait placer toute sa confiance. Il la connaissait par coeur et savait anticiper ses moindres désirs.

J'aurais pu le devancer et prendre les chose en mains pour retrouver la maîtresse des lieux, mais je savais qu'une violente quinte de toux aurait pour le prendre à la gorge. Aussi, amusé par cette idée je ne pu refréner un sourire en coin tandis que nous avancions dans le couloir. La demeure était toujours aussi impressionnante. Qu'il s'agisse de l'extérieur ou de l'intérieur, elle était à l'image de sa propriétaire. Et une chose était sûr, elle avait du goût la dame. En même temps avec les années elle avait su aiguiser sons sens de l'esthétisme en dénichant de véritables perles pour décorer sa demeure. Tableau, vase, tapis, rien n'était laissé au hasard et l'ensemble donnait une atmosphère élégante et impériale à la villa. Il ne fallait pas oublier chez qui nous nous trouvions après tout.

Laissant mon regard parcourir ça et là la pièce que nous empruntions je serrais la bouteille apportée pour l'occasion. Puis comme sorti de nul part je fis entendre ma voix brisant le silence cérémonieux dans lequel j'avais été plongé lorsque la porte s'était refermée sur mon passage
.

- Comment va-t-elle ce soir?

Mon timbre était posé, tranquille. j'entamais une conversation qui je le savais ne durerait même pas une minute puisque nous étions presque arrivé. Pourtant je n'eu aucune réponse de la part du majordome. Du moins aucun son ne s'échappa d'entre ses lèvres, seul un mouvement de sa tête dans ma direction me fis comprendre la situation. Dans ses yeux, une lueur d'inquiétude voilait ses prunelles. Il n'en fallait pas plus pour savoir que cela n'engageait rien de bon et que quelque chose devait tourmenter notre demoiselle. Je n'insistais pas, me contentant d'un simple...

- A ce point là...

Finalement ma visite était vraiment la bienvenue. Plus que je ne l'aurais imaginé. Nous renfermant dans le silence, seul nos pas piétinant le sol brisaient ce dernier. Et enfin les battants des portes s'ouvrir sur une pièce dans laquelle Alianka trônait tel un trophée. Le trésor d'une quête que l'aventurier avait enfin trouvé. On sentait dans son aspect un semblant de relâchement dû au lieu dans lequel nous nous trouvions. Ici, pas de Grande Conseillère, juste Alianka l'Ancienne. Certes il était difficile de dissocier les deux à présent mais pour un habitué de la panthère un rien pouvait en dire long sur qui se trouvait en face de soit. Ses cheveux étaient lâchés et son attitude légèrement plus détendu. Bon, il ne fallait pas non plus s'attendre à la voir en jogging et t-shirt et arpentant les pièces de sa villa en pantoufle. Mais ce simple détail, cette coiffure portant banale montrait que l'Ancienne était à la recherche de repos et de tranquillité.

- Merci James...dis-je à l'intéressé qui une fois encore faisait le pied de grue devant les portes, attendant de me voir entrer dans la pièce pour refermer les battants derrière moi.

Sa voix se fût chaleureuse à mon entrée et le plus important, sincère. Elle se sentait vraiment seul en cet instant. Seul hic qui me faisait encore et toujours grincer des dents lorsqu'elle ne faisait, l'usage du "vouvoiement" lorsque nous étions loin des mondanités de la cité. Elle le savait pourtant, mais ça ne l'empêchait pas de le faire. Mais faisait elle payer de cette façon mes moments de malices envers de pauvre James? Qui sait, seule la panthère de glace pourrait y répondre. Souriant tout en lui adressant un mouvement de la tête, j'enchaînais.

- N'est ce pas là le rôle d'un ami? Savoir qu'on a besoin de lui avant même d'en émettre le souhait...

Sans plus attendre, je m'étais approché d'elle pour lui présenter mon petit cadeau pour la soirée.

- Je sais que tu en raffoles alors je me suis permis de t'en apporter.

Toujours souriant, je donnais l'impression d'une parfaitement insouciance juvénile lorsque je déposais la bouteille sur l'un des meubles environnant.

- Avoues que tu aimes utiliser le "vouvoiement" juste pour m'embêter. C'est cruel d'y prendre un malin plaisir, moi qui suis si gentil avec toi...

Me retournant vers elle je mimais sans honte une moue boudeuse. Je voulais la faire sourire, essayer de la faire rire pour lui changer les idées. Le regard de James vivait encore dans mon esprit et je me devais d'en connaître la raison. L'ami se devait de faire passer le bien-être d'Alianka avant d'obtenir des réponse à ses questions.

- Alors? Dis moi...Qu'est ce qui se passe?
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Lun 15 Aoû - 13:45








La compagnie d’un invité de dernière minute serait certainement le mieux pour m’éviter de sombrer dans une sorte de folie. Ma solitude n’aidait pas mon esprit à se calmer depuis cette soirée au Multiplex. A tout cela, il s’ajoutait l’éloignement de Tomas et son entêtement à ne pas me parler. Je ne bougerai pas moi non plus. Il était fier comme le Lion qu’il était et j’étais comme lui, mais il avait aussi oublié dans toute cette histoire, que j’étais la Dirigeante de la cité. Des messages par mails et par courriers personnels lui avaient été envoyés sur mon ordre et même à cela,  je n’avais jamais reçu de réponses. Pourtant, à cet instant, j’avais besoin de lui, de sa force, de son écoute et de son jugement. J’aurai voulu revivre cette soirée que nous avions passée chez lui, dans son appartement. Mais pour le moment, j’étais seule et je devais faire face à ce maelstrom d’émotions qui me troublait et dont je ne connaissais pas l’origine..

Le visage et la silhouette familière d’Édouard Ravenwood se dessinèrent à quelques mètres de moi quand les portes du salon s’ouvrirent. Je me levai du divan et rangeai mes longs cheveux que j’avais laissés libres de se mouvoir au gré de mes mouvements, sur mes épaules. J’ai toujours été maitresse de mes sentiments. J’avais fait en sorte depuis toutes ces longues années à me dissimuler derrière un masque de glace et cette rigueur, d’où ce surnom que l’on m’avait donné. Je ne baissais jamais ces remparts que j’avais érigés et même Tomas s’en était aperçu. La Grande Conseillère d’Asaria et la femme avaient fusionné depuis longtemps. Il n’y avait plus de limites entre les deux.  J’avais fait cela par amour d’Asaria, par devoirs et je m’étais laissée piégée par mon propre pouvoir. Tomas avait beaucoup de mal à le comprendre et il était persuadé que je ne pouvais plus rien ressentir en amour. Je ne connaissais pas la réponse. J’étais certaine d’une chose en cette soirée, c’est que le Lion de feu me manquait et c’était mon cœur qui parlait.

L’Archiviste attendit que mon domestique referme les portes du salon pour s’approcher de moi et me présenter la bouteille de vin qu’il avait apportée. Je remarquai  l’étiquette et le nom. Édouard avait de très bons goûts en la matière. Il émit une remarque sur le vouvoiement que j’employais même lorsque j’étais dans ma villa. Je le gratifiai d’un petit sourire.

- Un vin très rare en notre temps.  Vous avez de véritables trésors Monsieur Ravenwood pour combler vos amis.

J’avais fait exprès d’employer ces termes pour le titiller alors qu’il me mimait une moue boudeuse de petit garçon. Mon invité posa son cadeau sur la table basse et je récupérerai deux verres à vin et le tire-bouchon dans mon meuble de bar de mon salon.

- Tu connais le protocole aussi bien que moi, Édouard. Et je ne te qualifierai pas de gentil … Mes prunelles de glace s’illuminèrent d’une petite touche d’amusement. J’estime que mes serviteurs n’ont pas à savoir qui je tutoie ou pas une fois que ces portes-là se ferment.

Le tintement du cristal résonna à mes oreilles au moment où il me questionna. Je me doutais que cela venait de James. C’était mon plus vieux serviteur avec mon chauffeur. James était le responsable de tous les autres humains et c’était lui qui organisait la villa et les tâches de chacun.

- Il ne se passe rien, qui a bien pu te mettre cette idée en tête ? Ce n’est pas parce que je prends un peu de repos dans ma villa, que je dois aller mal. J’aime aussi ma tranquillité.

Je ne savais pas comment expliquer toute cette histoire sans me faire passer pour une folle. Et la folie ne faisait jamais bon ménage avec une femme qui avait autant de pouvoir politique que moi. Je lui présentai la bouteille pour qu’il la débouche et je m’installai sur le canapé, essayant de chasser le trouble qui me gagnait de nouveau. Mais c’était une réponse qui ne suffirait pas à Édouard. Le seul sujet qui me venait en tête, c’était l’arrestation de ce scientifique durant notre réunion du Conseil et le silence total du ministre de la sécurité. Je passai délicatement mes doigts sur mon front.

- Depuis les évènements de la réunion, j’ai l’impression d’être aspiré dans un tourbillon sans fin. Le ministre Van Brënner ne répond pas à mes messages et se terre dans le bâtiment de la Milice. Pour couronner le tout, je voulais me vider la tête et j’ai assisté à ce concert qui a été donné, il y a quelques temps au Multiplex. Je pensais que ça me ferait du bien. J’étais certaine qu’une soirée loin de mes obligations politiques et les soucis, me reboosterait. Je n’aurai jamais dû mettre les pieds là-bas …

Comme mue par une force invisible, je me redressai du divan, m’éloignant par la même occasion des yeux scrutateurs d’Édouard.  J’avais besoin de me confier, je me l’avouai. Mais comment aborder cela ?

- Que sais-tu de la non-maitrise de nos pouvoirs ? Chez les Anciens ? Quand on arrive à un tel niveau supérieur et qu’on ne contrôle plus rien … Peut-on parler de folie ? Est-ce donc inévitable ? Est-ce un effet secondaire du SEER après tant d’années ? Toi qui connais tout dans cette cité, qui observe tout, as-tu déjà entendu ce genre de cas chez un Ancien ?






