(Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)

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MessageSujet: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Dim 19 Fév - 21:00

HRP:
 



Trop de choses se passaient sous mon nez et me défrisaient les moustaches depuis quelques temps. Passe encore qu'on danse le slow avec les Pacificateurs, sans se soucier qu'ils abritaient des Asariens dans leurs rangs. On m'avait dit, et je l'avais bien compris, que les circonstances nécessitent parfois des compromis. Et blablabla... Ok! Des compromis. Il fallait donner à boire aux habitants des Bidonvilles. Des humains notez bien, hein. Donc une affaire d'humains. Eh bien non. Nos leaders avaient décrété qu'on n'était pas foutus de gérer ça tout seuls et qu'il fallait faire appel à la solidarité des Pacificateurs... Je veux bien, mais qu'on m'explique ensuite comment on peut être crédible aux yeux de la dissidence humaine et prétendre être un contre pouvoir si on n'est même pas fichus de gérer seuls la survie de la population d'un seul dôme et même moins , car ces pauvres bougres ne nous en demandaient pas tant, juste l'approvisionnement en eau ...

Donc, voilà ce qu'on était devenus : une poignée de branleurs qui avait peur de se noyer dans un verre d'eau. Et on prétendait vouloir renverser le gouvernement asarien et subvenir aux besoins de toutes les âmes humaines vivant dans les cinq dômes ? Cherchez l'erreur. Je savais que Duncan avait trinqué lors d'un accrochage avec la Milice et qu'il était dans le coma depuis. Je savais que cet épisode avait marqué la communauté. Diana n'était plus que l'ombre d'elle-même et même si elle était revenue parmi nous, ses apparitions peu loquaces, ses regards vers Evan en disaient long sur le fait qu'elle attendait, se languissait de voir Duncan se réveiller pour nous secouer les couilles. Evan était un très bon recruteur, il savait déceler le potentiel de chaque recrue. Il savait former les équipes parce qu'il voyait avant même les personnes concernées, ce que cela allait donner sur le terrain. Mais Evan n'était pas un franc-tireur. C'était un cérébral, qui pensait avec sa tête et pas assez avec ses couilles. Dans certaines circonstances ça pouvait être un atout.

Là, c'était un putain de frein. Personne ou quoi  ne voyait  que la situation était en train de s'embourber ? On avait eu le souci des citernes. On avait fait appel aux Pacificateurs. Maintenant on ne se quittait plus comme si on allait bientôt vivre en colocation. Nos leaders passaient quasi plus de temps avec ces faces de mutants qu'avec leurs troupes cantonnées à la base. Que Saint Jack's Daniel me brûle les boyaux si je commençais à fomenter une ébauche de rébellion au sein des Rebelles. Je n'étais pas ce genre de mec. Si une taule ou la gueule de la taulière ne me revenait plus, je déménageais ma carcasse et ses morpions dans une autre piaule. Tant que je serais Rebelle, je ne ferais rien pour diviser les Rebelles. Pourtant ça me démangeait d'aller botter quelques culs et mettre quelques baffes.

A défaut de le faire sur un des miens, j'allais me payer le luxe de le faire sur toute personne venant déranger ma balade dans les abysses d'Asaria, vous savez ces galeries puantes que les rats aiment arpenter. Ma dernière randonnée dans ces boyaux m'avait laissé une étrange impression. Des figures pas très humaines étaient postées, immobiles planquées dans les parois rocheuses. D'ailleurs, qu'on m'explique comment c'était seulement possible ce genre de camouflage ? Ridicule sans doute, parce que cacher son corps pour laisser visible cette gueule de lune argentée, c'était pas très fin, entre nous. J'en ai parlé vaguement, sans conviction lors de la réunion avant l'union sacrée. Mais personne n'a tendu l'oreille, trop occupé à l'idée de vivre une romance avec des asariens bobos en mal rachat de conscience. Moi, ça me titillait. Ces trucs flippants dans les souterrains et encore davantage les miliciens de la brigade blanche qui en étaient sortis après. Et puis il y avait eu ce putain de cauchemar. Si j'avais l'ombre d'une hésitation avant ça, elle avait été balayée à mon réveil.

On était en train de nous manipuler dans les grandes largeurs. Pour des raisons que je ne m'expliquais pas, la plupart d'entre nous ne jurait plus à présent que par les Pacificateurs, qui n'étaient selon moi qu'une base avancée du Gouvernement. Je restais lucide. Ça me mettait les nerfs qu'Elisabeth se soit éloignée de moi mais ça ne datait pas d'hier. Ça avait commencé avec ses missions au côté de Steve. Je savais qu'il avait disparu et bizarrement personne ne semblait s'en émouvoir dans le Q.G. J'aurais dû être le dernier mec à m'en soucier. Pourtant, un homme porté disparu dans nos rangs, quel qu'il soit, ça me foutait les boules. J'avais donc une raison de plus d'aller faire une petite exploration des galeries.

Quelle sérénade on nous jouait, franchement ? On était simplement en train d'enfourner des dizaines d'humains dans des sous terrains sous la guidance de deux groupes tous les deux mixtes et accueillant en leur sein des asariens. Ça ne chiffonnait personne qu'au moins un rebelle ne puisse les escorter ? Ok ... Ces pauvres âmes n'étaient pas de ma famille, ces gamins, je n'en étais pas le père. Mais il y avait des voisins de mes parents; des commerçants que j'avais connu tout môme que j'étais. Je n'avais même pas été convoqué au debriefing  de cette opération mais ça s'agitait dans les chambrées et même sans poser de questions, en quinze minutes j'avais compris de quoi il retournait. J'avais raflé dans l'armurerie, tout ce qui restait en armes lourdes à répétition mais aussi quelques guns de précision. Dans les galeries les plus étroites, il se pouvait que je doive abandonner l'équipement lourd pour des armes de poing. Un couteau de chasse complétait l'arsenal ainsi que quelques grenades à fragmentation. Une fois équipé j'avais déposé tout ça dans ma casemate et j'étais passé en coup de vent dans la chambrée de Pearson où une de ses collègue s m'avait dit qu'elle était en repérage terrain. Ok; elle se la jouait solo depuis quelques temps. Je griffonnai quelques mots sur un papelard que je déposai sous son oreiller. "Parti escorter les migrants. Rendez-vous dans les Terres sauvages ou en Enfer. Fais gaffe à ton joli cul.  Hawk "

D'ici à ce qu'elle trouve ce message je serai déjà loin à coller le cul à des colons crasseux.


Dernière édition par Roy Cooper le Mar 28 Fév - 16:52, édité 2 fois
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Elisabeth Pearson
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Lun 20 Fév - 19:10

Mon repérage sur le terrain était terminé depuis longtemps, mais j’étais restée dans le bidonville, dans mon petit abri qui me servait de repli, de cachette quand je ne désirai plus voir qui que ce soit. Je disparaissais. C’était assez facile pour moi de me volatiliser, qui mieux qu’une Ombre peut le faire ? Les quelques heures que j’avais passé à dormir pour récupérer et être en forme le lendemain n’avaient servi à rien. Mon sommeil s’était transformé en pire cauchemar. Des corps jonchés le sol du bidonville, des tirs puissants retentissaient partout et moi … Moi … je m’étais réveillée en sueur et suffocante. Mon corps me semblait lourd et épuisé, comme si j’avais participé à une bataille épique. Les visages des rebelles me revenaient avec la même précision que les cadavres et les Miliciens hurlant des ordres pour nous anéantir. J’avais été blessée à la jambe et j’avais perdu le groupe ainsi que mon binôme dans l’explosion du porche où j’étais postée. En glissant ma main sur ma cuisse, j’avais l’impression de ressentir la douleur alors que ma peau était intacte. J’avais déambulé comme je le pouvais au milieu des slaves des chars et épuisée, je m’étais cachée. Roy m’avait retrouvée. Il avait tout abandonné pour venir à mon secours et me mettre à l’abri. Voilà à quel moment je m’étais réveillée.

Je voulais prendre une bonne douche, mais avec cette eau pourrie, je n’avais pas l’intention d’y laisser ma peau inutilement. J’avais enfilé mes vêtements et j’étais partie en direction du Faucon. Les barrages entre la sortie du dôme et les terres sauvages étaient toujours très périlleux pour moi. A la moindre vérification des identités, je devais me montrer prudente. Bien sûr, sur ma carte mon identité était différente. Je ne pouvais pas prendre le risque de dévoiler qui j’étais. Élisabeth Pearson était connue pour sa traitrise auprès de la Milice. Une humaine qui avait été entrainée pour devenir un de leur agent et qui s’était retournée contre eux après la mort de son frère ainé. Je me demandais s’ils avaient toujours un dossier sur moi. Au final, je n’étais qu’un insecte parmi tant d’autres. Après toutes ces années, je ne pouvais pas les intéresser, mais mon déguisement en blonde fatale me protéger et le plus important, la Rébellion.

Après avoir passé les barrages sans problèmes, simplement à noter que je faisais un effet troublant à un Milicien qui ne cessait de me sourire niaisement, je m’étais mis en route sur les chemins enneigés des Terres sauvages.  Une fois que la cité et ses dômes avaient disparu de me rétroviseur, je m’étais arrêtés pour troquer mes vêtements en ceux de l’agent de terrain que j’étais : pantalon noir, bottes, pull et veste chaude. J’avais retiré ma perruque pour laisser mes mèches brunes reprendre leur place dans mon dos et sur mes épaules. J’avais ensuite repris mon voyage en admirant la tranquillité des paysages immaculés par la neige.

La montagne sacrée, comme j’aimais la nommer, et qui abritait le QG du Faucon s’était enfin dessinée après de nombreuses heures à rouler. Une fois toutes les sécurités passées avec l’empreinte de ma main sur tous les écrans tactiles, j’avais pu accéder aux ascenseurs et à l’étage des chambrées. Il y avait un bordel au Faucon. Tout le monde était sur le qui-vive. La mise en place des citernes de dépannages  pour apporter de l’eau saine à la population du bidonville demandait beaucoup d’énergie et de logistique avec les Pacificateurs. Une main sur mon épaule me fit sursauter et je me retournai vivement en apercevant une de mes collègues.

- Bonjour Ely, Wooh ! Tu as une mine épouvantable ! Ta mission t’a crevée ?

- Hum … C’est un peu ça. Je vois que c’est toujours autant le même délire par ici.

- Nous sommes tous en alerte.

- Je vais prendre une bonne douche. Ça me fera un bien fou.

- Ha ! Hawk te cherchait il n’y a pas si longtemps. Il m’a demandé où tu étais et je l’ai informé que tu étais partie en mission de repérage.

J’haussai un sourcil devant le résumé que la Rebelle venait de me faire au sujet de Cooper qui m’évitait comme la peste. Il m’avait aidée à chercher des renseignements sur la disparition de Steve et depuis, il s’était évaporé sans laisser de traces. Et maintenant, il me cherchait. Bordel ! Il me faisait quoi là ?

- Ok ! Merci pour les renseignements ! Je dois filer !

