[Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
Invité
avatar

MessageSujet: [Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)   Ven 7 Avr - 23:24



20h00

Le Général passait en revue les derniers ordres de mission avant de recevoir le Major Chastain, l'homme qui faisait la pluie et le beau temps dans les rues d'Asaria. Bien entendu, cet officier devait lui rendre des comptes pour chacune des décisions qu'il avait pris, mais son statut un peu spécial lui conférait une place à part dans les rouages du pouvoir. Il contrôlait les allées et venues des citoyens dans les Dômes et seul un mandat de la Milice des frontières ou un décret anti émeute pouvait prévaloir sur ses ordres et décisions. Autant dire que c'était lui, l'homme qui surveillait le quotidien de la Cité et de ses âmes, lorsqu'aux autres Milices étaient dévolus les cas exceptionnels. Tomas ne commettait pas l'erreur de nombre de ses subalternes, de méjuger la Milice Municipale. Chastain était le garant de la paix de cette immense Cité sous cloche propice aux ferments et aux frictions comme tout espace clos et confiné. Grande était Asaria, vastes étaient les Dômes, mais exponentielle était la croissance démographique. Et le Lion était bien conscient que la mission de cette Milice devenait de plus en plus délicate et complexe au fil des mois.

Chastain n'était pas facile à manœuvrer. Il était peu sensible aux flatteries, aux honneurs et sa naissance le mettait à l'abri du besoin ce qui le rendait peu corruptible. C'était le genre d'homme à obéir à des convictions qui protégeaient ce qui lui était le plus cher. La loyauté était sans doute la valeur qui définissait le mieux le Major. Mais Van Brënner sentait obscurément que cette loyauté n'était pas aveugle et dénuée de raisonnement, à la différence celle de la soldatesque qu'il dirigeait. Chastain n'était pas un être binaire, bien qu'il put le laisser paraître. Pour autant Tomas allait devoir composer avec cet élément d'incertitude pour gérer le Bidonville durant l'opération Catacombe. Le Lion n'était pas naïf au point de penser que ce qui se passait en dessous n'aurait pas de répercussion en dessus. Pour s'assurer une gestion de crise impéccable aucun gradé, aucun officier n'était mieux qualifié que le Major Chastain qui était venu à bout de nombreuses situations de crise par ses talents de négociateur. Cet homme savait néanmoins faire parler les armes lorsque les mots s'avouaient en échec ou passer le relais quand la situation dépassait ses prérogatives. Il l'avait fait durant l'assaut de l'Orphelinat où son aide avait été précieuse pour négocier la libération des otages avant le nettoyage. Les "insurgés" réfugiés dans le bâtiment avaient accepté, après discussion avec Chastain, de laisser sortir les Asariens en visite de mécénat qui s'y trouvaient au moment de l'encerclement. Cela avait épargné des vies innocentes et surtout une mauvaise publicité au Gouvernement et à la Milice...

Suite à cela, Tomas avait pu lancer ses troupes, ses chars et ses véhicules lourds à l'assaut et raser l'édifice.  Une presse dissidente avait fait campagne contre le boucher du Bidonville et caricaturé Tomas en ogre et Chastain en ogresse avec des jupons de matrone . Ce torchon titrait " L'ogre et sa complice : Milice Municipale. On avait aussi vu fleurir des caricatures de Van Brënner sortant son chien  en laisse, lequel avait les traits du Major. Celui-ci, vivant dans la proximité de la population, était forcément plus exposé que Tomas, donc plus vulnérable. Aussi avant que ne débute l'opération Catacombes, le Lion voulait-il s'assurer qu'aucun de ses fronts n'avait de fissure. Un homme doute toujours au moment de donner la mort. C'est viscéral, lié à l'instinct de préservation de la vie. Mais chez un soldat, chez un Milicien, ce n'était pas acceptable. L'instinct de survie de l'espèce prévalait alors sur tout. Par espèce, il fallait entendre exclusivement : asarienne. Plus que jamais. Tomas n'avait pas de raison objective de douter de cet officier dont les parents étaient morts sous les bombes d'Humains, les Rebelles... La seule ombre au tableau était que cet élément avait toujours usé de méthodes non inscrites dans le manuel du Milicien. Il avait des résultats mais par des voies que Van Brënner ne se serait pas abaissé à utiliser. Pouvait-on imputer cette démarche de proximité à la spécificité de la Milice Municipale ? Il était difficile de le dire. Chastain était le premier Major de ce Corps créé par Tomas lui-même. Une entrevue permettrait certainement de démêler les doutes et de renouveler la confiance entre les deux hommes. Même si les minutes étaient précieuses et comptées, Van Brënner se devait de s'assurer de l'inflexibilité de ce Milicien, d'autant plus que Sheppard s'était littéralement volatilisée. Plusieurs disparitions inexpliquées s'accumulaient depuis des mois sous les Dômes et ce dans toutes les couches de la population. Tomas s'en était rendu compte en demandant un rapport statistique. Même si on pouvait expliquer les disparitions humaines par une fuite dans les Terres sauvages pour rallier un de ces repaires de dissidents ou un village humain, restaient celles des Asariens, plus mystérieuses. Alors, rapt, suicide, ou règlement de compte ? Même la théorie du complot et de l'assassinat par des humains ne pouvait expliquer autant de disparus dont les corps n'avaient jamais été retrouvés. Le Lieutenant  Sheppard semblait être la dernière victime en date ... Mais il y avait eu des précédents. Même si on se doutait que Marian Carlyle avait déserté, on restait sans nouvelle du Commandant Ströss. Chez les civils le constat n'était guère plus rassurant. Il semblait qu'une main mystérieuse prélève un pourcentage de la population asarienne, toute race, couche sociale et profession confondues.

