(terminé) Once upon a time (pv Scarlett)

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Gabriel Laymann
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MessageSujet: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Dim 22 Mai - 23:40

Il était une fois ...  un après midi comme les autres quelque part sur la Terre ...




- Et alors, le dragon dit à la princesse: "Méfies-toi de ce Prince. Il est bien trop propre sur lui pour avoir gagné son royaume lui-même." Hélas la princesse était trop amoureuse pour voir que le prince était un menteur et elle tança rudement le dragon qui se réfugia dans la forêt pour y cacher son chagrin.

Les enfants étaient suspendus aux mots de Gabriel et il leur sourit en égrenant quelques notes sur sa guitare acoustique.
- Et c'est depuis qu'on dit qu'il ne faut pas sortir des Dômes parce qu'on risque de se faire brûler, car le dragon pourrait surgir de la forêt et cracher des flammes.

- Elle est pas très joyeuse cette histoire. C'est nul, c'est à cause d'une fille que le dragon est allé se cacher dans la forêt et qu'on est bloqués dans les Dômes.


Gabriel hocha la tête en signe de dénégation.

- Mon histoire n'est pas triste, car elle n'est pas finie. En plus on est bien dans les Dômes, c'est un peu comme un Royaume magique. Tout le monde a des pouvoirs.


- Toi aussi tu en as ? Mon papa interdit à ma grande sœur d'écouter tes disques car tu es "souversif" mais je ne sais pas ce que ça veut dire, sauf que ça fait peur à papa.

Gabriel soupira et fixa le ciel bleu au dessus du jardin de l’Hôpital.

- Mmmh, je suis asarien donc je suppose que j'ai des pouvoirs... Mais ce qui importe n'est pas quel pouvoir tu as ou j'ai. Ce qui importe, c'est ce que tu peux imaginer pour l'avenir.


Plusieurs enfants semblaient perplexes et en pleine réflexion. L'un d'eux finit par répondre.

- Moi j'aimerais juste guérir et rentrer chez moi ... Maman me manque ...


Gabriel arrêta de jouer et sourit à l'enfant.

- Tu sais que j'ai le même rêve ...


- Tu as une maman, toi ?


- Tous les petits garçons ont une maman ...


- Mais tu n'es plus un petit garçon ... Tu es grand, toi ...

Le clown secoua la tête tristement.

- Au fond de soi on reste toujours un petit garçon... accroché à ses rêves...

Un autre s'interposa dans la conversation.

- Mais quand même, moi j'aimerais bien savoir si cette idiote de princesse va se rendre compte que le prince est un menteur et aller s'excuser auprès du dragon ...

Gabriel lâcha le manche de sa guitare et leva les mains en signe d'ignorance.

- Qui peut savoir ? Le secret est dans ma guitare et il faudra attendre la semaine prochaine pour le connaître.

Les enfants protestèrent, un peu déçus et le Scarecrow ébouriffa la tignasse de certains, enfin, pour ceux qui en avaient encore une.

- Allons, je vois que votre infirmière vient vous chercher. Il est l'heure pour vous de regagner vos chambres... Et pour moi, d'aller écrire quelques histoires ... A très bientôt ...


Il se leva et fit un signe et un clin d’œil très suggestif à l'infirmière avant de s'éloigner sa guitare sur le dos.  Peu à peu sa silhouette devint transparente pour finalement disparaitre totalement dans le fond émeraude du jardin sous les yeux ébahis des enfants.

Quelques centaines de mètres plus loin, il réapparut sous une forme anodine avant de monter dans le tram numéro 63.


Il ne lui avait pas échappé qu'une forme suspecte le suivait depuis quelques heures ... Il s'évapora pour se rematérialiser instantanément dans le dos de la silhouette familière et murmura contre son oreille.

- Depuis quand une employée se permet-elle de suivre son patron ? Tu te prends pour une fan ? Qu'est ce que tu veux de moi qui ne pouvait pas attendre mon retour ? Un autographe, un disque dédicacé, un poster, une nuit de baise dans ma suite ? Ah non, ça tu l'as déjà eu !

Il retint une exclamation "et tu as encore mon odeur sur ta peau..."


Dernière édition par Gabriel Laymann le Jeu 2 Mar - 15:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Ven 17 Juin - 21:06

Si, dans le temps où je foulais encore le sol des bidonvilles, j'avais pris l'habitude de passer inaperçu, de n'être qu'une ombre, une âme inexistante … jamais je ne m'étais servie de cette « faculté » à des fins d'espionnage, bien que cela servait grandement en matière de vol. Pourtant ça aurait pu m'être utile, et … en l'expérimentant en ce moment même, je trouve cela très divertissant.

Sous mes airs d'espionne, j'ai aujourd'hui eu l'envie de suivre celui qui est aujourd'hui autant mon employeur que mon protecteur … entre autre, par curiosité, par ennui, par envie de jouer tout simplement. Au début, je trouvais cela assez marrant, presque excitant avec ce frisson particulier suscité par le risque d'être découverte à tout moment. A la manière des plus grandes espionnes dont j'ai pu lire les récits j'ai enfilé des vêtements sombres, je longe les murs, je marque des pauses régulièrement, je prends l'air le plus dégagé possible … Enfin vous l'aurez compris, je me fais mon petit film de mon côté … On s'amuse comme on peut.

Je m'attendais à suivre Gabriel dans des endroits divers et variés tel que le studio d'enregistrement, un restaurant chic dans lequel il serait allé rencontrer une riche fan haut placée, démarché des établissements de luxe pour accueillir son groupe … que sais-je, le genre d'endroit qu'on fréquente quand on est une star. Mais je fus surprise quand nos pas nous menèrent jusqu'à l'hôpital.
Je m'arrête devant l'enceinte du grand établissement, ne pouvant dissimuler ni mon étonnement, ni ma gêne. Me suis-je montré trop indiscrète à vouloir le suivre ainsi …Nous avons beau partager beaucoup de choses, j'ai sans nul doute oublié qu'il avait – à côté de moi – une vie privée. Cette constatation me laisse une sensation étrange au creux de la poitrine.Je sais pourtant qu'il me cache certaines choses et que j'ignore encore beaucoup de choses …
Prise par la culpabilité, j'allais le laisser à ses occupations, imaginant qu'il allait rendre visite à un proche hospitalisé ( chose qui ne me regarde absolument pas ) et tourner les talons quand je vois que finalement il n'entre pas dans le bâtiment mais le contourne pour prendre la direction des jardins. A nouveau, la curiosité est trop forte et va à l'encontre de ma culpabilité. Je ne peux donc m'empêcher de reprendre ma poursuite jusqu'à découvrir le vrai but de sa visite.