Je partis vers ma chambre rapidement. Je ne savais plus quoi penser de celui qui était et demeuré mon partenaire … Quoi que … peut-être il ne l’était plus et que cela lui convenait très bien. A l’intérieur de la petite pièce qui me servait de lieu de repos, je laissai tomber mon sac. Je ne vis aucun changement qui aurait pu me dire qu’il était passé par ici. Je filai sous ma douche pour me décharger de toutes ces contractures musculaires. Cooper était quelque part et il avait fait en sorte de se couper de moi. Une fois ma douche terminée, je me laissai tomber un instant sur mon lit et c’est en replaçant correctement mon oreiller contre ma nuque que je sentis un bout de papier sous celui-ci. Il était venu et j’aurai dû être plus rusée et mieux chercher un indice de sa part. je sautai du lit et je m’habillai aussi rapidement que je le pouvais. Il devait être déjà loin … Mais je ne pouvais pas rester là sans rien tenter.
Hors de ma chambrée, j’enfilai ma veste tout en courant vers le lieu où il avait dû se rendre et où il avait était certainement aperçu : l’armurerie.

- Il était bien là, mais ça fait un moment Shadow.

Je revins sur mes pas et j’allai consulter les demandes de véhicules dans le listing. Mon index glissait fébrilement sur les feuilles sans trouver le nom de Cooper.

- Tu cherches quelque chose de précis ?

- Oui ! Cooper … Roy Cooper était-il passé par ici pour un véhicule ?

- Pour toute mission, chaque agent doit signer, tu le sais mieux que personne, donc non Cooper n’a rien signé. Il n’est pas passé par ici.

- Merci !

Donc si je regroupais toutes les infos que j’avais : Cooper devait partir en mission pour escorter un groupe de migrants. Et il n’avait pas encore pris un véhicule pour cela. Ce qui voulait dire qu’il était encore quelque part au Faucon. C’était un peu comme trouver une aiguille perdue dans un champ de foin … Je soupirai en me calant contre le mur. Il y avait trop de remue-ménage dans les couloirs pour essayer de l’apercevoir. Ou était-il ?! Il se comportait comme une nana vexée ! Qu’est- ce qu’il pouvait me mettre en rage quand il agissait ainsi. Quel Chieur ! Je n’avais plus aucune autre indication pour le dénicher et je déduisais qu’il ne désirait pas que je le trouve. Je repris ma marche un peu au hasard et au détour d’un couloir, un rire franc avec des vannes que je connaissais par cœur m’arrêtèrent. Il était là … Le Rebelle avec qui Cooper discutait lui donna une accolade et il s’en alla. Je m’approchai lentement de lui et au moment où il se retourna pour continuer certainement son chemin, il se retrouva nez à nez avec moi.

- Tu pensais qu’en mettant le message sous mon oreiller cela allait me freiner et te permettre de partir … Quand vas-tu cesser de me fuir ? Hawk … Tu ne pars pas sans moi ... en Enfers

L'Enfer ... je l'avais vu dans mon cauchemar et au milieu de l'Apocalypse ... Il était là.



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Evan Cassidy
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Mar 21 Fév - 17:33

HRP :
Avant ce rp, Evan se trouvait là :

http://children-of-a.forumactif.org/t1124-intrigue-dome-maudit-nightmare-or-reality-evan-diana






Après un réveil douloureux dans sa chaumière du Bidonville et les discussions avec Diana et Natacha qui s’étaient retrouvées à venir taper à sa porte pour discuter … d’un cauchemar sans nul autre pareil, Evan avait émis une idée, une vague idée : celle d’aller hacker le système informatique de la tour Brennan,  d’entrer dans le système informatique et de détourner les programme des grands générateurs d’airs pour peut-être assainir l’air pourri et condamné du dôme. Dans leurs rangs, il n’y avait pas de grands hackers. Il y avait des hommes et des femmes qui savaient manipuler des ordinateurs, qui avaient installé des logiciels de surveillance  pour le Faucon et qui pouvaient suivre une trace d’un agent, mais pas celui d’infiltrer, de détourner un des grands systèmes de la cité d’Asaria. Diana avait accepté qu’Evan prenne de nouveau contact avec les Pacificateurs et leur leader pour lui proposer cette idée et de demander leur aide ils auraient certainement dans leur rang le hacker qu’il leur faisait défaut dans la Rébellion.

Au petit matin, lorsque Diana et Natacha étaient reparties de chez lui, Evan s’était écroulé sur son lit en repensant à ces visions du cauchemar qui ne cessaient de le hanter. Le sommeil était venu, loin d’être aussi reposant qu’il l’avait espéré. Quelques heures plus tard, le soleil s’était levé au-dessus du dôme de la Division Humaine. Il avait envoyé un message crypté à la leader des Pacificateurs pour un prochain rendez-vous à la Taverne de l’Enfer.

Code:

Ici LookOut. Besoin de vous voir. Taverne de l’Enfer sécurisée, arrière salle.
Donnez-moi un jour et une heure et j’y serai.

Il s’était mis en route pour les terres sauvages dans une jeep relookée pour les températures hivernales et les longs trajets sur les chemins rocailleux et grossiers des plaines qui le menaient au QG de la Rébellion.  Tant qu’il n’avait pas de réponse de la part des Pacificateurs, il ne restait au Recruteur qu’à faire son boulot. Une tonne de dossiers s’empilait sur son bureau et un sérieux tri s’imposer. Il épaulait Diana du mieux qu’il le pouvait. Il en avait oublié pourquoi il avait accepté d’intégrer la rébellion, il y a plusieurs années. Il tapa rageuse le volant de sa jeep qui malgré les gros pneus neige avait beaucoup de mal à avancer avec tout ce qui était tombé cette nuit.

Le voyage dura une éternité à travers les plaines blanches. Le décor était magnifique. Le calme de la nature se reposant dans son linceul d’un blanc éclatant qui brillait au soleil. Les images de son cauchemar revinrent. Il y voyait tous ces innocents se faire buter comme des bêtes, Natacha en grand danger entre les tirs des soldats et des chars, Roy à la recherche d’Élisabeth qui avait disparu, Diana face à des patrouilles blindées. L’odeur de la mort lui chatouillait de façon trop réelle les narines.

De longues heures après et de nombreux chemins empruntés pour arriver sous le roc immense de la base souterraine du Faucon, Evan sortit du sas qui venait de le dépose au niveau – 2, là où se trouvait son bureau. Les couloirs s’agitaient de tous les côtés et les agents en tenus de terrain courraient pour rejoindre leurs postes et leurs missions. Qu’avaient-ils rêvé eux aussi ? La même chose ? Il se fraya une voie entre tous ces corps qui remuaient nerveusement au son des rangers qui frappaient le sol. Tantôt on le saluait, tantôt on lui lançait quelques mots à la volée.

Ses oreilles captèrent des voix et des sons familiers qui s’élevaient dans un secteur moins troublé par les allées et les venues des agents. Des personnes qu’il n’avait plus croisé depuis un moment : Roy Cooper et Elisabeth Pearson. L’unique binôme dangereux qu’il pouvait y avoir ici parmi les Rebelles. Tous les agents étaient compétents. Hommes et Femmes du Faucon possédaient des compétences qu’il ne remettait pas en question, mais eux deux, c’était différent.  Ils avaient la facilité de se comprendre sur le terrain qui lui avait toujours échappé. Les deux Rebelles possédaient chacun un long dossier autant sur leurs talents, sur leurs failles, sur leurs passés que sur leurs personnalités. Deux Êtres que Duncan, Ethan et lui avaient réuni pour que chacun booste l’autre après des évènements précis et douloureux.  Aujourd’hui quelque chose avait enraillé la bonne entente de HawkEye et Shadow. Son cauchemar les avait vus plus soudés que jamais et Roy avait tout balancé pour retrouver sa coéquipière. Il s’avança dans leur dos et il surprit leurs derniers échanges. « Hawk, Shadow, je suis heureux de vous voir tous les deux.  Tu vas bien Ely, ta blessure … ? »

Il s’arrêta aussitôt. Non Ely n’avait jamais été blessée que dans son cauchemar. Il se passa la main  sur sa figure. Ils allaient le prendre pour un dingue. Leurs visages exprimaient une surprise et une frustration palpable à laquelle Evan faisait face. Son premier boulot ici était d’analyser le comportement de chaque agent. Roy Copper et Elisabeth Pearson étaient rongés par des non-dits qu’ils avaient accumulés depuis la dernière grande réunion au QG. « Le subterfuge des citernes ne durera pas longtemps. Je voudrai vous parler d’une idée. Elle est peut-être mauvaise, mais au point où l’on en est, toutes les solutions sont à approfondir. »






Dernière édition par Evan Cassidy le Jeu 9 Mar - 18:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Mar 28 Fév - 17:11

Passer par le secrétariat pour remplir un ordre de mission et laisser une trace de ma destination ne m'avait pas pris excessivement de temps. Comme Rosalie, ma jeep attitrée venait d'être révisée par mes soins au Garages O'Donnell, je pourrais la prendre sans avoir à emprunter un véhicule de service à la logistique. Mon plan bien huilé semblait sur les rails. J'échangeais quelques blagues bien cyniques avec Ridgges un mec dont la famille était originaire du Texas. On avait la même forme d'humour pas forcément très délicat mais sans illusion sur ce qui le motivait. Rire un bon coup à nos conneries nous permettait d'oublier durant quelques minutes que c'était peut-être la dernière fois qu'on riait. C'était pas la grande forme dans la tête et j'avais besoin de croiser quelqu'un de sympathique qui me comprenne un minimum avant d'aller voir ce qui se trafiquait sous terre. J'aurais mieux fait de me passer du câlin viril de Ridgges et de son rire gras pour filer directement sur mon objectif. A peine repris tout mon barda, je me retournai pour gagner le parking au dernier niveau et me retrouvai nez à nez avec ... Calamity Jane.

- Ahh Salut Pearson. Hmmm, non je voulais juste t'informer de l'endroit où je partais. Question de courtoisie entre binômes, tu vois. Je sais que c'est un truc qui se perd dernièrement ... Certains ne pensent plus utile d'informer leur binôme de leurs déplacements et absences.


J'étais volontairement cassant parce que pressé et un peu énervé par son comportement, juste un peu. Je réajustai la sangle de mon arme et stoppai net ses protestations.

- Ça fait des jours que je suis cantonné au Garage d'Ethan à remonter des culasses de voiture. J'ai fini de réparer la mienne, je l'ai ramenée à la base. J'ai encore des oreilles. Dans les chambrées on ne parle plus que de la mission d'exfiltration des Humains du Bidonville. Des équipes sont parties en coordination avec les Pachificaqueurs. Je sais qu'Evan, Ethan, Diana, Nat et toi en étiez. J'ai pas été convié à la sauterie alors je m'organise ma propre surprise party. Ça t'emmerde ? C'est regrettable. Et non, celle-ci, je me la fais en solo. Pas besoin d'un agent crevé dans les pattes. Tu reviens d'un repérage terrain.

Elle se foutait de ma gueule, ma parole. Ma main me démangeait à nouveau de distribuer des baffes. Mais un bonheur n'arrive jamais seul, c'est bien connu. La voix d'Evan retentit derrière mon dos. Je me retournai d'un bloc.

- Salut Evan. Je fronçai les sourcils. De quelle blessure tu parles ? Ely a été blessée et personne n'a jugé bon de m'en informer ? Génial. On nage en plein délire... Bon en tout cas, elle a l'air remise. C'est pas que je m'ennuie mais je suis assez press...

Haussement de sourcils cette fois.

