(Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement

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MessageSujet: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Jeu 12 Fév - 21:54

Ce RP se situe après:
 
 



Midi ~ Quelques jours après la découverte de la faille ~ à la terrasse d'un restaurant

"Je sais que vous avez un problème. Je peux vous aider. Rendez-vous à la fontaine centrale du dôme commercial ce soir 21h . Ne soyez pas en retard, je ne vous attendrai pas."

Ce petit mot glissé sous la tasse de café que venait de m'apporter la serveuse me laissait perplexe. Un problème ? Je n'avais pas un problème mais une foule de problèmes ces derniers temps. Auquel l'auteur de ce billet faisait-il référence ? Au fait que tout mon matériel informatique avait été saisi au Centre ? A l'interrogatoire auquel la Milice ne manquerait pas de me soumettre prochainement comme elle l'avait fait avec tout le personnel présent lors de l'évasion d'Héméra  ? Au fait que j'avais une horloge biologique à présent régie par les bio nanites du projet H.A.D.E.S, avec lesquelles je m'étais contaminé accidentellement et que cette horloge m'accordait moins d'un an avant de ne devenir qu'un corps froid et sans vie ? Où à la découverte que j'avais fait avec Sebastian, mon nouvel ami et pacificateur, et au sujet de laquelle je ne savais pas comment mettre les instances gouvernementales face à leurs responsabilités ?  Aucun indice ne m'aidait à y voir plus clair sur le contenu de ces quelques lignes griffonnées d'une main nerveuse. Je remuais machinalement mon café, le regard perdu dans le vague et c'est la voix de la serveuse attendant d'encaisser mon repas et le café, qui me tira de mes pensées qui avaient vagabondé vers Jessica et mes parents.

- Vous réglez en monétaire ou par carte, Monsieur ?


-  Pardon Madame. Carte... La voici! Est-ce que ... Est-ce que vous sauriez qui m'a transmis ce petit mot ?
Dis-je en agitant le petit papier.

La serveuse plissa les yeux et réfléchit:

- Hmmm, j'ai préparé votre café moi-même, mais il y avait beaucoup de monde au bar à ce moment-là. Je suis désolée, n'importe qui a pu glisser ce mot pendant que j'avais le dos tourné pour faire un autre café à un client.


- Ce n'est pas grave. Merci encore et désolé pour ma distraction.


L'après-midi m'avait paru longue, interminable et j'avais erré dans le centre commercial, ne pouvant retourner au Centre sans risquer de m'y faire interroger. Il fallait que je trouve un moyen d'alerter les ministres concernés par ce qui arrivait sous le dôme des bidonvilles. Mais comment ? Ce qui était certain c'est que je ne pouvais prendre le risque d'être inquiété au sujet de cette affaire de taupe an Centre de Recherche avant d'avoir tenté d'alerter les quelques rares consciences qui officiaient au Gouvernement. Il devait bien y avoir quelques Asariens au pouvoir qui étaient plus intelligents ou humains que les autres. Je ne pouvais donc plus retourner sur mon lieu de travail et pas plus chez mes parents que je voulais tenir éloignés d'éventuelles représailles. J'avais cette illusion un peu naïve qu'en me coupant d'eux, je les préservais des risques que je prenais. Pour les mêmes raisons, j'avais espacé mes visites à Jessica, malgré nos aveux et la naissance de notre relation. Malgré l'évidence que la louve ne pourrait ignorer le moindre de mes déplacements et les situations dans lesquelles je me trouverai. Je lui avais partiellement expliqué que j'étais engagé dans un combat qui pourrait me tenir éloigné d'elle. Elle avait deviné, je pense, la nature de cet engagement et je n'avais rien dit pour la détromper. Une forme d'aveu implicite qui ne risquait pas de la mettre en danger si elle était interrogée. Elle ne pourrait avouer ce que je n'avais pas dit.  

Mais cela ne la préservait pas de ressentir mes déconvenues et le danger qui m'entourait. J'en étais profondément perturbé et culpabilisé, bien que conscient que c'était là le revers du merveilleux don que nous partagions. J'espérais juste qu'il ne conduirait pas la femme que j'aimais à prendre des risques inconsidérés et à se compromettre pour me secourir. Je m'étais installé à l'hôtel depuis la nuit où Sebastian et moi avions fait notre sinistre découverte. Retourner au Phoenix n'était même pas envisageable. Si j'étais suspecté, j'étais certainement filé. La nouvelle de la saisie effective de mon ordinateur professionnel personnel était tombée ce matin, annoncée par un appel d'Amaria sur mon portable personnel. Jusqu'à présent, les expertises des informaticiens s'étaient focalisées sur les bécanes de calcul scientifique, les ordinateurs centraux dans lesquels nous stockions la liste des visiteurs, les clients, les commandes, la gestion des stocks, les dossiers de toutes les innovations technologiques déjà éprouvées et sur le marché. On avait épargné, jusque là, les ordinateurs personnels des directeurs de recherches, ceux qu'ils vouaient aux recherches en cours. Mais ce matin tous avaient été confisqués malgré les protestations des scientifiques arguant que cela allait porter un coup d'arrêt à tous les travaux entrepris. Amaria était de passage dans les locaux à ce moment là et elle n'avait rien pu empêcher. Je craignais que ma ligne téléphonique fût sur écoute, aussi n'avais-je pas pu répondre précisément à ses questions au sujet du fait que j'avais "littéralement disparu de la circulation" et que "tout le monde s'inquiétait pour moi". J'étais resté évasif, disant que j'étais épuisé et que j'avais besoin de vacances, de prendre un peu de recul. J'avais eu envie de lui dire qu'un disque dur externe caché par mes soins dans un conduit d'aération du Centre les attendait sagement et qu'ils devaient le récupérer pour poursuivre mon travail mais ma formation d'espion me l'interdisait. Si nous étions sur écoute, c'était trop risqué.

Je commençais à mesurer le prix à payer. Une vie de solitude, coupé de la femme que j'aimais, de ma famille, de mes amis, de mon travail qui me passionnait. Je deviendrais bientôt un fantôme, un non citoyen d'Asaria... Les heures que je ne voyais d'habitude pas filer, s'étiraient quand elles étaient vides de sens. J'avais beau tenter de réfléchir et de mettre sur pied des plans pour arriver jusqu'au lieu où se réunissait le Gouvernement, la Salle du Grand Conseil, je ne voyais pas comment, sans être stoppé par les gardes. Aucune chance qu'un loup s'introduise dans la Tour sans être immédiatement abattu et quand bien même j'aurais pu passer par les conduits de ventilation, je me voyais mal me présenter à poil devant les ministres. Ma crédibilité serait absolument nulle et je me retrouverais interné pour exhibitionnisme. Cela ne m'aurait pas arrêté si au moins j'étais certain d'avoir une chance d'être écouté. Si c'était le seul plan possible, j'y viendrais en dernier recours.





21 heures ~ au bord de la Fontaine des Fondateurs


Les neuf coups de 21 heures avaient sonné à la Tour de la Wright Corporation, nouvelle église d'un monde vénérant le profit et le pouvoir. J'étais assis sur la margelle de la fontaine, fixant le jeu des lumières colorées des buildings se mirant dans l'eau constellée par les retombées du jet d'eau.

- Bonsoir Aaron ! Vous êtes ponctuel ! Un vrai scientifique !

Je connaissais cette voix. Je me retournai. Dylan Anders me faisait face, souriant, comme si rien n'était jamais arrivé.


J'eus du mal à garder un visage impassible, bien que je sus que c'était la seule attitude sensée à avoir au cas où je serais suivi.
- Dylan, qu'est ce que vous faites là ? Vous êtes inconscient ? Savez-vous que la moitié d'Asaria est à votre recherche ?  Et vous vous baladez en plein centre ville comme si de rien n'était. Vous n'êtes pas au courant ? Le Centre de Recherches est devenu un vrai bunker, tout le matériel informatique est ...

- Je suis parfaitement au courant de tout cela. Je l'étais bien avant vous... Ne vous souciez pas de moi. C'est vous qui avez besoin d'aide ...


- Bon sang, mais qui êtes-vous ? Vous n'êtes pas ce gentil père de famille que vous vous ingéniez à camper depuis des années pour Léana et Audrey, n'est ce pas ?

- Si je vous le disais vous ne me croiriez pas. Et puis, vous êtes assez en danger comme ça, ne pensez-vous pas ?

Je saisis son bras et accentuai ma pression dessus.

- Vous avez pensé à elles ? Ce qu'elles endurent en ignorant ce que vous êtes devenu ? Les avez-vous seulement aimées ?

Il se dégagea doucement.

- Lâchez-moi, vous allez attirer l'attention sur nous. J'y pense tous les soirs en m'endormant et tous les matins en me réveillant. La journée je suis trop occupé pour ça. Je les aime, sincèrement.


- Pourquoi alors ?

- Vous apprendrez bientôt qu'on doit se défaire de ce qu'on aime pour le sauver... Écoutez bien, maintenant, nous avons peu de temps. J'ai hacké le système de sécurité de la Tour Gouvernementale. Vous êtes désormais dans leur base de données , inscrit sous le nom de James Vickers. Votre empreinte digitale et votre scan oculaire ont été répertoriés. Voici votre photo dossier. Je l'ai modifiée par infographie, d'après une que possédait Leana. Arrangez-vous pour ressembler à ça. Un conseil, coupez vos cheveux.

Conclut-il en me passant une carte d'accréditation totalement fausse.

Spoiler:
 



- Vous plaisantez, je suppose ? J'y tiens à mes cheveux !

Il gronda entre ses dents, mâchoires contractées

- Pfff! Merdeux de playboy de mes deux, enfant de bourgeois va! Révolutionnaire de pacotille! Vous savez combien de fois j'ai dû changer de visage ? Foutez-vous une perruque, je sais pas, moi !


- Oui, je ferai plutôt ça!

- Essayez d'être crédible...


- Pourquoi faites-vous ça ? Je veux dire, pourquoi m'aider ? De quel côté êtes-vous ?

De profil, je vis un sourire étrange se dessiner sur ce visage que j'avais toujours trouvé anodin et qui me paraissait à présent tellement énigmatique.

- Je croyais que votre bande de copains n'était justement d'aucun côté!  On est obligé de choisir ? Pour vous la vie se résume à ça ?


- Bien sûr que non. Mais un homme doit quand même s'engager, prendre position ...

- Alors, je ne suis pas un homme ... Peut-être juste un justicier en goguette ... Si vous avez l'occasion de les croiser, ce dont je doute, embrassez Leana et Audrey pour moi, mais sans leur dire ...

Il s'était redressé et s'éloignait déjà. Il se retourna  et revint vers moi.

- Au fait, vous avez conscience que si vous utilisez ce pass, vous mettez le doigt dans un engrenage ? Vous ne pourrez plus faire marche arrière. Si vous êtes arrêté sous l'identité de Vickers, c'en est fini de votre identité actuelle. Et si vous êtes recherché pour autre chose sous votre véritable nom, cette identité pourrait vous être utile. Pourquoi ne pas la garder comme une roue de secours, pour vous ? Qu'est-ce que vous en avez à faire des habitants des bidonvilles ? Vous avez de la famille là bas ?

- Non, mais j'ai une conscience, tout simplement ... Et comment savez-vous pour les bidonvilles ? Comment saviez-vous que j'avais l'intention de m'introduire dans ...


Il leva la main pour m'interrompre.

- Attention! Vos émotions vous font baisser votre garde mon cher ! Ne jamais révéler ses intentions à quiconque ! Vous avez déjà pêché au vif ? Non, plutôt chasseur hein, pas vrai ? On balance une partie de l'info pour que l'autre confirme et complète. Qui vous dit que je ne suis pas un pote de Van Brënner ?  Révisez votre manuel du parfait petit espion. Asaria a des yeux et des oreilles ...
Ajouta-t-il en m'adressant un clin d’œil.

Je pris conscience qu'il avait toujours murmuré, tourné le dos à la façade d'immeuble et que les caméras situées sur celles de l'autre côté de la fontaine n'auraient qu'une image très floue de son visage, masquée par la myriade de gouttelettes d'eau en suspension. Il avait également gardé la tête baissée tout le long de notre rencontre. Moi-même j'avais eu du mal à distinguer clairement son visage et à le reconnaître, légèrement plus vieux et portant barbe et moustache. Ce type était un pro, bien plus que je ne le serais jamais, quel que fût la personne ou l'organisation pour laquelle il travaillait...




Quelques jours plus tard ~ Jour de la session extraordinaire du Grand Conseil ~ Ordre du jour : La Sécurité des Habitants des Dömes

Je m'avançai jusqu'à l'accueil arborant une assurance que j'étais loin de posséder en mon fors intérieur. J'avais chaud sous cette perruque dont j'avais l'impression qu'elle me donnait l'air d'un hydrocéphale avec une coupe en brosse. Je présentai ma fameuse carte assortie à mon air martial. L'hôtesse, au demeurant charmante, m'indiqua aimablement un portique et consulta l'horloge numérique située dans son dos.

- La session a déjà commencé...

- Je sais, mais les informations que j'ai à communiquer aux Conseillers et Ministres sont nécessaires pour éclairer les débats et donc très attendues.


- J'imagine qu'ils ne vous tiendront pas rigueur de les interrompre si vous avez des informations urgentes et attendues en votre possession.


- J'imagine que vous n'êtes pas payée pour évaluer l'étendue de mes prérogatives pour interrompre un Conseil des Ministres, mademoiselle.
Répliquai-je sèchement en maudissant intérieurement le salaud que je jouais.

- Bien entendu Major Vickers. Je vous souhaite une bonne journée,
répondit-elle, un sourire crispé aux lèvres.

Je me dirigeai vers le portique où un milicien, après le salut de rigueur, prit ma carte pour la passer dans un lecteur. Un premier sas s'ouvrit et il m'escorta jusqu'à une porte munie d'un lecteur digital. Je plaçai mes cinq doigts dessus et la porte coulissa. Je la franchis seul avant qu'elle ne se referme automatiquement. Un autre militaire, plus gradé, se leva de derrière son bureau pour venir à ma rencontre et se mit au garde à vous.

- Major Vickers!

Je fixai d'un air faussement distrait les galons qui ornaient son bras gauche.

- Repos ... Lieutenant !


J'avais eu chaud. Heureusement que je n'avais pas oublié les grades appris durant ma semaine de service de réserve il y avait déjà quelques années...

- Vous êtes nouveau ici, je n'ai jamais eu l'honneur de vous escorter ...

Je haussai un sourcil, l'air dégagé alors qu'il m'accompagnait jusqu' à l'ascenseur.

- En effet, je suis rattaché au bataillon d'infanterie dédié à la sécurité du Dôme populaire.


- Aaah, sale affectation ...


- Détrompez-vous, c'est une promotion. Je suis ingénieur de formation. Ma mission est de  travailler à l'optimisation du recyclage des déchets, déchets au sens large, pour produire de l'énergie.

Un silence pesant s'installa durant l'ascension.

- Veuillez me pardonner si je vous ai offensé Major.


- Vous êtes tout pardonné, Lieutenant. Vous qui vivez ici dans un confort permanent, avez du mal à imaginer qu'il provient bien de quelque part. Et peut-être aussi avez-vous perdu de vue que les humains font une très bonne source d'énergie, pas seulement comme force de travail, mais aussi comme combustible ... C'est un aspect que le Général Van Brënner se ferait un plaisir de vous rappeler.


Je le vis blêmir. Je m’écœurais moi-même d'avoir tant d'inventivité dans l'horreur, et les paroles d'Anders "une fois que vous aurez mis le doigt dans cet engrenage, vous ne pourrez plus reculer" résonnèrent dans mon esprit. Je présentai mon regard à hauteur du scanner oculaire et la double porte s'ouvrit. Je me trouvais à présent dans le saint des saints, un hémicycle dans lequel siégeaient tous les ministres et conseillers, faisant face à une tribune où chacun devait s'exprimer si nécessaire. Au centre de l'Hémicycle se trouvait le bureau d'Alianka de Nephthys  et juste derrière le pupitre du Ministre de la Sécurité ... vide. La pression n'en demeurait pas moins insupportable avec tous ces yeux braqués sur moi et particulièrement celui de la Grande Conseillère qui me toisait du haut de son arrogance. J'avais beau n'avoir que haine et mépris pour cette femme, mon sang se glaça et je ne pus m'empêcher de frissonner. On l'appelait la Panthère de Glace. Je savais désormais pourquoi.

- Je prie le Grand Conseil de bien vouloir me pardonner cette interruption rendue nécessaire par une urgence de la plus extrême gravité. Je suis le Major James Vickers, sous les ordres du service d'investigation de la Sécurité des Dômes. Il se trouve que j'ai des éléments de la plus haute importance à vous communiquer et je requiers le droit d'exposer ces éléments devant le Grand Conseil puisque l'ordre du jour est précisément "l'amélioration de la sécurité des résidents des Dômes"


Dernière édition par Aaron Williams le Dim 12 Avr - 20:22, édité 1 fois
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Dim 15 Fév - 15:18

♦ Jour de la session extraordinaire du Grand Conseil ~ Ordre du jour : « La Sécurité des Habitants des Dômes »

Ma limousine s’arrêta devant l’entrée principale de la tour gouvernementale. Je venais d’assister secrètement et par le biais d’un miroir sans tain à la réunion qu’avait donné le ministre Tomas Van Brënner dans les bureaux de la Milice au sujet d’un énorme projet sur lequel il travaillait depuis de nombreuses semaines. Il m’a invitée à observer et si je l’avais désiré, à prendre part. Mais j’étais restée dans l’ombre. Cette œuvre était la sienne. J’en avais été la première informée et je lui avais apporté mon aide et mon soutien. Je n’avais donc aucun droit d’intervenir dans cette réunion.  Il avait galvanisé son public comme il savait toujours le faire quand une idée lui tenait à cœur tout comme il avait écouté ses soldats, formulé leurs forces, et exalté leurs loyautés. Chaque étape de son plan était parfaitement rôdé, au millimètre près. Il avait pensé à tout, aussi bien aux failles qu’aux représailles des ennemis. Tout avait été invoqué et il avait composé des équipes suivant les capacités des uns et des autres. L’heure avait tourné à la vitesse de l’éclair et j’avais dû m’éclipser sans le féliciter comme il se devait. Je me rattraperai ce soir quand enfin les tensions nerveuses seraient retombées et qu’on pourrait savourer un moment en tête à tête, rien que nous deux.

