(Terminé) Human target || Jane Sheppard

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MessageSujet: (Terminé) Human target || Jane Sheppard   Ven 3 Fév - 18:32

Quelques jours après avoir quitté le bureau du  Général Van Brënner au QG de la Milice, le commandant Huyana s’était employé à mettre tout le temps nécessaire qu’il possédait au service de cette nouvelle mission. Il n’y avait pas une minute à perdre. Le Général était déjà passé à la vitesse supérieure depuis plusieurs jours, depuis qu’il était sorti de sa tanière pour reprendre le contrôle de ses projets. Huyana l’avait soutenu et c’était lui qui avait fait passer les signatures de plusieurs motions auprès de la Grande Conseillère qui ne lui avait posé aucune question. L’étais se resserrait sur la population et sur les traitres. La protection et la sécurité de la cité étaient devenues les pierres angulaires du Général ainsi que la suppression complète de tous ces insectes qui osaient encore se dresser contre le gouvernement et se rebeller. Avec tous ces chamboulements qui suivaient un rythme définit par le ministre de la Sécurité, il y avait eu les révélations de l’identité de la taupe. Van Brënner avait mis le doigt sur une affaire délicate et il était le seul à pouvoir étaler toutes ses information à Alianka. De son côté, Elijah continuait à émettre de nouveaux rapports via sa société qui avait été bernée par cette même taupe. C’était sa conclusion. Il n’admettait pas que le personnel qu’il employait à Aquanet Technologies et qu’il payait de salaires faramineux avait était aveuglé par un fantôme capable de bouleverser toutes les données et de masquer la réalité de l’eau contaminée.

Alianka de Nephthys n’avait émis aucun commentaire et elle avait laissé à Elijah le plein droit de se défendre et de redorer l’image de la société. Si les images de ce fils défunt lui revenaient en mémoire, d’autres souvenirs se superposaient à la découverte de la taupe : la disparition de sa propre fille, Camille qui s’était volatilisée de la cité sans laisser aucune trace. Elijah avait longuement réfléchit depuis toutes ces années au point d’en arriver à une seule conclusion : qu’elle était bien vivante et qu’elle avait rejoint un groupe de dissidents. Un jour, il en faisait le serment, il la retrouverait pour lui faire payer cette traitrise.

Homme passionné et énergique, Elijah était sur tous les fronts. Il avait demandé la permission à la Grande Conseillère de mener une enquête sur l’entourage du scientifique, le Docteur Aaron Williams et maintenant, le Général Van Brënner lui donner toute liberté pour mettre la main sur cette traitresse. Assis dans cette salle de réunion, le coude posé sur la table, il fixait la vidéo que lui avait remise Van Brënner. C’était grâce à ce tout petit passage enregistré par  ces Êtres cybernétiques, joyaux précieux pour le Général, qu’il avait reconnu un visage du passé. Depuis qu’Elijah s’était senti investi de cet honneur de servir la cité en rejoignant l’Escadron de l’Elite, sa hargne le poussait à éliminer tout ce qui polluer Asaria. Cette humaine ferait partie de ses cibles. Mais tout ne serait pas aussi facile. Elle était introuvable, elle aussi, comme sa fille. La seule certitude à l’heure actuelle, c’est qu’elle était bien vivante. A partir de maintenant, il fallait attirer le poisson dans les filets.

Van Brënner lui avait laissé toute amplitude à établir son plan. En consultant les dossiers des Miliciens, il était tombé sur celui du Lieutenant Sheppard. Une femme militaire chassant une femme traitresse. C’était le meilleur atout qu’il pouvait avoir dans sa manche. Le lieutenant Sheppard possédait des états de services irréprochables et peut-être qu’un jeu de chasse à l’homme lui plairait. L’action, il n’y avait que ça d’attrayant. A partir de cette petite vidéo, il avait demandé à un expert en informatique de la Milice, de coordonner le visage de l’humaine et de trouver des concordances sur les vidéos de surveillances du bidonville. A force de regroupement et d’heures à passer à visualiser les vidéos, le visage de la traitresse s’était retrouvé sur une autre vidéo où on la découvrait entrer à la Taverne de l’enfer. C’était par-là que la mission allait commencer.