Un sourire planait sur mes lèvres quand je me relève enfin, totalement émue d'avoir pu assister à un tel spectacle, les yeux humides et le cœur léger. De ma place reculée, je n'avais pas pu entendre les paroles échangées entre Gabriel et le groupe d'enfant, mais j'avais pu observer les regards, les sourires et j'avais compris énormément de choses. Lui qui ne voulait pas croire qu'il y avait encore du bon en lui … il cache bien son jeu. Bien que je n'aurai jamais du assister à cela, je suis contente d'avoir pu découvrir cette nouvelle facette de lui.
Un Être infiniment touchant … C'est bien ce que je disais. Et plus les jours filent et plus je me conforte dans cette idée.
L'esprit encore troublé d'avoir pu partager cet intime instant, je ne réalise pas immédiatement que le chanteur s'est dématérialisé et met un certain temps avant de retrouver sa trace. Ascenseur émotionnel, on passe d'une douce léthargie à l'urgence du moment … rentrer à la suite avant Gabriel et ne pas se faire repérer … Sachant que ça n'est franchement pas évident comme défi quand son adversaire a le pouvoir de se déplacer presque instantanément d'un endroit à un autre.

J'arrive toute essoufflée dans la tram et m'agrippe à une des poignées prévues pour éviter les chutes et reprends mon souffle tout en guettant une place assise sur laquelle je pourrais me remettre de mes émotions. Perdue dans mes pensées, la voix qui se fait entendre dans mon dos me tire un cri de surprise que je ne peux retenir et mon cœur semble s'assommer contre ma poitrine sous le coup d'une trop forte peur. Je me retourne alors vivement pour me retrouver nez à nez avec celui dont j'étais censée me cacher jusqu'à arriver à bon port … Raté semble t-il … Je sens mes joues s'enflammer, mon rythme cardiaque refuser de ralentir et je bredouille des sons sans sens … comme la gamine prise en faute que je suis.

-Vous m'avez fait peur …

Je pars d'un rire nerveux, passant une main tout aussi nerveuse dans mes cheveux … Bonne technique pour gagner du temps. Je me sens pathétique … C'est sûr que pour le coup je ressemble à une de ses fans qui est prête à attendre toute une journée devant l'hôtel dans l'espoir d'avoir ne serait-ce qu'un regard du chanteur et que j'observais souvent du haut de ma chambre.

-J'étais curieuse et je hm … Je voulais un peu voir à quoi pouvait ressembler une de vos journées …

Mon sourire s'efface, je baisse le regard. C'était ça, de la curiosité … de la jalousie envers ceux qui peuvent passer leurs journées avec lui … J'étais trop envieuse de pouvoir découvrir un peu plus de sa vie.
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Sam 25 Juin - 18:02

Une moue un rien sadique mais surtout taquine se dessina sur les lèvres du Scarecrow. Les joues en feu, le souffle court et les yeux brillants d'une gamine prise en faute, elle était terriblement désirable. Et Gabriel se surprit à se mordiller la lèvre inférieure, signe d'un trouble naissant. Ce qu'il éprouvait était d'ailleurs à mi chemin entre l'embarras et l'amusement de la voir elle aussi, embarrassée.

- C'était le but... Je veux dire, te faire peur... J'espère que tu as tes papiers sur toi et ton autorisation de circuler.

Le regard amusé s'assombrit brutalement. Le chanteur lui indiqua deux places libres au fond du tram.

- Allons nous asseoir et fais comme je te dis. Il y a deux Miliciens Municipaux qui viennent de monter à l'avant. Si on nous interroge tu venais à ma rencontre et tu m'as retrouvé à l'arrêt du Tram. Personne ne doit savoir où je suis allé, tu as compris ?

Ce n'est pas pour rien que chaque jeudi matin, l'Illusionniste mettait en panne le circuit de surveillance vidéo extérieure de l'hôpital. Non seulement cela lui évitait d'être repéré par les médias ou les services de renseignement lorsqu'il venait faire sa petite visite hebdomadaire, mais surtout, cela permettait à certains patients non asariens de venir se faire soigner en cachette. Bien entendu cela ne marchait pas toujours. Parfois ils se faisaient refouler. Tout dépendait du médecin ou de l'infirmier de garde. Mais au moins, ils ne pouvaient pas être repérés à l'approche du bâtiment, par les vigiles de l'Hôpital qui alertaient la Milice chaque fois qu'ils interceptaient un Humain. Si cette petite fouineuse vendait la mèche, il ne pourrait plus venir presque incognito pour chanter avec les enfants et déglinguer l'espace d'une heure la vidéo surveillance serait plus hasardeux s'il ne pouvait pas vérifier que tout se passait bien sur place. De fait, il n'y avait jamais autant de "promeneurs" dans le jardin que ce jour-ci, à cette heure-là. Ça avait fini par se savoir. Quand le mec à la guitare était là pour les mômes, les vigiles devenaient aveugles bizarrement et ils ne sortaient pas de leur casemate pour interpeler les piétons qui franchissaient le portillon accédant au jardin. Gabriel se disait que c'était probablement à cause de son copain Francesco. Ce petit dur, qui n'avait plus un poil sur le caillou à cause du traitement, l'avait vu un jour traficoter sur son téléphone portable. Gabriel avait réagi rapidement quand le petit avait regardé par dessus son épaule mais le gamin était vif, probablement ubiquiste, et apparemment calé en ... piratage informatique.

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- Si on contrôle nos papiers, ça va attirer l'attention des médias. Ces miliciens sont prêts à tout pour arrondir leurs fins de mois en vendant des potins aux journalistes. On va savoir que Gabriel Laymann a été vu sur la ligne de tram en provenance de l'Hôpital. Génial !
marmonna l'artiste entre ses dents alors que les deux hommes en uniforme empruntaient l'allée centrale qui les conduisaient au fond du tram.

Il la serra contre lui comme l'aurait fait un amoureux et murmura à son oreille.

- Tiens toi prête !

Le premier n'était plus qu'à quelques mètres.

- Vos papiers s'il vous plait, et ôtez vos lunettes s'il vous plait, monsieur ...

- J'ai mal aux yeux, désolé ! Bonne journée à vous.

- C'est aux couilles que tu ...

Mais Gabriel ne sut jamais ce que ce Milicien ambitionnait de faire à ses parties génitales, pas plus que Scarlett, car les deux s'étaient déjà volatilisés... Sur le trottoir ... Gabriel fronça les sourcils affichant un air faussement fâché.

- Bon sang, il faut croire que tu aimes nous mettre en danger ... Prête à tout pour te déplacer dans mes bras, hein ?

Il la prit par la main, un étrange sourire au coin des lèvres.

- Maintenant on court ! Ils vont descendre dès que le tram aura assez ralenti ...