Mon chauffeur ouvrit ma portière et me présenta sa main pour m’aider à descendre de la voiture. J’avais encore moi aussi des devoirs et des obligations envers la cité d’Asaria. Dans quelques minutes une session extraordinaire du Grand Conseil allait avoir lieu. Tous les ministres et les Conseillers avaient été assignés à se présenter à cette réunion. Le ministre Elijah Huyana ne tarderait pas lui non plus à me rejoindre. Je l’avais vu discuter une dernière fois avec Tomas, peut-être pour finaliser des points supplémentaires de cette grande organisation. Le bruit de mes talons aiguilles frappait rigoureusement le sol lumineux, passant devant le comptoir des hôtesses d’accueil ainsi que des soldats qui assuraient la sécurité et les saluant d’un bref hochement de tête. J’étais une femme de pouvoir, froide, implacable, mais je savais aussi maintenir une certaine politesse avec mon personnel. Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent à mon appel et je m’engouffrai à l’intérieur, direction le dernier étage de cette immense fortification qui était le cœur même du pouvoir de la cité de verre.

Quelques secondes après, le « ding » familier m’avertit que j’avais atteint l’étage souhaité et l’ascenseur s’ouvrit de nouveau sur un couloir en pleine effervescence. Ici tout le monde travaillait dans un professionnalisme que je voulais à son maximum : assistants, secrétaires, les Conseillers et même les ministres, car certains possédaient leur bureau à cet étage auprès du mien. Mon assistante personnelle et femme de confiance depuis de très nombreuses années, s’approche de moi :

- Madame la Grande Conseillère, la réunion dans les locaux de la Milice s’est-elle  bien passée ? La salle de réunion est prête pour recevoir les ministres et les conseillers comme vous me l’avez demandé.

- Oui Marissa, elle s’est déroulée à la perfection. C’est parfait. Ils ne vont plus tarder.

Elle me suivit jusqu’aux portes de mon bureau personnel que je rejoignis avant de me rendre dans l’immense salle de réunion. Je posai mon manteau, remettant un peu d’ordre dans mon tailleur-jupe blanc, dans ma coiffure et dans mon maquillage. Le blanc nacré de mon chemisier faisait ressortir le bleu glacial de mes prunelles et le rouge sang de mes lèvres.

- Madame, votre dossier est prêt. J’ai aussi distribué à chaque place une feuille des directives et du déroulement de la réunion. Les boissons sont prêtes aussi.

- Et bien Marissa, je pense qu’il est temps d’aller rejoindre la salle de réunion pour attendre et recevoir les ministres et les conseillers.

M’accompagnant toujours, je repris le chemin du long couloir décoré d’une moquette d’un marron chaleureux et serein à la fois. Les couleurs n’étaient pas agressives et elles se voulaient apaisantes et réconfortantes. La tension pouvait s’accumuler au fil des heures dans ces bureaux et il était préférable d’avoir un milieu de travail paisible. Je poussai les grandes portes de la salle qui était encore vide de toute présence. Face à moi et tout au fond, mon bureau et tout autour de moi, positionnés en hémicycle, les sièges des membres.

- Marissa voulez-vous distribuer un verre et une carafe d’eau à tout le monde.

Elle s’exécuta  tandis que petit à petit tous les ministres arrivaient. J’échangeai un mot avec  chacun d’eux, les accueillant comme je le faisais pour toutes les réunions. Au fur et à mesure, les membres du gouvernement prirent place à leur siège respectif. Tout se déroula très rapidement et dans une ambiance presque ordonnée. Une fois tout le monde présent, je fis signe à mon assistante de fermer les portes avec comme ordre principal de ne pas nous déranger sauf en cas d’urgence visant la population ou la cité elle-même. Marissa resterait dans la salle car c’était elle qui s’occupait de prendre des notes sur le déroulement de la réunion et d’envoyer après, des copies à chaque représentant.

- Je vous remercie d’être venu et d’avoir répondu présent. Je ne vais pas vous faire attendre encore plus. Nos planning sont tous très chargés. Nous pouvons débuter la séance. L’ordre du jour étant « La Sécurité des Habitants des Dômes ».

Je m’installai à mon bureau présidant cette assemblée. Chacun disposait entre leur main les différents points que j’allai aborder dans cette réunion. Toutes les opinions, les avis et les réflexions seraient les bienvenues.

- Le premier point a abordé sera le …

Soudain, les portes s’ouvrirent.  Tout le monde se retourna au même instant, détaillant l’homme qui se présentait à nous. Mon assistante Marissa, affolée, me regardait d’un air surpris. Habituellement c’était un agent du personnel administratif qui  venait me rendre compte de l’urgence. Mais là, devant moi, ce n’était pas un secrétaire ou un assistant. Après un brouhaha de rigueur, le silence revint et nous écoutâmes les informations de ce militaire. Je me redressai de mon siège, observant mon interlocuteur de mon bureau. Ma voix, alors, résonna dans la salle, impérieuse et féline.

- Major Vickers, je n’ai pas à vous rappeler que vous venez d’interrompre une session importante du Grand Conseil. J’espère pour vous que vos informations sont à la hauteur de l’urgence que vous énoncez. Le service d'investigation de la Sécurité des Dômes est sous la responsabilité du ministre Van Brënner, absent de cette réunion comme vous pouvez le voir. Néanmoins, nous sommes là pour vous écouter et juger de l’importance de vos propos. Avancez-vous et veuillez refermer les portes.




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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Jeu 26 Fév - 15:45

Le ministre Huyana avait salué le général Van Brënner et toutes les personnes qui avaient été présentes lors de la réunion dans les locaux de la Milice avant de s’éclipser une fois que toutes les données et les missions ainsi que les rôles de chacun avaient été distribués. Une dernière fois chacun avait appuyé les plans du général et ils avaient loué allégeance à la grandeur d’Asaria en la servant avec honneur et fidélité. L’Ancien au sang d’amérindiens avait déjà averti le ministre de la sécurité par message qu’il lui avait fait transmettre par sa secrétaire personnelle sur sa participation à ce grand projet ainsi que son départ qui serait précipité vers la fin pour ne pas faillir à ses fonctions de ministre lors de la réunion du Grand Conseil qui se tiendrait juste après celle-ci. Lorsqu’il sortit du bâtiment militaire, sa limousine et son chauffeur l’attendait devant l’entrée. Il n’était pas en retard d’après l’heure qu’affichait sa montre, mais il n’aimait pas arriver dans les derniers.  C’était toujours plus intéressant pour lui d’échanger quelques mots avec la Grande Conseillère et les autres ministres avant que chacun ne rejoigne sa place et que la panthère de glace ouvre la séance de sa voix sensuelle et autoritaire.

Une fois installé à l’intérieur de son véhicule qui roulait vers la tour gouvernementale, il ouvrit sa mallette dans laquelle il avait rangé soigneusement ses notes pour cette session extraordinaire dont l’ordre du jour était axé sur la sécurité dans les bidonvilles. Ce dôme abritait les quartiers miséreux ainsi que le marché aux esclaves et les installations de la Milice. Un secteur divis clairement en deux et peut-être le moment était venu de modifier cette disposition. Elijah allait vite savoir où Alianka de Nephthys voulait en venir avec ce symposium et quelles seraient ses idées. Avait-elle participé d’une façon non officielle à la réunion de Van Brënner ? Il était son bras droit et tous les deux étaient en accord parfait sur les divers actes qui faisaient évoluer la cité. Etait-elle tapie quelque part en prenant grand soin de s’effacer devant l’effervescence de son ministre de la sécurité ? Le PDG  d'Aquanet Technologies se mit à sourire à l’évocation de cette pensée. Cette femme était un mystère dotée d’une aura puissante et dangereuse et elle était capable de tout, cela ne faisait aucun doute pour lui.

La traversée d’Asaria fut sans encombre et son chauffeur l’avertit de l’approche imminente de sa destination. Elijah replaça son dossier dans son attaché-case et le referma tranquillement. Lorsque la limousine ralentit et s’arrêta complètement, son chauffeur lui ouvrit la portière et l’aida à prendre la house de son costume. Le Longue-Vie était toujours en tenue miliaire, mais il ne comptait pas se présenter ainsi devant sa supérieure ni devant les autres membres du gouvernement. Il entra  dans la tour d’un pas perçant et rapide  et il se dirigea vers les ascenseurs. Le personnel qui passait par là fut intrigué par sa tenue, mais cela ne le gênait pas. Le ministre opta pour l’étage où se situait la réunion du Grand Conseil et une fois parvenu au niveau demandé, il se dirigea dans les toilettes privées du personnel sous les yeux ébahies des secrétaires et autres assistantes qu’il salua d’un sourire ravageur. Il ferma la porte principale pour ne pas être dérangé par les allées et les venues et commença à retirer ses rangers puis ses vêtements militaires. Il enfila sa chemise, son pantalon de costume fait sur mesure, sa cravate et ses chaussures  et rangea sa tenue de terrain dans la house vide. L’Ancien se passa la main dans les cheveux pour tenter de dompter sa crinière noire et ajusta sa veste pour retirer tous les plis. Une fois satisfait de son reflet et il ressortit des toilettes et demanda à l’une des secrétaires de bien vouloir lui garder ses affaires durant sa réunion. Une dernière vérification à sa cravate  et il prit la direction de la salle de réunion découvrant la Grande Conseillère qui donnait les dernières instructions à Marissa. « Madame la Grande Conseillère, charmé de vous voir comme toujours »

Il avança et déposa un baise-main sur la peau délicate de l’Ancienne aux yeux de glace et salua l’assistante personnelle qui était toujours présente lors des réunions. Elijah prit place dans l’hémicycle qui était présidé par le bureau de la Grande Conseillère. Les autres membres arrivèrent les uns après les autres et la séance put alors commencer. Il commença à consulter le dossier qui leur avait été adjoint à chacun, mais il n’eut guère le temps de lire les différents points qu’un militaire se présenta à eux apportant avec lui le mécontentement de l’assemblée. Tout le monde avait écouté les informations du Major et Alianka avait pris la parole. Il se leva de son siège, il ne pouvait supporter un tel désordre. «  Major Vickers, vos supérieurs ne vous ont jamais appris le respect de la hiérarchie ? Comme vient de le dire la Grande Conseillère, nous allons vous écouter, mais un rapport sera envoyé au ministre de la Sécurité et à votre Colonel.»
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Kylian E. Wright*
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Jeu 5 Mar - 19:15

Une session extraordinaire au sujet de la sécurité des habitants, en voilà un sujet prometteur, m’attendant surement à bien des surprises. Je ne rate jamais une réunion du Grand Conseil, ni à une réunion avec Alianka d’ailleurs, mais j’avoue que l’intitulé arrive à éveiller mon intérêt personnel, me demandant donc les liens que cela pourrait avoir avec la discussion que j’ai eut en tête à tête avec la Grande Conseillère. Donc le jour dit je retrouve mon autre moi, lui indiquant que je me rends à la Session extraordinaire tout en lui demandant de s’occuper du laboratoire de recherches, pour qu’il puisse se pencher sur une œuvre importante que j’ai laissé pour le moment en pause pour me concentrer sur les tâches primordiales pour Asaria. Comme à mon habitude je me rends à la grande tour du gouvernement en avance, toujours vêtu d’une tenue stricte, rigoureuse, d’une couleur sombre presque mortuaire. C’est d’un pas dur que je fais mon entré, prenant l’ascenseur pour monter à jusqu’à l’étage où se trouve la salle de réunion, restant silencieux tel un mort, profitant du calme pour réfléchir aux projets en cours, pour assembler dans mon esprit différentes idées à mettre en place. J’aime le climat de ces lieux, ce professionnalisme envahissant chaque bureau, ce parfum de propreté montrant un entretien rigoureux pour offrir une apparence digne de nos valeurs morales. Mon seul regret est que tout Asaria n’est point ainsi, si impeccables, si discipliné et ordonné. Je crois qu’une part de moi rêve d’un mon en blanc, noir et gris, ou tout est parfaitement géométrique, lisse et calculé, un monde certes sans originalité mais totalement sous contrôle et ne laisserait transparaitre aucune émotion.

Arrivant à la salle de la Réunion, je peux constater la présence de la Grande Conseillère et du Ministre Huyana, un homme de pouvoir assez intéressant, un homme dont le nom a été souillé par sa progéniture. Je sais que ce Longue Vie est un atout pour la ville car vu le déshonneur qu’a été son héritière, il saura se tenir droit et montrer l’exemple, montrer que la déviance de l’Asarienne n’est point un trait venant de son sang. Mais ne nous attardons point sur ces détails, mon regard se porte sur Alianka, toujours aussi impressionnante, charismatique, une femme dont la présence impose directement le respect, une personne dont la grandeur ne devrait jamais être souillée par les infidèles qui osent se rebeller ou combattre notre pouvoir absolu. Un jour, à force d’être de tels déchets, les humains connaitront ce qu’ils méritent, l’extermination. D’un geste de la tête des plus respectueux je salue mon amie la Grande Conseillère, puis jette un regard vers Huyana.

« Mes salutations Grande Conseillère, Monsieur le Ministre. »

Une voix monocorde, ne dévoilant presque rien de ma personne avant que j’aille m’installer à la place que je prends habituellement, me posant d’un mouvement lent, presque mécanique, un regard serein, neutre, les expressions de mon visage aussi développé que chez un être en raideur cadavérique. Certaines rumeurs me traitent comme une machine, un robot sans cœur, un être sans vie, il faut dire que je ne fais rien pour contrer ces ragots, me montrant toujours aussi vide et froid tant que cela ne me touche pas personnellement, que cela ne me concerne pas particulièrement. Seuls certaines rares personnes peuvent voir mon vrai visage sans ce masque, et uniquement dans l’intimité la plus stricte. Je reste presque sans bouger le temps que les autres Ministres arrivent et prennent place, ne saluant que ceux s’adressant à moi, attendant simplement que cela commence, un début annoncé par la fermeture des portes de la salle et les premières paroles d’Alianka. Sauf que voilà, une intrusion des plus irrespectueuse se fit, Vickers fit son entrée précipitamment, venant couper la réunion sans la moindre honte. L’entendre à haute voix demander une autorisation alors qu’il a fait, à mon gout, une telle erreur en entrant de la sorte, manquant cruellement de respect à chacun d’entre nous, c’est d’un culoté des plus violents. J’avoue ma mâchoire se crispe, détestant ce genre de comportement, ne supportant pas l’anarchie, surtout en ces lieux. Je ne dis rien, laissant parler la Grande Conseillère que je trouve réellement très tolérante sur le moment. Jamais un employé oserait agir ainsi chez moi, sauf si réellement ce serait « le cas » urgent, mais le ferait avec plus de finesse et de tact de peur d’en subir les conséquences. Point besoin que je prenne la parole en cet instant, le Ministre Huyana a complété ce que tous pensent, avec encore beaucoup de retenue à mon gout. En attendant que ce Soldat prenne parle, en espérant pour lui que c’est réellement important, je prends le verre d’eau pour boire une longue gorgée, le redéposant avant de placer mes coudes sur la table, joignant mes mains.
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Jake Brennan*
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Jeu 12 Mar - 11:44

Voilà plusieurs jours maintenant que j’avais reçu une convocation pour une réunion au plus haut degré dans la hiérarchie d’Asaria, tous les ministres ainsi que la grande conseillère allaient se réunir afin de discuter sur certains éléments de la cité dont le principal sujet de discussion serait « La sécurité des Habitants des Dômes ». Il allait y avoir du beau monde à cette réception et ça allait me permettre de redécouvrir des têtes que je n’avais pas croisées depuis bien fort longtemps. La veille que cette grande journée, j’avais spécialement demandé à ma secrétaire de ne pas du tout me déranger afin que je puisse me concentrer sur les différents dossiers à aborder durant cette réunion, même si je n’étais que le ministre de l’environnement, je me devais d’être disponible pour exprimer mes idées et mes conseils sur les différents points qui allaient être abordés durant cette assemblée. Je me devais d’être préparé pour ce conseil, mon image était en jeu mais c’est surtout en respect pour la grande conseillère Alianka de Nephthys qui nous avait réuni pour cet instant. J’avais spécialement demandé à ma secrétaire d’emmener l’un de mes costumes au pressing afin qu’il soit impeccable aux yeux de tous.  Documents insérés dans ma serviette de travail, costume prêt je pouvais enfin m’endormir tranquillement dans mon lit alors que mon esclave dormait paisiblement dans la pièce d’à côté.