Il avait donc convoqué le lieutenant Sheppard pour une réunion officielle à 16 heures précises dans cette salle où personne ne viendrait les déranger. Un coup vif à la porte et sa voix porta vers la personne qui demandait la permission de pénétrer. « Entrez Lieutenant Sheppard ! »

Il se leva de son fauteuil, arrangea son treillis et sa veste qu'il portait et resta debout face à cette porte qui s’ouvrit promptement. Après les salutations de rigueur, il entra dans le cœur du sujet. « Fermez la porte Lieutenant et venez prendre un siège autour de cette table. Votre convocation ne révélait rien de la teneur de cette réunion. Il n’y aura que vous et moi, avec l’aval de notre Général, bien évidemment.  »

Elijah la laissa s’installer. Il avait mis sur pause la vidéo qu’il n’avait cessé de faire tourner en boucle et l’image s’était figée sur le visage de l’humaine. « J’aimerai lieutenant, vous proposez une mission particulière qui relève de vos compétences de soldat. Vous êtes rigoureuse, entrainée à toutes les formes de combat et aux armes et vous êtes la Milicienne de a situation. Aimez-vous la chasse à l’humain ? Plus précisément à l’humaine ? Si je vous donnais toute liberté à vous amuser et à profiter pour traquer un gibier ? Il faudra la ramener vivante et la faire parler. C’est un ancien agent de terrain qui a été formé ici même parmi les Miliciens. Elle a subi des entrainements remarquables, mais il y a trois ans, elle s’est enfuie malgré toute la sécurité qui  définit notre QG. Elle s’est volatilisée ! »  Dit-il en appuyant ses derniers mots par un claquement de doigt.

Avant d’aller plus loin dans l’histoire et de lui dévoiler l’identité de la traitresse, il devait s’assurer que le Lieutenant Sheppard soit séduite par cette mission excitante.
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MessageSujet: Re: (Terminé) Human target || Jane Sheppard   Ven 3 Fév - 21:57

Je devais bien reconnaître que l’ordre de convocation reçu ne se lassait pas de me laisser interrogative. La manière de procéder, passant bien au-delà des procédures de transmission habituelles par l’intermédiaire de l’intercom’ armure, me laissait d’autant plus perplexe. Un simple mot, inscrit sur un bout de papier, glissé dans mon vestiaire par je ne savais quel officier de renseignement issu de je ne savais quelle unité. Une information détruite aussitôt mémorisée, qui devait me conduire à l’un des plus obscurs des étages du QG de la Milice dont le simple accès nécessitait un haut niveau d’accréditation. Un lieu, une date, une heure. Pas de nom, pas d’objet. Une simple série de données brutes de décroffrage. Je  ne pouvais m’empêcher de m’imaginer le pire comme le plus loufoque. Avais-je commis une faute qui relevait d’une sanction exemplaire ? Assistée à quelque chose dont la portée m’échappait ? Une victime collatérale lors d’une patrouille ? Un informateur abattu par inadvertance ? Ou simplement grillé ?

J’admettais volontiers que je n’en menais pas large quand un homme - ou une femme - était venu à ma rencontre peu avant l’heure du rendez-vous. Casqué, masqué, uniforme noir dépourvu du moindre insigne, la voix déformée par un modulateur vocal ; c’était apparemment quelque chose de très sérieux, et de très grave pour qu’un des Corbeaux - comme on les appelait dans le jargon - ne quitte son nid pour venir me trouver au sein même de mes quartiers.

Je l’avais suivi, le visage blême bien que je tentais de sauver les apparences face aux regards surpris des quelques compagnons d’armes que nous croisions jusqu’à l’un des ascenseurs principaux ; l’un des rares à desservir les plus hauts étages du QG. Les rares fois où les Corbeaux descendaient et venaient se mêler aux troupes, venaient sortir un soldat du rang pour lui faire prendre de la hauteur, c’était rarement de bonne augure. J’avais dû renoncer à la patrouille du jour pour être certaine de ne pas louper la convocation, et j’avais passé une bonne partie de la journée à m’entraîner pour occuper mes pensées, les détourner de mes cogitations et inquiétudes. Une longue et intense prière, une douche loin d’être délassante et l’uniforme cérémoniel pour compléter le tableau. Si je devais me faire lapider pour d’obscures raisons, je tenais à l’être dans ma dignité et fierté de soldat.

