(Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]

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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: (Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]   Ven 7 Mar - 22:58

Les derniers rayons de l’astre solaire éclairaient encore mon bureau lorsqu’enfin je refermais l’ultime dossier dont je venais de lire la conclusion. Basculant en arrière, adossée à mon fauteuil, du bout de mon talon aiguille, je le fis pivoter pour admirer, par la grande baie vitrée, la splendeur de la cité de verre, protégée par les immenses dômes. Le dernier étage de la Tour gouvernementale m’offrait une vue imprenable sur Asaria. Par-delà les autres édifices, tout aussi luxueux, un ciel de feu étendait ses ailes qui bientôt laisseraient place à la nuit qui envelopperait de ses ténèbres nos vies. Dans mon dos, on toqua une seule fois à la porte, me détournant de ce merveilleux spectacle, ma secrétaire personnelle, Marissa déposa devant moi le planning de mon emploi du temps de demain.

- Il est temps de rentrer chez vous, il se fait tard. Je vais rester encore un peu, du courrier à terminer.

- N’oubliez pas, Madame que vous avez réservée une table au Luxor  pour 21h30. Très bonne soirée à vous et à demain.

Dans un sourire amical, je regardais la jeune femme sortir de mon bureau. Elle partageait ma vie professionnelle depuis le tout début et j’avais une entière confiance en elle. La seule qui pouvait se targuer d’un tel statut auprès des autres employés de mon entourage. L’écran de mon ordinateur affichait déjà plus de 19 heures, je devais certainement être l’une des rares à hanter les couloirs du gouvernement. Une habitude que j’avais prise depuis des années et qui avait empiété inexorablement sur ma vie privée. Me replongeant dans mon travail, je n’avais pas vu l’heure défilait et c’est dans un soupir nerveux que j’éteignis mon ordinateur après avoir envoyé un dernier message au Docteur Stewart, du Centre de Recherches.

Mon bureau avait été soigneusement conçu selon mes idées, réunissant le côté professionnel de mon rang mais aussi le confort pour mes rendez-vous. Une porte, au fond de la pièce où je recevais mes invités, donnait sur la seconde partie dissimulée aux yeux des plus curieux. Un grand dressing avec des tenues de soirées ou des tailleurs, ainsi qu’une petite salle de bain. Faisant glisser la cloison qui me dévoilait le côté privé de mon bureau, le verrou de la porte se ferma sur la simple injonction de ma télékinésie. Le jet d’eau tiède de la douche me délesta de toute cette tension accumulée durant ces longues heures et après plusieurs minutes de détente, j’en sortis pour choisir ma tenue du soir. J’avais prévu un dîner au Luxor, sans cavalier, seule pour m’éloigner de tout ce stress et peut-être me perdre dans une soirée en évitant de trop réfléchir à ce que je fuyais depuis si longtemps.

La longue robe noire était fluide, en voiles légers qui se mouvaient au rythme félin de mes pas. Un corsage qui laissait mes épaules nues, et le soin à mes boucles brunes de venir, sauvages, se délester en harmonie sur ma peau. De hauts escarpins de même couleur et une petite pochette assortie, un maquillage subtil qui faisait ressortir l’azur clair de mes yeux et ma bouche sensuelle, une parure de diamants à mon cou, des boucles d’oreilles, un bracelet. Je sortis ainsi de mon bureau pour rejoindre mon chauffeur qui m’attendait depuis plusieurs minutes maintenant devant l’entrée de la tour gouvernementale.

Une vingtaines de minutes plus tard, la limousine blanche s’arrêta devant le somptueux établissement dont les clients, déjà, s’engouffraient à l’intérieur. Les spots extérieurs éclairaient le tapis rouge qui montait jusqu'à l’entrée des portes, gardée par deux agents de la sécurité. Mon chauffeur descendit le premier, contournant le véhicule pour venir m’ouvrir la portière. Basculant mes longues jambes sur le tapis, je pris la main de James pour en sortir, laissant retomber la soie du tissu soyeux qui épousait mes courbes féminines à la perfection. Un regard de givre sur ces hommes en costumes qui gardaient le palais des loisirs, un signe de leurs têtes pour me saluer lorsqu’ils me reconnurent, ouvrant les portes pour me laisser entrer et disparaître dans un mouvement de grâce. Les employés de la réception me saluèrent que déjà l’un des responsables du Luxor s’approcha de moi, pour déposer un baisemain délicat et se présenter.

- Heureux de vous recevoir parmi nous, madame la Grande Conseillère. Puis-je vous indiquer la salle de jeux avant de vous conduire à votre table?

- Avec plaisir.

Les quelques pas m’amenèrent dans la première salle qui se composait de plusieurs tables de jeux et d’un immense le bar. La foule était en pleine effervescence. Assise sur l’un des hauts tabourets en velours rouges, le barman me servit une Margarita que je venais de commander. Ma tranquillité fut très vite brisée par un homme, un Asarien, PDG d’une société immobilière que j’avais croisé plusieurs fois lors de certains galas.

- Une femme telle que vous ne devrait pas passer sa soirée seule, Miss De Nephthys puis-je me joindre à vous ?

- J'en serai ravie.

La discussion fut agréable laissant ainsi mes soucis de côté pour profiter de cet homme élégant et raffiné. Il était séduisant, beau parleur et aussi d’une agréable compagnie. Il m’invita à venir découvrir les divertissements auxquels il aimait s’adonner. Prenant son bras, je le suivis, sous les regards médusés des curieux qui n’avaient cessé de me tourner autour. La prestigieuse salle de jeux ornée de marbre et d’or, de cristal et d’argent nous accueillit dans son antre. Toutes les tables, de black jack, de pokers, de craps ainsi que les machines à sous étaient prisent d’assauts par les clients les plus insatiables. Des visages familiers virent à ma rencontre avec le respect dû à mon haut rang alors que mon cavalier me sortit de mes pensées. Son téléphone s’était mis à sonner et apparemment s’était une conversation qu’il ne pouvait refuser.