Le jour se lève sur Asaria, l’horloge des dômes était impeccablement réglée, une rude journée se présentait face à moi mais j’étais préparé pour l’affronter à bras levés. La voiture avec mon chauffeur personnel m’attendait sagement devant ma villa, prête à m’emmener au siège du gouvernement. Mon esclave était aux petits oignons avec moi ce matin, sachant ce que j’allais vivre aujourd’hui. Bien sûr ce n’était pas la première réunion que je faisais depuis que j’occupais ce poste, mais elle était toutes plus importante les unes que les autres alors je ne devais pas décevoir qui que ce soit, en commençant par ne pas être en retard… c’est une mauvaise habitude chez moi de l’être et la grande conseillère me l’avait déjà fait remarqué par le passé, donc aujourd’hui il fallait que je sois présent parmi les premiers à entrer dans la salle. Costume sur le dos, serviette sous le bras, je me dirigeais donc vers mon véhicule, où le chauffeur, m’ayant vu sortir de ma demeure, avait déjà ouvert la porte arrière de la berline.  

« Bonjour Monsieur » dit-il d’une voix timide et discrète.  Je lui répondis par un hochement de tête tout en m’installant sur ma banquette en cuir travaillé. Il referma la porte derrière et prit place au volant sans demander quoique ce soit. Il savait parfaitement que je n’étais pas du genre à faire des ronds de jambes, il savait que je ne parlais guère avec mon personnel. Dire n’importe quoi ne m’intéressais pas du tout, le seul moment où je leur parlais c’était pour les engueuler, mon caractère était ainsi et en aucun cas j’allais changer, surtout envers mes employés. La voiture démarra doucement et prit de la vitesse petit à petit alors que moi je continuais de regarder le dossier de la réunion en buvant un whisky que j’avais pris dans le minibar à l’arrière du véhicule. Concentré je voyais du coin de l’œil la tour gouvernementale se dresser entrer les immeubles au fur et à mesure que nous roulions jusqu’au moment où l’on arriva au pied de l’édifice.  Sam, mon chauffeur,  ouvra la porte pour que je puisse descendre. Une fois cela fait, il emmena le véhicule au parking privé sans dire un seul mot. J’entrepris ma marche jusqu’à la salle de réunion. Croisant chaque personnel employé au gouvernement et pour la sécurité de ses ministres. D’ailleurs elle avait été sérieusement augmenté au vu de ce rassemblement, après tous les plus hautes autorités d’Asaria étaient réuni en un seul lieu, alors le bâtiment se devait d’être sécurisé au maximum, ne serait-ce que pour la conseillère.

Je montais donc dans l’ascenseur qui m’emmena directement au dernier étage de la tour. J’avais un œil fixé sur ma montre à mon poignet et j’étais en avance, c’était parfait. Le Bip de l’étage résonna dans mes oreilles annonçant ainsi mon arrivé. Je ne devais pas être le premier arrivé, il était certain qu’Alianka était déjà sur place avec  son assistante personnelle. Je zigzaguais entre les différentes personnes qui couraient dans tous les sens dans le couloir, travaillant d’arrache-pied pour le bien d’Asaria. C’est alors que j’arrivais devant la salle, ma main sur la poignée de porte, je fis mon entré dans la gigantesque salle de réunion où se trouvait déjà quelques personnalité. Mon regard se fixa sur la grande conseillère, puis sur les ministres qui se trouvaient confortablement installé dans leurs fauteuils. Avant de parler à ces derniers, je me devais de saluer la maitresse de ces lieux. Mes yeux fixé aux siens, je m’avançais donc vers elle et lui tendis la main pour la lui serrer.

« Madame la Grande Conseillère, c’est un plaisir de vous retrouver. » dis-je d’une voix virile et sincère. Je détournais donc mon regard pour aller m’installer à ma place qui m’était désignée pour finalement saluer les personnes qui seraient présentent à mes côtés aussi pour cette réunion.

« Messieurs les Ministres, c’est un plaisir de vous revoir aussi… » Un hochement de tête accompagnait mes paroles et donc je pris place sur mon fauteuil et pris mon dossier dans ma serviette, je l’ouvrais sur le bureau alors que les autres ministres entraient à leur tour dans la salle. Je les saluais amicalement et Alianka prit la parole pour débuter la réunion. Mais elle n’eut le temps de dire que quelques paroles qu’un individu entra précipitamment dans les lieux.  Tout en s’excusant il stoppa la réunion pour apparemment quelque chose de très important à exposer au grand conseil. Quel manque de tact envers ce dernier !! Osé interrompre cette assemblé dans y être invité… ce n’était pas une chose que j’appréciais et avait le don de m’énerver. Je me devais malgré tout attendre tranquillement de voir ce qu’il avait de si important à nous dire. Je me reculais donc de mon bureau et m’installais bien au fond de mon fauteuil, le fixant du regard, sombre et énervé de son intrusion…
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Leroy McStone*
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Jeu 12 Mar - 23:22

Comme tous les Ministres et Conseillers, j’avais reçu une convocation pour m’invitant à me rendre à une session extraordinaire du Grand Conseil. L’ordre du jour en était la « Sécurité des Habitants des Dômes ». Je savais le sujet épineux. Mais il ne me serait pas venu à l’idée de m’y dérober, bien au contraire. De par mes contacts au sein des Pacificateurs, ainsi que des recherches effectuées, je n’étais pas totalement ignorant de la situation dont nous parlerons. Je devrais néanmoins rester vigilant à mes gestes, mes propos car je serais dans la fosse aux Lions, l’un des deux seuls Anciens à être du côté des Pacificateurs, et donc sans le moindre doute considéré comme traître à la nation si ce double jeu était dévoilé.

Je marchais d’un pas vif en montant aux étages pour me rendre à la Salle. Ma chemise sous le bras, elle contenait ce qu’il me fallait pour prendre des notes, cela me permettait d’écrire des choses importantes à la vue de tous, sans me faire prendre à comploter… Cela m’éviterait également de trop penser, et d’oublier momentanément ces points soulevés pour une plus grande sécurité, la plupart de mes confrères usant eux aussi de la télépathie. En allant mon chemin, je me remémorais les rencontres récentes que j’avais eus et effectuées. Héléna était venue me voir pour enquêter sur les défaillances du Dôme humain, et grâce aux plans d’origine, en avait conclu à de la négligence de la part des Anciens, considérant les humains comme quantité négligeable. Aaron lui, était venu se confier, et me remettre des dossiers brûlants que j’avais évidemment entreposés au sein de ma Salle secrète, à l’intérieur de la Bibliothèque et depuis peu encore, connue de moi seul. L’endroit parfait pour subtiliser des documents à la vue de personnes mal intentionnées.

Remontant les couloirs, j’arrive enfin à l’endroit voulu. Entrant dans la salle du Grand Conseil, je salue la Grande Conseillère et les Ministres déjà en place pour me diriger vers le fauteuil qui m’est assigné pour cette séance, posant des feuilles et de quoi écrire devant moi, par précaution, si jamais je devais en avoir l’utilité. Les autres membres du Gouvernements nous rejoignent les uns après les autres jusqu’à ce que la session soit complète, et puisse commencer. Les portes sont alors fermées, et Alianka entame la séance exceptionnelle. Elle n’a pas le temps de parler des points à aborder que la séance est interrompu par un militaire, disant avoir des informations importantes à révéler au Gouvernement. Je peux lire sur les visages de mes pairs, même s’ils se contiennent lorsque certains l’interpellent, que cela ne leur plait guère comme entrée perturbante, mais Alianka l’autorise à parler.

Pour ma part, je demeure silencieux, le regardant attentivement. Son visage ne me semble pas familier, et pourtant, j’ai comme l’impression de le connaître. Ses intonations, le sujet de cette demande particulière… Quelque chose se passe en cet instant même et mes sens d’Ancien sont en éveil, en ébullition. Nos regards se croisent alors, et la lumière se fait enfin. L’intrus, ce militaire, n’est autre qu’Aaron Williams. Mais de quelle manière s’y est-il prit pour parvenir à infiltrer la Tour Gouvernementale ?? Ces questions vont devoir rester sans réponses pour le moment. Le connaissant, j’ai toute confiance en lui, certain qu’il sait ce qu’il fait. J’espère seulement qu’aucun de nous ne sera découvert. Car dans cette pièce, trois Pacificateurs sont présents. Dont deux ayant reçus l’injection de SEER.

L’écoutant, je m’obligeais à rester de marbre, impassible dans mon rôle de Ministre. Aucunes des personnes présentes, à part peut-être Oliver, ne devaient reconnaître Vickers. Nos vies étaient en jeu. Voire bien plus de personnes, si le masque devait en cet instant tomber.
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Mer 18 Mar - 1:08

Le soleil était déjà bien haut dans le ciel lorsque je me décidais à sortir de ma torpeur. Une fois n'est pas coutume, je m'étais couché bien tard la nuit précédente, totalement absorber par mes chères archives. J'avais récoltés de nouvelles information de ci de là, certaines importantes, d'autres moins. Mais je ne pouvait me résoudre à rentrer chez moi tant que tout ceci n'avait pas été inscrit noir sur blanc sur des feuilles de papiers. Tout est il que dans pareille circonstance, je m'étais écroulé dans mon lit et ne m'étais pas fais prier pour me laisser gagner par le sommeil soit disant "réparateur". Mais quelques heures plus tard il me fallait de nouveau ouvrir les yeux sur ce monde qui me faisait horreur. Pourtant quelque chose allait pimenter ma dite journée. Une réunion au sommet afin de discuter de la "Sécurité des Habitants des Dômes" et plus particulièrement du secteur des humains. Je ne vous cache pas que cet intérêt pour la sécurité de quelques fourmis bonnes à me distraire par leur faiblesses et leurs malheurs ne faisait naître en moi qu'un ennui profond. Ce n'était que des jouets, pourquoi ce soucier de ce qui pourrait leur arriver? Bon je peux comprendre que si on ne répare pas leur cage ils vont finir par mourir et alors mes chers compatriotes Asariens n'auront plus pour lacer leurs chaussures. Aussi fallait il montrer un pseudo intérêt pour la misère du monde et par un geste magnanime montrer à la populace que malgré la fange dans laquelle on l'a fait vivre, on tient quand même un peu à elle... Mais qu'est ce qu'il ne faut pas entendre j'vous jure.

Partager entre une curiosité maladive et un ennui profond je m'étais quand même décidé à me lever pour me préparer. Encore la tête dans le cirage, mon reflet dans la glace me fît sourire. Qui aurait pu croire qu'Edouard Ravenswood avait en réalité l'apparence d'un enfant? Un enfant avec une coupe de cheveux bordélique au pied du lit mais citez moi une seule personne qui se réveille le matin les cheveux impeccablement bien coiffés, le visage reposé et surtout sans cette immonde haleine de poney qui manque de peu de nous faire tourner de l'oeil rien qu'en la respirant? Et ouai, on a beau être Asarien, il y a des choses que même le SEER ne peut changer. Aussi les automatismes prennent le dessus et c'est reparti pour une journée "normale". On balance son pyjama par terre en sachant que le domestique le plus proche se précipitera pour le ramasser et on se balade nu comme un vers dans le couloir menant à la salle de bain sans la moindre pudeur. On fait tourner les robinets et on comme à sentir l'eau nous glisser sur le corps. Dieu que ça fait du bien. Mais le plus drôle dans cet histoire c'est que l'on rentre enfant et qu'une fois tout ceci terminé, c'est un homme, serviette autour de la taille que l'on voit sortir de la salle de bain. Parce qu'entre temps la magie a opéré et c'est l'Archiviste que tout le monde connait sur la scène publique qui retourne dans sa chambre pour se préparer.

L'heure tourne et la réunion approche à grand pas. Pourtant je suis plutôt serein. Dans cet histoire je serais une nouvelle fois un observateur plus qu'un acteur. N'étant pas à proprement parlé un Ministre en Asaria, je possède un statut différent dans autres invités à cette réunion. Mais que cela ne me donne pas l'idée d'arriver quand cela me chante. Alianka à beau être conciliante à mon égard il ne faudrait pas abuser des bonnes choses.

Descendant d'un pas posé les marches de ma demeure, je ne peux m'empêcher de ralentir l'allure à la vue de ces double portes apparentes tout de suite à droite de la descente. Portes imposantes que j'avais scellé par un cadenas élaboré par mes soins. Silencieux, le regard sombre et doucement nostalgique, je m'en était approché avant de laisser mes doigts glisser sur les contours de cet appareil me séparant du secret qu'elles dissimulaient. Combien de fois n'avais été tenté de les ouvrir, de pénétrer à l'intérieur pour ne plus jamais en sortir?

Enfin bref, reprenant mes esprits je fît volte face pour me diriger vers l'entrée. A l'extérieur ce cher soleil artificiel nous faisait bénéficier de ces illusoires rayons. Cependant la lumière fût elle que je mis mes lunettes de soleil le temps de faire les trois quatre mètre me séparant de ma voiture dont le chauffeur avait ouvert la portière, attendant planté comme un piquet que je m'engouffre à l'intérieur et la refermer derrière moi. L'intérieur avait cette délicate odeur de cuir qui me confortait dans l'idée que le concept de classe social était quand même une merveilleuse chose qu'il fallait continuer de cultiver.

Je ne pris même pas la peine de jeter un coup d'oeil à l'extérieur pour voir se dresser Asaria dans toute sa "splendeur". En plus d'un siècle d'existence j'en avais fait tout le tour n'éprouvant désormais qu'un intérêt allant en s'amoindrissant pour cette cité. Quel gâchis ma foi. Mais bon, évitons d'épiloguer sur le sujet sinon je suis partis pour écrire un roman. A la radio, toujours les mêmes musiques, les mêmes informations. Mais où se trouvait l'action et la surprise. Quelque chose qui me ferait ressentir quelque chose ?

Cependant il n'était plus temps de se morfondre sur le monde environnant car déjà la voiture se mit à ralentir à l'approche de l'entrée de la Tour Gouvernementale. Cette fois pas de chauffeur pour ouvrir la porte. Mais des portiers, salariés de notre dite Tour Gouvernementale qui s'étaient approcher pour accueillir mon arrivée. Mais pourquoi deux portiers pour une seule porte? L'un d'entre eux étaient de trop. Cela aurait il fait du bruit si un "regrettable accident" était arrivé à l'un d'entre eux ? Roooohhhh si on ne peut même plus s'amuser avec vous...

Redressant machinalement la tête en direction du sommet du building, je ne tardais pas à rentrer à l'intérieur et commencer à subir les salutations des Asariens travaillant dans les locaux. Ce qu'il y a de bon à être en haut de la chaîne alimentaire c'est que les autres se doivent de vous saluer lorsqu'ils nous voient mais que de notre côté on est en droit de ne même pas leur adresser le moindre regard. Bon il est évident qu'après on doit avoir les oreilles qui sifflent toute la journée à tous les noms d'oiseaux qu'on nous donnent quand on a le dos tourné. Mais bon, qu'est ce que de petits cancans quand il doivent vous baiser les pieds et faire de la lèche en face de vous?

L'ascenseur ferma ses portes et je me retrouvais seul pendant quelques secondes. Le petit "bip" m'annonçant le passage d'un nouvel étage. Et lorsqu'enfin elles s'ouvrirent de nouveau se fût pour exposer à mes yeux les portes menant à la salle de réunion. J'étais enfin arrivé à bon ports.

A l'intérieur j'entendais différentes voix. Je n'étais donc pas le premier. A la bonne heure! Certains se seraient contentés d'ouvrir une seule porte pour entrer. Mais je n'étais pas de ces Asariens là, aussi dans un mouvement sec je poussais les deux parois m'ouvrant alors le chemin vers une Alianka se tenant bien en face comme le trophée d'une chasse aux trésors.


- Navré! Vous m'attendiez?

Faignant la surprise je posais mon regard sur chaque ministres déjà présent dans la salle:

- Elijah Huyana, Ancien à l'honneur ternie et humilié.
- Kylian E. Wright, l'homme soit disant impassible et aussi froid qu'une machine.
- Jake Brennan, ministre de l'environnement dont j'avais commencé à rassembler des informations dans le plus grand secret.
- Leroy McStone, le destructeur d'harmonie dans mes archives.

A n'en pas douter, il y avait du beau monde dans cette pièce. Et que d'hommes pour une seule femme...

Mon regard s'était naturellement recentré sur la dame de glace. M'arrêtant à distance respectueuse, ni trop proche, ni trop lointaine.


- Il est toujours agréable de vous voir Madame la Grande Conseillère.

Une main sur le coeur, une autre dans le dos,je m'étais incliné devant celle pour qui j'avais décidé de me mettre à son service...enfin pour un temps. Claquant mes doigts je fît apparaître une rose que je lui offris.

-Navré de ne point vous faire le baise main comme il se doit, mais j'ai bien conscience que d'autres vous ont déjà présenté leurs hommages et en ont donc terni l'éclat. Mais recevez cette rose en gage de mon respect le plus profond.

Moi? Chercher la petite bête? Mais qui vous a mis cette idée dans la tête? Mais comme toujours je savais qu'Alianka aurait compris la mise en scène aussi en me redressant je lui adressait un sourire sincère ainsi qu'un geste de la tête avant de lui tourner le dos pour m'adresser au reste du groupe.

-Messieurs, c'est toujours un plaisir de vous voir...