C’est ainsi que je me présentais, bien des minutes plus tard mais à l’heure prévue et demandée, devant une épaisse porte sobrement décorée, encadrée par deux Corbeaux lourdement armés. Mon escorte exigea de moi que je lui remette mon arme de service. Je me sentais comme mise à nue, vulnérable quand son poids ne pesait plus à ma ceinture. Mais le choix ne m’était de toute façon pas laissé, aussi m’exécutais-je à contrecoeur avant de pouvoir poursuivre. Je déglutissais longuement, prenant une profonde inspiration avant d’enfin oser lever mon poing serré et frapper contre le battant.

Une voix tonna depuis l’intérieur de la pièce, m’invitant à entrer. Je fronçais légèrement les sourcils en basculant la poignée de porte. Il me semblait reconnaître cette voix, sans pour autant parvenir à l’associer avec une quelconque personne de mon entourage, ou de ma hiérarchie directe. Une nouvelle inspiration déterminée au moment où je franchissais ce dernier pas qui me séparait de mes incertitudes, puis je refermais la porte derrière moi d’un mouvement rapide, légèrement sec, de peur que les trois loustics laissés en arrière ne se précipitent à ma suite pour en découdre. Putain. Je me sentais virer de plus en plus inquiète, encor eplus quand je fis volte-face pour me retrouver à toiser mon mystérieux interlocuteur.

Je retenais un juron de surprise derrière mes mâchoires crispées en saluant d’un garde-à-vous impeccable le Ministre du Développement Sanitaire. Etais-je en train de rêver ? Je me demandais ce que pouvais bien me vouloir un Ministre, et surtout ce que ce dernier foutait  en uniforme de Commandant. Néanmoins, je tâchais de taire mes doutes et mes interrogations d’un salut des plus formels, comme on me l’avait si bien enseigné.

“Mes respects Monsi… Commandant,” me présentai-je après une légère rectification. J’avais toujours du mal à réaliser que le Ministre et PDG d’Aquanet portait l’uniforme et l’un des galons les plus convoités de l’institution milicienne. Qu’est-ce que pouvait bien signifier tout ce bordel ; et cette ingérence de la classe politique dans les affaires de la sécurité Asarienne ? Des questions que je mettais bien vite de côté alors qu’il poursuivait, m’invitant à prendre place face à lui. Je m’exécutais sans hésitation, laissant malgré tout mon regard promener sur la pièce, à la recherche d’une éventuelle tierce personne que je ne trouvais pas. Il n’y avait que lui, et moi. Je l’écoutais m’exposer l’objet de ma convocation, sa volonté et ses attentes, gagnée par un incommensurable soulagement de constater que ma dernière heure n’était pas venue. Bien au contraire.

J’avais clairement esquissé un mince sourire quand il évoqua l’idée de me confier une chasse à l’homme, d’autant plus qu’il s’agissait là d’une humaine, et d’une traîtresse. Ce dernier point me fit malgré tout ravaler mon début d’enthousiasme alors que je ne pouvais m’empêcher de dresser un immanquable parallèle avec Hiddes et sa propre trahison survenue presque une décennie plus tôt. A nouveau, la réputation de la Milice s’était vue entachée par la trahison et désertion de l’un des siens. Pire encore, la trahison d’une humaine qui avait eu le privilège d’être formée et entraînée au sein de notre famille. Un dégoût profond et prononcé me gagna quand mes prunelles azurées glissèrent sur le moniteur vidéo figé sur le visage de cette salope.

Il ne m’avait pas fallu longtemps pour comprendre la situation et la volonté du Commandant Huyana, d’autant qu’il ne perdait pas de temps en détours et futiles palabres. Trouver cette garce, la ramener vivante et la faire parler. Mes capacités toutes particulières m’avaient souvent conduite à mener des interrogatoires qui n’avaient même pas besoin d’être musclés ; quand bien même cela ne relevait pas de mon affectation initiale, encore moins de mes prérogatives. J’appartenais à la Brigade Anti-Émeute, pas aux Services Spéciaux de l’Intelligence et du Renseignement Asarien que je convoitais pourtant. Mes états de service n’y étaient pour rien - je pouvais me targuer d’en avoir des exemplaires - mais il s’était agi d’une simple histoire d’avances du Capitaine de la SSIRA “gentiment” refusées pour que ces portes me soient condamnées.