Dernière édition par Gabriel Laymann le Lun 31 Oct - 17:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Mar 19 Juil - 11:59

Même si son étreinte m'a tout le temps semblait apaisante et réconfortante, aujourd'hui je me raidis au creux de ses bras. Encore une fois ma maladresse semble le mettre dans l'embarras … Pourtant, il ne semble pas si fâché que ça, lorsque nous nous retrouvons, par la force de son pouvoir, transporté hors de la tram. Passé l'étonnement et le trouble engendré par une téléportation instantanée – bien que cela ne soit pas la première fois – je peux voir dans les traits de son visage que sa sévérité n'est que feinte. Et je me doute que cela serait d'autant plus flagrant si il ne portait pas ses lunettes de soleil. Je me détends alors, mes doigts se refermant autour de la main du chanteur, toute contente d'être en sa compagnie, même si ce fut par la cause de ma curiosité et que cela induisait d'être poursuivi par des miliciens.

-J'y suis tellement bien aussi … Lui répondis-je avec une timidité volontairement exagérée.

Je ne peux retenir un léger gloussement lorsque nous nous mettons à courir, main dans la main. D'un point de vue extérieur je me trouverai totalement pathétique de glousser comme cela … pendue au bras d'un homme, à le regarder à la manière d'une jeune vierge effarouchée en manque de sensations fortes. Et pourtant, je n'arrive pas à défaire ce sourire de mes lèvres, ni à ralentir les battements de mon cœur qui, si ils semblent aussi rapides, ne sont pas induis par cette course folle.
Courir, j'en ai pris l'habitude. Courir pour échapper à la milice, courir pour trouver un abris, courir pour fuir ces Asariens que j'ai volé, courir pour survivre tout simplement. A croire que dans les bidonvilles on apprend pas à marcher, on apprend d'abord à courir. Et puis là, ça ne serait pas dans notre intérêt à tous les deux de ralentir pour qu'on nous rattrape. D'abord parce qu'on s'est mis à courir pour clairement les fuir … un acte tout à fait suspect aux yeux de quiconque d'un minimum censé. Ensuite, je n'ai effectivement pas pensé à prendre mes papiers en sortant … Réflexe dont je n'ai pas encore pris l'habitude. Se munir d'un papier attestant de notre identité et nous donnant le droit de circuler librement … je n'ai pas pu m'empêcher de trouver ça bizarre. Pourquoi pas nous tatouer des codes barres tant qu'on y est .. ?
Mais lui … je n'ai toujours pas compris pourquoi il cherche autant à les fuir. Pourquoi ne pas vouloir qu'on sache que Gabriel Laymann a été vu à proximité de l'hôpital ? La réputation peut être … Mais je ne comprends tout de même pas pourquoi il préférerait une autre réputation à celle d'un homme soucieux de la santé de ses pairs.

Nos foulées ne ralentissent toujours pas sur le pavé irrégulier de la chaussée, mais mon regard cherche finalement une brèche, un renfoncement, un endroit qui nous permettrait de nous dissimuler aux yeux de nos poursuivants que nous sommes parvenus à distancer mais qui, je suis certaine, nous suivent encore à la trace. Mais vêtu comme ils sont, alourdis par leurs grosses semelles et les litres d'alcool qu'ils engloutissent, ils ne sont pas aussi rapides que nous. Quant à mon camarade de fuite, je n'ai aucun doute quant à sa forme physique … Mais j'ai pu comprendre dans mon enfance que ce n'est pas la distance parcourue qui compte, mais le fait d'être plus malin qu'eux. Malheureusement, si je connaissais les bidonvilles comme ma poche et que j'avais fait du terrain mon principal allié, ici j'étais encore novice. Pourtant, mon instinct me pousse à nous entraîner par une ruelle plus étroite, tirant sur le bras de mon chanteur pour lui intimer de me suivre. Je crois reconnaître les lieux, mais je n'en suis pas certaine … Tant pis. A mesure que nous avançons dans cette étroite ruelle, les murs se rapprochent de plus en plus, ne laissant bientôt qu'un écart d'un petit mètre entre les façades des bâtiments qui se font face. Je ralentis alors le rythme de ma course jusqu'à ne suivre la cadence qu'à coup de petite foulée, assimilable au trot, ce qui me permet aussi de reprendre mon souffle. Je jette alors un regard à Gabriel par dessus mon épaule, m'adressant à lui à voix basse, les joues un peu rosies par cette course et le souffle haletant

-Je ne comprends pas … pourquoi ne doit-on pas savoir que vous êtes allé à l'hôpital ? Il n'y a rien de mal à ça … si ?
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Dim 24 Juil - 17:52



Deux enfants avides de liberté et lancés dans une course folle pour échapper à leurs poursuivants. Gabriel se surprit à rire lui aussi, en écho à la joie de Scarlett. Il avait serré sa main plus fort comme redoutant de la perdre en route. Une pointe douloureuse lui avait piqué au cœur quand elle avait murmuré cet aveu. Ça faisait mal de savoir qu'il ne pouvait pas accepter de se laisser, lui aussi, aller à être bien dans ses bras. Du moins l'avouer en toute sincérité. Lui dire qu'elle lui offrait les rares moments de paix et de bien être, au delà du plaisir. Une accalmie dans la tempête. Non, il ne pouvait pas. Il n'avait pas le droit. D'ailleurs le mot en lui-même, sincérité, était risible et presque obscène appliqué à Gabriel Laymann. Sa vie n'était qu'un vaste mensonge orchestré par lui-même, un mensonge dont il était prisonnier et dont la révélation ne pourrait avoir lieu que quelques minutes avant la fin. Mais si lui ne pouvait être authentique, pourquoi ne pas tenter de croire qu'elle l'était quand elle lui disait tout ça ?

Elle les entraîna dans une ruelle étroite pour tenter de semer les Miliciens. Gabriel redouta un instant que ce fût un cul de sac mais haussa ensuite les épaules en la suivant. Quand bien même ce serait le cas, il lui suffirait de les transporter ailleurs... Elle reprenait son souffle, les joues rosies par la course. La question inattendue fusa et le prit de court. Il s'adossa au mur et y appuya son pied replié, comme un ado désinvolte. Cette impression était encore accentuée par ses lunettes de soleil et son sourire espiègle. La lumière du soleil réfractée à travers le Dôme parvenait très tamisée dans cet étroit renfoncement. Un rayon vint pourtant se perdre dans les cheveux clairs de Gabriel. Une sorte d'aura juvénile et insouciante semblait irradier de lui, dans cette ruelle étroite et sombre. Il posa sa guitare qui avait brinquebalé sur son dos durant leur course. Puis il se décolla du mur et remonta ses lunettes dans sa tignasse en bataille. Les yeux d'ambre du chanteur s'ancrèrent dans ceux de Scarlett et il attrapa son coude pour la forcer à se retourner et l'attirer à lui. Son front contre le sien, il la poussa contre le mur, réduisant inexorablement l'espace entre eux. Ses lèvres caressèrent celles de la jeune fille, si douces. Un baiser bien différent de ceux qu'il avait prodigués dans son lit, beaucoup plus maladroit et hésitant. Tandis qu'elle se collait contre lui, il pouvait sentir le cœur de la jeune fille battre comme un oiseau en cage. Sa main caressa les cheveux, puis la joue de Scarlett et il rompit le charme dans un soupir.