- On savait tous que les citernes c'était du provisoire. Mais à présent que nos chers amis les Pacificateurs ont trouvé une solution en évacuant une partie du Bidonville par les galeries grâce aux Insoumis, d'ailleurs ils sont trop forts ces Pacificateurs, ils font faire le boulot aux autres et ne font que distribuer des ordres à vous, aux Insoumis ... Mais, pour en revenir à l'eau, je pense qu'on pourrait trouver une autre solution, avec ceux qui restent, majoritairement des adultes bien portant et en âge de se battre si j'ai bien compris ? Si tu as une idée, il faut en faire part à Diana et Ethan.  J'ai un truc à faire dans le Bidonville...  qui est assez urgent ...


Evan avait toujours de bonnes idées et dans la mesure où il ne s'agissait pas de travailler avec des Asariens,  j'obéirai volontiers à ses ordres. Après tout je me devais d'y obéir, c'était mon supérieur hiérarchique. Ce qui m'emmerdait bien, c'était qu'il tombait comme le cheveu sur la soupe. Et j'avais un truc en tête, et pas ailleurs si vous voyez ce que je veux dire. Je fis taire mes protestations et levai les mains d'un air impuissant.

- Vas-y, je t'écoute Evan.
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Elisabeth Pearson
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Mar 7 Mar - 2:20

Je l’avais retrouvé et nous étions enfin face à face et comme je me doutais, Cooper joua de nouveau avec cette mission que j’avais faite avec Steve. Je croisai mes bras et je serrai aussi fort que je le pouvais mes poings pour ne pas défigurer sa belle gueule. C’était quoi son souci ? La soit disante non courtoisie ? Il me prenait pour une Bleue ? Il croyait que j’allais gober sa version ? A cela près que je n’avais aucune idée de ce comportement désagréable. Il rouspétait contre le monde entier où était-ce autre chose de bien plus profond qui le déstabilisait ? Avait-il des soucis en dehors du Faucon ? N’étions-nous pas censés nous confier quand l’un allait mal ?

- Tu es tellement mieux que ta binôme que toi tu préfères la version : « J’évite et je me casse » ! Bravo ! Quel exemple !

Je n’étais plus patiente pas quand il s’agit d’HawkEye.

- On est tous en alerte ! Ha mais c’est vrai ! Cooper se regarde le nombril parce qu’il n’a pas vu qu’autour de lui que tout bouge ! T’as besoin qu’on te prenne par la main ? Tu n’étais pas très enclin a accepté l’alliance. Je n’ai pas participé à cette mission d’exfiltration. Evan et Diana s’en sont occupés avec les Paces ! Et je ne reviens pas d’un repérage ! Mon repérage s’est produit il y a presque 24 heures ! Descend un peu de ton nuage Hawk et arrête de jouer la pauvre victime  de la Rébellion sans cœur qu’on a mis sur la touche ! Il est passé où mon coéquipier ?!

Si Evan ne s’était pas matérialisé derrière Hawk, il y aurait eu un bain de sang … J’en étais persuadée.

- Ma blessure ? … Comment ça ? Je …

Je dévisageais Evan non à propos des mots qu’il venait de prononcer, mais à cause de ce que cela renvoyait pour moi. Je n’avais pas été blessée depuis un moment … Pas tout à fait … J’avais été blessée dans mon cauchemar et c’était Hawk qui s’était démerdé à retrouver ma trace. Evan s’était-il simplement trompé d’agent ? La coïncidence était étrange et le caquetage de Roy me tapait sur le système nerveux. Depuis plusieurs semaines, je tournais en rond avec lui. Il ne cessait de me reprocher ma mission avec Steve parce que je ne l’avais pas mis au courant de mon déplacement ! Et Merde ! Il n’était même pas joignable et lui-même en mission dans le bidonville ! Il avait horreur d’être dérangé dans ce genre de situations délicates et c’était donc MOI la responsable de la mauvaise entente de notre équipe … S’il y avait encore équipe …

- Je n’ai pas été blessée.  Je me tournais vers Roy. Ne monte pas sur tes grands chevaux Cooper, ça ne sert à rien ! Ce n’est pas moi ! Tu peux toujours vérifier, je n’ai aucune blessure ! Mais je ne donne pas cher de tes mains … par contre …

On n’arrivait plus à se comprendre ni encore moins à s’écouter. On se gueulait dessus pour tout et chacun s’emmurait d’une carapace pour éviter à l’autre de trop l’approcher. Mais que c’était-il passé pour qu’on en vienne à se disputer, à se détester ? Nous avions eu beaucoup de mal à nous faire confiance lorsqu’Evan, Ethan et Duncan, un trio redoutable, nous avait flanqué ensemble dans la même équipe. Si on ne se supportait pas, si les piques volaient très souvent lorsqu’on se retrouvait dans une même pièce, nous n’étions pas idiots et nous avions vite vu que sur le terrain, notre binôme marchait à la perfection. Nous avons appris à contourner le caractère merdique de chacun pour éviter de nous en foutre plein la gueule. Roy et moi, nous avons fait en sorte de laisser entrer l’autre suffisamment pour que les piques deviennent des vannes, puis des blagues que nous étions les seuls à en connaitre les sous-entendus. Très souvent, cela déstabilisait notre entourage qui nous écoutait sans en déchiffrer ce qui pouvait se cacher derrière chaque mot, chaque sourire, chaque regard.
Aujourd’hui, ce lien qui nous avions mis tant de temps à construire s’effriter. Roy paraissait s’en accommoder au point de trouver des arguments ridicules qui lui donnaient la possibilité de mener des missions en solo. C’était peut-être cela qu’il désirait : s’affranchir de notre binôme. Voler de ses propres ailes. Je ne pourrais pas l’obliger à continuer de bosser avec moi, mais je voulais qu’il me le dise entre quatre yeux et non à se défiler à chaque fois où à trouver une histoire à dormir debout ! Si je devais lui envoyer mon poing dans la gueule pour qu’il crache le morceau, je le ferai !

Encore une fois et malgré la présence d’Evan, il se défilait et qu’est-ce que cela pouvait me mettre les nerfs en pelote. Roy Cooper était un Chieur né, un emmerdeur qui obtiendrait le premier prix toutes catégories confondues, une tête brûlée parfois … mais pas un type qui évitait les confrontations. Je ne reconnaissais plus mon coéquipier … et il me manquait. Mais le Recruteur en personne ne nous avait pas interpelés sans hasard. Il avait un planning bien chargé depuis notre dernière réunion au QG. Quelque chose le tracassait et il avait besoin de se confier et de nous livrer une idée. Ma discussion avec Roy allait devoir être remise à plus tard … Mais à force de reculer l’échéance, nous allions finir par devenir deux étrangers. Roy semblait connaitre toutes les nouvelles informations sur la progression de l’alliance avec les autres factions et qu’il n’était pas intéressé par une nouvelle mission avec des Asariens. C’était bien la première fois que je le voyais aussi indiscipliné. Il avait une grande gueule, il tapait du poing sur la table, mais il n’était pas désobéissant. J’allais prendre la parole, tenter de lui faire prendre conscience que c’était à un Supérieur à qui il s’adressait. Il se ressaisit avant que je m’en mêle.

Evan avait peut-être besoin de notre opinion, de nos avis. Il ordonnait quand il devait trancher. Il prenait des choix quand il fallait déterminer un plan.



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Evan Cassidy
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Ven 10 Mar - 18:22

Evan avait été nommé Recruteur des nouveaux agents dès son arrivée au Faucon, il y a plusieurs années. Duncan lui avait donné cette tâche délicate de juger les capacités des futurs rebelles, hommes et femmes, et leur intégration dans les rangs de la résistance humaine. Il ne s’était jamais considéré comme un psychanalyste, il n’en avait pas les moyens. Il ne décortiquait pas les esprits des autres. Son boulot à lui, était d’évaluer chaque personne qui se retrouvait avec lui dans son bureau, de connaitre les motivations, la force de caractère et s’il validait un dossier, de proposer à Duncan, un poste précis au nouveau rebelle. Tout le monde avait des facultés et pas besoin pour cela d’être un Asarien bourré de pouvoirs. Il devait pour cela poser les bonnes questions, les orienter grâce aux réponses données et en déduire la future place de l’agent. Il avait reçu Élisabeth Pearson lorsque Duncan l’avait tirée du piège de la Milice. Les premiers échanges avaient été succincts. La jeune femme n’était pas très encline à se confesser. Duncan s’en était tenu au minimum avec lui parce qu’il avait fait une promesse à cette femme. Les rebelles avaient tous un passé, Evan n’était pas le gardien des états d’âmes, il aidait, il discutait, il guidait. Roy Cooper était un même exemple et lorsque les deux Rebelles forts d’expériences et d’une réputation d’un travail précis n’était plus à faire, avaient perdus leurs partenaires respectifs, Duncan, Ethan et Evan s’étaient mis d’accord pour réunir ces deux agents perdus et bouleversés par les évènements récents.  Le nouveau duo s’était formé peu à peu non sans entendre dans les couloirs du QG des conversations hautes en couleurs, comme celle-ci.

Evan avait reconnu les voix de Shadow et de HawkEye. Il n‘avait pas tout saisi de leur conversation, mais il savait ce qui pouvait mettre ce duo sous pression et cela durait depuis un moment. La disparition de Steve Roswell n’arrangeait rien et Cooper s’était senti mis sur la touche quand Evan avait demandé à Ely d’accompagner Steve au dispensaire. Tout était partie de là. Cooper reprochait à Pearson son éloignement et Pearson ne comprenait pas pourquoi cela le mettait dans un état aussi colérique. Evan non plus, ne comprenait pas tout. Ce binôme était explosif. Il s’entendait très bien comme il pouvait se péter dans la gueule à tout moment et c’était ce qui se passait devant lui. Le Recruteur n’avait pas besoin de discerner toute la conversation pour deviner le malaise de plus en plus important entre les deux Rebelles. Il redoutait une chose : le point de non-retour entre ces deux-là. Il s’était avancé vers eux pour calmer les voix qui augmentaient à chaque mot. Les autres rebelles se retournaient vers le binôme électrique. Manque de chance, Evan s’était montré empressé de détourner leur colère et il  s’était loupé en demandant à Ely comment allait sa blessure. Cooper lui coupa l’herbe sous le pied en précisant encore sa rancœur. « Elle a raison Roy. Élisabeth n’a pas été blessée, pas de cette manière. »

Par quoi commencer ? Détourner la conversation et se faire passer pour un type qui n’a pas beaucoup dormi et qui se trompe d’agents ? Non. Natacha et Diana avaient fait le même cauchemar que lui. Il devait savoir si eux aussi se souvenaient de quelque chose. Il se passa la main sur le visage pour rassembler ses idées. « Diana, Natacha et moi-même, nous avons fait un même cauchemar. Ne me demandez pas comment tout cela peut être possible. Nous avons discuté et nous avons rêvé des mêmes moments. Vous y étiez tous les deux aussi et dans ce … cauchemar, vision… Ely était blessée et nous avons perdu contact avec elle. Roy, tu parti à sa recherche au milieu des tirs des chars. Les Miliciens jouaient avec la population du bidonville comme on joue sur un champ de tirs. Il y avait des explosions partout. Vous n’avez pas fait ce cauchemar, vous aussi ? »