- Je vous prie de m’excuser  Madame, je n’en ai que pour quelques minutes.

D’un signe de tête je le saluais, me dirigeant vers les tables de jeux. J’observais avec attention tous ces hommes et ces femmes concentrés sur leurs dés où leurs cartes. Mon cavalier s’était absenté pour un petit moment. Ce n’est qu’au détour de plusieurs tables que je le vis … Ce ne furent pas tous ces badauds mielleux qui me troublèrent mais bien l’homme qui se trouvait à quelques mètres de moi, derrière une table de poker, enveloppé par la fumée de son cigare et dont je venais de croiser son regard aussi bleu et intense que le mien. Le rythme de mon cœur s’accéléra au même instant, je ne m’attendais pas à le voir ici et pourtant, nous fréquentions les mêmes lieux alors, où était mon mal l’aise ? Je l’admirai un instant jusqu’au moment où nos yeux se croisèrent. Je m’avançais alors contournant la table de jeu dans un mouvement lascif pour me positionner dans son dos. Tous les participants étaient focalisés sur leurs cartes et moi, j’avais en tête de m’amuser aussi. Je me penchais légèrement vers Tomas, effleurant de mes lèvres son cou pour venir lui murmurer, séductrice, quelques mots au creux de son oreille sous les regards ébahis des autres clients.

- J’espère que je ne te dérange pas ta concentration ? Je ne voudrai pas être responsable de la perte de ton jeu.

Mon cavalier refit son apparition au moment où je me redressais souriant à son petit geste de la main.

– Je vais devoir te laisser à tes cartes … Mon cavalier vient tout juste de revenir …






Dernière édition par Alianka De Nephthys le Lun 10 Mar - 18:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]   Sam 8 Mar - 14:59

Le Luxor et ses fastes...Il y avait un bon moment que je n'y avais mis les pieds, mes nuits ayant été accaparées ces derniers mois par ma fonction au sein du gouvernement. Être le chef de la milice n'était pas une sinécure mais une vie faite d'actions le plus souvent menées la nuit lorsqu'il fallait intervenir hors les dômes, et avant de lancer une offensive, il fallait bien avoir en main tous les renseignements nécessaires pour assurer la réussite totale de l'opération. J'étais comme ça. Une réussite incomplète n'avait pas de place dans ma vie et j'aimais savoir où je mettais les pieds exactement. Je partageais ce goût de la réussite complète et de l'organisation avec Alianka. L'un comme l'autre nous cultivions un goût certain pour le perfectionnisme et le sens du détail. Nous avions à cœur de tout contrôler dans nos vies et dans celle des Asariens. Pour le bien de notre communauté bien sûr mais pour notre équilibre personnel également. Mais cette rigueur que nous mettions en chaque chose avait son revers. Nous avions peu de temps pour cultiver une vie privée et nos bureaux étaient souvent les derniers à rester allumés tard le soir dans la Tour Gouvernementale. A la différence de certains membres du gouvernement, rares heureusement, dont je trouvais le travail discutable, le nôtre se devait d'être irréprochable. Être au sommet de la pyramide avait ses avantages mais aussi ses obligations. Je savais que parmi les Anciens certains n'hésiteraient pas à exploiter la moindre marque de faiblesse. Cela impliquait un investissement de chaque instant pour faire taire les insinuations de certains qui prônaient une guerre permanente contre les humains. Je préférais l'efficacité et la frappe chirurgicale à la débauche de violence qui pénalisait toujours au final la bonne marche de notre économie et de notre communauté. Être le chef  de la milice me donnait un pouvoir écrasant et presque total que certains s'attendaient à me voir utiliser à tout propos là où je préférais frapper fort et au bon endroit après avoir murement pesé les implications avec Alianka. Les armes du pouvoir devaient s'utiliser avec discernement et non aveuglément pour perdurer. Mettre Asaria à feu et à sang sans raison ne ferait que discréditer nos choix et même si je considérais que nous n'avions pas à les justifier à quiconque, je ne perdais pas de vue qu'engendrer le chaos ne pouvait qu'être préjudiciable pour nous. Pourtant je savais que cette évidence échappait à certains qui ne se complaisaient qu'à voir les humains baigner dans leur sang et le désordre régner dans les esprits. Nous avions dirigé Asaria d'une poigne de fer Alianka et moi et lorsque les Rebelles et les Pacificateurs avaient entrepris des actions pour nous déstabiliser, la riposte avait été immédiate et d'une ampleur bien supérieure à nos pertes. Nous avions même pris la main en enlevant cette enfant hybride mais nous l'avions perdue lorsque les Pacificateurs étaient parvenus à la libérer. J'entendais bien la regagner en démasquant ceux qui avaient fait échouer à moitié notre entreprise, à moitié car nous avions tout de même eu le temps de faire des expériences sur cette aberration de la nature et décodé son ADN. Mais un semi échec n'était pas une chose que j'acceptais et là encore la riposte ferait mal, très mal. Au bon endroit. Là où la trahison sévissait. Simplement, il me fallait avoir toutes les cartes en main avant d'agir et cela prenait du temps. J'étais patient pour bien des choses, tantôt lion embusqué attendant le moment propice pour bondir sur sa proie, tantôt dirigeant le clan au complet pour chasser un troupeau entier de dissidents et dans ce cas la patience me quittait pour faire place à la fureur. Mais toujours, mes actes étaient dictés par une raison, un objectif à atteindre clairement établi.

