[Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)

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MessageSujet: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Mar 28 Juin - 21:15


Ma famille était originaire d'une parcelle de terre au milieu du Massachusetts. Ça ne voulait plus rien dire depuis longtemps, mais le drapeau des Yankees avait flotté de génération en génération au dessus du toit des Cooper. Il était transmis et quand il était en lambeaux, la tradition voulait que tous les membres de la famille participent à la confection du nouveau. Une espèce de serpillère trouée arborant une croix bleue sur fond rouge et constellée d'étoiles ornait d'ailleurs la cheminée de ma modeste bicoque. Qu'il eut été durant des décennies sujet à controverse et symbole de l’esclavagisme ne me troublait pas plus que ça. Et si ça emmerdait certains théoriciens de la cause Rebelle, personne n'avait eu le cran de venir me traiter de pro esclavagiste parce que cela aurait été comme traiter un Rebelle de pro asarien. Ce drapeau incarnait juste la grande gueule et le sens du devoir de mes ancêtres à mes yeux. C'était la seule chose qui me reliait à eux, avec cet accent particulier, à la fois rocailleux et chantant  que je tenais de mes parents et qui me permettait d'annoncer à quelqu'un, le plus sérieusement du monde, que j'allais lui trouer le cul, tout en ayant l'air de sourire. Je ne sais véritablement pas ce que j'ai pris de ces gens-là qui ont fondé la Nouvelle Angleterre et New York, mais la rage de vivre libre, même en crevant de faim, est certainement ce qui nous caractérise. Mais pas de soif ! Après tout, ce putain de nom désigne en vieil anglois le tonnelier. Ce qui fait de moi, rien de moins que le Roi du Tonneau. Il faut avouer que la vie m'a baisé niveau patronyme. Un nom qui claque cela dit. Et qui a rapidement inspiré le respect parmi les Rebelles et la terreur parmi les trous du cul toute catégorie.

A ce sujet, le bal était ouvert et la vie se préparait encore à bien nous baiser. Cette histoire de pollution de l'eau puait à tous les sens du terme et avec elle, ce que ça nous obligeait à faire. Coopérer avec des salauds d'Asariens. Comme Evan et toute la clique avait décrété que, pour le salut de la population humaine du Bidonville, il fallait en passer par là, j'avais bien dû choisir. Quitter les Rebelles, ce qui m'aurait pas vraiment gêné si les Rebelles devenaient des bisounours prêts à copuler avec leurs bourreaux d'hier. Ou accepter une mission de coopération avec ces enflures et les avoir à l’œil à ma façon. Evan, notre leader par intérim avait distribué les missions et il était clair que notre attitude peu encline à travailler avec les Pacificateurs l'avait fait nous tenir à l'écart, Valkerian et moi. Cette gamine avait des couilles mais cela ne l'avait pas empêché d'être mise au ban comme moi. Ça m'avait fait marrer au fond, de la voir taquiner Pearson et j'avais totalement anticipé le clash entre les deux. Ma binôme n'était pas du genre à se laisser marcher dessus et si la rousse avait eu l'initiative du bras de fer, Ely l'avait proprement envoyer se moucher avec des feuilles d'orties. Après ça, les rôles et missions avaient été distribuées et le nouveau frère d'armes d'Ely, Steve Roswell s'était vu assignée la lourde tache d'approcher les Insoumis. La rouquine et moi devions attendre les retombées de sa mission pour développer une vraie "collaboration" avec les Rats. Je me disais que si on me fourguait des Humains comme contacts chez eux, le deal était jouable. C'était toujours mieux que de rouler des pelles à ces faux-culs de Paces. Je ne savais rien du ressenti de l'agent Valkerian depuis la fin de la réunion et elle était retournée à ses occupations d'infiltration tandis que moi j'étais affecté à la logistique, entretien des camions, des remorques et autres matériels en renfort d'Ethan et d'Ely. Je leur procurais tout ce que le marché noir pouvait fournir en pièces détachées et produits d'entretien mécanique. J'avais aussi continué mes tractations pour doubler les approvisionnement en munition et armes semi légères d'assaut et lourdes. Grâce à moi, les Rebelles étaient armés des couilles aux dents. Seul hic, aucun ordre de passage à l'action ne semblait vouloir franchir les lèvres de nos gradés.

Dans le Bidonville, la situation restait tendue pour maintenir le stratagème des citernes secret au nez et à la queue des Miliciens. Ely servait d'agent de coordination entre tous ces merdiers et ça ne me plaisait absolument pas. D'autant que sa nouvelle "ombre " était en mission pour joindre les Insoumis. Elle était donc seule dans ses déplacements. Je rongeais mon frein en tombant des moteurs ou en faisant des vidanges comme un ouvrier mécano. J'étais précisément entrain de treuiller un moteur de camion avec une chaine et comme il faisait une chaleur du trou du cul de l'enfer dans l'atelier d'O'Donnell, j'avais tombé le haut de la combinaison et le t-shirt  et c'est torse nu qu'Ely me trouva lorsqu'elle déboula dans le local en balançant:

- Tu t'fais bronzer, Cooper ?

Cette pique eut pour effet de me faire repasser mon t-shirt plein de cambouis aussitôt. Je n'aimais pas étaler mes balafres aux yeux d'Ely alors que je m'en glorifiais volontiers devant les filles de la Taverne de l'Enfer.

- Et toi, tu viens mater Pearson ? T'as rien de mieux à foutre ?


Elle me répondit du tac au tac.

- Et toi tu as changé de culasse ? T'as pas l'impression de gâcher du potentiel en troquant le Zastava M76 contre la clef à cliquet ?

J'allumai un clope et lui tendis le paquet.

- Mon calibre te manque ?  L'anti asarien fait pas recette, en ce moment au Faucon ... J'm'occupe comme je peux.

Je sentis immédiatement le souci  dans sa voix.

- T'es pas venue pour prendre des nouvelles de ma cartouchière ...

- Steve est toujours pas revenu ...

- Ahhh... Ils en pensent quoi au QG ?

-  Tout est possible ... Les Insoumis peuvent l'avoir buté ou séquestré, ou ... Les Miliciens ... Au Faucon, ils disent qu'il est trop tôt pour bouger.

Je secoueai ma cendre et l'entrainai dehors par le coude.

- Ethan aime pas qu'on fume dans l'atelier ... Si la Milice est derrière ça, ils vont pas forcément le faire savoir. Ils aiment entretenir le doute dans les rangs ennemis... Donne-moi quinze minutes pour aller chercher mes affaires et on part sur ses traces. Je sais qui peut nous rencarder sur des infos ... Faut qu'on passe au marché aux Esclaves ...

C'était tacite entre nous. Pas besoin de longs discours, on avait ce principe. Un frère est à terre derrière les lignes ennemies, on va le ramasser, même si on doit y laisser notre peau. On y va seuls, sans mettre en danger la brigade. C'est une mission d'exfiltration non officielle. On emmerde à peu près tous les ordres venus du haut. Si ça tourne mal, seuls nos deux culs seront grillés.


Dernière édition par Roy Cooper le Lun 8 Aoû - 22:48, édité 6 fois
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Elisabeth Pearson
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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Jeu 7 Juil - 17:24




« On doit pour le moment attendre. C’est beaucoup trop tôt pour mettre en œuvre un sauvetage pour Roswell. Il faut lui donner du temps. »  Du temps ? Du temps, mon cul ! Je n’avais pas répondu cela à Evan, mais c’était bien ce que je pensais haut et fort dans ma tête. Steve était une tête brûlée comme nous tous, mais il aurait pris contact depuis un moment et tout ceci ne me plaisait guère.  Il avait eu la tâche d’approcher les Insoumis pace que c’était le seul d’entre nous à avoir une connaissance dans ce groupe. Depuis la réunion au QG, tout le monde paraissait fébrile et je n’aimais pas cela.  Sur le terrain, c’était la même chose. Je surveillais les allées et les venues de la Milice et je gardais un œil sur nos équipes, en arrière-plan pour avoir une vue d’ensemble.  Je coordonnais tout cela avec Evan. Chacun savait ce qu’il avait à faire sauf que même si j’étais concentrée, que ce n’était pas ma première sur le terrain, que j’étais une vieille branche comme pourrait me le faire remarquer Roy, je n’arrivais pas à me sortir Steve de la tête. J’avais de plus en plus ce mauvais pressentiment  chevillé au corps et la seule personne  vers qui je pouvais me tourner pour cela, c’était mon binôme … qui semblait ne plus l’être depuis plusieurs semaines et encore plus depuis le rassemblement au QG. Je n’avais pas pu avoir de conversation franche avec HawkEye. Il en avait lourd sur le cœur d’avoir été remplacé par Steve et je n’avais jamais voulu le mettre sur la touche. Les ordres avaient été ainsi faits. Roy était occupé ailleurs et Steve avait accepté de faire équipe avec moi. Il pouvait devenir un véritable pitbull, ronchonner à tout va, provoquer de vives réactions chez les autres. Je connaissais mon partenaire depuis  plus d’un an. Tout était tacite entre nous. Je pouvais me montrer loquace, mais pas avec Roy. Tout se passait avec le regard, quelques mots qui signifiaient  beaucoup plus que de longs discours. Il était le seul avec qui je fonctionnais ainsi. J’aurai dû aller le trouver, lui expliquer en quatre yeux tout ça au lieu de laisser cette situation pourrir entre nous deux. J’avais bien senti ses piques lors de la réunion et j’avais fait en sorte de ne pas soulever cette merde entre nous devant les autres.