Les deux Rebelles le dévisageaient. Il  n’était pas fou ou alors c’était une épidémie qui touchait plusieurs personnes et là, c’était encore plus grave. Il ne les avait pas interpellés pour leur parler de ces visions. S’ils avaient rêvé eux aussi ce passage du bidonville, si Élisabeth déclarait les bons évènements et si Roy en faisait de même, son prochain rendez-vous avec la leader des Pacificateurs serait aussi un moyen pour savoir si eux aussi avaient été touchés par ce cauchemar. Chaque groupe avait-il vu une version différente ? C’était possible. Beaucoup de suppositions, pas de réponses pour le moment. Roy avait été tenté de filer, cependant il se ravisa.   « Mon idée concerne le dôme du bidonville. Chaque dôme possède des générateurs d’air, de gros ventilateurs contrôlés par la société du ministre Jake Brennan. Vous êtes au courant que la pollution ne vient pas que de l’eau. De l’air aussi. Les maladies respiratoires vont s’étendre. Les générateurs  propulsent de l’air qui se mêle aux particules toxiques. La propagation augmente plus vite. Si on pouvait détourner ces générateurs, reprogrammer leurs fonctions. Ils pourraient aspirer les toxines, débarrasser l’air de sa pollution et renvoyer de l’air pur.  Tout ceci demande des personnes qualifiées pour entrer dans le complexe informatique de la société Brennan. Ely, je sais que tu touches à l’informatique, serais-tu capable de t’infiltrer dans un tel système ? »




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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Lun 3 Avr - 22:03




J'écoutais en silence ce qu'Evan avait à nous dire tout en me demandant ce que je foutais encore là. Son idée était loin d'être bête et je comprenais sa démarche. Il pensait à la population du Bidonville, tout comme moi. La différence c'est que je pensais aussi à ceux qui étaient partis dans les galeries avec les Insoumis. Il y avait un peu trop d'images qui tourbillonnaient dans ma tête ces derniers temps, entre ce sale cauchemar dans lequel je me voyais pratiquement perdre Shadow et celui que j'avais vécu éveillé lors d'une de nos missions. Je n'en avais jamais parlé, je n'y étais pas parvenu, parce que je me disais que c'était peut-être moi qui déraillais. Et si c'était le cas ? Si Evan me débarquait des missions ? Après tout, j'avais ramassé pas mal de coups et de blessures à la tête durant toutes ces années. De quoi ébranler le plus costaud des bonhommes. Et si j'avais simplement halluciné dans cette galerie ? Je n'en avais jamais parlé parce que j'avais du mal à croire ce que j'avais vu. Mais je devais en avoir le cœur net. Comme un sale pressentiment qui vous hante, je n'arrêtais pas de penser à ces humains du Bidonville dans les galeries, vulnérables et fuyant juste pour sauver leur peau. C'était les miens, avant que j'entre en rébellion et j'aurais dû être à leurs côtés pour partager leur sort et les protéger du mieux que je le pouvais face à ces hommes en blanc qui étaient sortis de l'égout et s'étaient révélés être des artificiers de la Milice. Face à ces figures de cauchemar que j'avais eu le temps d'apercevoir avant de me barrer ventre à terre.

Je hochai la tête en signe d'assentiment. Je gardai pour moi mon expérience de ce mauvais rêve qu'Evan décrivait tout en le reconnaissant dans ses mots. Je me taisais parce qu'il m'était impossible de reparler de cette sensation de vide que j'avais ressenti dans ce rêve en croyant la perdre. Y mettre des mots, c'était la revivre. J'avais juste envie de ne plus y penser. Je restais concentré sur mon objectif tout en n'ignorant pas les paroles d'Evan qui avaient un grand intérêt à mes yeux, mais je finis par prendre la parole. Je la pris de façon posée et réfléchie. C'était sans doute la première fois qu'ils me voyaient si calme.

- Evan, c'est une sacrée bonne idée que tu as là. Shadow est celle qu'il te faut ! Tu as raison il faut pirater ces foutus générateurs. C'est pas moi qui risque de m'introduire dans un système quel qu'il soit. Si on essaie de trouver une solution pour l'eau, il faut aussi penser à l'air. Sinon ils vont tous finir par crever comme des mouches sous une cloche.


Je regardai ma montre et empoignai mon téléphone d'un geste décidé.

- Je suis désolé mais je devais donner confirmation à un contact il y a dix minutes. Si je ne le fais pas maintenant, je perds le deal et qui pourrait s'asseoir sur un marché de vingt cinq carburateurs de camions, six cents caisses de balles chemisées pour fusil d'assaut, et trois groupes électrogènes ? Certainement pas nous hein ?


Je composai le numéro supposé du contact et parlai à voix basse.

- Allo, c'est pour te dire que je vais passer. Tiens moi une tasse bien au chaud et aussi les petits gâteaux habituels ...


- Mais c'est mon Prince ! Roy, vilain garçon, si tu ne ramènes pas tes fesses chez ta vieille Didi aujourd'hui je te les tanne pour en faire un tam-tam shamanique !

- J'ai été retenu, un contre temps regrettable mais rien qui puisse compromettre notre association ou notre marché, n'est-ce pas ?


- Notre association ? Un marché ? Mais sale morveux, c'est toi que je vais vendre au marché contre deux chèvres et un bouc, si tu continues à manquer de respect à ta Jida !

- Je dois raccrocher mais j'arrive dans ... deux heures environ. Garde-moi la livraison au chaud ...


- Sale vaurien ! Tu vas voir, tu vas te prendre  ...
clic!

Je me tournai ensuite vers mes deux lascars qui me considéraient sourcil froncé et, pour Shadow, mains sur les hanches. Pourquoi je remarquais ce détail précisément maintenant ? Quand elle était furax après moi, elle se mettait les mains comme ça. Et ça me faisait penser à une sale gamine capricieuse à qui j'aurais eu envie de mettre une raclée ... Oui c'était ça que j'avais envie de lui faire ! Absolument ! Et rien d'autre !

- Evan, je dois encore passer à l'intendance pour le fric. Mais je suis prêt à vous aider dans l'opération bien entendu, une fois que Shadow aura trouvé le moyen de pirater ces machins. Je sais pas ce que je pourrais faire. Mais si je dois buter quelques Miliciens pour couvrir votre mission, vous pouvez compter sur moi.


Je n'étais pas du genre à me défiler, d'autant que j'adhérais complètement à l'idée d'Evan. Je me doutais bien qu'il voulait que je couvre les miches de Shadow pendant qu'elle irait fourrer son nez dans un relais du système quelque part dans le Bidonville ou un truc du genre. Mais je savais aussi que j'étais absolument remplaçable pour cette mission. L'expérience Steve Roswell en était une parfaite illustration et si ce brave garçon était encore parmi nous, c'est probablement celui auquel Evan aurait fait appel. Ils trouveraient un autre mec ou attendraient que je revienne. En revanche, ce que j'avais à faire maintenant, personne ne pouvait le faire à ma place, parce que personne n'avait vu ce que j'avais vu. Et puis pour le moment Evan ne sollicitait l'aide que de Shadow. Je n'avais pas l'intention de faire de la figuration  alors qu'une urgence me mettait une pression démentielle, une urgence dont je ne pouvais parler à personne...

Malgré ce qu'il m'en coutait de leur mentir, je n'avais jamais été aussi déterminé à atteindre l'objectif que je m'étais fixé : rejoindre les transfuges du Bidonville dans les souterrains.
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Elisabeth Pearson
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Jeu 6 Avr - 12:35







Peu importait ce que Roy avait dans la tête, de se la jouer solo, je lui collerai aux fesses et depuis notre petite visite chez Dizzie, il n’était plus le même. J’étais entrainée tout autant que lui pour ce genre de missions terrain, suivre des gens, les observer, les guetter et je savais me fondre dans les ombres. Je ne portais pas ce nom de code à la légère. La présence d’Evan ne faisait que freiner son envie pressante de fuir le QG et moi-même. Je n’avais même pas eu la possibilité de lui parler de ce cauchemar … et surtout pourquoi Evan avait rêvé le même … à part quelques scènes qui n’appartenaient qu’à moi et ce que j’avais éprouvé, le contexte faisait écho en moi, comme un malaise que je n’arrivais pas à faire partir. Il me hantait et encore bien plus maintenant que notre Recruteur se confiait à nous sans le savoir. Il racontait ce que j’avais vécu : ma blessure, ma séparation avec Roy, ma peur, cette solitude soudaine d’avoir été arrachée à mon binôme, tous ces tirs autour de nous, l’Enfer qui s’était déployé pour nous engloutir. Je m’étais mise à l’abri là où je le pouvais … et il était arrivé. Roy avait réussi à me retrouver au milieu de cet Apocalypse et il m’avait conduit dans les souterrains pour nous protéger et fuir la Milice. Est-ce que Roy avait lui aussi fait ce cauchemar ? Ce n’était plus juste Evan et moi, mais Natacha et Diana avaient rêvé elles aussi ce cauchemar. Ce n’était plus un hasard … c’était quelque chose qui nous dépassait. Pourquoi Roy se murait-il à tout depuis un moment ? N’étions-nous pas censés former une équipe ? Et nous, Rebelles, agents du Faucon, obéir aux ordres de nos Supérieurs même si parfois nous n’étions pas en accord avec eux ? Doucement, comme si la douleur de revivre tout cela s’intensifier simplement en acceptant une réalité incompréhensible.

- J’ai rêvé la même chose … C’est …

Incapable d’ajouter une explication supplémentaire sans replonger dans cette horreur, je me tus. Evan avait les traits tirés, épuisé par son double statut de Recruteur et de leader par intérim. On avait besoin de lui et c’était le meilleur qui pouvait remplacer Duncan. Je l’avais toujours vu dans l’ombre de LIBERTY LINE et de WOLFHOUND, le plus calme, le plus serein de ce trio légendaire. Aujourd’hui, les évènements poussaient LOOKOUT à s’affirmer comme le troisième leader et il en avait toutes les compétences. Il nous expliqua son idée, car l’aide à la population du bidonville continuait. La pollution venait de l’eau et aussi de l’air et Evan avait raison. Chaque dôme était pourvu de gros générateurs d’air qui soufflaient le froid comme le chaud suivant les saisons. En les détournant de leur programmation première, ils pourraient aspirer toutes les particules. Ils devaient être dotés de filtres très résistants et changeables. Mais, il me demandait un boulot pour lequel je n’étais pas qualifié et Roy qui accentuait le tout alors que je n’avais jamais infiltré un système de ma vie. C’était quoi ce mauvais cinéma ?

- Evan, je sais un peu bidouiller un ordinateur, m’en servir, mais je ne saurais pas m’introduire à l’intérieur d’un système aussi hermétique et hautement sécurisé que celui de la société Brennan. Cela ne fait pas partie de mes compétences. On doit bien trouver un hacker ici parmi le Faucon ?

Roy coupa la conversation en argumentant un coup de téléphone urgent … Comment est-il devenu aussi irrespectueux et devant l’un de nos leaders ? Face à moi, j’aurai compris son petit stratagème, mais face à Evan, là je ne saisissais plus. J’avais de la peine pour LOOKOUT. Nous étions « un contre temps regrettable » d’après ses mots à son interlocuteur. Cela en était bien plus que je ne pouvais accepter. Je n’osais même plus regarder Evan. Ce petit silence pesant, je pris sur moi de le briser :

- Evan, on a peut-être une trace sur la disparition de Steve. C’est encore flou. Je dois faire un tour dans le bidonville, je peux chercher  par la même occasion quelqu’un de confiance pour entrer dans ce genre de système. Il faudra avancer du fric … Je peux quand même me renseigner.