Au jeu, autour d'une table de poker, alors que je m'offrais quelques heures de détente, cet état d'esprit ne me quittait pas et j'avais observé chacun de mes adversaire minutieusement afin de jauger ce qu'ils pouvaient bien avoir dans les mains et ... entre les jambes. Il y avait tellement de signes qui pouvaient trahir les pensées d'un homme, ce qui agitait son âme, ses envies, ses doutes, ses peurs. J'avais développé très jeune, ce sens de l'observation et mon statut au sein du gouvernement n'avait fait que l'aiguiser. Couplé à mon pouvoir de suggestion et de pyrokinésie, cette aptitude laissait peu de chances à un suspect lors d'un interrogatoire. Ce soir, autour de cette table de jeu, je menais un interrogatoire silencieux sur les mains de mes adversaires, leurs doigts, comment ils tenaient leurs cartes, leur regard, ce qu'il trahissait, leur respiration, la transpiration qui mouillait leur chemise sous les aisselles, la sueur qui perlait sur leurs tempes, leur façon de renifler, de se gratter la barbe. Tout geste, toute manifestation corporelle avait un sens, était un signe. Le langage corporel! Voilà bien quelque chose qu'Alianka et moi maîtrisions à la perfection pour arriver à nos fins. Elle, en usant de sa féminité et de sa séduction pour imposer au Conseil des Anciens son autorité acquise de haute lutte grâce à sa brillante intelligence, moi pour diriger d'une poigne de fer la milice, assurer la sécurité d'Asaria et gérer ce point sensible qu'était le marché aux esclaves.

Alianka... Pourquoi mes pensées ne cessaient de me ramener à elle, même hors du cadre de nos responsabilités, même quand je m'octroyais quelques heures d'amusement ? Parce que ma relation avec elle dépassait largement ce cadre, qu'il y avait justement entre nous cette sorte de jeu permanent et de plus en plus provocateur entre séduction et résistance. Lequel de nous deux céderait le premier ? En avions-nous envie ? Le fallait-il ? Était-ce compatible avec nos fonctions ? Pour le moment ce petit jeu m'amusait. Serait-ce toujours le cas ? J'étais un joueur dans l'âme mais ce petit jeu là risquait bien un jour de bouleverser notre relation qui dépassait de loin le cadre du pouvoir. A moins que ce ne soit au contraire, pour elle, une autre facette de ce pouvoir et rien de plus. Le problème, c'était que pour moi c'était bien plus que cela. Elle avait pris mon cœur dans ses filets sans même le savoir et je supportais de moins en moins les approches mielleuses de certains membres du gouvernement qui tentaient de s'attirer ses faveurs. La tentation grandissait en moi de faire le vide autour d'elle et de ne l'entourer que de sous fifres dont les seules vues étaient l'exercice de leur devoir et non les charmes de la Grande Conseillère. Si je cédais un jour à cette tentation, il me serait aisé de les faire tomber en ourdissant un complot qui les discréditerait ou en faisant en sorte qu'une balle perdue les cueille lors d'une tentative de déstabilisation des Rebelles. Il m'était si facile de manœuvrer dans l'ombre pour les faire sortir de leur trou à rats et de provoquer un bain de sang au bon endroit, au bon moment. C'en était même grisant. J'attendais mon heure, patiemment... Pour le moment ...

Nous nous observions, mes comparses de jeu et moi-même depuis de longues minutes après avoir regardé nos mains respectives. Le type à ma droite avait doublé la mise. J'étais le second à parler sur quatre. Stratégiquement ce n'était pas la position la plus aisée. Il pouvait avoir une main pleine aux rois pour le moins si j'en jugeais par son un air content de lui, appuyé par sa mise. Ma mine impassible ne trahissait rien et je me contentai de lorgner les deux à ma gauche comme si j'essayais de sonder la valeur de leur main alors que je savais déjà qu'elle ne dépassait pas la mienne, et peut-être pas celle du type, s'il ne bluffait pas... Alors que je tirais sur mon cigare pour m'octroyer une minute de plus de réflexion, je sentis un souffle dans mon cou et la voix envoûtante d'Alianka se glissa dans mon oreille. Ma main chercha son visage sans que je me retourne et caressa sa joue.

- Tu ne me déranges pas, bien au contraire. Tu vas me porter chance. Et je peux jouer et saluer une femme, si belle fut-elle, sans perdre la main des deux côtés.


Pas si sûr ! Je plissai les yeux pour détailler le chevalier servant du moment lorsqu'elle m'annonça qu'elle partait déjà. Belle allure, belle réussite si on en jugeait son costume impeccablement taillé. Mais l'habit ne fait pas totalement le moine. Assez pour que cet oiseau-là finisse la nuit dans les draps d'Alianka. Cela me piqua plus que je ne l'aurais voulu.
Je me cantonnai pourtant à ma simple fonction.

- Bonne chance à lui alors! Si tu sors de l'enceinte du Luxor avec lui, n'oublie pas d'en informer la garde chargée de ta sécurité. Pas d'escapade par la porte de service, ok ? Bonne soirée.

J'avançai mes jetons sur la table en annonçant

- Je suis.

Je lus la perplexité dans le regard des deux autres et cela me fit sourire. Ils ne devaient pas avoir une très bonne main et je sus que le type qui avait parlé avant moi n'avait pas bluffé. Je pouvais fort bien perdre toute ma mise et dire adieu au pot. J’attrapai la main d'Alianka et la retint alors qu'elle faisait mine de rejoindre son "cavalier" comme elle l'appelait.

- Tu restes jusqu'à la fin de la manche, pour me porter chance ? Tu as toute la nuit pour profiter de ton toutou. Et puis il n'avait qu'à pas te laisser seule ! Vas donc nous commander une bouteille de whisky. Qu'on boive à ma victoire ou à ma défaite ! Monsieur va bien pouvoir tirer deux chaises pour toi et lui ? Je suis certain que mes compagnons de jeu seront enchantés d'avoir la plus belle femme d'Asaria à leur table, n'est-ce pas messieurs ?