- Il ne faut pas, Scarlett... Tu ne dois plus jamais me suivre ... Promets-moi !


Le regard d'or pailleté d'azur était redevenu grave.

- En le faisant, tu te mets en danger, tu me mets en danger et tu mets des innocents en danger. Je ... J'ai des choses à faire, des engagements ... Des obligations ...

Comment lui dire qu'il était en train de perdre le contrôle de ses pouvoirs, victime d'une mutation incontrôlée et soigné dans les sous-sols de cet hôpital  par ce couple d'amis, les Lee? Comment lui dire aussi qu'il avait choisi d'aider clandestinement tous ces Humains qui n'ont pas accès aux soins et de soutenir le moral de ces enfants malades ? Avouer que leur détresse l'avait bouleversé. Dévoiler ce qui l'unissait à ces enfants ? Révéler qu'il avait, comme eux, la mort aux trousses ? Moins elle en savait et moins elle courrait de danger. Le bel enthousiasme de Scarlett avait cédé devant la mine sombre de Gabriel et il regrettait déjà d'avoir gâché ce moment précieux en quelques mots. Il aurait tout aussi bien pu attendre leur retour à l’Hôtel. Il la serra à nouveau contre lui et lui chuchota au creux de l'oreille

- Est-ce que tu veux voir quelque chose d'extraordinaire ? Le soleil commence à baisser et dans une heure, il fera nuit et je pourrais te le montrer sans devoir me déplacer à la vitesse de la lumière pour éviter de griller, ce qui, il faut bien le dire, ne te laisserait le temps de rien voir. Ça nous laisse juste le temps d'aller à la Foire du parc central, de faire un tour de manège et de se goinfrer de barbe à papa !


Passant son bras autour de la taille de la jeune femme, il reprit sa guitare sur son autre épaule et se concentra sur un point précis qu'il connaissait pour y avoir emmené Audrey. Le pied de la Grande Roue !

- Prête ? s'exclama-t-il en resserrant son étreinte.

Il tendit la main et l'air s'agita en un cercle mouvant qui s'agrandit et les happa dans un éclair de lumière. C'était la seconde fois qu'il transportait Scarlett à travers l'espace, mais la première qu'il le faisait pour la distraire. La première expérience de la jeune Humaine avec la téléportation avait été bien plus dramatique. Il était certain qu'elle ne l'avait pas oublié et peut-être même, ses pensées avait-elle volées vers Aislinn, son amie qui était elle aussi soignée par les Lee dans leur service.


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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Jeu 1 Sep - 13:26

Force était de constater que, encore une fois, j'avais commis un impair, un fâcheux et maladroit impair en suivant Gabriel aujourd'hui et en découvrant qu'il se rendait – à première vue régulièrement – dans cet hôpital. Si le jeu d'effleurement entre nos lèvres m'avait transporté dans un épais cocon cotonneux, ses paroles me ramenèrent à la dure réalité et je baisse immanquablement le regard, retrouvant cette attitude d'enfant qui se fait réprimander après avoir fait une bêtise … Mais son attitude envers moi me conforte dans l'idée qu'il ne m'en veut pas tellement. Je me blottie au creux de ses bras, savourant cette étreinte partagée. Je ne peux m'empêcher de remarquer, avec un plaisir certain, que notre relation a évolué. Le chanteur me semble plus … doux, attentionné. Si il est indéniable qu'il a toujours eu cette attitude protectrice envers moi, il ne l'a pas toujours montré avec autant de douceur. Et je suis heureuse d'avoir pu ainsi gagner sa confiance et son affection.

Je peux sentir mon cœur battre joyeusement, plus fort que d'ordinaire chaque fois que Gabriel s'approche un peu plus. Et aujourd'hui ne déroge pas à la règle... Dans son étreinte, je peux sentir toute la chaleur qui émane de son corps, ou peut être est-ce du mien … Je n'en sais rien, mais après tout quelle importance ? Je suis bien. Avec lui, je goûte à quelque chose de nouveau, quelque chose de complet, qui va plus loin qu'un attachement physique ou qu'un attachement moral. Quelque chose qui rend le cœur léger.

Son souffle au creux de mon oreille éveille mon intérêt et une lueur presque enfantine dans mon regard. Qui ne rêverait pas de voir une chose extraordinaire ? Quelque chose qu'on ne voit pas tous les jours, quelque chose qu'on ne voit certainement qu'une seule fois dans une vie. En quelques mots, il a réveillé toute ma curiosité. Des tas de suppositions, de rêves fous fusent dans mon esprit et en même temps je n'ose pas y croire, je n'ose l'espérer, cette chose folle qui tourne désormais dans mon esprit et fait battre mon cœur encore plus fort … A croire que cet homme serait capable de le tenir entre ses doigts et d'en mesurer les battements. Non … A cette pensée mes joues s'empourprent. Et après lui avoir répondu d'un petit hochement de tête, niche mon visage au creux de son cou. Je reconnais cette sensation particulière que j'avais vécu après qu'Aislinn se soit faite tirer dessus, ce sentiment du corps qui se fait aspirer par je ne sais quoi …

Lorsque je relève la tête, l'ambiance autour de nous est différente, comme si nous venions de débarquer dans un autre univers. Avant même que je n'ai relevé la tête, j'avais pu sentir toute cette effervescence particulière. Une musique se fait entendre, presque mécanique, différente de ce que j'avais pu entendre chez Gabriel. Il n'y a pas de chant, juste un thème musical qui semble tourner en boucle. Tout en continuant de regarder autour de moi, je cherche la source de cette musique mais ne voit rien d'autre que ces grands haut-parleurs qui grésillent. Il y a aussi toute ces odeurs, surtout sucrées …

-Je n'étais jamais venu ici … Remarquais-je, le regard éclairé par toutes ces lumières qui éclairent la foire.