C'était un autre problème auquel le Général devrait s'attaquer avec, précisément, l'appui du Major de la Milice Municipale. Car qui, mieux que lui pouvait avoir en main des indices sur la disparition de ces individus ? Pour l'heure, il s'agissait de circonvenir un ennemi bien identifié: les Rats ainsi baptisés par les Miliciens et communément appelés les Insoumis. Eux et par extension tous ceux qui leur permettaient de survivre, c'est à dire les Humains. Il fallait leur couper toute retraite et anticiper toute réaction de fuite, même en direction des Dômes principaux. Après tout, quand un navire voit ses cales inondées, on voit bien les rats grimper au mât ...  La voix du Lieutenant Aniston, sa secrétaire particulière le tira de ses pensées.

- Mon Général, le Major Chastain est arrivé.


- Très bien ! Faites-le entrer !
Revenir en haut Aller en bas
Compte PNJ
Un visage aux multiples facettes
avatar
Messages : 95

Côté coeur : *

Activité/Profession : *

MessageSujet: Re: [Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)   Dim 9 Avr - 18:52


Être convoqué dans les locaux de l’État-Major ne pouvait rien annoncer de très réjouissant. Dean finissait de signer les procès-verbaux avant de les envoyer au ministère de la Justice. Ce travail administratif était ce qu'il aimait le moins dans son métier. Il avait l'impression de faire du secrétariat alors qu'il y avait tant à faire dans les rues. La délinquance était partout et ne prenait pas toujours les aspects attendus de l'opinion public. La jeunesse dorée asarienne s'ennuyait et pour tromper son désœuvrement, elle s'adonnait à toutes sortes d'excès mettant en péril des vies, et dérangeant la quiétude des honnêtes citoyens. La jeunesse de la Cité manquait de projets, de perspectives, mais cela n'était pas son métier que de prendre en charge cette défaillance. Il y avait des psychologues, des sociologues, des politiciens dont c'était le rôle. Ce mal être pouvait s'exprimer par des dégradations de biens publics ou des comportement déviants, typiques et communs à toutes les jeunesses humaines. Défis idiots, provocation à l'égard de toute forme d'autorité comme les parents, les Anciens, le Gouvernement ... la Loi Asarienne. Et c'était là sa tâche de remettre toutes ces têtes dans le bon sens. De les empêcher de se nuire et de nuire aux autres.

Le Major donnait une grande importance au dialogue dont il ne cessait de prôner les vertus auprès de ses officiers et sous-officiers. Un recadrage par le dialogue commençait pas ses propres hommes et il n'était pas rare que Chastain reçoive tard en soirée des hommes en mal de confession ou de conseil face à une semaine compliquée sur le terrain. La porte de son bureau était toujours ouverte le jeudi soir, plus tard que d'habitude. Pourquoi le jeudi ? Parce que c'était avant le vendredi et donc le début du week end qui laissait peu de loisir aux discussions. En effet dès le vendredi soir, les services de la Police Municipale étaient en alerte renforcée en prévision des frasques à venir de la jeunesse friquée qui ne manquerait pas de pisser et vomir dans les fontaines, de déraciner des arbres dans les parcs pour aller les planter dans les Terres Sauvages "afin de reboiser la campagne", une des dernières lubies d'un groupe qui voulait aussi planter des herbes hallucinogènes à l'ombre de ces palmiers volés... Chastain avait aussi du déloger plusieurs poules achetées au marché noir et qui avaient été postées sur des caméras de surveillance urbaines. Les pauvres volatiles trop effrayés par la circulation et surtout ne sachant pas voler, avaient refusé de faire le grand plongeon et il avait dû envoyer des hommes sur des échafaudages pour les déloger.

Le soir quand il rentrait chez lui, il n'avait pour en parler que son chat cyborg. Il faisait plus vrai que nature et Chastain trouvait ces animaux magnifiques dans les livres. En y regardant bien, l'imitation était réussie. Seul le miaulement un peu métallique trahissait la nature du félin. Quoi qu'il en soit le Major avait bien conscience du désert qu'était sa vie privée. En arriver à raconter ses histoires de poules perchées à un chat mécanique. C'était pitoyable. Et encore là il avait envie de rire en se souvenant de cette journée à omelettes. En repensant au Caporal Tippers un œuf éclaté sur le crâne. C'était une bonne journée avec son lot de rires et d'embêtements. Mais il y avait plus souvent de mauvaises journées. Celles où les incidents se multipliaient dans le Bidonville. Les morts aussi... C'était son rôle d'empêcher les morts et de prévenir l'agitation, qui engendrait toujours des morts, sitôt que l'AE s'en mêlait. Il avait donc développé une stratégie bien à lui pour traiter les priorités. Il surveillait non seulement les déplacements de la population du Bidonville, mais aussi ceux de l'AE et de la MDF. Il avait aussi noté les heures de sortie de l'Escadron d'Elite, les permissions, bref, il avait reconstitué minutieusement les plannings de chaque corps d'Armée. Lesquels tournaient selon une rotation impeccable propre à l'esprit militaire. Sans doute les Officiers chargés de les gérer pensaient-ils qu'en introduisant des variables aléatoires, leur planning n'était pas prévisible. Eh bien pour Dean, il l'était. Trois rotations différentes se succédaient, l'une sur quatre semaines, l'autre sur huit et la dernière sur douze. Il avait fallu plusieurs mois pour faire émerger le modèle mais il y était parvenu. Néanmoins, il restait toujours attentif aux soldats en permission, qui justement se permettaient pas mal de choses. Et quand ils étaient en service certains ne se comportaient pas autrement que des bêtes. La plupart de ces abrutis confondait responsabilité et pouvoir. Avoir une arme à feu puissante entre les mains leur donnait l'impression d'être au dessus des Lois elles-même. Oui la délinquance et le crime étaient partout et pas toujours où on s'attendait à les trouver.

