... And a happy birthday to you. [Héméra]

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MessageSujet: ... And a happy birthday to you. [Héméra]   Mer 13 Avr - 0:05

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Cela avait commencé par un appel. L'appel de l'horizon, de la liberté. Marian s'était levée pour se rendre compte que ce Dôme, avec son ciel auto-régulé et toutes ces fioritures technologiques qui aidaient à la faire survivre, elle et ses pairs, ne lui suffisait plus. Aujourd'hui, très précisément, elle en avait marre. Marre du travail, marre des collègues, marre de ce futur dans lequel elle était forcée de vivre ... Marian n'aspirait au final qu'à un brin de liberté.

Pour une raison simple : Aujourd'hui, c'était son anniversaire.

Elle dépassait d'au moins cinq fois la majorité américaine et avait encore l'air d'être aussi jeune et fringante qu'au lycée. Sûrement ce qui avait valu à ce pauvre miroir un violent coup de poing qui le perfora et alla s'arrêter derrière. Derrière, dans la chambre. Elle avait traversé le mur avec son poing, de rage, comme ça. Elle ne l'avait même pas senti ... Et le fait que le mur se reconstruise de lui-même (sûrement le fait de ces futuristes "matériaux intelligents") semblait vouloir lui répondre "Nous savons ce que vous traversez. Ne vous inquiétez pas, vous n'êtes ni la première, ni la dernière". La Milicienne d'élite laissa son regard se poser sur la main qu'elle avait retirée du mur, laissant le sang perler dans le lavabo presque moins vite que les meurtrissures de ses phalanges ne se résorbait et que les rougeurs s'évaporent pour laisser à leur place une peau de porcelaine. Une peau de poupée, une peau trop parfaite ... une peau qui lui disait "allez, et maintenant qu'on a fait son petit chagrin, il est temps d'avoir une journée fantastique". C'était ce que tout le paysage aseptisé qui s'étendait à perte de vue sous ses yeux, à la fenêtre, semblait vouloir lui dire. Il fallait être fantastique parce que l'on vivait dans un monde fantastique, un monde sans la moindre imperfection génétique qui n'était pas résolue par ce SEER si fantastique ; un monde dans lequel, à l'écart, on gardait une véritable réserve d'êtres inférieurs pour montrer aux "Parfaits" à quel point ils étaient chanceux.
En voyant la difficulté qu'il y avait à obtenir certaines choses si elle n'était pas elle-même Longue-Vie et si elle ne se permettait pas quelques écarts déontologiques, Marian se laissait même à penser que si l'on gardait les humains, c'était précisément pour écarter les Asariens des véritables problèmes que le gouvernement pouvait avoir à affronter. Des choses aussi menues que la représentativité démocratique, par exemple. Plus les choses changeaient, plus elles restaient les mêmes.

Oups. Voilà, elle avait remis en cause la Grande Conseillère dans ses pensées.

Un sourire mesquin se dessina sur ses lèvres en pensant que lorsque ce genre de choses se présentait, c'était Marian que l'on appelait à la rescousse pour neutraliser l'empêcheur-d'aduler-la-glorieuse-leader-en-rond. Cette cocasse constatation passée, elle se décida finalement à enfiler ses vêtements et à sortir de la salle de bain. Son principal problème était qu'elle se sentait seule, véritablement seule. Seule sans personne à qui se confier, à qui parler de ces problèmes d'ordre purement temporels ... Peut-être acheter un esclave ?

L'idée lui traversa l'esprit alors que son enveloppe traversait, au volant de sa vieille voiture - une Nissan GTR R35 du siècle dernier rafistolée comme il était possible - le Marché des Esclaves. Un marché voué à changer, à changer par son action ... Comme l'intégralité des bidonvilles. Elle qui détestait l'esclavagisme songeait maintenant à sauver ces pauvres hères de la désolation par la force de sa bourse ... Est-ce que l'on pouvait affranchir à l'envie, comme à la glorieuse époque de Rome ? Marian n'en savait rien et ne s'était étonnamment même pas penché sur la question, avant.

Elle fit flasher son pass au checkpoint de l'entrée, passant derrière un camion blindé et devant une escouade de motards.