Lui offrant un sourire ravi, ma main retrouve naturellement le contact de la sienne tandis que je m'approche d'un des stands sur lequel sont proposés gaufres, crêpes, pomme d'amour, barbe à papa et autres confiseries en tout genre. Mais pour l'heure, mon regard se retrouve hypnotisé par cette étrange machine sur le côté du stand qui, entre ses trois bras articulés semble malaxer une pâte rose, l'étirant inlassablement dans ce roulement mécanique et hypnotique. Le sourire toujours vissé aux lèvres, je me détourne de cet étrange spectacle pour regarder celui qui m'accompagne et à qui, par la force des choses, j'ai réussi à arracher un moment privilégié. Mais quelque chose me dit qu'il ne se force pas trop, je me plais même à rêver que ça lui fait autant plaisir à lui qu'à moi.

-Vous n'avez pas du manger beaucoup aujourd'hui …

Dans ma voix résonne une note faussement sévère, sur lequel déteint malgré tout mon regard pétillant. Si je m'en fais naturellement pour lui et sa santé, j'avais le cœur beaucoup trop en joie pour lui adresser un réel reproche. Et puis … devant un tel étalage de sucrerie, peu de personnes doivent pouvoir y résister.
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Mar 1 Nov - 0:19

Conscient qu'il était en train de vivre un moment précieux qui ne se renouvèlerait peut-être jamais, Gabriel souriait à chaque réaction de Scarlett. C'était cruel à penser, mais il pouvait comprendre la motivation la moins écœurante de certains asariens à posséder des esclaves humains. Cette faculté à s'émouvoir de la moindre attention et à s'émerveiller de rien, alors qu'il fallait déployer des trésors artificiels pour tirer un soupir dédaigneux d'une conquête asarienne. Gabriel était d'une lucidité terrible à l'égard des actions de ses pairs mais aussi au sujet des siennes. Le soir où il avait ravi Scarlett au trottoir, il ne l'avait fait que pour combler une solitude qui le dévorait et s'amuser, prendre du plaisir aux dépens de cette beauté en fleur. La conscience et les scrupules de l'autre Gabriel l'avaient cependant tempéré dans sa dépravation. Au terme de cette première nuit partagée, qui serait suivie de nombreuses, Gabriel, autant que Scarlett, avaient pressenti un bouleversement de leurs certitudes, de leurs habitudes ... de leurs espoirs aussi... Aucun des deux, probablement, ne voulait, ni ne pouvait se l'avouer lui-même tant ce que chacun avait vécu prévalait en défiance à l'égard de l'autre, et surtout, concernant Gabriel, des dangers qui cernaient les vertes contrées de l'amour. Cette illusion dont la quête animait secrètement chaque être, même le plus sombre, le plus pervers. Qui pouvait affirmer ne pas souhaiter secrètement être aimé, même pour de mauvaises raisons ? Gabriel, malgré tout ce qu'il pouvait afficher et laisser paraître, déployant des trésors d'ingéniosité pour créer l'illusion d'une indifférence et d'un cynisme impénétrable, savait que ces artifices ne tiendraient pas face à un cœur pur venant heurter sa conscience assoupie.

Pourquoi le savait-il ? Pourquoi le redoutait-il inconsciemment ? Parce que cela le forcerait à revoir son protocole d'éradication de l'instinct de domination sur la Terre d'Asaria ? Pas seulement. Il y avait certes cet enjeu global qui visait à égaliser les droits de tous les êtres pensants vivant sur Asaria. Mais un leader pouvait-il oublier ses propres aspirations privées et légitimes lorsqu'il prônait l'épanouissement de chacun ? Aimer librement, rêver tout aussi librement, proposer des idées pour servir la communauté... Des rêves que l'artiste et l'homme avaient caressés sans pour autant les atteindre. Cela augurait peut-être une radicalisation à laquelle Gabriel ne pouvait se résoudre  à associer une enfant. Scarlett était encore une enfant à l'échelle asarienne, et un nourrisson à celle, machiavélique, du dessein universel, dessein que Gabriel avait résolu d'infléchir.

Peu importait en cette journée. Si le temps était la nouvelle échelle de change et de valeurs, alors Gabriel voulait délibérément en accorder à Scarlett. Pourquoi ? Simplement parce qu'elle avait su rallumer un espoir, une étincelle, simplement parce qu'elle lui avait accordé du temps alors qu'elle en manquerait fatalement bien plus rapidement que lui. Une générosité émanait d'elle qui croyait ne rien avoir à donner, mais donnait pourtant. C'est le père qui répondit à Scarlett, sans défiance, avec spontanéité.

- Moi je suis venu plusieurs fois... Avec ma fille. Elle adore la grande roue et c'est là-haut que nous dégusterons  nos friandises. C'est vrai que je n'ai pas pensé à manger grand chose ce matin. Mentit-il.

Comment lui avouer, en revanche, que les examens qui le conduisaient à venir chaque semaine à l'hôpital, nécessitaient d'être à jeun sans éveiller ses soupçons ? Habituellement, il allait s'acheter ensuite un sandwich dans une échoppe de restauration rapide en sortant de l'hôpital. La fête foraine avec Scarlett, c'était beaucoup plus fun.

- Vous voulez ?  Alors la barbe à papa au citron est un délice, la brioche aux pralines aussi. Audrey raffole des croquants à l'anis étoilée et moi j'aime les gaufres à la chantilly. Voilà ! dit-il en s'arrêtant devant le stand qui en vendait et en souriant à la vendeuse qui le connaissait. Cette fois, une double, Flo !

- Je vois bien, et ça fait plaisir à voir ! Bonjour Mr Scarecrow! Et une double gaufre chantilly , une !
Répondit Flo en garnissant copieusement le biscuit moelleux. Et voilà ! Régalez-vous, tous les deux !

- Merci ! Tu viens Scarlett on continue! Enchaîna joyeusement le chanteur. Regarde ce stand de tir ! Il a les plus énormes peluches que j'aie jamais vu ! On se pose sur le banc et on regarde les tireurs ?

Il scruta sa complice et ses yeux se firent malicieux. Les coups d’œil insistants de Scarlett en direction du souffleur de barbe à papa étaient trop éloquents et les ignorer aurait relevé du sadisme.

- Mais avant, pour que tu puisses lutter à armes égales contre moi, je vais t'offrir la barbe à papa king size digne de toi!


Après lui avoir laissé choisir le parfum de son arme , il ne put résister à piocher dans l'impressionnante montagne de chantilly de sa gaufre et à en coller sur le nez de son amante.

- Un point pour moi, mademoiselle Clane ! Cria-t-il en allant se percher sur le dossier du banc.