Pour tenter de maintenir un semblant de sécurité et de respect de la Loi, Chastain avait sa technique qu'il ne réservait qu'au Bidonville. Il envoyait ses petites patrouilles de proximité là où il fallait disperser des individus potentiellement explosifs au contact de ces soldats testostéronés. Un attroupement de vieux grincheux à l'angle du marché au poisson ? Allez hop une petite patrouille pour les inviter avec fermeté à aller boire un coup à la taverne au lieu de rester au coin de la rue alors qu'un escadron d'AE était en train de se diriger vers le marché. Ça évitait aux vieux râleurs de se faire abattre et ça économisait des munitions à la Milice. Des gamins débraillés qui se battaient devant le vieux garage O'Donnell ? Allez hop, il envoyait deux trois agents leur donner une bonne fessée et les raccompagner chez leurs parents par l'oreille avec un petit sermon expliquant que la rue n'était pas un terrain de jeu. Juste histoire de leur éviter de tomber sous les balles de la Milice des Frontières qui traquait un fugitif. Il ne comptait plus aussi, le nombre de jeunes gars, qu'il avait coursé lui-même en voiture pour les prendre par la peau des fesses et les ramener à leur famille alors que le couvre-feu était tombé depuis bien une heure. Un tir sans sommation de la Milice des Frontières pistant des trafiquants, ou de l'AE prévenant tout rassemblement illicite, voilà ce qu'il épargnait à ces gamins inconscients qui n'écoutaient que leurs hormones d'adolescents.

C'était la vie, c'était le métier de Dean Chastain. Récurer la merde de la jeunesse dorée et démerder celle du Bidonville. De sa chaise de Major de la Milice Municipale, un grade qui n'existait pas pour ce corps d'armes si peu noble, et qu'on avait autorisé exceptionnellement pour lui à cause de ses états de service lors d'une ... mission à laquelle il ne voulait plus penser, derrière son bureau donc, Dean savait bien que l'origine de cette merde était très différente selon si on se trouvait dans le Dôme humain ou celui des Résidences. Le premier la subissait, le second la produisait. Mais il n'avait pas tellement de prise sur ce constat amer. Au mieux pouvait-il essayer de rétablir un peu l'équilibre des chances devant la Loi. Une goutte d'eau d'équité dans un océan d'injustice. Derrière ses lunettes de soleil, les regards indulgents du Major ne s'adressaient pas vraiment à ceux dont la famille paierait les dégâts et graisserait la patte d'un juge, mais bien à ces gosses qui prenait un peu parce qu'ils n'avaient rien.

Ce soir, il s'agirait d'autre chose. Chastain le savait bien et c'est en soupirant qu'il éteignit la lumière de son bureau, le ferma à clef après avoir pris son arme de service dans le tiroir où elle côtoyait une bouteille de bourbon. Il traversa l'aile dévolue à la Milice Municipale et montra sa carte d’accréditation aux sentinelles qui gardaient celles de l’Élite. Le garde introduisit la carte dans la fente de son lecteur et hocha la tête d'un air entendu.

- En effet, Major vous avez rendez-vous avec le Général Van Brënner à 20h00... Vous pouvez passer.

Pas de garde à vous, pas de salut, pas de respects. L'uniforme de la Municipale n'imposait en rien le respect d'un gradé. Chastain pouvait s'estimer heureux, il n'avait pas entendu de dédain dans la voix de ce soldat. Aussi se fendit-il d'un:

-Merci. Bonne soirée à vous .

Il longea le couloir et croisa nombre de soldats qui passaient au pas de course. Effectivement, il avait vu juste. Quelque chose de très inhabituel devait se passer. Après avoir pris l’ascenseur jusqu'au niveau dévolu à l’État-Major, il s'annonça à la secrétaire du Général qui l'introduisit.

- Mes Respects Mon Général ! dit-il en se mettant au garde à vous .


Dernière édition par Compte PNJ le Sam 6 Mai - 15:53, édité 5 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar

MessageSujet: Re: [Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)   Mar 18 Avr - 15:21

HRP:
 


Tomas invita le Major à s'asseoir devant son bureau et lui proposa un verre de whisky dont il savait l'homme particulièrement amateur, point qu'ils avaient en commun de longue date.

- Repos, Major! Pas de ça quand nous sommes entre nous. Vous avez été prompt à répondre à ma convocation expresse de dernière minute.