C'était sorti, sec et direct, comme ça me venait. Les hostilités étaient ouvertes entre lui et moi, et aussi entre elle et moi car je savais que si elle ne faisait pas d'éclat, le retour de bâton serait cinglant malgré tout. Peu m'importait d'essuyer sa colère, je jouais mon va-tout. Je n'allais tout de même pas la laisser passer la soirée avec ce guignol endimanché ? Les autres joueurs, outre la tension due au jeu, sentirent bien que le grabuge n'était pas loin et qu'il ne fallait pas contrarier le lion de feu dont le regard venait de changer de couleur en fixant le fameux toutou, car tous opinèrent de la tête et adressèrent leur sourire le plus courtois à Alianka. Ils étaient certainement flattés aussi à l'idée que cette Déesse assiste à leur combat, même s'ils devaient se faire ramasser en beauté.


Dernière édition par Tomas Van Brenner le Sam 8 Mar - 17:08, édité 2 fois
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]   Sam 8 Mar - 16:41

Bien avant que je m’approche de la table de poker, son aura s’imposait autour de ce jeu et de ses adversaires. Le Lion n’était pas homme à courber l’échine, et personne ne pouvait prétendre à le battre quel que soit le terrain. Un animal prêt à bondir car aucun obstacle ne pouvait le ralentir. J’admirai l’Ancien au milieu de cette adrénaline et de cette ambiance si palpable. Je connaissais Tomas Van Brenner depuis la fondation d’Asaria. Nous n’étions donc pas des inconnus l’un pour l’autre. A la fois amis, confidents et surtout alliés dans une politique que nous désirions implacable, nous étions le duo puissant de ce gouvernement et c’était ainsi qu’il avait pris la place près de moi, comme un bras droit ou un premier ministre. Une fonction supérieure aux autres. Ces mêmes autres qui le craignaient dès qu’il soumettait ses opinions et ses objectifs de sa voix virile. Entre nous, il y avait une alchimie indéfinissable. Une limite que ni lui ni moi n’avions dépassé car nous savions peut-être, inconsciemment, que tout changerait si nous cédions à l’appel de l’enfer. Bien au-delà de cette relation particulière et très forte, nous nous ressemblions avec  cette même obsession d’être le chasseur attirant dans leurs griffes des proies bien précises quand l’envie se faisait maîtresse. Nous agissions tous les deux un peu de la même façon, peut-être était-ce là la si bonne entente entre nous deux…Je me retrouvais en lui, comme s’il était mon alter-égo masculin. Je n’avais pas besoin d’user de mes dons de télépathie sur Tomas, et jamais je ne m’en étais servie. Je devinais ce qu’il pensait ou bien les soucis qu’il cachait derrière son air angélique et ces sourires de séducteur dont bien de femmes avaient succombé devant un tel charme ténébreux. Lui aussi était en mesure de repérer mes doutes juste en observant mes réactions. Les masques ne nous servaient plus l’un devant l’autre. Mais comme tout, Il y avait des entraves qu’il ne valait mieux pas briser, des chaînes qui nous retenaient pour éviter des situations qui nous échapperaient. J’en étais consciente depuis le premier jour où j’avais posé mes yeux sur lui, depuis le jour où son sourire avait su percer mon carcan de glace. Nous étions comparés à des félins, des fauves, indépendants et puissants, sans aucune attache, libres et sans contraintes. Nous étions tout cela et même encore plus. Pourtant face à lui, il m’était arrivée de défaillir sans qu’il ne s’en aperçoive- du moins c’est ce que je pensais encore- des regrets lorsque dans ces réceptions je le voyais au bras de ses nouvelles conquêtes, une envie que je taisais depuis tant d’années que j’avais étouffé avec ma raison. Je fermais mes yeux une fraction de seconde pour chasser toutes mes pensées avant de sourire à la caresse de sa main sur ma joue. Ma peau était froide comme la panthère de glace que j’étais et certainement due aussi à mon pouvoir sur la cryokinésie, autrement dit le froid. En opposé, Tomas était le feu, et la brulure de son contact me fit soupirer d’aise.

- J’espère bien ne jamais te déranger. Et si je te porte chance, il en sera encore plus agréable pour moi. Tu n’aimes pas perdre Tomas … ce soir encore plus …

Vipérine, j’avais glissé mes derniers mots à son oreille tandis que les joueurs nous observaient d’une façon bien trop curieuse à mon gout.  J’avais très bien compris à quoi il faisait allusion dès l’instant où mon cavalier revint de sa conversation téléphonique importante, lui offrant un petit signe de tête à son geste de la main. Il me paraissait impatient que je quitte la proximité du ministre de la sécurité pour retrouver notre tête à tête plus personnel. Je m’excusais auprès de lui mais sa réplique presque cinglante me fit arquer un sourcil narquois. Ma main se posa sur son épaule, crispant mes doigts sur celle-ci. Je restais fière et impérieuse, souriant aux personnes qui se trouvaient autour de cette table.

- Tu voudrais peut-être que je te donne mon emploi du temps pour ces dernières heures ? Allons puisque tu le demande si gentiment … Je me baissais de nouveau pour lui murmurer quelques mots que lui seul pourrait entendre. Encore quelques verres et je vais suivre mon cavalier jusqu’à chez lui, certainement jusqu’aux premières heures de la matinée. Je te rappelle que demain matin nous sommes samedi, et que ni toi ni moi nous ne travaillons. Tu veux des détails supplémentaires ?