Depuis, nous avions eu tous des instructions pour mettre en place les citernes, veiller sur la population et faire notre possible pour éloigner les patrouilles des points de ravitaillement. Je rongeais mon frein. J’aurai pu assurer les arrières de Steve. Me tenir à une certaine distance, mais le suivre jusqu’à ce qu’il approche les Insoumis. Mais là, il était parti seul et il ne revenait toujours pas. Rien … J’avais besoin de discuter et mon binôme était celui dont j’avais besoin.

- A toutes les équipes, ici Shadow. Je me déplace jusqu’au garage de Venom ! Je quitte mon point de surveillance. Tenez-moi au courant si code rouge.

- C’est compris Shadow

- Ok Shadow

Il faisait encore jour et c’était bien la première fois que je suppliais la nuit de venir rapidement chaque soir. La population se renfermait dans ses abris et nous n’avions plus cette épée de Damoclès au-dessus de nos têtes. Les citernes redevaient paisibles et nous pouvions souffler un peu et reprendre des forces pour un nouveau lendemain. Je me fondai dans la masse des gens de ces quartiers miséreux et je pris la direction du garage où je savais qu’il était consigné à bosser sur les différents moteurs.  Evan l’a mis en retrait à cause de ses vives réactions au QG. Je connaissais la valeur et la fidélité de Roy au Faucon. Il n’avait pas supporté l’idée de cette alliance avec les Pacificateurs et surtout avec des Asariens, mais il était bon aussi de temps en temps de mettre nos querelles de côté pour le bien des innocents. Sa prochaine mission serait d’apporter un soutien à Steve auprès des Insoumis … Mais Steve ne revenait toujours pas …

Dans le garage, il y avait quelques rebelles qui s’activaient à leurs tâches. Je cherchai une silhouette familière parmi les gros moteurs et véhicules qui seraient bientôt prêts pour l’emploi.  Je le vis de dos et je freinai mon envie de le héler au loin. Roy était trop canalisé sur son boulot pour m’entendre arriver. C’était la première fois que je le voyais torse-nu et je pris appui avec mon épaule contre le mur, pour l’observer travailler comme un dingue sur ce moteur qu’il était en train de treuiller. Ce n’était pas tant ses gestes qui m’intriguait, mais les cicatrices ancrées dans sa chair … Nous avions tous des secrets, moi la première … Et à force de trop vouloir se taire, de dissimuler certaines choses, Roy ne savait presque rien sur moi … Ni moi de lui … Pourtant, je n’avais aucun doute à remettre ma vie entre ses  mains sur le terrain. Il avait toute ma confiance. Comme la raison et la logique peuvent être compliquées chez les humains. Je ne voulais pas être plus curieuse que cela alors je me raclai la gorge pour lui faire comprendre qu’il n’était plus seul.

- Tu t'fais bronzer, Cooper ?

Il jeta un regard par-dessus son épaule et attrapa son tee-shirt pour cacher à mes yeux son passé gravé sur sa peau. Je me mordis la lèvre … Il y avait tant de zones obscures chez lui autant que chez moi … Tant de choses non avouées … Pourquoi était-ce si difficile de se confier ? Un petit sourire s’étira sur mes lèvres à sa réponse. Je l’avais maté  … Un peu …

- Et toi tu as changé de culasse ? T'as pas l'impression de gâcher du potentiel en troquant le Zastava M76 contre la clef à cliquet ?

Il me présenta son paquet de clopes que je refusai d’un geste de la main. Sa pique sur sa « mise en retrait » des missions lui faisait toujours mal. J’aurai réagi de la même façon que lui si j’avais été à sa place. Cooper était un excellent agent bien avant d’être mon partenaire.  En temps normal j’aurai riposté à ses sous-entendus … mais très vite mon sourire s’éclipsa pour faire place à l’inquiétude.

- Steve est toujours pas revenu ...

Je baissai mes yeux en l’écoutant me demander ce que pensait notre hiérarchie … Suivre des ordres, nous savions le faire tous. Faire des choix et en assumer les conséquences … aussi …

-  Tout est possible ... Les Insoumis peuvent l'avoir buté ou séquestré, ou ... Les Miliciens ... Au Faucon, ils disent qu'il est trop tôt pour bouger.

Cooper m’entraîna dehors. Les autres Rebelles nous observaient. Nous n’étions pas une équipe comme les autres. Nos prises de têtes étaient mémorables. Nos réussites sur le terrain tout autant.  J’étais venue chercher Roy pour son aide. Je n’avais eu aucun doute sur sa réaction et pourtant je me sentais coupable.  Il avait déjà fait demi-tour pour aller chercher ses affaires quand je le saisis par le bras pour qu’il m’écoute.

- Cooper, depuis la réunion, nous n’avons pas eu le temps de mettre les choses au point. Je n’ai jamais demandé le remplacement de mon binôme. Evan nous a envoyé, Steve et moi au dispensaire pour avertir la population. Il s’est avéré que des pacificateurs y travaillaient. C’est tout.  

J’étais venue le trouver pour lui parler de mes craintes. Il les avait anticipées et il m’avait proposé son aide.

- Je voulais te parler de mon inquiétude. Tu m’as trouvé une solution. Je n’ai pas besoin d’un autre coéquipier. Je vais avertir les équipes et demander à  Bishop de me remplacer sur la surveillance et la coordination du terrain. Je t’attends ici.

Avant d’activer mon système de communication, j’ajoutai un dernier mot à Roy

- Merci.



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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Lun 8 Aoû - 23:01



Alors que j'allais retourner à l'atelier pour récupérer ce que je pensais pouvoir nous être utile, elle me retins par le bras. Je dissimulai mal ma surprise et la fixai intensément. L'un comme l'autre, nous n'étions pas adeptes des échanges tactiles. Pearson était plutôt du genre à coller des beignes ou des claques et s'accrocher à quelqu'un n'était pas quelque chose que j'aurais cru la voir faire un jour. Et il fallait que ce soit pour me débiter ce genre de connerie ? Je me dégageai sans agressivité mais fermement.

- Laisse tomber, Shadow. On est des soldats avant tout, et je n'aurais pas dû perdre de vue qu'on est interchangeables. Ce qui m'a fait chier c'est que vous m'avez tenu à l'écart et que j'ai eu l'impression que tout ça était voulu d'avance parce que vous savez bien que je peux pas blairer les Asariens, et qu'il s'agissait d'aller tailler la bavette avec eux. C'est comme si ma famille avait déménagé sans me donner sa nouvelle adresse.

Je poussai la porte en ferraille du hangar et traversai l'atelier tandis qu'elle continuait à s'excuser et m'expliquait qu'elle allait prévenir Bishop.

- Oui fais donc ça. Pour les Asariens travaillant au dispensaire, il ne vous est pas venu à l'esprit que ça peut être des indics de Van Brënner ? J'aurais bien aimé être avec Steve et toi pour me faire mon idée sur vos spécimens, mais malheureusement, j'en ai pas eu l'opportunité.


J'ouvris la porte d'un local qui se trouvait au fond de l'atelier, me dirigeai vers les casiers étiquetés au nom des mécanos qui bossaient chez O' Donnell puis appuyai mon épaule de tout mon poids sur l'enfilade d'armoires métalliques qui pivota, dévoilant une cache bourrée d'armes en tout genre. Je m'assis sur une caisse de munitions et farfouillai dans les rayonnages pour prendre trois chargeurs que je glissai dans mon sac à dos, accompagnés de quelques grenades fumigènes. Je complétai mon équipement en glissant dans la tige de ma ranger droite un couteau de combat et un autre de lancer à l'arrière de ma ceinture. Je  me retournai pour empoigner au râtelier un fusil d'assaut et un colt 45. Elle m'avait suivi et me fixait tout en écoutant ce que je lui balançais. Tandis que je vérifiais le mécanisme du fusil je continuai à lui donner mon ressenti. Puisqu'elle avait mis ça sur le tapis, autant qu'elle sache dans quel état d'esprit j'étais.

- La plupart des gens semble penser qu'il suffit de demander pardon pour être pardonné. C'est con mais je ne fonctionne pas comme la plupart des gens. Je ne pardonne pas à crédit et j'attends du concret, pas des paroles pour le faire. Et les Pacificateurs, pour le moment à part des belles promesses, des idées à la con, qu'ils ne respecteront peut-être jamais, je ne leur ai rien vu faire pour sauver le cul des pauvres crevards qui servent de larbins à leur caste. Alors excuse-moi d'avoir plus envie de flinguer que de bosser avec eux.