Dernière édition par Alianka De Nephthys le Dim 18 Sep - 15:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Mer 14 Sep - 22:41

Entre Alianka et moi c'était un petite jeu du chat et de la souris auquel nous jouions depuis maintenant plus d'un siècle. Comme frère et soeur nous n'avions de cesse de nous envoyer pique et réponses espiègles lorsque nous nous trouvions tout seul. Bien avant la pluie de feu, lorsque mon monde n'était que solitude et rejet, elle avait été la seule capable de me changer les idées et de me distraire par sa présence. Je l'ai toujours connu fière et sure d'elle. Le self-control était une seconde nature, les apparences dans ce bas-monde avait toujours eu de l'importance pour notre panthère. Rien ne devait être laissé au hasard, tout n'était que calcul et réflexion. Toutefois il lui arrivait, lorsque nous étions seul, que cette dernière se laisse aller. Non! Je ne vous parle pas d'une Alianka qui va vous accueillir en jogging et sans maquillage, ce n'est pas la saison d'Halloween quand même. Je voulais dire que j'arrivais à la faire sourire, à faire en sorte qu'elle s'ouvre et s'exprime librement, loin du jugement des médias et des journalistes trop impatients d'obtenir un dérapage de la part de notre Grande Conseillère. Alors oui, tel un petit frère je m'amusais à faire bêtises sur bêtises. Diablotin sortant de sa boîte je tentais, à ma façon, de lui changer les idées. Nos avis divergeait quant à l'avenir de cette cité, mais malgré cela, j'admets sans honte qu'elle était la seule personne pour qui j'avais une affection réelle...

Mon cadeau semblait avoir fait mouche. Connaisseur, je n'apportais que le meilleur lors de mes visites. Son corps se dirigea avec grâce vers le meuble bar et dans un geste d'une grande précision, je la vis se saisir de deux verres à pied et d'un tire-bouchon, instrument indispensable si l'on veut goûter au nectar qui n'attendait que nous dans sa prison de verre.
Prenant un siège en face du canapé qu'elle ne tarda pas à investir, j'avais lâché ma bombe. Rien de bien méchant ma foi, mais assez pour ouvrir une conversation qui je l'espérais se montrerait prometteuse. Dans un premier temps, j'eu pour toute réponse le tintera des verres sur la surface de la table basse nous séparant Alianka et moi. Puis sa réponse. L'une de celle qui semble dire "tout va bien" mais qui en réalité peuvent en dire extrêmement long. Penser "c'est ça, ne me fais pas prendre des vessies pour des lanternes" aurait été osé lorsque l'on connait la télépathe se trouvant en face de moi. Aussi me contentais-je d'un simple...


- Hum, hum...

Sans rien dire de plus, je saisissais la bouteille que mon interlocutrice me tendait tout en faisant main basse sur le tire-bouchon posé non loin de là. Silencieux, mais les oreilles en alerte je l'écoutais patiemment. Dans le son de sa voix rien qui aurait pu traduire le moindre sentiments, la moindre émotion. Mais les sujets dont elle me parlait me hurlaient au visage la souffrance qu'elle endurait intérieurement. Tomas, animal blessé dans son orgueil, s'était enfermé dans sa forteresse allant jusqu'à ignorer les convocations et appels d'Alianka. Comme chacun le sait dans la cité, ou presque, il régnait en le ministre et moi-même un inamitié qui durait depuis des années. Nous avions des points de vue différents, des façon d'agir différentes. La liste serait longue encore et loin de moi l'envie que vous vous endormiez. Disons pour être clair qu'il était le jour et moi la nuit. Cependant, malgré nos désaccords, je pouvais comprendre la meurtrissure qui rongeait le roi des animaux. Quelqu'un avait subtilisé ses traits pour semer le trouble au sein du Gouvernement. Pointé du doigt l'Asarien ne voulait qu'une seule chose, laver son honneur et revenir la tête haute devant ceux et celles qui auraient eu l'audace de remettre son attachement à la cité en cause...

Mais c'est surtout la deuxième partie qui éveilla mon intérêt. Enfonçant le tire-bouchon dans la bouteille j'arrêtais mon geste pour suivre avec attention les mots s'échappant de ses lèvres vermeils. Comment un simple concert pouvait ébranler la Grande Conseillère. Elle reconnaissait devant moi avoir commis une erreur en s'y rendant. Le regret...Sa réponse transpirait le regret. Mêlant gestes et paroles, je l'a vis quitter son trône molletonné et me tourner le dos. Elle n'osait pas me faire face pour me dire ce qu'elle avait sur le coeur. Comme si s'était trop difficile de me dire en face ce qu'elle voulait partager avec moi. Croiser mon regard serait admettre sa faiblesse morale du moment. J'aurais pu répondre immédiatement, ouvrir le dialogue. Toutefois je n'en fis rien car je savais qu'elle avait encore besoin de parler. Lui couper l'herbe sous le pied l'aurait peut être bloquée pour la suite et je ne voulais pas cela. Si elle avait besoin de se confier alors je ne pouvais lui tourner le dos. Il est vrai que je ne suis pas Tomas, qu'elle n'aurait pas pu se lover dans mes bras et que ça ne se terminerait pas en partie de jambe en l'air. Mais elle avait besoin d'ouvrir à sa manière son coeur.


- Que sais-tu de la non-maîtrise de nos pouvoirs ? Chez les Anciens ? Quand on arrive à un tel niveau supérieur et qu’on ne contrôle plus rien … Peut-on parler de folie ? Est-ce donc inévitable ? Est-ce un effet secondaire du SEER après tant d’années ? Toi qui connais tout dans cette cité, qui observe tout, as-tu déjà entendu ce genre de cas chez un Ancien ?

Le sujet qu'elle abordait pouvait paraître surprenant. Pourquoi se mettre dans un tel état pour parler d'une perte de maîtrise de soi? Posant la bouteille sur la table basse, je ne disais mots, laissant baigner dans le salon un silence lors qui semblait n'avoir pas de fin faisant monter la tension dans la pièce. Oui je savais bon nombres de choses sur le cité, des secrets inavouables et des tromperies délectables. Rien ne pouvait m'échapper et je connaissais les moindres petits secrets dans la cité...Et même à l'extérieur...

- Voilà un sujet des plus intéressants Alianka. Je dois dire que je ne m'attendais pas à cela. Mais je vais tâcher de te donner une réponse, toi qui m'a posé une question. Comme tu l'as souligné, j'ai une très longue expérience en tant qu'observateur d'Asaria. Et cette dernière m'a permis de comprendre que le moteur de nos pouvoirs n'est pas l'esprit, mais les sentiments...Les émotions sont la sources de nos dons. Le cataliseur de notre puissance si tu veux. Ainsi le "non-contrôle", comme tu l'appelles, de nos pouvoirs possède deux origines. La première, tu l'as sans doute remarqué toi-même, lorsque les pouvoirs d'un Asarien se manifestent pour la première foi s'est souvent sous le coup d'une émotions très fortes. Colère, tristesse, regret, joie. Autant de moyens qui leur permet de s'exprimer. Ainsi le "non-contrôle" de nos pouvoirs provient dans un premier temps d'un manque de pratique et de maîtrise de nous-même. C'est par le travail physique et psychique que l'on arrive à les faire croître et les développer...

Marquant un temps de silence, j'appuyais mes coudes sur les accoudoirs du fauteuil dans lequel j'étais installé, croisant mes doigts tout en prenant un air songeur. Alianka n'était pas idiote et je me doutais qu'elle savait où j'allais en venir. Pourtant cela ne m'empêcha pas de poursuivre...

- Seulement voilà. Sans l'expression de nos émotions il nous est impossible d'évacuer ce trop plein de puissance qui grandi en nous et fini par nous amener vers une autre forme de "non-contrôle". J'ai longtemps cru que les émotions étaient le propre des faibles. Qu'ils n'avaient que cela pour avancer jours après jours. Cependant, se détacher de nos sentiments, ne plus les exprimer créé en nous un bouchon. Refréner nos émotions ne nous rend pas plus fort, au contraire, cela nous ronge, nous affaibli et fini par...

Me saisissant de la bouteille en guise d'exemple je poursuivis en attrapant le tire-bouchon libérant le liquide carmin dans un "boc" salvateur ...

- Je ne l'aurais pas mieux dit moi-même continuais-je par dire tout en versant le vin dans les deux verres...

- Non il ne s'agit pas de folie Alianka, ni d'une crise de la centaine, mais d'une perte de contrôle liée paradoxalement à une trop grande maîtrise de soi. Nos dons ne pouvant s'exprimer librement continuent de croître en nous et le bouchon que l'on s'impose fini inévitablement par exploser, libérant un flot incontrôlé... Et si tu veux savoir si un Ancien a déjà été consigné dans mes archives pour ce genre de problèmes alors...Je plaide coupable...

Ma révélation s'était vu accompagné d'un levé de main comme si nous étions encore à l'école et qu'on nous avait posé une question. Puis lentement je m'étais à mon tour levé de mon fauteuil pour rejoindre la maîtresse des lieux. Doucement, j'avais posé mes mains sur ses épaules, exerçant une pression sur ses dernières pour faire pivoter la jeune femme dans ma direction. Et qu'enfin nos regards se croisent... Un sourire fraternel sur le visage, une tête légèrement inclinée sur le côté comme pour l'aurait fait un enfant curieux je finis pas enchaîner...

- Maintenant dis moi, Alianka...Qu'est-ce que tu hésites à me dire et qui te ronges? Qu'est-ce qui se passe pour que tu en arrives à vouloir aborder un tel sujet? Et surtout, qu'est-ce qui s'est passé lors de ce concert?