Je pouvais être de glace et superbe à la fois. Je repris une position souveraine près de lui, me mordillant la lèvre pour m’empêcher de sourire. Titiller et agacer le Lion et le fauve se montrerait encore plus sauvage et flamboyant. Nul besoin d’utiliser mes pouvoirs, je pouvais ressentir la tension entre mon partenaire et le lion de feu. Pourquoi cela ne m’étonnait pas ? Je voyais bien où Tomas voulait en venir et, je ne pouvais nier que c’était très tentant de finir ma soirée à son bras. Malgré cela, j’étais toute aussi joueuse que lui. Je reculais pour le laisser tranquille mais il attrapa ma main pour me ralentir. Mon regard azur pénétra le sien sans aucune gêne, écoutant les ordres du ministre.

- J’aurai bien aimé être l’inspiratrice de ta victoire mais tu devras faire tout cela sans moi. Mon toutou, comme tu le nommes si bien, veut m’inviter à danser, et j’ai une folle envie de fouler la piste de danse.

Je tournais légèrement la tête sur le côté, hélant d’un signe de main un serveur qui s’approcha  s’inclinant devant la femme de pouvoir que j’étais. Je lui commandais la meilleure bouteille de whisky pour le ministre et ses compagnons de jeu.=, et il s’empressa de vite rejoindre le bar.

- Une petite consolation. Sur ce … Monsieur le ministre. Messieurs … Je vous souhaite une très bonne fin de soirée.

Mon cavalier me présenta son bras, saluant très brièvement Tomas d’un regard noir. Je le suivis d’un mouvement gracieux jusqu’à la piste de danse où la musique nous emporta sur des notes délicieuses.




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MessageSujet: Re: (Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]   Sam 8 Mar - 18:32

Je ne pus retenir un sourire plein d'ironie. Comme je la connaissais bien! Je savais parfaitement à quoi je m'exposais en lui demandant d'aller nous chercher à boire et en reléguant son futur amant au rôle de larbin qui avance les chaises. J'avais piqué sa fierté et la réponse ne se fit pas attendre. Si mes recommandations avaient pu passer à ses yeux comme un zèle à vouloir la protéger, mon revirement, alors que je venais de lui souhaiter une bonne soirée, ma tentative pour la retenir en dénigrant publiquement celui qui l'accompagnait avaient été perçu pour ce qu'ils étaient: une provocation visant à tourner en dérision le couple qu'elle formait pour un soir avec ce type que je jugeais trop insignifiant pour elle. Une façon de la piquer au vif mais une piqûre de rappel qui semblait dire " je suis le meilleur pour toi et tu n'en trouveras pas un qui m'arrive à la cheville". Une autre femme se serait laisser fléchir et aurait couru me chercher la bouteille au bar, plantant là le cavalier furibond. Mais Alianka n'était pas comme toutes les femmes. Il suffisait que je prétende lui imposer ma volonté pour qu'elle s'empresse de me démontrer qu'elle restait maîtresse de ses choix. Il suffisait que je manifeste le désir de l'avoir à mes côtés pour qu'elle mette un homme et plusieurs même entre elle et moi. Et je ne pouvais l'en blâmer. Je me comportais exactement de la même façon si la situation était inversée. Il n'y avait guère que dans l'exercice du pouvoir d'état que nous arrivions à céder aux conseils de l'autre et à faire des compromis. Dans le jeu de séduction que nous nous livrions, la règle était plutôt, ignore moi, je te désire/désire moi, je t'ignore. J'avais perdu la main cette fois, mais pas pour longtemps.

- Ton emploi du temps, je le connais par cœur. Je te signale que chaque matin je le vise pour distribuer les postes aux membres de ta garde rapprochée et fixer leurs missions. Tu devais passer la soirée seule. Ils ont pour consigne de te protéger où que tu ailles et de quiconque, même de toi-même.Dis-je en fixant le type qui l'attendait les bras ballants. Travail ou pas, tu restes une cible potentielle et je suis chargé de la sécurité de tous les Asariens..

J'avais senti ses ongles légèrement offensifs à travers ma chemise, lorsqu'elle avait posé sa main sur mon épaule mais ce fut moi qui eut envie de sortir mes griffes lorsqu'elle déclina ma proposition après m'avoir dévoilé ses projets de fin de soirée. Ahh que cela faisait mal ! Et que c'était bon, en même temps, d'être le jouet de sa provocation. De lire dans son regard le plaisir qu'elle prenait dans notre joute.

- Merci pour la bouteille. Mais je n'ai rien à consoler. Je suis heureux d'entendre que tu t'octroies enfin un peu de bon temps. Tu travailles tellement ! Fais juste attention à ne pas lui marcher sur les pattes. Avec tes escarpins, il risque de glapir de douleur et je doute qu'il soit aussi bon danseur que moi.

Gratifiant le chevalier servant d'un haussement de sourcils entendu, je détournai le regard du couple qu'il formait avec Alianka et tirai une bouffée de plus sur mon cigare alors que les autres joueurs étaient suspendus à nos lèvres, bien plus captivés à présent par ce qui se tramait que par la partie.

- Nous attendons votre annonce, Steve... Je sais que Mademoiselle la Grande Conseillère trouble tous les hommes mais je serais fâché que la manche perde de son panache. Allons mon vieux, votre mot !

Le dit Steve sembla sortir d'un songe lorsqu'il fixa son jeu d'un air navré et annonça d'une voix chargée de regret

- Je ... je me couche ...

J'émis un petit rire sardonique avant de m'exclamer:
- Allons donc ! Vous aussi ! Mais la soirée ne fait que commencer! Un peu de piment et de sel, que diable! Il faut savoir prendre des risques dans la vie. Il ne faut pas vous laisser impressionner! Pourquoi la jouer petite alors que vous pouvez rivaliser avec moi ? Faudra-t-il que je fasse fuir tout le monde ?

Le quatrième larron annonça qu'il passait. Nous retrouvions donc seuls mon voisin de droite et moi. Le moment était venu de jouer cartes sur table et tandis que je voyais la silhouette d'Alianka danser dans les bras de ce type dans la salle attenante donc les portes étaient largement ouvertes, j'annonçai le cigare aux lèvres

- Quinte royale! Je l'avais bien dit qu'elle me portait chance !

Mon adversaire abattit ses cartes, médusé. Sa main pleine aux rois par les trois ne lui était guère d'un grand secours.

- C'était bien tenté, Dylan. J'y ai presque cru, surtout quand Steve s'est couché. Mais la chance me souriait. Dis-je en rassemblant le pot, prenant soin d'en écarter une petite partie, et appelant un garçon de salle pour qu'il aille créditer mon compte avec mes gains.

Celui-ci accourut empressé et me salua en félicitant mon jeu. Il n'était pas plus tôt reparti avec la caisse de jetons que le serveur appelé par Alianka nous apportait la fameuse bouteille de whisky. Je la débouchai et servis moi-même mes compagnons de table malheureux qui acceptèrent de bonne grâce de trinquer avec moi. Mon regard devait sans doute refléter mon état d'esprit car aucun ne semblait disposé à quitter la table au risque de me vexer. La victoire avait pour moi un goût amer, mais c'était une victoire quand même. Je prenais conscience qu'aucune ne serait aussi grisante que celles que je partageais avec elle. Mes compagnons fêtaient sportivement ma chance insolente et comme chaque fois qu'il y avait un vainqueur à une table, de jeunes femmes sorties on ne sait d'où vinrent tourner autour de nous comme des abeilles autour du miel. J'éclatai de rire et levai mon verre en disant:

- Voyez messieurs, la chance continue à sourire... Mais je vais vous laisser là et vous en faire profiter. Passez une bonne soirée avec ces demoiselles et usez bien de ces quelques jetons que je vous ai réservés! Jouez, prenez du bon temps... Le devoir m'appelle. dis-je en me saisissant de mon portable et en composant un numéro. Ils me saluèrent chaleureusement, les filles marquant leur désappointement de me voir partir si vite, et je m'éloignai de la table pour donner mes instructions.

- Lieutenant, si la Grande Conseillère passe le pas de la porte accompagnée, je veux que vous la suiviez et je veux l'adresse où elle se rend ainsi que l'identité de la personne qui l'accompagne. Tenez moi au courant et je veux un rapport détaillé sur mon bureau demain matin. Vous le déposerez vous-même... et je compte sur votre discrétion, cela va sans dire.

Je me ravisai et fis demi tour jusqu'à la table et avisai une jolie rousse parmi les filles qui y avaient pris place pour tenir compagnie à mes comparses. Je m'inclinai et lui pris la main pour y déposer un baiser tout en la fixant de mon regard d'azur.

- Me ferez-vous le plaisir d'accorder une danse au vainqueur, mademoiselle ?

Surprise, elle rougit jusqu'à la racine des cheveux mais s'empressa de se lever et d'accepter mon bras sous le regard entendu de la tablée. Nous fîmes une entrée remarquée sur la piste de danse alors que je l'entraînais sur un rythme langoureux.
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Alianka De Nephthys
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MessageSujet: Re: (Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]   Lun 10 Mar - 10:01

La glace et le feu : deux éléments incandescents et puissants qui ne cédaient jamais devant aucun obstacle ni défi. Tomas ne cessait de jouer même lorsqu’on se retrouvait l’un en face de l’autre. Il n’y avait que dans la sphère politique où nous cessions toutes oppositions et que nous rallions la même unité face à nous ennemis. A l’heure actuelle nos adversaires avaient l’apparence de nos cœurs et de nos sentiments. Il pouvait dénigrer mon cavalier, il en demeurait pas moins un homme intéressant, et si j’aurai pu avoir à un moment donné l’envie de laisser mon toutou pour rester auprès de lui, sa hargne et sa jalousie ne me confortaient pas dans cette situation. Pourquoi ne dis-tu pas avec des mots précis ce que tu veux de moi ? Je suis lasse de toute cette comédie entre nous deux. Après toutes ces longues années, tu préfères finir tes nuits entre les cuisses de maitresses au lieu des miennes. Alors … penses-tu que je veuille faire un effort là où je vois qu’il n’y aura jamais aucun espoir ? Devenir le spectacle intéressant pour tous ces joueurs qui semblaient être plus concentrés sur notre joute verbale que sur leurs cartes, très peu pour moi. Je savais me tenir en public, et je gardais une voix douce et stricte à la fois.

- Mon emploi du temps ne veut pas dire t’immiscer dans ma vie privée. Je respecte le travail de tes hommes mais là tu dépasses les limites. Tu ne voudrais pas que je te donne aussi tout le déroulement de ma nuit et le nombre d’orgasmes que je vais avoir ?

Les hommes autour de la table se raclèrent la gorge, d’autres se mirent à tousser pour replonger très vite dans leurs cartes. Je détaillais leurs visages empourprés par la gêne et mes prunelles devinrent toutes aussi glaciale que le surnom que l’on me donnait depuis la fondation de notre chère cité. Je hélais un serveur et celui-ci revint peu de temps après avec l’une des meilleures bouteilles de whisky de l’établissement.

-Tu es trop aimable de d’inquièter pour moi. Si ce toutou ne me convient pas ou s’il n’est pas assez endurant, j’en chercherai un autre. Puisque tu me donnes l’autorisation de m’amuser durant tout mon week-end, je ne veux pas te décevoir mon cher ami.