Je chargeai mes deux armes et glissai le pistolet à ma ceinture et le fusil sur mon épaule avant de conclure le sujet.

- Si vous pouvez oublier les atrocités que ces gros dégueulasses nous ont fait subir, si vous pouvez tourner la page et mettre derrière vous tous nos morts, tant mieux pour vous. Moi je ne peux pas. Pas simplement sur de simples mots... Et si je croise un jour un Asarien ayant assez de couilles pour flinguer l'un des siens afin de sauver la vie d'un des nôtres alors je serais prêt à reconnaître que ce n'est pas un pourri comme les autres. Et ne me dis pas merci. Je fais juste mon job et mon job c'est de vous sauver les miches quand vous avez besoin de moi. Si tu veux faire le plein toi aussi, faut pas te gêner. On risque d'avoir chaud aux fesses.

Après lui avoir laissé le temps de prendre ce qu'elle jugeait utile, je me levai et sortis de la cache que je refermais soigneusement derrière elle. Nous quittâmes le hangar par la porte latérale qui donnait sur l'arrière cour.

- Je vais te présenter un de mes contacts. J'en ai plusieurs. Certains sont des trafiquants d'armes, d'autres de renseignements. Dizzie, sa spécialité, ce sont les infos et les potins, même ceux que la Milice voudrait étouffer... Elle est spéciale et pas très causante, et elle a un caractère de merde. Mais si quelqu'un peut avoir une info sur Steve, c'est bien elle...

Nous rasions les murs et pour les passages délicats j'avais prévu de nous faire passer par les voies aériennes, c'est à dire les toits que je savais sécurisés et non utilisés par la Milice comme poste d'observation. Si un sniper Rebelle devait connaître quelque chose, c'était bien ça. Mais alors que nous allions déboucher sur une terrasse décrépie, je stoppai net ma progression et fis signe à Pearson que la voie n'était pas libre. Neutraliser les deux Miliciens n'était pas la solution même si nous en serions rapidement venus à bout. Ils devaient faire un rapport toutes les demi-heures et s'ils ne répondaient pas à l'appel, l'alerte code jaune serait déclenchée ce qui mettrait nos équipes au sol dans la merde et la population venue aux réservoirs aussi. Je n'eus même pas besoin d'actionner mon communicateur. Shadow faisait déjà marche arrière et se laissait glisser de la terrasse le long d'une gouttière. Une fois réceptionnée, elle attendit au pied du mur que je fasse de même. Nous reprimes notre progression.

- On va passer par la laverie populaire, ça me plait pas plus qu'à toi mais on n'a pas le choix.


La laverie populaire était une espèce de cascade qui sortait d'un tuyau pour se déverser dans un réservoir qui devait servir à l'origine de bassin de régulation pour éviter que le QG de la Milice ne soit inondé. Le bassin situé bien au dessus du bâtiment avait été rapidement squatté par les mères de famille qui venaient y laver leur linge et le faire sécher sur les berges cimentées. C'était infesté de rats gros comme des chiens et un Humain qui n'avait pas peur pouvait faire une sacrée récolte. Après, il fallait surmonter la répulsion de bouffer du rat. Ça m'était arrivé quelques fois, avant d'intégrer les Rebelles. Mais dans la population la plus démunie du Bidonville, c'était d'usage courant. Nous arrivâmes sur le déversoir et, comme je l'avais prévu, des draps de toile sombre et rèche étaient étalés ici et là, à sécher à même le sol. Je fouillais dans mon sac à dos et j'en tirai un équipement de survie que je vidai de toutes les denrées comestibles: barres nutritives, viande en boite, biscuits secs et briques de jus hydratant. Je les disposai au sol et je pris un drap dont je m'enveloppai en cachant mon visage et mon équipement. Je hochai la tête en direction d'Ely pour qu'elle fasse de même. On était des Rebelles, mais pas des voleurs, surtout quand il s'agissait des pauvres gens du Bidonville. On ne prenait rien sans laisser quelque chose en échange. Ces sentinelles sur les toits m'inquiétaient. Non pas tant leur présence qui était diffuse depuis déjà bien longtemps. Mais l'équipement que j'avais pu lister rapidement en jetant un coup d’œil avant de me replier, était préoccupant. Une mitrailleuse lourde à infra rouge, des fusils à balles traçantes, et surtout, un module de commande numérique... pour commander quoi ? J'avais clairement vu l'un des types avec ça en bandoulière.

Une fois Ely opérationnelle, nous reprîmes notre progression, ayant tout à fait l'aspect d'une des communautés qui peuplaient le Bidonville. Issus d'une peuplade qui avait jadis vécu dans un grand désert, ils en perpétuaient les coutumes de génération en génération, notamment vestimentaires. Je me tournai vers mon binôme et ne pus m'empêcher de rire un peu.

- T'es drôlement sexy dans cette tenue Shadow. Fais gaffe de ne pas te faire enlever par farouche fils du Désert ou acheter par un Asarien en quête d'exotisme.


Dans ces tenues, il nous était aisé de nous fondre dans la foule qui devenait plus dense aux abords du marché aux Esclaves. J'entrainai Ely dans une ruelle juste avant d'arriver sur la place crasseuse qui desservait les boutiques bas de gamme proposant des esclaves premier prix. Je fis signe à ma coéquipière de bifurquer dans un boyau entre deux cabanes en tôle ondulée et la fis passer devant moi. Me retournant, je vérifiai que personne ne nous avait suivi. Je reculai ainsi, Ely juste derrière mes fesses et collée à moi dos à dos lorsqu'une voix de vieille tapineuse résonna à nos oreilles.

- Halte là les deux Shéhérazade! Vous pensez aller où comme ça ? On ne traverse pas mon territoire sans payer la taxe !


Dernière édition par Roy Cooper le Mar 28 Fév - 19:08, édité 4 fois
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Elisabeth Pearson
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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Mar 16 Aoû - 21:51










Au moment où je l’attrapai par le bras, je perçus cette réticence au contact. Je ne savais pas pourquoi j’avais fait ce geste, mais je n’étais pas du genre à regretter ou a trop réfléchir, du moins pas face à ces situations-là. Je pouvais calculer, observer une cible, détailler, scruter, stocker des informations avec précisons, mais j’étais bien différente lorsqu’il était question d’Êtres humains. J’étais trop froide, trop éloignée des autres, trop en recul. C’était les paroles que Duncan et Russel n’avaient eu de cesse de me répéter. Alors ce petit geste amical, s’il ne me reflétait pas, il ne provenait pas non plus du simple hasard. Chaque attitude, chaque mot est toujours poussé par quelque chose même enfouie au plus profond de nous. Cooper n’avait toujours pas digéré d’avoir été mis sur la touche par Evan. Je le savais en mission sur un gros coup pour des armes et du matériel très importants. HawkEye était le meilleur agent sur de nombreux plans, et il savait ruser quand il était question de marché noir et de ces transactions.

- Arrête tes conneries Cooper !  Evan m’a mis en équipe avec Roswell et oui, tu n’étais pas là ! OK ! Tu vas me redire la même chose durant la réunion, que tu étais joignable à n’importe quel moment ! T’es le premier à répéter que tu as horreur qu’on te fasse chier quand tu flaire un gros poisson ! Et si tu en veux à quelqu’un, je suis fautive ! J’aurai pu m’interposer et tenir tête avec Evan. Steve et moi, on aurait pu te rejoindre, se donner rendez-vous ! Mais que tu le veuilles ou non, les heures sont comptées, hier, aujourd’hui, demain ! Tu es mon seul binôme !  Tu es Mon Chieur ! Alors ne va pas dire que ta famille t’a laissé tomber !

Il avait cette manie de me mettre souvent les nerfs en pelotes. Habituellement, je gardais mon sang-froid, et je lui répondais par un doigt d’honneur ou pas des paroles assassines, mais pas cette fois-ci. Cooper était un de pitbull agrémenté d’un caractère merdique … et là … il me faisait quoi ? Je levai les yeux au ciel.

- Voulu d’avance ? Nous étions partis, Steve et Moi, au dispensaire pour mettre au courant les médecins et tout le personnel su les informations qu’Evan avait regroupées. Sauf qu’on ne s’attendait pas à ce que le médecin responsable qui nous reçoive soit une Pacificatrice ! Il n’y avait rien de joué d’avance ! Deux autres personnes étaient aussi dans le bureau et ils ont apporté d’autres preuves encore plus accablantes.  Je ne peux pas blairer les Asariens !! Parce qu’ils ont …

Je laissai en suspend ma dernière phrase. Cooper ne connaissait pas mon passé. Ethan et Evan m’avaient très souvent conseillé de me confier à lui, mais plus le temps passait et plus je ne savais comment aborder cet aspect de ma personne. Comment réagirait-il lorsqu’il saurait que j’ai bossé pour ces enfoirés ? Que j’étais un petit chien à leur solde,  que j’ai tué de nombreux humains pour sauver la peau de mon frère ainé ?