Ce dernier était à l'origine de l'ébranlement psychique de la panthère de glace. C'était une évidence pour moi. Qu'avait elle bien pu voir lors de cette soirée qui puisse autant la perturber?
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Lun 19 Sep - 22:23

Je ne savais pas quoi penser de tout ce qui m’arrivait depuis ce fameux soir, au Multiplex. Tout n’était que chaos dans ma tête et le retrait de Tomas dans sa tanière, loin de moi, ne faisait qu’augmenter cette folie qui semblait ne pas vouloir me quitter. Edouard m’avait rendue une petite visite amicale accompagnée d’une bonne bouteille de vin. Peut-être que je devais saisir l’occasion de discuter avec un ami. Je connaissais cet homme depuis fort longtemps, bien avant la pluie de feu. Nous avions créé des liens particuliers qui ne ressemblaient à aucun de ceux que je tissais avec la société ancienne. Bien avant de devenir la Dirigeante de la cité de verre, j’étais un mannequin célèbre qui parcourrait le monde. J’avais épousé un acteur très célèbre et ma renommée en fut encore plus boostée. J’avais aimé Jack. Il m’apportait la stabilité et certainement cette part d‘humanité qui m’avait quittée dès mon injection du SEER. Peut-être serai-je une autre femme aujourd’hui s’il était encore de ce monde. Peut-être aurai-je réagi différemment face à des choix terribles que j’ai dû prendre durant toutes mes années de règne. Jack, même en devenant Ancien, n’avait pas perdu sa lucidité, sa compréhension et son altruisme. C’était pour cet homme que j’avais menti en lui faisant croire que l’enfant que j’attendais, était de lui. Jack était stérile et je lui avais caché tout cela pour lui donner l’envie d’être père alors que sa vie déclinait. Même le SEER avait ses limites sur un homme… Sur une femme aussi.

Le seul qui pouvait au moins me guider sur certaines voies, c’était lui, Edouard Ravenwood. L’observateur, le Conseiller, l’Archiviste de la cité et de toutes ses âmes. Je ne savais pas comment aborder mon histoire. C’était comme divulguer une partie intime de moi-même. Esquiver sa question n’avait fait qu’augmenter sa curiosité à mon égard et c’était sans doute inconsciemment que je l’avais amené sur ce chemin, pour me pousser à en dévoiler beaucoup plus que ces quelques mots vides de sens. Je trouvais enfin le courage de lui parler sans pour autant trouver la force nécessaire de le regarder droit dans les yeux.

Mon aveu devint émouvant, brisant les derniers remparts de la panthère de glace. Mes paroles étaient portées par mes émotions et un réel besoin de savoir, d’en apprendre auprès de lui, de sa sagesse et de son expérience d’Observateur, tel un Gardien qui enregistrerait l’histoire sans jamais s’y mêler. Le silence nous enveloppa après ma confession. Je lui tournai toujours le dos et j’espérai qu’il ne m’en veuille pas de me montrer aussi peu sûre de moi, cette nuit. J’entrelaçai mes doigts, nerveuse au plus haut point. Et puis sa voix s’éleva au milieu du salon. Il avait pris le temps d’étudier mes interrogations pour y apporter sa vérité. J’écoutai avec attention tout ce qu’il avait à me dire sur ce sujet. Seuls des scientifiques pourraient aussi apporter leurs explications, mais pour le moment, j’avais besoin de celles d’un ami.

Les premiers renseignements m’arrivèrent familiers et connus. Je savais tout cela depuis longtemps. Nos pouvoirs étaient calqués sur nos émotions. Sur toutes nos émotions, bonnes et/ou mauvaises. Il ne m’apprenait rien de nouveau. Je soupirai silencieusement en scrutant l’extérieur de ma maison. Il était fort possible qu’Edouard n’avait jamais rencontré ce genre de phénomènes chez un Ancien. Après tout, je n’en n’avais jamais lu un article, ou même étais informée. J’allais me retourner quand il se remit à parler. Tandis qu’il débouchait la bouteille et qu’il servait le somptueux nectar dans les verres à pied, il ajouta des précisons à tout ce qu’il venait de me dire. Et tout cela fit écho dans mon cœur et dans mon âme. J’avais l’impression de me revoir en pleine discussion avec Tomas dans son appartement. Je lui avais avoué que la femme politique était toujours passée avant la femme privée et ses envies. J’avais maintenu une telle maitrise sur moi et ce contrôle était devenu sans doute ma faiblesse sans m’en rendre-compte.

J’entendis un bruit léger dans mon dos, puis deux mains qui se posèrent sur mes épaules et me forcèrent à me retourner vers lui. Son sourire fraternel me surprit presque. Mais ce fut sa question qui me troubla le plus.

-  Tu plaides coupable ? C’est ça que tu viens de me dire ? Toi aussi … tu as connu ce genre de phénomènes ?

Je secouai ma tête pour m’efforcer à remettre de l’ordre dans mes idées.

- Je ne sais pas ce qui s’est passé à ce concert … C’est tellement impossible. C’est compliqué depuis cette nuit … Il y avait ce groupe … ce chanteur … Etrangement, toutes ses paroles, ses mots, ses textes résonnaient comme l’histoire d’Asaria et la mienne. Ce n’étaient pas que des mélodies, des refrains … C’était bien plus personnel. Je me suis sentie mal à l’aise peu après le début du show. Mais je n’arrivais pas à me détourner de cette scène. Et puis j’ai lancé ma télépathie. Il y avait trop de détails que cet homme chantait dans ses titres pour que cela soit juste du simple hasard.

Je déviai mes prunelles glacées pour fixer un point au loin, par-dessus l’épaule d’Edouard qui se tenait toujours face à moi.

- Cet esprit … Il était … là … Non ! Non ! Non !

Je me détachai de son étreinte presque violemment. J’avais l’impression d’étouffer, de perdre le contrôle sur ma vie et sur mes pouvoirs. Ma télékinésie se manifesta dans sa puissance phénoménale. Nos verres de vins et la bouteille se mirent à trembler sur la table base. Le divan et les fauteuils bougeaient, comme s’ils étaient possédés par une entité. La porte vitrée qui donnait sur mon jardin privée s’ouvrit à la volée faisant entrer l’air frais de la nuit qui tombait. Je pressai mes mains sur mes tempes. Une douleur horrible me vrilla l’esprit.

- Si … si ce sont mes émotions … qui prennent le dessus sur moi … Je ne suis pas en mesure de les combattre … Ni de combattre ce fantôme de mon passé …






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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Mer 19 Oct - 0:47

La pression que mes mains avaient exercées sur les épaules d'Alianka était fraternelle et chargée d'amitié. Elle était l'une des rares personnes avec qui j'avais toujours été honnête. Elle connaissait mon dégoût pour cette cité gangrenée et mon désir de la raser. Je ne lui avais jamais caché tout comme elle de son côté m'avait clairement fait comprendre que je la trouverai toujours sur mon chemin le cas échéant. Nous n'étions pas d'accord sur tout, la preuve en est. Cependant il existait entre nous deux un respect mutuel et une complicité qu'on ne pouvait nier et qui souvent avait fait jaser voir même couler de l'encre sur le papier. Mais personnellement cela me faisait plus rire qu'autre chose car si le monde s'arrêtait à ce genre d'informations alors qu'il y avait des problèmes plus graves autours de nous alors franchement c'est que cette société de consommation ne voulait pas très haut. Néanmoins pour l'heure, il n'y avait qu'elle et moi. Elle prise dans ses doutes et ses angoisses intérieures et moi qui essayait de lui apporter tout le soutient que je pouvais dans une situation dont je n'avais pas forcément tous les tenants et les aboutissants.

Le fait que moi-même je fus l'une des victimes de cette perte de contrôle interpella la panthère des glaces. Car oui elle n'était pas la seul à avoir connu un problème de la sorte. Un sourire en coin, mon regard déviant sur le côté pour ne pas croiser entièrement le sien, j'étais comme un enfant qui devait reconnaître une faute passée et l'avouer au grand jour.


-C'est exact...J'ai connu il y a de ça quelques années de ça un dysfonctionnement dans la maîtrise de mes propres capacités. Bien avant que notre monde soit monde j'ai toujours été réservé, distant et peu expressif. La vie m'avait appris, tout comme à toi, que montrer ses émotions s'était prendre le risque qu'on les utilise contre nous-même. Les apparences étaient et devaient demeurer primordiale. C'est d'ailleurs pour ça que mon défunt paternel m'a écarté de la lignée des Ravenwood. Je ne collais pas à l'image qu'on pouvait attendre d'un membre de cette famille. C'est avec cet état d'esprit et cette colère bouillonnant en moi que j'ai reçu le SEER. Depuis je n'ai eu de cesse de mettre en pratique cette notion d'apparence...

Je finissais ma phrase tout en baissant mon regard sur le corps que j'arborais face à elle tout en souriant.

- Preuve à l'appui...Toujours est il qu'avec le temps mon masque, tout comme le tien, s'est fissuré, et j'ai commencé à perdre totalement le contrôle de mes pouvoirs. Et je dois dire que ce n'était pas jolie à voir. Pourtant j'ai trouvé une solution me permettant d'exprimer mes sentiments sans que cela ne nuise à mon image personnelle. Disons simplement que j'ai réussi à me détacher de mes émotions...

Mes explications étaient floues, je devais bien l'avouer, mais je ne pouvais en dire d'avantage car la technique que j'avais utilisé était propre à mes dons, mes capacités personnelles. Aussi n'étais-je pas sûr que dans le cas d'Alianka cela pourrait fonctionner. Si elle voulait arriver à retrouver sa sérénité, elle se devait de trouver sa voie, sa solution. Et si je pouvais lui être d'une quelconque aide alors je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l'apaiser. Lorsque j'eu terminé mon intervention je regardais une Alianka fragile et hésitante. La Grande Conseillère n'avait pas sa place dans cette pièce au ce moment précis. C'était comme si elle n'avait jamais existé, laissant une femme au prise avec ses doutes et ses interrogations. Ce concert était clairement l'élément déclencheur de cette perte de contrôle.