Dizzie nous avait donnés des informations et ce dessin qu’elle avait dessiné sur le sol avec sa poudre étrange, ne cessait de revenir dans ma tête aussi persistant que ce cauchemar. Et si tout était lié ? Plus aucune mission ne m’était assignée sur mon planning, j’allais pouvoir mettre mon nez sous le dôme.

- Natacha est bien placée en tant que serveuse au Luxor, il faudrait voir si elle connait elle aussi une personne susceptible de faire du bon boulot. Il ne faut négliger aucune piste.  



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Evan Cassidy
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Dim 9 Avr - 18:52

Le bidonville : l’air, l’eau, les vies, les enfants, La Milice, le danger, les morts, l’envie d’en faire plus que ce qu’il ne pouvait faire à l’heure actuelle, cette impuissance à agir plus vite alors que des Démons, des Mauvais Dieux marchaient sur la population pour l’écraser et l’éradiquer. Et qu’avait Evan devant lui ? Deux de ses meilleurs agents qui formaient à l’origine la meilleure équipe sur le terrain qui ne se supportaient plus. Aujourd’hui, il ne restait plus que de l’incompréhension, de la colère, de la tristesse, de la déception ? Un peu de tout en évaluant le comportement des deux Rebelles. Il était ce troisième leader de l’ombre, celui qui n’avait eu de cesse de donner avis et conseils à Duncan et Diana sur des situations délicates, des missions, des agents, sur la bonne marche du Faucon dans son ensemble. Depuis les derniers évènements, il avait mis les pieds dans la lumière. Il avait fait des choix qui en avaient irrités quelque uns  au sein de la Rébellion comme Roy qui lui reprochait d’être devenu trop bisounours, trop aimable avec les Pacificateurs et les Insoumis. Cette alliance des factions ne visaient qu’un but prioritaire : la survie des innocents et ça Roy Cooper ne l’avait toujours pas perçu de cette manière-là.

Il avait une patience à toute épreuve. C’était ce qu’on lui répétait, ce qu’il savait de lui et ce pourquoi Duncan l’avait placé à la tête de la section de recrutement : pour analyser concrètement les futurs rebelles et leur profil, observer leurs réactions, étudier leurs réponses à des questions précises pour en déduire leur personnalité. C’était ce qu’il avait fait avec Élisabeth Pearson et Roy Cooper. Ils les savaient électriques, indomptables, loyaux, méticuleux, dotés d’un caractère à faire hurler des cadavres six pieds sous terre … mais il  n’avait pas prévu cette fissure entre eux deux.

Evan n’aurait pas dû s’étaler ainsi avec son idée de générateur d’airs et de l’infiltration du système informatique de la société Brennan.  Natacha était déjà au courant de ce projet. Il avait envoyé un message à la leader des Pacificateurs. Evan s’était montré euphorique. Sauver la vie d’innocents devenait sa quête principale. Il avait eu l’attention des deux Rebelles, Élisabeth lui avait répondu qu’elle n’était pas capable de détourner les hautes sécurités d’un tel système aussi pointilleux alors que Roy insistait dans la voie contraire. Le Recruteur croisa énergiquement ses bras contre son torse et toisa l’homme qui cherchait par tous les moyens à les fuir. La conversation téléphonique de HawkEye le laissa perplexe. Une mission, une prise de contact,  c’était toujours pointilleux. Un petit détail pouvait venir tout faire capoter inutilement. Mais devant Evan et Élisabeth, Roy manquait terriblement de politesse. Une façon particulière de provoquer un énième clash entre lui et sa coéquipière ?  Et lui aussi … Le sujet de Steve fit oublier un moment les émotions qui gagnaient LoockOut. « Steve ? Des informations sur sa disparition ?! J’espère que tu auras plus de chance que tout ce que l’on a entreprit pour retrouver sa trace. Tenez-moi au courant de votre avancée. »

Élisabeth était une femme indépendante et solitaire, tantôt froide et distante, tantôt ouverte et amicale. Elle avait remarqué comme lui le comportement désagréable de Roy et elle avait brisé le silence pesant après la fin de la communication. « Natacha est déjà sur le coup. Elle va voir ce qu’elle peut en tirer au Luxor sans se mettre trop en avant. Hors de question qu’elle fasse voler en éclat sa couverture de serveuse. Elle a déjà pas mal à faire au milieu de ces requins que de se mettre encore plus en danger.  Pour les Hackers au Faucon, on a des gens qui bossent sur des ordinateurs, mais sont-ils capables d’infiltrer un énorme système ?  J’ai pris contact avec les Pacificateurs pour leur faire part de l’idée et s’ils avaient un bon hacker sous la main. »

Evan s’était concentré sur Roy. Il avait utilisé le terme des Pacificateurs pour voir de nouveau les réactions du Rebelle et les réponses qu’il donnerait à son manque de respect envers sa hiérarchie et sa binôme.  Sans détourner le regard sur Roy, il poursuivit : «  Merci Ely. Je vais retourner dans le bidonville. Je viens avec toi. Pour le fric, c’est la carotte qui séduit, si tu as une personne de confiance dans tes connaissances, parles-en lui. Et une fois qu’on aura des noms de hackers, on fera le tri sur celui qui ne nous la fera pas à l’envers … Quant à toi HawkEye … »

Il aurait pu lui parler entre quatre yeux, mais Roy s’était montré incorrect envers eux deux. Evan ne levait jamais la voix. Aussi calme qu’un roc de pierres, il  ne laisserait pas au rebelle toute cette latitude qu’il prenait avec lui : « Je peux passer ta colère contre moi à propos de mes choix qui portent sur l’alliance des factions. Je peux encore faire l’effort de ton caractère rancunier à répéter que tu as été mis à l’écart d’une mission que j’avais confiée à Ely et Steve. Je peux encore faire un dernier effort sur tes coups de gueule … Mais je ne passe pas l’éponge sur ton comportement actuel.  Tu veux en faire qu’à ta tête ? Tu t’obstines à mettre sur le dos tout ceci sur Élisabeth ? Donner confirmation ou pas à un contact pour ne pas perdre un deal, on l’a tous fait ! Nous faire passer pour un contre temps regrettable, qu’as-tu à dire sur ça ?  Ce n’est pas ta cargaison énorme qui te détourne du Faucon. Il y a autre chose. »

Ce n’était pas une interrogation, mais bel et bien une affirmation et dans ce cas présent, Evan ne laisserait pas partir Roy sans une vraie explication.




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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Ven 14 Avr - 20:07





J'avais le poids de leurs regards désapprobateurs sur moi mais je m'en battais les couilles. Shadow parla de Steve à Evan et j'espérais qu'elle n'en dirait pas trop au sujet de notre entrevue avec Dizzie. Je n'avais pas envie qu'elle soit mêlée de près ou de loin aux activités des Rebelles, même si elle me servait d'indic. Heureusement, elle resta dans le vague. Je sentais quand même la colère qu'elle nourrissait à mon égard, et si cela était loin de me faire du bien, je devais passez au dessus. Elle gardait le silence et c'était déjà pas si mal, à défaut de me soutenir.

Evan rebondit avec grand intérêt sur le sujet de Steve. Les recherches des Rebelles n'avaient rien donné et l'heure n'était pas franchement à l'optimisme. Sachant ce que je savais, je pensais la même chose qu'Evan et même pire, je n'osais imaginer à quelle fin horrible ce jeune mec avait été voué. J'avais pris ombrage de sa nouvelle place au côté de mon binôme et je ne comptais pas Steve parmi mes rares amis, mais je ne souhaiterai à personne de se trouver en face de ce que j'avais vu. C'était bien flippant ... S'il était entré dans les souterrains comme Dizzie nous l'avait dit et n'en était jamais ressorti, il m'était simple même si cela était  triste, d'imaginer la fin qu'il avait pu y trouver. J'avais répondu à la demande d'aide de Shadow lorsque, inquiète de la disparition prolongée de son nouveau coéquipier, elle était venue me confier ses craintes. Quand un des nôtres était porté disparu, même si c'était un chiard qui m'avait gonflé, je me mobilisais pour sa peau. C'était ça la solidarité entre Rebelles, entre frères de la Cause. Le dessin de Dizzie m'avait bien emmerdé mais heureusement, elle avait su rester floue sur son explication, ce qu'il représentait. Notre code secret fonctionnait depuis longtemps, par de petits signes que nous étions seuls à comprendre, un peu comme entre Ely et moi sur le terrain, sauf que le code était différent entre ma Djida et moi. Si Ely avait pu capter ce langage entre la vieille dame et moi, elle n'avait pas pu en comprendre le sens. Dizzie était restée évasive sans pour autant mentir à Ely, ce qu'elle se serait refusée à faire. Le mensonge entre les gens est plus venimeux que tous les serpents réunis". C'était un de ses dictons. Elle en avait un pour chaque situation, toujours incluant le mot"serpent".

Que voulait trafiquer Shadow dans le Bidonville au sujet de Steve ? Réinterroger les mêmes potentiels témoins des dernières traces de notre malheureux comparse ? Si je comprenais son envie de le retrouver, je ne voyais pas quelle piste froide elle pouvait encore reprendre. On les avait toutes essayées, en vain. Tout nous ramenait à cette bouche d'égout, officieusement connue par le monde underground comme un des "portails" des Rats. Portails dont ils changeaient souvent pour brouiller les pistes. Que Steve aie fricoté avec eux ne me surprenait pas, et n'était d'ailleurs, à mon sens, pas aussi tordu que de rouler des pelles aux Pacificateurs. Notre recruteur répondit à l'évocation d'Ely d'utiliser Natacha pour trouver un hackeur. Ni cette solution, ni la piste des Pacificateurs nous apportant une aide sur ce plan ne semblait très active et n'enthousiasmait guère notre leader actuel. Evan semblait désappointé par nos réponses à sa demande. Je pouvais le comprendre, et même je savais très bien ce qu'il ressentait. Désappointé, je l'avais été trop souvent ces dernier temps dans l'enceinte du Faucon. De compromis en compromis, les Rebelles avaient perdu leur âme et l'époque où on avait monté l'opération qui avait abouti à l'élimination d'Espéranza Alvarez, le Ministre de l'Education, était bien bien loin. Comme si cela datait d'une autre vie, quand nous étions encore la bête noire des Asariens. Ce n'est pas que j'aime pointer puis tirer pour ôter une vie, mais ce jour-là, j'avais pensé à ma famille entièrement exterminée par ces monstres et ça m'avait soulagé sur le moment. Personne ne pouvait imaginer à quel point. Bien entendu, je pouvais comprendre que l'inverse existe. Que certains Humains soient attachés à des enflures d'Asariens, après tout, c'était cela, être humain. Mais ces Humains là n'avaient rien à faire chez les Rebelles. Nous pourrions les protéger, risquer nos vies pour eux, parce que ce sont des Humains, manipulés sans en avoir conscience ou trop faibles pour refuser une aumône en échange d'une servilité. Mais aucun collaborateur avec des Asariens ne devrait jamais franchir les portes du Faucon. J'aimais LockOut et j'aimais Shadow. Je pourrais mourir pour sauver leur vie. Mais une fracture nous séparait depuis la réunion et je me sentais de moins en moins à ma place chez les Rebelles.