Puis s'en rien ajouter, je pris place sans pour autant me jeter sur le dossier qui était offert à ma vue. Je saurais bien assez tôt de quoi il retourne aussi je l'avais mis de côté pour le moment écoutant notre panthère des glaces ouvrir la réunion. Et là, contre toute attente, c'est le drame. Un major fît irruption dans la salle avec un message de la plus haute importance. Aussi ce fût regard pleins de haines à son encontre, enfoncement dans les fauteuils, et même Elijah Huyana qui, tel un clown sortant de sa boîte, avait bondit sur ses jambes pour faire part de son mécontentement vis à vis du messager gradé. Devant un tel éventail de réaction je ne put dissimuler un sourire amuser sur le coin de mes lèvres. Enfin il se passait quelque chose d'inhabituel et observer les Anciens se péter la pilule devant l'outrecuidance du Major était un spectacle que je trouvais fort divertissant. S'il avait pu être exécuter sur place je suis persuadé qu'ils s'en seraient donné à coeur joie. Pour ma joie, le regard tranquille, une main sous le menton, j'observais l'intrus attendant d'entendre ce qu'il avait à dire et surtout impatient de connaître les réactions des autres intervenants.

Mais pour l'heure, Alianka lui donnait la parole, aussi il nous fallait l'écouter.
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Dim 12 Avr - 14:48




Je me doutais qu'en faisant intrusion dans l'hémicycle en plein conseil extraordinaire, je ferais l'effet d'un chien dans un jeu de quilles. C'était d'ailleurs un peu le but recherché. Mais je devais faire preuve de retenue et de diplomatie si je voulais qu'on me laisse exposer la réalité de la situation jusqu'au bout sans m'interrompre pour me faire évacuer de la salle manu militari et bien que j'aie une envie folle de dire toute ma colère à ces ministres qui n'affichaient que mépris et arrogance alors que des miséreux se battaient pour rester en vie à quelques dômes de là. Je repensais à la promesse que j'avais fait à Ilya et Sebastian. Je me chargeais de trouver une solution par la voie légale et si cela n'aboutissait pas, je changerais mon fusil d'épaule. Si j'en avais l'opportunité. J'avais bien conscience que je jouais ma peau en me jetant délibérément dans l'arène. Ma fausse identité volerait en éclat sitôt que Van Brënner serait informé de mon intervention, si ce n'était déjà fait. Il fallait jouer serré, rapide et efficace. Je fis en sorte de ne laisser filtrer aucune émotion et inclinai juste la tête avec une légère déférence envers la Grande Conseillère, mais sans exagération, après tout, j'étais mandaté par le Ministre de la Sécurité lui-même et je n'avais de comptes à rendre directement qu'à lui.

- Madame la Grande Conseillère, Messieurs les Ministres, je comprends bien votre étonnement ainsi que votre contrariété suite à mon intervention dans ce début de séance mais, comme vous allez le comprendre rapidement au cours de mon exposé, j'ai des ordres qu'il me faut suivre à la lettre. Je ne suis pas habilité à juger du degré de respect que mes supérieurs exigent de moi et je vous suggère d'en référer à la personne concernée qui m'a délégué ici. D'autre part, vous auriez certainement été encore plus contrariés d'apprendre ce que j'ai à vous révéler par une source médiatique ou privée. Ou peut-être de ne pas l'apprendre du tout mais d'en être les victimes. Je m'avançai, souriant intérieurement d'avoir su utiliser si habilement l'ombre de Van Brënner pour clouer le bec au Ministre du développement sanitaire, vers un pupitre resté vide face à celui, bien plus grand, d'Alianka de Nephthys. Si vous le permettez, je vais connecter mon ordinateur à l'écran.

Je fis la manipulation tout en relevant le regard de temps à autre pour croiser celui très scrutateur de la Grande Conseillère. La salle du Grand Conseil était magnifique: un petit bijou de luxe et de technologie. Avec le TBI, une rareté que seule l'Université et le Centre de recherches pouvaient se vanter de posséder, et probablement, à titre privé, quelques riches capitaines d'industrie présents dans les lieux et dont un en était le fabriquant, j'allais pouvoir faire mon exposé des faits avec beaucoup plus de clarté.

- Mon rôle, en ma qualité d'ingénieur militaire, biologiste et chimiste, est d'étudier l'environnement d'Asaria intra muros mais aussi dans la nature proche. Je suis engagé par vos soins pour veiller à la sécurité sanitaire de la population et pour cela je me livre avec mon équipe à des mesures et inspections régulières des Dômes, de la faune et flore qu'ils abritent, de la qualité de l'air et de l'eau. Indépendamment de tous les services des sociétés privées dont certains dirigeants sont présents ici-même. Le Ministère de la Sécurité tient ainsi à assurer une indépendance d'expertise au gouvernement. Je suis d'ailleurs autorisé par mon supérieur à collaborer avec Monsieur Brennan.
Ajoutai-je en inclinant la tête dans sa direction.

J'adressai un petit sourire à de Nephthys alors que je rêvais de lui tordre le cou. J'étais de plus en plus à l'aise dans mon rôle comme si la pression avait une action dopante sur mes neurones. Était-ce encore l'effet des bionanites qui prenaient le relais pour optimiser mon adaptation ?

- Voici donc des photos prises il y a quelques jours dans le dôme humain. Je zoomais au maximum sur la faille qui apparaissait sur les clichés sous différents angles et utilisai le pointeur pour en dessiner le contour. Premier constat qui s'impose: le dôme humain a perdu son intégrité de protection et laisse filtrer la lumière du soleil. Je vais donc faire suivre une note à l'intention du Général Van Brënner pour qu'il prenne les mesures de protection concernant les Asariens travaillant sous ce dôme, essentiellement des militaires ou des médecins.

Je me tournai vers l'assemblée pour poursuivre.

- Je préconise également une inspection détaillée de tous les autres dômes pour évaluer le vieillissement de la structure ainsi que l'établissement d'un observatoire extérieur du rayonnement solaire. Suite à la la Pluie de Feu, nous savons que l'atmosphère terrestre a subi des changements. Hors nous basons nos calculs sur des données anciennes et erronées, faites par des savants avant ce cataclysme. Il faut construire une base extérieure et y envoyer des scientifiques en mission afin de mesurer l'action corrosive du rayonnement sur les différents matériaux qui constituent les dômes ainsi que sur les organismes asariens. Nous devons prendre quelques risques afin d'en éviter de bien plus importants dans l'avenir. Si les dômes perdent leur efficacité avec le temps, nous devons le prévoir.

Sans laisser le temps aux auditeurs de poser de questions je passais à l'animation que j'avais conçu après ma visite à la décharge.

- Cette faille, de taille modeste, a pourtant déjà des conséquences désastreuses.


Le petit film montrait un rayon lumineux qui frappait la décharge en la chauffant en un point et créant ainsi des émanations gazeuses. Il se poursuivait au fil du déplacement du soleil dans la journée et le faisceau provoquait une véritable effervescence de certains déchets qui fondaient et s'insinuaient dans le sol de la décharge jusqu'à la nappe phréatique située dans le socle calcaire sur lequel reposait en partie Asaria. Je pointai la nappe sur l'écran

- Vous voyez que des particules polluantes ont atteint la nappe d'eau qui alimente non seulement le secteur du dôme humain mais également une grande partie d'Asaria. Voici d'ailleurs des relevés que j'ai effectué à la sortie d'un bassin collecteur d'Aquanet dans le secteur du bidonville. Dis-je en regardant dans les yeux son PDG, Mr Huyana. Comme vous le montrent ces tableaux, nous avons relevé la présence de métaux lourds, plomb, cadmium, amiante mais aussi de molécules chimiques combinées très nocives comme la dioxine, les sulfates. Une analyse bactériologique que voici, montre également une concentration en bactéries pathogènes bien trop élevées. L'eau est de toute façon impropre à la consommation dans la partie du dôme non pourvue de filtres. Je réserve mon pronostic concernant les dômes équipés de stations d'épuration. Elles éliminent certains de ces polluants mais pas tous. Nous en ignorons les effets sur les organismes asariens car aucune étude n'a encore était faite. Mais si on se base sur les effets sur l'espèce humaine, et en tenant compte des effets du blood healer asarien, je pense qu'il ne pourra pas régénérer indéfiniment et sur plusieurs générations les conséquences destructrices de ces polluants. Ils engendrent à court et moyen termes des intoxications neurologiques et métaboliques, des malformations fœtales ainsi qu'une baisse de la fertilité. A terme, toute la fertilité asarienne est très menacée puisque c'est déjà un problème de santé publique actuel.La concentration morbide de ces substances va progressivement se diffuser dans le sous sol et empoisonner nos sources d'approvisionnement en eau potable. Peu à peu, tout une portion des dômes sera concernée et pas seulement celui des humains. La pollution ne connait aucune frontière...

Je m'efforçais d'appuyer les aspects négatifs de la situation sur les Asariens tout en passant presque sous silence la santé humaine, délibérément. Je voulais éviter le plus possible de leur donner de mauvaises idées. Je l'avais déjà suffisamment fait avec le programme H.A.D.E.S. Je voulais les forcer à agir, non pour sauver les populations des bidonvilles mais pour sauver leur peau et celle de la population asarienne. Je savais que ces arguments porteraient bien plus auprès d'eux qu'une préoccupation humanitaire au sujet de leurs esclaves. Mais ne pas l'aborder du tout aurait aussi été une erreur car cela aurait paru louche et m'aurait discrédité en ma qualité de scientifique militaire qui se devait d'anticiper les effets d'une stratégie sur toutes les populations.

- Concernant les Humains, si rien n'est fait, nous nous trouverons à cours d'esclaves valides d'ici, disons, trois générations. Leur espèce s’éteindra dans une centaine d'année naturellement mais les dernières générations seront impropres à l'usage car porteuses de trop de tares. La pollution dont il est question est vraiment très virulente du fait de la concentration de déchets dans les quartiers de bidonvilles. La terre dans un rayon de trois kilomètres sera impropre à toute forme de vie animale et végétale dans quelques mois. Plus de potagers, plus de moyens de subsister pour les populations locales. Le risque de soulèvements et d'émeutes en sera accru, mais je ne suis pas analyste politique, je laisse le soin aux experts présents dans l'assemblée d'en faire l'exposé à leurs collègues.

Je passai à la suite de mon film d'animation avec une autre séquence concernant l'air cette fois. On y voyait les émanations gazeuses de la décharge s'élever dans les airs puis tuer toute forme de vie dans le dôme humain : végétaux, animaux, humains, asariens tombaient comme des mouches.

- Nous n'avons qu'une faille pour le moment, mais il est possible que d'autres apparaissent et que le processus de décomposition des déchets s'accélère en provocant ainsi l'accumulation de gaz nocifs voire explosifs. Vous savez que nos dômes sont alimentés en air par une ventilation. Je vous laisse imaginer à quelle vitesse ces nuages mortels et explosifs se diffuseront dans les dômes...


Je continuai mon exposé en évitant les regards de Leroy et Oliver. J'ignorais s'ils m'avaient reconnu et je me doutais que leur situation était des plus inconfortables à cause de ma démarche.

- Enfin, dernier volet qu'il convient de vous transmettre: voici l'évolution de la surface de la décharge dans le quartier des bidonvilles depuis la fondation d'Asaria. Sur cette simulation vous pouvez constater que la surface de ce dépotoir a été multipliée par dix au fil des années. Notre industrie, nos technologies n'ont cessé de se développer, notre population a augmenté également. Mais nous avons un grave problème de recyclages des déchets que cette expansion a engendré au fil des années. Jusqu'à présent nous déposions ces déchets dans le quartier humain, mais il a atteint un seuil de saturation critique comme vous le savez à présent. Je dois ajouter qu'une pollution de l'air extérieur aux Dômes nous condamnerait tous et qu'elle n'est pas à exclure en cas d'explosion du dôme humain, ce qui projetterait dans l'atmosphère des nuages de gaz toxiques qui se seraient concentrés dans ce dôme. Pour résumer la situation, le dôme humain est actuellement un aérosol géant chauffé par un rayonnement solaire réfracté. Il se remplit d'un poison mortel qui tuera bientôt la faune locale et atteindra rapidement une concentration explosive.  Les gaz alors répandus, selon l'orientation et la force des vents à ce moment, pourraient rendre irrespirable un périmètre de plusieurs dizaines de km2. Qui parmi la population asarienne aura le temps et l'équipement pour sortir de cette zone à temps et survivre ? Le plus urgent est bien entendu l'évacuation de toute la population vivant sous ce dôme et le traitement de ces déchets et de cette faille.


J'éteignis le vidéoprojecteur relié à mon ordinateur et m'inclinai tout en concluant

- Il existe bien entendu des solutions que je pourrais vous proposer et les spécialistes en technologie et industriels qui sont dans cette assemblée auront sans aucun doute bien des réponses à certains aspects du problème qui nous aideront à avancer. Je vous remercie d'avoir accordé votre attention à mon exposé et de m'avoir laissé prendre la parole de manière aussi imprévue. C'était mon rôle et mon devoir de vous informer de la situation, c'est aussi le mien de vous suggérer des moyens d'y faire face. Je suis à votre disposition et prêt à répondre à vos questions. Dis-je en m'asseyant derrière le pupitre que je m'étais octroyé.


Dernière édition par Aaron Williams le Lun 11 Mai - 19:41, édité 1 fois
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Lun 27 Avr - 16:30


Tous les ministres et les Conseillers étaient fin prêts pour cette séance extraordinaire. Chacun s’était installé à leur place, derrière un pupitre et un dossier leur avait été distribué par mon assistante personnelle avant le début de la réunion. Le ministre Huyana venait tout droit des locaux de la Milice. Je n’avais pas participé directement au rassemblement de ministre de la sécurité. J’étais restée discrète derrière un miroir sans tain, observant et écoutant avec délice les diverses missions mises en place. Je m’étais ensuite rendue directement à la tour gouvernementale pour peaufiner les derniers détails avant la venue des Anciens. Le Ministre du Développement en Technologies fut le second à fouler la salle du Conseil. Un ami de longue date en lequel je pouvais avoir confiance sans aucun doute. Jake Brennan, Ministre de l'Environnement, me serra galamment la main avant de rejoindre lui aussi sa place. Le Ministre de l'Education et des archives historiques et l’Archiviste du gouvernement apparurent les derniers. Lorsque les dernières salutations prirent fin et que chacun avait échangé quelques mots de politesse, il était temps d’avoir toute leur attention sur des points importants que j’allais citer quand un individu, sans aucune autorisation, entra dans la salle, avec comme unique exigence de se faire écouter par tous sur du service d'investigation de la Sécurité des Dômes et par-là même de Tomas Van Brënner.

Le brouhaha et le mécontentement se fit immédiatement entendre de la part des Anciens dont je demandais le silence pour écouter les propos du major Vickers. Il m’aurait été facile de le mettre rapidement à la porte, mais je ne pouvais pas occulter un problème urgent visant notre cité. Une fois le calme retrouvait, j’invitai d’une main le major a nous révélé cette urgence malgré la désapprobation de certains de mes ministres. Je lançai un regard de glace vers les derniers agitateurs qui stoppèrent nette leurs réflexions pour reporter mes prunelles bleutées sur l’homme qui se tenait devant moi.

- N’ayez crainte major Vickers, j’entrerai en contact avec votre Supérieur pour avoir le fin mot de toute cette histoire et de votre intervention dans note salle de réunion. Si vous avez des ordres, il y a un règlement que tout le monde doit suivre à la règle même celui qui a programmé votre venue en ce lieu. Merci de vous souciez de mes contrariétés ! Nous vous écoutons !

A partie de là, nous eûmes droit aux explications détaillées et approfondies de ce qui l’amenait parmi nous. Les mains croisées sur mon pupitre, le dos droit, je détaillais les mouvements de son corps qui pouvaient être très utiles à comprendre davantage un individu. Je hochai la tête en guise de réponse affirmative lorsqu’il demanda l’autorisation de brancher son ordinateur. Je reculai légèrement on siège, croisant mes longues jambes, posant mes coudes sur les accoudoirs. Ses petits regards qu’il jetait parfois à l’assistance ne m’avaient pas échappé. J’allais le laisser parer jusqu’au bout, puis j’irai m’assurer de la véracité de ses propos en utilisant ma télépathie et en sondant son esprit. Que les jeux commencent ! Ainsi il était ingénieur militaire, biologiste et chimiste, s’occupant de la sécurité sanitaire de la cité. Etrangement, chaque fonction ministérielle avait ses propres compétences et Tomas ne m’avait jamais parlé de ce genre de chose attachée à son ministère. Je cherchai des yeux Jake Brennan qui paraissait être étonné et surpris qu’on puisse passer au-dessus de lui. Van Brënner allait devoir s’expliquer en privé et très rapidement. La bonne ambiance du gouvernement était principalement due au fait que chacun avait toute latitude dans son ministère et qu’aucun autre ministre ne pouvait interférer sans une demande ou sur mon ordre. Quelque chose clochait.

J’aurai tout le temps de le questionner à ce sujet. Sur l’écran principal de la salle, il nous montra des clichés et zooma sur une faille qui était apparue à l’intérieur du dôme des humains, là même où se trouvait les locaux de la Milice et le marché aux esclaves. Tomas n’était pas au courant et pourtant depuis le début ce major insistait sur le ministère de la Sécurité. Illogique. Je restai neutre vis-à-vis de mes émotions comme j’avais toujours su le faire. Personne ne pouvait deviner à quoi je pensais à cet instant précis. Une fois l’exposé terminé, une petite vidéo nous montra les effets du faisceau lumineux qui se reflétait avec précision sur la décharge du bidonville. Les déchets fondaient sous la chaleur et s’insinuaient dans les nappes phréatiques. Le major Vickers ne manqua pas de désigner le ministre Huyana auquel je demandais de garder son calme d’un simple signe de la tête et d’attendre la fin de ce rapport. Le danger des nappes phréatiques pouvait être désastreux, pourtant j’étais persuadée que la société personnelle Aquanet du ministre Huyana fait était à même de procéder à des relevés de son côté et d’informer le gouvernement.