J'apprenais donc que le groupe, mais plus précisément le chanteur, Gabriel Laymann était le responsable. Il avait été en mesure de d'ébranler l'esprit d'Alianka. La touchant au delà de son coeur par la verve de ses textes. Des textes tellement réels et personnels qu'ils ne pouvaient qu'être l'oeuvre d'une personne l'ayant vécu jusque dans sa propre chair. A l'écouter, elle donnait l'impression que la dite personne avait mis à jour un secret, révéler une information que seul Alianka pouvait connaître. A tel point que cette dernière n'avait été en mesure de se détourner du spectacle, comme hypnotisée face à quelque chose dont elle voulait connaître la fin. Attraction morbide dont on ne peut détourner le regard tellement nous sommes fasciné par ce que l'on voit. Enfin dans ce cas, entend. Les chansons étaient si vraies, si profondes et si justes dans le choix des paroles qu'elles avaient fait mouche. Silencieux je l'écoutais, mon regard vrillé sur le sien qu'elle ne tarda pas pourtant à dévier légèrement. Elle s'était enfin à me dévoiler une partie de ce qui la tourmentait psychologiquement. C'était une exploit quand on connait la dame de fer.

Cette ouverte verbale était nécessaire pour que je puisse mieux comprendre la situation, mais en même temps, elle semblait pointer du doigt des erreurs passés, commise par Alianka. Mais ce n'est pas tant elle qui me le fit clairement comprendre, mais d'avantage la manifestation de sa télékinésie dans la pièce. Un esprit de son passé volait au dessus de la Grande Conseillère mais elle ne voulait pas l'admettre. Elle ne voulait concevoir une telle chose à tel point que si je ne connaissais pas mon interlocutrice j'aurais pu imaginer qu'elle commençait à sombrer dans la folie. Rejetant mon étreinte d'un geste vif, Alianka se battait contre elle-même. Sa souffrance commença à faire vibrer le salon. Verres, divan, portes, rien n'échappait à cette perte de contrôle dont j'étais le témoin silencieux. C'était comme si elle refusait de voir une réalité en face et ses dons cherchaient à la faire parler.

Non je ne reculais pas face à cette démonstration. Non pas que je me sentais un surhomme devant cette démonstration télékinétique. Mais pour l'heure il fallait agir, aider cette amie dans le besoin et reculer ne l'aiderait en aucune façon. Jamais auparavant je n'avais vu une telle force télékinétique, elle était à l'image du mal enfoui en elle, c'était une certitude. Il fallait donc trouver un exutoire à tout cela. Evacuer se trop plein de puissance dont Alianka avouait ne pas être en mesure de pouvoir combattre. Intérieurement je ne pu m'empêcher de penser qu'elle ne pouvait pas les combattre ou qu'elle ne voulait pas les combattre. Car la différence était de taille. Elle avait mal, ses mains se pressant de plus en plus fort sur ses tempes.


J'aurais pu user de mes dons pour lui venir en aide, essayer d'atténuer sa douleur, mais m'aurait elle seulement laissé faire? Avant d'en arriver là, je m'étais de nouveau approché d'elle et sans attendre la moindre approbation de sa part, je passais mes bras autours d'elle, la serrant de toute mes forces pour lui faire comprendre que j'étais là, que je serai toujours là du mieux que je pourrai. Lentement je la forçais à s'agenouiller sans pour autant la lâcher. Autours de nous l'atmosphère prenait des ères de chaos. A tel point que le boucan finit par alerter James et les gardes du corps de la Grande Conseillère. Lorsque la porte s'ouvrit je vis l'expression d'inquiétude du vieux serviteur d'Alianka, d'avantage terrifié pour ce qui devait arriver à sa maîtresse plus que par les effets de la télékinésie instable. Nos regards se croisèrent. Pas un mot ne fût échangé, mais je pu lire dans ses yeux une supplication silencieuse. Juste un geste du bras de sa part pour empêcher les gardes de pénétrer dans la pièce avant qu'il ne referme la porte. Il avait compris qu'il ne pouvait rien faire dans sa condition et que le laisser entrer viendrait à aggraver la situation.

Je finis pas placer l'une de mes mains à l'arrière de la tête d'Alianka, passant ma main dans ses cheveux. J'essayais de la calmer progressivement.

- Ca va aller... Je suis là Alianka... Tu n'es pas seule... Je ne t'abandonnerai pas...Calme toi...

Tout en lui parlant mon corps se mit à rapetisser, à retrouver sa forme originelle. Ce n'était plus l'adulte fringuant qui cherchait à la rassurer, mais un adolescent flottant dans ses vêtements trop grands pour lui. Je serrais un peu plus mon étreinte sur elle. Ne pas la lâcher, lui faire comprendre qu'elle n'avait pas à avoir peur. La rassurer...

- Tes dons essayent de te faire comprendre quelque chose Aly. Ils ont toujours été tes alliés. Il ont toujours été là pour te seconder et te venir en aide. Seulement tu dois dire ce que tu as sur le coeur. Tu es ta propre barrière, ta pire ennemie. Parler n'a jamais été facile. Montrer sa vulnérabilité n'est pas un crime. Mon regard sur toi n'a pas changé depuis toutes ces années alors ce n'est pas maintenant que ça va arriver. Aurais-tu peur de découvrir ce qu'il y a derrière ton masque? D'admettre que certains de tes choix n'étaient pas forcément les bons. Que toi aussi tu n'es pas infaillible?

Posant mon front contre le sien, fermant les yeux je savais qu'elle devait parler. Qu'elle devait se confronter à elle-même. A ce passé qu'elle ne voulait pas voir et à cet esprit qui la torturait. Mais je ne pouvais que l'encourager à s'ouvrir. Elle devait faire le premier pas, accepter ses émotions et ses erreurs. Accepter que même si elle était l'image d'Asaria elle pouvait se tromper car avant toute chose, et malgré le SEER, elle restait une humaine. Intérieurement je maudissais Tomas. Nous n'étions pas les meilleurs amis du monde, mais je savais que ça présence auprès d'elle lui aurait fait du bien. L'aurait aidé d'une façon que je ne pouvais faire. Le coeur de la panthère appartenait au Lion. Le feu et la glace avaient toujours été fusionnel par le passé. Mais aujourd'hui plus que jamais elle avait besoin de son opposé. Et moi le néant je pouvais combler ce manque, cette absence.
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Ven 4 Nov - 11:29






La pression de mes mains d’Édouard était amicale. Ce geste aurait dû m’apaiser, mais ce ne fut pas le cas. Quelque chose de bien plus profond grondait en moi. Un monstre que j’avais engendré depuis toutes ces années tentait de se libérer de ses chaines que j’avais moi-même posées. Ce n’était pas une demande, ni une autorisation, c’était un dû. Le contrat venait d’arriver à son terme et je ne pourrai plus canaliser toute cette énergie en moi et mon passé. Édouard pouvait être très puissant, je n’étais pas certaine qu’il arrive à maitriser cette créature infernale tout seul sans en subir des conséquences graves, à son tour. En tant qu’Anciens, nous étions très différents sur la façon de voir et d’aborder la cité d’Asaria. Mais peu importait nos oppositions, nous avions fait en sorte de ne jamais gâcher cette amitié qui s’était formée il y a très longtemps. Édouard était l’homme de l’ombre. C’était ainsi qu’il était définit dans les médias et pourtant, la vérité était ailleurs. On nous avait prêté une relation, puis on nous avait décrit comme de parfaits ennemis. Ce lien que personne ne pouvait et ne semblait comprendre faisait les choux gras de la presse à scandale.

Mais ce n’était pas notre priorité à tous les deux et surtout pas ce soir. Édouard m’avait avoué avoir déjà connu cette perte de contrôle sur ses dons. Était-ce vraiment cela qu’il m’arrivait ?  Je connaissais mes pouvoirs. J’avais appris à les pousser loin de leur limite et les combiner ensemble pour créer une osmose parfaite entre eux.  L’Archiviste avait cette curieuse habitude de ressembler à un enfant par moment, peut-être lorsque lui aussi, il baissait ses défenses pour devenir simplement l’homme qu’il était, loin de l’image qu’il imposait face aux autres.

- Si c’était aussi facile comme explication … Je n’en sais rien Édouard. C’est peut-être fort différent de ce que tu m’avoues. Les émotions sont tout à la fois : notre force et notre faiblesse. Il faut savoir les employer de la meilleure des façons.  Nous avons à notre portée une palette tellement immense de sentiments, qu’il faut en faire le tri. Parfois il faut se soulager de certaine. Tu as raison sur ce point. Mais à quel prix ? Celle de notre âme.

Oui, un masque. C’était bien cela qu’il s’agissait. Mais au fil de toutes ces années, cette apparence, ce déguisement s’était déployé au point d’avoir sa propre nature. Une essence à elle : autonome et maintenant vindicative d’avoir été retenue dans ce carcan. L'Ancien possédait cette faculté lui aussi d’exposer une facette aux gens qui n’était pas tout à fait la sienne. Mais où était celle limite ?