- Tu n’as jamais pensé que je pouvais en être une moi aussi … d’indic … Ou que je l’avais été …

Lâchai-je avec froideur tandis que la nausée de mon passé remontait à la surface avec une rapidité déconcertante. Je ne savais pas s'il m’avait entendue, mais il s’était déjà éloigné et je le suivis jusque dans les vestiaires. Je fus très étonnée de découvrir sa cachette bourrée d’armes et de munitions juste sous le nez de tous les employés du garage et même d’Ethan. Je m’appuyai contre le chambranle de la porte et je le regardai s’équiper. Le sujet le rongeait et il n’avait d’autre solution que de vider son sac. Je pris la peine de l’écouter et toute mon attention se dirigea sur lui. Je ne pouvais aller contre son opinion et je la respectai. Finalement, le fait que ce soit Steve qui m’ait accompagnée n’était pas une si mauvaise idée. Cooper se serait comporté comme … Cooper.

Que pouvais-je dire sur le pardon ? Qu’il faut commencer par soit même … Sauf que je ne m’étais jamais pardonnée d’avoir commis toutes ces atrocités au nom des Asariens. Roy … serais-tu capable de me pardonner en apprenant un jour la vérité sur moi ? Je me sentais mal à l’aise, avec l’incapacité de lui répondre.  J’avais consenti d’écouter les Pacificateurs pour aider notre peuple, les Nôtres, ceux qui vivaient dans le Bidonville.

- J’espère pour toi que tu ne te retrouveras pas devant un choix crucial, un jour Cooper … Celui de pardonner ou pas à un ami, une connaissance, une personne proche de toi sur des actes atroces du passé … De faire encore confiance malgré des secrets dévoilés …

Des non-dits qui en affichaient bien plus que je ne désirai. Je ne pouvais plus soutenir son regard et son invitation, à faire le plein d’armes pour la mission, arriva parfaitement dans la conversation. J’entrai à l’intérieur de la cachette et il ne me fallut pas longtemps pour m’équiper, à mon tour : un couteau de combat comme Cooper, un GLOCK 26, des munitions, 2 grenades assourdissantes et un M16 que je passais en bandoulière. Je ressortis et je plaçai le tout dans mon sac à doc que je trouvais dans mon casier. Je me délestai de mon blouson et de mon tee-shirt blanc et j’en remis un plus sombre et une veste qui me serait plus utile et avec laquelle je serai plus à l’aise dans mes mouvements. Une fois prête, nous sortîmes tous les deux du hangar, par l’arrière-cour. Roy me fit un topo sur note destination et sur son indic.

- Les caractères de merde, je m’y connais et tant qu’elle nous donne quelque chose à nous mettre sous la dent à propos de Steve, c’est le plus important ! Causante ou pas, je ne lui tiendrai pas le crachoir.

Cooper ouvrit la voie et je le suivis à travers le labyrinthe des petites ruelles du bidonville, il opta pour le chemin le plus sûr : les toits. A la force de nos bras, nous grimpâmes sur les vieilles échelles métalliques. Les tôles sur lesquelles nous marchons étaient encore stables pour supporter nos poids. Nous avancions tels des félins. Nos pas étaient assurés et prudents. On évitait ainsi les patrouilles de la Milice et aussi de trop nous faire remarquer avec notre paquetage. Un dernier toit à sauter qui donnerait sur une terrasse, mais à la dernière minute, Cooper me fit signe de reculer, qu’il y a avait un problème. Je ne lui posais pas de questions, je savais ce qu’était CE problème. Je fis demi-tour et je me laissai glisser pour m’accrocher à la gouttière et me permettre ainsi d’atteindre la terre ferme. Il me suivit et me rejoignit de la même manière.  Si nous ne pouvions pas passer par les toits, nous allions devoir emprunter un parcours plus classique et à l’annonce du la laverie, une moue déplaisante s’esquissa sur mes lèvres et je murmurerai entre mes dents :

- C’est un très mauvais choix Cooper … très mauvais …

Mais avions-nous vraiment une autre solution ?  On rallia très vite la laverie où des draps et des vêtements étaient étendus et étalés pour beaucoup, un peu partout. J’observai les alentours. J’avais un sixième sens de Chasseuse qui s’éveillait lentement. Mon binôme renversa sur le sol, prêt du linge qui séchait, toutes les denrées de sa ration de survie en échange du drap qu’il empruntait. A son signe de tête, je fis les mêmes gestes que lui et je m’enveloppais de ce drap rêche, cachant par la même occasion mon sac à dos. De la manière dont j’avais disposé le drap, on ne voyait de moi que mon visage et quelques mèches brunes. HawkEye s’évertua à apporter une petite touche d’humour.

- Le type qui essaye de poser la main sur moi, se retrouvera Eunuque en quelques secondes … et toi aussi … si tu n’arrêtes pas !

Nous reprîmes notre balade. Le marché aux esclaves et tous ses stands et boutiques s’étalaient devant nous. J’en avais la nausée, mais je ne pouvais rien faire d’autres que de me faufiler entre la foule et baisser les yeux, les relevant juste ce qu’il fallait pour suivre Cooper. Il me désigna un passage étroit entre deux cabanes et il me laissa passer la première et j’avançais lentement, Cooper collé à moi, fesses contre fesses. Sous le drap qui me servait de tunique, ma main droite venait de se refermer sur mon GLOCK. Je voyais le bout du boyau  qui donnait sur une courette. Au même moment, une voix étrange résonna. Je stoppai net mes pas et mon Chieur me percuta, me faisant avancer un peu plus. Je cherchai d’où provenait ce son nasillard et moqueur lorsqu’une forme se démarqua près du recoin.

- C’est avec  Farouche Fils du Désert qu’il faut discuter ! C’est lui qui possède des couilles en or !

Je me retournai vers Cooper et je lui offris un grand sourire. Je lui laissai tout l’espace pour lui permettre de sortir du boyau, non sans avoir reçu les commentaires chaleureux de HawkEye. Malgré mon côté taquin, j’avais toujours mon GLOCK, dissimulé par le drap. La Shéhérazade ne ratait jamais une cible d’aussi prêt …

- Ce territoire appartient à tous les Humains ! De quel droit oses-tu dépouiller les pauvres ?



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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Mar 28 Fév - 20:41


Dizzie avait le don d'apparaitre de nulle part sans crier gare surtout lorsqu'elle était sur ce qu'elle considérait comme son territoire. Elle ne dérogea pas à ses vieilles habitudes. La palabre était pour la forme quand il s'agissait des Humains du Bidonville. C'était bien différent quand elle croisait des Asariens un peu paumés. Elle n'avait pas froid aux yeux et ses serpents étaient redoutés par les touristes en mal de sensations fortes. Car c'était l'arme de Dizzie. Cette chère vieille avait le don de parler aux serpents et de les faire obéir. Elle en avait une sacrée collection dans les replis de sa djellabah et certains pouvaient rendre malade même un Asarien le temps que  leur blood healer opère. Pour avoir la paix et éviter le mauvais œil du serpent, la plupart versait l'obole demandée. Bien entendu la Milice connaissait la vieille Dizzie Big Parbuffle, surnom qu'elle devait à sa poitrine généreuse aussi célèbre que sa mauvaise humeur légendaire, mais  elle n'était pas trop ennuyée, on ne savait jamais avec cette vieille sorcière à serpents... Personne n'avait envie de se réveiller avec un serpent dans son lit.

Je m'interposai immédiatement tout en marmonnant entre mes dents à l'attention de Pearson.

- Fais gaffe Pearson, ne l'énerve pas. Elle a assommé un milicien à coup de poitrine un jour et elle a à moitié étouffé entre les deux un type qui avait tué un de ses serpents.

- Hey mes beautés, on se calme! Alors Dizzie, tu ne reconnais pas ton cow boy préféré ?


Dizzie se figea et scruta le drap bleu puis me prit par les épaules pour m'amener dans la lumière du jour.

- Par le serpent minute ! Des yeux aussi bleus avec un visage tout bronzé, ça peut être que mon petit Roy ! Tu as encore grandi, toi ! Acheva-t-elle en me serrant contre elle à m'étouffer.

- Non, je pense pas Dizzie. Comment ça va pour toi ? Tu arrives à avoir ta ration d'eau ?  Au fait je te ...

Je m'interrompis, trop amusé de laisser Pearson se démerder avec la vieille mendiante qui lui tournait autour pour jauger la qualité du p'tit lot.

- C'est qui cette beauté ? Elle a pas sa langue dans sa poche ta fiancée! Elle a de bonnes dents ?

La vieille posa ses mains sur les hanches de Pearson et je plissai les yeux pressentant une catastrophe imminente.

- Des hanches bien larges ...


- Dizzie ...


- La croupe généreuse...