Je saluais les joueurs et dans une démarche féline au son du froissement soyeux de ma longue robe je retournais auprès de mon partenaire qui me guida vers la piste de danse. Ma joue contre la sienne, nous entamions les premiers pas de danse sur une musique langoureuse. Même si j’avais été victorieuse dans notre tête à tête, un gout amer ne me quittait pas. C’était tout contre lui que j’aurai voulu danser. Sentir la chaleur de ses bras se refermer autour de moi, le frisson de ses lèvres contre les miennes.  Encore plus quand je le vis inviter une splendide rousse incendiaire. Orgueilleuse et fière jusqu’au bout des ongles, je ne montrerai en aucune façon la moindre émotion. Les années m’avaient forgée pour devenir redoutable tant en affaires que dans ma vie privée. La main de mon cavalier se resserra dans le creux de mes reins tout en m’avouant la suite de notre nuit. J’acceptais de quitter le Luxor sans aucune cérémonie supplémentaire mais je n’avais pas perdu de vu un échange peu avant entre Tomas et un homme. Nous traversâmes la grande salle mais mes sens étaient aux aguets.

- Vous permettez quelques minutes. Je vous rejoints au plus vite.

Mon cavalier resta un instant interloqué par mes paroles avant de déposer un baisemain et de récupérer sa Mustang dernière version et le voiturier qui lui présentait les clefs. Nul doute que je jeune garçon aurait certainement aimé la conduire un peu plus longtemps. Je fis volte-face pour me retrouver nez à nez avec la silhouette familière que j’avais remarqué un peu plus tôt dans la soirée. L’homme en costard cravate eut le réflexe de tenter de faire demi-tour mais je l’en empêchais, freinant ainsi sa retraite mal calculée.

- Lieutenant… Quelle fidélité que vous avez là auprès du ministre Van Brenner. Cela fait des années que je connais sur le bout des doigts les méthodes d’agir du ministre. Il vous a demandé de me suivre, de lui fournir l’adresse où je me rends, le nom de la personne qui m’accompagne. Et bien sûr lui donner un rapport détaillé demain matin à la première heure sur mon bureau. Ai-je oublié quelque chose dans tout cela ?

- Non Madame la Grande Conseillère.  Vous avez très bien résumé la situation. J’ai des ordres. Je les exécute au risque de perdre mon poste et ma place.

- Pourriez-vous me prêter votre carnet et votre stylo ?

L’homme sortit de la poche de sa veste  son carnet qu’il me tendit. J’écrivais un mot pour Tomas, un petit message où je lui expliquais a façon de penser. Je déchirais soigneusement la page la pliant en deux et que je remettais au Lieutenant.

- Allez apporter cela au ministre. N’ayez crainte. Au-dessus de lui, il y a moi. S’il vous vire sous la colère et la frustration, venez me voir lundi matin à mon bureau. En attendant, passez une bonne fin de soirée, vous et vos hommes. En ce qui concerne Monsieur Van Brenner, au bras de cette rousse, je pense que c’est déjà fait.

Je soupirai et dans toute ma splendeur, je me détournais de lui, marchant en direction de mon partenaire qui avait eu la politesse de m’attendre bien que je pouvais observer toute son impatience se déchiffrer dans sa posture et son sourire lorsqu’il m’aperçue. Il m’ouvrit la portière côté passager et je m’engouffrais à l’intérieur de l’habitacle tout en cuir. Un sourire arrogant et fier ourla mes lèvres aussi rouges que pouvait être le sang de mes victimes. J’imaginais la scène qui devait se jouer à l’intérieur du Luxor et les yeux de Tomas à la découverte de mon message.

« Je n’ai pas besoin d’un chaperon pour ma nuit. Tu veux l’adresse de mon amant et son nom ? Tu vas devoir venir toquer à la porte de mon bureau lundi matin. Sur ce, je dois étrenner ma nouvelle lingerie toute en dentelles. Passe une bonne soirée en compagnie de ta sulfureuse rousse.
Aly. »


Le moteur gronda et la mustang fila à toute allure sur le périphérique. Il était temps de mettre les choses au clair avec Tomas. La nuit porte conseil dit-on et j’avais besoin de toute la maitrise de mes émotions pour mon affrontement dès le début de la nouvelle semaine qui arriverait plus vite que je ne pourrai l’espérer avec lui car il ne manquerait de venir m’expliquer son mécontentement.
Tout ne fait que commencer …




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MessageSujet: Re: (Terminé) Le destin met beaucoup de hasard dans son jeu [Tomas]   Lun 10 Mar - 18:45

Je dansais avec la jolie cavalière rousse qui avait accepté mon invitation tout en me remémorant  les paroles d'Alianka avec un sourire satisfait sur les lèvres. Il fallait qu'elle soit sacrement en colère pour évoquer ainsi en public le nombre possible de ses orgasmes et lui asséner des phrases aussi lapidaires et incisives. J'aimais la mettre hors d'elle, particulièrement lorsque ses agissements me blessaient. La voir au bras d'un autre en faisait partie.

- Qu'est ce qui vous fait ainsi sourire monsieur le Ministre ?

Je fus tiré de mes pensées par la question de ma charmante cavalière.

- Mais, la chance insolente qui ne cesse de me sourire aujourd'hui ma chère. Celle de vous tenir dans mes bras en particulier. Je ne connais même pas votre nom! Allez-vous faire tomber le voile ?

- Abigail O' Brian. Je suis danseuse au Luxor depuis deux mois.

- Hmm du sang irlandais. J'aurai dû m'en douter. Votre couleur magnifique est naturelle. Je constate avec plaisir que le directeur du Luxor a toujours aussi bon goût en matière de recrutement.

Elle rougit une fois encore sous mes compliments et je dois dire que je trouvais cela rafraichissant. Une femme pas encore blasée par les marques d'admiration. Peut-être que je ne finirais pas seul moins aussi, cette soirée et que la nuit s'annonçait moins solitaire que prévu. Alors que je resserrais mon étreinte et dansais joue contre joue avec la belle irlandaise, j'eus le déplaisir de voir Alianka quitter la piste de danse au bras de son cavalier et je pensai à voix haute:

- Tsss ! Tu me suis, je te fuis! Ce n'est vraiment pas fair play Aly. Toi qui prétendais avoir une folle envie de danser, voilà qu'une autre, plus dévorante te pousse à disparaître au bras de ce bellâtre.