Les êtres que j'estimais le plus dans ce groupe auquel j'avais voué ma vie avaient choisi une voie que je ne comprenais pas. Je me sentais isolé, triste et impuissant face à ce que je savais, ce que je pressentais. Mais je devais agir. Les mots d'Evan me firent l'effet d'une douche glacée mais je ne bronchai pas. Du moins pas tant qu'il était en train de balancer sa tirade. Quand il eut fini, un changement d'état d'esprit s'était opéré en moi. J'étais certainement blanc comme un linge lorsque je pris la parole avec une froideur qui était à des lieux du gamin facétieux et gouailleur que j'avais été vingt ans auparavant.

- Et qu'est ce que je mets sur le dos d'Ely ? Je t'écoute Evan ? Tu en sais quoi des messages qu'elle ne m'a pas envoyés pour me signaler qu'elle était en mission avec Steve puis au sujet de ses différentes missions depuis ? Est-ce que je prétends savoir comment Nat communique avec toi quand vous bossez ensemble ou séparément ? Non! Est-ce que je viendrais te faire la morale si vous vous preniez le bec elle et toi ? Non! Alors si j'ai mal fait mon job dans une mission, débarque-moi et qu'on n'en parle plus, mais ce qui se passe entre Shadow et moi, ça ne vous regarde pas. Je n'ai pas choisi de ne pas bosser avec elle. C'était un ordre de votre part. Vous avez éclaté une équipe qui fonctionnait, ne venez pas me faire chier si elle n'existe plus. C'est de votre fait, pas du mien. Pourquoi tu n'as pas envoyé Nat avec Steve ce soir-là ?

Je commençai à poser mon barda, sac à dos, et je le toisai lui seul, ignorant totalement Shadow. Je gardai cependant mon fusil mitrailleur longue portée à l'épaule.

- Et qu'est-ce qu'il a mon comportement actuel ? Ça vous emmerde que je me décarcasse pour nous trouver du matériel au marché noir ? Je dois mettre mon portable en silencieux pendant qu'on prend le thé ensemble ? Que j'aie un coup de fil urgent à passer, que j'aurais dû passer depuis déjà dix minutes, que j'ai repoussé pour vous écouter alors que vous veniez successivement de me sauter sur le dos, offusque les jouvencelles que vous êtes ? Je dois aussi vous offrir des roses et déclamer un poème pour chochottes en votre présence ?  Ok Evan, pas de souci, je vais décommander mon contact en lui expliquant que mon boss m'a déchargé de l'affaire.

Je ressortis mon portable et pianotai dessus à nouveau.

- Allo, finalement, à mon plus grand regret, je ne vais pas pouvoir venir conclure le deal aujourd'hui. Je suis dessaisi de la transaction par mon supérieur. Un de nos gars vous contactera plus tard pour une éventuelle autre commande. Merci du tuyau.

Je dégrafai mon gilet pare-balles et commençai à faire mouvement vers l'armurerie.

- Je vais te dire, Evan, tu as raison,  il y a autre chose. Je vous rends le tablier ! Et j'aurais dû le faire bien avant. Parce qu'avant d'être un Rebelle, je suis un Humain. Je suis né dans le Bidonville. Mes racines sont là-bas. Et c'est là-bas que je dois être. Je n'arrive plus à respirer ici, à comprendre comment on sert notre cause en ce moment. Celle des Humains. Alors je vais la servir seul et je vais déposer mon matos à l'armurerie et récupérer mes effets personnels dans mon casier. Je garde mes armes achetées avec mes fonds propres, ça te va ? C'est correct ?

J'avais conscience de franchir un point de non retour et cela me faisait un mal de chien que je n'aurais jamais pu ne serait-ce qu'imaginer, mais je n'avais pas le choix si Evan et Ely étaient un obstacle à l'objectif que je m'étais fixé. C'était plus fort que moi, comme un instinct presque animal .
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Elisabeth Pearson
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Lun 17 Avr - 18:48





L’incompréhension en amitié … comme en amour … c’est une grande solitude qui nous étreint et nous envahit. C’est cette certitude qu’on a sur Nous qui s’effrite et pourtant Dieu sait (s’il existe en ce bas monde ou quelque chose s’y rapprochant dans cette cité de folie) que je n’ai nul doute sur l’homme qui me fait face, sur l’homme qui se trouve être mon coéquipier, mon partenaire, mon ami. Tout ce que je ressens pour toi est contradictoire et j’ai longtemps voilée mes sentiments. Mais ils ne sont pas illusion. Nos moments, nous les avons vécu avec intensité et encore là, nous restons fidèle à nous-même. Je sens cette tristesse en toi parce que je n’ai pas été à la hauteur de ce que tu attendais de moi. Je sens ta blessure parce qu’au-delà des ordres que j’ai reçu ce soir-là, je ne t’ai pas mis au courant. Un petit message, un seul et tu aurais compris. Tu comptais sur moi, sur notre lien que nous avons façonné depuis tout ce temps ensemble et je t’ai déçu. Je suis impuissante devant toi. Je suis triste moi aussi parce que tu t’es senti abandonné par moi, par la rébellion, par tout ce en quoi tu as toujours eu foi. Je ne peux pas croire que tout s’arrête là, pas après tout ce que nous avons vécu et partagé. Pourtant, tu as besoin de cette liberté, de ce recul, de cette coupure entre nous … Et j’en suis seule responsable.
Existe-t-il une malédiction sur nous pour que persiste cette incompréhension qui nous gangrène ? Nous recherchons la même chose, toi et moi, car nous n’aurions jamais été aussi proches l’un de l’autre même s’il nous est difficile d’y mettre des mots. Pourtant aujourd’hui, nos mésententes depuis cette fameuse nuit au QG, ne cessent de s’amplifier er c’est une overdose entre nous qui s’installe, comme un allé sans retour.
A tes phrases, tu veux donner un sens, comme je veux donner un sens aux miennes. A trop jouer avec les mots, je sais que je prends le contresens de ce que tu veux me faire comprendre. Parfois c’est moi, parfois c’est toi et le pire dans tout cela, c’est que ni toi, ni moi, nous ne pouvons dire pourquoi on se bute ainsi…
Je ne peux pas te laisser partir. C’est comme si tout s’effondrait. Je ressens une mélancolie qui me fait mal et je ne veux pas perdre ce qui nous a tant unis. Il faut que je trouve un moyen à mettre un terme à ces querelles qui nous rendent malades. Je n’abandonnerais pas. Je ne t’abandonnerais pas même si tu es si résigné à sortir de ma vie. Je me battrai pour deux, pour ce que nous avons toujours été l’un pour l’autre. Je vais mettre en avant ces émotions qui me bouleversent quand je pose les yeux sur toi, à effacer cette manière si distante que j’ai à ne pas les montrer, à me renfermer sur moi-même comme si j’étais intouchable. Je veux me concentrer sur ce que j’ai de précieux … Toi.


Un battement d’ailes d’un papillon, et mon esprit revint dans le moment présent …

Roy s’en prenait à Evan et je doutais que cela aille en s’arrangeant. LockOut n’avait voulu que me défendre devant le comportement de Hawk. Il n’aurait peut-être pas dû, car maintenant il découvrait toute la tristesse de celui qui s’apprêtait à sortir de ma vie. Les paroles qu’il prononça me fient l’effet d’une douche froide. Pour Cooper notre équipe n’avait plus aucun avenir … c’était terminé. Mon cœur se serra si fort que la douleur m’oppressa. Je le perdais et rien de tout ce que je pourrais lui dire ne trouverait écho en lui pour le soulager.

J’aurai voulu être Asarienne pour lui montrer avec un pouvoir qu'il se trompait, lui montrer mes pensées. C’était dingue de penser cela, moi qui haïssais ces Mutants responsables de la mort de ma famille et de ce que j’avais été. Si Roy savait mon histoire, il ne comprendrait pas non plus pourquoi j’avais accepté l’idée de l’alliance avec les Pacificateurs et de nous éloigner de la Cause du Faucon. J’avais mis de côté et avec beaucoup de difficultés cette aversion que j’avais pour ces créatures monstrueuses en me concentrant sur les Innocents qui avaient besoin de nous tous. Roy m’aurait certainement dit à quel point j’étais une girouette dans mon comportement. Pourtant, au lieu d ‘être égoïste, j’avais pensé avant tout à ces enfants et seule une alliance des factions pouvaient nous donner cette chance-là. Nous étions certes nombreux au Faucon, mais il ne fallait pas se leurrer non plus devant une telle situation d’urgence. Nous n’aurions pas fait le poids même si nos agissements avec les citernes d‘eau potable et sa distribution se ralentissait de jour en jour. Nous pouvions encore compter sur le dispensaire qui jouait un rôle important dans la distribution des Kits de filtration pour l'usage ménager de l'eau, uniquement et la prévention fictive de vaccination qui alertait du danger et indiquait tout ce que les personnes devaient faire face à la pollution de l’eau et de l’air.

Les deux hommes se toisaient et je sentais une tension grandir entre eux deux. Je jetai un œil aux alentours et chaque rebelle qui passait dans ce couloir, s’éloignait très vite de notre petit groupe. Je passai fébrilement ma main sur mon front. Non, ce n’était pas la bonne solution de voir Roy et Evan se bouffer le nez. Hawk commença à se délester de tout son sac à dos et tout le matériel qu’il avait pris avec lui. Pourquoi … pourquoi tout ceci prenait-il de telles proportions. J’avais envie de dire à Evan de partir, de s’en aller, que c’était l’épuisement, la fatigue, que nous étions tous irrités et nerveux par la situation du bidonville, mais je ne pouvais pas imposer à LockOut sa façon de se comporter.

Hawk nous rendait la monnaie de notre pièce et même s’il ne me fixait pas, s’il m’ignorait totalement, ses mots m’étaient aussi adressés. Ses paroles étaient des lames si aiguisées que j’en avais mal et pourtant je masquais comme je le pouvais cette blessure qu’il ouvrait. Ma froideur avait repris le dessus, cette carapace qui ne me quittait presque jamais. Roy reprit son portable et apporta une nouvelle précision à son indic au sujet de la livraison de marchandises qu’il devait récupérer. Il dégrafa son gilet pare-balles et se mit en mouvement vers l’armurerie, mais avant cela il notifia clairement qu’il ne désirait plus rester parmi nous tant la voie de la cause rebelle avait changé. Et avant qu’Evan ne réponde et que Roy disparaisse de ma vie, je pris la parole d’une voix que je ne reconnaissais pas. Ce n’était pas celle de la Rebelle assurée et confiante. C’était la voix d’une femme qui avait mal.

- Je suis seule responsable de la fin de notre équipe puisque c’est ainsi que tu le veux. Tu n’as rien à reprocher à Evan. Je … Je … J’ai mis notre lien à mal. Je t’ai mis de côté sans le vouloir, mais ce n’était pas mon intention. Mes actes parlent pour moi, j’ai été incorrecte dans ce qui nous unissait. Je te demande pardon.

Il avait mis en avant le changement de la rébellion et ses combats. Roy avait raison dans sa logique, mais il devait aussi savoir ...

- La Cause a fait des choix pour tenter de sauver des innocents. Parfois, on est obligé de faire des concessions pour ce qui nous semble le plus important. Je ne porte pas les Asariens dans mon cœur pour des raisons que tu ne connais pas et malgré cela, j’ai … j’ai mis mon aversion de côté. Mais, je respecte ton choix de ne pas suivre le mouvement.