En cet instant, Gabriel n'avait plus 34 ans mais 20 et son regard trahissait tant d'émotions qu'il aurait été difficile au commun des mortels, d'y lire un sentiment stable. Joie, tristesse, nostalgie, rage alternaient dans le regard ambré constellé d'azur, l'assombrissant par instant de la couleur de l'orage. Il avait tellement rêvé, il y avait si longtemps, d'y emmener Mara. Son regard se porta sur le stand et le tir d'un client le ramena à cette journée d'été. Le bleu du ciel avait basculé en une fraction de seconde tandis que les balles sifflaient sur la Grande Place. Il tressaillit à chaque tir du type qui visait les canards en plastique. Sans qu'il y pense, sa main chercha celle de Scarlett venue le rejoindre, armée de sa barbe à papa, sur le dossier du banc


Dernière édition par Gabriel Laymann le Mar 20 Déc - 19:34, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Mar 22 Nov - 15:10

Cette fin de journée était digne d'un rêve … ce genre de rêve qu'on garde précieusement contre nous mais qu'on pense ne jamais voir se réaliser. On se dit que le vivre réellement ne serait jamais aussi fort que ce qu'on imaginait … et que de toute manière on doit être la seule à en rêver. Mais là … Tout semble si merveilleux, si hors du temps … C'est ça. C'est comme si le temps s'était arrêté, que les obligations de chacun avaient été mises de côté le temps d'un instant privilégié.
Combien de fois, étendue dans la pénombre d'une chambre et dans la chaleurs de draps partagés, le chanteur assoupi à mes côtés, je m'étais prise à rêver de parcourir la ville avec lui, main dans la main, sans ses étiquettes de maître/esclave, ou d'employée/employeur, asarien/humaine … comme si tout ceci n'avait plus aucune importance et que seul comptait ce lien indescriptible qui s'était dessiné entre nous. Alors je rêvais éveillée de tout ça, le cœur battant … jusqu'à laisser Morphée m'emporter vers ces horizons idylliques …

La fête foraine apporte cette touche de rêve, cette ambiance qu'on pense sorti d'un conte de fée … Avec ces lumières, ces manèges, le rire des gens, ces odeurs, et cette musique mécanique … tout ceci semble presque irréaliste. Si ça se trouve, je suis en train de dormir … Encore. Si ça se trouve, je vais me réveiller dans quelques heures. Mais même … même si il ne s'agit là que d'un songe, je prie pour ne pas me réveiller tout de suite.

Joyeusement, je suis Gabriel entre les stands, ne le quittant des yeux que pour m'assurer de ne rentrer dans personne ou pour ne commettre aucune autre maladresse du genre. Il me parle de sa fille … il l'avait déjà évoqué, mais pas aussi librement. Je trouve ça à la fois touchant et torturant. C'est toujours ce même sentiment étrange de penser qu'à part moi, il a une autre vie … Pourquoi ce sentiment de ne pas être la seule à avoir son attention me semble de plus en plus torturant .. ? C'est même très égoïste … et je m'en veux de penser tout ça. Je ravale donc tous ces sentiments négatifs et me contente de sourire devant son enthousiasme que je partage sans limite.

La vue de sa gaufre débordant de chantilly réveille mon estomac qui se met à gronder doucement … en même temps que mon âme d'enfant encore trop présente. Encore plus lorsqu'il m'emmène choisir une barbe à papa. Le choix semble difficile, mais je ne me résous pas à ignorer cette saveur qui apporte ce rose particulier à ce nuage sucré. Je réceptionne cette énorme masse et sursaute lorsque je me retrouve avec de la chantilly sur le bout du nez.

-Héé ! Quelle attaque en traître , c'est bas Monsieur Laymann! Plaisantais-je en frottant mon nez tout en partant dans un rire éclatant.

Je rejoins Gabriel pour m'installer à ses côtés sur le banc. Mais je mets un temps à venir m'asseoir à côté de lui, trop intriguée par ce regard que je ne sais décrypter et pourtant, qui fait cogner mon cœur plus fort, réveillant autant de passion que de tristesse. J'aimerai tellement qu'il me raconte … qu'il me dise tout ce qui peut traverser son esprit.

L'ayant finalement rejoint, je ne manque pas de remarquer tous ces sursauts à la moindre détonation provenant du stand de tir. Inquiète, je l'observe du coin de l’œil jusqu'à sentir sa main se resserrer autour de la mienne. Doucement, j'enroule mes doigts autour des siens dans un geste qui se voulait rassurant et réconfortant. Qu'était-il en train de revivre ? Je tressaille en imaginant les souvenirs que des coups de feu pouvaient réveiller dans son esprit … Cette cicatrice sur son torse .. ? Peut être n'était-ce pas une bonne idée de rester ici, à regarder ce jeu étrange qui consistait à tirer sur des malheureux canards en plastique dans l'espoir de remporter une peluche, aussi grande soient-elles … Tirant sur sa main, je saute donc du banc pour l'entraîner plus loin … mon sourire dissimulant au mieux mon air inquiet, mais même si je lui demandais, me répondrait-il sincèrement sur la raison de ces sursauts ?

-Ne vous endormez pas, la nuit est encore longue … lui signifiais-je, taquine, gardant solidement sa main contre la mienne et croque dans l'énorme barbe à papa. Hm … c'est délicieux !!

Sautillant presque, je m'arrête auprès d'une marre dans laquelle flottait des canards en plastique, oui encore des canards … Mordant dans ma lèvre comme la gamine prête à faire une bêtise que je suis, je lâche la main du chanteur le temps de lui envoyer un peu d'eau … le but étant autant de me venger pour sa petite attaque de tout à l'heure que pour le détourner de ces tristes souvenirs qui semblent le hanter … Je pars dans une nouveau rire en me redressant.

-Égalité il me semble ! Rigolais-je en lui adressant un clin d’œil complice, puis retourne à la dégustation de la friandise que j'avais dans la main.

C'est alors que nous arrivons au pied de l'immense grande roue vers laquelle je lève la tête.

-C'est gigantesque … soufflais-je, impressionnée. Est-ce vraiment sûr et sans danger ?

Après tout … jamais je n'étais montée dans ce genre d'engins.
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Mar 20 Déc - 19:32




Une part de Gabriel aurait bien voulu tirer sur ces canards pour gagner un de ces énormes ours en peluche et l'offrir à Scarlett mais les armes à feu ne l'avaient jamais attiré, même chargées à blanc. Depuis qu'il en avait été victime, il avait même développé une sorte de phobie pour tout ce qui ressemblait à l’œil froid d'un canon. Ce cylindre noir et dur qui donne la mort. Les bâtons de foudre comme les appelaient les Amérindiens. Le bruit des fusillades lui glaçait toujours le sang. Il en avait trop entendu malgré tous les efforts de sa mère pour l'en tenir éloigné durant son enfance. Un sourire cynique glissa sur les lèvres du chanteur. Elle s'était bien rattrapée pour finir. Gabriel avait choisi délibérément de s'exposer en première ligne dès lors qu'il avait partagé le combat de Mara et ses rêves de justice et de paix. Il l'avait fait en connaissance de cause, sachant pertinemment que dans un mitraillage de la Milice, les balles n'évitent pas les cibles VIP, que son nom ne constituait en rien une protection dans le feu de l'action. Des fusillades, des accrochages, il en avait essuyé avec la bande d'idéalistes qui fonderait ensuite les Pacificateurs. Il s'était préparé à l'éventualité de tomber sous les balles. Et finalement c'est ce qui s'était passé. En apparence.