" Sympa, le panier repas et la bouteille. " remarqua le vigile en passant le regard sur le siège passager, " Y'a même un fraisier et du champ' ... La vache. On fête quelque chose ? "

" Evaluation de terrain, " répondit Marian avec un sourire feint, " tu sais ce qu'on dit pour le champagne : Dans la victoire, on le mérite et dans la défaite, on en a besoin ! "

" Ah, wow ... "

" C'est de Napoléon. Je suis la seule à avoir lu des livres d'histoire ? "

En apparence vexé, le gardien lui servit une moue, sous sa cape de pluie transparente, en lui faisant signe de passer.
Et elle passa, et cacha son festin dans une caisse de fournitures militaires qu'elle embarqua dans un pick-up et son armure ... son armure noire, celle qui n'avait pas de marquage, celle qu'on ne sortait que pour les grosses sorties ... Rayerait-on le Commandant Marian Carlyle pour l'emprunt de matériel dans le but de faire une excursion  le jour de son anniversaire ? Qu'ils viennent ! Son spleen était tel qu'elle accueillerait avec joie un tel sort, et avec un flingue ... Rien ne vous préparait à un sommeil de plus de quatre-vingts ans.

Il ne lui fallut pas plus d'une demi-heure pour transférer tout son matériel et ressortir pour se diriger vers l'Extérieur - le véritable Extérieur - dans un véhicule tout-terrain blindé au camouflage heureusement programmable : Marian n'était pas folle au point de se tuer vers l'extérieur dans un véhicule estampillé aux couleurs de la Milice, seule. Ce serait une mort dégradante après tant d'efforts ...

Non, elle avait déjà tout prévu, y compris l'argent pour permettre au gardien de la sortie, entre collègues, d'être "compréhensif". Elle avait expliqué son désir, avait fait valoir sa date d'anniversaire ... Il s'était bien montré "compréhensif". Moins vingt-cinq pour cent.

Ne pas pouvoir sortir au soleil était aussi une véritable hantise de Marian, une névrose, une terreur ... Ce n'était pas normal et pourtant, elle se dressait devant le fait accompli : le soleil tuait. Elle était un foutu vampire des temps modernes sortant à l'air libre comme une astronaute sur Mars. Elle était née sur cette Terre, elle avait grandi sur cette Terre, sous le Soleil, elle avait été baignée par ses rayons pendant plus de vingt ans ... puis elle avait disparu de la surface, oubliée pour mieux ressortir et entendre, au travers de sa visière, de son affichage tête-haute et du pare-brise de la jeep l'astre matriciel darder ses rayons comme un glorieux et divin majeur de la main tendu directement dans sa direction. Qui était-elle, putain ? Elle n'en avait jamais voulu, de tout ça. Elle ne l'avait même pas payé, le SEER ... Et ce n'était pas faute d'en déguster, aussi ! Elle était atteinte de maux que les autres Asariens ne soupçonnaient même pas ...

Elle roulait tout droit, sans réfléchir, ne laissant apparaître au spectateur qu'une unique visière teintée sur les pistes, au volant d'un pick-up levant un nuage de poussière et de boue. Elle roula et roula, des heures durant, admirant le paysage des plaines comme une gamine idiote découvrant la campagne pour la première fois. C'était un peu le cas, pour ce qui était de la campagne Antarctique. La simple mention d'une campagne en Antarctique relevait du rêve doux-dingue, à son époque ... et pourtant.

Elle continua de rouler encore un peu, vérifiant l'intensité de sa pile à combustible, avant de décider de s'arrêter sur la colline la plus en hauteur qu'elle fut à même de trouver. Une colline abritant un bosquet et de nombreuses variétés de fleurs curieuses et sauvages dont elle n'aurait même pas pu énumérer les noms avec certitude : c'était à peine si elle pouvait voir leurs couleurs avec fidélité. Leur couleurs telles que perçues par les gens "normaux". Elle avait besoin de lunettes pour cela, d'un masque. Une autre stupide raison qui la forçait à porter ce casque et ce scaphandre... Elle mit un pied dehors, puis l'autre. Elle déplia sa caisse de matériel, un fusil magnétique en bandoulière, alerte. C'était les réflexes : il faisait jour et les humains étaient partout. Pourquoi se seraient-ils attaqués à elle en particulier ? Elle aurait pu leur trouver de nombreuses raisons. Aussi nombreuses qu'elle-même avait de traquer les Rebelles, des raisons miroirs, les mêmes, dans l'autre sens. Des raisons politiques illusoires.
Ne restait plus que le personnel. De l'ordre de ce qui semblait futile, un jour d'anniversaire. En ce jour précis, elle aurait été prête à écouter jusqu'au leader des rebelles ... A se montrer conciliante, à espérer pouvoir le comprendre. Tel était le niveau de la lassitude et de l'introspection de Marian Carlyle.