- Si je mettais du temps à répondre à une convocation expresse de mon supérieur, quel serait l'intérêt, pour vous et pour Asaria, d'avoir un tel officier dans vos rangs ?


- En effet, en effet ... Mais certains se permettent de ne pas répondre du tout, ou de façon assez indisciplinée. Major, je vous ai convoqué pour deux raisons précises.


Le Lion examina plus attentivement le visage et la posture de l'homme qui lui faisait face. Droit et impeccable dans sa tenue, le menton volontaire, le regard franc, Chastain était un exemple pour ses hommes. Il pourrait aussi l'être pour d'autres gradés, s'il avait accédé à une promotion dans un autre corps. Malheureusement, il semblait que Chastain faisait tout pour ne pas plaider sa propre cause. Depuis que sa demande de transfert dans la Milice Anti Emeute avait été rejetée en juin 2110, il n'avait plus formulé d'autre demande, alors qu'il en avait le droit renouvelé chaque année. Van Brënner examina le dossier de l'officier et tomba sur la photo d'un jeune homme séduisant au sourire chaleureux. Celle du Sergent fraichement recruté. Depuis, des années avaient passé et quelques rides au front et au coin des yeux en plus, Chastain restait un bel homme, le sourire en moins. Sérieux, grave, préoccupé, tels étaient les qualificatifs qui correspondaient le mieux à ce militaire exemplaire qui se tenait devant lui. Un drame avait bouleversé la vie du jeune homme prometteur qui avait toujours fait le choix de la Milice. Un choix bien éloigné de ses racines, de l'exemple familial.

- J'ai relu votre dossier et je vois que vous êtes toujours célibataire... Loin de moi l'intention de m'immiscer dans la vie privée de mes officiers, mais je me soucie de leur équilibre.


- Mon équilibre est bon, mon Général. Je vous remerci de votre sollicitude, mais sauf votre respect, je pense mener une vie très équilibrée. Je suis investi dans mon métier, je prends soin de mes capacités physiques par la pratique d'un entrainement, et de sport réguliers.


- J'entends bien ... Votre condition physique est remarquable pour un sujet de  ... 44 ans. Je pensais plus à votre équilibre psychique...


- Si vous en doutiez, vous n'avez qu'à organiser ces fameuses olympiades inter milices que j'avais suggérées  dans un rapport que je vous ai soumis. Je mets au défi n'importe lequel des officiers des autres Milices de se mesurer sportivement avec moi...


Tomas plissa le front et haussa les sourcils.

- Comment cela, que vous m'avez soumis ? Il ne m'est ja... Ahhh ce rapport là ? Je le trouve très intéressant, sachez-le !
mentit le Lion en masquant sa colère de découvrir qu'on court-circuitait la communication entre lui et ses subordonnés. Il identifierait le responsable et celui-ci passerait un très mauvais moment.

- Et quand ce qui accapare toute mon attention sera réglé, je pense vous recevoir pour en discuter plus en détails avec vous. Ce serait un bon moyen de générer une sorte de lien entre les différents corps de notre Milice.


- C'était en effet l'idée... Dans l'esprit amical des Jeux Olympiques de l'ancien monde ...


- Ce pourrait être un des clous du Jubilé ...
poursuivit Tomas un sourire au lèvres et le regard dans le vague.

- Le Jubilé ?


- Une idée que je nourris ... Un projet pour fêter l'anniversaire de la fondation d'Asaria. A travers les arts, l'industrie, la technologie et pourquoi pas le sport ... Tout les fleurons de la société Asarienne y seraient encensés, mis en valeur et célébrés. Je vais d'ailleurs prochainement contacter votre amie, le Ministre des Arts et de la Culture pour lui en faire part ...

- Miss Bowmann n'est pas précisément mon amie ...

- Ahh je le pensais. Ne vous a-t-elle pas recommandé pour le grade de sergent au début de votre carrière ?

- Je l'ignorais ... A cette époque, elle était très proche de mes parents qui avaient conçu plusieurs aménagements intérieurs pour son Ministère. Je regrette d'apprendre que cela ait pu interférer dans mon avancement. Rétrogradez moi au rang de Colonel s'il vous plait, ainsi nous serons quittes.

- Certainement pas! Votre esprit d'intégrité vous honore mais cela pourrait être interprété par vos hommes comme un blâme et on ne blâme pas un homme à qui on va confier une mission de la plus haute importance ... Par ailleurs pourquoi ne pas envisager que Miss Bowmann a aussi rédigé cette lettre parce que vous lui êtes sympathique voire plus ?


- Mon Général, vous parlez bien de cette Dame qui semble avoir les faveurs de notre Ministre de l'Environnement ? Allons, nous ne jouons pas dans la même cour. Je n'oublie pas le fossé entre les Anciens et les NG.

Tomas s'impatienta quelque peu. Il n'avait pas d'affinité particulière avec Jake Brennan qu'il jugeait comme un paresseux vivant sur ses acquis et dans une niche gouvernementale.


- Vous devriez savoir que certains de ces Anciens jugent les Asariens selon leur mérite et non leur naissance. J'en fait partie et qui sait, si ce n'est pas son cas ?


Chastain balaya l'hypothèse d'un geste de la main.

- Je n'ai jamais douté de votre clairvoyance quant au dévouement de vos troupes pour Asaria. En revanche s'agissant de Miss Bowmann, je pense simplement qu'elle estimait mes parents car ils étaient vos pairs et des artistes. Elle aura voulu leur être agréable.  Mais croyez-moi, ma position sociale n'a rien de séduisant pour une telle femme... Ni même pour un Asarienne.