- J’ai avant tout une première question qui me brule les lèvres avant d’arriver au problème que vous soulevez : vous dites que vous êtes employé par le Ministère de la Sécurité et bizarrement, le Général et ministre Van Brënner, principal intéressé, n’est pas informé de cela ? Donc votre apparition parmi nous est du à qui alors ? Si ce n’est ni moi, ni le Général Van Brënner ni les ministres ici-même, quelle est donc cette autorité au-dessus de vous qui vous donne le droit de prendre la salle du Conseil pour un cirque ?


Je me levai enfin de mon siège, m’avançant vers le major qui avait pris place derrière un pupitre vide.

- De mémoire, ce dôme-là  a été construit par feu Graham Hasard. Me tournant vers les Anciens, j’ajoutai quelques informations pour ceux qui avaient oublié. Père de ce traitre au service des pacificateurs, Gaïus Hasard. Tué par les Miliciens tandis qu’il espérait fuir. Malgré cela, Graham Hasard a toujours été un excellent architecte. Chaque dôme est minutieusement inspecté une fois par an. Comment cette faille est-elle passée inaperçue ?

Puis, je regardai de nouveau l’écran géant où il avait projeté ses clichés.

- Une base extérieure ? En voilà une idée innovante, mais permettez-moi de vous dire que les scientifiques qui se trouvent au Centre de Recherches et qui travaillent pour maintenir notre qualité de vie, ne font pas que reposer leurs résultats sur des faits anciens. Je pensais que vous le saviez Major Vickers. Nos dômes sont précieux, nous protégeant du soleil et de ses effets néfastes sur notre organisme. Pensez-vous un seul instant que nous pourrions éclipser ce genre de problème ?

Mon esprit s’envola vers mon assistance personnelle Marissa, communiquant avec elle par télépathie :
*Trouvez-moi immédiatement tous les renseignements possibles sur ce Major Vickers. Connectez-vous à mon ordinateur.*

Elle avait l’habitude de ce genre de procéder avec moi et elle se déplaça jusqu’à mon siège vide, discrète et agile.

- Donc Major Vickers, vous insinuez que le ministre Huyana est incompétent et sa société avec elle ? Que vous êtes le seul petit génie ici, parmi-nous, à avoir trouvé et décelé des métaux lourds et des substances chimiques nocives dans les résultats concernant l’eau ? Que vos conclusions dépassent toutes celles qui peuvent sortir d’Aquanet ? Doit-on vous applaudir ?

Je pris appui au rebord de mon pupitre, mon assistante personnelle dans mon dos, pianotant sur le clavier de mon ordinateur. Je fixai intensément le regard du Major.

- Résumons tout ceci : Premièrement, il y a une fissure au niveau du dôme des humains. Aucun des spécialités en charge d’inspecter les voutes ont aperçu ce genre de phénomène. Deuxièmement, cela provoque des effets néfastes sur l’eau et la société Aquanet et ses scientifiques n’ont jamais rien décelés dans leurs résultats. Troisièmement, cela aura des répercussions sur notre organisme et plus proche, sur celui des humains. Un bétail insignifiant, utile pour certains d’entre-nous à l’heure actuel mais qui pourrait devenir plus intéressant et plus robuste dans quelques mois. Je ne me fais aucun souci pour eux.

En tant que Dirigeante de cette cité, je ne pouvais pas rester aveugle à cela et demander une contre-expertise à tous ces résultats. Pour ses solutions, j’attendrai que chacun se soit exprimé pour les écouter.

-  Ne laissant jamais rien au hasard, une équipe de spécialistes et de scientifiques sera composée par mes soins et ceux des ministres présents pour justifier, appuyer ou alors contredire vos conclusions. En ce qui concerne la décharge, il y a une dizaine d’années, nous avons passé un accord avec les humains : ils devaient s’occuper de leurs déchets  comme nous faisons avec les nôtres sous les divers autres dômes. Encore une fois, cela prouve la nature destructrice des Humains.
Je laisse la parole à mes ministres, mais je n’ai pas encore terminé avec vous … Major.




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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Lun 11 Mai - 19:13

L’Amérindien  des Séminole, ancienne tribu d’un très lointain passé, bouillonnait sur son siège. Il ne pouvait interrompre la Grande Conseillère dans son échange avec ce militaire scientifique qui avait eu l’audace de venir déranger une réunion aussi importante que celle-ci. Son poing se refermait avec une dureté excessive sur le pupitre et il reflétait le combat qu’il menait sur lui-même pour ne pas sauter à la gorge de ce petit impoli. Impoli qui ne cessait de caresser dans le sens du poil la Dirigeante de la cité et les ministres assis dans cet hémicycle du pouvoir. On ne mettait pas aussi imprudemment la parole des Huyana. Lorsqu’Alianka De Nephthys laissa son gouvernement s’exprimer, à son tour, Elijah sauta sur l’occasion pour énoncer ses remarques et ses réflexions, le premier. Il avait été mis en cause par cet homme au service du général Van Brënner ? Il ne pouvait y croire alors qu’il venait de quitter, il y avait presque une heure, le bâtiment de la Milice et ce même Général. Tout ceci s’avérait être confus pour Elijah et si c’était un piège d’un partisan anti- gouvernement, il allait vite le mettre à mal.

Il se leva le premier, insistant de son regard sur les autres ministres. Il parlerait le premier, que cela plaise ou pas. Ses statuts d’homme politique et de PDG étaient écorchés par ce Major qui n’avait cessé d’émettre des dangers à propos de  déchets toxiques, de l’intégrité du dôme des humains qui aurait une faille laissant passer la lumière et la chaleur du soleil. Si ce n’était que cela. Mais ce militaire scientifique avait poussé la limite en indiquant d’après ses relevés que les nappes phréatiques étaient polluées.   « Rangez vos conclusions, rapports et autres cérémonies de ce type devant moi, major Vickers. Je suis le responsable de la société Aquanet depuis le début de la création et de la mise en place de la cité et son tout premier dôme. Je suis aussi le ministre  du Développement Sanitaire. Vous pensez sérieusement que je vais croire à tout ceci et que je vais vous laisser piétiner mes compétences ? »

Il marcha d’un pas lent et puissant en direction de cet homme qui s’était octroyé un siège parmi l’assemblée. Il passa devant la Grande Conseillère qui était restée debout en appui contre son pupitre, la saluant de nouveau d’un signe de tête, politesse avant tout devant sa Supérieure hiérarchique. Il avait jeté un œil à l’assistante personnelle qui pianotait quelque chose sur le clavier d’un ordinateur. Huyana ne se laisserai pas piétiner par un pauvre agent même si celui-ci était commandité ou pas par le Général Van Brënner. «  Mes scientifiques sont compétents et ils œuvrent pour s’assurer que l’eau soi potable  dans toute la cité. Ce genre de résultats aurait été déjà prouvé par mes équipes ! Hors rien n’a été établi ! Pourquoi devrions-nous vous faire confiance ? »

L’Ancien ouvrit grand ses bras pour embraser l’assemblée, un peu trop théâtralement, mais tout cela avait pour objectif de discréditer ce Major qui n’avait pas vraiment su expliquer de qui émanait ses ordres. « Nous sommes tous y les gardiens de la bonne fonction de la cité. La Grande Conseillère vient de vous expliquer que les spécialistes en charge de l’entretient de dômes n’ont jamais décrit ce genre de fissure.  Cette même fissure provoquerait des dégâts sur l’environnement et la santé. Et tout ceci aurait échappé à tous les scientifiques et aux ministres, à leurs équipes et agents ! Qui comptez-vous berner ainsi Major ? Vous nous prenez pour de simples Asariens lambda ?»

La panthère de glace avait proposé qu’une équipe composée d’agents, qu’ils auraient eux-mêmes choisi, soit prête à aller vérifier  les conclusions. S’il refusait de s’allier ou de prêter ses scientifiques et mêmes ses laboratoires d’Aquanet, de nombreuses conséquences pourraient lui retomber dessus, ce qu’il voulait éviter. « Puisque la Grande Conseillère a proposé une solution qui contenterait tout le monde, je mets, comme toujours, au service du gouvernement et de la cité, les laboratoires d’Aquanet. Mon personnel est formé depuis de longues années et il connait son travail. Nous verrons bien si vos rapports sont les mêmes que les nôtres, ce dont j’en doute fort ! »

Il ne pouvait pas se prononcer pour l’entretien et la qualité des dômes. Cela n’était pas son rayon même s'il avait toute confiance aux professionnels qui travaillaient pour le gouvernement.
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Mer 22 Juil - 14:30

Si l'on m'avait dit à un moment donné que la situation allait prendre une telle tournure j'aurais immédiatement emmené avec moi un sceau de pop-corn et un grand soda afin de ne rien manquer au spectacle qui se déroulait devant mes yeux. Les événements s'étaient enchaînés avec une incroyable rapidité que j'en étais venu à m'enfoncer confortablement au fond de mon fauteuil ministériel pour ne pas en perdre la moindre miette. Le Major avait, il faut bien l'avouer, réalisé une entrée dès plus remarquer au sein du Grand Conseil soulevant autant d'émotions contradictoires que s'en était délectable. Colère et surprise en étaient les maîtresses mais je me doutais qu'elles ne seraient pas les dernière avant la fin de cette réunion. L'intrus avait fait preuve un aplomb pouvant frôler le respect mais qui pour beaucoup dans cette pièce s'apparentait à de la folie pure et simple. Pourtant sans se laisser intimider par son auditoire, ce dernier avait pris place parmi nous avec naturel et s'était lancé dans des démonstrations forts pompeuses démontrant des failles existante dans la cité et de ce fait il remettait en cause, avec diplomatie, le travail qu'effectuait les Ancien en Asaria.

Le bilan semblait désastreux selon les propos qu'il tenait. Pourtant, là ou ce dernier voyait désolation et horreur, je ne m'imaginais qu'un délicieux Chaos. Si au départ ses pleurnicheries me firent décrocher un discret bâillement, les images qu'il nous exposa eurent l'effet d'un délectable nectar coulant le long de ma gorge. J'en aurais bu encore et encore jusqu'à plus soif tellement le Major me vendait du rêve avec cette vision apocalyptique qui attendait la cité. Feignant une intérêt pour cette situation "catastrophique" je hochais de temps à autres la tête de manière grave. Fronçant ponctuellement les sourcils quant aux propos émis par notre intervenant. Chiffres, rapports, suggestions, idées. Tout était passé devant le regard du Conseil, rien n'avait été laissé au hasard si ce n'est que le Major Vickers avait oublié un minuscule détail: Il avait en face de lui des Anciens... Et les véritables ennuis pour l'Asarien ne faisait que commencer...

A la fin de son exposé nul de savait s'il fallait applaudir devant ce sympathique intermède dont il venait de nous gratifier. Chacun attendait les réactions de son voisin, mais tous nous savions que le départ de la course ne serait donné que par la seule et unique Grande Conseillère. Sa réponse d'ailleurs se ne fît pas attendre. Pas d'explosion de colère, pas d'émotions tout cours à vrai dire dans le timbre de sa voix. Alianka restait Alianka quelques soit les circonstances. Reine de la glace, elle possédait cette posture princesse dont elle avait le secret.

Non elle ne s'était pas emporté, mais avec calme elle avait repris point par point  les éléments apportés par l'interlocuteur d'un telle façon qu'elle cherchait à lui faire comprendre la bêtise de ses paroles et surtout leurs incohérences. Pourtant cet à la fin de son intervention que je sentis une pointe de mécontentement venant d'elle. Ca dernière phrase sonnant comme le glas pour celui qui n'aurait jamais dû mettre les pieds dans cette pièce sans y avoir été annoncé auparavant. La revanche de la Grande Conseillère ne connaissait de fin que dans l'éradication du problème. Et en ce moment, le major Vickers était devenu un problème. Je ne vous cache pas que pendant une fraction de seconde je ressentis de la compassion pour ce dernier. Car outre le fait d'être entré dans la salle comme dans un moulin, de se faire le messager d'un supérieur de l'ombre dont nous n'avions pas été prévenu, Vickers s'en était pris à quelque chose de sacré pour la plupart des Anciens: leur orgueil.

S'il est une chose que tout le monde sait sur les Anciens c'est qu'il ne faut jamais touché à ce concept de fierté qui émane de tout les pores de leurs êtres. L'Ancien est fiers de part le fait d'avoir survécu au grand cataclysme. Il a battit cette cité, créer une nouvelle vie, cherche à améliorer sans cesse le quotidien de son peuple. Et voilà qu'un petit scientifique venait de faire éruption pour remettre en question son travail au sujet d'une faille apparue comme par enchantement sur l'un des dômes. Autant dire directement au Major de sauter par la fenêtre ça aurait été plus simple. Pensait il sérieusement qu'ils seraient ouvert d'esprits ? Qu'ils accepteraient la remise en question et le fait qu'une erreur soit possible? Totale aberration à vrai dire car l'erreur est le propre de l'homme et voilà bien longtemps que ces derniers en avaient dépassé le stade. Certains ont honte de leurs origines... Agir de la sorte c'était comme leur envoyer directement une claque en plein visage...

Et l'exemple parfait se matérialisa en la personne du Ministre Elijah Huyana... Si Alianka était restée calme et impériale devant les arguments de Vickers, le ministre n'avait pas dissimulé sa colère face à ce genre d'accusations d'incompétence flagrante. A ce moment précis j'admet que je ne voyais plus en Huyana un Ancien, mais d'avantage un roquet aboyant à tout va et prêt à mordre. Sans mot il s'était levé de son fauteuil toisant l'assemblée d'un regard qu'il voulait pesant afin que nul ne prenne la parole avant lui. Etant le principal visé des accusations de Vickers quoi de plus normal en somme. Pourtant son attitude ne reflétait en rien l'image publique que devait avoir un Ancien. Etait aussi par peur que son nom ne soit une fois de plus traîner dans la boue? Peur du scandale? Personnellement, n'étant pas visé face à cet hypothétique mésaventure je ne dis mot. Respectant le temps de parole d'Elijah. Son verbiage était direct et ne dissimulait en aucune façon l'animosité que lui inspirait le Major. Mais les meilleures choses ayant une fin, il se tût à son tours...

Regardant les autres ministres mais ne voyant qu'aucun ne semblait décider à prendre la parole, je pris donc le relais à mon tours.


- Je dois dire Major Vickers que votre récit à tout du scénario apocalyptique. Drame, désolation, mort... Si vous voulez mon avis vous vous êtes trompé de carrière. Vous auriez dû être scénariste. Vous avez l'art de faire naître l'émotion au sein des plus sensibles d'entre nous. Cependant, et bien que l'histoire fût divertissante, je m'interroge quant à votre supérieur fantôme. Navré de ne pas parler chiffre, ni de crier au scandale face aux éléments que vous venez de nous exposer. Cependant je dois dire que votre intervention, pour ne pas dire interruption, part bien de cette unique question: Qui vous a envoyé ici?

J'étais resté assit, observant mon interlocuteur avec intérêt quant à son alibi avant de poursuivre.

- Pardonnez mon scepticisme mais comment se fait il que, par exemple, durant le trajet vous ayant mené jusqu'ici votre dit supérieur n'ait pas pris la peine d'annoncer votre venue? Surtout pour une situation aussi "grave" que celle ci. Cela nous aurait évité de perdre du temps mais aussi de nous offrir ce lamentable spectacle... Je ne doute pas que ce dernier doit être débordé, mais pour une affaire aussi urgente je me doute qu'il ne vous aurait pas laissé dans une situation aussi fâcheuse...

Mais sans attendre sa réponse, j'avais détourné mon regard de mon sujet pour me pencher vers la Grande Conseillère toujours adossée sur le rebord de son pupitre...

- Je me doute que ma proposition va paraître ridicule car la Grande Conseillère y aura sans doute pensée depuis un moment, mais jusqu'à preuve du contraire, un accusé est innocent tant que l'on n'a pas de preuves contre lui. Aussi pourquoi attendre pour rentrer en contact avec son supérieur. Autant le faire immédiatement ainsi nous serons fixé sur la question et pourront ainsi donner un réel crédit ou non aux propos tenu par le major Vickers. Ainsi, soit ce dernier dit la vérité quant aux ordres reçus, soit nous saurons qu'il a mentis et pourrons alors lui tirer les vers du nez. Dans les deux cas nous serons gagnant...

Comme une partie de ping-pong mon visage quitta le contact visuel de celui d'Alianka pour revenir sur le major.

- Cela vous convient il major ? Ainsi cela permettra de lever le voile de sur cette obscure situation. Après tout, si vous n'avez rien à cacher, vous n'avez rien à craindre...