Je tournai mes yeux vers Evan et avec toute la peine du monde, je m’adressai à notre leader.

- Je vais prendre les clefs d’une jeep. Je te la laisserai une fois là-bas. Le bidonville en lui-même ne m’intéresse pas. Ce sont les galeries que je veux fouiller, celles où Hawk s’était engouffré …

Je bougeai avec grande difficulté. Le couloir semblait tanguer et moi avec, mais je ne pouvais partir sans lui dire au revoir.

- Fais attention à toi …



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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Ven 21 Avr - 18:28

Evan portait sur ses épaules la dure réalité de remplacer les deux têtes pensantes et dirigeantes du groupe : Duncan et Diana. Il avait espéré durant un moment que Diana les rejoigne complètement, retrouvant ainsi sa position de leader. Les Rebelles attendaient le retour de leurs chefs et LockOut avait dû sortir de sa réserve pour donner au Faucon, un leader par intérim. Il n’avait jamais eu l’âme de diriger ou de donner des ordres. Son père avant lui, l’avait été. Fils d’un des fondateurs de la Rébellion sur cette terre, le petit Evan avait grandi loin des tumultes et du danger de la Cause, protégé par une mère qui lui avait toujours raconté que son père était mort à sa naissance. Il avait été appelé pour servir les mêmes idéaux et découvrir l’héritage de son père. Mais il ne serait pas comme lui. Il avait choisi le poste de Recruteur, ce qui lui correspondait le mieux. C’était comme cela qu’il échangeait avec toutes les recrues, une sorte de confident et de guide. Il dressait un portrait des capacités de chacun pour les intégrer dans une des sections présentes au sein du Faucon : celle des Opérations Externes,  la section Scientifique et de Recherches et celle des Affaires Internes dont il en était le responsable puisque c’était toute la branche administrative de la Rébellion. Autant dire qu’Evan n’était pas un homme de terrain. Il avait appris à l’être et à donner des directives, à faire des choix. Il n’avait pas pu faire autrement. Qui aurait remplacé Duncan et Diana ? Qui auraient pris les décisions ?

Depuis la grande réunion au Faucon, ses choix avaient été discutés. Peut-être que Diana et Duncan n’auraient pas fléchi dans leur position, qu’ils auraient refusé l’alliance avec les Pacificateurs. Evan savait que beaucoup d’agents lui reprochaient cette trop grande gentillesse face aux Mutants pacifistes. Certains nommaient le revirement de la Cause trop mielleuse et elle s’éloignait des fondements même du groupe. Roy était l’un d’eux. Evan en avait déjà discuté et il n’avait jamais imposé ses choix à ceux qui étaient contre. Il fallait prendre des décisions, il les avait pris en pesant le pour et le contre et en mettant en avant l’aide aux gens du bidonville. L’union des factions aussi éloignées que celle des Pacificateurs et des Rebelles prouvaient aussi que face à un danger qui touchait les innocents, chacun pouvait mettre sa haine de côté. Elisabeth l’avait fait.

Evan connaissait le lourd secret que cette femme portait dans sa chair, histoire que Roy ne savait pas. Il aurait peut-être vu tout l’effort que cela demandait à Shadow de faire équipe avec des Mutants. LockOut découvrait derrière la froideur des mots de HawkEye quelque chose de plus sensible et de plus triste. Elisabeth avait compris la blessure de celui qui désirait mettre fin à leur équipe. Dans le feu de l’action, elle ne l’avait pas informé de sa mission avec Steve. Une mission qu’Evan lui avait ordonné de mettre en place très rapidement et sans discussion. Il n’avait jamais vu ni l’un ni l’autre aussi désemparé, aussi blessé. Shadow expliqua au recruteur ce qu’elle allait faire dans le bidonville, plus précisément dans les galeries pour y trouver des indices sur la disparition de Steve. Les souterrains n’étaient pas un lieu très fréquentable et encore moins pour une femme même avec l’expérience de Shadow. Il ouvrit la bouche pou lui répondre, mais il s'abstint quand dans un dernier murmure, elle s’adressa à celui qui devenait libre de toute obligation envers le Faucon et qui commençait à faire mouvement vers l’armurerie. Élisabeth avait bien des facettes et celle-ci, c’était la première fois qu’il la découvrait. « Je te rejoins Shadow »

Il ne pouvait pas l’obliger à rester ici, comme il n’obligerait pas Roy. Le Recruteur détailla un bref instant le sac à dos et tout le matériel que le Rebelle avait posé à terre.   « Je n’aurai pas dû me mêler de votre équipe. Vous l’avez toujours gérée comme vous l’entendiez. Elle n’a pas choisi de ne plus bosser avec toi. Mon ordre a été direct. Cela ne te mettait pas hors-jeu. Nat n’était pas là non plus, comme toi, elle était sur une mission. »

Roy avait rappelé son indic pour mettre un terme au deal convenu quelques minutes plus tôt. « Tu ne m’entraineras pas sur la voie de la provocation. On ne devient pas un Rebelle juste en claquant des doigts ou parce qu'un jour on s'est réveillé avec cette idée dans la tête. Il n’y a pas de liste d’attente pour postuler et on ne sort pas du Faucon aussi simplement. Tu es suspendu de toute mission, si c’est ce que tu veux.  Je respecte ta décision. »

A son tour, il pivota pour rejoindre Shadow, mais avant, Evan ajouta une dernière chose : « Je suis né comme toi dans le bidonville. Ne me sert pas cet argument réchauffé que tout le monde met en avant dès que cela ne tourne pas comme ils le souhaitent. Accepter l’alliance avec les Pacificateurs est compliqué pour le fils d’un des premiers membres et leader de cette rébellion. Duncan et Diana auraient fait leurs choix, peut-être différent du mien. Mais dans des instants pareils, il faut penser aux innocents.
T’es-tu demandé ce que pensait Shadow ? Tu peux garder tes armes, mais tu ne peux pas t’en aller du Faucon. Tu le sais. Ça ne marche pas comme ça. Mes choix, je les ai pris avec toute la difficulté que représentait la situation. Nous sommes la rébellion Humaine. On se bat contre ces Mutants. On se bat pour donner de l’espoir aux Nôtres. Les Nôtres qui sont en danger, qui vont mourir. Le clivage m’a poussé à accepter l’alliance avec les pacificateurs pour sauver la population. C’est tout ce qui est important. Si tu dois en vouloir à quelqu'un, c'est à moi, pas à elle. Réfléchis Roy avant de tout briser. C'est l'ami qui te parle pas ton supérieur. »




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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Sam 22 Avr - 19:40




J'avais déjà avancé dans le couloir et leurs messes basses, leurs conjectures ne pouvaient plus m'atteindre. Peut-être l'avaient-ils oublié au contact des Pacificateurs, mais je n'étais qu'un humain, capable d'entendre seulement ce qu'on lui disait en face. J'avais adhéré à la cause des Rebelles parce que je pensais pouvoir servir celle des Humains à leurs côtés. Tant que leurs objectifs m'avaient parus sensés et honnêtes, je m'étais exposé souvent en première ligne, pour défendre notre idéal commun. Mais les choses avaient changé avec la gestion de la crise du Bidonville qu'ils avaient choisie : oui, leurs choix nous avaient irrémédiablement éloignés. Si je ne voulais pas oublier toutes les années de lutte que j'avais mené à leurs côtés, il devenait évident que je ne pouvais plus continuer.  Pour moi les Asariens devaient simplement disparaître de la surface de la Terre, comme toutes les espèces qui s'étaient avérées des erreurs et s'étaient éteintes progressivement , par le jeu de la sélection naturelle. Je ne prônais pas nécessairement leur assassinat s'ils nous foutaient la paix durant leur vie qui était annoncée comme plus longue que celles des Humains, mais je rejetais toute association avec eux. Je venais de déposer les armes du Rebelle que j'étais parce que je ne les trouvais plus aussi rebelles qu'avant. Shadow et Evan faisaient le choix de chuchoter des choses entre eux, preuve qu'encore une fois, la transparence n'était plus de mise entre nous.

Je m'éloignai le cœur lourd, mais déterminé à mener à bien ma mission personnelle. Je respirai un grand coup et c'est à peine si j'entendis la phrase de regret de Shadow me disant de faire attention à moi ... Je pensais que c'était son rôle avant, mais visiblement ce ne l'était plus depuis que les Pacificateurs s'en étaient mêlés et avaient changé la donne de nos affectations. Un pincement au cœur, je continuai ma progression sans me retourner, en me contentant de lever la main en dessinant un V avec l'index et le majeur. C'était notre signe de ralliement, certes bateau. La leçon de morale d'Evan eut encore moins d'impact sur moi. A mes yeux, il était celui qui incarnait la nouvelle évolution des Rebelles. Je respectais son père, l'histoire de sa famille, je respectais l'homme, mais je ne pouvais plus me ranger à ses choix. La vie était ainsi faite. Elle séparait les amis lorsque leurs choix de vie les éloignaient trop d'un terrain commun acceptable. Il pensait avoir rempli son rôle en acceptant l'aide des Pacificateurs, moi je pensais remplir le mien en allant voir ce qui se tramait dans les galeries de l'ancien métro. Pourquoi ces galeries sortaient-elles hors du Dôme des Humains ? Pourquoi leur architecte initial avait-il prolongé les lignes en dehors des Dômes  ? Et on voulait nous faire croire que les Humains devaient être parqués dans l'enceinte d'Asaria ? Hazard Projects avait créé ces lignes, ces tunnels puis ces Dômes ... Pourquoi nous enfermer alors dans ce Bidonville ?

Je levai donc ma main une dernière fois en entendant les rares paroles qu'ils m'adressaient directement dans le couloir.

- C'est ça les amis ! Prenez soin de vous. Evan, je t'emmerde et je t'aime. Shadow, prends soin de tes fesses... et je t'aime aussi, bordel ! J'ai des trucs à faire, faites pas chier ! On se revoit en Enfer !


Sans regarder en arrière, je m'engouffrai dans l'armurerie pour récupérer mon arsenal d'entraînement et mes armes fétiches, de collection ou encore opérationnelles. Toutes ces reliques que j'avais accumulées au fil de mes années passées au sein du Faucon. Puis, ayant méticuleusement arnaché mes holsters et mes différentes armes blanches, j'y introduisis toutes les armes offensives dont la maîtrise avait fait de moi une légende au Faucon. Je savais que jamais je ne pourrais les utiliser contre mes frères de la Cause, un nom trop oublié au profit d'un flou et d'un abandon idéologique? Je n'avais jamais été un homme d'idées, mais un homme d'action, assurément oui. Et si mes anciens amis s’oubliaient, moi je gardais intact, cette motivation à défendre les Humains, la seule variante naturelle de l'évolution .... Evan était comme moi un enfant du Bidonville mais il ne pouvait ignorer que tous les Asariens qui étaient dans les rangs des Pacificateurs avaient vu le jour loin de tous les manques vitaux et loin des terreurs quotidiennes infligées par les Miliciens. Je n'en voulais nullement à Élisabeth que j'aurais aimé pouvoir serrer une fois dans les bras sans aucune retenu, ni décence. Je n'en voulais nullement à Evan avec qui j'aurais aimé pouvoir refaire le monde autour de quelques bières. Mais ma souffrance, mon exigence presque immédiate de réactivité faisaient sans doute de moi un être inadapté à leur Cause. Aucun des deux n'était prêt à entendre ce que j'avais à dire, ni à convenir que ce que j'avançais était plausible.

Je savais que je devais aller dans les galeries d'Asaria. Je savais que notre passé devait nous sauter à la gueule quelque part dans ce labyrinthe qui datait d'avant ma naissance. J'aurais été infoutu d'expliquer ce qui me poussait à le penser, mais je savais que je devais mettre mon nez dans ces conduits qui sillonnaient les terres sauvages. Dire que je me sentais guilleret à cette perspective serait exagéré. Si Shadow et LockOut, surnom que je n'avais d'ailleurs jamais compris, trouvaient que j'étais un traitre à leur cause, ce ne me souciait pas plus que nécessaire. Dans moins d'une heure, le temps de m'équiper, je serai une arme, Humaine certes, mais dont le potentiel de destruction serait sans précédant. Et du moins avais-je l'illusion d'être plus utile aux Humains du Bidonville.

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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Mar 25 Avr - 10:10



J’entendis ses dernières paroles alors que je prenais la direction du poste pour récupérer les clefs d’une jeep. Mais je ne retournai pas et je n’y répondrais plus. Je lui avais tout dit. Nos chemins s’arrêtaient ici. Roy avait décidé de quitter le Faucon parce que les idées du groupe n’étaient plus en adéquation avec ce qu’il était. Je le comprenais. Je n’avais pas accepté la main tendue de Duncan quand la Milice me recherchait dans le bidonville pour nouer des liens avec un groupe qui lui prônait la paix des deux races. Pourtant, j’avais fait ce terrible choix pour aider les Miens, ceux qui subissaient la misère pour leur donner un petit espoir. Qu’aurait donc pensé Scott, mon frère ainé, lui qui avait été le prisonnier de la Milice ? Mon point faible pour obéir à ces monstres. Qu’aurait-il pensé de moi ? Avais-je renié tout ce que j’étais pour m’aveugler dans cette alliance ? Non, je ne perdais pas de vue ma seule priorité dans cette union : les Humains.

J’avais laissé Evan en arrière et moi je remontai le couloir jusqu’au bureau des registres de sorties. Je demandai un véhicule prêt à partir et bâché. La neige était joueuse, le froid indiscipliné et le soleil ne tarderait pas à se coucher dans quelque heures. Le Rebelle me tendit le listing et j’apposai mon nom de code à côté du numéro  d’immatriculation et l’heure à laquelle je venais de prendre les clefs. Evan ferait de même puisque je lui avais signalé que je lui laisserai la jeep une fois qu’il m’aurait déposée à l’entrée due bouche d’égout. Je remerciai l’agent du Faucon et Evan me rejoignit.

- Je vais prendre un paquetage. On se donne rendez-vous au véhicule d’ici 20 minutes.

Si je donnais à Evan l’occasion de me répondre, je devinais déjà ce qu’il me dirait, j’en étais presque certaine : que d’aller visiter les galeries souterraines toute seule n’était pas une bonne idée, qu’il voudrait m’accompagner. Et s’il aurait raison de me dire tout cela, je n’étais plus à même d’écouter qui que ce soit. Ce n’était pas une mission du Faucon. C’était une enquête personnelle. Le dessin étrange que Dizzie avait dessiné quand Roy et moi étions venus la voir, revenait sans cesse dans ma tête. Cooper était resté très flou sur tout cela. Je ne savais toujours pas ce qu’il avait vu dans ces tunnels, si c’était une façon à lui de me protéger, mais je devais à Steve de le retrouver ou du moins de savoir ce qu’il était advenu de lui. J’avais fait la promesse à son père. Mon ex binôme se confinait dans son mutisme et dans notre conflit. J’aurai bien aimé lui botter le cul. J’aurai dû le faire … ou pas.

Je pris la direction du local à matériel. J’avais besoin d’un sac à dos, de divers équipements légers et fonctionnels pour me diriger dans ces foutues galeries ainsi qu’une petite radio. J’en connaissais une grande partie grâce aux méthodes d’entrainements que la Milice m’avait fait subir. Après avoir choisi ce qui pouvait m’aider à me diriger et à survivre en terrain inconnu, je me dirigeai vers l’armurerie, la lanière de mon sac à dos sur mon épaule,  mais je stoppai net mes pas. Roy devait se trouver là lui aussi. Tant pis. Nous n’avions plus rien à nous dire et j’avais des choses à faire moi aussi. Je poussai la porte du local de l’armurerie et je retrouvai Cooper qui terminait de s’équiper. Il était impressionnant. Il avait positionné sur lui toutes ses armes blanches et à feu dans ses holsters. Je l’avais vu se préparer  maintes et maintes fois pour nos missions … Mais là, c’était très différent. Qu’avait-il donc en tête ? Est-ce que c’était ce dessin de Dizzie et cette vérité qu’il me dissimulait qui le poussait à devenir une véritable arme humaine ? Qui le poussait à me fuir ?

Je fis un effort douloureux pour écarter mon regard de l’homme avec qui j’avais tant partagé ces dernières années. Sans un mot et dans des gestes automatiques, je me saisis de mon Glock qui était mon arme fétiche que je portais dans mon dos, à même la peau. Je devais choisir avec précision tout ce qu’il me faudrait pour faire une promenade six pieds sous terre. D’autres armes s’ajoutèrent à mon paquetage. Je retirai mon blouson et je plaçai un holster avec différentes armes, J’avais besoin de garder le plus de liberté dans mes mouvements et trop me charger risquerait de me faire perdre un avantage face  … à un ennemi inconnu.

Je ne sais plus qui quitta en premier l’armurerie. J’avais l’impression que mon cerveau ne désirait pas noter ces derniers instants pénibles entre lui et moi. L’ombre que j’étais, silhouette sombre et féline, se força à avancer  et je m’éloignai …



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Evan Cassidy
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MessageSujet: Re: (Terminé)Symphonie en sous sol mineur (Elisabeth, Evan)   Mer 26 Avr - 18:19

Evan secoua la tête devant la scène dont il venait d’être un témoin impuissant : la séparation de l’équipe la plus qualifiée sur le terrain. La fin d’une histoire, d’une aventure. Ajouter encore quelque chose et retenir Roy ne serviraient à rien.  Le rebelle s’en était allé vers l’armurerie et Shadow avait pris la direction du bureau des registres de sorties et demandes de véhicules. Le Recruteur voyait là, le signe évident de laisser sa place et de demander expressément le retour de Diana et du Duncan, du moins l’un des deux. Il faudrait aussi choisir une personne plus proche des idéaux du Faucon pour venir soutenir la rébellion. Evan avait tenté de mener à bien le groupe. Il avait fait des choix qui n’avaient pas toujours été compris, mais il avait espéré malgré tout garder encore la cohésion de leur Cause. Elle avait disparu. Il regarda l’heure à sa montre. Ely voulait aller dans le bidonville, il faudrait quelques heures pour traverser les plaines enneigées. Il se demandait à cette heure-ci où se trouvait cette population qui avait rejoint les Insoumis. La veille au soir, il était encore avec la leader des Pacificateurs et cette volonté nécessaire de regrouper les enfants et les plus faibles pour rejoindre ce groupe qui voulait échapper à la misère et s’éloigner le plus possible de la cité. Avec tout ce cortège, le voyage serait plus long avec ses pauses et les Insoumis étaient composés d’humains et d’Asariens comme les Pacificateurs. S’ils voulaient sortir des galeries, ils devraient attendre le coucher du soleil. Et l’heure approchait.

Il tourna les talons et longea le couloir pour rejoindre Shadow qui était entrain de signer le registre pour récupérer un véhicule. Il fit la même chose à côté de son nom à elle et sans avoir le temps de lui répondre, elle disparaissait déjà. Il soupira et reprit son chemin vers sa chambrée. Evan enfila des vêtements chauds, son bonnet, des gants et de bonnes chaussures. Il choisit de prendre son arme personnelle et quelques bricoles qu’il aimait avoir sur lui. Il ressortit et gagna l’ascenseur qui le conduisit au niveau - 4, celui qui correspondait au garage. Elisabeth devait le retrouver ici. Des agents le saluèrent et échangèrent quelques mots avec lui. On lui confia les clefs de la jeep équipée pour rouler dans la neige et par ces températures glaciales.

Une vingtaine de minutes après, Elisabeth était prête, son sac à dos avec elle et déterminée à se promener dans les galeries de la cité.  Elle lui laissa le volant et tous les deux s’embarquèrent à l’intérieur du véhicule. Par un jeu de tunnel, la jeep quitta le cœur du QG du Faucon. Le soleil se coucherait dans très peu de temps, ce qui devrait les faire arriver vers 21h00 si leur ballade se passer bien. Il ne pouvait pas rouler à toute vitesse et il devait aussi s’assurer de leur protection. Evan se fit un point d’honneur à  ne pas discuter avec elle de Roy. La conversation porta sur son objectif d’aller dans les galeries et de chercher encore et encore des traces de Steve.  Le Rebelle n’avait pas caché à la jeune femme son sentiment sur le danger d’aller toute seule là-bas et qu’il n’était pas d’accord de la voir prendre autant de risques même si c’était en dehors d’une mission. Elisabeth était une femme qu’il admirait et à qui il tenait.

Le voyage se passa sans encombres et les heures avec. Leur discussion fut interrompue par le grésillement de leur radio, un message du QG. « LockOut. Shadow. On vient de m’avertir qu’il y a du mouvement dans le bidonville. Vers 19h45, deux convois sont sortis de l’enceinte de la Milice, des blindés pour le premier et des jeeps militaires pour le second, tous en direction des terres sauvages.  L’un des Nôtres qui revenait du village, a vu ces mêmes jeeps,  devant l’entrée de la trappe du sas qui donne dans les galeries de visite de la société Aquanet. Vous en êtes où de votre randonnée ? »

Evan arrêta sa jeep pour répondre à la radio.
« On ne devrait pas tarder à arriver, d’ici une demi-heure, tout au plus. »

 « Faites attention, nous ne savons pas où est parti le gros convoi des blindés. Vous pouvez à tout moment tomber sur lui. Le poste de Frontière ne vous laissera pas passer. Vous devriez faire demi-tour et rejoindre la vieille auberge pour cette nuit. »

« Le vent s’est levé, mais au moins la neige s’est arrêtée. On avance doucement et la vue se dégage bien. »

Le Recruteur jeta un œil à sa coéquipière qui pensait la même chose que lui.
 « On ne fera pas demi-tour, on va aller voir ce que fait la Milice dans les galeries. »

« Bien reçu LockOut. Tenez-nous au courant »

Il ferma la radio et posa ses deux mains sur le volant.
 « Je ne connais pas bien le labyrinthe de cette fourmilière qu’on a sous les pieds. Je m’inquiète pour la population, tous ces enfants qui ont suivi les Insoumis. Ça ne peut pas être un  hasard que cette nuit, la Milice décide de sortir la grosse artillerie. Prête Shadow ? Tu voulais ta ballade souterraine, tu vas l’avoir ! »


HRP : Cela devrait nous faire arriver après le Capitaine Dearden, son régiment et la Main du Diable par ce même sas de visite d’Aquanet.
Merci pour ce rp très riche en émotions Smile




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