Tomas secoua la tête d'un air désapprobateur.

- La Milice Municipale est souvent raillée, à tort. J'ai une grande estime pour votre travail et celui accompli par vos hommes.

- Alors venez le leur dire, Mon Général ! Vous n'imaginez pas combien cela compterait pour eux.


- Je n'y manquerai pas. Mais il vous incombe à tous aussi, de faire changer cette image et je vous en donne l'opportunité par ces deux missions que je vais vous confier ! Deux missions de la plus haute importance.


- Je suis à vos ordres mon Général !


- La première, la plus urgente et immédiate, commence ce soir même. Nous avons lancé une opération dans les tunnels sous terrains d'Asaria. Un exode massif s'y déroule et je suis d'ailleurs étonné qu'aucun de vos rapports n'aie mentionné cette disparition massive de population dans le Bidonville.

- La Milice Municipale n'intervient qu'en cas d'incident. Elle n'est pas habilitée à entrer chez les gens pour les compter du moment qu'ils se tiennent tranquilles. C'est une prérogative de la Milice des Frontières, mon Général.

Le Lion de Feu secoua la tête en signe d'acquiescement, un rien amusé par la connaissance sans faille du vieux loup qu'était Chastain, un des plus anciens et plus gradé élément toute Milice confondue, hormis lui-même. Ce diable connaissait sur le bout des doigts chaque corps d'Armée, leur mission, leur rôle, leur prévalence l'un par rapport à l'autre.  Il identifiait à présent ce qui lui plaisait chez Chastain malgré une personnalité sur la réserve. Cet officier n'avait pas peur de lui. Il ne se chiait pas dessus lorsqu'il s'agissait de le contredire ou d'apporter des précisions sur une de ses affirmations. Le Major s'appuyait sur quelque chose de sacré pour le faire et cela lui donnait une légitimité incontestable, bien plus qu'à tous ces jeunes loups aux dents longues : la Loi Asarienne et fondatrice des premiers temps. Celle directement inspirée par le Prophète. Tomas oblitéra bien vite que pas mal de ses actes s'en étaient fortement éloignés au fil du temps. L'excellence et la sérénité avaient pris des teintes sanglantes sitôt les fondations de a Cité et de sa Loi posées. Tomas en avait été l'instrument parmi d'autres ... Pourtant il ne pouvait nier le bien fondé de cette Loi première... Pas plus que celui des missions qu'il avait assigné aux différentes Milices.

- C'est vrai, vous avez raison... Certaines missions devront être redéfinies de toute façon... Quoi qu'il en soit nous avons une masse de fugitifs dans les galeries d'Asaria. Nous nous apprêtons à les cerner et bien entendu, ils chercheront toutes les échappatoires possibles, même revenir sur leurs pas dans le Bidonville ou tenter de remonter jusque sous les Dômes réservés aux Asariens. Vous avez sans doute déjà deviné votre mission immédiate ?

Chastain hocha la tête à son tour et murmura:

- Circonvenir toute tentative de fuite ... Capturer les fugitifs et les convoyer jusqu'à la Prison. Bien mon Général. Je vais doubler les patrouilles, leur demander de s'équiper de gilets et de renforcer la puissance de leurs tasers.


Van Brënner se leva et sa voix raffermie s'éleva au dessus du bureau. Le Major quitta également son siège comme le voulait le respect dû à un supérieur.

- Je crois que vous ne m'avez pas bien compris Major ! Vous avez permission d'ouvrir le feu sans sommation. Le couvre feu est en vigueur depuis à présent 15 minutes !
Tonna la voix de l'Ancien.
Tout individu sillonnant le Bidonville à cette heure est un fugitif potentiel. Hormis s'il porte un de nos uniformes bien entendu. Mais les contrôles entre Brigades et Corps de milices sont cependant renforcés. Ouvre l’œil et même les deux ! Armez donc vos gens de fusils et de mitrailleuses. Il s'agit d'une opération prioritaire et dont la réussite est absolument vitale pour Asaria.
Revenir en haut Aller en bas
Compte PNJ
Un visage aux multiples facettes
avatar
Messages : 95

Côté coeur : *

Activité/Profession : *

MessageSujet: Re: [Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)   Sam 6 Mai - 17:23