Telle furent mes dernières paroles. Ma voix était restée calme durant mon intervention. Pas de colère, pas d'explosions verbales. Seulement une envie de jeter la lumière sur cette situation ayant augmenter le sceptissisme dans la pièce. Pourtant, il nous fallait encore attendre l'avis des aux ministres ici présent. Mais étrangement, je sentais que les choses allaient devenir de plus en plus intéressante et je ne vous cache pas que j'ai vraiment hâte...
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Dim 13 Sep - 18:03


Je savais le matin même en me levant que je commençais peut-être ma dernière journée, en tout cas ma dernière journée d'Asarien libre. J'en étais conscient mais je n'avais plus vraiment le choix. Trop de vie dépendaient de ce qui allait se dérouler durant cette journée et s'il y avait la moindre chance que je sois entendu par quelques ministres moins fous et mégalomanes que les autres, cela valait d'être tenté. Le pourcentage de réussite était très faible mais ne pouvait pas être ignoré si cela pouvait éviter d'employer les autres solutions qui pouvaient finir dans un bain de sang. Je ne savais pas où j'avais puisé le courage et la force de conserver mon calme et la maîtrise de mon argumentation face à tous ces yeux qui me toisaient et dont je pouvais sentir le mépris pour le subalterne asarien que j'étais. Je mesurai, durant ma prise de parole, ce que les Humains pouvaient endurer sous le regard de leur bourreau. Moi qui avait grandi dans le respect et l'amour d'un foyer bienveillant, à l'abri des requins de ce monde clos, je sentais à présent toute l'agressivité de leur suffisance à l'égard d'un être qu'ils estimaient leur être inférieur. Je m'étais tu, attendant les réactions dont je me doutais qu'elles ne seraient pas de très bonne augure pour mon avenir.

La Grande Conseillère ouvrait le feu, en toute logique. Je savais que ma couverture allait tomber très vite. Je m'y étais préparé et Dylan Anders m'avait mis en garde contre le caractère sans retour de ma mission... Dylan Anders ... Une autre donnée inconnue de cette mission. Qui était-il ? Pourquoi m'avait-il aidé ? Et s'il n'était qu'un pion dans une vaste machination destinée à faire tomber tout le réseau des Pacificateurs ? J'avais accepté son aide sans pouvoir prendre avis auprès des leaders de notre mouvement. Mais c'était souvent le cas des espions infiltrés, seuls face à un choix, il devaient soupeser les risques, évaluer l'importance de chaque enjeu et prendre une décision. Tout reposait alors sur les épaules de ce seul homme et il serait seul à en porter le poids sur sa conscience en cas d'échec. Est-ce qu'Anders était lui aussi un infiltré ? Pour qui travaillait-il ? Et pourquoi jouer double jeu en m'aidant si ce n'était parce que je servais ses propres desseins ? Mais quels étaient-ils ? Il se servait sans doute de moi comme il s'était servi de Leana. J'étais triste pour mon amie qui gardait espoir du retour de son mari. Mon esprit vagabondait tandis qu'Alianka de Nephthys malmenait ma couverture en la soumettant à un salve de questions. Je savais cependant que je n'avais plus la parole et j'écoutais sans broncher le réquisitoire qu'elle construisait. Il me fut plus difficile de garder le silence lorsqu'elle prit la défense du ministre de l'Environnement. Je compris alors que j'avais face à moi une assemblée de personnalités totalement incapable de se remettre en question ou même d'envisager que des données d'ordre imprévisible, avaient pu leur avoir échappé. Ils étaient tellement puants d'arrogance, à commencer par cette femme, certaine que "son" Ministre de la Sécurité ne pouvait nourrir aucun secret à son égard et devait l'informer personnellement de chaque mission de ses hommes. Et bien sûr, Monsieur Huyanna qui n'avait certainement jamais mis les pieds dans la décharge du Bidonville, mais ne se fiait qu'à des rapports rédigés par des subalternes, lesquels devait probablement mourir de trouille et ne faisaient apparaître que des données valorisantes et rassurantes pour le Gotha d'Asaria, ne pouvait être mieux placé pour connaître la réalité des choses derrière son bureau de technocrate.

Cela virait au cirque, oui et pas par mon fait, mais par la grandiloquence qu'ils opposaient à mon exposé pourtant très scientifique et rigoureux. Ils n'avaient pas accordé la moindre attention à ce que je venais de leur mettre sous le nez. Aucune conscience de la "possible" menace qui pesait sur Asaria dans sa globalité. Bon sang ! Même leur propre avenir menacé, ils ne réagissaient qu'à un seul fait, ne voyaient qu'une seule chose : j'avais osé perturber leur réunion !
C'était comme si oser troubler la tea time party de la Reine Mère était plus dramatique que le bombardement de la Cité elle-même. C'était effrayant, j'étais atterré. Nous étions gouvernés par des mégalomanes cruels et sadiques, cela n'était pas nouveau. Mais je prenais à présent conscience, ce qui était encore plus tragique, qu'ils étaient totalement aveuglés par leur certitude d'invulnérabilité et de toute puissance. Cet aveuglement nous conduirait tous à notre perte, si rien n'était tenté pour les renverser. Aujourd'hui c'était le dossier du Dôme fissuré, mais demain ? Comment réagiraient-ils si des hordes extérieures venaient à attaquer Asaria, ou si une modification climatique venait encore bouleverser le monde dans lequel nous survivions ? Riraient-ils au nez des spécialistes qui viendraient les alerter parce qu'il avaient eu la "chance" de détecter le problème avant eux ?  

Ils se prenaient pour des aigles mais n'étaient que des autruches. Je serrai les mâchoires et les poings derrière mon dos et je plissai les yeux et fixai mes chaussures, me concentrant pour étendre mon bouclier télépathique. Si certains lisaient dans mes pensées, je signais mon arrêt de mort. Quel cynisme: Un accord avec les Humains pour l'entretien de leurs déchets ? Cet accord stipulait-il également que la décharge du quartier humain devait servir de dépotoir aux Asariens qui ne voulaient pas garder sous leur dôme leurs déchets les plus toxiques ? Cet accord prévoyait-il que des containers volants entiers de ces déchets seraient déversés chaque jour au-dessus des têtes des habitants du Bidonville ? Je me contins pour ne pas répondre déjà, la parole étant donnée aux ministres. Le premier à la prendre fut encore plus arrogant que De Nephthys elle-même. C'était prévisible étant donné que mon constat invalidait tous ceux de sa société, Aquanet. Bien entendu, sans même prendre la peine de l'étudier plus en détails, il rejeta en bloc les conclusions de mon rapport. Il proposait même, quelle grandeur d'âme, de mettre sa société à la disposition du gouvernement pour une contre expertise visant à déterminer qui de ses rapports ou du mien s'inscrivaient dans la véracité des faits. Quelle impartialité ! L'aplomb de ces Anciens me laissait sans voix.

Le Grand Archiviste du Gouvernement prit alors la parole à son tour tandis que les autres ministres restaient résolument mutiques, comme si avoir vu la clairvoyance de leurs pairs remise en cause par un simple asarien les avait tétanisés, leur ôtant toute consistance. Elle était belle, l'implication des Anciens dans la vie politique! Des momies venant faire la sieste dans un fauteuil confortable pendant que d'autres faisaient semblant d'aborder des problèmes sérieux, pour ensuite passer à un ordre du jour plus séduisant, comme la prochaine garden party prévue ou les OPA les plus intéressantes réalisées par les sociétés de ces Messieurs les Ministres. Je rongeais mon frein, tentant de calmer ma respiration et écoutant les propos de ce discret personnage qui détonnait avec la grandiloquence d'Hyuana dont j'avais bien cru qu'il allait venir m'étrangler. Ce qui m'aurait peut-être arrangé car j'aurais pu en apprendre sur lui à ce moment là. Au moins je retrouvais une certaine cohérence dans les propos de cet ancien. Il ne discutait pas sur le bien fondé de mon intervention qu'il voyait comme un scénario de film, admettons, la science n'était pas sa spécialité et pour un néophyte le tableau que j'avais dressé était à peine croyable, il fallait l'avouer. Mais il se focalisait plutôt avec insistance sur la légitimité de mon intervention et ma réelle appartenance à un service crée par Van Brënner, ce qui était somme toute la seule remise en question fondée que j'eus entendu depuis une heure que durait cette confrontation. Je sus que je ne ressortirais jamais de cet hémicycle vivant. A l'instant où le Ministre de la Sécurité serait joint, je serai abattu sur le champ comme un chien et probablement balancé dans la décharge à titre d'exemple.


S'il ne me restait qu'une cartouche, je voulais l'utiliser et lorsque je constatai l'inertie du reste de l'assemblée, je ne cherchai même pas Leroy du regard afin de ne pas le mettre dans l'embarras. Je me levai lentement et pris la parole d'un ton calme.

- Madame la Grande Conseillère, Messieurs les Ministres, je vous remercie de votre attention et je n'abuserai pas davantage de votre temps. Je vois que vous avez trouvé rapidement des solutions et énoncé des dispositions qui s'imposaient. En effet, établir une contre-expertise de mon rapport parait indispensable. Le Gouvernement dispose pour cela d'un outil de pointe où travaillent les scientifiques les plus pointus en matière de recherche et ce sur des domaines très diversifiés. Ces scientifiques ont été formés à l'Université d'Asaria, et ils travaillent pour notre belle cité, leur désintéressement, et leur impartialité ne sont pas contestables et ils sont in-dé-pen-dants de tout intérêt financier. Je jetai un regard qui en disait long à Huyana. Pourquoi ne pas confier cette mission au Centre de Recherches ? Le rapport pourra ainsi couvrir tous les aspects du problème et pas seulement celui des nappes phréatiques dont la gestion a été confiée à Aquanet .

Je commençais à ranger mon matériel et tendis à l'assistante de la Grande Conseillère une copie papier de mon rapport ainsi qu'une clé USB contenant une copie de mon power point. Je me penchai pour fouiller dans ma mallette et en extirper quelque chose, non sans avoir noté que les deux gardes qui étaient postés de chaque côté de la porte s'avançaient sur moi pour s'interposer. Je ressortis le bras en tenant dans mes mains un bouquet de tubes à essais.

- Voici des échantillons des prélèvements que j'ai fait dans mon enquête. Je vous conseille toutefois d'être très prudents dans leur manipulation. Certains contiennent des molécules très toxiques, comme la dioxine par exemple. Ce qui est très étrange, voyez-vous, c'est qu'aucun produit fabriqué ou vendu dans le Bidonville ne peut en contenir. C'est une substance bien trop onéreuse, que seuls les Asariens peuvent inclure dans leur produits chimiques. On se demande bien comment un produit destiné aux Asariens a échoué dans la décharge du Bidonville ...Comme vous le savez, inhalé directement c'est un gaz mortel qui détruit le système nerveux central. Il a été utilisé comme arme offensive sur les populations civiles dans de nombreux conflits mondiaux.

Les gardes eurent un mouvement de recul tandis que je levais vivement les tubes à essai au prétexte de les montrer à l'assemblée.

Je brandissais ces tubes comme on joue les prolongations dans un match perdu d'avance, pour la beauté du geste. C'était du bluff à l'état pur mais j'étais le seul à le savoir. Pour les autres je pouvais être sincère, mais c'était peu probable, ou un terroriste totalement dément qui était entrain de menacer le Grand Conseil avec une arme chimique mortelle, plus certainement. La dioxine concentrée était bel et bien mortelle, même pour un Ancien car le blood haler échouait à reconstituer assez rapidement les synapses entre les neurones et le sujet mourrait de la défaillance de tous ses organes qui n'étaient plus commandés par l'influx nerveux du cortex cérébral. Mais telle qu'elle était diluée dans les échantillons, elle ne ferait que les rendre malades. Seulement ils ne pouvaient pas le savoir. J'avais travaillé ces derniers mois sur mon bouclier télépathique et cela afin de pouvoir protéger Jessica et cela me servait beaucoup aujourd'hui. Pourtant ce bras de fer ne pouvait pas durer éternellement. J'en avais bien conscience. Je continuais néanmoins à parler, pour me donner du courage. Je pensais à Mara, Héméra, Leana, Audrey, Illya, Sebastian, Amaria. Les bons et les moins bons moments partagés avec tous ces êtres. Mes parents, Jessica... Tout ce que j'avais vécu avec eux, et tout ce que je ne vivrais jamais... Le loup grondait en moi mais je le contenais. Il était encore trop tôt... Je laissai l'offensive à l'ennemi. J'étais un Pacificateur, après tout...

- Vous parliez de mon supérieur et mettiez en doute notre loyauté envers Asaria, sans doute ? Sachez que nul n'est plus dévoué à sa cause que cette personne.

HRP:
 


A peine eus-je fini de prononcer le dernier mot que la porte s'ouvrit brutalement.
L'assemblée entière était médusée, Alianka de Nephthys se rengorgea de fierté et un large sourire éclaira son visage glacial.

Devant la porte , en tenue militaire, les poings sur les hanches, le cigare au bec, se tenait ... le Général Van Brënner en personne. C'en était fini de moi.

- Vous m’ôtez les mots de la bouche Major Vickers ! Madame la Grande Conseillère mes respects, vous êtes resplendissante ! Messieurs les Ministres!

Je relevai la tête, peinant à masquer mon trouble et ma surprise et je me mis immédiatement au garde à vous. Van Brënner semblait m'ignorer, fixant seulement l'assemblée, la balayant du regard avec une régularité troublante.
Il poursuivit:

- Votre méfiance vous honore mais sachez que la réforme des Armées et de la Milice que je suis en train d'initier requière toute mon attention à l'heure actuelle. Comme vous le voyez, -il désigna son uniforme- je suis sur le terrain et j'avais pensé me soulager de quelques tâches moins militaires en mandatant le Major. Lequel a fait un travail remarquable mais relevant peu de mes compétences. Comme vous le savez, je suis Militaire et concepteur en génie mécanique, pas chimiste ou biologiste. J'ai donc jugé préférable que le Major Vickers s'adresse directement au Grand Conseil, car si je n'ai pas compris grand chose aux détails du rapport, j'ai pu lire le caractère éminemment périlleux de ses conclusions. Urgence qui ne souffrait aucun délai de transmission. En revanche ce qui en a souffert, apparemment, c'est mon mémo à l'attention de la Grande Conseillère. Visiblement il n'est pas arrivé. J'en ai envoyé une copie qui ne devrait tarder à s'inscrire sur votre agenda.


Comme pour appuyer son affirmation, l'assistante de la Grande Conseillère opina du chef et lui tendit une tablette. Le Général pivota lentement pour enfin me regarder mais quelque chose clochait. Il me fixait mais semblait ne pas me voir bien qu'il s'adressa à moi.

- Le Major Vickers est un scientifique mais il est peu rodé aux réunions politiques et aux usages protocolaires. Il a pu vous paraître abrupt ou désobligeant dans ses propos. Je ne l'ai pas recruté pour ses talents diplomatiques, vous devez vous en douter ... Vickers donnez vos fioles, prenez congé et sortez d'ici ! Vous avez rempli votre mission... Partiellement puisque votre façon de présenter le problème m'a contraint à me déplacer, ce qui est très fâcheux ! Nous aurons un débreifing au QG !

Je pensais vivre une sorte de songe éveillé mais je ne savais pas si cela tenait du cauchemar ou du miracle. Si j'avais pu espérer naïvement l'arrivée d'une hypothétique cavalerie, je ne l'imaginais certainement pas sous les traits de Van Brënner. Cependant, il m'offrait une porte de sortie et je n'avais pas vraiment le choix. Même si c'était un piège, ne pas lui obéir reviendrait à démolir ma couverture qui venait d'être sauvée in extremis. Je tendis les tubes à essais à l’assistante qui les prit avec le même déplaisir que s'ils contenaient le virus Ebola Comme je tardais à rassembler mes affaires, la voix tonna dans mon dos.

- Vous avez compris! Filez! Vous devriez déjà être dehors !


Je saluai avec respect l'assemblée puis mon supérieur de façon plus martiale et ne me fis pas prier pour me diriger vers la porte, laissant Van Brënner débattre avec le Grand Conseil. Alors que je passais près de lui une des feuilles de mon dossier glissa de sa pochette et tomba à terre. Je me baissai pour la ramasser. Van Brënner semblait m'avoir déjà totalement oublié et n'eut aucune réaction. Il s'adressa à nouveau à l'assemblée.

- Je pense que vous avez une longue séance de travail en perspective et j'ai moi-même dû interrompre un réglage sur un missile balistique. Aussi ne vais-je pas m'attarder, bien que j'apprécie votre compagnie.

Ayant ramassé ma feuille, je la glissai tant bien que mal dans le dossier mais chargé comme je l'étais, je fis un mouvement maladroit et mon coude toucha le bras de Van Brënner. Je pestais contre moi-même mais l'armadan me submergea. Pris d'une soudaine nausée, je me précipitai vers la porte et la franchis sans demander mon reste. Les visions, les sensations continuaient à affluer et j'avais un mal infini à mettre un pied devant l'autre. Ce que j'avais vu et ressenti était à la fois terrifiant et bouleversant. Deux entités se superposant. L'une vide, creuse, une enveloppe sans contenu, une apparence. Celle du Général Van Brënner. L'autre, torturée et douloureuse, présentant une succession d'apparences. Son attention était tendue vers cette pièce que je venais de quitter. Elle semblait épuisée, vidée de ses forces. Je m'engouffrai dans l'ascenseur, espérant y être seul. Peine perdue, un type blond avec un Stetson, une tenue et des lunettes noires entra. Il me semblait que l'ascenseur mettait des heures à descendre. L'homme ne semblait pas en grande forme, en sueur, essoufflé, appuyé contre la paroi vitrée de l’ascenseur et si j'avais eu le temps je me serais enquis de son état.

Mais ce fût lui qui s'intéressa à moi. Le type se pencha vers moi et murmura à mon oreille.