Cette phrase marmonnée suscita la surprise chez ma partenaire et je lui adressai un sourire ravageur. Je n'allais pas gâcher ma soirée en imaginant Alianka dans les bras de cet homme. J'aurai bien assez de jours pour être hanté par cette idée. Qu'elle aille au diable avec ce type. L'homme que j'avais missionné pour la protéger me ferait un rapport complet dès demain. Je décidai donc de chasser la pensée qui m'obsédait et résolus de passer une excellente soirée en bonne compagnie. Hélas, cette résolution se heurta à l'apparition du Lieutenant que j'avais chargé de prendre la femme de mon cœur en filature. Il avait l'air très ennuyé et me jetait des regards penauds et pleins de crainte. Je cessai de danser et m'excusai auprès de ma cavalière avant de la raccompagner jusqu'à une table et de héler un serveur pour commander une bouteille de champagne. Puis je m'éclipsai pour rejoindre le milicien qui m'attendait à moitié dissimulé derrière une colonne.

- Qu'est- ce que vous faites là, Lieutenant ? Ne devriez-vous pas être en train de suivre la Grande Conseillère comme je vous l'avais ordonné ?

- Elle m'a repéré... Et elle a ordonné que je ne la suive pas et que je vous remette ce message. Ajouta-t-il en tendant un bout de papier.

-Imbécile ! Ne vous avais-je pas recommandé la plus grande discrétion ? Vous savez que vous avez à faire à la plus intelligente des femmes et vous vous laissez repérer comme un bleu. Dès demain vous êtes réaffecté aux patrouilles dans le bidonville.

Lorsque je pris connaissance du message un voile rouge passa devant mes yeux et mon bras se détendit tel un ressort, étalant le malheureux au sol à la grande stupéfaction des clients qui déambulaient. Je me rendis en le plantant là jusqu'à la réception du Luxor et demandai à voir promptement le directeur qui apparut aussitôt, empressé de me satisfaire.

- Tout va bien Monsieur le Ministre ? Que puis-je pour votre service ?

- Tout va pour le mieux et je passe une excellente soirée dans votre établissement. Votre personnel est charmant, en particulier cette demoiselle O' Brian. Dis-je en jetant un oeil en direction de ma cavalière qui patientait seule à sa table.

Le directeur s'inclina satisfait du compliment et je le pris par le bras amicalement.

- Toutefois, mon bonheur serait complet si je pouvais adresser mes hommages accompagnés d'une bouteille de Dom Perignon et d'un bouquet à Madame la Conseillère qui vient de s'éclipser en fort bonne compagnie. Connaissez-vous le nom et l'adresse de cet homme ?

Le malheureux homme parut embarrassé mais mon regard pénétrant lui fit passer outre son hésitation.

- Certainement. Il s'agit de l'homme d'affaires Ethan Rhodes, un de nos clients les plus fidèles. Il habite une belle villa sous le Dôme résidentiel.

- Merci infiniment, Monsieur. Je vous souhaite une bonne fin de soirée.

Ayant obtenu les renseignements que je désirais, j'appelai la section d'assaut de la milice et je donnai des instructions claires et précises.

- Dans une heure, vous lancerez une opération de perquisition au domicile d'Ethan Rhodes. C'est un homme d'affaires dans l'immobilier. Des informateurs nous ont signalé qu'il exerçait un trafic d'influence auprès de la commission au logement et vendait des maisons aux Humains à prix d'or sans verser la taxe qui nous revient de droit. Vous effectuerez une fouille minutieuse et noterez scrupuleusement l'identité de ses domestiques et des éventuels invités qui seront présents chez lui ce soir. Mais attendez un peu qu'il soit rentré chez lui pour intervenir. Je veux marquer son esprit et bien lui faire comprendre qu'on ne roule pas le Gouvernement dans la farine impunément.

Je raccrochai, un sourire plein d'amertume aux lèvres, bien conscient que les moyens que je mettais en œuvre étaient à la mesure de ma blessure. Je n'en avais cure. J'en avais plus qu'assez de ce petit jeu entre Alianka et moi. Cette fois elle en ferait les frais en se retrouvant impliquée dans une perquisition. Cela lui apprendrait à fréquenter n'importe qui. Que cet homme fût honnête et innocent était le cadet de mes soucis. A mes yeux, il avait commis deux actes inacceptables : Tourner autour de celle que j'aimais et avoir sa préférence.

Je retournai à la table ou m'attendait ma cavalière mais pas pour continuer à m'amuser. Je n'avais plus le cœur à cela. Je pris congé poliment et lui laissai le soin de trouver un autre homme pour leur tenir compagnie à elle et à la bouteille de champagne à peine entamée. Je regagnai mon domicile et m'affalai dans le canapé pour me saouler à l'aide de plusieurs bouteilles de bourbon. Quand le téléphone sonna, je bondis, l'esprit légèrement embrumé. La voix du responsable de l'opération se fit entendre au bout du fil.

- Nous avons accompli notre mission. Monsieur Rhodes était seul au moment où nous avons pénétré dans sa demeure mais nous avons vu une femme s'enfuir dans la nuit. Elle a sauté dans un taxi. Nous n'avons pas pu l'identifier car il faisait trop sombre. La perquisition n'a rien donné de probant. Doit-on arrêter le suspect ?

- Non, non. Laissez les mijoter dans leur jus. Bon boulot Evans. Ce sera noté dans votre dossier. Dommage que vous n'ayez pu intercepter la femme. Poursuivez vos investigations de ce côté. Je veux son identité.
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