Un flottement s'établit entre les deux hommes et Dean se retint de froncer les sourcils. Moins un soldat exprimait de ressenti, mieux cela était. Il l'avait compris depuis son passage devant les commissions psychotechniques. Or, Dean était avant tout un Milicien et cette partie de lui prenait toujours le pas sur le reste. Tomas Van Brënner était un manipulateur formidable. Après lui avoir joué le couplet du supérieur soucieux du bien être de ses subordonnés, puis avoir tenté une percée sur le terrain des "mâles séducteurs", voilà qu'il révélait enfin sa véritable nature. Chastain fit mine d'être partiellement tombé dans le panneau. Se montrer trop candide ne cadrerait pas avec ce qu'il avait servi durant des années au Lion. Trop de cynisme éveillerait également les soupçons. La modestie était le secret. Le Major avait donc accepté sans trop de réaction, les questions, les louanges, les flatteries et les sommations. Tout l'art du Général était là. Parvenir à mettre la pression de façon phénoménale à ses subalternes tout en jouant le rôle du paternaliste bienveillant. Mais Dean avait 44 ans et l'envie lui avait passé depuis longtemps d'appeler le Général "Papa Van Brënner". En équivalant Ancien/Asarien, ils avaient sensiblement le même âge. Dean n'avait rien d'un jeune tigre aux griffes et aux crocs acérés, mais il pouvait pousser de sacrés gueulantes et savait mordre à bon escient. Et puis, surtout, à quoi bon s'exciter, s'échauffer comme ça, pour un petit pet de pouvoir ? Dehors, au delà d'Asaria, il n'y avait que la mort. Seules comptaient Asaria et sa Loi... Les seules garantes de la Vie. Alors au lieu de se bouffer le nez et les oreilles, ces grands mâles dérangés feraient mieux d'avoir à l'esprit qu'un petit grain de sable dans le rouage de la chance pouvait faire voler les Dômes en éclats et reléguer les concours de queues aux archives des jeux du cirque. Une pluie de météorites, un dérèglement climatique majeur et les Dômes ne seraient plus là pour protéger les Asariens, Anciens ou pas... Alors, l'arrogance, c'était peut-être sexy, mais pas tellement pragmatique. Et tant que rien d'extérieur ne venait détruire les Dômes, le rôle que Dean s'était assigné, c'était d'empêcher qu'ils soient détruits par un facteur intérieur.

- Des fugitifs ... D'accord. Donc il faut que je les empêche d'aller dans les Dômes semer le trouble. C'est ma mission chaque jour vous savez. Je m'en acquitterai donc avec le même empressement habituel.

Dean sirota le bourbon offert par le Général. On ne pouvait pas lui retirer ça. Van Brënner connaissait les hommes et le bourbon.

- Pourquoi les abattre sans somation au lieu de les neutraliser pour les questionner ? Et puis en faire des martyres ne va pas apaiser les choses dans les Dômes ... Il y a ce cauchemar que tout le monde semble avoir fait ... J'en entends parler partout. Personnellement je n'ai pas dormi cette nuit là, donc je sais que ce n'était pas un rêve ... Mais bien une réalité... C'est ça, non ? Vous voulez débusquer ce truc ... Ce machin volant...


Van Brënner reprit la bouteille et servit une double rasade dans les deux verres. Puis il soupira. Pas besoin d'être Devin pour comprendre que les questions du Major l'emmerdaient. La sanction ne se ferait pas attendre et Chastain s'apprêtait à y faire face. La salve ne fut pourtant pas celle qu'il prévoyait.

- Parlez-moi de ce "machin volant", Major ... J'étais au QG cette nuit-là et j'ai donné des ordres pour l'assaut puis j'ai pris une navette volante pour me rendre au cœur de la bataille. Mais je ne l'ai pas vu comme vous semblez l'avoir vu... Certains Miliciens du 43ième léger parlaient d'un couple de volatiles lumineux, des artilleurs du 6ième d'infanterie disent qu'il s'agit d'extra terrestres. On a placé plusieurs hommes en quartier d'isolement, considérés comme déments. Les souvenirs s'estompent comme s'il s'agissait d'un mauvais rêve... Pour moi c'était un merveilleux rêve... Le nettoyage que je projette depuis des mois. Tout se passait selon mes prévisions hormis cette "présence" que certains soldats ont décrite comme offrant une porte de sortie aux fugitifs. Entendons nous bien, Major. Je veux que dans la réalité ces chiens n'aient aucune possibilité de sortie. Vous les abattrez avant et nous nous chargerons de tout éventuel "machin".


Dean Chastain demeura tout d'abord silencieux tout en feignant une surprise logique, puis il reprit la parole.

- Eh bien, aucune piste ne peut être écartée... même celle des extra terrestres... Ce qui est troublant dans cette vision, c'est qu'elle est collective. J'ai vu mon lieu de travail dévasté et plusieurs de mes hommes succomber, donc le côté merveilleux du rêve est un peu diminué même si je partage votre légitime enthousiasme ... Voulez-vous que je mène une enquête à ce sujet ?


Tomas Van Brënner sortit des cigares et en proposa un au Major. Refuser n'était pas envisageable, non parce que cela risquait de vexer le Lion, mais parce que ses cigares étaient aussi bons que son bourbon. Dean céda donc à la tentation. Tandis que le Général des Armées allumait son cigare, Dean eut le sentiment qu'il pouvait ressortir de cet entretien aussi bien auréolé de la confiance du Général que condamné à être mis aux arrêts et égorgé au fond d'une cellule. Cet homme était totalement dément. Un fou furieux doublé d'un génie. Personne ne s'était donc rendu compte du péril que cela représentait pour Asaria ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité
Invité
avatar

MessageSujet: Re: [Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)   Lun 8 Mai - 18:34