Le déballage, lui aussi, fut court : ce fut l'occasion d'ouvrir un pique-nique parmi les plus clichés que le Monde aurait pu voir depuis la Pluie de Feu, jusqu'aux paniers, aux fruits et légumes, aux sandwichs ... Et puis le gâteau. Un bon gros gâteau. Une belle grosse Forêt-Noire. De ce genre de gâteau qui sortait tout droit d'un conte de fées.
Ou bien d'une simulation lancée par un ordinateur psychopathe dans un complexe souterrain pour vous tuer, mais Marian n'était pas vraiment un ordinateur.

Et elle attendait, adossée au véhicule, en branchant la musique. Elle ressortait le Gorillaz du placard. Des données musicales qui devaient avoir été oubliées des masses depuis bien trop longtemps ... Des données qu'elle seule semblait encore en mesure d'apprécier, vu le prix ridicule auquel elle avait trouvé la collection, tirée des archives d'une ancienne mission Antarctique, dans les affaires de ce qui avait dû être un climatologue mélomane.

Qu'est-ce qu'elle attendait ? Beaucoup de choses ... Une épiphanie ou un compagnon, peut-être, si le ciel était clément ... Ou bien seulement le coucher de soleil. Elle voulait pouvoir admirer le coucher de soleil, retirer son matériel et pouvoir profiter de son repas. Pouvoir refaire le lien avec son passé ... pouvoir vivre normalement, l'espace d'une nuit, comme ... comme avant. Elle avait besoin de se sentir bien, tout simplement. Quoi de plus normal un jour d'anniversaire ?

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MessageSujet: Re: ... And a happy birthday to you. [Héméra]   Dim 29 Mai - 23:35

Cela faisait quelques jours que la Réunion d’urgence au QG avait eu lieu, et les Pacificateurs étaient  agités, préparant autant le sauvetage des humains des bidonvilles que celui d’Aaron, aux mains des Anciens. Profitant de toute cette occupation d’adultes,je pris mon sac à dos, y mettant quelques provisions et une bouteille d’eau que je trouvais à la réserve et j’utilisais mon invisibilité pour sortir, comme je l’avais fait quand j’avais croisé la route d’un jeune que je considérais comme Asarien, et non véritablement Ancien. Peter, il s’appelait, si je me souvenais bien. Prenant Snow avec moi, je m’éclipsais donc, pour qu’il se dégourdisse les pattes, et que l’on puisse jouer tranquillement sans déranger les grandes personnes à être tout le temps là où il ne fallait pas. Si je savais me montrer discrète la plupart du temps, prenant soin de ne pas me faire remarquer, j’étais assez agitée moi-même ces derniers jours, et la nervosité ambiante n’aidait pas à me calmer, loin de là.

Sortant à l’air libre pour m’enfoncer dans la Forêt, je me dirigeais donc d’instinct vers cet endroit de calme que j’avais découvert par hasard lors de ma première escapade en solitaire. Le louveteau blanc gambadant autour de moi,  à renifler les odeurs diverses qui nous entouraient, je l’encourageais à les découvrir, les mémoriser. Aaron m’avait apprit à reconnaître certaines traces, et grâce à ce lien qui se construisait entre le petit loup et moi, je pus lui transmettre quelques images d’animaux correspondant à ce qu’il ressentait. C’était là un apprentissage important pour lui, que je lui transmettais qu’à la maison, là où il pouvait aller dehors sans crainte et avec moins de sécurité à déjouer. Mais je veillais à ce qu’il reste tout prêt, pour le rendre invisible au besoin. La mésaventure de la sortie en Forêt était encore gravée dans ma mémoire, ce jour où les Miliciens avaient frappé la louve noire et Aaron sous sa forme de loup à coup de crosses et les avaient mis mal en point. Ce jour où j’osais les attaquer, eux, des adultes, des hommes armés, avec mon Electrokinésie, attirant l’électricité sur leurs fusils d’assauts, n’arrêtant que lorsqu’ils ne bougèrent plus, et qu’une odeur de grillade emplissant l’air… J’ignorais encore si je les avais seulement blessés, ou bien s’ils étaient morts. Ils ne m’avaient pas vu en tout cas. Vigilante à mon environnement, je chemine donc prudemment, évitant de faire trop de bruit, préférant appeler Snow de temps en temps à mes côtés par notre lien mental que par l’oral. Je voulais autant rester discrète que pouvoir profiter de la promenade pour apercevoir les animaux sauvages sans qu’ils ne prennent peur par trop d’agitation.

Délaissant peu à peu le couvert des arbres pour un environnement plus plat et découvert, je me baladais alors dans les collines. N’ayant pas de montre ou autre sur moi, je ne pus savoir combien de temps j’avais passé à marcher ainsi, mais je commençais à fatiguer. Bientôt, un véhicule entra dans mon champs de vision, et m’aplatissant dans les herbes hautes, activant mon invisibilité, et demandant au loup blanc de rester calme, un bras poser sur son encolure pour le couvrir aussi, j’observais l’étrange silhouette qui en sortait. Elle était couverte d’une combinaison bizarre, comme de celles que l’on trouvait dans les livres sur la mer, pour la plongée… La personne craignait-elle le soleil à ce point ? Méfiante, je ne pus toutefois résister à l’envie d’aller voir de plus près, et me relevant, je marchais doucement vers l’inconnue, prenant garde de ne pas faire de bruit, à par celui de l’herbe que j’écrasais et qui pouvait passer pour un mouvement du vent qui soufflait, joueur, et faisait chanter la plaine. Snow était aussi vigilant, marchant à mon pas, d’une démarche attentive et agile. Quand on fut non loin, près d’un des rares arbres encore présents parmi toute cette verdure, j’allais derrière, pour observer. Cela ne me semblait pas dangereux, alors que la silhouette en scaphandre déballait une sorte de pique-nique… Elle ne semblait pas attendre quelqu’un, pourtant, alors que je faisais attention à l’arrivée d’un quelconque partenaire. Elle allait vraiment rester toute seule ici, perdue dans la campagne ?

Rassurée par ce que je voyais, et aussi curieuse qu’une pie, ne voyant pas où il pouvait y avoir de danger alors que je ne remarquais pas d’armes dans l’immédiat, je relâchais mon pouvoir, pour me rendre visible, et incitant le louveteau blanc  à marcher à mes côtés sagement, je sortis simplement de ma cachette, me dirigeant vers le véhicule et le mystérieux individu au pique-nique. Je ne savais pas encore s’il était homme ou femme, et la rencontre d’avec Peter m’avait passé l’envie de tenter une quelconque sonde de l’esprit de l’étranger. Ce que j’y aurais perçu aurait pu me faire rebrousser vite chemin, mais naïve sans doute, encore une enfant ne voyant pas forcément le mal partout, je continuer à m’approchais, une main sur l’encolure de Snow pour qu’il reste calme, sans crainte. Je voyais de plus près la nourriture déballée, et mon regard s’arrêta un instant plus long sur le gâteau trônant au milieu du reste… J’avais une impression bizarre en le voyant, comme s’il était là pour fêter quelque chose… Une fête ?

« -Bonjour. »

Ma voix enfantine trouble le silence alors que je relève mon regard sur la personne qui a présent est face à moi. Snow s’assoit simplement à mes côtés, contre ma jambe alors que je m’arrête à quelques pas, regardant autour de moi bien que ne ressentant pas de danger. Les mauvais souvenirs et expériences me font rester vigilante alors que e voudrais simplement, parfois, n’être qu’une petite fille de 8 ans, sans crainte et pouvant jouer comme les autres sans avoir peur de rien.

« -Je me nomme Héméra. Le soleil vous fait du mal, pour porter cet étrange costume ? Vous devez avoir chaud là-dedans.  Je me promenais avec mon… chiot, quand je vous ai vu seule. J’espère ne pas vous déranger, avec ma curiosité... »

D’un sourire timide, je tente de m’excuser de cette intervention, alors que je jette un œil au louveteau, espérant qu’il ne comprenne pas, ni ne prenne mal, le cas échéant que je le fasse passer pour un simple chiot. Les loups sont sensées être sauvages et ne pas s’approcher de l’homme, sauf en cas d’attaques. Une autre des manières que je trouvais pour le protéger jusqu’à ce qu’il soit grand.

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MessageSujet: Re: ... And a happy birthday to you. [Héméra]   Jeu 9 Juin - 15:34

Intrinsèquement - c'était un réflexe, un conditionnement -, Marian sursauta en entendant une voix étrangère. Elle n'attendait personne, ne souhaitait personne. Personne parmi ses connaissances professionnelles ou "modernes". Elle aurait aimé être là avec son père - qui aurait sûrement été fier de sa fille maintenant gradée -  ou avec sa mère - avec qui elle aurait sûrement conversé en langage des signes, par pure habitude -. Elle aurait aimé pique-niquer avec ses amies chinoises, russes ou coréennes, car elles étaient ses amies, à une époque où le clivage Asarien/Humain était encore une préoccupation politicienne et non une réalité sociale. Elle aurait aimé ne pas avoir à combler plus de quatre-vingt ans d'Histoire qu'elle avait raté avec son imagination et des enregistrements.

La main de Marian alla automatiquement caresser la poignée de son arme, sans pour autant la dégainer.

Un regard suffit à la milicienne d'élite pour déterminer que c'était une enfant. Il n'y avait pas grand chose à voir en-dessous de cela. Elle paraissait humaine - et l'était vraisemblablement, puisqu'elle se baladait au soleil et à l'air libre -. Un instant, Marian fut même jalouse. Elle ne pouvait plus se balader au soleil librement. Elle devait vivre sous les dômes ou sous son armure. Joie. Ceci étant, elle se disait aussi qu'être Asarien, c'était avoir des pouvoirs. Ça ne remplaçait certainement pas le plaisir d'un bain de soleil, mais ça permettait d'amener dans la conversation cet argument si apprécié de ces Homo Novus : "Moi j'ai des pouvoirs, pas toi. Je vaux donc plus que toi, vermine inférieure."

Une belle connerie, au demeurant.

Frustrée de ne pas avoir entendue, vue ou senti la nouvelle-venue - la faute à cette technologie primitive qui, développée pour des Asariens sans les sens si développés de Marian, bridait ses capacités -, celle dont c'était présentement l'anniversaire appuya sur un bouton à son poignet, avant de sortir une casquette de baseball d'une obscure équipe américaine - Les Yankees de New York - qui avait fait plus que son temps. Elle se coiffa du couvre-chef alors qu'une partie disparaissait, dans une chorégraphie coulissante toute technologique, pour laisser apparaître son visage et libérer ses cheveux. La visière de la casquette assurait une zone d'ombre bienvenue sur le faciès si charmant de l'Asarienne, qui s'assurerait ainsi de ne pas fondre en quelques minutes, mortellement irradiée.

Elle ne savait pas vraiment quel effet produisait le soleil, en fait, à part un vague "mal" dont elle s'était rendue compte d'elle-même quand elle était sortie une fois sans combinaison, après qu'on lui ait affirmé que c'était dangereux.

Ça l'était.

Elle se releva, coupa la musique et toisa de toute sa hauteur la fillette qui l'avait abordé. En son for intérieur, elle se disait que ça lui donnait un air cool, avec sa tenue aux reflets d'onyx, avec les parties articulées s'agençant d'elle-même, les rares câblages apparents parcourues d'ondelettes azurées. On aurait dit une astronaute en voyage loin de chez elle, ou une extraterrestre. Et puis avec la casquette, ça faisait très Tom Cruise dans Oblivion.

Mais personne ne pouvait lui reprocher de faire la copie, personne ne se souvenait du cinéma d'avant. Marian vivait dans sa bulle, et dans sa bulle, elle avait l'air cool, tout le temps, parce que dans sa bulle, elle vivait dans un film.

" Hello... " rétorqua un peu tardivement, en humant l'air avec un air tout proche du canidé.

Rien. Personne. Pas de fiel humain caché dans les fourrés tentant de se substituer aux sens de Marian. Juste Marian, la petite et le ... chiot. On aurait dit le début d'un film d'auteur intimiste à petit budget, d'ailleurs.

" Tu n'as pas ta langue dans ta poche toi, hein ? " se risqua-t-elle alors avec un sourire et en s'abaissant à son niveau, un genou à terre, avant de continuer, " Oui, lil' Héméra, le soleil me fait du mal et non, je n'ai pas chaud. Pas plus que ça, c'est bien ventilé ... Quant à ça ... "

Elle tourna le visage un instant dans celui de l'accompagnateur canin de la petite fille, comme pour y discerner quelque chose.

" Ça, ce n'est pas un chiot. C'est un louveteau apprivoisé. " déclara-t-elle, avant de revenir vers sa vis-à-vis pour se tapoter le nez de l'index, " Ça se sent ... Et puis ça se voit dans ses yeux aussi. Il m'a l'air particulièrement futé. "

Marian, légèrement paranoïaque, flairait un traquenard. Il n'y avait rien que ses sens ne puissent lui rapporter, et pourtant, il y avait quelque chose là-dessous, quelque chose d'imperceptible. Qu'est-ce qu'une fillette faisait seule ici, au milieu de nulle part ? Ses parents pensaient-ils que la seule compagnie d'un loup apprivoisé suffirait à la protéger ?

" Dis-moi, kiddo, tu dois savoir que je suis Asarienne pour devoir me balader ainsi, non ? Tes parents ne t'ont pas dit que nous étions dangereux, que nous mangions les enfants ou les emportions loin dans le noir ou ... Ou bien un truc du genre ? Tu n'as pas ... peur de moi ? "

C'était direct comme approche. Agressif, même. La milicienne laissa échapper un soupir en baissant la tête.

" Désolée, " admit-elle, " C'est juste ... C'est la première fois que je rencontre une Humaine hors des murs ... Je veux dire, d'habitude, on essaye de me tirer dessus avant de venir me parler ... C'est ... C'est pas vraiment pratique ... Juste que ... "

Partie dans un cafouillage assez monumental sur ses activités, La blonde à casquette indiqua son buffet, la tête toujours baissée comme une chienne abattue :

" Anywaaaays ... C'est mon anniversaire aujourd'hui, j'avais la flemme de le passer avec des cons du futur qui comprennent rien à mes blagues et n'aiment pas ma musique, j'ai une vie sociale de merde, pas de copain, des pouvoirs qui me filent mal au crâne et personne ne me prend au sérieux au gouvernement alors que j'ai l'âge de cette pouffiasse de ministre de la culture ... " divagua-t-elle, rajoutant un sarcastique, " Pardon my french. " en guise de conclusion.

" Ah, et, j'ai à manger, si tu veux rester. C'est pour ça que j'indique le buffet avec mon doigt. C'est la première fois que je fais un gâteau toute seule et j'ai aucune idée de ce que ça va donner. J'ai 117 ans aujourd'hui et j'ai encore l'air d'une geekette asociale de 23 ... On peut être copines ?.. Please, don't judge me, please don't judge me ... Please, just don't ... "

Si on s'était risqué à regarder sur son visage, on aurait peut-être pu voir deux ou trois larmes perler sur le visage de Marian. Les larmes, ce n'était pas beau. Ce n'était pas très Asarien, mais bon ... Marian était une Asarienne old-school, et une militaire. Elle emmerdait les conventions ... Même si elle devait les suivre.
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MessageSujet: Re: ... And a happy birthday to you. [Héméra]   Lun 18 Juil - 23:40

« -En effet. »

Un sourire incertain aux lèvres pour répondre à la remarque de l’adulte, je me tenais face à elle, curieuse mais prudente, sachant que mes sorties au dehors pouvaient être dangereuse. L’inconnue ne me semblait pas agressive, bien qu’armée, à l’affût elle aussi de danger. Ses réflexes m’informèrent, je pus ainsi comprendre qu’elle savait parfaitement s’en servir au besoin. Mes mains vinrent doucement s’écarter de mes flanc, autant en position de non agression qu’en défense, si je devais me servir de mes pouvoirs pour m’échapper. Ses armes et habits pourraient bien prendre la foudre, non ?

Elle baissa ensuite son regard vers Snow qui méfiant restait à mes côtés, comme un garde du corps un peu trop jeune pour être vraiment efficace et faire peur, mais il devait sentir ma nervosité. Elle avait devinait sans peine que ce n’était pas un simple chiot, mais bien un louveteau… Au moins s’y connaissait-elle en animaux.

« -Il l’est oui. Et il n’est pas vraiment apprivoisé. Il ne restera pas avec moi tout le temps. »

Ses paroles suivantes me firent faire un pas en arrière de surprise, la peur se lisant un instant dans mon regard avant que je ne me reprenne, comblant l’écart d'un autre pas, en avant cette fois ci. Tous n’étaient pas semblables… Mais les armes, le fait qu’elle me le précise… Une Milicienne ? Respirant profondément, je tentais de camer le battement effréné de mon cœur, ayant en tête une sonnette d’alarme… La Milice me recherchait, je le savais… Mais une certaine rencontre auprès d’un Lac m’avait permit d’envisager les choses sous divers angles, et qu’elles n’étaient pas forcément comme je les imaginais, ou craignais.

« -J’avais des doutes. Ce qui est étonnant, c’est que vous sortiez dehors malgré le danger du soleil. Peu le feraient à mon avis. Et vos armes… Vous faites partie de la Milice ? »

Méfiante, je lui jetais un regard que je souhaitais déterminé, bien que devinant qu’elle sentirait sans doute ma crainte d’un traquenard et mon envie première de partir d’ici. Pourtant, elle ne se lançait pas sur moi, ne braquait pas son arme… Se pouvait-il qu’elle ignore qui j’étais ? Que la seule enfant née d’un Asarien et d’une Humaine, fortement recherchée se trouve devant elle ? Et moi bêtement qui avait décliné mon identité… Il me faudrait être plus prudente, et réfléchir avant de parler. Un jour, cela m’attirera des ennuis, et des gros.

« -J’évite la plupart des Anciens et des Asariens, mais j’en côtoie quelques uns qui ne voient pas les Humains comme des êtres inférieurs. Mais simplement une branche parallèle d’un même arbre, aux racines communes aux Asariens. Je n’ai pas peur, je me méfie juste. Vous ne ressemblez pas aux hommes armés que j’ai pu croiser. Alors… »

La jeune femme semble confuse, comme si elle ne voulait pas que je parte… Attentive, je l’écoutais alors. Visiblement c’était bien une membre de la Milice, ou cela s’en rapprochait.

« -Je ne suis allée que rarement entre les murs de la cité. Je n’en ai pas vraiment de bons souvenirs, ils me filent encore des cauchemars, à vrai dire. Et comme vous ne m’avez pas encore attaqué, ou menacé de votre arme… J’imagine que je peux rester. Mais si cela change, j’ai les moyens de me défendre efficacement contre vous et m’en aller loin. »

Poings sur les hanches, le menton relevé en un semblant de défi, je souris ensuite, atténuant mes propos pour aller m’asseoir en tailleur sur le plaid, sortant mes propres barres de céréales et les bouteilles d’eau, par principe et envie de partager. Hors de question de manger ses préparatifs sans rien offrir en retour. Un peu plus loin, je perçu la silhouette noire de Kantara et de ses deux petits. Snow également, vu ses gémissements et regards envieux qu’il me lançait. Hochant la tête, je l’incitais à les rejoindre, je l’avais amené en balade pour cela après tout. Qu’il continue à tisser des liens avec sa famille, sa Meute.

« -Une enfant de 8 ans et une adulte Asarienne amies ? On peut toujours essayer. J’ai amené quelques barres de céréales et de l’eau, si vous voulez… Et joyeux anniversaire, dans ce cas. Vous avez dû en voir, des choses, en plus d’un siècle, non ? »

La curiosité prenait le pas sur la peur qui restait pourtant là, comme une boule au ventre. Mais si ma première idée aurait été d’attaquer (et ainsi de me révéler comme n’étant pas forcément humaine) ou bien fuir sans plus attendre, ma rencontre qui remontait à quelques temps déjà d’avec Peter, celui que je prenais pour un jeune Asarien, m’avait laissé en mémoire quelques leçons que je tentais d’appliquer en ces instants. Prendre le temps d’analyser la situation, avant toute action impulsive qui pourrait se retourner contre moi. Peut-être était-elle comme les Anciens et Asariens que je connaissais chez les Pacificateurs ? Ou du moins, moins radicale envers les Humains que ne l’était la plupart du Gouvernement. Amies ? A voir, mais je n’étais pas contre cette idée.
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