- Te détacher de tes émotions ? … J’y ai cru pendant longtemps, jusqu’à dernièrement que j’avais su faire la même chose. La glace m’a aidée à maintenir mon cœur loin des sentiments, dans une prison. Elle se fissure peut-être … Quelque chose a changé en moi …

Et ce déclic venait de cette soirée à ce concert. Depuis, je n’étais plus maitresse de rien : ni de mon esprit, ni de mes gestes, ni de mes pouvoirs. Et une Ancienne incontrôlable devient un réel danger qu’il faut à tout prix juguler avant que les conséquences deviennent trop importantes. Je racontai ce que j’avais perçu lors du concert et de ce chanteur … qui avait bisé le voile de mon passé en quelques heures. Était-ce vraiment cela ? Avais-je pu inventer toute cette folie que mon esprit avait touchée en effleurant celui de Gabriel Laymann ? Pouvais-je me dire seulement que cela concernait juste un trop grand nombre de coïncidences ? Sélène Warren était elle aussi présente, ce soir-là, dans la même tribune que la mienne et j’avais vu son malaise. Nous étions liées toutes les deux à un terrible secret … Et ce secret était apparu sur la scène. La jeune Asarienne était une télépathe, moins puissante que moi, mais elle n’avait pas pu passer à côté de l’attirance redoutable de cet homme.

Ma puissance, je l’avais acquise avec mon âge et lorsque ma télékinésie se manifesta sans plus aucun contrôle, le salon se transforme en enfer. Mes émotions se révélaient et s’exprimaient à travers mes pouvoirs. La tempête télékinétique s’amplifia sans aucune résistance de ma part. Je voyais toute cette scène, toute cette horreur, mais j’étais pétrifiée, incapable d’arrêter tout cela. Je fermai les yeux et je pressai mes doigts su mes tempes. Des souvenirs de mon passé affluaient avec une force prodigieuse dans mon esprit. Je ne pouvais pas m’en détacher ni les faire taire. C’était impossible. Dans ce chaos, je sentis les bras d’Édouard m’entourer et se refermer autour de moi. Mon corps se blottissant contre le sien et lentement je me laissai glisser avec lui sur la moquette. « Seule » … Je l’étais … Édouard se trompait même Tomas m’avait abandonnée. Je sentais le poids énorme de son absence. J’entendais les mots de mon ami et je tentais vainement de me raccrocher à tout cela pour ne pas sombrer vers une nature encore plus noire que je ne l’étais. Personne ne pourrait alors me freiner.

- Nooon, noooon !  Laisse-moi !

La voix d’Edouard, de cet alter-égo plus jeune qui était tellement plus sa vraie nature,  se superposait à un écho inconnu qui ne cessait de répéter « Matricide ». Je redressai mon visage que j’avais enfoui dans le creux de son cou. Je me doutais déjà ce qu’il voyait de moi : mes iris étaient devenus aussi blanc que la glace. Ma cryokinésie commençait à fusionner avec ma télékinésie et c’était très dangereux même pour un homme tel qu’Edouard. Il posa son front contre le mien, un geste qu’il n’aurait dû faire. Je le repoussai vivement et je me redressai sur mes jambes.

- Tu devrais partir … partir avant que cette villa ne se désintègre et toi avec elle.

La température avait subitement baissé dans le salon. Le gel se manifestait sur les fenêtres et la glace commençait à prendre forme autour de nous.  Les flocons dansaient  en tourbillons violents sous l’effet de ma télékinésie. Je tendis ma main devant moi et un tout petit objet flotta vers moi.

- Regarde ! Regarde ! Ce petit bracelet de naissance ! Celui de mon fils !  Mes pouvoirs se libèrent après avoir été bien trop longtemps muselés. C’est ce que je suis Edouard ! La folie est mon seul prix à payer … Ce que j’ai fait à mon fils … est … est …

Des larmes coulèrent sur mes joues, lentement, se métamorphosant en glace, elles aussi. Ma gorge se noua.

- Impardonnable … Je suis la seule responsable de ce qu’il est … de ce que je suis … Je suis un monstre.






Dernière édition par Alianka De Nephthys le Jeu 26 Jan - 17:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Lun 16 Jan - 2:17

Le calme des dernières minutes n'était plu. Désormais la villa de la Grande Conseillère était en proie à une véritable tempête croissante entre les murs du salon. Le remord et la culpabilité de ses actes passés avait fini par avoir raison de la façade qu'elle avait arborée durant toutes ces années. Elle avait bridé trop longtemps ses émotions qui, à présent, réclamaient leur dû. Face à moi Alianka n'était plus qu'une bombe prête à exploser et emmener une grande partie de la cité avec elle. Me repoussant une nouvelle fois, refusant mon aide et elle me pressait de m'éloigner au risque d'être emporter par cette tempête. La puissance de la panthère des glaces était incommensurable et je savais d'avance que ni l'un ni l'autre ne ressortirions indemne d'un affrontement entre nous. Ce serait surestimer mes forces de croire que je pouvais rivaliser contre elle s'en subir la moindre séquelle. Plus encore dans l'état actuel des choses. J'avais face à moi non plus une femme seine d'esprit, mais un flot incontrôlable d'émotions et de sentiments qui réclamaient vengeance.

Le salon était un véritable champ de ruines. Rares étaient les meubles encore en un seul morceau qui n'avaient pas été projetés contre les murs du salon sous l'effet de sa télékinésie. Ça et là, un pied de fauteuil, des débris de verres, un morceau de la bouteille que j'avais apporté...si j'avais su... Et au centre de ce chaos, une femme en proie à ses démon intérieurs. Ses iris s'étaient vêtues d'un voile blanc signe avant-coureur lorsqu'elle usait de sa cryokinésie. La température chuta brutalement laissant le froid lécher le bout de mes membres. A chacune de mes respirations, un épais nuage de buée s'échappait d'entre mes lèvres. C'est là qu'ils apparurent, messagers d'un pouvoir naissant. D'épais flocon se mirent à valser au grès de la télékinésie sauvage d'Alianka. Tournoyant autours de nous avec fureur comme pour former une barrière impénétrable.

Oserais-je l'avouer...Une part de moi voyait en ce spectacle la fin de la cité que j'espérais tant. Laisser cette sulfureuse bombe exploser et détruire une partie d'Asaria était une option qui ne pouvait que me traverser l'esprit lorsque l'on connaissait la personne que j'étais. Il aurait été tellement facile de tourner les talons, de partir de la villa et de trouver un point en hauteur pour admirer les événements de cette nouvelle ère glaciaire. Oui, cela aurait été tellement excitant. Pourtant une force en moi me poussa à rester, à venir en aide à la seule "amie" que je n'avais jamais eu dans tous les Dômes. Il fallait faire quelque chose, quitte à risquer ma vie pour y arriver. Mais comment l'arrêter? Comment réussir à la calmer? Les mots n'avaient plus d'impact sur elle. Sa raison étouffée par ses émotions avait rendu la communication difficile. Alianka se refermait sur elle-même, prête à totalement se laisser submerger. Qui veut se dévouer pour lui donner une bonne gifle et lui faire recouvrir la raison? Une personne à la fois s'il vous plaît, ne vous battez pas, il y en aura assez pour tout le monde...


Evitant de justesse un meuble projeté dans ma direction, je devais rapidement réfléchir à un moyen de neutraliser la dame. Nous avions beau être sous le dôme résidentiel et dans la villa de la Grande Conseillère, ce petit spectacle son et lumière ne passerait pas inaperçu très longtemps si d'aventure cela devait continuer. Aussi la première étape de mon plan était simple: nous isoler. Sans qu'Alianka ne s'en rende compte au départ, j'avais usé de mes propres talents pour créer une zone neutre, perdue entre l'espace et le temps. Ainsi tout dommage causé dans cette réalité n'aurait aucun impact sur la notre à notre retour...Si nous revenions un jour. Désormais il n'y avait plus qu'elle est moi. Malgré la tempête qui continuait de tourbillonner les meubles restaient suspendus dans l'air loin de l'emprise psychique de la Grande Conseillère. Néanmoins le froid gagnait en force et déjà je voyais le givre ramper sur le sol en partant d'elle.

Que faire à présent? L'attaquer de front? Tenter de l'affaiblir suffisamment pour qu'elle sombre dans l'inconscience? Cela paraissait être la solution la plus évidente à l'heure actuelle. Mais je savais que cela ne serait pas chose facile. Ses pouvoirs non plus guidé par la tête mais le coeur étaient devenus imprévisibles et sauvages. Aussi ne se laisseraient ils pas faire aussi facile. Raahhhh comment réfléchir avec ce froid ... C'est alors qu'Alianka m'apporta la réponse. Parmi les objets suspendu en l'air, un petit bracelet se trouvait entre nous. Un symbole qu'elle avait religieusement conservé avec elle pendant toutes ses années sans avoir trouvé le courage de s'en séparer. Il était le dernier lien qu'elle pensait avoir avec son défunt fils. Cette histoire avait fait couler de l'encre à l'époque et beaucoup avaient été surpris par le manque d'émotions dont la Grande Conseillère avait fait preuve à ce moment précis. Là où toutes mères auraient fondues en larmes à l'annonce d'une pareille nouvelle je me souviendrais toujours de cette expression impassible masquant son visage. Elle n'avait même pas cherché à réclamer justice et je savais parfaitement pourquoi. Mais alors pourquoi parlait elle de lui au présent maintenant? Se pouvait-il que le musicien ayant ébranlé son esprit et son fils ne soit qu'une seule et même personne? Ou était ce simplement les délires d'une femme brisée?

C'est toutefois cet objet si petit qui pourtant me donna une idée. Dans cette histoire ce n'était pas à moi de combattre Alianka. Je n'étais qu'un élément extérieur. Celle qui devait combattre n'avait toujours été que la panthère des glaces elle-même. . Mais pour que je puisse mettre en place mon plan, il fallait que je me rapproche, que j'arrive à l'atteindre malgré la tempête de neige.


-Ecoutes moi Alianka...Pour être un monstre il faudrait que tu sois dénué de toutes émotions. Ce qui n'est clairement pas le cas à priori. Admettre ces erreurs c'est accepter d'avoir fait de mauvais choix et de ne pas être parfait. Nulle n'est parfait... Chaque action engendre son lot de conséquences. Rien n'est gratuit en ce bas monde... La folie n'est qu'une excuse Alianka, la voie de la facilité. Tu te dois d'y faire face et surtout...

Malgré le froid gagnant chacun de mes membres au fur et à mesure que je me dirigeais vers elle j'avais enfin réussi à la rejoindre . Tentant d'afficher un sourire maladroit sur mon visage anesthésié par le froid...

- ...de l'affronter...

Aussitôt j'avais saisi sa main. Cette dernière dégageait un froid tel qu'en observant ma main je vis cette dernière virer lentement mauve. Mais je ne devais pas lâcher, je devais tenir bon. Poser ma main sur Alianka c'était comme toucher un objet cryogénisé sans protection. La froideur de son contact fît rapidement place à une brûlure indescriptible. Serrant les dents un plissement de ma paupière gauche trahissait une douleur intérieure tandis que la teinte mauve était passée au bleu et qu'elle continuait sa progression le long de mon bras . Exerçant une pression un peu plus forte sur sa main je devais tenir bon.

- Ma..té.ria..li..sa..tion...réussi-je a articuler en dépit de l'engourdissement de ma mâchoire... Aussitôt une fumée noirâtre se dégagea du corps de la Grande Conseillère. Volutes sinueuses elles s'agglutinèrent en face de nous pour former une silhouette que la panthère des glaces et moi ne connaissions que trop bien: Alianka elle-même...
Petit à petit la forme s'était affinée , ses traits s'étaient dessinés avec d'avantages de précisions. Désormais de part et d'autre de la zone neutre deux Alianka se faisaient face. Rien ne semblait les différencier de prime abord si ce n'est leur regard. Colère et rancune habitait les yeux de la nouvelle arrivée.


-Voici ta plus grande faute Ali... Elle est tout...tout ce que tu as refoulé pendant toutes ces années...Affronte tes erreurs...Dépasse les...Surmonte les...

Alianka était sa plus grande ennemie. Aussi avais-je usé de mes dons pour matérialiser ses émotions. Je leur avais donné corps pour qu'elle puisse leur faire face. Le coeur contre la tête. La mère contre l'Asarienne. Je savais qu'en agissant ainsi, ces dernières allaient pouvoir se déchaîner contre leur geôlière, lui faire payer toutes ces années de muselage. La Grande Conseillère devait les affronter en personne, y faire face pour retrouver un semblant d'équilibre dans sa vie. Mais pour agir elle aurait besoin de ses deux mains... Il y a toujours un prix à payer et pour l'heure c'était mon tour. Tournant visage en direction de l'originale je lui adressais un dernier sourire.

-A toi de jouer maintenant...

Tirant d'un cou sec sur ma main prisonnière du froid, je sentis mon épiderme se détacher de ma paume laissant ma peau à vif et le sang couler de la blessure pour s'écraser sur le sol.
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Ven 27 Jan - 10:41




Le froid s’abattait dans le salon comme une arme terrible qui lacérerait la peau de n’importe quel individu. Je ne ressentais rien. C’était mon pouvoir et la glace coulait dans mes veines depuis de trop nombreuses années pour que je puisse endurer sa morsure. Mais Edouard aussi puissant et Longue-Vie qu’il était, il ne pourrait pas résister aussi longtemps à cette température maudite. Le vent soufflait de plus en plus fort. Il m’entourait de sa vigueur comme un carcan de protection pour me maintenir dans cette folie. L’Archiviste s’obstina à s’avancer vers moi malgré mes recommandations. Chacun de ses pas pour venir me rejoindre et s’approcher de moi lui demandait un effort extraordinaire. Cela ne l’empêcha pas de parvenir à moi. Mes pupilles blanches le dévisageaient. J’entendais ses mots, mais ils n’avaient plus aucun sens pour moi. Mon rire résonna.

- Tu oublies que les émotions sont diverses ! La colère, la rage, l’égoïsme, l’ingratitude, l’indifférence. Je ne possède pas les bons sentiments ! ce ne sont que des défauts ! Tu te trompes !

Je pris ma tête entre mes mains. Je voulais qu’il se taise. J’aurai pu le tuer. Nous les Anciens, nous n’avions aucune limite dans notre puissance, mais une voix m’interdisait de le faire, d’être encore responsable d’un acte que je ne me pardonnerais pas. C’était un Ami. Il était là pour moi et pour m’aider à me défaire de cette folie. Il se saisit d’une de mes mains et je relavai mon visage vers lui, complètement déstabilisé par mon propre comportement. Où voulait-il en venir ? Il n’aurait pas dû me toucher. Ma peau était tout aussi glacée que le froid qui régnait dans le salon. Tomas aurait pu me toucher sans aucune conséquence puisqu’il possédait l’avatar inverse de mes talents : le Feu. Mais ce n’était pas le cas d’Edouard. Je pouvais suivre le froid se glisser sous sa peau, prendre possession de ses veines et remonter le long de son bras. S’il ne me lâchait pas, les effets seraient importants même chez un Ancien. Il articula un mot et soudainement, mon corps ne m’appartenait plus. Je fus prise de spasmes et des arabesques d’ébènes s’échappèrent de moi. Elles se concentrèrent devant moi en formant un amas de plus en plus conséquent pour finir par prendre … mon apparence.

J’étais face à une copie de la femme que j’étais. Dans ses yeux d’un bleu vif, la colère et la rancune y avaient pris place. Édouard me certifiait que ma plus grande peur c’était moi ? Je n’étais pas certaine de cela. E fait, je  n’en savais rien. Je n’arrivais plus à réfléchir. Il se libéra de l’emprise de la glace qui s’était formée dès l’instant où il m’avait touché et sa peau abdiqua quand il tira un coup sec sur cette gangue froide. Je laissai une seconde mon double pour observer son sang couler. Son blood healer le soignerait. Nous le possédions tous en nous.

- Matricide ! Impitoyable ! Insensible ! Tu n’es rien qu’un rocher de glace sans cœur !

Les paroles de mon double me firent frémir et je détournai mon attention d’Edouard pour les reposer sur cette femme qui me représentait.  Comment pouvais-je me révolter contre cela puisque c’était tout cela que j’étais devenue au fil des années.

- La folie te guette ! Elle t’étouffera ! Tu ne peux rien conte ça ! Tu vas payer pour toutes tes erreurs passées ! Une mère ne peut enlever la vie à son enfant ! Quelle femme peut le faire à part un tel démon comme toi !!!!!

- TAIS TOIIIII !!!!

Au bout de ma main, une lame glacée se forma. Mon double sursauta en voyant l’arme se dessiner.

- Tu n’as que cette façon de t’exprimer ! En tuant ceux qui s’opposent à toi !! Tu as tué ton fils !

Des larmes coulaient et se cristallisaient sur mes joues. Un sanglot assaillit ma gorge.

- Je l’ai …tué … et cela me ronge depuis près de onze ans. Je le regretterai toute ma vie et je dois vivre avec ça …

- Va en Enfer ! C’est là qu’est ta place !

- La tienne aussi !

Je levai ma main qui tenait cette lame de glace et je l’enfonçai d’un coup sec dans l’estomac de mon double qui hurla d’un cri strident. Lorsque mon double éclata en mille volutes noires, les vitres du salon explosèrent instantanément et tout s’arrêta alors …
La tempête glacée retomba lentement. Les meubles qui virevoltaient autour de nous se reposaient sur le sol. Tout se remettait en place dans cette grande pièce. Mais ce n’était pas tout. Le décor se transforma. Tous ces débris, tout ce chaos, ce désordre atroce s’effaçait petit à petit. Cette image de désolation froide et infernale reprit ses couleurs chatoyantes et ses contours bien familiers de mon univers : celui de ma villa. Je tournai sur moi-même pour analyser ce qui se passait et je compris qu’Edouard avait utilisé son don pour nous déconnecter de la réalité et nous enfermer dans une de ces dimensions à lui. Rien ne s’était véritablement produit dans mon salon, dans cette pièce et pourtant nous avions ressenti tous les deux la puissance terrible de mes dons incontrôlables. Il avait résisté avec toute son énergie et ses pouvoirs pour m’affronter et trouver la solution de calmer l’ouragan que j’avais provoqué.

Ce silence revenu brusquement parmi nous me donna le vertige. Je suffoquais comme si je manquais d’air. Ma main sur ma poitrine, la difficulté s’accrut de plus en plus. J’étais incapable de trouver l’oxygène nécessaire pour remplir mes poumons. Quelque chose bloquait ce mécanisme naturel. Paralysée et affaiblie après avoir lutté contre mes démons et une copie de moi-même, je me laissai tomber sur la moquette redevenue aussi douce qu’avant et je m’effondrai en perdant connaissance. Mon esprit de télépathe était arrivé à ses limites ainsi que mon corps.

A cet instant même les portes du salon s’ouvrirent sur la personne de mon Majordome, James qui veillait depuis des années sur la Maison. Ce n’était pas un humain, mais bel et bien un Asarien d’un certain âge qui n’avait pourtant pas atteint celui d’être un Longue-Vie. Il veillait sur les domestiques humains et il répartissait les tâches entre tous. Il resta sur le pas de la porte, posant un regard bienveillant sur mon corps endormi.

- Monsieur … La chambre de Madame se trouve au premier étage. Je vais vous y conduire. Il lui faut beaucoup de repos. Mais je ne suis pas certain que ce soit la seule chose. Cela recommencera. Je n’ai pas l’habitude de parler de cette manière-là, mais je m’inquiète. Les crises de Madame deviennent  de plus en plus importantes.




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MessageSujet: Re: (Terminé) Mystère et boule de gomme (PV Alianka de Nephthys)   Dim 12 Mar - 21:49

Spoiler:
 

La tempête de glace créée par Alianka ne faisait que gagner en intensité au fur et à mesure que les secondes s'écoulaient. C'était à croire qu'il n'y avait plus de limite à sa folie destructrice. Chacun savaient dans la cité, que les Longues-vies possédaient une puissance et une maîtrise dans leurs pouvoirs quasi-illimitée. Aussi les affrontements entre eux étaient une menace qui ne cessaient de planer au dessus de la cité. Peut être était ce pour cela que chacun avaient été placé à des postes de hauts rangs. Essayer de flatter leur vanité en leur faisant caresser le pouvoir et les hautes sphère. Un dénommé Louis XIV n'avait-il pas usé de cette tactique en son temps? Oh, j'en vois d'ici me dire que c'est aussi leurs grands âges, leur expérience de la vie et leur implication dans la création de la cité qui leur ont permis d'accéder à des postes aussi prestigieux... A vôtre guise de le croire, vous êtes libre de le penser...Enfin pour le moment...

Néanmoins l'heure n'était pas à la rêverie et ma chair à vif prenait un malin plaisir à me le rappeler. Encore sanguinolente après m'être détaché d'Alianka chaque gouttes de sang se détachant de ma blessure finissait par se transformer en perle vermeil avant même de pouvoir toucher le sol. Petites perles écarlates prouvant la chute vertigineuse de la température en ce moment. La douleur me vrillait le cerveau et d'autant plus lorsque des flocons rentraient directement en contact avec ma paume.  Je serrais les dents,  en attendant que la douleur s'estompe grâce à mon blood healer. Je devais avouer que c'était un petit plus non négligeable offert par le SEER qui m'avait toujours fasciné. Cette capacité de régénération était une énigme pour moi qui par le passé avait espéré voir en elle une solution à ma condition. Douces illusions brisées depuis plus d'un siècle à présent.
Usant de mon don temporel j'accélérais le processus de guérison. Ce qui pouvait prendre quelques minutes ne durait que quelques secondes pour un manipulateur du temps. Toutefois les souffrances que je venais d'endurer n'étaient rien comparé au spectacle qui se dressait devant moi. Je n'avais pu détourner les yeux de la scène dont j'étais l'instigateur. Ce n'était plus une, mais bien deux Alianka qui se faisaient face désormais. La mère contre la Longue-vie, l'humaine contre le monstre, la dualité d'une femme face à ses péchés. Muées un en parfait doppelgänger les émotions de l'Asarienne n'exprimaient que de la colère. Droit comme un « I », son regard glacial et accusateur jugeait la panthère des glaces pour le crime dont elle n'arrivait pas à se pardonner. La culpabilité d'une décision si longtemps refoulée avait fini par avoir raison de mon amie de longue date. Entrouvrant ses lèvres fraîchement acquisses  elles firent résonner une voix cinglante et pourtant criante de vérité. Elles disaient tout haut ce que la Grande Conseillère pensait en silence.

Mais apparemment Alianka ne semblait pas disposée à l'entendre et d'y faire face dans un premier temps. Spectateur volontaire, je m'étais reculé un peu plus des deux femmes pour les laisser s'affronter. Au bout des doigts de l'accusée ne tarda pas à se former ce qui semblait être une lame de glace. A sa vue mon regard se voila d'appréhension. Allait-elle replonger dans ses vieux travers. La force serait-elle son seul remède pour régler un problème? Résiste bon sang! Prouve que la violence n'est pas ton unique solution. Une fraction de seconde j'aurais pu croire qu'elle avait entendu mes prières. Lorsque je l'entendis admettre son coupable forfait. Faire face à ce qu'elle avait tenté de dissimuler. L'assassinat prémédité de la chair de sa chair... Gabriel! Non elle ne feintait pas. Sa douleur était réelle et sincère. Sa souffrance n'était pas jouée. Jamais le Grande Conseillère n'avait été aussi ébranlé.

Puis tout se passa avec une extrême rapidité. Sa lame déchirant les entrailles de ses péchés; le hurlement de douleur de ces derniers au contact de l'arme lui perforant l'abdomen avant de s'étioler en volute; son regard trahissant la surprise face au geste de sa meurtrière pour totalement disparaître. Et moi...Moi, qui désolé devant la finalité de cette histoire avait penché la tête vers le sol en la hochant devant l'acte brutal de la Longue-vie. Alianka avait  admis ses erreurs mais la solution qu'elle avait utilisé pour y mettre un terme avait scellé son sort. Seul celui capable de ranger son épée est digne de la porter. Hors ici, cette dernière avait préféré la voie de la facilité en cherchant à détruire qui elle était vraiment. Pensait-elle que cela lui permettrait d'aller mieux? Que ce geste symbolique lui offrait la possibilité de se punir comme elle rêverait que ce soit? Si telle était le cas, il vivait en elle une bien grande naïveté pour une Longue-vie.  Agir de la sorte serait trop facile. Elle avait remporté une bataille c'était un fait, mais la guerre était loin d'être gagné. Et dans l'état actuel des choses,  si la guerre devait arriver elle ne gagnerait pas.. Ces crises allaient revenir, c'était inévitable. Encore plus fortes, encore plus violentes, elles finiraient par totalement la consumer.

En soit , cette idée n'était pas pour me déplaire. Au contraire c'était une nouvelle option qui venait s'offrir à moi.  Entretenir cette culpabilité, réduire son esprit progressivement à néant jusqu'à l'implosion finale finirait par m'apporter cette chose que j'avais toujours rêvé: la destruction de la cité et des êtres qui la gangrènent. Mais pour se faire il fallait étouffer l'état d'Alianka. Ne pas dévoiler sa perte de contrôle aux yeux de la société. Nous projeter dans une autre dimension m'avait ainsi permis d'évaluer une première fois ce potentiel de destruction dont elle était capable. Je devais bien l'admettre c'était impressionnant. Comment ne pas vouloir pousser les tests après cette mise en bouche. Façonner cette splendide bombe et ensuite la jeter au coeur d'Asaria. Il serait si simple de la faire sombrer dans la démence. Mais alors pourquoi malgré cette vision de rêve ne puis-je m'empêcher de ressentir...oserais-je le dire, de la compassion envers notre Grande Conseillère. J'avais pourtant chassé toutes émotions de mon corps il y a des années de ça maintenant. Et voilà qu'on m'offre sur un plateau une occasion en or pour faire des ravages dans la cité et au lieu d'en profiter j'ai essayé de protéger la vie de quelqu'un. C'était trop tôt, oui ça doit être ça. Il ne peut y avoir d'autres raisons que ça. Les sentiments envers mes semblables ne sont que des faiblesses...

Ma "faiblesse" et moi même ne tardèrent pas à revenir dans notre dimension. Suite au meurtre de son double, Alianka donnait l'impression d'être à la fois soulagé et déboussolée. La tempête de neige autours de nous perdant en intensité me fis comprendre que l'Asarienne commençait à retrouver son calme premier alors que les quelques meubles encore intacts ayant valsés dans les airs depuis un moment terminaient leurs envolées en se rapprochant du sol. C'est à ce moment précis que je nous ramenais dans la villa. Autours de nous, le silence. Rien n'aurait pu indiquer qu'une tempête de neige avait manqué de ravager la villa et ses alentours il y a peu. Quelques vestiges brisés ça et là pouvait supposer un éventuel exercice de télékinésie. Indices ayant éclatés avant que je n'use de mes propres dons. Mais mains n'avait plein rien et j'exerçais une pression sur cette dernière pour vérifier d'éventuelles séquelles dû à une trop grande exposition au froid. Néanmoins je dû mettre fin à ce petite exercice car je vis la maîtresse de maison chercher de l'air. Ses tentatives se soldaient par un échec comme si son corps mis à rude épreuve n'était plus en mesure d'assurer de simples fonctions primaires. Son regard s'habilla d'un voile  quand son corps s'effondra sur la moquette, inconsciente. Devant pareille situation mon corps fût plus rapide que mon cerveau et déjà j'avais mis genoux à terre devant la silhouette de la maîtresse des lieux. Premier réflexe, prendre son pouls. Celui-ci était faible?mais bien là. L'usage intense de ses dons avait poussé les limites de son corps jusqu'à l'extrême. Aussi se devait-elle de récupérer.

Je n'eus pas besoin d'appeler de l'aide car déjà les portes de la pièce s'ouvrirent pour me laisser entrevoir la silhouette d'un homme d'un certains âge qui ne m'étais pas inconu. James, le majordome du domaine se tenait devant moi, l'allure sereine. En voyant la scène il ne sembla même pas paniqué. Pas de surprise dans le regard, pas une parole d'inquiétude pour sa maîtresse. Juste un regard chargé de tendresse et de bienveillance pour notre Belle au Bois Dormant des salons. Il m'invita à le suivre, afin que nous puissions coucher le corps fatigué de la panthère des glaces dans ses appartements privés. Opinant du chef devant sa proposition, je jetais un regard sur la dame, un moment d'hésitation traversa mon corps avant que je la prenne entre mes bras avec la plus grande précaution.  Ce n'est qu'une fois le corps d'Alianka entre mes bras que James me fît par de ses observations. Au travers de ses propos je compris que ce n'était pas la première fois qu'il avait été témoin d'un tel spectacle. Sa réaction de tout à l'heure étant le premier élément qui m'avait mis sur la voie. Si sa réaction corporelle n'avait rien laissé paraître sa voix était chargée d'inquiétude envers l'avenir de sa maîtresse.


- Et ce n'est pas près de s'arranger malheureusement. Miss De Nephtys est en proie à un terrible démon de son passé James. Il n'y a qu'elle qui puisse mettre un terme à toute cette histoire.  Mais je crains que cela ne finisse par la submerger. Tout ce que nous pouvons faire vous et moi et de rester à ses côtés ...