- Jessica vous attend dehors ! Courrez! Courrez ! Ils vont comprendre ... Je ne peux plus maintenir l'illusion...

J'ouvris des yeux d'ahuri...

- Mais de quoi parlez-vous ? Qui êtes-vous ? Anders ? C'est vous ?

Mais je parlais au miroir. Le type s'était volatilisé avant l'ouverture de la porte de l'ascenseur. Quand celle-ci s'ouvrit, je pus voir le guichet d'accueil et le premier barrage de sécurité que j'avais franchi quelques heures auparavant. Un garde était au téléphone et discutait vivement. Je passai devant eux en marchant rapidement. Dehors, le soleil, l'air tempéré de ce milieu d'après midi me firent reprendre pied avec une réalité que je pensais avoir perdu. Je traversai la grande place qui s'étendait devant la Tour, cherchant des yeux Jessica. Je la vis assise sur un banc de béton, guettant avec angoisse mon arrivée. Elle ne m'avait pas vu, forcément, pas reconnu dans cet uniforme et ... Une sirène sinistre venait de retentir dans mon dos, s'élevant dans tout le bâtiment gouvernemental. Mon pas ralentit imperceptiblement tandis que la silhouette de Jessica s'était levée et avançait à son tour dans ma direction. En quelques secondes trois fourgons anti émeutes déboulèrent sur la place et m'encerclèrent. De chacun d'entre eux, sortit une dizaine de miliciens armés jusqu'aux dents. Ils me mirent tous en joue avec une synchronicité remarquable. Je hochai lentement la tête en signe de négation en regardant Jessica pour lui faire comprendre qu'elle devait fuir ou se cacher mais surtout pas se précipiter à ma rencontre, ne pas se faire remarquer. La voir si près de moi, à une centaine de pas, et ne pas pouvoir la serrer dans mes bras ...  mais il fallait qu'elle se cache. Elle n'était plus à l'abri désormais...


Ils me ceinturèrent avec brutalité et tandis que je me débattais mon postiche tomba, libérant mes cheveux. Je me débattis encore un peu et j'adressai un dernier regard à celle que j'aimais. Malgré l'intervention d'un bon samaritain -qui d'autre pouvait-ce être à part Anders qui était le seul à connaître mon projet- j'étais désormais promis à une mort certaine. Je priais pour qu'elle fût rapide. J’espérais qu'Anders aiderait Jessica. S'il l'avait prévenue, ce qui n'était pas à mon sens une très bonne idée, c'est qu'il voulait son aide pour me cacher, probablement, ou me mettre en sécurité. Son idée avait échoué et c'était tant mieux car je n'aurai pas accepté de la mettre en danger plus qu'elle ne l'était déjà,  mais j'espérais de toute mes forces qu'il l'appliquerait à Jess. Malgré le sort qui m'attendait, je ne pouvais que lui vouer une reconnaissance. Même si je ne comprenais pas encore comment il avait pu manipuler Van Brënner lui-même. Mais apparemment berner la Grande Conseillère était une autre paire de manches. Je me doutais que le Ministre de la sécurité allait doubler de zèle en m'interrogeant si on lui laissait une chance de racheter cette "trahison".

Dans la Salle du Grand Conseil :

Après le départ calamiteux du Major Vickers, l'assemblée s'agita quelque peu. Certains regrettaient peut être qu'on ne le punisse pas sous leurs yeux pour son outrecuidance. D'autres pouvaient trouver qu'il avait été un peu rapidement escamoté par son supérieur. Mais Tomas Van Brënner n'avait pas l'habitude de demander la permission pour disposer de ses hommes donc cela pouvait passer. En revanche, certains s'étonnaient probablement que le Ministre de la Sécurité en personne se soit déplacé pour sauver la mise à son subalterne. Tout s'était passé si vite et même la Grande Conseillère pouvait nourrir un doute, non plus sur l'identité de ce scientifique, mais sur l'Ancien qui se tenait devant eux en tenue militaire. En effet à bien y regarder, il semblait étonnamment statique. D'ailleurs il ne s'était pas avancé dans l'hémicycle, se tenant toujours près de la porte. Ses gestes semblaient aussi stéréotypés, comme répétitifs si on l'observait attentivement. Quand il eut finis de prendre congé par des paroles cérémonieuses dont Tomas Van Brënner n'avait guère l'usage, il était probable que plus personne au sein du Grand Conseil n'était dupe de l'illusion. Mais il était trop tard! Un sourire narquois étira les lèvres du Général et avant que quiconque eut pu hurler " Emparez-vous de lui ! " il s'était évaporé.  

HRP:
 
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Dim 4 Oct - 18:02

J’avais été la première à remettre en doute la présence de ce Major. J’observais en toute discrétion mon assistante qui cherchait des informations sur mon ordinateur au sujet de cet homme. Ce petit comique commençait à m’agacer. Combien de fois avais-je vu durant toutes ces années des traitres ou des fanatiques portaient atteinte au gouvernement et aux Anciens en mettant en avant leurs propres idéaux et leurs propres visions du futur ? Beaucoup trop à mon gout ! Je me souvenais de cette attaque au Luxor, il y a plusieurs années. Si nous avions cru au début que c’était la marque des Rebelles. Nous avions fait fausse route. Ma nièce et directrice de presse du Times Révolution, Adora Nicholson, avait mis sur cette enquête deux de ses meilleurs journalistes sur le terrain pour aider la Milice a retrouver les responsable de ce carnage. Nous pouvons nous targuer de posséder le blood healer. Un pouvoir formidable qui régénéré nos blessures, mais cette nuit-là les pertes avaient été terribles. Il avait été découvert au fil des semaines que c’était un petit groupe d’Asariens, une sorte de secte qui revendiquait la supériorité de la race tout comme ils désiraient faire table rase de tous les pouvoirs actuels mis en place. Cette attaque avait visé les Anciens et les personnes influentes de la société. Voilà ce que les deux reporters avaient trouvé.

Plus, cet homme nous étalait ses rapports de conclusions sous le nez, au plus je me disais que quelque chose clochait. Tomas m’aurait tenue informée de ce guignol dans la salle de réunion, surtout que je venais de quitter un peu plus tôt les locaux de la Milice. Ce n’était donc pas logique et je commençais à percevoir un piège derrière l’uniforme et le badge de ce major. Le ministre Huyana fut le seul ministre de présent à prendre la parole après moi.  Mon archiviste avait fait aussi connaitre son opinion devant ces résultats  qu’affichait le major Vickers. Mais les autres ? Que dire de ceux qui étaient restés muets ? A commencer par le ministre de l’Education. McStone n’était que l’ombre de lui-même. Il connaissait l’Histoire de notre cité ainsi que le passé de toute une civilisation perdue et au lieu de mettre en garde ce jeune fou, il était resté cloitré dans un mutisme qui me dépassait. Brennan était au même point. Le ministre de l’environnement état au même point mort que son comparse. Lui si mégalomane, ambitieux, autoritaire. Jamais il n’aurait permis un tel dérangement en pleine réunion importante il y a quelques temps. Aujourd’hui je me demandais si je ne devais pas revoir les membres qui composaient mon gouvernement. Certains n’étaient plus que des pâles copies des hommes puissants que j'avais côtoyés. Ma conversation  avec Tomas chez lui, dans son appartement, me revenait alors soudainement en mémoire. Comment pourrai-je lâcher prise alors que je ne peux même pas faire confiance à tous les ministres ?  Si la majorité d’eux ne sont plus capables de faire correctement leur travail ?

Le ministre Huyana n’avait aucune intention de se laisser piétiner ainsi et de voir remettre en cause ses compétences et son statut. Il rejetait la façon dont avaient été rédigés les rapports du major et il  insistait pour demander une contre-expertise. Ce qui était tout à fait normal. C’était son droit légitime. Edouard Ravenwood piquait là où ça faisait mal et relevait les mêmes interrogations que j’avais soulevées quant à la présence de cet homme dans notre salle de réunion, de son accréditation et de son fameux Supérieur. J’acquiesçais  d’un signe de tête en faveur de mon archiviste.

- J’ai hâte de voir votre Supérieur Major Vickers qu’on puisse enfin mettre un terme à toute cette histoire. Je vous demande de rester à notre disposition durant les prochains jours.

J’étais habituée et familiarisée aux rouages et aux réactions que pouvaient engendrer un tel échange. Lorsque le major se leva de son siège avec cette lenteur bien calculée, je compris immédiatement qu’il avait l’intention de de devenir désagréable. C’était bien évidemment cette réaction très typique de ces personnes qui ne supportent pas qu’on ne puisse pas avoir les mêmes opinions qu’eux.  Ses mots furent identiques à des lames  acérées qu’il se permit de lancer sur chacun d’entre-nous. Un laïus bien tenu, mais qui signait sa peine de mort, incontestablement.

- Vous dépassez les limites Major Vickers !  Vous devriez tenir votre langue ou je vous la ferai arracher ! Vous osez mettre en doute le personnel scientifique qui travaille pour le gouvernement ?! Pourquoi alors voulez-vous à tout prix que le Centre de recherches s’en mêle ? Ne dépend-t-il pas de nous, lui aussi ?  Vous osez  pointer du doigt des complots financier ?!  Vous êtes descendu bien bas dans vos conclusions. Voilà pourquoi vous n’êtes pas crédible à mes yeux !
Sachez que vous n’avez rien à savoir de plus sur les démarches qui seront mises en place pour vérifier vos données. Et au final, je me demande si on doit débourser autant d’argent et de temps pour analyser vos théories apocalyptiques ! Vous nous avez démontré que dès l’instant où votre numéro ne marchait pas sur nous, vous avez changé de comportement en vous montrant irrévérencieux !  Je suis de plus en plus sceptique sur le fait que vous appartenez  au service d'investigation de la Sécurité des Dômes.


Il chercha quelque chose dans sa mallette. Des gestes suspects qui ne manqua pas d’échapper au regard des deux  gardes qui s’avancèrent vers lui pour parer à une attaque possible venant de sa part. Le major Vickers en sortit des tubes à essai qu’il plaça consciencieusement devant lui. Il détenait une arme mortelle avec laquelle il jouait, là, devant nous. Ma télépathie s’immisça dans son esprit. Je ne pouvais pas laisser un tel dément en liberté. Ces barrières psychiques étaient tenaces. Il dissimulait les preuves de  sa véritable présence ici. Je levai la main pour interdire aux gardes de toucher à ces tubes.

- Faites-moi venir au plus vite deux agents scientifiques. Dites-leur ce qui se passent et qu’ils viennent avec leur matériel pour récupérer ces tubes ! Informez le personnel du Centre qu'ils devront travailler dessus !

J’arquai un sourcil à ses derniers mots qui me rendaient perplexe quand la porte de la salle du grand conseil s’ouvrit à la volée. Le ministre de la sécurité, Tomas Van Brënner, se tenait présent, en uniforme et son éternel cigare aux lèvres. C’était l’occasion rêvée de le mettre face à son soit disant supérieur et de connaitre le fin mot de toute cette histoire.  Je le savais en pleine promotion de la réforme de la Milice et de la mise en place de diverses missions urgentes. Il s’était quand même déplacé jusqu’à la tour gouvernementale alors qu’il m’avait bien stipulé qu’il n’aurait pas le temps de participer à cette réunion. Avant que je n’aie le temps de réfléchir à tout ceci, mon assistante me présenta ma tablette où un mémo venait de m’être envoyée, par Van Brënner lui-même.  J’avais bien l’intention de le lire dans le calme de mon bureau. Tout se passait trop vite, trop … TROP. Personne n’avait eu le temps de poser des questions au ministre Van Brënner au sujet de ce rapport. Il n’y avait que lui qui dictait les ordres et il donnait congé à son subalterne avec une telle rapidité que cela m’étonna. Mon assistante récupéra dans une petite boite les tubes à essais non sans feindre une moue désagréable. Le major prit ses affaires et disparut de la salle.

- Ministre Van Brënner je ne vous savais pas aussi cérémonieux !  Nous n’avions pas terminé avec votre petit soldat ! Quelle mouche vous pique dont ? Vous savez que la visio- conférence existe ? Qu’elle peut être établie entre votre bureau à la Milice et ici-même ? L’auriez-vous oublié ?

Lorsque je fis glisser mon index sur l’écran de ma tablette pour ouvrir ce mémo, il était vide. Les ministres autour de moi se sentaient offenser par un des leurs et je ressentais toutes leurs émotions. Tout le monde connaissait Van Brënner et son caractère impudent. Mais là, il dépassait les bornes.  Et que dire de ce mémo ? J’observai alors avec plus d’attention cette silhouette qui aurait dû me paraitre familière. J’utilisai de nouveau ma télépathie et je n’y vis que du vide. Tout ce puzzle incompréhensible prit alors forme et tout devint alors limpide :

- Empar… !

Le spectre disparut avant que je termine mon ordre pour retenir le Major Vickers. Une illusion qui s’était jouée de nous. J’entendis un point frapper sur l’un des pupitres avec une rage qui était aussi similaire à la mienne

- Ramenez-moi le major Vickers ! Déployez les agents au rez de chaussée ! Il ne doit pas passer les portes !

Le premier garde prit son téléphone tandis que le second envoyait des ordres via une radio. Sans aucun autre mot, je me précipitai hors de la salle du conseil sous le bruit de mes talons aiguilles qui frappaient le sol avec détermination. Cette réunion attendrait et serait reportée. Ma priorité était de mettre la main sur ce major Vickers et de le briser. Il avait voulu défier les Anciens. Il avait voulu me défier. Il allait récolter les conséquences de ses actes. On ne joue pas aussi impunément avec la panthère de glace sans en payer le prix fort.

- Qu'on m'apporte toutes les vidéos de la tour ! Celles de l'entrée, des ascenseurs, des escaliers de secours et de la salle du Conseil !

HJ : Je vous invite TOUS à répondre (si vous le souhaitez) sans attendre votre voisin.
Merci Aaron pour ce RP
Wink




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Jake Brennan*
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Lun 5 Oct - 16:00

La tournure que prenait cette assemblée avait été totalement incroyable. Le problème qu'avait évoqué ce major était surement bien réel mais basé uniquement sur ses expériences et ses compétences. Aquanet, société dirigé par le ministre du développement sanitaire, Elijah Huyana, aurait dû être informé bien plus tôt de ce soucis mais apparemment, en voyant la réaction qu'il avait eu, il n'était au courant de rien et surtout très vexé de ne pas l'avoir été. C'était parfaitement compréhensible après tout, moi-même si j’avais été dans cette situation, j'aurai très certainement demandé des explications à ce Major et à sa façon de travailler. La réaction d'Elijah était totalement logique et ce qu'il proposa par la suite l'était tout autant, la contre-expertise allait confirmer les dires de cette individu et dans ce cas les obligation allaient devoir être prise mais si ce n'était pas ondé, ce major risquerait d'avoir de sérieux soucis en venant interrompre le conseil des Anciens et prendre la paroles sans y être invité. Une invitation que personne n'avait reçu de la part de Tomas, qui, d'après ce que disait l'imposteur, était celui qui donnait les ordres. Ce que j'avais apprit me surprenait au plus haut point ! j'étais le ministre de l'environnement dans les dômes de verre et personne ne m'avait parlé de chose comme ça, pas même une note et apprendre par la suite que quelqu'un qui soit plus haut que moi dans ce domaine puisse donner des ordres sur ça... c'était vraiment bizarre et me faisait poser tout un tas de question sur cette individu...

On pouvait facilement ressentir comme une tension dans la pièce, quelque chose de palpable depuis son arrivée. Peu de ministres avaient prit la paroles, le reste des personnes avaient finalement décidé de rester silencieux, à ronger leur frein pour ne pas exploser. C'était mon cas d'ailleurs, je n'aimais pas du tout ce gène de comportement, imposant une pseudo réalité au grand conseil sans que l'on soit informer juste avant, ni même sans pouvoir le vérifier. J'étais quelqu'un de très colérique, ne sachant pas trouver mon calme et ne mâchant pas mes mots mais les interventions de la grande conseillère et de quelques ministres suffisait amplement pour expliquer au major que sa façon d'agir ni même de parler n'étaient vraisemblablement pas la bonne. D'ailleurs il répondait que très peu aux questions qu'ils lui étaient posées, comme si il préférait les éviter et ainsi ne pas se confronter à la colère de notre chef à tous, Alianka. Cette dernière n'avait pas garder son calme, ce qui était logique, mais une arrivée plutôt spéciale faisait son apparition dans la grande salle. Tomas arriva avec son célèbre cigare au bec comme on avait l'habitude de le voir mais son comportement était.... soupçonneux. Je l'avais côtoyer bien des fois et en aucun cas je le reconnaissais. sa façon d'agir, sa façon de parler, ça ne lui ressemblait pas et c'est au moment où Alianka interrogea sa tablette pour voir si l'homme n'avait pas menti, son regard changea du tout au tout. Je compris tout de suite que l'on s'était fait avoir et que ce Major avait filé comme si de rien n'était sous la demande de ce spectre qui avait finalement disparu aussi vite qu'il était apparu devant nous. un sentiment de trahison m'envahi totalement, comme offensé par l'un des notre, ce qui n'était pas acceptable.

Alors que les mots d'Alianka résonnaient dans la pièce demandant à ce que je le Major  Vickers soit ramené le plus vite possible dans le bâtiment, on entendit l'alarme de la tour gouvernementale sonner. Il était devenu un être rechercher par notre grande conseillère et je pense que si il pensait pouvoir lui échapper, il se trompait lourdement. Je connaissais Alianka et quand cette panthère prenait mal quelque chose, elle faisait tout pour remédier à cela. J'eu un petit sourire aux lèvre alors que je me relevait de mon fauteuil, non pas de joie mais de sadisme... rien que d'imaginer tout ce qu'il allait être fait dès qu'ils l'auront récupéré me donnait envie d'assister à la scène... d'une voix grave, alors qu'Alianka avait disparu dans les couloirs, je disais :

- Messieurs, je crois que la séance est levée... mais nous allons avoir beaucoup de boulot maintenant...

D'un signe de la tête je me dirigeais donc vers la sortie de la pièce, ma serviette sous le bras, regardant les gens courir autour de moi alors que je prenais la direction de la sortie du bâtiment, comme si de rien n'était. je pouvais entendre la foule hurler à l'extérieur... La milice avait fait son boulot et l'avais finalement rattraper mais ce n'était pas fini pour autant, du moins c'est ce que je pensais au plus profond de moi même...
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Leroy McStone*
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Mer 7 Oct - 22:51

A peine le Grand Conseil réunissant Alianka et tous les Ministres pouvant y participer commencé, nous fûmes interrompu par l’arrivée pour le moins surprenante d’un militaire, se disant Major et envoyé par ses supérieurs pour nous alerter de risques certains menaçant les Dômes de verre d’Asaria, et plus particulièrement celui des bidonvilles, abritant la population Humaine. Silencieux au début, j’écoutais ses paroles, attentif. Cela trouvait un écho en mon esprit, car ce sujet, je l’avais abordé avec deux amis peu de temps auparavant. Ce n’est qu’en croisant le regard de cet étranger au Conseil que je le reconnu vraiment. Ce n’était autre qu’Aaron Williams. Qu’est-ce que…

Durant tout son discours, lorsque la Grande Conseillère lui permit de développer son exposé, il resta campé sur ses positions, détaillant ses découvertes d’une voix posée. Silencieux, je l’écoutais attentivement. Il m’en avait fait un court résumé lors de notre entrevue, peu de temps auparavant, et je n’avais jusqu’alors pas osé je ter un œil plus approfondi sur le dossier qu’il m’avait demandé de garder en lieux sûr, pour que je le confie à Mara en toute sécurité. Mais il n’aurait pu inventer de telles choses, monter un tel dossier sans une véritable conviction, sans un travail sérieux en amont. Je devais être l’un des rares à le croire, avec Oliver. Les autres Ministres le prenaient pour un fou, rejetant en bloc ses constatations et demandes de vigilances, prétextant l’incroyable d’une telle négligence… Chacun y allait de ses questions, promesses de contre-expertises pour tirer tout cela au clair…. Je doutais que les résultats soient les mêmes, tout en l’espérant quand même….

Notre dernière discussion était présente dans ma mémoire, alors que de solides barrières me protégeaient de mes chers collègues Anciens… Je devrais tenir mon rôle de Ministre à la lettre, que rien ne vienne perturber l’ordre des choses, même s’il devait se mettre dans une position délicate pour que la vérité soit faite et entendue…..En l’écoutant, en voyant l’agitation grandissante de mes confrères, je me devais de rester de marbre, impassible et froid comme tout Ancien se respectant alors que la seule chose à laquelle je pensais instinctivement, c’était de bondir à ses côtés, qu’ils ouvrent enfin les yeux, et le croient… Mais cela reviendrait alors à griller nos couvertures à tous les trois. Une jeune Asarien et deux Anciens, Ministres qui plus est… Non, le risque encouru était bien trop grand. Préparé, averti, sans doute aurais-je pu penser à une porte de sortie, à un moyen de l’aider efficacement…. Mais là, pris par surprise… Je me retrouvais étrangement les mains liées et Dieux savaient que je détestais cela… D’un coup, la surprise grandit encore en voyant débarquer Thomas Van Brënner dans la Salle, affirmant que le Major était bien sous ses ordres avant de lui donner congé en vitesse. C’est bien trop beau pour être vrai, et alors que la compréhension se fait dans la salle, l’illusion s’évanouit au moment où la Grande Conseillère ordonne qu’on s’en empare. Finement joué…

La Réunion ajournée, les Ministres repartirent uns à uns, à la suite d’Alianka, alors que les sirènes d’alarmes de la Tour Gouvernementale  annonçant qu’un fugitif était recherché…. Je craignais pour lui, mais que faire, si ce n’est protéger Jessica, son amie, comme demandé, transmettre les documents brûlants à Mara… Permettre à ces vautours de consulter les Plans Originaux que j’ai pris soin ce matin même de remettre dans la Bibliothèque à la vue de tous… Ramassant les documents, je sorti à mon tour, me dirigeant au dehors, pour rejoindre la Bibliothèque…. On entendait la foule crier… Avait-il été déjà prit ? Avait-il eu le temps de se mettre à l’abri ? Ce n’est que les portes franchies que je vis le véhicule, les Miliciens… Ils avaient été incroyablement rapides… Pourrais-je l’aider bien plus que demandé, en le sortant de là ? Nul doute qu’après ces affronts, les Ministres ne seraient aucunement tendre avec lui… Le prix à payer n’était-il pas trop grand par rapport aux résultats et éventuelles conséquences obtenus par une telle prise de risques ?
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Mer 14 Oct - 12:31

Le Longue-Vie aux origines amérindiennes se tenait devant ce major, ce militaire qui d’après ses dires n’était là que pour la sécurité d’Asaria et de sa population. Un homme  commissionnait par le ministre Van Brënner. C’était une mauvaise blague qu’il ne cautionnait pas. Où était l’ordre de mission de ce major ? Il n’avait rien qui prouvait qu’il était sous le commandement du Général de la Milice. Tout ceci s’ajoutait au jugement qu’il avait fait sur sa société et sur les rapports que ses agents rédigeaient autant pour lui que pour la Grande Conseillère. Elijah Huyana venait de passer du prestige de ministre à celui d’usurpateur, de conspirateur qui manipulait les Anciens et le gouvernement. Il n’autorisait personne à écorner son image et tout le travail qu’il avait su construire depuis la migration des survivants sur ce continent. Il avait défendu ses compétences devant ses paires et devant sa Supérieure et le bon fonctionnement des conclusions des tests de contrôles qui étaient supervisés par Alianka. Ses laboratoires étaient compétents et il laverait cet affront. L’archiviste du gouvernement avait soulevé une proposition qui aidait le ministre Huyana à se rétablir dans son statut d’homme d’Asaria. Tous attendaient de prendre contact avec le supérieur de ce major et toute l’assemblée serait fixée sur les intentions de ce militaire. Il se déporta vers son pupitre.

Ce major Vickers reprit son jeu cérémonial et il croisa avec le même dédain le regard de cet homme. La rage bouillait en lui d’entendre de telles insinuations, de telles bassesses. Il demanderait réparation et porterait plainte contre cet homme après cette fastidieuse réunion. La voix de la Grande Conseillère s’éleva telle une tempête dans un désert de sable. L’irritation était bien présente. Elle s’emportait sur les sous-entendus qu’il avait mis en avant. « Permettez-moi de préciser, que si vous lui arracher la langue, je me ferai un plaisir de le découper en morceaux. Un doigt après l’autre. »

Il se redressa à vive allure de son dossier quand le major sortit de sa mallette des échantillons qu’il brandissait devant l’auditoire. Elijah aurait pu électrocuter le major, mais les échantillons pourraient s’écraser au sol et causer de terribles pertes. Alianka était la seule à pouvoir calmer la conjoncture actuelle. Un fanatique était sous leurs yeux à tous, il agitait une arme potentiellement dangereuse et les Longues-Vies restaient mystifiés. Seule la Grande Conseillère s’interposa et ordonna aux gardes d’aller chercher des scientifiques pour emporter ces preuves. « Vous jouez avec nos vies ? C’est ce qui a de précisé sur votre ordre de mission ? Je rejoints le point de vue de la Grande Conseillère, vous venez de vous discréditer ! Le Général Van Brënner n’aurait pas permis un tel danger ici dans ce lieu !  »

La porte s’ouvrit dans un vacarme brutal et Elijah et les autres ministres furent médusés de voir apparaitre celui dont le nom avait été cité plusieurs fois. L’homme dont dépendait ce major. L’Ancien caressait sa barbe naissante. Il était assez dubitatif devant l’arrivée du ministre de la Sécurité. Il observait Alianka et les autres membres du conseil et leurs visages exprimaient la même incrédulité. Le Général ordonna le départ très précipité du major. Il n’avait pas bougé de l’encadrement de la porte. Il s’était déplacé lui-même jusqu’ici alors que la Grande Conseillère venait de lui rappeler qu’il existait un mode de visio-conférence entre son bureau de la Milice et la salle de réunion. « Général Van Brënner, vous n’auriez pas du vous déranger. Un appel téléphonique de vous, une session de visio-conférence. Je vous ai quitté il y a peu et vous n’aviez pas le temps de participer à notre réunion. »

Le doute se planta dans l’esprit du ministre du développement sanitaire. Le Général était trop statique, ses gestes trop stéréotypés. Il voulait en savoir plus. Il se dirigea vers lui et s'arrêta  à l’injonction de sa Supérieure. Il avait compris lui aussi, mais il était trop tard ! La silhouette de Van Brënner s’était volatilisé, celle d’Alianka était sortie de la salle. Le major Vickers serait arrêté. Les alarmes sonnèrent. « Messieurs les Ministres, j’ai un  affront à laver, des rapports à consulter et je serai attentif aux prochains résultats qui seront effectués au Centre de Recherches ».

Il plia sa pochette et il prit le même chemin qu’Alianka. Il aurait peut-être la satisfaction de voir ce major menotter et embarquer dans un fourgon. Le début d’un petit plaisir.
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MessageSujet: Re: (Terminé) [Intrigue" Le Dôme Maudit"] Apocalypse now and again ? ouvert à tous les membres du gouvernement   Lun 16 Nov - 22:33

C'est fou ce que quelques mots placés dans le bon ordre pouvait créer comme tension. Ma demande, qui était dès plus légitime sembla faire l'unanimité auprès des quelques Longues-Vies qui ne s'étaient pas réfugiés dans un mutisme surprenant. Où étaient cette rages et cette verve dont ils avaient pourtant le secret. Les éclats de voix devant leurs autorités bafouées par un simple gratte papier avec quelques décorations sur les épaules. Les Anciens, pourtant réputés dans toute la cité pour leurs tempérament de feu faisaient pâle figure autours de cette table. Certes je ne cautionnais pas ce genre de comportements qui nous donnait une image de mégalomane ne sachant maîtriser nos humeurs, mais là il fallait avouer que c'était réellement le jour et la nuit. Mais passons, j'avais lancé la ligne et comme je m'y attendais, le major Vickers eut la réaction que je prévoyait.

Devant pareil dilemme, il ne lui restait plus que deux véritables possibilités:

Soit, S'il n'avait rien eu à sa reprocher il m'aurait laissé poursuivre et nous aurions eu immédiatement la réponse concernant la légitimité de sa présence dans la Salle du Grand Conseil.
Soit, se sentant menacé, il ne restait plus à notre imposteur une tentative de sauver les meubles et de fuir avant que la sécurité ne lui tombe dessus.

Etrangement, allez savoir pourquoi, ce fût la seconde proposition qui sembla d'avantage charmer le major. Quelle surprise n'est il pas... S'en était tellement prévisible que j'en étais presque déçu. Lui qui il y a quelques minutes avait su engendrer la colère au sein de l'assemblée, cherchait désormais à s'en sortir comme il pouvait. Qu'elle idée aussi de s'être jeté dans la gueule du loup sans avoir assurer ses arrières. Se présenter au nom de Van Brenner était une chose, mais comment avait il pu imaginer ne serait ce qu'un instant que cette vérification de routine n'allait pas nous traverser l'esprit? D'accord avec l'âge on peut facilement devenir sénile mais quand même, il y a des limites à tout...

Abattant ce qui semblait être l'une de ses dernières cartes, l'homme sortit de sa mallette du parfait petit chimiste des échantillons de prélèvements. C'était la Mary Poppins des produits toxiques ce gars là. Sortant de son sac magique des objets hors du commun pour le plus grand plaisir de l'assemblée ici présente. Chacun l'observait se débattre, affichant sur nos visages diverses expression. Surprise, étonnement, colère. Vous choisissez et vous mettez l'adjectif qui convient de plus... Personnellement je ne voyais là qu'un homme qui faisait jouer la montre, tentant de gagner du temps tout en espérant que quelque chose se produise et arrive maintenant, là, tout de suite...

C'est alors, que réglé comme du papier à musique, un invité mystère fît son entrée dans la pièce. Une entrée qui cette fois ci en l'effet d'une bombe qui figea la majorité d'entre nous sur place, moi y compris. Celui qu'on avait eu de cessé d'évoquer tel un fantôme venait de faire irruption dans la Salle du Grand Conseil, cigare au bec avec cette dégaine de l'homme sûr de lui, limite primitif et homme de cro-magnon. Tomas Van Brenner en personne venait de nous honorer de sa présence alors qu'il y a peu il avait fait mander le major à sa place. Ca relevait presque du miracle cette histoire, si c'est ça je me jurais d'aller plus souvent à l'église pour converser avec le Tout Puissant.

La situation tournait au ridicule, pour ne pas dire, complètement grotesque. Ma surprise fît rapidement place à une profonde déception face à celui qui d'une voix monocorde plaidoyait en faveur de son "protéger". Depuis quand le Ministre Van Brënner se déplaçait il, en personne, pour venir en aide à un subalterne? D'ailleurs depuis quand ce le lion de feu se souciait il de quelqu'un d'autre que de lui même ( mise à part lorsqu'il s'agissait de notre chère Grande Conseillère). Non, maintenant j'en était sûr cette situation était parfaitement grotesque. Depuis des décennies il existait une inamitié connue d'un petit cercle entre Van Brënner et moi. Chacun cassant du sucre sur le dos de l'autre mais tout en respectant les Longues-Vies que nous étions. Aussi je pouvais dire avec certitude que cette chose fantoche devant nous n'était pas celui qu'il prétendait être. Mais pourquoi gâcher cette comédie quand les autres membres de l'assemblée étaient suspendu à ses lèvres.

Aussi m'étais je détaché de mon bureau. Et tandis que la voix du Ministre me servait de fond sonore, mes pas m'emmenèrent vers la vitre de la pièce. Immense cette dernière nous offrait une vue plongeante sur la place devant le bâtiment. Déjà le major Vickers n'était plus des nôtres. Obéissant aux ordres de son supérieur du moment il était sorti par les grandes portes.


-C'est une journée magnifique n'est ce pas?

Pourquoi continuerais je d'écouter les balivernes d'une pâle copie sachant de désormais tout allait se jouer à pile ou face. Derrière moi j'entendais les voix de certains ministre se réveiller et faire acte de présence. Mais ce n'était que d'une oreille distraite que je ne récupérais que les bribes de leurs conversation. Jusqu'à ce que...

- Empar… !

La voix d'Alianka déchira l'espace. Mais il était trop tard le sceptre avait disparut, et quand bien même nous nous serions jeté sur lui, nous n'aurions fait que passer au travers et goûter par la suite le parfum de la moquette. Alors à quoi bon vouloir saisir du vent. Mais sa réaction me fît sourire. Réaction vaine de sa part mais qui sonnait comme un vieux réflexe. Ce n'était pas ici qu'il fallait focaliser son attention. La Salle n'était qu'une scène vide. Désormais c'était dehors qu'il fallait focaliser toute notre attention. C'est devant la Tour, sur la grande place qu'allait se jouer le second acte. Ce n'était pas par hasard que je m'étais levé de mon siège tout à l'heure. Quand on veut prendre la fuite, il faut forcément sortir du bâtiment.

Oh, j'admet que c'était une partie de poker que je jouais en cet instant. Rien ne me garantissait qu'il sortirait du bâtiment par l'entrée principale. Mais je vis bientôt un uniforme détonner avec les gens sur la place. Il était bien là, marchant d'un pas décidé alors que dans nos oreilles résonnait à présent une sirène stridente, signale d'alarme pour révéler la présence d'un traître parmi nous.

Je devais concéder quelque chose à ce cher Brënner. C'était la rapidité, rare certes mais pas inexistante, de sa milice qui déboula sur la place pour encercler celui qui avait oser défier l'autorité gouvernementale. Je dois bien vous l'avouer, mais vous gardez ça pour vous, que j'aurais aimé que le major Vickers, si bien entendu il s'agissait de son véritable nom, ait pu s'échapper de cette impasse. Il aurait été plus intéressant de le voir s'en sortir pour lancer après lui une véritable chasse à l'homme. Malheureusement nous n'avons pas toujours ce que vous voulons. Aussi, du haut de la Salle du Conseil je vis les miliciens mettre la main sur l'individu avant de le faire monter avec brutalité dans l'un des fourgons.

A moitié satisfait du spectacle j'entendais la voix le Brennan mettant l'accent sur une parfaite évidence. Mais préférant ne pas rélever ce fait je m'adressais télépathiquement à notre chère Alianka...


* -Ma foi ma chère, une bonne chose de fait non? J'aurais une faveur à te demander. Permets moi d'être présent lorsque tu interrogeras cet individu.*

Faisant volte-face, sans dire un mot, mon sourire largement dessiné sur mes lèvres, je venais de jeter un regard amusé sur celle avec qui je venais de m'entretenir...
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