Gabriel n'en aurait pas voulu aux Miliciens qui l'auraient abattu. Ils avaient des ordres. Sauf que ce n'était pas les Miliciens qui l'avaient tué dans cette embuscade. Non. Eux n'étaient là que pour occuper les autres. Pour les empêcher d'intervenir, les forcer à se replier, à se terrer, pendant que la Tueuse faisait son œuvre. Le groupe du Phoenix n'était pas un mouvement terroriste ou une faction combattante, de guerriers comme le sont les Rebelles. C'était surtout de jeunes idéalistes qui se battaient avec des mots, des idées, des actions de sabotage ou de la propagande. Ils s'opposaient, sans violence, à la tyrannie qui sévissait, à une société dans laquelle ils ne se reconnaissaient pas. Bien sûr, comme tout mouvement contestataire, ils dérangeaient l'ordre établi, le Gouvernement et ses appuis. Ils étaient poursuivis, traqués, arrêtés parfois. Gabriel avait eu droit à un traitement spécial. Il avait été assassiné, froidement. Sur ordre de sa propre mère. Elle en avait fait officiellement un martyre tombé sous les balles des terroristes. Ce qui était une façon de plus de bafouer son souvenir. Gabriel aurait aimé qu'elle ait le courage de ses actes et en fasse un exemple, qu'elle assume avoir condamné son propre fils à mort, sans même une parodie de procès. Il aurait accepté de mourir pour avoir trahi sa caste. Mais cela aurait donné une tribune aux idées du Phoenix. Cela aurait peut-être fait réfléchir certains de voir que le propre héritier d'Alianka rejetait le modèle de vie et les convictions de ses semblables. Le risque était trop grand que le fils fasse de l'ombre à la mère. La prédatrice, en elle, l'avait sans doute compris et, dévorant le peu d'instinct maternel qui subsistait dans cette femme, l'avait poussé à commettre l'irréparable. Une part de Gabriel méprisait celle qui lui avait tout pris, ses espoirs, son avenir, sa vie et son honneur. L'autre part la plaignait d'être devenu ce monstre ... Et d'avoir fait de lui un monstre également. Mère ... Que sommes-nous devenus ? Qu'a fait Asaria de notre famille ?

La main de Scarlett, ses doigts qui enlaçaient les siens, puis sa voix, son regarde facétieux, ramenèrent le musicien à la réalité du moment. Il se leva d'un bond et se laissa entraîner loin des détonations du stand de tir. Il secoua la tête en riant.

- Non, non, je n'ai pas l'intention de m'endormir.


Elle s'arrêta devant un stand de pêche à la ligne et l'aspergea d'eau.

- Hey ! Petite effrontée ! Tu vas voir un peu !


Ils reprirent leur course tant bien que mal, se tenant par la main et portant leur friandise entamée dans l'autre, lui sa guitare sur le dos, elle à moitié aveuglée par ses cheveux au vent. Une fois arrivés au pied de la monumentale construction de métal, Gabriel sourit à la question de la jeune femme.

- Je suppose que non. Il y a une part de danger en chaque acte de notre vie. Mais c'est ça qui la rend précieuse, non ? Ce frisson quand le danger nous frôle ?


Gabriel l'entraina dans la file d'attente et paya les tickets puis l'aida à s'installer. Une fois les ceintures attachées et la barre de sécurité rabattue, il tourna son visage vers elle et dit très sérieusement:

- Veux-tu m'aider à finir ma gaufre à la chantilly ? Je crains qu'elle ne résiste pas aux tours de roue.

Tandis qu'il la tendait vers elle, Scarlett se pencha, tentée par la proposition. A ce moment précis, la roue eut un léger mouvement en arrière et le joli visage de la demoiselle entra en contact avec la chantilly.

- Oh désolé. Ils doivent ajuster les commandes avant de démarrer le tour.


Gabriel éclata de rire devant le visage fantomatique de son amante.

- Oh my God! Tu as l'air d'un petit nuage comme ça !

Il rit de plus belle en entendant la voix en apparence outrée de Scarlett s'exprimer derrière le masque de chantilly.

- Que dis-tu mon enfant ? Ahh oui, je suis méchant ! Je suis le grand méchant loup et je n'ai plus d'autre choix que de te manger ... Comme ça !
Ajouta-t-il en essuyant de ses pouces les joues de sa victime. C'est encore meilleur sur toi ! Voilà qui donne des idées ...

Il se pencha, passa son bras sur les épaules de Scarlett et l'embrassa avec toute la douceur dont il était capable. Puis il murmura en riant.

- On n'a même pas décollé et on est déjà au paradis, on dirait bien.

C'est à ce moment qu'il vit le bras levé de Scarlett, un bras brandissant les beaux restes d'une barbapapa rose XXL.  Il était trop tard pour esquiver, mais en avait-il seulement envie ?
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Sam 25 Fév - 9:58

Le cœur plus léger que jamais, je riais aux éclats, m'évertuant, du plat de mes deux mains, à appliquer sur le visage de Gabriel, le mélange cotonneux et sucré des restes de ma barbapapa. Nous étions beaux tous les deux, moi, le teint maquillé d'une épaisse couche de crème chantilly, et lui, les joues brillantes de sucre, riant comme les enfants que nous restons, au fond de nous même. Est-ce l'ambiance festif de la fête foraine, le fait que nous nous retrouvions autre part que dans un lit, ou tout simplement le résultat de la complicité qui s'est nouée entre nous deux au fil des mois passés ensembles ? Mais ce soir avaient pris place un jeu différent de ceux que nous avons l'habitude de pratiquer tous les deux, un jeu d'enfants, un jeu d'innocence. Même si lui comme moi n'avons plus grand chose d'innocent en fonction de nos parcours propres, preuve en est qu'il en demeure quelques fragments qui ne demandent qu'à prendre vie, petites braises d'innocence précieuses qui s'embrasent lorsqu'elles sont sollicitées …

Nous nous retrouvions donc blottis l'un contre l'autre, dépourvus de nos gourmandises, tandis que la machine se met finalement en marche, élevant la petite nacelle lentement dans les airs.