- Dizzie ...

- Quoi, c'est bien pour faire des petits Cooper !

Je ne voyais que les yeux ronds de Pearson et impossible de voir son expression sous le drap. Soit elle était sur le point d'exploser, soit elle se foutait de ma gueule.

- Dizzie, on cherche en fait ... On cherche le fiancé de cette demoiselle ...


- Quoi  ??? Tu t'occupes des femmes qui sont abandonnées par leur fiancé au lieu de chercher une pour toi ?  Mais ta pauvre mère, qu'elle repose en paix avec le Très-Haut, elle serait tellement affligée de voir que son fils n'a pas encore donné de descendance.

- Laisse maman où elle est s'il te plait ...

- Quoi ?? Je la connaissais moi, et mieux que personne Eileen Cooper. Ce nom ne doit pas s'éteindre et tu es le dernier!   Et vous jolie biche ! Au lieu de courir après un homme volage qui vous a abandonné, ouvrez les yeux et voyez qu'il y en a pas loin qui sont dévoués et ...

- Dizzie  !!!


- Quoi ?

- Notre ami est peut-être en danger de mort !

- Aahh parce que c'est ton ami ? En danger de mort ? D'accord, dans ce cas ... ça change tout. Roy est toujours prêt à aider ses amis. Il vous le retrouvera ...  Vous auriez  son nom et puis une photo ? Mais d'abord allons en lieu sûr pour un thé bien chaud...


Dizzie ouvrit la marche en me tirant par le bras et nous emmena jusqu'à sa cabane en tôle ondulée dont l’intérieur était recouvert de tapis et de nattes. Elle nous invita d'un geste ample à nous asseoir sur les coussins et mit un vieille bouilloire cabossée sur le feu.

- On n'a pas de photo Dizzie, tu sais bien que ce serait trop risqué pour nous.


- D'accord mais vous pouvez me décrire ce chanceux fiancé qui a une fiancée, lui. Tu vois que tes camarades ont le temps malgré le danger ... Tu dis toujours "avec la vie que je mène , pas moyen ..."


Pearson et moi répondîmes en même temps.

- Bon, alors, Steve est grand et plutôt musclé et élancé  mais pas très baraqué, un châtain dégingandé tu vois, un visage aux traits fins, plutôt dans le genre charme anglais raffiné au regard très expressif, plein de malice et très observateur un visage assez banal, les yeux marrons et les cheveux toujours en désordre. Il parle vite et trop. Un jeune très très bavard voilà.

Tout en écoutant notre cacophonie Dizzie avait dégagé son visage aux traits réguliers du voile qui la dissimulait partiellement. Sa peau ridée ne parvenait pas à effacer les vestiges d'une grande beauté.

- Je vois que vois êtes d'accord . Je vois aussi de qui vous voulez parler ...

Son regard s'assombrit.

- Dis-nous, s'il te plait Jida ?


- Le thé d'abord avant les larmes. Et puis tu ne m'as pas présenté ton amie ! Et puis défaites un peu vos draps que je vois vos figures dans ma maison.

Elle servit le thé tandis que nous nous mettions à l'aise. Dizzie reposa la théière et scruta Pearson.

- Une vrai biche ... mais une vraie femme. Il lui faut un homme, pas un petit garçon.

Je vis Pearson lever les yeux au ciel et je ne pus m'empêcher de sourire pour la narguer.

- Aahh regardez moi ce sourire! Avant il illuminait ma rue ! Le même que son père ! Presque aussi beau que lui ! James Cooper, ça c'était un homme ! La paix sur lui !  Buvez tant que c'est chaud ...


Je pris ma tasse et humai la bonne odeur de la menthe. Des  tas de souvenirs revinrent à la surface et la vapeur me piqua un peu les yeux.

- Alors tu penses avoir vu Steve ?


- Le fils Roswell ? Bien entendu ! Je le connais ce gamin ! Son père aussi le cherche partout. Il est presque aussi connu que toi même dans notre quartier. Ce pauvre homme si c'est pas malheureux. Il erre comme une âme en peine en demandant tous les jours si on ne l'a pas vu.

- Et ? Tu l'as vu ? Ou pas ? Demandai-je en buvant une gorgée.

- Oui je l'ai vu ... Il entrait dans les Enfers ... Par la bouche d’égout que prend souvent une petite blonde très têtue qui râle toujours.  D'ailleurs qui vous dit que ces deux là ne font pas picoti picota ensemble. Pardon mademoiselle mais ... Je crois les avoir vu ensemble un soir ...  Mais depuis la nuit où je l'ai vu descendre il n'est jamais remonté. Soit cette diablesse l'a scouic.

Dizzie accompagna la fin de sa phrase d'un geste évocateur au niveau du cou.

- Soit c'est les fantômes. Il y a des fantômes qui font trembler la terre dans ces galeries.Dizzie voit tout, personne la voit, parce qu'elle compte pour rien, mais elle, elle voit tout et sait tout !

Je me tournai vers Pearson.

- Si tu as des questions à poser à Jida, des questions auxquelles je n'ai pas pensé... Tu le connais mieux que moi, c'est ton coé ... ton fiancé...


Puis jetant un regard sévère à Dizzie, je lui reprochai
- D'accord Dizzie, laisse moi te dire que tu ne devrais pas trainer la nuit dehors. Tu connais les risques avec le couvre-feu !

Ma voix s'enroua.

- Je sais mon grand ... Mais Loukoum s'était encore sauvé. Et tu sais que c'est mon préféré et les bêtises qu'il peut faire . D'ailleurs en parlant de ce polisson ... Viens-là mon bébé.

- Pearson ne bouge surtout pas ... tu as un serpent minute lagon sur l'épaule.


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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Mer 1 Mar - 11:37







Nous étions au milieu de nulle part, dans une autre partie du monde et pourtant nous n’avions pas quitté le Bidonville. L’Humanité était une espèce exceptionnelle pour toute la riche de ces origines qu’elle portait en son sein. Le vent chantait entre les murs et s’engouffrait dans les petites cavités qui nous entouraient. On pouvait presque imaginer une musique ensorcelante venue de l’ancien temps, berceuse énigmatique. Malgré nos draps sur le dos qui nous enveloppaient presque totalement, nous avions été repérés. Je m’étais tournée vers la voix féminine qui venait de nous barrer la route tandis que Roy s’évertuait à me calmer discrètement devant le ton que j’avais employé. Elle se nommait donc Dizzie. Une connaissance à Cooper qui le scruta durant quelques secondes avant de le reconnaitre. Je soupirai de cette lenteur. La diplomatie avait une limite pour moi ces derniers temps, mais apparemment Hawk savait y faire quand il le voulait. Son charme opérait sur cette mystérieuse femme voilée. Elle lui échappa très vite, une fois qu’elle distingua le visage de mon binôme pour tourner autour de moi comme si j’étais une pièce de chair fraiche à vendre sur le marché. Et, malgré le long tissu qui me couvrait, ses mains s’aventuraient sur mes courbes. J’essayais tant bien que mal de ne rien dire, mais mes yeux sombres fixaient Cooper qui avait perdu de son éloquence. Si j’avais pu lui tirer une rafale de cartouches rien qu’avec mes yeux, je l’aurais fait. Il ne perdait rien pour attendre.

La conversation dévia sur un autre sujet et elle me laissa en paix. Enfin, pas si certaine que cela. Cooper prenait un malin plaisir à me faire chier et Dizzie le croyait comme si de sa bouche en sortaient les saintes paroles. La vieille femme accepta de nous aider à découvrir ce qui était arrivé à Steve et elle nous guida vers son abri qui était à son image : original et teinté de secrets étranges. On s’installa sur les coussins qu’elle nous proposa et elle nous prépara du thé. Nous répondîmes à ses questions pour construire une vision bien précise de Steve. Le verre de thé entre mes mains, sa chaleur me réchauffait et m’apaisait. Je retirai enfin le drap qui dissimulait une partie de mon visage comme elle l’avait souhaitée et je libérai mes cheveux longs bruns de cette gangue de tissu. J’humai le parfum intense du thé qui s’échappait jusqu’à moi. Son odeur était envoutante. Dizzie continua son analyse sur ma petite personne. Je voyais Cooper jubilait et j’imaginais déjà ses mots quand nous serions seuls : Steve, c’est un petit toutou, un p’tit garçon, même Dizzie l’a dit ! C’est pas moi ! Qu’est-ce que tu fous avec lui ? Pourquoi tu l’as choisi lui à ma place ?

Je chassais cette scène et je portais le thé à mes lèvres. Il y avait tant de légendes sur ces infusions que j’étais prêtes à les croire. Son gout était unique, un mélange d’arômes que seule Dizzie était certainement maitresse. Le visage du Rebelle m’apparut. Je savais que le père Roswell cherchait son fils. Je passais très souvent à la Taverne et à chaque fois, cet homme me confiait l’espoir de le retrouver. Hmm, mais quelque chose me dérangeait mes pensées. J’avais senti une caresse, un contact étrange, un mouvement fluide qui s’était répandu le long de mon dos pour remonter très lentement et sournoisement sur mon épaule. Aux mots de Cooper, je compris pourquoi j’avais la chair de poule. Avec un calme froid d’une tueuse, je posai  délicatement mon thé devant moi et je cachai mes mains sous le drap qui me servait de vêtements sans gestes brusques.