Tandis qu'il tirait sur son cigare, Tomas analysait encore cet homme qui se tenait devant lui, prenant le temps de se remémorer les combats qu'ils avaient partagés. Dean Chastain était un officier intègre, intelligent, loyal et obéissant. Jamais il n'avait émis la moindre réserve aux ordres de Tomas, mais il s'était illustré lors des examens et entretiens psychotechniques en tenant des propos particulièrement virulents envers la Milice anti émeutes et le Colonel qui avait mené l'opération de protection au Luxor. Considérant le fiasco de cette mission et le massacre qui en avait découlé, Tomas n'avait pas cru bon de lui en tenir rigueur. Ce n'était pour lui qu'une analyse juste de la situation pendant et après les événements. Parfois il fallait savoir écouter ses subalternes quand ils posaient un regard critique sur leurs pairs. Jamais le Major n'avait discuté une décision de Tomas, contrairement à certains membres du Gouvernement. Des frileux, des dégonflés, qui sous couvert de modération et de dignité condamnaient le fait qu'on puisse tuer des enfants. Ce genre de col blancs bien pensants qui étaient les premiers à reconnaître que les Rebelles, Pacificateurs et autres Insoumis étaient une plaie pour la société et qu'aucune paix prospère, aucune garantie de sécurité ne pouvaient exister tant que ces factions existeraient sous les Dômes avait le don d'exaspérer Tomas au plus haut point. L'Orphelinat avait été pointé plusieurs fois comme un refuge pour les dissidents qui y trouvaient un point de chute, un abri provisoire. On avait même pensé qu'il pouvait abriter un arsenal d'armes planquées par les Rebelles. Pourtant, au Gouvernement, certains l'avaient blâmer pour l'action qu'il y avait mené. C'était facile de pointer du doigt un nid de merde mais de jouer les délicates pucelles quand il s'agissait d'aller y mettre la main. Chastain n'avait jamais rechigné à mettre la main dans la merde.

La descente des soldats menés par le lieutenant Holloway, que son empressement mal venu avait poussé à devancer les ordres, avait démontré qu'il n'y avait pas de planque d'armes mais en revanche des civils et notamment des enfants dans l'enceinte de l'Orphelinat. Cela contrariait les plans du Lion. Mais le Machiavel de XXIIième siècle avait toujours un plan B, voire C ou D. Il avait envoyé des Miliciens humains déguisés en civils. Ces derniers avaient pris en otage des visiteurs, venus à l'Orphelinat dans le cadre d'une journée de mécénat et d'adoption. Lorsque Chastain était arrivé sur les lieux et avait proposé ses services de médiateur, Tomas avait bu du petit lait. En diffusant largement le communiqué au sujet de cette soit disant prise d'otage sur toutes les fréquences de la Milice, le Lion savait bien que le "Peacemaker", comme le surnommait la populace, allait arriver ventre à terre en essayant de limiter la casse. Et c'est ce qui s'était passé. Chastain avait entendu le communiqué d'alerte destiné à toutes les Milices et avait tout lâché séance tenante pour proposer ses services. Il avait pénétré seul, sans aucun Milicien municipal, mais accompagné de Scott Dearden et son escouade de fous furieux dans les locaux, pour découvrir d'honnêtes citoyens mis en joue par des "terroristes". Chastain avait négocié ce qu'il croyait être un morceau de bravoure. Pendant ce temps, Tomas parlait dans l'oreillette du lieutenant responsable de l'escouade en civil et lui ordonnait de relâcher les otages. Ce qu'il fit, bien entendu. Chastain  eut l'illusion parfaite d'avoir réussi sa négociation, mais il n'avait pas voulu laisser le terrain sans tenter d'obtenir une reddition dans le calme de la part des terroristes. Arguant du traumatisme des gamins, du préjudice au Bidonville, si l'orphelinat était fermé ou pire détruit, il avait essayé de négocier avec les supposés "Rebelles terroristes". Tomas avait parlé encore dans l'oreillette et Chastain s'était récolté pour toute réponse une balle dans la cuisse.

Puis, tandis qu'on évacuait le héros, ce fut Dearden qui prit le relais. Il avait reçu des ordres pour le nettoyage de l'intérieur tandis que Van Brënner se préparait au nettoyage de l’extérieur. Les ordres étaient simples et Dearden les avait exécutés sans état d'âme. Nettoyer toute trace de la mise en scène, ce qui supposait de flinguer l'escouade d'Holloway qui se trouvait encore dans les sous sols de l'Orphelinat, à sonder le sol en terre battue pour tenter de trouver le fameux arsenal. Cet irlandais têtu était du genre à effectuer une mission à fond. Mais il avait été bien en peine de trouver des armes qui n'existaient pas, même en creusant à la pelle. Un soldat, même s'il est tenu au secret et au droit de réserve, peut toujours parler dans certaines circonstances. Ils étaient sept la en dessous, à pouvoir parler. Dearden avait reçu l'ordre de les flinguer.

- Dearden! Holloway a été manipulé, c'est pour cela qu'il s'est précipité et ne trouvera pas d'armes. Elles ont été évacuées avant notre arrivée, et il est descendu avant les ordres pour s'en assurer.  Nettoyez moi ces traitres ! Que cela reste entre nous. Les veuves et les enfants de ces soldats ne sont pas responsables de la faute de leur Lieutenant.

Mais avant, il y avait mieux à faire et le premier ordre avait dû remplir le jeune officier de plaisir. Il fallait flinguer tous ces Miliciens humains habillés en civil qui s'étaient fait passer pour des terroristes sur l'ordre de Van Brënner. Dearden avait fait le ménage au sous-sol lui-même pour ne pas impliquer ses hommes qui, eux, s'acquittaient de descendre les faux terroristes, ignorant qu'ils abattaient des Miliciens. Une fois tous les Miliciens sous les ordres de Dearden et lui-même sortis du guêpier, Van Brënner avait ordonné à ses blindés de tirer au canon avec des charges explosives qui réduisirent l'édifice en un tas de gravats puis d'achever la destruction au napalm, une arme ancienne qui avait fait ses preuves. Ceux qui ne périrent pas dans les explosions, agonisèrent dans l'incendie des décombres qui dura plusieurs jours, à tel point que lors des hommages "officiels" à l'escouade d'Holloway des cercueils vides furent inhumés.