-Si le paradis ressemble à ça alors je ne veux jamais descendre de là … murmurais-je, le regard brillant d'émotion plongé dans celui du musicien, quand les rires finissent par s'estomper.

Tendrement, je dépose un léger baiser contre les lèvres de Gabriel, sincère et douce, goûtant à cette pulpe sucrée par ce mélange de barbapapa et de crème chantilly. C'est donc ça le goût du paradis ? Une douceur sucrée …
Réflexion purement égoïste, j'en ai conscience, même puérile presque. Mais si j'avais eu le pouvoir de figer cet instant dans le temps, j'aurai donné tout ce que j'ai pour le faire, le gardant jalousement pour moi. Mais je sais que je ne suis pas la seule femme dans sa vie, je ne le serais jamais. Mais ce soir, il est avec moi, rien qu'avec moi et cela durera au moins jusqu'à ce que la nacelle s'arrête. Une main légère allant trouver la sienne, je porte mon regard sur la vue du parc de plus en plus petit sous nos yeux et la vie qui s'y agite. Les gens paraissent si petit vu d'ici, et nous tellement grand … nous donnant des airs d'invincibilité. Gabriel l'est certainement plus que moi. Et pourtant, il n'y a pas si longtemps, je l'ai vu si faible. Je l'ai vu dans son regard, la peur. Il semblait si effrayé que j'aurai aimé entrer en son esprit pour dissiper tout ce qui lui fait si peur.
Tandis que mon regard se porte sur l'horizon entravé par le dôme emprisonnant nos têtes, j'observe le soleil qui commence à décliner … C'est si beau … Si beau que je rêve de me trouver de l'autre côté de cet entrave, gardant la main de Gabriel dans la mienne. On marcherait dans ces grands terrains verts dont on parle dans les livres … ces lieux habités par une brise naturelle, traversée par de véritables rayons qui chauffent une peau sans la brûler.

-Ca doit être magnifique là bas … soupirais-je, la voix lourde de rêve et de convoitise.

Instinctivement, ma main s'était resserrée autour de celle de l'artiste dans une délicate pression, comme pour inconsciemment m'accrocher à la réalité et ne pas me laisser noyer par mes rêves, certainement inatteignables.
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Gabriel Laymann
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MessageSujet: Re: (terminé) Once upon a time (pv Scarlett)   Jeu 2 Mar - 15:00

La nacelle s'éleva lentement et régulièrement dans les airs tandis qu'ils échangeaient joyeusement comme deux enfants facétieux qui jouent à qui fera le tour le plus réussi à l'autre. Gabriel ne s'était jamais senti le cœur aussi léger depuis une éternité, une autre vie. Il n'était alors qu'un jeune fou idéaliste, héritier d'une charge et d'une caste qui l'étouffait, l'aliénait en tentant de le formater pour être un tyran. Mara lui avait appris à rire pour de vrai et non pas sur commande de ce rire crispé et de circonstance, sans éclat qu'on lui avait appris durant son enfance, ni de ce rire sarcastique qui consistait à humilier un esclave en le ridiculisant. En grandissant, Gabriel avait fini par ne plus rire ou alors simplement avec cynisme des frasques de cette cour qui les entouraient, juste pour mettre sa mère en rage. Il se moquait, pointait du doigt l'inconséquence de biens des nantis ou au contraire se taisait l'air sombre, n'exposant qu'un visage grave et fermé à cette assemblée décadente. Puis il avait croisé son premier amour et goûté à la vie. Enfin ! Rire, pleurer, aimer, haïr, ressentir enfin quelque chose ! Être vivant ! Respirer le même air que tous ces pantins, ces clowns, ces monstres lui devenait intolérable. Il rêvait secrètement de révolutionner la société asarienne, de mette fin à tous ces privilèges indécents, de mettre tout le monde au travail au lieu de faire porter le poids de l'expansion économique à une population asservie. Mais la fougue de la jeunesse a du mal à garder secrète très longtemps ses aspirations. Tôt où tard, quand les valeurs défendues sont bafouées, quelques mots trop vite exprimés trahissent l'aberration qu'il faut éliminer.  Le rire de Gabriel s'était tu à jamais un jour ensoleillé sur la place centrale d'Asaria. Du moins le croyaient-ils tous.

Et voilà qu'il éclatait à nouveau, franc et juvénile à une centaine de mètres du sol par la grâce d'une femme  redevenue le temps d'une soirée magique, une enfant elle aussi. Voilà qu'il se mariait à son rire à elle, constat qui le fit redevenir grave. De cette gravité qu'ont les enfants quand ils comprennent que le moment est important et qu'il faut bien écouter. Il la considéra intensément, elle qui, malgré leurs visages sucrés et collants, le fixait également avec un sérieux tout à fait troublant avant de lui murmurer des mots qui firent bondir le cœur de Gabriel pour finir par l'embrasser. Une sorte d'ivresse s'empara du chanteur, une véritable sensation de vertige. Se laisser aller et glisser dans cette douceur, ce songe éveillé. Laisser repartir ce cœur usé, fatigué d'avoir trop aimé et haï. C'était si tentant, d'oublier tout et d'abdiquer. De renoncer à tout sauf à ce bonheur éphémère. Tellement illusoire aussi ... Frôler du bout des doigts ce qu'il n'aurait jamais véritablement. Et faire croire à Scarlett qu'il avait autre chose à lui offrir qu'une sécurité relative et une cage dorée. Le baiser devint une douce torture à laquelle elle mit un terme sans pour autant rompre le rapprochement qui s'était opéré. Sa main ne lâchait plus la sienne et elle restait blottie contre lui, contemplant la vue de ces touts petits bonhommes qui s'agitaient en bas, si petits, si ridiculement petits ...
Il ne voulait garder de cette journée, de cette soirée qu'un souvenir doux et chaud, un autre morceau de vie auquel se raccrocher lorsque viendrait le dernier instant. Une raison de plus de se battre pour une aube nouvelle.

-  Scarlett, le paradis est dans ton cœur où que tu sois, quand tu penses à quelqu'un de particulier. Aucune personne, aucune force ne peut t'enlever ça ...


Puis son regard se portant sur l'horizon qu'ils percevaient à travers le dôme, il la vit se perdre dans la contemplation du crépuscule. Tandis que la main de Scarlett enlaçait celle du chanteur avec plus de force, il sentit l'émotion monter en lui et menacer de le submerger.

- C'est magnifique oui ... Un jour tu vivras là-bas ... Tous les Humains ... Votre place est là-bas et pas sous ces dômes où nous vous maintenons captifs pour notre bon plaisir. répondis-je dans un murmure à peine perceptible .

HRP:
 
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(terminé) Once upon a time (pv Scarlett)
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