L’excitation et l’intérêt étaient donc double en ce qui me concernait, vis-à-vis de la mission que me servait le Commandant. J’allais pouvoir tenter ma chance directement sur le terrain et sous-couverture, un job d’autant plus excitant qu’il s’avérait plus complexe, plus risqué et certainement plus dévastateur pour l’ennemi si je parvenais à le mener à terme. C’est pourquoi, après avoir gardé le silence durant quelques secondes dès que le Ministre eut fini de parler, je reportais mon regard sur lui. Il y avait malgré tout quelques questions qui méritaient éclaircissements.

“Ce serait un honneur, et un plaisir Commandant. Néanmoins, pourquoi faire appel à moi plutôt que la SSIRA ? Le contre-espionnage n’est pas supposé relever de mes prérogatives, et je doute que les Renseignements apprécient qu’un officier de la BAE ne vienne empiéter sur leurs plate-bandes.”
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MessageSujet: Re: (Terminé) Human target || Jane Sheppard   Dim 5 Fév - 15:02

Si le ministre récemment promu en tant que membre de l’Escadron d’Elite et Commandant en fonction n’appréciait guère les femmes militaires – cela n’avait rien à voir  avec un quelconque machisme – il avait découvert des femelles aux tempéraments bien trempés. La seule à qui il ne faisait pas confiance complètement, était le commandant Marian Carlyle. L’assassin de l’Escadron qui lui avait été présenté lors de la réunion  protocolaire du Général Van Brënner l’avait séduit. Pour dissimuler son identité secrète, cette magnifique brune portait un petit masque qui cachait des yeux mystérieux. Personne ne connaissait son nom sauf le Lion de Feu. Cette Asarienne au corps frêle et jeune avait possédait des capacités que même son imagination ne pouvait lui rendre honneur. En choisissant une femme là aussi pour lui confier une mission extrêmement délicate, Elijah démontrait qu’il pouvait se montrer très ouvert d’esprit et qu’il préférait l’art raffiné et recherché d’une femme militaire.  Lorsque le Lieutenant Sheppard se présenta dans la salle de réunion à l’heure demandée par le Commandant Huyana, il put apprécier le côté très professionnel et strict de l’Asarienne qui se déplaça vers lui et s’installa autour de cette table. Il lui rappelait « cette » assassin à la chevelure brune tout en cascade, ce petit nez aquilin dessinait par le port de ce loup noir et des prunelles qui brillaient d’un éclat ténébreux.

Huyana ne perdit pas de temps pour lui exposer le sujet de cette réunion et pourquoi elle avait été convoquée. PDG, ministre ou bien Commandant, l’Amérindien ne s’était jamais perdu en détails futiles et autres léchages de culs. Il dévoilait progressivement les informations qu’il détenait de cette traitresse d’humaine qu’il avait reconnue dans cette vidéo que le Général Van Brënner lui avait montrée. Le coude posé sur le rebord de la table, ses doigts lissaient machinalement sa barbe de quelques jours.  Elle avait gardé le silence, écoutant avec attention  son petit monologue. Un sourire au coin des lèvres se découvrit, indiquant que l’Ancien appréciait l’esprit aiguisé de la femme qui se tenait en face de lui. Le Lieutenant Sheppard bien que séduite venait de soulever  des questions logiques et utiles pour la poursuite de cette mission, si elle l’acceptait. Il fit glisser devant elle un premier dossier où son nom à elle figurait. C’était une manière de lui montrait qu’elle n’avait pas été choisie par hasard, que ses compétences et son dossier avaient pesé dans son choix à lui. «  Lieutenant, il me semble d’après les différents entretiens que vous avez pu avoir avec le professeur en psychologie Ness et le commissaire aux affaires militaires Piggs, que vous avez toujours souhaité intégrer la Section des Renseignements Asariens en tant qu’agent spécial. Effectivement, vous faites partie de la BAE. Voyez cela comme une offre qui pourrait vous servir à intégrer la section que vous convoitez. Je pourrais alors appuyer votre demande auprès du Général Van Brënner. »