Ni Chastain, ni Dearden, ni Holloway ne savaient qu'ils étaient de simples pièces sur l'échiquier géant d'un fou. Le fou lui même ignorait qu'il l'était. Pour lui, il ne s'agissait que d'utiliser au mieux les compétences de chacun de ses hommes, de chacun de ses officiers. Et dans cet art, il était passé maître. Holloway n'était qu'un bon soldat trop zélé, trop naïf, une chair à canon de qualité. Il veillerait néanmoins à ce que sa veuve et son mioche vivent décemment. Dearden était un illuminé, presque mystique, très proche de la conception de Tomas pour beaucoup d'aspects, mais avec peu de recul et une vision à court terme. Un chien fou qui pourrait être très utile s'il était bien tenu en laisse. Chastain constituait une autre paire de manches. Capable d'une subtilité certaine dans l'analyse des situations et des individus, ce qui lui valait ses succès de négociateur, le Major était le seul de ses subalternes que Tomas Van Brënner n'arrivait pas à cerner totalement. Il était parvenu, néanmoins à le manipuler totalement sur l'affaire de l'Orphelinat et cela rassurait le Lion. La loyauté et la droiture de Chastain, que tout un chacun aurait considéré comme des qualités, des atouts, étaient ses points faibles. Le Général comptait bien en jouer encore longtemps, mais il devait se montrer méfiant et subtil devant un homme qui ne manquait pas d'intelligence et de courage.

- Je vais revenir sur la mission précise que je vous confie. Entendons-nous bien, il s'agit d'un contexte qui n'a rien d'habituel. Vous imposez le respect, Major Chastain, à vos hommes, cela va sans dire, à vos égaux et supérieurs également. Oui, les Officiers de la Milice, qui ont combattu à vos côtés,  et moi-même, avons du respect et de la considération pour vous, pour votre dévouement, votre courage. Et, fait plus remarquable, la population très démunie intellectuellement dans ce Dôme, a du respect pour vous. Ne niez pas les faits. Vous êtes populaire dans ce Dôme, même si ces êtres frustres ne savent pas l'exprimer par des mots. Vous êtes l'un des rares à savoir les calmer, les apaiser. Et pourtant vous êtes des nôtres, capable de tenir un discours mondain, de rivaliser de subtilité et de culture avec notre charmant Ministre, Miss Bowmann. Capable de diriger une Milice qui assure la paix de notre belle Cité. Vous êtes aimé de sa population dans son ensemble, ce qui n'est pas mon cas, ce qui n'est pas le cas des autres dirigeants de corps miliciens.

Le Lion s'interrompit devant le mutisme de son interlocuteur et remplit à nouveaux leurs verres vidés.

- Quel fléau parfois que ce bloodhealer qui nous interdit l'accès à l'ivresse ... N'est-ce pas ?  Allons Major Dean Chastain. Vous valez mieux que ce silence. Asaria vous aime !  Montrez lui que vous l'aimez. Contenez les fauteurs de trouble dans ce Dôme et maintenez, quoi qu'il vous en coûte, la justice et la paix en Asaria. C'est tout ce que je vous demande. Le contexte est inhabituel par le fait que nombre de dissidents ont choisi la fuite d'Asaria, fuite vers quoi ? Je l'ignore encore, mais ne puis le permettre. La seule issue à cette fuite ne peut être que la mort. Fuir notre Asaria bien aimée, cela ne peut signifier que comploter contre elle, comprenez-vous ? Je me charge de l'extérieur, assurez-vous de l'intérieur. Votre dévouement sera récompensé au delà des titres militaires. Je peux vous assurer un poste de Ministre de l'Intérieur si vous vous montrez digne de notre confiance. Madame la Grande Conseillère sera sensible à votre loyauté.  


Le Lion tendit au Major un ordinateur portable et une clé d'activation.

- Vous avez la clef de la Cité. Ne laissez aucun ennemi s'y introduire. Méfiez-vous de tous et de toutes, les plus belles figures comme les plus laides, les plus haut placées comme les plus modestes, les plus adulées comme les plus méprisées. Toutes peuvent être corrompues. Nous sommes les seuls à aimer Asaria et sa Loi  au delà de tout. Par dessus tout, envers et contre tous !  Major Chastain, je vous l'ordonne mais plus encore, je vous en conjure, soyez fidèle à notre Asaria, et éliminez tous les traitres qui tenteront de fuir notre justice à travers  les rues d'Asaria.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: [Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)   

Revenir en haut Aller en bas
 
[Intrigue] : Opération Catacombes phase I : Au pied du mur (pv Dean Chastain)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» tuto haradrim, opération désert
» Salle d'opération section civile
» Résumé de l'intrigue
» Votre fédération 2011.
» Ambassade de la Confédération du Rhin {LCR}

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Children of A :: Le Dernier Soupir :: Les Archives Rps :: » RP Intrigues-
Sauter vers: