(Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]

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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Dim 10 Jan - 0:57

Il n'y a aucun ordre de passage !
Alors n'hésitez pas à poster Wink



Interroger cet individu ! Bien sûr que j’allais le faire ! Il était hors de question que je laisse ce type s’en sortir aussi facilement tout comme le ministre Van Brënner ! J’avais ordonné que l’arrestation de ce majors Vickers ne soit en aucun cas diffusée dans les médias. Tout devait se passer sous silence. Si cet homme était un traitre et qu’il avait été dépêché sur place pour piéger les membres du gouvernement, ses employés ou alliés devaient le croire sain et sauf, à l’abri pour éviter de se faire attraper. Sauf que c’était bien trop tard pour lui. Il croupissait dans une des cellules de la tour gouvernementale depuis 24 heures et bien évidemment Tomas Van Brënner ne répondait à aucune de mes convocations depuis qu’il avait fait son petit numéro devant nous. Lui ou pas d’ailleurs, car les informaticiens avaient travaillé d’arrache-pied sur les bandes vidéos de la réunion. Les conclusions de leurs premières analyses,  que j’avais sous les yeux, m’apprenaient que le ministre de la Sécurité n’était qu’une sorte d’Hologramme ou de matérialisation. Deux options semblaient tout indiquées maintenant : Van Brënner et nous tous avions été manipulés et le « Marionnettiste » tirait les ficelles dans l’ombre ou alors, le Lion de Feu manigançait quelque chose qui ne me plaisait pas du tout !! Et pour cela, il me fallait le voir entre quatre yeux ce que l’Allemand refusait complètement.

- Madame la Grande Conseillère, le Capitaine Marden est là. Il vous attend pour vous accompagner à la cellule du prisonnier.

La voix de mon assistante venait de s’élevait de l’interphone. J’avais envoyé un mail – puisque je ne pouvais avoir le ministre de la Sécurité même au téléphone – pour lui demander de me dépêcher un de ses hommes pour m’accompagner à l’interrogatoire du prisonnier. J’avais reçu une brève réponse avec un nom, celui du Capitaine Dallas Marden. J’appuyai sur le bouton de communications.

- Très bien Marissa. Veuillez le faire attendre, j’en ai pour deux minutes. Dès que le ministre Huyana et l’Archiviste arrivent, qu’une des sentinelles les accompagnent à la salle d’interrogatoires. Avertissez les gardes de notre arrivée. Qu’ils effectuent le déplacement du prisonnier.

- Très bien Madame.

Je fermai avec précaution le rapport des informaticiens et je le plaçai dans le premier tiroir de mon bureau. C’était le premier rapport. J’attendais encore tous les autres : celui du ministre Huyana sur les nappes phréatiques, celui de la section de la maintenance des Dômes et celui des analystes qui vérifiaient, eux, toutes les caméras de la tour gouvernementale que ce soit celles à l’intérieur que celles à  l’extérieur du bâtiment pour y éplucher et cataloguer toutes les personnes avec un comportement étrange. Je savais que cela demanderait du temps et que j’allais devoir me résoudre à patienter. Je reculai mon fauteuil du bout du pied et je me redressai dans la grâce féline qui me représentait. Je lissai ma robe blanche qui s’arrêtait à mi-cuisse et moulante à souhait. Je sortis de mon bureau et le regard du Capitaine en disait long sur ma silhouette avantageuse. Il se mit au garde à vous et me salua selon les usages dus à mon rang.

- Capitaine Marden, je sais que ma demande est assez inhabituelle puisque le prisonnier ne dépend pas encore de la Milice, mais je voulais avoir un des hommes du ministre Van Brënner auprès de moi pour rendre l’interrogatoire plus complet.

- Madame La Grande Conseillère, c’est un honneur pour moi.

- Je vous en prie, suivez-moi. Nous allons emprunter un ascenseur privé qui nous mènera aux sous-sols de la Tour.

- M’accordez-vous le droit de poser des questions, Madame ?

- Allez-y.

La grande porte de l’ascenseur coulissa devant nous pour nous laisser entrer. Je sélectionnai, sur le cadran, notre étage inférieur.

- Pourquoi  possédez-vous des cellules à la Tour ? Ce n’est pas un lieu pour cela.

- C’est vrai. Les cellules existent depuis quelques années seulement. La Tour attire les ennemis du gouvernement et nous sommes la principale cible des Traitres et des Utopistes. Lorsqu’un énergumène se faisait attraper, nous n’avions aucun lieu spécifique où le parquer en attendant l’arrivée du fourgon de la Milice. J’ai donc décidé d’utiliser un étage inférieur pour cela.

- Je comprends Madame.

Le sas s’ouvrit à l’étage demandait au même moment où un petit « ding » résonna dans la cabine. Je passai la première et nous tombâmes devant le bureau d’un gardien qui se redressa immédiatement à mon arrivée.

- Madame la Grande Conseillère, le prisonnier VK1311 a été amené à la salle d’interrogatoires comme vous l’avez souhaité. Voici son dossier. Nous avons placé sa photo dans les données de l’ordinateur central et nous avons trouvé sa véritable identité.

J’arquai un sourcil et je me saisis du dossier qu’il me présentait.

- C’est parfait. Restez à votre place, je sais où se trouve la salle.

Je compulsai brièvement la note qui révélait que le Major Vickers n’était d’autre qu’un scientifique travaillant au Centre de recherches et dans la section du Docteur Amaria Saria. Voilà qui était très intéressant. La fille d’Ahmad ne m’avait jamais appréciée et c’était réciproque. Si mon fils était un Pacificateur alors je n’avais aucun doute sur son alliance avec ces insectes. Les gènes d’Ahmad et sa folie des grandeurs coulaient dans leurs veines à tous les deux. Mais elle était beaucoup plus rusée que son frère et très douée pour passer entre les mailles de mon filet depuis toutes ces longues années. Le Capitaine m’attendait sans montrer aucun signe d’énervement. Je lui fis signe de me suivre et nous continuâmes en direction d’un autre couloir qui nous amena dans une petite pièce qui juxtaposait la salle. Un miroir sans tain nous donnait accès à la pièce voisine où se trouvait déjà le prisonnier. Il ne pouvait ni nous voir ni nous entendre.

- C’est donc lui le Major Vickers ?

- Ce n’est pas tout à fait cela. Je vous présente le Dr Aaron Williams, scientifique. Eminent biologiste et généticien. Restez ici. Je vous ferai appeler si j’ai besoin de vous.

Je sortis de la pièce et je me rendis dans la salle où se trouvait le prisonnier. Le garde me salua et le prisonnier redressa son visage d’où ne transpirait aucune émotion. La tentation d’employer ma télépathie était grande, mais je voulais jouer un peu avec lui en attendant l’arrivée des autres.

- Monsieur Williams … Quel dommage de voir un si grand talent se retrouver au  fond d’une cellule. Un avenir gâché alors que vous étiez très prometteur d’après les commentaires de votre chef de pôle, le Dr Amaria Saria.

Je m’installai face à lui et seule la table nous séparait.

- Je suis en train de faire vérifier toutes les accusations que vous avez formulées durant la réunion. Mais je ne commencerai pas par cela. Quel est votre allié ? Votre appui ? Que vient faire le ministre Van Brënner dans toute cette histoire ? Il vous a aidé à vous enfuir … et j’aimerai avoir des explications.






Dernière édition par Alianka De Nephthys le Lun 29 Aoû - 16:50, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Lun 25 Jan - 20:49

« Je vous avais demandés de nouveaux résultats et vous vous pointez dans mon bureau avec une excuse bidon !! »

« Monsieur le ministre, nos experts refont toutes les analyses de l’eau et cela prend énormément de temps. Nous ne pouvons pas formuler des conclusions en vingt-quatre heures. Il nous faut beaucoup plus de temps. »

« Vous pensez que je vais annoncer cela comme argument à la Grande Conseillère ? Je veux savoir pourquoi nos résultats n’indiquent pas la même chose que ce Major Vickers !! Peut-on confirmer ou infirmer ses dires ?? Alors, remettez-vous au boulot ! C’est moi qui vous paye pour poser votre cul au milieu d’un laboratoire ultra perfectionné ! »

L’homme binoclard faillit avoir une attaque, mais le ministre Huyana ne bougea pas d’un iota derrière son bureau. Depuis ces dernières vingt-quatre heures et la réunion désastreuse du Haut conseil des ministres,  Elijah avait lu et relu, il ne comptait plus à présent, le rapport de ce major qui s’était présenté à eux et qui avait perturbé leur symposium. Il avait attaqué la société Aquanet et son incompétence à produire des comptes rendus corrects concernant les nappes phréatiques et l’état de l’eau. Elijah avait toujours choisi son personnel avec la plus grande méticulosité. Des hommes et des femmes qui ne vouaient leur vie qu’à servir la société et par prolongement, le gouvernement.  Pourquoi diantre, les rapports effectués tous les mois dans les murs de sa compagnie ne ressemblaient pas à ceux de cet individu qui s’était présenté comme un employé du ministre Van Brënner ? Pouvait-il pointer du doigt la non vigilance de son personnel ou bien quelqu’un tentait-il de saboter son image et sa confiance auprès d’Alianka de Nephthys ?

«  Vous êtes encore là ? Je peux vous licencier si vous n’avez rien d ‘autre à faire qu’à me regarder lire ces dossiers ! »

« Non… non … Monsieur … Je vous prie de m’excuser. Je retourne au laboratoire »

«  C’est ça ! Et ne revenez pas sans avoir une réponse à tout ce foutoir ! Si une personne de votre équipe s’amuse à saboter mon image, il le paiera très cher ! »

L’homme en blouse blanche s’inclina et recula lentement pas après pas sans tourner le dos à son patron. Il passa la porte du bureau qui était resté grande ouvert et  percuta la secrétaire du ministre qui arrivait sur cette entrefaite. Il bredouilla quelques excuses ce qui ne fit que renforcer la mine sombre d’Elijah.

«  Monsieur, je viens vous rappeler qu’il est l’heure de vous rendre à la tour gouvernementale. Votre rendez-vous avec Madame la Grande Conseillère est pour bientôt »

« Merci »

La jeune Asarienne qu’il avait embauché depuis des années n’insista pas et se retira rapidement pour rejoindre son bureau en annexe à côté du sien au ton cassant de son patron. Elijah n’était pas dupe sur sa rencontre avec Alianka de Nephthys. Il n’avait rien de nouveau depuis hier et tout semblait accabler l’incompétence du ministre et de sa société. L’interrogatoire de ce major lui apporterait peut-être des éclaircissements sur toute cette situation qui lui échappait.
Son chauffeur l’attendit comme prévu devant l’entrée du bâtiment d’Aquanet et le véhicule fila vers sa destination.

La Tour majestueuse se dressait devant lui et le ministre du Développement Sanitaire s’engagea à l’intérieur du bâtiment. Une hôtesse le reconnut et s’avança vers lui.

«  Monsieur Huyana, veuillez me suivre s’il vous plait. Je vais vous accompagner jusqu’à Madame la Grande Conseillère. »

Il hocha la tête et suivit la jolie blonde au déhanché sexy. C’était la première fois qu’il allait découvrir les sous-sols du building du Pouvoir de la cité. Il n’avait jamais pensé que celui-ci cachait des cellules dans ses entrailles. L’ascenseur les mena dans les étages inférieurs et la belle Asarienne  continua d’ouvrir la marche à l’ouverture des accès. Il ne la questionna pas, pourtant ce n’était pas l’envie qui lui manquait, mais il se doutait aussi qu’elle ait reçu l’ordre de ne rien révéler aux visiteurs sans autorisation spéciale. Un gardien derrière son bureau les réceptionna et sa jolie guide le salua et rejoignit l’ascenseur.

«  Monsieur le ministre, veuillez me suivre. La Grande Conseillère est déjà arrivée. Le prisonnier est dans la salle d’interrogatoires. »

Elijah n’ajouta rien et se laissa conduire vers cette salle. Le gardien ouvrit la porte et à l’intérieur la panthère de glace était là face au prisonnier qu’il reconnut sans peine. Il s’inclina devant sa Supérieure.

«  Madame la Grande Conseillère, j’espère n’avoir rien manqué d’intéressant. Je n’ai pour le moment aucun résultat à vous donner. Mon personnel a recommencé les analyses de l’eau.  »

Il lança un regard noir au major Vickers. Elijah n’avait pas encore digéré le fait que cet homme ait remis en question son statut de PDG et le professionnalisme de sa société.
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Ven 29 Jan - 22:04

Vingt-quatre heures s'étaient écoulée depuis la mise en scène dont nous avions été témoin lors de cette mascarade que fût la réunion auprès de la Grande Conseillère. Les voix s'étaient fait entendre. Colère, surprise, mécontentement. Tant d'émotions en si peu de temps et à présent c'était un véritable branle-bas de combat dans toute la Tour Gouvernementale. Suite à l'arrestation de l'imposteur, le gouvernement avait été prompt à ne pas ébruiter l'affaire. Les journaux avaient été saisi avec pour ordre de ne rien dévoilé et de ne faire couleur aucune encre sur le sujet sous peine de se voir gentiment fermer les portes. La liberté de la presse avait ses limites au sein de la cité pour ne pas dire qu'elle était totalement sous le joug de celle, qui du haut de la Tour observait le monde qui l'entourait avec son regard si particulier. Mais cette acte était en soit pleinement justifier. Il fallait éviter les fuites pour tenter de soutirer le plus d'informations au traître. Sans ça qui sait combien de temps ses partenaires auraient mis pour tenter temps bien que mal de lui venir en aide. L'amitié, une faiblesse aussi méprisable que cette notion qu'on appel l'amour...

Au terme de cette réunion brutalement écourtée, chacun était repartie de son côté. Parmi les ministres il y en avait qui ne pouvait laisser impunie cette situation. Blesser dans leurs égaux j'étais persuadé qu'ils feraient tout pour nettoyer l'affront dont ils avaient été les victimes. Qui me demanderez vous? Ce n'est pourtant pas bien difficile à deviner. Mais chut, les murs ont des oreilles et je ne tiens pas forcément à m'attirer leurs foudres. Bien que, je dois avoue que cela pourrait être très amusant. Pour ma part, après avoir observer l'arrestation du dit Major Vickers, j'avais salué les membres du Gouvernement encore dans la pièce avant de me retirer dans mes archives. Si les journaux n'avaient pu faire état de fait des événements de ces dernières 24 heures il en resterait néanmoins une trace au sein de mon sanctuaire.

En arrivant devant la porte, je me rappelais m'être demander quel titre j'allais donner à cette oeuvre, ce scandale qui une fois de plus risquait d'entacher la réputation, au peu glorieuse à notre époque de notre Gouvernement. Puis en arrivant devant la pile de papier au côté de mon bureau, une idée n'était venue. Un titre que je trouvais très drôle mais que probablement peu de personnes pourraient comprendre.


" En finirons nous une? "

Personnellement j'en doutais énormément. Mais qui sais, l'avenir pourrait me surprendre et peut être qu'un de ses jours cela arriverai. Mais le temps n'était pas à la rêverie, il fallait se concentrer sur la rédaction. Personnellement je n'avais pas été éclaboussé par les informations qu'avait dévoilés le major. En tant qu'archiviste mon rôle était moindre face aux ministres. Eux étaient sur le devant de la scène, véritables personnalités dans le monde d'Asaria. Moi je vivais dans l'ombre, mythe et légende urbaine de la cité. J'admet avoir pris du plaisir à voir nos ministres s'offusquer et crier aux scandales lorsque l'intrus avait mis sur la table des informations qui était peut être ou pas véridique. Je connaissais parfaitement les limites de mon savoir et le traitement des eaux et autres concepts scientifiques étaient des notions qui me passaient radicalement au dessus de la tête.

Toujours est il que je ne vis le temps passer et que c'est en voyant le soleil briller à mes fenêtres que je compris que j'avais veillé toute la nuit. Me frottant les yeux, je m'extirpais de mon fauteuil. M'étirant de tous mes membres je me fis craquer les os de la nuque, véritable bonheur me rappelant mes petits plaisir coupable. J'avais demandé à Alianka la permission d'assister à l'interrogatoire qu'allait subir celui dont je connaissais la véritable identité. En le voyant par la vitre de la salle du Grand Conseil, j'avais aperçu son visage, son véritable visage suite à la chute de sa perruque grotesque. Cette image gravée dans ma mémoire m'avait permis d'identifier au cours de la nuit l'asarien en question. J'avais récupérer ses informations personnelles pour mieux comprendre les motivations qui avaient pu pousser l'asarien à une telle folie. Etait ce de son propre chef ou au nom d'un idéal et d'une cause qui lui paraissait juste? Très rapidement la première hypothèse fût chassée de mon esprit, comme on ballait un insecte nous voletant tout autours. Il y avait des moyens moins risqués d'agir si vraiment il avait agit dans la légalité. Aussi l'idée d'une motivation provoquée par un idéal restait la piste la plus évidente selon moi et la plus plausible.

Dans les couloirs la précipitation des allées et venues des salariés étaient la preuve que toute la Tour était encore en ébullition. Personnes ne devait être pris en train de se tourner les pouces et il était fort à parier que la pause café n'était pas un luxe qu'ils pouvaient se permettre.

Cependant je fis ce que nul autre ne pouvaient se permettre à cette heure ci. Prendre un café avant de sortir, gobelet en main dans les couloirs. Ce qui était bien avec mes archives c'est qu'elle se trouvait directement au sein même de la Tour Gouvernementale, aussi je n'avais pas à courir comme un dératé pour retrouver Alianka dans les sous-sols du bâtiments. Peu de personnes, même au sein du Gouvernement étaient au courant de leurs existences. Pourtant si l'on prenait la peine de venir dans mon secteur et de faire les recherches adéquate il pouvait être aisé de trouver un plan ou deux datant de l'origine d'Asaria où ils apparaissaient.

Voir les employés s'affolé de la sorte me faisait penser à des petites fourmis courant partout la peur au ventre. C'était un réveil comme je les aime. Terminant tranquillement mon breuvage caféiné je m'étais dirigé vers l'ascenseur menant au rez-de-chaussé de la Tour. J'y retrouvais Marissa, l'assistante de notre chère Grande Conseillère qui semblait m'attendre, un pointe de reproche dans le regard.


- Une sentinelle vous attend Monsieur Ravenwood, veuillez la suivre s'il vous plaît! La Grande Conseillère et le Ministre Huyana sont déjà partis.

- Très bien. Merci Marissa.


Tournant alors mon regard vers celui qui devait me mener auprès du prisonnier je lui adressait un mouvement de tête avant de poursuivre...

- S'est quand vous voulez.

Aussitôt cette dernière se mit en marche et c'est tranquillement, les mains dans les poches que je lui emboîtait le pas. Pas un mot ne furent échangé le temps du trajet. Serviteur de la loi ou statue de marbre, la sentinelle regardait droit devant elle, comme fixant un point invisible que nulle autre à part elle ne pouvait voir. Ma foi, que tout cela pouvait être sérieux. Le "ding" de l'ascenseur résonna comme une délivrance pour vôtre humble serviteur qui fût quelque peu éblouit par la luminosité régnant dans ces sous-sols.

Nos pas résonnaient dans les couloirs, et ça et là j'observais la présence de gardes droit comme des "I". Tous les 10 mètres presque. Autant de dispositions pour un seul prisonnier, on sentait bien qu'ils ne voulaient pas le voir s'échapper dis donc. Une esquisse de sourire se dessina sur ma lèvre supérieur gauche. Bientôt ce ne fût plus mes pas que j'entendais mais des voix. Nous approchions enfin de la zone. Et c'est lorsque la sentinelle se fixa devant l'une des nombreuses portes que je compris que nous étions arrivé à bon port. S'écartant de mon chemin, on m'ouvrit ce morceau rectangulaire métallique qui me séparait des autres. Retardataire en puissance je vis la panthère de glace et le ministre Huyana fixant celui qui apparut dans mon champ de vision lorsque j'entrais enfin dans la pièce. M'inclinant devant celle à qui j'avais fait le serment de l'aider.


- Navré pour le retard. Mais je vois que vous avez commencé la fête sans moins. Qu'ai je bien pu manquer, dites moi?

Tournant mon regard cette fois ci vers le ministre je le saluais à son tour.

- Monsieur Huyana!


Et enfin, pour le plaisir je me tournais vers celui qui faisait grise mine.


- Bien le bonjour major Vickers ou peut être préférez vous, Aaron Williams?
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Mar 9 Fév - 22:14

La réalité n'est pas ce qu'elle semble :
 


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- Pourquoi me montrez-vous cela ? Pourquoi me raconter ce que va être mon calvaire ? Me rappeler mes choix, vos avertissements  ? Pourquoi ? Qui êtes-vous ? Votre talent de mystificateur est indéniable mais ne fonctionne pas sur moi, même si la narration est haletante.


- Laissez-moi vous soustraire à cet endroit avant qu'ELLE ne vienne vous interroger ! Laissez-moi vous sauver ! Pensez à Jessica ... Vous m'avez demandé de la protéger, de veiller sur elle ... Mais vous pourriez le faire vous même ... Je peux vous emporter loin de cet endroit ...


Aaron contemplait, incrédule, l'homme de l’ascenseur, Anders à n'en pas douter, lui faire son numéro de magicien. C'était presque trop beau pour être vrai. Diables et démons... Depuis quelques temps agnosticisme du scientifique était mis à rude épreuve. Après le loup gigantesque des Terres Sauvages, puis le souvenir flou de ce cauchemar avec une Audrey effroyable et enfin ce type qui était sans doute un télékinestésique polymorphe, Aaron se disait que les Asariens étaient bel et bien des monstres. Pourquoi celui qui lui avait fait croire vouloir l'aider venait à présent le tourmenter en lui projetant son avenir et en lui rappelant les événements cruels qui s'étaient déroulés la veille ? Si cet homme n'était qu'un complice de ses tortionnaires, un agent du gouvernement cherchant à infiltrer les réseaux dissidents ?

- Je dois rester ici. Je dois les aiguiller sur de fausses pistes. Je dois gagner du temps, leur donner un os à ronger ... Peu importe si ce que vous m'avez montré et narré avec autant de talent est mon avenir ici, ce qui m'attend. Merci pour tout ce que vous avez tenté, mais maintenant oubliez-moi... J'ai juste une dernière faveur à vous demander. Enfin, deux ... Vous me paraissez quelqu'un de très puissant ... Protégez-là... Et aidez la population du Bidonville ...


La silhouette s'était évanouie, le laissant seul dans la cellule sans ameublement. Des parois lisses et blanches. Un sol qui se confondait avec les murs. Puis ils étaient venus le chercher. L'avait escorté menotté jusqu'à une salle où ils l'avaient forcé à s'asseoir sur une chaise qui trônait au bout d'une table. Un grand miroir couvrait l'un des murs.
Il repensait aux Terres Sauvages et à ses escapades sous sa forme lupine, là dernière en date avec Jessica ... Il était là-bas plus qu'ici... La Grande Conseillère fit irruption dans la pièce et il redressa lentement la tête pour affronter son regard. Il l'écouta parler. Il ne commenta aucune de ses paroles, s'économisant et trahissant le moins de choses possible par sa voix et ses mots. Simplement lorsqu'elle posa enfin une question il répondit avec sincérité.

- J'ai agi seul, dans l'unique souci de préserver l'avenir d'Asaria en conseillant des mesures de politique écologique. J'ignore tout de qui s'est déroulé alors que je prenais congé de votre attentif auditoire.

Il retomba dans son mutisme et son esprit s'évada à nouveau dans la lande. Mais le répit fut de très courte durée alors qu' Huyana, le Ministre du Développement Sanitaire et PDG d'Aquanet Technologies faisait son entrée, suivi de peu par l'Archiviste du Gouvernement. Au regard noir du premier il répondit par un regard qui semblait passer au travers de l'homme, comme s'il était loin, inaccessible. Le second lui demanda comment il préférait être appelé. Il répondit sincèrement une vérité universelle.

- L'homme préfère toujours le nom qui lui a été donné à sa naissance, lorsqu'il a l'heur d'en connaître le secret.


En vérité, il ne s'était jamais senti totalement à sa place dans sa famille bien que son amour filial pour Elisa et Eward fut sincère. Il portait avec fierté le nom des Williams mais en était-il un ?
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Dim 14 Fév - 14:41

- Cessez vos politesses ringardes Docteur Williams ! Et ici, quand je pose des questions, il serait bien pour vous de me répondre. Ou alors préférez-vous une méthode plus radicale ? Quel que soit le choix que vous ferez, je vous arracherai toutes les informations contenues dans votre tête. Alors autant coopérer pour vous éviter de souffrir inutilement.

Je n’avais ni élevé la voix, ni j’avais changé de ton depuis que j’étais entrée dans la salle pour interroger cet individu. Je pourrai éviter de nous faire perdre à tous  du temps et plonger mon esprit dans le sien. Aaron Williams ne pourrait résister à ma télépathie d’Ancienne. Elle était trop puissante pour quiconque même si je devinais qu’il ne me laisserait pas entrer facilement et qu’il se débattrait jusqu’à son dernier souffle. Mes prunelles se transformèrent lentement et elles prirent la couleur étincelante de la glace. C’était la somme de tous mes dons qui s’unissaient et se confondaient en un seul pouvoir qui dépassait tout fondement. Je croisai mes mains sur la table tandis qu’il me faisait face. Il avait l’air misérable et j’étais déçue d ‘avoir à faire à une telle marionnette avec si peu d’entrain et de vigueur. Mon inspection détaillée de l’Être qui nous avait joué son cinéma pendant la réunion fut interrompue par l’arrivée du ministre Huyana qui avait été mis en accusation par des rapports complétement aberrants de ce Docteur Williams déguisé en employé du service d'investigation de la Sécurité des Dômes.  Je me levai à son approche et je le saluai de la même manière qu’il l’avait fait pour moi, en inclinant légèrement ma tête.

- Monsieur le ministre. Je viens à peine d’arriver. Vous n’avez rien manqué d’importants. Puis-je voir votre dernier rapport en attendant le reste ?

La porte s’ouvrit de nouveau sur la silhouette toujours très énigmatique de l’archiviste du gouvernement. Une autre inclinaison de ma tête pour l’accueillir et je répondis à peu près la même chose que précédemment.

- Vous êtes pile à l’heure mon cher Edouard. L’interrogatoire n’aurait pas pu commencer sans votre présence à mes côtés.

Je repris ma place face au prisonnier. Son attitude était très étrange. Il était renfermé sur lui, recroquevillé. Une position de défense pour se protéger. Je n’avais jamais encore vu une telle façon d’agir. Habituellement, les prisonniers hurlaient leur innocence et répétaient à qui voulait bien entendre que tout cela était une erreur. Là, toute la conduite et l’expression du corps du détenu démontraient qu’il assumait ses fautes et qu’il acceptait la sanction sans se battre.  

- Docteur Williams, vous avez reconnu le ministre Huyana et l’Archiviste, Monsieur Ravenwood qui vont participer à votre interrogatoire. Reprenons donc notre conversation … Vous vous êtes présenté à la réunion du gouvernement par le simple fait d’être mué par un souci de préserver l'avenir d'Asaria en conseillant des mesures de politique écologique ?  Votre réponse est très évasive. Mais si vous tenez à nous faire perdre du temps, vous perdrez à ce jeu.

Je croisai mes longues jambes dans un mouvement aérien. Mon sourire pernicieux se révéla sur mes lèvres rouge sang.

- Nous allons revenir à votre magnifique représentation devant tous les ministres.  Le Ministère de la Sécurité sous le commandement du ministre Van Brënner qui joue subitement au lapin dans son terrier, vous a donc commandité pour nous faire savoir que le dôme de la Division humaine a perdu de son intégrité.  A l’heure actuelle, il y a une équipe d’experts qui analysent votre fissure. D’ailleurs j’attends leur rapport sur ma tablette dans les prochaines minutes.

Je la sortis de mon sac que je posai près de moi. L’alerte m’annoncerait un nouveau message. Mais le plus important c’était la contamination de l’eau.

- Vous remettez en cause les analyses de la société Aquanet et je laisserai le ministre Huyana discuter de cette partie-là. Moi ce que je veux savoir, c’est le lien que vous avez avec le ministre Van Brënner ! Toute cette scène et son apparition de dernière minute pour vous permettre de fuir !  Quel rôle joue-t-il là-dedans ? ! Quels sont vos autres complices ? !




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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Mar 16 Fév - 18:52

Ce major Vickers avait un autre nom. Il ne saisissait pas toutes les données, mais la Grande Conseillère était à son aise face à ce jeune chiot. Derrière le ministre, arriva l’archiviste qu’il avait déjà rencontré à la réunion du Conseil. Pourquoi un tel homme et de son statut était ici avec eux ? Il n’en avait pas la moindre idée. Huyana se serait plus attendu à la présence du Général Van Brënner depuis son apparition au beau milieu des échanges avec ce major qui n’en était plus un. «  Archiviste Ravenwood, vous participez à cet interrogatoire à quel niveau ? Scribe de la Grande Conseillère, simple spectateur ou actif dans notre volonté de découvrir toute la vérité ? »

Très vite l’interrogatoire repris et l’Archiviste avait devancé la Grande Conseillère en agaçant le prisonnier. L’Amérindien se tenait dans un des coins de la pièce et il avait décidé, en premier lieu, d’écouter avant de prononcer quelque chose. Il avait tendu le dernier rapport de sa société à l’Ancienne en sachant pertinemment que les résultats n’apporteraient rien de très probant.   « Les autres résultats, madame, me seront communiqués le plus vite possible. Ici ce ne sont que les premiers jets des nouvelles conclusions et pour le moment il n’y a aucune trace de ce que le major … je veux dire … le Docteur Williams m’accuse, moi et ma société ! »

Il ne se ferait pas accusé aussi facilement et il n’en démordrait pas. Pour le moment son personnel était compétent et les nouveaux résultats ne concordaient pas avec ceux de ce scientifique. Il capta la froideur des mots de la femme la plus puissante de la cité lorsqu’elle évoqua le lien de complicité ou de protection entre le prisonnier et le général Van Brënner dont l’absence brillait comme l’évidence même de sa faute. Elijah ne comprenait pas l’attitude de Van Brënner. Le lion de feu ne mâchait pas ses mots et il était apte à se défendre face à de telles accusations. Pourquoi se faisait-il silencieux et se protégeait-il derrière sa tour dorée de la Milice ? « Docteur Williams, vous m’avez accusé d’incompétence devant les autres Anciens. Comment êtes-vous arrivés à savoir qu’il y avait une fissure dans le dôme ? C’est par là que commence toute votre histoire. Votre petit film était très intéressant sur la nature du faisceau et sur la portée qu’il pouvait avoir sur les détritus de la décharge. Mais nous savons tous ici qu’une vidéo peut être montée de toute pièce. Mon personnel est très professionnel et je n’ai jamais eu aucun souci avec eux. Je fais en sorte d’embaucher les plus compétents. La Grande Conseillère a envoyé une équipe de techniciens sur place pour inspecter le dôme. Moi je veux comprendre pourquoi les résultats d’Aquanet ne correspondent pas aux vôtres ?»

Et si c’était bien Van Brënner qui était à l’origine de tout ça ? Huyana s’interrogeait sur la manière dont le ministre de la sécurité aurait pu recruter un hacker pour s‘introduire dans les bases de données d’Aquanet. « Vous n’avez pas que le général Van Brënner comme soutien. Il ne peut y avoir qu’un hacker pour avoir falsifié les données de ma société et me faire passer pour un incompétent aux yeux des autres ministres ! »

Il se tourna  vers Alianka : «  Madame, sur ces vidéos de la tour, y- avait-il une autre personne près de Williams quand il est sorti de la salle de réunion puis quand il a voulu passer les portes de la tour ? Y-avait-il une personne qui se trouvait sur plusieurs séquences et tout près de notre prisonnier ? »
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Ven 19 Fév - 1:21

L'atmosphère dans la pièce était dès plus glaciale. Et non, ce n'est en rien en rapport avec le surnom tant apprécié de notre chère Alianka. Comme l'accusé qu'il était face à ses juges et bourreaux, Aaron avait le regard vide et pourtant il semblait se dégager de lui une parfaite plénitude. Pas de peur, pas de culpabilité, juste une tranquillité  face au devoir accompli et du magnifique bazar qu'il avait provoqué lors de notre réunion. Alianka assise face à lui dans une posture pleine de royauté l'observait sans dire un mot lorsque j'étais, à mon tour, entrer dans la pièce. Elijah quant à lui avait préféré un coin pour s'y adosser semble t il afin d'écouter les premières réponses de l'Asarien Williams. Derrière moi la porte se referma dans un fracas métallique et glacé propre à ce lieu, avant qu'enfin Alianka ne m'adresse la première la parole. Des mots qui auraient pu m'aller droit au cœur si j'en avais eu un encore à cette époque mais qui ne tombèrent pas dans l'oreille d'un sourd. De la flatterie pensez vous? Personnellement depuis les décennies passées ensemble je savais que la Grande Conseillère n'avait pas besoin de recourir à ce genre d'artifices et que lorsqu'elle disait les choses c'était avec un sincérité qui parfois pouvais passer pour de la sécheresse. Mais quand on est aussi âg.....Enfin je veux dire quand on a une expérience aussi longue de la vie que la sienne, on aime dire les choses telles qu'elles sont et non comme les gens aimeraient les entendre.  

Aussi face à sa réponse j'esquissai un léger sourire avant de lui répondre à mon tour.


- Je vous remercie pour cette délicate attention ma chère. Mais vous et moi savons que je ne suis pas indispensable à votre vie.

Mon sourire s'était d'avantage élargi sur mon visage lui donnant un côté taquin et espiègle qui me caractérisait par certains moments qu'Alianka ne connaissait que trop bien. Mais dans un sens j'avais dit la vérité. Nul n'était irremplaçable dans la vie de cette femme toujours aussi fascinante. Lorsque l'on connaissait son passé aussi bien que moi il n'était pas difficile de savoir qu'elle ne voyait désormais les personnes qui l'entouraient comme des pions dans ses desseins. Des denrées aisément remplaçables. Pourtant il arrivait que certains de ces pions réussissent à trouver grâce à ses yeux et même se frayer un chemin vers la véritable Alianka. Celle qu'elle avait dû être dans une autre vie avant tout ça, avant Asaria.

Puis, écoutant d'une oreille la réponse d'Aaron, je tournai mon regard vers celui dont la voix n'avait plus rien à voir avec celle entendu il y a quelques jours. Pleine d'assurance et de vie.


- Alors très bien, ce sera donc Aaron Williams.

Contrairement à mes contemporains, je n'avais rien de particulier contre l'Asarien assit en face de la Grande Conseillère. Certes il avait éclaboussé la réputation de certains ministres ou encore dévoilé des renseignements véridiques ou non. Toujours est-il que le Docteur Williams avait réalisé un véritable tour de passe-passe devant l'assemblé du Conseil. Mieux encore il avait réussit à semer le doute au sein des renseignements des Anciens. Le principal touché dans cette affaire était bien sûr ce cher Elijah Huyana. Car à présent l'erreur n'était plus permise pour lui. C'était un luxe qu'il ne pouvait souffrir et les futurs résultats qu'Alianka attendait finiraient de sceller son sort. Soit ces derniers lui feraient perdre toute crédibilités au sein d'Asaria, soit cela l'innocenteraient pour quelques temps bien que personnes ne sauraient oublier cette affaire. Mais cela reste pour l'heure dans le domaine du spéculatif.

Personnellement Williams m'avait impressionné et dans un sens j'étais admiratif qu'il soit arrivé aussi loin. Même si la chute était dès plus prévisible et s'en était fort regrettable. La chasse est toujours plus intéressante lorsque la proie a quand même une petite chance de survie.

C'est alors que le ministre Huyana laissa entendre sa voix pour la toute première fois depuis son arrivée. Enfin la première depuis mon entrée dans la cellule. Je notai une certaine surprise dans la réponse qu'il m'adressa. J'irais même jusqu'à parler d'incompréhension, si vous me le permettez. Pourquoi étais je là? Quelle était la raison de ma présence en ce lieu? Avais je dans un sens, valeur à faire acte de présence avec eux? Passant d'Aaron à Elijah, mon visage était d'une totale neutralité. Là où certains auraient pu s'offusquer devant de tels propos je ne voyais là que la curiosité légitime d'un Ancien. Pourtant, en guise de préambule à mon éventuelle réponse je m'étais contenté de placer mon index devant mes lèvres lui demandant de faire silence. Puis sans attendre la moindre réaction de sa part je lui avais tourné le dos pour me placer devant la porte de la cellule. La fixant pendant une fraction de seconde, je me mis à tracer des signes et autres lettres dans le vide. Mon doigt bougeant avec frénésie comme si j'en avais perdu le contrôle. Puis lorsqu'il eu terminé, mon majeur vint se placer au côté de l'index et je fis un mouvement de gauche à droite, faisant lentement glisser mes doigts dans l'air ambiant. A leur passage, des lumières se mirent à briller symbole de l'activation de mes écrits. Chaque lettre se mit à briller d'un éclat jaunâtre. Tournoyant lentement au centre de la pièce tel un anneau ce dernier commença à croître de plus en plus. Traversant chacune des personnes présentent dans la pièce avant de prendre place autours de la porte mais également sur les murs. Comme une véritable fresque murale elle brilla encore un instant. Puis, une fois la dernière posée sur la paroi, elles disparurent, absorbées par les murs. C'est alors que je me tournai une nouvelle fois vers l'Ancien tout en me rapprochant.


- Les murs ont peut être des oreilles. Nous ne sommes jamais trop prudents.

Pour ceux et celles qui connaissaient l'Archiviste, ils savaient ce qui venait de se passer, pour les autres....Et bien, disons que pour faire simple j'avais fait en sorte de protéger la pièce contre toute intrusion extérieure. Sait on jamais...

Toujours est-il que désormais j'étais libre de parler comme bon me semblait et j'en profitai cette fois ci pour donner, à celui qui m'avait apostrophé il y avait moins d'une minute, une réponse méritée.


- Et pourquoi pas Ministre Huyana? Il est vrai que mon honneur et mon nom n'ont pas été bafoués et traîné dans la boue lors de la réunion et qu'il est donc légitime pour vous d'être ici, dans cette pièce afin de réclamer justice et redorer votre blason. Ma raison me demandez vous? Et bien elle ne regarde que moi mais je vous en prie, libre à vous de choisir celle qui vous plaira: Scribe de la Grande Conseillère, spectateur, acteur, fantaisie ou excentricité d'Ancien...Disons que pour faire simple, vous avez vos raisons et que j'ai les miennes.

Ma voix était restée parfaitement calme, mon ton était léger sans la moindre once de mépris ou de colère vis à vis de celui qui m'avait posé la question. J'avais répondu en toute bonne foi sans prendre de ton dédaigneux. S'en contenterait il? Nous verrons bien...Je n'avais absolument rien contre le ministre et pour l'heure nous étions tous dans le même bateau alors pourquoi vouloir créer des tensions?

L'interrogatoire allait bon train après cela. Chacun exposant ses questions, ses réponses. Personnellement je me contentais d'écouter, debout sur mes deux jambes, les mains enfoncées dans mes poches, je ne disais mots mais garder en tête des points qui me paraissaient plus ou moins importants. Des détails qui paraissaient surprenants...Et ce n'est qu'après un petit moment que je pris à mon tour la parole...


- Personnellement je dois admettre que l'apparition du ministre de la sécurité est arrivée de façon trop prémédité. Ce Van Brënner fantoche fût une magnifique diversion et un parfait don du ciel pour l'ex Major Vickers. Mais personnellement je n'y accorderais pas autant d'attention. C'est d'ailleurs pour cela que lors de la réunion j'avais décroché lors de son arrivé. Ceux qui connaissent le ministre savent qu'il est rare qu'il se déplace pour sauver la vie d'un subalterne et que s'il avait eut quelque chose à dire il n'aurait pas eu besoin d'intermédiaires. Aussi qu'il existe un éventuel lien entre monsieur Williams et le véritable Ministre Van Brënner me paraît vraiment aberrant. Il n'a été qu'un moyen de monter jusqu'à la salle du Conseil. Car après tout, quel vigile mis sous pression par l'arrivée d'un "major" prétendant venir au nom du Ministre de la Sécurité lui même se permettrait de mettre en doute la parole du messager sachant qui est le commanditaire?

Mon inamitié avec Tomas était dans un sens un avantage pour moi. Je connaissais l'homme. Peut-être moins en profondeur qu'Alianka ( mais chut c'est un secret), mais je connaissais le tempérament de l'Ancien. Ce n'était pas pour rien, et pas seulement pour ses parties de jambes en l'air avec vous savez qui qu'il était surnommé le Lion de Feu. D'ailleurs je me mis à me demander comment se faisait il qu'Aaron soit toujours en un seul morceau ? Tomas devait pourtant avoir été mis au courant depuis le temps qu'il avait été utilisé, ou du moins son image dans une tentation d'évasion...Vint alors une remarque intéressante de la part du ministre de l'Environnement. Huyana avait mis le doigt sur un détail qui avait de l'importance. Les caméras de sécurités.

- Il serait quand même surprenant que les caméras n'aient pas été brouillées dans une pareille situation. Se serait se tirer une balle dans le pied que de ne pas avoir prévu ceci dans l'opération vous ne pensez pas? Mais je dois dire que je partage l'idée d'Huyana. Une tierce personne aurait très bien pu être présente et matérialiser un Van Brënner en carton pour donner du temps à notre ami ici présent pour s'enfuir. Enfin pas assez apparemment vu le résultat...

C'est alors qu'une nouvelle fois je portai mon regard sur Aaron... J'avais besoin de comprendre...

- Avant tout monsieur Williams, je dois dire que je suis assez impressionné par votre démarche, au risque de m'attirer les foudres des deux autres personnes ici présentes. Avoir réussi à venir jusque dans la salle du Conseil nous permettra de voir les faiblesses dans notre système de sécurité. Cependant ce que je n'arrive pas à comprendre c'est pourquoi? Pourquoi cette mission suicide? Pourquoi avoir agit de la sorte? Pensiez vous réellement que nous allions boire vos paroles sans le moindre doute? Que nous prendrions vos propos comme parole d'évangile et que vous pourriez sortir les mains dans les poches de la Tour Gouvernementale sans que vous ayons vérifier la véracités de votre intrusion? Je serais effectivement enclin à croire de prime abords que vous avez agis seul, ou presque. Cette mission comprenait trop de risque élevé, comme faite dans la précipitation. Trop brouillon et pas assez réfléchie. Alors pourquoi?

J'admet que j'étais vraiment curieux de connaître sa raison, ses motivations. Comment pouvait on risquer sa liberté, son existence aussi bêtement. Ça me paraissait trop gros, trop ridicule pour qu'il ne s'agisse que d'un simple coup de tête...Je n'arrivais pas à le concevoir...
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Sam 20 Fév - 21:16



Alors, cela allait se passer ainsi. D'abord ces trois là allaient se relayer pour tenter de le faire craquer psychologiquement. A trois contre un, ils avaient plus qu'une chance d'y arriver. Et si cela ne fonctionnait pas, ils passeraient à des méthodes "plus radicales" ... Le briser , ils y arriveraient certainement. Aaron s'y était préparé depuis qu'il avait accepté de devenir un agent infiltré des Pacificateurs. Obtenir ce qu'ils voulaient de lui, c'était autre chose. Mais, plus que jamais, Aaron se trouvait seul face à lui même. Il allait enfin savoir s'il était de ces hommes qu'une notion abstraite peut transcender au point de supporter tout ce que le fait de vivre peut inclure comme souffrances. Mais ses bourreaux portaient en eux leurs propres limites sans le savoir. Leur réputation jouait contre eux. Entre leurs mains, on savait sa vie d'avant finie. On savait avoir peu de chances d'y retourner et peut-être d'ailleurs ne valait-il mieux pas. Alors, dans ces conditions, qu'espérer d'aveux coopératifs ou non, faciles ou tardifs ? De toute façon, on était déjà mort. Un lâche pouvait avouer pour abréger ses souffrances et en finir. Un homme courageux les promènerait autant qu'il le pouvait entre leurres et mensonges. Pendant qu'ils étaient là à le harceler, ils n'étaient pas ailleurs, à nuire à d'autres. C'était une mince consolation sans doute quand on hurlait en silence ou pas. Mais c'en était une.

Aaron avait décidé de s'en tenir à la neutralité pour le moment. Plus tard s'il y avait matière à le faire, il pourrait se laisser aller à un petit sourire sardonique. Mais pour l'heure, il était encore sonné par les paroles de l'homme qui l'avait visité dans sa cellule. A la question du prisonnier concernant les caméras, celui-ci avait répondu.

- Ne vous souciez pas des caméras. Les archives peuvent se perdre ou s'effacer ... Et s'ils me voient ils seront bien en peine de mettre un nom sur un visage aussi changeant. Aucun logiciel de concordance morphologique ne peut fonctionner sur un polymorphe qui ne fixe pas son apparence plus d'une minute.


Un scientifique était par nature plutôt sceptique quant aux phénomènes inexpliqués, mais en Asaria, les dons étaient des évidences que la science n'expliquait pas encore et qu'il fallait pourtant bien considérer. Un scientifique asarien était donc par nature et obligation bien plus ouvert aux champs des possibles. Notamment au sujet du pouvoir de l'esprit sur la matière et donc le corps. Aaron espérait que son esprit parviendrait à assujettir son corps face à la torture. Mais sa psychologie animorphe lui dictait instinctivement de s'économiser et de donner le moins possible de prise à ses bourreaux. Être lisse et sans expression. Donc pas de sourire, ni de colère, ni de lassitude.

Aussi se contentait-il d'écouter et de hocher la tête pour montrer qu'il avait entendu. D'ailleurs la Grande Conseillère n'attendait pas vraiment de réponse de sa part. Elle répondait elle-même à ses propres questions. Aaron souriait finalement, mais intérieurement. Il était évident qu'elle s'était déjà presque fait une opinion quant à l'implication de Van Brënner. Un lapin se terrant dans son trou ? Voilà une image qui ne manquerait pas de faire rire le peuple trop souvent martyrisé par ce monstre. Visiblement le torchon brûlait depuis cette histoire au Grand Conseil, entre le Ministre et son Commandant Suprême. Le pacificateur n'allait pas s'en plaindre et commençait à entrevoir le coup de génie de l'homme au chapeau. Mais il ne dit rien. Ne broncha pas davantage. Sans le savoir, et alors qu'elle quêtait des informations, c'était elle qui les distribuait. Pourtant Alianka avait une réputation épouvantable en matière de subornation mentale. On la disait inclassable au jeu de la manipulation des esprits. Ce qui en faisait une dirigeante autant redoutée de ses subordonnés que de ses ennemis. Que se passait-il alors ? Et d'ailleurs, pourquoi oui, pourquoi, au lieu de se relayer, les trois complices menaient -ils l'interrogatoire de front ? Certes le nombre pouvait impressionner le menu fretin. Mais un type qui avait été capable de forcer la sécurité de la Tour Gouvernementale, de déjouer la méfiance d'une Garde d'Elite n'était pas le tout venant. Ils devaient bien se douter que le poids du nombre n'était pas un atout face à Aaron ... Mais était-ce bien Aaron d'ailleurs, qui analysait le comportement de la Panthère de glace, notant quelques nouvelles rides aux coins des yeux, un pli d'amertume plus marqué au coin des lèvres, et l'amorce de la fameuse barre du lion sur le front. Peut-être même les premiers fils d'argent ... C'est qu'elle pourrait être grand mère aujourd'hui ... Si le destin lui avait accordé cette félicité.

Après avoir écouté les questions de la Panthère, Aaron haussa les épaules et fit mine de réfléchir.

- Je pense pouvoir dire ... après réflexion que je suis en quelque sorte collègue de Monsieur le Ministre Van Brënner, puisque tous deux, nous sommes au service d'Asaria et par le fait ... à votre service. Donc certes, il y a une différence de statut et de prestige, de responsabilité aussi, je ne suis qu'un jeune scientifique face à une homme dont la carrure et l'envergure ne sont plus à prouver. Oui, Monsieur le Ministre Van Brënner et moi sommes collègues . Il est donc sans doute naturel que nous soyons solidaires.

Ce qui n'était de toute évidence pas le cas de l'équipe qui faisait face à Aaron. Encore un sourire intérieur. Ces deux-là, l'archiviste et le ministre de l'eau, ne semblaient pas s'apprécier plus que cela. Et cela plairait à entendre à l'homme qui viendrait le voir dans sa cellule ce soir ... Aaron se frotta le poignet comme pour chasser une sensation de brûlure puis il se concentra sur les propos des deux hommes.

Huyana posait des questions techniques et précises ce qui contenta Aaron car il allait pouvoir argumenter d'égal à égal.

- Dans le cadre de mes recherches ... Il regarda la Grande Conseillère ... Madame, m'autorisez-vous à dévoiler  la nature de mes recherches sur la mutation de cultures vivrières hors sol sous les Dômes ?  Puis se tournant à nouveau vers le Ministre. Je suis amené à aller faire des prélèvements sous le dôme humain comme sous tous les autres. Afin d'étudier la croissance spontanée des végétaux non introduits pas nous ... Pour plus de détails je suis tributaire de l'autorisation de Monsieur Grégory Nicholson ou de Madame la Grande Conseillère. C'est lors d'une campagne de prélèvements que j'ai constaté cette fissure, cette faille et tout les autres symptômes alarmants que j'ai décris devant le Grand Conseil...

Aaron se frotta le bout du nez de sa manche, toujours menotté qu'il était. Cela aussi le fit sourire en dedans. Ils devaient avoir une peur bleue qu'il s'enfuie ou avoir peur de lui ... Ça aussi, ferait sourire Anders ... Qu'avait-il dit déjà lorsqu'il avait dû se résigner à renoncer au transfert d'Aaron ? Aaah oui ! Il avait dit:

- Elle va se servir de sa télépathie qui est très puissante, et elle a dû encore se renforcer avec les années... Ne luttez pas, laissez-la lire en vous... Ce qu'elle lira nous servira . Laissez-là venir à moi... Ce n'est pas votre combat. Souciez-vous juste d'ébranler les convictions des autres. Ils doivent réagir vite sinon la situation va dégénérer en un conflit dont ils ne mesurent même pas l'ampleur...Ne vous aliènez pas les autres juges car si vous restez seul face à elle, vous n'avez aucune chance de la raisonner. Elle voit Asaria comme le reflet de sa splendeur, le témoignage de sa seule réussite, son seul et unique enfant. Elle n'admettra jamais qu'un danger puisse le flétrir. Les autres, en revanche doivent tenir à la vie...

Il fixa le Ministre droit dans les yeux, sans agressivité aucune.

- Je ne vous accuse pas. Je soulève juste des interrogations. En effet, votre personnel est très qualifié, votre matériel fiable. Ce n'est pas là qu'il faut chercher l'erreur. Les données sont les données. Mais ce qui compte c'est aussi la priorité qu'on accorde aux différentes données. Votre souci est certainement de vous assurer que l'eau des dômes principaux est propre à la consommation, ce qui est encore le cas. Vos employés ont pu se focaliser sur les priorités qu'on leur a assignées. Et certainement vont -ils voir prochainement que l'eau du Bidonville, occupée par des Humains, est ,elle, très polluée. Mais ce ne sont que des Humains ... Devait-on les traiter avant les Asariens ?  Nous touchons-là à la politique et je me garde d'en faire. Je laisse ce soin aux personnes compétentes. En revanche il faut agir dès maintenant pour éradiquer cette pollution afin de préserver les nappes phréatiques.

Aaron toussa un peu et s'excusa.

- Je crois que j'ai pris froid cette nuit ...  J'ai fait ce constat avant vous parce que le hasard a voulu que je "tombe" dessus en faisant mes prélèvements. Nous ne devons pas oublier une chose malgré notre supériorité notable dans la chaine de l'évolution. Nous vivons dans un bio système et s'il subit un déséquilibre, tous les maillons en pâtiront, même le plus haut ... Agissons avant que cela soit le cas ! Et personne à ma connaissance n'est entré dans votre système pour modifier vos relevés.

L'avait-il fait ? Y avait-il des choses qu'Anders cachait à Aaron ? Sans doute. Cet homme était  comme les poupées russes. Un Anders en cachait un autre. Mais ce que Leana disait toujours, c'est que son mari était un as en informatique, bardé de diplômes et très demandé par les plus hautes instances privées comme publiques. Donc Anders pouvait très bien avoir falsifié les données d'Aquanet juste pour décrédibiliser le gouvernement.

- Faites de nouveaux prélèvements alors, si vous pensez le contraire, et confiez-les, comme je le préconise, à une instance tierce: le Centre de Recherches. Demandez à Monsieur le Ministre Nicholson d'être présent lors des analyses pour s'assurer qu'il n'y ait pas de fraude.

Lorsqu'Huyana aborda le sujet des caméras, Aaron ne put s'empêcher de penser :
Nous y voilà Anders... Les caméras ... J'espère que vous avez fait ce qu'il faut ...

Aaron ne s'en sortait pas trop mal pour ce premier round, du moins jusqu'à ce que l'Archiviste entre en scène. Il ne fallait pas être un Ancien pour comprendre qu'il venait de sceller les lieux par une sorte de champ d'une nature peut-être non définie par la science. Mais qu'il soit magnétique, spirituel, temporel ou paradoxal, la vraie question que se posait à présent Aaron était celle-ci: est-ce qu'Anders, ou quel que fût son véritable nom, pouvait encore accéder à cette salle après l'intervention d'Edouard Ravenwood ? Sans qu'il s'y fût attendu, le scientifique se sentit soudain très seul, comme abandonné à lui-même à cette perspective ... L'aide réticente et inopinée du père d'Audrey l'avait bien plus soutenu qu'il ne le pensait. Toutefois, les questions de l'Archiviste étaient finalement logiques et aisées à combler sans même avoir à recourir à un quelconque subterfuge.

- Pourquoi en effet ?  Posez-vous la question entre vous. Pourquoi un homme tel que moi, qui avait tout pour être heureux, et une carrière prometteuse devant lui, comme l'a souligné Madame la Grande Conseillère, a-t-il tout risqué pour venir ainsi vous solliciter, en bousculant le protocole, les règles hiérarchiques ? Qu'avais-je à y gagner personnellement ? Rien me direz-vous ? Et bien détrompez-vous ...

Aaron se tourna vers Huyana et Alyanka et les regarda droit dans les yeux.

- Que serait prêt à faire tout asarien pour assurer un avenir à sa descendance. Je n'ai pas d'enfants, mais je désire en avoir et je veux qu'ils grandissent dans un environnement sain et non pollué ou exposé aux faiblesses de dômes qui ont abrités tant de générations qu'on peut comprendre qu'ils commencent à donner des signes d'usure. Personne n'est en tort. Il nous faut juste revoir la politique environnementale et la gestion des structures déjà existantes. Nous sommes si fiers des réalisations de nos Anciens, que nous avons naïvement cru qu'elles seraient éternelles. Mais rien ne dure sans usure et fatigue. Il nous faut juste prendre soin de la vieille dame qu'est à présent la Cité d'Asaria. Et peut-être envisager de construire de nouveaux Dômes. Et de rénover les anciens. De réhabiliter le Dôme Humain en l'assainissant et d'en faire un Dôme ... plus humain... Ce qui m'a poussé à prendre tant de risques, c'est la certitude que ma vie était de toute façon condamnée à terme si je laissais la situation se dégrader sans rien dire. La mienne et celles de bien d'autres Asariens.

Puis il tourna son regard vers Ravenwood.

- Qui aurait pu, à ma place, se taire, sachant ce que j'ai vu et constaté ?


Dernière édition par Aaron Williams le Lun 11 Juil - 21:27, édité 1 fois
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Mar 26 Avr - 12:40

L’archiviste de la cité était un Ancien dont les compétences n’étaient plus à vérifier ni à médire. Je comptais être, dans un premier temps, observatrice de cet interrogatoire. Le ministre Huyana avait à défendre la confiance que je lui avais accordée depuis longtemps ainsi que la réputation de sa société mise en cause par les résultats de notre prisonnier. Édouard Ravenwood n’avait pas perdu de temps pour s’imposer comme le plus grand mystique chez les Longues-Vies. Cela faisait une éternité que je le côtoyais pour comprendre chaque signification de ses gestes. La posture de son corps, ses mimiques qui, si cela semblait être surprenant pour le ministre du Développement Sanitaire et PDG d'Aquanet Technologies, pour moi cela n’était qu’un prologue à la présence de ses dons extraordinaire.

- je vous en prie Messieurs !

Les Anciens étaient capricieux, arrogants et j’avais là deux coqs qui tentaient à savoir qui serait le plus supérieur à l’autre. Je n’avais pas réunis ces deux hommes pour cela. L’interrogatoire put commencer et c’est Elijah qui débuta la partie. Je n’avais pas bougé de ma position, assise face au scientifique, un jeune prodige de la nouvelle génération, mais comme tous ces chiens fous, il fallait les maintenir en laisse pour éviter une rébellion contre le gouvernement. C’était ce genre d’esprit aiguisé qui ne pouvait se soumettre à des limites ni à se glisser dans le moule de la société. La grande question majeure était pourquoi dans ce grand numéro qui avait été joué au sein de la réunion du Conseil des ministres, Williams et son complice fantôme avaient usé de l’image du ministre de la sécurité ? Pourtant, plus j’écoutais Huyana et Ravenwood exposer leurs théories et leurs questions, plus je remarquais que nous prenions la mauvaise voie face à un homme qui paraissait n’être plus tout à fait avec nous, par moment.

Enfin la voix du scientifique résonna de nouveau. Je discernais une aura, ou un pouvoir latent, quelque chose qui me signifiait de bien analyser cet individu et de le prendre très au sérieux et non pas comme un pauvre mouton parmi tant d’autres. Malgré ma certitude, Aaron Williams se répétait quant à son lien avec le ministre Van Brënner, comme si quelqu’un lui avait martelé la tête pour qu’il nous répète tout cela mot pour mot. Je hochai la tête à sa demande pour qu’il puisse poursuivre son explication.

- Les recherches des cultures vivrières hors sol sous les Dômes ne sont pas un secret Monsieur Williams. Cessez de nous monter les uns contre les autres. Les rapports et le suivi des techniciens scientifiques sont à la disposition de tout le monde.

Il reprit le court de son récit et ce fut à ce moment précis que ma télépathie effleura son esprit. Sa façon de se comporter avec nous, de fissurer le gouvernement, tout cela ne pouvait être pensé que par un seul homme … Étrangement, je ne sentis aucune résistance. Je devinai qu’il était lui aussi un télépathe, mais que c’était un pouvoir qu’il maitrisait encore mal. Cependant tout télépathe, quel que soit le niveau, ressent toujours l’intrusion d’un autre. Ce que je découvris et ce qui était tout autant étrange que cette façon qu’il avait de s’ouvrir à moi sans aucune opposition, c’était un visage et un nom : Dylan Anders qui revenait sans cesse dans plusieurs conversations. Cette personne voulait me provoquer et m’attirer sur un chemin bien précis. Mes yeux bleu/argent croisèrent celui du scientifique qui avait très bien compris que je venais de sonder son esprit et de comprendre ce piège. Je me retenais de tout commentaires, toujours attentive à ses précisions.

Mes réflexions furent un moment chamboulées par les incantations de l’Archiviste. Il nous demanda de faire silence et mon sourire glacial se dessina sur mes lèvres. Je détaillais tour à tour les deux Anciens ainsi que notre petit scientifique perdu aux milieux de ces fauves. S’il avait l’apparence d’un jeune homme séduisant et sûr de lui, quelque chose de plus sombre bouillonnait en lui et brouillait les pistes. Etais-je la seule à percevoir cela dans cette salle ?
Des lettres et des symboles s’étaient matérialisés devant nos yeux et ils s’étaient réunis pour former une sorte d’anneau étincelant. Je ressentis ces allégories me traverser, tout comme Elijah, et elles trouvèrent leur place aux quatre coins de la salle et devant la porte d’entrée. Elles s’emboitèrent, s’incrustèrent avec grace avant de disparaitre. La magie venait d’opérer parfaitement et j’arquai un souci satisfaite d’avoir invité Ravenwood à cet interrogatoire. Tout pouvoir, même le plus puissant ne pourrait traverser ce champ surnaturel. Rien ne viendrait parasiter la confrontation et le Docteur Williams n’aurait cette fois-ci aucune aide extérieure. Il poursuivit après un léger laps de temps où il devina qu’il n’avait plus aucune protection, ni aucun endroit où se replier.

- Demander à un autre ministre de superviser les résultats de nouveaux prélèvements, c’est le serpent qui se mord la queue, Docteur Williams. Nous restons toujours dans la même sphère des Anciens … et s’il y a une taupe qui travaille pour l’un de nous sans que nous le sachions, cela ne pourra que susciter sa curiosité … voir même son plaisir.

Je penchai ma tête délicatement, admirant ce pauvre petit insecte qui venait de sacrifier sa vie.

- J’ai tout à fait confiance en la société et au personnel du ministre Huyana. J’attends les nouvelles conclusions. Si rien n’a changé, je verrai à prendre une décision. Mais avant tout, comme vous le souligner, qu’est-ce que vous avez à y gagner ? Je pense … rien … ABSOLUMENT rien vous avez surtout tout à perdre… mais votre contact, fantôme, allié … appelez-le comme vous le voulez … lui par contre, il vous a placé sur un chemin semé d’embûches et très dangereux. Et là, la question prioritaire et de savoir …Pourquoi ?!

Mon instinct me disait que cet homme que j’avais deviné dans son esprit, ce Dylan Anders, détenait toutes les réponses à nos soucis.

- Vous n’êtes peut-être qu’un pauvre pantin, Docteur Williams ? Un pantin très intelligent, certes, qui parasitait le piège de votre ami inconnu. A votre avis … comment se débarrasse-t-on d’une personne telle que vous, un scientifique à la carrière brillante s’il met le nez un peu partout ? On fait ami-ami avec lui et on l’entraine sur la bataille, on l’entraine au front, en première ligne …
Asaria est une enfant qui a grandi depuis des années. Il faut la surveiller, la protéger … et non la détruire. Si cette fissure et cette pollution sont bien présentes, tout sera fait pour endiguer cela … mais posez-vous la question de savoir à qui profite toute cette mascarade Docteur …




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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Mer 27 Avr - 11:04

« Les prélèvements sont en cours Docteur Williams ! Et je n’ai pas besoin de ‘lavis d’un autre ministre ! Je reste persuadé que quelqu’un est entré dans les données d’Aquanet et à falsifier les conclusions des résultats ! Cette personne qui vous a aidé à venir jusqu’à nous dans la salle du Conseil, connaissez les moindre recoins de la tour gouvernementale, comment y accéder, où se trouvez les différentes caméras. C’est peut-être un employé, un assistant, une secrétaire ! »

L’Amérindien avait fini par perdre son calme et il dut se taire au signe de l’Archiviste. Il plissa les yeux et interrogea en silence la Grande Conseillère qui ne bronchait pas. Elle connaissait cet Ancien et apparemment, elle savait ce qu’il manigançait en agitant ses doigts. Il croisa ses bras contre son torse et attendit que les effets magiques d’Edouard Ravenwood se terminent. Des symboles, des runes dansaient autour d’eux. Il sentit même certaines le traverser et cela ne lui plaisait guère. Mais sa Supérieure, qui avait dû connaitre les mêmes effets ne se manifestait toujours pas. Elijah dû prendre son mal en patience avant que l’interrogatoire se poursuive enfin. Il écouta Alianka reprendre la parole après le long laïus du prisonnier. Il relâcha la pression de ses bras douloureux en entendant bafouer le rôle des Anciens sur la protection de la nouvelle génération. Il n’attendit pas la permission pour parler. « Je demande, Madame la Grande Conseillère que le Docteur Williams soit jugé pour complicité de détournement et de falsification de résultats. Vous remarquerez Madame que si les résultats ont été faussés, cela a entrainé un retard sur la mise en place des actions sur la pollution de l’eau et la réparation de la fissure au niveau du dôme. Madame, je dois aussi mettre en évidence que l’allié du Docteur Williams est introuvable sur les vidéos : soit il connaissait leur emplacement, soit il est doté d‘un pouvoir qui lui permette d’être insondable. J’en appelle donc Madame et vous aussi Monsieur Ravenwood a votre amour pour Asaria. Il … »

Elijah pointa du doigt le prisonnier : «Il possédait depuis un moment ces résultats. Il a attendu que les premiers effets de la pollution agissent et dégradent le dôme pour venir nous avertir. Un Asarien loyal nous aurait avertis immédiatement sans attendre une quelconque réunion du gouvernement. Tout ceci a donc été fait de telle sorte de nous acculer, NOUS, Anciens devant cette menace et nous faire passer pour des incompétents, Moi le premier !! »

Le ministre, en proie à une certaine colère, se planta dans le dos du Docteur Williams. Il lui agrippa les cheveux et tira violemment sa tête en arrière. « Vous protégez un individu, homme ou femme, qui vous sacrifie. Il vous laisse faire les sales besognes et lui où est-il Docteur Williams ? Bien à l’abri quelque part. Il doit se rire de vous en vous voyant dans cette cellule, menottes aux poings. »

Il le relâcha et ricana : « Nous veillons sur la cité et vous, vous  n’avez fait que la mettre à mal. Toute cette grotesque scène au Conseil pour nous mettre au courant de dangers. Un Asarien fidèle et loyal serait venu demander audience sur un sujet traitant d’un grand danger pour la cité. Vous êtes complice aussi de cette dégradation et votre allié, surement, celui qui a déclenché les symptômes ! Qui est-il ? !! Quelle est son identité Docteur Williams ?! Si vous voulez revoir votre famille, les personnes que vous aimez … nous serons peut-être cléments au niveau de votre peine ! »
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Lun 9 Mai - 0:31

Mon petit tour de passe-passe n'avait laissé personne indifférent. Tellement d'expressions en si peu de temps que j'en prenais un malin plaisir intérieur. Amusement sur le visage de la Grande Conseillère, perplexité sur celui d'Huyana. Mais celui dont il attendait la réaction était bien évidemment l'invité du jour, ce cher Williams. Ce fût à peine perceptible, ne dura peut être qu'une fraction de seconde. Mais pendant ce petit laps de temps, j'avais eu le temps de voir danser dans la prunelle de ses yeux, un sentiment de solitude qu'il n'avait probablement pas prévus. Mon action l'avait pris au dépourvu comme si ce dernier avait espéré le soutient et probablement l'aide d'une personne extérieure. Bien entendu cela restait une hypothèse mais que je ne pouvais ignorer.

Je n'avais pas bougé de ma position initiale. Toujours debout lors de mon monologue, je gardais la pose en écoutant d'une oreille attentive les propos qu'Aaron donnait pour justifier ses agissements. Silencieux, observant d'un regard posé notre prisonnier non sans ressentir une certaine admiration pour son coup de folie qui allait lui coûter très cher. Dans la voix, pas la moindre hésitation, pas le moindre regret. Juste une remarquable confiance dans la véracité de ses mots. Il était sûr de ce qu'il avançait comme ayant la conscience tranquille face à ceux qui le jugeait à présent. Cet homme possédait un véritable don pour le maniement des mots qui ne pouvait me laisser indifférent et j'en eu même un sourire dans le coin des lèvres. Malgré la fatigue physique et morale, il conservait un semblant de dignité et une approche à la fois tellement utopique et fataliste du bourbier dans lequel s'enfonçait la cité depuis tellement d'années à présent.

Il avait de l'audace, on ne pouvait lui retirer cela. Parler sans détour et sans mâcher ses mots en connaissant l'origine de son auditoire. La folie de ce jeune homme était remarquable. Les idéaux font parfois faire tellement de bêtises. L'impulsivité est très mauvaise conseillère pourtant et lui, pourtant homme de science devait savoir mieux que quiconque qu'un coup de sang ne pouvait apporter des résultats probants.


- C'est exact. Devant la gravité de la situation n'importe qui aurait cherché à faire entendre sa voix afin d'attirer l'attention sur le sujet. Je ne peux aller à l'encontre de cette réflexion logique bien que relativement primaire vous en conviendrez. Vouloir alerter de ce que vous avez pu constater est une chose, mais il y a l'art et la manière de le faire. N'êtes vous pas d'accord? Si tant est que votre histoire soit vraie.

J'avais terminé mon intervention en essayant de mesurer mes mots car je savais qu'avec nous, une bête sauvage ne devait plus tenir en place puisque son nom était sur la sellette. J'avais beau être l'avocat du Diable en général, il y avait un temps et un lieu pour tout. Et pour l'heure nous en étions encore très loin. Alianka en vint à son tour à reprendre la parole. Pour elle, Aaron n'avait été qu'un jouet entre les mains d'un homme de l'ombre. Il avait su corrompre l'esprit du scientifique et le joindre à sa cause. Il aurait donc réussi à duper son monde et envoyer le jeune homme au casse-pipe. Mais cette idée de vouloir se débarrasser de quelqu'un de brillant en l'envoyant se faire fusiller était pour le moins perturbant. Elle le disait brillant, mais un homme de science et de raison pouvait il être trompé aussi facilement? Si Williams était une être uniquement motivé par la raison et la logique et qu'on avait réussi à lui démontrer le bien fondé de cette mascarade, alors pourquoi pas. Mais depuis le début ce dernier était loin de ne montrer qu'une logique froide et calculée. Derrière la science il y avait l'être humain. Oserais je dire que devant nous, il était fort à parier que nous avions un parfait exemple d'équilibre du genre.

La voix de la panthère de glace était posée. Pas de colère ni d'emportement. On ne pouvait en dire autant d'Elijah qui à peine le dernier mot prononcé par Alianka il arracha la parole à quiconque aurait souhaité enchaîner après la seule dame de l'assistance. L'Ancien bouillonnait littéralement et ses mots ne masquaient pas toute la haine qu'il éprouvait à l'égard du jeune homme. D'ailleurs aux mots vint brutalement les gestes. J'en eu un mouvement de tête désolé, pour ne pas dire affligé. N'étions nous pas censé représenter la crème de la crème d'Asaria. Le symbole de sagesse. Qui aurait pu nous prendre au sérieux face à un tel débordement? La colère qui habitait l'Ancien était légitime mais pour l'amour de la cité, fallait il s'abaisser à de la violence primaire? Ne valait on pas mieux que cela?

Il réclamait justice auprès de la Grande Conseillère allant jusqu'à émettre l'hypothèse que les résultats auraient été falsifié. Ma foi, pourquoi pas? S'eut été une piste à envisager. Mais elle n'était pas la seule. Et la façon qu'Huyana avait de la présenter donnait d'avantage l'image d'une personne acculée, cherchant n'importe quels prétextes ou raisons pour justifier un résultat qu'elle n'aurait pas prévu. Je ne vous cache pas que je du me mordre l'intérieur des joues lorsqu'il en appela à notre amour pour la Cité. Et je ne doute pas qu'Alianka devait m'attendre au tournant si jamais j'avais laissé entendre le moindre rire face à cet argument qui pour moi, n'avait absolument aucune valeur. Néanmoins lui et moi nous étions rejoint sur un point. Oh non, certainement pas sur les concepts de patriotisme et de loyauté qui semblaient si cher au coeur du ministre. Mais sur la méthode qu'il aurait fallut mettre en place pour attirer notre attention.


- Si je puis me permettre... Dis-je d'un ton tranquille... Je pense que notre jeune ami s'était déjà préparé à ne plus revoir sa famille ni ses amis en agissant comme il l'a fait. Aussi cette proposition ne risque en rien de le faire changer d'avis... Par contre...

Je mettais redressé, m'approchant lentement du petit groupe, les bras cette fois ci derrière le dos. Mon regard s'était vidé de toutes émotions, ne laissant la place qu'à un abysse glacé au fond de mes yeux...

- C'est une toute autre histoire si nous proposions qu'ils se joignent à notre petite fête. Lorsque l'on a que sa vie en jeu il est facile de jouer les héros solitaire n'ayant plus rien à perdre...Mais si l'on ajoute des éléments extérieurs il n'est pas impossible de faire vaciller même les volontés les plus fortes...Qu'en pensez vous Aaron? Devrions nous les inviter à se joindre à nous?

Une menace? Pas vraiment. Juste une suggestion que j'exposais sans la moindre hésitation à notre prisonnier. Peut être qu'un peu de compagnie lui ferait plaisir. Et qui sait, peut être aurait il eu le verbiage plus aisé devant les risques que pouvaient rencontrer son entourage... Puis tournant mon visage vers la Grande Conseillère mon expression s'était faite plus joyeuse. La vie était revenu dans mon regard comme si mon écart de tout à l'heure n'avait jamais existé...

- Ou alors, pour gagner du temps, un petit voyage dans les méandres de son esprit pourrait nous donner plus facilement les réponses à nos questions...Certes ce serait user de faciliter que d'agir de la sorte mais si la discussion tourne en rond c'est une option à ne pas ignorer. Enfin je dis ça, mais je ne doute pas que vous ayez eu cette idée bien avant le début de cet entretient ma chère.
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Lun 11 Juil - 23:15



Aaron fixait à présent un point abstrait sur le mur d'en face, celui situé derrière la Grande Conseillère. Il entendait ses bourreaux prendre la parole tour à tour, mais comme à travers un voile. Le mur blanc s'anima pour lui seul et un champ de fleurs verdoyant y apparut, balayé par une douce brise. Un loup apparut, sillonnant la mer d'émeraude, bondissant par dessus les buissons épineux, un loup au magnifique pelage fauve. Sur ses traces une louve plus foncée filait comme le vent. Le scientifique sourit encore en lui-même, mais ses yeux devaient refléter son bonheur et sa sérénité. Cette fameuse escapade dans les Terres Sauvages. Il se contraignit à ne pas penser nominativement à elle. Il oblitéra volontairement son apparence humaine. Elle n'était qu'une louve courant à ses côtés, sa louve. Son regard se fit de plus en plus lointain tandis que ses oreilles ne perdaient rien des allusions délétères de la Grande Conseillère. Anders l'aurait manipulé  et sacrifié à de plus vastes desseins ? Probable du point de vue de ce trio et même très envisageable du point de vue d'Aaron. Après tout, c'était l'informaticien qui l'avait contacté pour lui fournir sur un plateau un sésame pour le Grand Conseil. De toute façon, Aaron était déterminé à le faire, avec ou sans aide. Il avait envisagé qu'il pourrait être abattu avant même d'accéder à la salle où se tenait la réunion. Mais il avait sa mallette contenant les rapports, les échantillons, l'exposé des faits en videorama. Une fois abattu, ses affaires seraient passées au peigne fin. Les informations parviendraient forcément aux hautes instances puisqu'il y avait eu une brèche dans la sécurité de l'Organe gouvernemental lui-même. Tout aurait été visionné et disséqué par le Conseil. Finalement le but aurait été atteint pareillement. Il serait juste mort abattu pour y parvenir. Anders n'avait fait que proposer une alternative avec une mince chance de survie. Cela avait échoué mais la volonté de tenter de le sauver était bien réelle. Anders l'avait peut-être manipulé, mais plus encore, cet homme avait mystifié le Grand Conseil dans son ensemble. Lequel voulait sa tête et tentait d'induire la trahison d'Aaron.

L'animorphe se cala dans son fauteuil, le visage toujours inexpressif à l'exception du regard qui brillait d'un éclat si particulier. Il s'apprêtait à répondre à la Grande Conseillère mais le Ministre ne lui en laissa pas le temps et se mit à hurler en l'accusant de falsification et en demandant justice et réhabilitation pour sa firme. Un fauve qui avait la patte prise dans un piège à ours. Peut-être un imperceptible mouvement de la tête, un petit geste d'impatience  face à ce débordement de testostérone à l'égo écorné, un insoupçonnable petit pli ironique au coin des lèvres. Le début de l'enfer se déchaina en quelques secondes. Aaron sentit la poigne de cet ancien agripper sa tignasse par derrière et le tirer. L'envie de se retourner et de mordre à l'os ce poignet qui voulait le soumettre se fit puissante dans les entrailles du loup, mais l'homme resta de marbre, le regard toujours perdu sur le mur d'en face. Les deux loups étaient à présent en arrêt au pied d'un piton rocheux, assis le regard fixant le sommet. Il apparut alors, majestueux, le pelage étincelant comme la neige, immense et incroyable. Aaron tendit la main et sourit pour la première fois depuis qu'il était entré dans cette pièce. Il pencha la tête et murmura:

- Ce n'est pas ce que tu sais qui fait ta force, mais ce que les autres veulent ignorer...

La voix de l'Archiviste s'éleva à son tour, presque neutre et apaisante, après celle d'Huyana. Elle susurra des menaces subtiles et obscènes, en une tentative de coercition mettant en cause la famille d'Aaron. Le regard du jeune scientifique devint alors ambre et lorsqu'il se tourna vers Edouard Ravenwood, il ne restait qu'un fil à rompre pour que l'homme cède la place à l'animal.

- Ma famille ? Mais vous l'avez déjà exterminée, voyons ... Il y a des décennies de cela ...

Sans crier gare le jeune asarien avait bondit et se tenait à présent tout prêt de l'Archiviste pour lui murmurer :

- Je suis duel et si un Ancien tel que vous peut assujettir l'homme, il n'aurait jamais l'âme du loup ...

Puis retournant s'asseoir sagement de lui-même, il ajouta pour le Ministre et la Grande Conseillère:

- Nous sommes tous le pion de quelqu'un, l'essentiel est d'en être conscient. Il est vrai que j'ai tardé de quelques jours, juste le temps de m'assurer que des copies et des échantillons de la même nature que ceux que je vous ai apportés soient acheminés en lieu sûr auprès de différentes personnes de confiance qui se chargeront de les rendre publiques si rien n'est entrepris pour remédier à la situation alarmante que je vous ai exposé.

Le regard mordoré redevint azur et se replongea dans la contemplation du mur blanc qui lui faisait face. Une louve noire se détachait à présent sur le paysage, humant l'air et gémissant doucement. Aaron ferma les yeux et ressentit l'animal hors des Dômes. " Kantara, je vais bien. Prends soin d'eux." L'écho lui parvint affaibli, étouffé en réponse. Ravenwood et ses verrous. Sans en avoir conscience, Aaron se gratta à nouveau le poignet, avivant une étrange cicatrice sur sa peau.
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Alianka De Nephthys
Grande Conseillère de la Cité
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Côté coeur : Le Lion de Feu

Activité/Profession : Dirigeante de la Cité

MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Mar 19 Juil - 13:51



Les deux Anciens s’animaient de plus en plus dans la salle et le petit scientifique semblait être comme déconnecté, par moment, de l’instant présent. Son esprit se focalisait sur des images bien précises qui lui donnaient la hargne de résister et de ne pas craquer. Je ressentais cela en effleurant son esprit du mien. Un jeune télépathe n’était pas dangereux face à un télépathe beaucoup plus puissant, mais son pouvoir paraissait dépendre d’un autre et le rendre plus imposant.

Le Ministre du Développement Sanitaire et PDG d'Aquanet Technologies perdait son calme. C’était bien la première fois que je le voyais dans cet état. Il faisait partie de ces Anciens du gouvernement à ne jamais hausser la voix et à garder un sang froid à toute épreuve, un peu comme Alexander Hudson ou Edouard Ravenwood, présent lui aussi. Chacun tentait de faire plier notre jeune prisonnier de façons différentes. Et pourtant, Aaron Williams ne cédait pas un centimètre de terrain, comme galvanisé et poussé par une force qui nous dépassait tous. J’observais les scènes : Huyana en colère de voir sa confiance s’ébranler face au gouvernement avait agrippé la tignasse blonde du scientifique. Mon archiviste avait préféré une autre méthode plus efficace et plus sournoise : mettre en avant le sens de la famille du Docteur Williams et de menacer ses proches.

Cette phrase … Quelques mots … Et si je n’étais pas femme à montrer mes émotions, des souvenirs lointains s’animèrent et me renvoyèrent aux prémices de la construction de la cité … Ces dômes qui s’élevèrent pour nous protéger du soleil et ses rayons mortels … mais pas que de ça … de bien pire. Des ennemis tapis dans l’ombre que peu d’Anciens se rappellent d’avoir vu ou même entendu cette légende. Des survivants de la pluie de feu qui ne purent se protéger des radiations quand prenant la forme de leur avatar canidé … Ce n’était plus des loups, ils étaient devenus des créatures plus grandes, plus impressionnantes … Ils étaient très forts et si beaucoup les voyaient comme une menace, ils étaient devenus une main d’œuvre non négligeable pour construire nos autres dômes et notre cité. Des Anciens comme nous qui avaient encore la force de reprendre forme humaine, mais pas leurs enfants. Ils restaient sous l’apparence de créatures  immondes ou reprenaient partiellement quelques traits humains. Le premier gouvernement qui était à ses balbutiements ne pouvait accepter la présence de monstres dans la cité et les Anciens de ce clan refusèrent de laisser leurs enfants aux portes d’Asaria. Ils s’installèrent dans les Terres sauvages alors peu habitées.  Mais le danger était bien présent. Ces bêtes mourraient de faim et ils attaquaient  la nuit les humains et les Asariens … Alors, un décret dans le plus grand secret fut  voté, celui de les nourrir, leur donner de la viande … empoissonnée.

C’était impossible … Tout ce clan avait été décimé par les Miliciens sous le commandement de Tomas Van Brënner. Aurai-je oublié un fait ? Un rapport m’aurait-il échappé ?

Et le prisonnier bondit sur la table, tel un Loup. Le dossier du Docteur Williams faisait état de ses pouvoirs et l’amorphisme en faisait partie. Les animorphes étaient des Êtres puissants et certains avaient cette faculté de fusionner parfaitement avec cette part animale.

- ça suffit !! Vos amis pourront publier tout ce qu’ils veulent, ils seront arrêtés pour entrave au gouvernement ! Vous les condamnez Docteur Williams. Et vous nous les servez sur un joli plateau en argent. Merci à vous !

Je me redressai de ma chaise et le silence s’abattit dans la pièce. Le prisonnier avait repris sa place  et les deux Anciens me détaillaient étrangement.

- Puisque vous ne voulez pas coopérer, vos proches et votre famille le feront à votre place. Nous vous avons donné le choix Docteur Williams, mais vous n’avez pas saisi la bonne solution. Les soldats se serviront d’autres méthodes pour vous faire plier et là vous nous supplierez de tout arrêter, mais ma clémence à des limites.

Je rassemblai le dossier que j’avais amené avec moi et je déverrouillai la porte. Deux gardes se présentèrent à moi.

- Enquêtez sur tous les lieux que fréquente le Docteur Aaron Williams, Dressez une liste des personnes avec lesquelles il travaille au Centre depuis son arrivée là-bas. Je veux  tous les noms sur mon bureau au plus vite.

Je posai mon regard glacial une dernière fois sur cet homme :

- Peut-être qu’en voyant des proches se faire torturer sous vos yeux, vous fera changez d’avis … Entêtez-vous à ne pas dévoiler le nom de votre allié et vous perdrez … Pas la vie, c’est certainement le moyen le plus doux pour vous. Je ferai en sorte que les gens que vous aimez souffrent à votre place : votre père, votre mère, une petite amie, un meilleur ami ? Vous venez de signer l’arrêt de mort de ces personnes. C’est votre choix. Ils seront certainement ravis de le savoir.
Au revoir Docteur Williams.




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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Sam 23 Juil - 17:28

Le ministre avait empoigné la tignasse blonde du traitre. Quel que soit son statut d’homme manipulé par un cerveau plus puissant, une marionnette ou bien un complice, le docteur Aaron Williams devenait l’Asarien a jugé pour avoir fait tomber sa société et le professionnalisme qu’Huyana avait toujours employé. Cet homme était déjà fou ou la folie commencer à le submerger lentement. Dans les deux cas, il luttait contre les attaques verbales des Anciens, des accusations qu’on lui mettait sous le nez. Il était bien trop calme pour être plausible. Quelques mèches de cheveux éparses restèrent entre ses doigts quand le scientifique mue par ses capacités, bondit devant l’Archiviste. Les talents de rapidité étaient le plus souvent attribués aux Anciens. Même Huyana devait convenir que ce jeune Asarien était bien au-delà d’un jeune homme de sa génération. Il évoquait une famille disséminée alors que le rapport précisé qu’il avait encore ses parents. Un détail lui échappait et discrètement l’Amérindien examina le visage sans émotion et toute en retenue de la Grande Conseillère pour y chercher un début de réponse ou des indices.

L’Archiviste osa proposer une solution de facilité. Elijah était aussi télépathe comme Alianka et il serait facile à eux deux de faire plier cet esprit rebelle. L’idée que la Grande Conseillère mettait en avant était bien plus alléchante : voir les proches du scientifique plier devant les tortures et Williams en devenir spectateur de ces atrocités. La voix sensuelle et autoritaire de la panthère de glace ordonna des instructions aux soldats qui visaient à s’approcher de l’entourage du scientifique et de les questionner. Il plaqua sa paume bruyamment sur la table face à Williams. « Lorsque la liste de votre entourage sera dressée mon cher Docteur Williams, je me ferai un plaisir de m’occuper de la femme qui occupe vos pensées et votre cœur. Ne dites rien de plus ! Un homme trouve sa force dans ses souvenirs, se raccrochant à une image, une présence. Même l’esprit le plus dérangé, le plus complexe possède sa soupape. Le petit chemin pour apaiser les douleurs. Et si on vous la retire Docteur Williams, si je m’occupe moi-même de questionner la femme que vous essayez de nous cacher ? J’ai beaucoup d’idées. Vous pourriez apprécier le spectacle. Vous, attaché, menotté et moi avec cette créature… tout ce que je pourrai lui faire pour qu’elle parle devant vous en me suppliant, en vous suppliant de tut nous révéler ! »

Huyana se redressa. Alianka avait déployé ses intentions, seul Edouard Ravenwood restait silencieux. Il se tourna vers le plus haut gradé des Miliciens : « Dès que les séances de tortures commenceront, je veux en être informé. Pour vos recherches, commencez par les lieux où le Docteur Williams aime se prélasser, qu’elles sont les femmes qu’il fréquente le plus. »

Il avait dépassé le protocole et s’inclina devant la Grande Conseillère : « Madame, veuillez excuser mon enthousiasme à faire avancer toute cette histoire et à laver l’affront fait à ma société et à mon nom. »
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Dim 24 Juil - 16:29

Observateur j'avais constaté que notre jeune ami s'évadait de temps à autres dans ses pensées au grès de nos interventions. Comme fixant un point invisible au delà de sa prison de pierre. Chercher l'évasion dans un moment difficile. Laisser son esprit vagabonder ça et là pour ne plus avoir à faire face à la réalité dans laquelle il se trouvait. Comment ne pas le comprendre. Qui n'aurait pas chercher à agir de la sorte s'il ne s'était pas retrouvé dans cette même situation. Une tentative désespérée pour un homme qui l'était tout autant. Il s'était fait une raison, c'était certains. Mais jusqu'à quand pourrait il garder ses convictions intactes? Jusqu'où faudrait il le pousser pour que l'esprit cède? C'était une question dont je me ferai un devoir de trouver une réponse tant elle faisait vibrer mon propre esprit. D'ailleurs, mon intervention n'avait pas laissé notre jeune prisonnier de marbre. En un rien de temps je pu en constater les effets lorsque les pupilles du scientifiques s'étaient teintées d'une couleur ambrée, signe que la bête derrière la belle n'était pas loin, prête à bondir. J'avais touché une corde sensible qui me donnait entière satisfaction. Mon enthousiasme face à ce spécimen en fût renforcé. Il était tout bonnement fascinant et il aurait été dommage d'en rester là.

Sa réponse, une distraction qui me laissa de glace. Car derrière celle-ci je savais parfaitement ce qu'il sous entendait. Pourtant je n'eu pas l'occasion de lui répondre. Car ce dernier avait bondit de sa chaise, se trouvant désormais si près de moi que je pu sentir son souffle sur ma joue lorsqu'il me murmura quelques mots qui trouvèrent grâce à mes yeux. Qu'à cela ne tienne, je garderai ma réplique pour plus tard. Ses réflexes corporels étaient tout aussi rapide que la plupart des Anciens, probablement dû à l'un de ses dons, son animorphisme. Néanmoins loin d'être surpris pour son geste, je m'étais à mon tour approché de son oreille pour y glisser quelques mots.


- Est-ce un défi?

Malheureusement pour moi, notre joute s'acheva par l'intervention de la Grande Conseillère. Il était clair à présent qu'elle commençait à perdre patience face à l'entêtement dont faisait preuve Aaron. Si le dialogue ne menait à rien, la pression sur des êtres qui lui étaient chers le feraient peut être plier. Ne l'avaient ils pourtant pas entendu dire tout à l'heure que ce qu'il considérait comme ça famille n'était déjà plus de ce monde...Où presque. Certes ma précédente intervention l'avait fait réagir. Mais son attachement envers ses géniteurs nous permettrait-il de lui délier la langue? Les deux Anciens semblaient le croire puisque ces derniers donnaient déjà des directives aux miliciens appelés par Alianka pour que toutes personnes ayant un lien de près ou de loin avec le scientifique soit interpellés, arrêtés et au final torturés devant le principale intéressé. Le Ministre du Développement Sanitaire se voulait être témoin de ce spectacle. Qui aurait pu le lui reprocher lorsque votre nom est sur la sellette. Son enthousiasme était évident et on aurait pu aisément le comparer à un fauve attirer par le sang à ce moment précis. Allant même jusqu'à se proposer d'être le bourreau de celle pour qui le coeur du scientifique battait. Cette attitude illustrait la folie qui régnait dans la cité. Oh, loin de moi l'envie de dire que je suis blanc comme neige lorsque l'on connait mes distractions nocturnes. Mais j'avoue que j'agis d'avantage comme le chat jouant avec sa proie que comme un animal sanguinaire en quête d'hémoglobine.

Comme affligé devant le spectacle je soupirais une fois encore tout en hochant machinalement de la tête. L'interrogatoire semblait être terminé. Chacun restait sur sa fin et personne n'avait de réponse à ses questions. Allions-nous réellement en rester là? La Milice allait-elle simplement se contenter d'embarquer le prisonnier et le ramener dans sa prison pour qu'il y croupisse jusqu'à l'arriver des êtres dans la cité qui comptaient pour lui? Où est le spectacle dans tout ça? Où sont les éclats de voix, les regards détruits par la fatalités? Ça ne pouvait se terminer de la sorte... Car si j'avais su cela je n'aurais même pas pris la peine de me déplacer en personne. D'autant plus que la Grande Conseillère demandait à des subalternes des renseignements que j'aurais très bien pu lui fournir moi-même. Sans prêter attention à notre panthère des glaces et Elijah je m'avançais d'un pas tranquille vers notre ami des bêtes et sans la moindre parole j'avais posé ma main gauche sur son poignet. Aucune expression, aucune réaction, juste un contact. Pourtant lorsque je relâchais la pression le mot "scellé" semblait s'être inscrit sur son poignet. Luisant d'une lueur violâtre les lettres s'incrustèrent dans sa chair pour totalement disparaître, comme absorbées. M'approchant une nouvelle fois de son oreille je me mis à murmurer...


- Désormais tu ne pourras partager avec quiconque tout ce qui s'est passé ici et tes facultés octroyées par le SEER sont bloquées. La solitude est ta compagne à présent...Mais cela tu as l'habitude Aaron...

Me reculant, je lui avait tourné le dos pour me diriger à mon tour vers le plus haut gradé des Miliciens. Sortant un morceau de papier de ma poche j'y inscrivais une nouvelle fois un mot avant de le tendre à ce dernier.

- Lorsque le prisonnier sera ramené dans sa cellule veuillez plaquer ce morceau de papier sur l'un des murs. Ainsi toute tentative d'intrusions par un don sera bloqué. Sait-on jamais...

Rares étaient les fois où je laissais le hasard se mêler de mes projets. Cet Asarien avait su créer de l'intérêt et je ne comptais pas le laisser s'échapper si facilement. L'évasion de la petite Héméra raisonnait encore en moi et tout ce que l'on pouvait dire c'est que la sécurité au sein de la cité laissait clairement à désirer. Chacun ses méthodes désormais...

- Oh! J'allais oublier un minuscule détail...dis-je tout à coup sans même me retourner vers l'intéressé. Comme si je venais de me rappeler de quelque chose de très important...N'est ce pas vous qui tout à l'heure nous disiez que toute votre famille avait été exterminée? Mais alors quand est-il...finis-je par dire...de Kantara?

Mes derniers mots sonnèrent comme un glas lorsque je me retournais vers Aaron. Entre mes mains un sphère s'était créée reflétant l'image de la louve si chère au coeur du scientifique. A présent les membres dans la pièce allaient comprendre pourquoi l'homme de l'ombre que j'étais avait été surnommé, "l'Archiviste"... Ce n'était pas qu'une simple fonction, un titre en carton. Anormalement calme, sur mon visage se dessinait l'expression d'amusement qu'aurait eu un enfant ayant trouvé un trésor. A tel point que je m'étais mis à caresser la sphère comme on caresse un animal de compagnie, avec douceur et protection.

- Serait-elle un regrettable oublie de notre part qu'il nous faudrait corriger au plus vite?
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Jeu 28 Juil - 17:19


Aaron se savait mort et s'était préparé à cette éventualité, à cette issue très palpable, lorsqu'il avait accepté d'être un espion jouant double jeu. Il était encore très jeune, tout juste diplômé, lorsque Leroy l'avait parrainé pour intégrer le groupe des Pacificateurs. L'Ancien s'y était résolu après maintes hésitations, non parce qu'il doutait de la fiabilité de son protégé, un étudiant, devenu un brillant chercheur qui avait déjà sous le bras plusieurs découvertes prometteuses en bio génétique, avant même d'être engagé par le Centre de recherches. Après la douloureuse tragédie qu'avait subi Mara Jade, dans sa jeunesse, victime de l'implant corticale de Kylian Wright, le Mara-implant comme ce fou l'avait lui-même baptisé, avoir un scientifique employé au centre de recherche, surtout un chercheur aussi brillant et qui ne manquerait pas de gravir rapidement les échelons de la hiérarchie scientifique au sein du gouvernement, était un atout à ne pas négliger pour les Pacificateurs. Leroy, tout dévoué à cette cause, ne pouvait faire perdre à son groupe une telle opportunité d'infiltrer les méandres expérimentales du gouvernement. Mais le professeur et mentor avait du faire taire ses scrupules à condamner tant de vertu et d'innocence à une mort plus ou moins certaine. Car si certains Pacificateurs savaient faire long feu en demeurant dans la mesure, Aaron, l'Ancien en était tristement convaincu, ne saurait pas rester dans la comédie face à un danger imminent. Les événements lui donneraient tristement raison.

Aaron était devenu un Pacificateur et s'était construit deux vies parallèles. Sans se douter qu'il en avait en réalité trois dont une en dormance. Il avait rencontré Mara et connu son premier amour, couronné de désillusion et d'amertume, car non réciproque. Cela n'avait en rien entamé ses convictions et sa loyauté envers la cause des Paces, comme il les nommait volontiers. Au contraire, cela l'avait mué en une sorte de berseker. Toutefois, cela aurait été sans compter sur les fantaisies du destin que de penser que le sort de notre jeune scientifique se trouvait scellé dans un grandiose sacrifice romantique. Malgré ses résolutions et sa rage nouvellement investie dans le seul combat en faveur de la paix, Aaron avait senti l'éveil d'une puissance en lui, un héritage qu'il avait tout d'abord rejeté avec défiance. Son armadan lui paraissait déjà suffisamment complexe à gérer sans qu'il s'intéresse à son troisième don, la télépathie, qu'il maintenait en sommeil avec une farouche application. Quant à son animorphisme, il lui inspira un rejet profond dans un premier temps, car il ne savait à quoi l'arrimer. Il était de notoriété que ce don était, plus que les autres, hérité des parents en droite ligne et que la maîtrise de ce don passait précisément par un enseignement parental. Aaron était le seul de sa famille à posséder ce don. Aucun Williams n'avait eu ce talent, même en sommeil. C'était une énigme. Et cela contribua à ce sentiment de solitude et d’incompréhension que l'enfant, puis l'adolescent éprouva malgré tout l'amour que ce couple admirable et aimant pouvait lui prodiguer.

Il avait fallu la rencontre avec Jessica, puis la révélation de son don pour que le loup s'éveille totalement en Aaron et finisse par prendre le pas sur les deux autres dons qui s'y assujettirent. Toutefois, l'héritage et l’affiliation de ce don peinaient encore à s'exprimer pleinement face à des Anciens tels qu'Edouard Ravenwood. Ainsi, c'était la seconde fois que l'Archiviste assujettissait le grand loup. Tant qu'il y avait de la vie, il y avait de l'espoir, et Aaron demeurait bien vivant, même si son âme et sa personne étaient de bien des façons sous l'emprise de l'Ancien.

Aaron se savait désormais seul mais comme Ravenwood l'avait fort justement souligné, la solitude était l'amie du loup. Elle avait été celle de l'espion. Et elle était celle du dernier descendant, de l'unique l'héritier d'une lignée anéantie. Seul dans les lieux, seul face à sa mort, mais pas seul en son cœur.

- Ne plus avoir de contact avec les siens, les savoir morts, ou les voir torturés sous ses yeux, sont autant d'épreuves qui m'anéantiront sans nul doute. Vous avez raison. Mais cela ne pourra effacer, détruire l'amour qui nous lie eux et moi. Tout cet amour que vous n'êtes même pas capable de seulement imaginer. Je vais mourir. Ils vont probablement mourir. Mais nous aurons connu ce bonheur, cette force, cette chaleur. Toutes ces choses que vos cœurs secs ne peuvent ressentir, toute cette exaltation que vos âmes putréfiées ne peuvent éprouver.


Aaron leur dédia un regard des plus étrange, non plus celui mordoré du Loup que Ravenwood avait mis en cage par sa magie, mais le regard blanc de cette coquille vide que l'Ancien ne pouvait ignorer avoir créée et qu'une entité  bien différente arrivait à posséder. Le voile blanc se fit d'encre puis céda la place à des iris aux reflets chatoyants. Leur frémissement évoquait les yeux ardents d'une créature légendaire qui avait fait trembler des générations d'enfants. Parmi ces flammes dévorantes, de petits ilots d'azur se détachaient. Ce n'était plus la voix d'Aaron qui répondait à ses bourreaux, mais une voix qui paraissait s'élever des fondations de la Tour.

-Asaria vous demandera un jour des comptes et vous serez incapables de justifier votre débauche de destruction. Asaria saura alors reconnaître ses enfants et éradiquer ses ennemis.

Le jeune scientifique semblait n'être plus qu'un pantin lorsqu'il leva son bras gauche et exhiba son poignet pour montrer le signe incandescent qui s'y ébauchait, pour le moment indéchiffrable, sous les yeux de l'assemblée.

- Nous sommes sept et quand nous serons révélés, l'heure du Jugement sera proche.

Puis le silence retomba sur les lieux et le jeune homme releva la tête comme hébété. Il supplia.

- Ne leur faites pas de mal ...


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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Dim 21 Aoû - 13:57








L’homme qu’il soit humain ou Asarien peut endurer bien des tortures. Chacun puisse en lui une force qui lui vient de ses croyances, de ses idéaux et surtout de ce qui compte le plus pour lui : son entourage. Famille, Êtres chers, amis. Cette force déculpe l’endurance, mais elle est aussi, très souvent, une faiblesse exploitable par les autres. C’est pour cela qu’il existe les Prédateurs et les Proies

En laissant cette menace planer, le ministre Huyana avait subtilement compris où je voulais en venir et il ne se fit pas prier pour expliquer ses intentions au Docteur Williams. Chaque homme avait une femme cachée au plus profond de son âme. Comme chaque femme enfermait avec le plus grand secret, le prénom de l’homme qui la faisait frissonner, à l’abri, près de son cœur.  Je saluai les initiatives du PDG d'Aquanet Technologies pour lui faire comprendre qu’il pouvait prendre part aux séances de tortures. Son expérience et son professionnalisme venaient d’être écornés par un jeune prétentieux et un allié qui jouait au passe-muraille en un tour de main. Je ne pouvais pas refuser cela au ministre.

- Ne vous excusez pas Ministre Huyana, je comprends très bien ce qui vous motive.

Les Miliciens étaient arrivés à mon ordre, mais il restait une personne qui n’avait pas encore dit son dernier mot. J’aurai dû me douter d’Edouard Ravenwood n’en resterait pas là. J’avais appris tout au long de l’histoire d’Asaria, qu’il était parfois judicieux de faire croire à l’ennemi qu’il avait l’avantage pour mieux riposter. Pourtant, l’Archiviste n’acceptait pas de voir cette confrontation s’achever aussi vite. Du coin de l’œil, je le vis s’approcher du prisonnier et tandis que les gardes attendaient de pouvoir ramener le traître dans sa cellule, je me tournai vers l’Ancien. Édouard était un sorcier, un mystificateur aux dons extrêmement puissants et il en montra tout son talent sous nos yeux ébahis. Il venait de toucher le Scientifique et une marque s’était inscrite immédiatement dans la chair de l’Asarien. Je m’approchai pour mieux lire le mot qui disparut quelques secondes après. L’Ancien avait fait en sorte d’enfermer Aaron William dans une solitude qui allait au-delà de sa captivité. Si son allié, celui à l’origine de tout ce désastre, se pensait rusé, il allait devoir compter avec l’esprit machiavélique de l’Archiviste. Il écrivit ce même mot que j’avais entraperçu sur un morceau de papier qu’il remit aux deux Miliciens. Personne de l’extérieur ne pourrait communiquer avec le scientifique. Il serait livré à lui-même et il céderait encore plus vite à nos tortures.

Les deux hommes en uniformes me regardèrent en silence. J’acquiesçai d’un hochement de tête, leur donnant ainsi l’ordre muet d’accepter les consignes bien précises de l’Archiviste. Un des Miliciens passa les menottes au Docteur Williams quand Ravenwood ajouta de sa voix d’outre-tombe, un dernier avertissement. Il prononça un nom qui ne m’était pas familier et en réponse à ma question au sujet de Kantara … une sphère se créa au creux de sa main reflétant l’image d’une louve.

- Édouard, si une partie de chasse dans les terres sauvages vous attire, je vous en prie ! Faites-vous plaisir ! Ramenez la fourrure de cette louve !

Cette séance aurait dû prendre fin à ce moment-là, mais le scientifique avait des ressources cachées et terriblement puissantes. Cette envie de se battre jusqu’au bout le caractérisait même en sachant que tous ses proches allaient mourir comme lui. Les deux Miliciens voulurent le faire taire, mais je levai ma main pour les stopper dans leur démarche.

- Vous auriez dû faire théâtre Docteur Williams ! Quel beau dramaturge vous auriez fait ! Gardes ! Vous pouvez cette fois-ci le ramenez dans sa cellule. Envoyez un message au QG de la Milice et demandez-leur quand ils seront prêts pour accueillir le prisonnier.

- Mad … Madame La Grande Conseillère, regardez …

Je me tournai vers le prisonnier et si les Soldats furent surpris voir même effrayés par ce qu’ils voyaient, je restai de marbre devant la transformation des iris du jeune Asarien. Le blanc se changea en encre de nuit et ses pupilles devinrent aussi chatoyantes que l’or en fusion. Encore une fois, Aaron Williams me renvoyait au passé d’Asaria et à ses prémices. C’était tout simplement impossible … Les deux Miliciens sortirent leurs armes et je leur criai l’ordre de ne rien faire ! Une voix se fit entendre, mais ce n’était plus le scientifique qui se tenait devant nous … Une force plus puissante, plus obscure prenait vie en son sein.  Nous fumes tous médusés, moi la première … Et aussi vite que cette scène s’était déroulée devant nous, le scientifique revint à lui. Ce fut à mon tour de révéler ma puissance d’Ancienne. Mes iris devinrent aussi blanc que la glace dont j’étais maitresse.

- Qui que vous soyez Docteur Williams … Quelle que soit cette entité qui vient de parler à votre place … Je ne me laisse pas intimider aussi facilement ! Mettez-le dans sa cellule !

Lorsque la silhouette affaiblie sortit de la salle d’interrogation, j’observai les deux hommes qui avaient assisté, eux aussi, au même phénomène que moi.

- Ministre Huyana, je sais que votre priorité est tournée vers les nouveaux résultats des analyses d’Aquanet. Ce qui est tout à fait normal au vu de tout ce qui se passe ici. Si vous ne pouvez pas trouver le temps de fouiller dans l’entourage du Docteur Williams, peut-être que notre Archiviste sera tentée pa une traque d’une toute autre nature ? Qu’en pensez-vous ?  Je vous laisse en discuter … Prévenez-moi de vos avancées.




HRP : Merci Messieurs pour ce RP fort intéressant. Ici, sera ma dernière réponse Wink
Je vous laisse le soin, si vous le souhaitez, d'ajouter une réponse.




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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   Ven 9 Sep - 21:33

Comme j'aimais ces altérations d'émotions glissant dans les prunelles de mes victimes. Il suffisait d'un rien, d'un élément extérieur pour que tout s'effondre et que la plus solide des volontés ne s'étiole comme une fragile fleur sous les bourrasques du vent. Notre cher invité forcé n'échappait pas à la règle, et bien que se proclamant détaché du monde humain, j'avais joué l'un des nombreuses cartes en ma possession, la louve. Kantara, puisque tel était son nom était une louve d'un remarquable stature. Elle avait quelque chose de fier et protecteur dans sa façon d'être. Je l'avais constaté à maintes reprises lors de mes balades nocturnes en dehors des dômes. Oui, je suis de ceux qui aime à connaître les relations de mes jouets. Car après tout, rien ne nous dit qu'ils n'en deviendront pas un un jour, on se lasse tellement vite de ce que l'on a entre les mains maintenant. Et encore plus lorsque l'on a, comme moi, atteint la barre du siècle passé... Et désormais, Kantara était devenu ma nouvelle distraction, mon nouvel amusement. A la vue de cette petite sphère que je tenais dans la paume de la main, Alianke pu connaître la propriétaire d'un nom aussi particulier. Et ne tarda pas à me faire une offre que je ne pouvais pas refuser. Son invitation fit naître sur mon visage un sourire satisfait, comme celui d'un enfant à qui on aurait donner le plus merveilleux des cadeaux...

- Vous me connaissez si bien ma chère... Vous lisez en moi comme dans un livre ouvert...

Mais ce petit moment de fantaisie dont j'avais le secret laissa la place à un haussement de sourcils. On ne pouvait décidément pas quitter notre Aaron des yeux un seul instant sans qu'il ne cherche à faire son intéressant... Ce fût un torrent de bon sentiments et d'idéaux ridicules. L'amour transcendant la mort, un lien si fort qui ne saurait être anéantit. Mais il est des choses en ce monde capables de détruire ce lien, de faire en sorte qu'il n'a jamais existé. Seulement voilà, pour celui qui n'a pas su s'élever spirituellement l'Amour apparaître comme invisible et immortel. Monologue d'un rêveur si je puis me permettre. Ce jouet commençait sérieusement à m'ennuyer. Lui qui était pourtant si prometteur, s'en était décevant. L'amour et comme l'espoir, les armes du faibles pour justifier ses actes et se motiver à avancer dans cette existence triste qu'est la vie... Ce qui naît fini toujours pas disparaître, les émotions du monde physique reste dans le monde physique, le temps d'une brève existence, le temps d'une respiration...

Ce laïus terminé je pu sentir un changement dans ma marionnette désarticulée. Le voile blanchâtre qui s'était développé dans ses yeux vira à l'encre puis à un chatoiement pigmenter d'azur. C'était une vérité boîte de nuit dans les pupilles. Mais le plus intrigant fût sans conteste cette montée de pouvoir qui émanait de ce corps désormais à la merci de quelque chose de puissant, et j'ose le dire, de plus puissant de nous autres Anciens...
Pas de détours dans ces propos, pas de politesses, juste l'annonce du jugement. A cette annonce mon sang ne fît qu'un tour. Jamais auparavant je n'avais ressenti autant de plaisir et d'excitation. Mon air interrogateur et médusé face à ce spectacle se mua en un visage chargé d'un plaisir que je ne pouvais contrôler. Cette chose, quelle qu'elle puisse être était une énigme qu'il me fallait résoudre. D'où venait-elle? Qui était-elle? En plus d'un siècle d'existence jamais je n'avais entendu parlé d'une telle créature, moi qui pourtant était à l'origine des Archives de ce nouveau monde. C'était donc quelque chose qui allait au delà de notre compréhension? Ma curiosité naturelle bouillonnait et mon coeur aurait pu sortir de ma poitrine si mes cotes ne l'en empêchait... On sourire jubilatoire s'était lentement dessiné sur mon visage. On me m'est au défi. Très bien, j'accepte...

Mes prunelles azur prirent lentement une couleur noirâtre tourbillonnant sur elle-même, faisant disparaître toute trace d'yeux humain sur mon visage. Le néant, on pouvait apercevoir le vide absolu à l'intérieur de mes orbites, comme s'il s'agissait d'un portail vers une autre dimension perdue entre l'espace et le temps. Calme, sans la moindre émotion dans le timbre de ma voix si ce n'est une résonance d'outre-tombe, écho se répercutant à l'infini je m'adressais sans la moindre crainte pour cette fascinante créature...


- Alors je serai prêt...

Je connaissais mes péchés, je connaissais tous les crimes que j'avais commis. Ce monde n'était que pourriture et décomposition depuis bon nombres d'années maintenant. La cité avait perdu de sa superbe et n'était même plus l'ombre d'elle-même. Son air y était nauséabond, surement à cause de la fissure dans le dôme humain...Autant pour moi, sujet tabou...On efface...Je répète, on efface. Tout n'était que corruption dans la Cité. Alors dites moi? Pourquoi devrais-je tendre la main à ce monde qui n'était qu'éternelle déception et répétition des mêmes erreurs. Il n'apprend jamais, aussi devrait-il totalement disparaître...

C'est la fébrile voix du scientifique qui me fît sortir de ma transe. L'entité n'était plus, elle avait abandonné ce corps chétif fait de chair et de sang pour s'en aller je ne sais où...Lentement mes yeux reprirent une teinte plus "normale". Mais ce petite tours de passe-passe n'avait pas été au goût de tout le monde, Alianka en tête...Et elle le fît savoir à sa manière. A son tour ses pupilles se teintèrent une couleur de glace...Le club des pupilles levez la main s'il vous plaît...Allez Elijah, fais péter les pupilles toi aussi, pas de jaloux...Quoi? Je dérape? Pardonnez-moi...

Le prisonnier fût rapidement sorti de la pièce par les Miliciens cette fois-ci, nous laissant tous les trois dans un silence rapidement brisé par la voix de la Grande Conseillère. Elle voulait des réponses, elle voulait que cette affaire avance. Ce que femme veut, dieu le veut. Aussi fallait-il donner satisfaction à panthère des glaces. Souriant devant tant d'événements en si peu de temps, avec plus de nouvelles questions que de réponses. La vie valait parfois la peine d'être vécue on dirait...


- Une chasse en Terre Sauvage et une Chasse à l'homme. Vous m'offrez la belle et la bête Alianka, comment pourrais-je refuser...J'aurais quand même une requête à formuler. J'aimerais que l'on garde notre jeune humain en vie. Il semblerait que ce petit scientifique cache en lui un potentiel vraiment intéressant. Il serait dommage de le faire disparaître...

Si Aaron était une passerelle entre cette entité et notre monde, je ne pouvais me faire à l'idée que cette dernière soit détruite. Il fallait le garder en vie coûte que coûte dussé-je me mettre à dos le Gouvernement...

- Alors Monsieur Huyana? On remonte ses manches et on se met en chasse?

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MessageSujet: Re: (Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]   

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(Terminé) Une partie d'échec [Aaron Williams - Elijah Huyana - Edouard Ravenwood]
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