- Retirez - moi votre « Bébé » immédiatement  de mon épaule. Je ne suis pas très patiente.

- Doucement ma biche,  quel caractère de femme tu as trouvé-là mon petit Roy ! Mon Bébé, il ne fera de mal à personne sans mon aval.

Le serpent-minute poursuivit son chemin sur mon bras avant que sa propriétaire ne se lève et le prenne pour le poser autour de son cou, comme un collier ou une écharpe qui lui tiendrait chaud pour l’hiver. Sous le drap qui m’habillait, mes phalanges s’étaient contactées sur la crosse de mon GLOCK que je tenais fermement. Je n’avais plus qu’un désir, dégommer ce serpent, mais ce n’était pas le moment approprié pour faire autant de dégâts. La priorité c’était de savoir ce qui était advenu de Steve et je me concentrais sur les questions qui pourraient nous apporter des réponses supplémentaires. Dizzie comprit que je réfléchissais.

- Concentrez-vous sur son visage, sur vos derniers moments ensemble, avec votre fiancé.

- Ce n’est pas M.O.N  F.I.A.N.C.E ! C’est un A.M.I  dis-je en sifflant entre me dents et en séparant les syllabes pour que l’information rentre dans la tête de Cooper par la même occasion. Dizzie se tourna vers Roy surprise et perdue par nos échanges. Je repris.

- Cooper n’aura plus d’outils pour faire des petits Cooper une fois que nous serons sortis de chez vous. Ho, mais ne vous inquiétez pas, je ferai ça de manière vite et directe.

Je lançai un regard noir à Hawk qui avait perdu son petit sourire moqueur. Dizzie s’efforça à comprendre ce qui se tramait entre nous.

- Mes enfants calmez-vous ! Vous êtes en train d’émettre des ondes de diverses natures qui perturbent mon interprétation. Il faudra que je m’occupe de vous deux après tout ça. La tension qu’il existe entre vous est mal calibrée. Il faut la tempérer et l’utiliser A bon escient. J’ai des filtres très intéressant qui apaiseront vos chakras.

- Oui … Calibrons-là … pour l’étrangler, c’est un bon exemple !

- Canalisez vos forces pour retrouver votre ami. Pouvez-vous m’en dire plus. [/color]

Je fermai enfin mes yeux pour chercher dans ma mémoire ce que j’aurai pu oublier.

- Non … Vous avez tout vu. Il devait se rendre dans les souterrains de la cité pour tenter d’entrer en contact avec une connaissance à lui, peut-être cette même blonde  que vous avez mentionnée. C’est à partir de là qu’il n’est jamais revenu.

Quelque chose me revint alors à l’esprit, mais cela n’avait rien à voir avec Steve.

- Parlez-nous des fantômes qui font trembler la terre?
Cooper, tu te souviens, cette nuit-là … tu as dit quelque chose dans mon oreillette d’incompréhensible. On captait mal, mais tu parlais de visages.


A cet instant-là, le visage de Roy changea et blêmit. Il ne m’avait jamais raconté ce qu’il avait vu. Il ne s’était pas confié…  



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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Mar 4 Avr - 20:55

Au moins maintenant, je savais que Pearson et les serpents faisaient deux, alors qu'ils m'avaient toujours fasciné par leur mue, leurs couleurs et la douceur de leur peau. Bon, Dizzie m'y avait beaucoup aidé. Comme nombre de gamins du Bidonville dont les parents devaient trouver subsistance la journée par de petits boulots ad hoc ou dans les Dômes Asariens, j'étais livré à moi-même, aucune foutue école n'étant prévue pour des gamins tels que nous. Nombre de ces gamins étaient partiellement élevés et gardés par des "anciens" trop vieux pour travailler. Nos anciens à nous, sans majuscule. Pourtant on les respectait. Dizzie en faisait partie. Il courait des bruits selon lesquels elle avait été la maîtresse d'un puissant Ministre, son esclave favorite, puis avec les années, sa beauté ayant changé, n'avait plus été au goût de ce salaud. Dizzie avait alors fini dans le Bidonville et était alors devenue ce qu'elle était aujourd'hui. Une sorcière à serpents, une jeteuse de sorts, pour autant qu'on croie à ces fadaises. Mes parents l'avaient toujours aidée, s'assurant qu'elle ne manquait pas des produits de première nécessité, ne souffrait pas trop du froid. Les rudes hivers, nous partagions la chaleur de notre feu et quelques contes à dormir debout ou à hérisser les cheveux sur la tête avec celle qui me faisait l'appeler Dija.

Plus tard, je farfouillai dans ces livres qui s'empilaient au fond de sa cabane et je trouvai le sens de ce mot: Grand-mère. Moi qui ne risquait pas d'avoir connu la mienne-quel enfant pouvait s'en vanter dans le Bidonville ? - j'avais été touché par cette marque d'affection. Dizzie était la seule famille qui me restait, le seul lien encore vivant avec ma vie passée. Je me doutais qu'elle avait eu un petit faible pour mon père bien qu'il était plus jeune de dix ans. Mon père était un homme qui plaisait aux femmes, sans faire d'efforts, un type ouvert et rieur dont j'avais hérité le caractère facétieux étant gosse. Puis la vie et ses merdes avaient légèrement remodelé la donne. Aujourd'hui ce qui subsistait en moi, c'était le caractère buté et colérique de ma mère. La gouaille Cooper et le gamin rigolard avaient disparu au profit du pitbull renfrogné. Et un regard clair très expressif qui permettait de lire à livre ouvert mon état d'esprit pour peu qu'on me connaisse un peu. Je n'étais pas doué pour la dissimulation ou le double jeu.

Je haussai les épaules lorsque Pearson s'énerva en épelant les mots comme si j'étais un demeuré. Les femmes, que des complications. Mais les mots restaient des mots, épelés ou dits normalement. Les actes seuls comptaient. Depuis un moment, Shadow et moi n'étions plus sur la même longueur d'onde. A la réunion au QG notre divergence s'était affichée au grand jour, non seulement au sujet de sa collaboration avec Steve mais également aussi au sujet de notre association avec les Pacificateurs. Une fissure qui ne faisait que se creuser. Ce que j'avais vu dans les souterrains et gardé pour moi accentuait encore davantage mon sentiment d'isolement . Mais en parler n'aurait fait que me stigmatiser encore plus aux yeux des miens. HawkEye, le type qui voit des choses dans les souterrains... J'avais donc fermé ma gueule... Et là aussi je la fermais encore... alors que Pearson fantasmait plusieurs façons de me faire trépasser, émasculation, strangulation ... Je faisais bonne figure même si chaque propos hargneux me faisait de moins en moins rire et de plus en plus reculer dans mon mutisme.

- On est là pour essayer de trouver des pistes au sujet de Roswell... Recentrons-nous sur cette préoccupation, s'il vous plait ... Les fantômes qui font trembler la Terre ... Et si c'était ces types en blanc qu'on a vu sortir ce fameux soir de l'égout vers le Garage  O'Donell ?

Pearson avait le don de parler de choses qui fâchent et je n'avais pas l'intention de passer encore plus pour un taré à ses yeux.  Pas plus qu'aux yeux des autres Rebelles.

- Ils venaient de faire sauter une galerie. Il y avait de la poussière et de la fumée partout. On n'y voyait pas à un mètre. J'étais secoué par ce qu'on venait de voir sortir du souterrain. Dans ce genre de moment on voit à peu près tout et n'importe quoi et j'ai cru voir des ombres ...Mentis-je évasivement.

Je me tournai vers Dizzie.

- Tu crois que ces mecs en blanc de la Milice sont revenus et seraient tombés sur Steve ?


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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Jeu 6 Avr - 12:35







Le comportement capricieux et changeant de Roy ne m’aidait pas. Il n’avait pas arrêté depuis le début de me provoquer et maintenant que je répondais à ses mots, il se renfermait dans son mutisme. Il était capable de bravades, d’agaceries, mais c’était toujours pour une fin utile, mettre à bout de nerfs un ennemi, faire parler un indic apeuré. Là depuis la réunion au QG des Rebelles, la conversation tournait toujours autour de lui, de ce qu’il avait ressenti parce qu’Evan l’avait remplacé dans une mission par un autre membre de la rébellion, lui, disparu. Je ne sais plus combien de fois je lui avais expliqué et même Evan s’était essayé de lui faire comprendre la raison étant donné qu’il était lui aussi sur une mission. Mais non. Rien n’était assez bien à ses yeux, rien ne lui convenait. Rien. Mais jamais il ne m’avait demandé ce que moi j’avais ressenti en bossant avec un autre agent que je connaissais peu, juste de réputation et par rapport à son père,  le vieux propriétaire de la Taverne. Apparemment, pour Roy Cooper, ce n’était pas une priorité. J’avais reçu des ordres et on m’avait donné Steve Roswell comme partenaire parce que c’était urgent et que mon binôme était en mission délicate. Qu’est-ce qu’il ne comprenait pas dans cette histoire, a toujours revenir sur cette situation ? Est-ce que moi j’avais eu mon mot à dire quand on m’avait assigné un nouveau partenaire par ce que l’urgence était de nature trop dangereuse pour attendre le retour de Roy ou même allait le retrouver et le déloger de sa mission ? Puisqu’un mur s’était levé entre nous deux et qu’il s’évertuait à le laisser ainsi, en faisant reposer sur moi l’erreur d’avoir obéit à des ordres,  je ne me battrais plus contre lui pour lui faire entendre raison.

Roy nous avait amenés ici pour chercher des réponses sur la disparition de Steve Roswell et j’avais fait une promesse à son vieux père que je lui amènerai des réponses à toutes ces questions. Ce père ne se leurrait pas sur le danger ni sur la place de son fils dans la Rébellion. La seule chose que je pouvais faire, c’était au moins apaiser l’esprit d’un père, de chercher à délivrer Steve s’il était tombé aux mains de l’ennemi … ou … lui rapporter le corps de son fils. Je m’étais engagée à le faire. Je n’avais qu’une parole. Je ne savais pas qui était Dizzie, ni son lien avec Roy. Nous avions chacun nos secrets et je m’apercevais qu’on ne savait rien l’un sur l’autre, sauf ce que nous voulions montrer ou insinuer. Un jeu des masques que nous savions tous faire, nous les Humains, pour nous protéger, pour cacher nos erreurs, nos manquements et nos souffrances. Quelle vie de merde !

La conversation chargée d’électricité et de petites réflexions bien placées, changea aussitôt. Je détournai mes yeux de mon … de Roy pour scruter le petit feu qui crépitait  près de nous. Un petit chaudron chauffé au-dessus et pourtant ce n’était pas de là que venait l’eau chaude pour le thé, mais d’une bouilloire. Cela devait être la soupe pour le diner … certainement. Qui étaient ces fantômes qui faisaient trembler la terre ? Seul Roy avait été dans les galeries cette fameuse nuit. Je fermai mes yeux, non pas pour me souvenir de cette soirée, mais pour écouter l’intonation de la voix de Roy. Je connaissais sa voix : elle pouvait être rageuse, acerbe, ronchonneuse, comique, sérieuse …mais pas ça … pas ce que j’entendais et ce que je sentais comme autre chose que je n’arrivais pas à saisir.

- Dizzie, Roy ne se souvient pas de tout, mais c’est le seul qui était là-bas, dans ces galeries. Je me souviens de sa voix dans mon oreillette, il a vu peut-être vu quelque chose que son subconscient à occulter parce que c’est …

- …Trop dur pour que tu le racontes mon petit Roy ? C’est possible. Attendez, j’ai peut-être un moyen.

La vieille femme aux gestes sages et exotiques se leva de toute sa hauteur devant nous et chercha dans une étagère, au fond de son abri, un petit flacon qui contenait une poudre de couleur orangée. Elle prit avec elle une écuelle en bois usée et un pilon. Dizzie revint auprès de nous et elle étala ses ingrédients  sur le tapis. Elle fit couler la poudre dans le bol lentement et elle y ajouta une pincée de quelque chose qu’elle sortir de dessous sa longue tunique et soudain, le contact des deux poudres forma une petite explosion et un nuage coloré s’éleva dans nous.


Je sursautai devant l’effet du phénomène et elle murmura un chant dans une langue inconnue pour moi. Doucement, elle me demanda  dans sa transe :

- Jette un de tes cheveux dans l’écuelle. Les esprits n’attendent pas.

Sceptique, parce que ce n’était pas moi qui étais allée dans les souterrains, mais Roy, j’accédai quand même à sa demande et je jeter un cheveu dans cette préparation mystique. Dizzie se tourna vers Roy. Ses yeux semblaient avoir changé d’aspect, mais j’étais incapable de dire de quelle manière. Le serpent minute qui avait eu la bonne idée de ramper sur moi, un peu plus tôt, s’agitait autour de sa maitresse. Un autre glissa le long de l’étagère et avança lentement vers sa maitresse. Je devais contenir ma peur face à ses bestioles.

- Roy … fais confiance à ta Dija …

Elle lui prit la main aussi tendrement qu’une mère ou une grand-mère devant un Etre cher à son cœur. Du bout d’une aiguille, elle piqua l’index de Roy et quelques gouttes de son sang se mélangèrent à la mixture ce qui provoqua une seconde manifestation étrange. Le nuage de fumée venait de changer de couleurs, plus sombres. La main de Dizzie trembla, Elle trembla ses doigts dans le bol, et dessina grâce à cette poudre quelque chose sur le sol …

- Qu’est-ce que … c’est.

Je me penchai pour mieux détailler ce dessin qui avait la forme d’un visage particulier …

- Roy ?! Tu as déjà vu cela ? Ça ne ressemble pas à un Etre … Humain …

- Parle Mon Grand, les esprits t’aideront à mieux comprendre et à vous guider vers votre ami.

Dessin de Dizzie:
 



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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Sam 22 Avr - 16:38

" Si tu veux connaître un homme véritablement, alors connais ses amis et demande leur qui il est ..."



Je comprenais la colère de Shadow. Quelque chose était en train de changer. Nous nous éloignions l'un de l'autre. J'étais triste de ce constat mais avec le recul, il était inévitable que je me détache d'elle et des Rebelles. Leurs choix se comprenaient. Ils partaient d'une intention noble que je ne remettais pas en cause. C'était moi qui clochais. J'avais toujours été un mec indépendant. D'ailleurs, c'était un jeune mec un peu timbré qui, tapis sur les toits en tôle ondulée des Bidonvilles, guettait les Miliciens et leur tirait dessus sans sommation qu'Evan, Ethan et Duncan avaient recruté à une certaine époque. Ils n'avaient pas dû intégrer le fait que je n'avais plus grand chose à perdre à part une forme d'honneur étrange. Et une vieille grand'mère qu'ils avaient certainement zappée du fait qu'elle n'avait aucun lien de parenté avec moi. Depuis que j'avais adhéré la cause des Rebelles, je n'étais motivé que par trois choses : leur cause qui me paraissait légitime, Dizzie et la population du Bidonville, leur survie, leur bien être. Le seul lien, le seul rachat possible envers ma famille qui avait été massacrée par ma faute. Et Shadow. Ma coéquipière, mon binôme. Sa vie était plus précieuse que la mienne. A mes yeux je n'étais là que pour lui permettre d'opérer, de mener la mission, pour sauver ses miches. Même si je lui laissais croire de temps en temps qu'elle sauvait les miennes... Shadow avait des aptitudes au combat qui me sidéraient.

Au début, il m'avait fallu composer avec ça: elle n'avait pas besoin de moi pour assurer ses arrières et c'était elle la nounou du chien fou. Evan, Ethan et Duncan étaient des mecs bien, mais ils n'avaient dû voir en moi qu'un merdeux demeuré doué pour le snip mais qu'il fallait canaliser. Ils m'avaient d'abord associé à un mec qui était devenu mon frère d'armes et de cœur. Un tir m'avait arraché cet être qui arrivait à me faire sourire, partageait et compatissait à mes looses avec les femmes, savait ce que j'avais perdu, là-bas dans le Bidonville, ce que je me reprochais, bien qu'il essaie de me convaincre que je n'y étais pour rien. Puis il était mort. Quand Evan et Ethan avaient voulu m'imposer Elisabeth Pearson comme nouveau binôme, ils voulaient tout simplement me sauver de mes tendances suicidaires. Seul, j'allais au feu comme un berseker. En me confrontant à une responsabilité envers la vie de mon binôme, ils souhaitaient me canaliser. De tout cela, je n'avais rien su avant d'avoir une discussion sans détour avec une autre petite humaine qui venait de toucher mon cœur endurci : Lia Walden. Elle était infirmière au dispensaire. Sa douceur faisait que je n'osais pas trop sortir mes armes d'ours rugissant. Avec elle, j'arrivais à parler un peu et sans bravache. Le masque ne tombait pas, mais il s'animait. Ok j'espérais mourir rapidement et en étant utile, à l'époque. Il y avait Dizzie et puis Lia, mais cela ne suffisait pas à alléger ma culpabilité que je trainais comme une peine. Ma famille massacrée parce que la Milice avait cru qu'elle me couvrait alors que je venais d'être identifié comme le snipper qui les descendait du haut des toits. J'avais choisi ce soir-là pour ne pas rentrer et en abattre quelques uns en nocturne, sauf qu'entre temps ils avaient mis un nom sur le visage filmé par une caméra fraichement ajoutée à l'angle d'un bâtiment. Si j'avais su pour cette caméra, j'aurais porté une cagoule... Mais je ne savais pas. Qui aurait pu me le dire ? Les miens étaient mort à cause de ça.

Quelques semaines plus tard, les Rebelles m'avaient coincés pour une entrevue à laquelle Ethan O'Donnell avait tenté de me préparer, nos deux pères étant de vieux amis. Ma vie n'était qu'un champ de ruines. J'avais cru, en épousant leur cause, que mes fantômes me lâcheraient... Ce fut le cas, jusqu'à la mort de Myke Gryder. Puis il y avait eu Shadow, que j'avais rejetée dans un premier temps, et qui m'avait permis de croire que ma vie avait encore un sens. Mais c'était jusqu’à cette mission sans moi, jusqu'à cette réunion au QG, jusqu'à ce cauchemar... Il y avait plusieurs façons de perdre quelqu'un de cher. La mort pouvait vous l'arracher. Mais il pouvait aussi se détourner, s'éloigner de vous... continuer à avancer sans vous... Et ça je ne l'avais encore jamais expérimenté. Je ne savais plus ce que je ressentais mais la douleur ne passait pas. C'était comme un harpon planté et qui rappelait sa présence chaque fois qu'elle tirait sur la ligne.

Aujourd'hui je l'avais menée jusqu'à Dizzie parce qu'elle demandait de l'aide pour Steve et que je savais que ma vieille Dija pouvait savoir des choses que j'ignorais sur les allées et venues  dans le Bidonville. Mais j'aurais dû me douter que cette combinaison de deux femmes me serait fatale. Déjà quand j'avais seize ans, je ne pouvais rien cacher à ma mère et ma sœur réunies.

flash-back:
 

- Arrête tes conneries Dizzie, autant que tu le saches, Elisabeth n'est pas du tout sensible à ce genre de salamalecs et autres pouvoirs magiques.


Je tentais d'éviter que Dizzie se grille totalement aux yeux de Pearson. Plus pragmatique qu'elle il n'y avait pas. Je l'étais déjà beaucoup, sauf concernant les pouvoirs de Dija, mais à côté  de Shadow, j'étais un doux rêveur. Cette fille était dans l'incapacité de croire autre chose que la trajectoire d'une balle.

Les paroles de ma vieille amie me devancèrent alors que je tentais de me fermer totalement. Les questions de Shadow me ramenèrent quelques jours en arrière. En découvrant le dessin sur le sol  je bredouillai, effaré :

- C'est sans doute quelque chose qu'il vaut mieux ne pas réveiller ... Quelque chose .... issu de mon subconscient... Tu sais bien Dija, que je suis suivi pour un TPT au dispensaire... Ça, c'est sans doute l'expression de toute la violence latente contre laquelle je lutte à l'intérieur de moi... Dija, pourquoi tu lui montres ça ? Tu veux qu'elle ne me fasse plus confiance ? Tu as sans doute raison... Je ne suis pas digne de confiance de toute façon ... Les gens qui me font confiance meurent ...


Je me levai et posai ma tasse de thé vide.

- Maintenant, Dizzie, guide-moi plutôt vers cette petite blonde qu'aura probablement suivi Steve ... Je sais Pearson ton ego et ton charme sur les jeunes mecs en prennent un coup, mais je pense qu'il a pu suivre la trace de cette blondinette ... Je retrouverai Steve, tôt ou tard et j'espère vous le ramener bientôt...

J'avais accompagné ma demande de signes sans équivoque à l'attention de Dizzie. Il y avait longtemps que nous communiquions dans ce langage corporel très peu détectable par les autres. C'était un peu déloyal envers Shadow, mais je voulais la protéger de ce que j'avais vu. Néanmoins , je savais que chaque souhait n'était pas anodin lorsqu'on le confiait à Dizzie et je me trouverai tôt ou tard en face de la petite blonde en question... De Steve possiblement ...
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Elisabeth Pearson
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Activité/Profession : Agent de terrain / Bosse au garage d'Ethan O'Donnell

MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    Ven 28 Avr - 19:06





J’aurai voulu en découvrir d’avantage. J’aurai aimé que Roy ne se renferme pas sur lui et qu’il dise tout ce qu’il savait au sujet de ce dessin étrange. Ce visage mystérieux et qui n’évoquait en rien les traits d’un humain, semblait le bouleverser. Je n’avais jamais vu cela et Dizzie était préoccupée par l’attitude du Rebelle qui était bien décidé à ne rien révéler. Je pensais que nous étions là pour trouver des informations, des indices sur la disparition de Steve. J’avais cru un instant que nous reformions une équipe. Je m’étais trompée. Dizzie avait touché un pont sensible dans ses révélations et Hawk redevenait distant. Il se releva en échangeant des mots avec la vieille femme et quelques signes que je devinais comme une sorte de langage, de code entre eux. A cet instant, je me disais que c’était lui qui mettait tout en œuvre pour me mettre à part dans sa vie et que ma mission avec Steve n’avait été que le prétexte qu’il cherchait pour rebondir et pour dissoudre notre binôme. A cela s’ajoutait les nouvelles directives de la Rébellion et l’alliance que le Faucon avait accepté avec les Pacificateurs.

Dizzie attrapa fermement ma main et laissa Roy sortir de son abri. Elle plongea ses yeux énigmatiques dans les miens et  posa son index sur ses lèvres pour m’ordonner de ne rien dire. Elle laissa quelques secondes passer en écoutant les bruits de pas de Roy s’éloigner, puis elle me libéra de sa poigne et se détourna de moi. Perplexe, je la laissai fouiller dans ses étagères. Je n’arrivai pas à m’ôter de la tête ce malaise qui ne cessait de s’amplifier entre Cooper et moi. Et puis ce dessin ne m’inspirait rien de bon. Ce n’était pas humain, alors qu’est-ce que cela pouvait-il être ? Des machines ? Des nouvelles expériences soties du Centre de recherches ? Je restais persuadée que Hawk en savait davantage, mais que la vérité était pénible pour lui. Le subconscient pouvait nous faire occulter des souvenirs douloureux pour ne pas souffrir et depuis cette nuit, depuis qu’il s’était engouffrait dans les tunnels … Roy avait bien changé. Il me rendait coupable de son comportement et de sa mauvaise humeur, mais je me demandais si ce n’était pas pour me mettre sur une mauvaise voie, pour éviter que je fouille d’un peu trop près ce danger qui l’avait marqué. Je n’étais pas descendue dans ces galeries et c’était l’occasion d‘aller faire un tour dès que je serai libre de toute mission. Je ne trouverai peut-être plus rien une fois sur place, mais le moindre petit indice pourrait m’éclairer sur ce dessin. Hawk m’éloignait d’un terrain dangereux pour me protéger et lui, que comptait-il faire ? Y retourner tout seul ? Chercher cette fameuse blonde dont on ne connaissait rien sur elle, pas de renseignement sur elle, même pas un nom ? C’était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.

- Tu vas devoir être très prudente. Les prochaines lunes sont annoncent le chaos. Roy dit que tu ne crois en rien … Je pense le contraire, mais tu t’obstines à ne pas ouvrir tes yeux et ton cœur.

Elle leva sa main alors que j’allais protester. Je soupirai et je me tus devant cette femme que je commençais à apprécier. Dizzie me présenta une grosse bourse en tissu fermée par un vieux cordon dont elle me dévoila le contenu qu’elle étala à mes pieds. Cela ressemblait à des morceaux de roche blanche de différentes formes.

- Ce sont des morceaux de sodium. Sais-tu ce qu’ils provoquent au contact de l’eau ?

- Une explosion

- Cela ne provoquera pas de gros dégâts, mais assez pour surprendre, pour faire diversion, pour vous enfuir. Je vois de l’eau … Beaucoup d’eau autour de toi et de mon petit Roy. Vous allez êtes confrontés à vos pires cauchemars. Ne perd pas cette bourse, elle te sera très utile.

Ses mots me glacèrent. Je commençais à avoir de l’admiration pour cette femme qui m’impressionnait. Je m’agenouillai devant Dizzie et je l’aidai à rassembler les fragments de sodium. Il y en avait de toutes les tailles.

- J’en prendrai soin.

De nouveau, elle serra énergiquement mon bras. La vieille femme ne se voulait pas autoritaire. Elle se voulait prévenante.

- De lui aussi, il faudra que tu prennes soins. Ne lui en veut pas. C’est un bon petit. Il n’y a rien d’insurmontable quand on le souhaite. Ne baisse pas les bras.



HRP : Merci à Roy pour ce rp qui laisse pas mal d'interrogations pour de nouvelles aventures  



Nom de code : Shadow - Binome de Roy Cooper
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MessageSujet: Re: [Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)    

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[Intrigue le Dôme maudit] Shit happens (pv Elisabeth Pearson et Dizzie Big Parbuffle)
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