Je n'allais pas lui mentir. Lui faire croire que tout irait bien à l'avenir et qu'Alianka irait mieux du jour au lendemain comme si de rien n'était. James en avait conscience alors ce n'était pas la peine de lui faire croire à des chimères. Profondément endormie mon regard n'avait de cesse de scruter ce visage alors que les marches menant à l étage nous rapprochaient inévitablement de sa chambre. Sur son visage la culpabilité et tourmente avaient cessé de défigurer ses traits.  Il s'en dégageait à présent une sérénité qui, nous le savions, ne durerait pas bien longtemps. Mais laissons là dormir. Connaître l'espace d'un rêve les joies de la plénitude et du calme. Personne ne savait combien de temps elle resterait là à dormir, mais nulle ne devait la déranger. Briser ce moment de calme si rare à notre époque où tout n'est que course et précipitation.

Si la plupart des pièces dans cette villa ne m'étaient pas inconnues, la chambre de notre Grande Conseillère était un sanctuaire dans lequel je n'avais jamais mis les pieds. Et je n'avais jamais cherché à un en mettre un. Toutefois dans l'état actuel des choses je devais mette un mouchoir sur mes principes et pénétrais dans la pièce à la suite du majordome.  Navré pour les curieux mais le tourisme devra attendre. Mes pas se dirigèrent vers le centre de la pièce où trônait l'élément indispensable pour toute chambres qui se respectent: le lit. Et à le voir on sentait qu'Alianka ne regardait pas à la dépense. C'est avec la plus grande délicatesse que je déposais son enveloppe charnelle sur les draps. Mes yeux contemplant  cette vision d'une d'un conte de fée. A ma droite James ne bougeait plus. Les bras le long du corps il donnait l'impression d'un automate qui ne demandait qu'à être remonter pour se mettre en marche. Seul la lueur de vie dans son regard, cette chaleur apaisante dans ses pupilles trahissait son origine première.

- Laissez nous  James s'il vous plaît.

- Bien Monsieur.


Sans lui prêter d'avantage attention, j'entendis ses pas s'éloigner de nous, les portes de la chambres se fermer et enfin sa descente des marches. Désormais il n'y avait plus que la belle endormie et moi. Mon regard neutre depuis notre ascension s'était adoucie à la vue de cette amie. Ses cheveux tombaient en cascade de part et d'autre de l'oreiller redressant sa nuque tandis que ses bras avaient été naturellement placés le long de son corps. Devant moi, une créature tranquille et tellement....faible...
Prenant conscience de cette faiblesse qu'elle possédait, je sentis mon affection se muer en colère. Mon rythme cardiaque s'était accélérer et le dégoût fini par se lire dans mon regard à son encontre. Non...Alianka, celle qui dominait la cité depuis des siècles., la femme d'une grande noblesse que j'avais toujours connue était donc capable de faiblesses. Etait donc cela en vérité la représentante d'Asaria? Une créature fragile et pitoyable.  Sur le coup la tentation de lui briser la nuque me rongeait le corps. Cela aurait été si simple. Un léger mouvement de la main pour détruire la preuve détestable de son impuissance. Nulle n'est infaillible, c'est un fait. Mais elle... Elle paraissait tellement détachée des sentiments et des entraves de la servitude humaine que la voir aussi minable me mettait dans une rage folle. Cette chose admettant sa défaite, dégoulinant de larmes ne pouvait pas être la panthère de glace tant redoutée d'Asaria...

Lentement ma main droite s'approcha de son corps. Si elle dirigea sa course vers la nuque de l'Asarienne se ne fût pas son point d'encrage final. Poursuivant sa route, elle s'arrêta sur son front. Du revers de la main, mes doigts l'effleurèrent avec douceur, glissant jusqu'à sa joue. Comment avait-elle pu se mettre dans cet état... J'avais un nom à présent. L'élément déclencheur de sa descente aux enfers. Mais je voulais comprendre, connaître ce qui c'était passé le soir où tout avait basculé. Il me fallait des réponses...Maintenant!

Posant ma main au niveau de son coeur, j'exerçais une légère pression contre sa cage thoracique avant de murmurer...


- Lecture temporelle...

Aussitôt ma paume se mit à luire d'une lumière dorée. Cela ne dura que quelques secondes puis plus rien. C'était comme si il ne  s'était rien passé. Pourtant, lorsque ma main s'éloigna du corps de la Grande Conseillère de multiples formes noirâtres jaillirent brusquement du point d'impact. Virevoltante dans la pièce , s'étirant vers le plafond à la recherche de liberté elles se  déplaçaient tels des serpents. Retenues par le corps de leur propriétaire elles ondulaient dans tous les sens autours de moi. Mais en s'approchant d'un peu plus près, on constatait qu'il ne s'agissait pas de créatures vivantes mais de bandes magnétiques sur lesquelles défilaient la vie d'Alianka.

Née de la fusion de mes trois dons, cette technique  n'était connue de personne en Asaria. Et pour cause puisqu'elle me permettait d'accéder directement à la ligne temporelle d'autrui. La manifestation était toujours la même, une bande vidéo ondulant autour de la personne visée pour y projeter sa vie jusqu'à ce jour. Je pouvais ainsi visionner l'existence des gens et pire encore, la manipuler à ma guise. Tel était l'un des pouvoirs secrets de l'Archiviste.

Toucher directement cette bande c'était jouer avec l'essence même de mes victimes. Là ou un télépathe pouvait modifier l'esprit, j'étais en mesure de réécrire sa vie toute entière à tel point que même un être doué de télépathie serait incapable de restituer des souvenirs. Après tout, comment peut-on restaurer dans un esprit quelque chose qui n'a jamais existé? La ligne de vie d'un être humain est si parlante lorsque l'on est en mesure de les voir. Rien ne peut être dissimulé. Chaque changements, chaque modifications psychiques, chaque décisions restent à jamais graver sur cette ligne comme des marqueurs visuels. Ainsi en les touchant je suis en mesure de connaître le ou les responsables de ses altérations.

Et c'est bien dans cette optique que je laissais la vie d'Alianka glisser entre mes doigts. Comme un film que l'on passe en accéléré je voyais défiler des images, des visages, des évènements de son passé. Et pour ne rien vous cacher, en plus d'un siècle d'existence elle en avait des souvenirs la Grande Conseillère. Mes efforts ne tardèrent cependant pas à être récompensé lorsqu'enfin je vis apparaître les images de cette fameuse soirée. Ce concert qui avait brisé le cadenas psychique  de la jeune femme. Silencieux, le regard grave, j'observais tout ce qui s'était déroulé ce soir là. Le spectacle, l'interaction du fameux Gabriel envers son public et plus encore, envers Alianka. Sa façon de la regarder, provocation délibérée, était un véritable délice. Rares étaient les personnes qui s'opposait à elle. Mais le tout était réalisé avec une telle finesse, un tel brio que cela relevait du génie. Ce chanteur était des plus fascinant. Posant mon index droit sur la bande, cette dernière s'immobilisa comme placée sur pause. Un léger mouvement vers la droite fît se rembobiner le films jusqu'à ce zoom de son visage, lorsqu'il était apparut sur le balcon des invités. Ce visage...Impossible d'en détourner les yeux. Je devais mettre la main sur lui. Trouver cette personne qui à priori ne faisait qu'un avec le fils qu'Alianka avait décidé de faire supprimer un jour. Au coin de mes lèvres, un sourire ne tarda pas à naître alors que d'une voix tranquille je dis...


- Copie...

Aussitôt la bande se dupliqua. Petite partie copiée de la vie d'Alianka elle n'était plus maintenue par l'existence de sa propriétaire et se mit à flotter en totale liberté dans la chambre.  Ma tâche accomplie, je replaçais les bandes au sein de la panthère de glace sans le moindre problème. Cette technique ne provoquait aucune douleur lorsque l'on maniait les bandes avec délicatesse. C'est pourquoi l'expression apaisée sur le visage de mon amie ne s'était pas une seule fois déformée par la douleur d'une manipulation trop brutale de ma part. Il ne restait plus que nous. Jamais elle ne saurait ce qui s'était passé. Seule témoin encore visible de mon action était ce petit morceau de bande vidéo portée par l'air de la chambre. Tendant le bras comme vers le ciel, comme le ferait un dresseur attendant que son compagnon ne le rejoigne, le morceau de vie glissa jusqu'au revers de ma main pour s'enrouler autours de mon poignet avant de tournoyer le long de mon bras pour disparaître sous ma chemise.

Maintenant je savais exactement ce qui s'était passé. J'allais pouvoir agir à ma guise et retrouver ce Gabriel. Posant un dernier regard sur la belle endormie, je finis par me pencher sur son chevet et déposer sur son front un baisé fraternel. Quittant la chambre, je redescendis les marches d'un par léger. Dans le salon, on rassemblait les débris des objets fracassés avant mon intervention. James était dans l'encadrement de la porte, surveillant le travail de deux servantes.


- James, veuillez faire monter à vôtre maîtresse un verre d'eau. Il est probable qu'à son réveil la soif lui brûle la gorge.

- Je m'en occupe de suite monsieur.

- Merci.


Sans plus attendre je pris congé du majordome. Un respectueux signe de la tête avant de prendre qui m'avait amené jusqu'ici  en sans inverse . A chacun de mes pas, les débris dans le salon se mirent à flotter. Un à un les objets détruits se reconstituaient comme enchantement. Et lorsqu'enfin le dernier petit éclat de verre fusionna avec la bouteille que j'avais amené c'était comme s'il ne s'était jamais rien passé dans le salon.

Les mains dans les poches de mon pantalon, je quittais la demeure de la Grande Conseillère, non sans apporter avec moi un petit souvenir que je serais dans mon poing...

A présent, un seul prénom résonnait dans mon esprit...Gabriel !
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