Le Commandant aurait pu faire appel à un Agent de la SSIRA. Il avait compulsé les dossiers qui lui avaient parus les plus attrayants. Beaucoup de ces agents étaient déjà sur le terrain en mission. Il ne pouvait décemment pas en retirer un juste pour son bon plaisir. Van Brënner n’aurait pas apprécié un tel comportement de sa part. « La SSIRA possède des agents compétents. Certains profils m’ont séduit, mais ils étaient déjà sur le terrain. Alors, avec la liberté que m’a donnée notre Général, j’ai examiné d’autres dossiers et je suis tombé sur le vôtre. »

Néanmoins sa crainte de marcher sur les plates-bandes de la SSIRA était rationnelle. Elle ne désirait avoir aucun problème avec les agents et la section de renseignements. «  Lieutenant, si vous acceptez cette mission, vous dépendrez directement de moi sous couvert de l’autorité du Général. Personne, je dis bien personne ne pourra vous ordonnez quoi que ce soit sauf moi, votre Commandant. Que j’entende une seule critique de la part d’un agent ou d’un soldat, il sera immédiatement convoqué. Vous n’avez donc aucun souci à vous faire. Vous aurez carte blanche pour traquer cette traitresse et vous aurez à votre disposition toutes les armes et la technologie de notre Milice sur simple demande qui me sera adressé. »

Il fit glisser un second dossier confidentiel. C’était celui de l’humaine et maintenant il pouvait y lire l’identité de celle qu’elle devrait traquer et attaquer : Elisabeth Pearson.

Spoiler:
 

« Vous trouverez le dossier complet dans votre boite mail, Lieutenant, en pièce jointe. Ceci est une ébauche de votre cible. La mission d’infiltration va vous amener à côtoyer les insectes du bidonville. Vous devrez vous immerger totalement dans cette vie répugnante des humains pour faire sortir la traitresse de son trou. Elle est bien vivante. Pourquoi suis-je aussi sûr de moi ? Parce qu’une vidéo très récente l’a localisée avec un partenaire, collègue, ami, équipier, dans les galeries souterraines. La voici ! »

Il appuya sur la vidéo qui était sur pause depuis le début de cet entretien.

Spoiler:
 

«  Elisabeth Pearson devrait avoir, aujourd’hui,  32 ans environ. On ne sait jamais avec ces humains où se trouve la vérité sur leur identité. Le regroupement de plusieurs caméras de surveillance on montrait qu’elle venait très souvent, le soir, à la Taverne de l’Enfer. C’est peut-être là que vous devrez commencer.  Nous n’avons pas pu découvrir l’identité de l’humain qui l’accompagnait sur cette vidéo. C’est peut-être son amant. Il pourrait aussi vous servir pour la capturer. »
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MessageSujet: Re: (Terminé) Human target || Jane Sheppard   Dim 5 Fév - 23:03

Aux premiers mots du Commandant Huyana, je n’avais pu réprimer un mince sourire en coin. Il mettait en avant mes anciennes demandes de réaffectations, dont je pensais qu’elles prenaient la poussière depuis des années, ce qui n’était pas faux quelque part. D’un mouvement détaché de la main droite, je m’emparais du dossier - mon dossier - que venait de me glisser le ministre, feuilletant par la suite celui-ci avec une curiosité désinvolte, bien plus focalisée sur les explications du Commandant que sur les propres phases de ma vie que je connaissais fatalement. C’était là une proposition alléchante, je ne pouvais le nier. Obtenir une affectation au sein de la SSIRA après des années de tentatives infructueuses, voilà qui ne me laissait pas de marbre. Pour autant, je devais avant tout faire en sorte de n’être redevable de personne dans mes ambitions personnelles.

C’est pourquoi j’avais fini par remettre mon dossier personnel à sa place, sur le bureau, pour m’emparer ensuite de celui de la traîtresse qui serait ma cible et l’objet de ma nouvelle mission. Une longue étude, exhaustive des moindres détails à propos de cette humaine entraînée par la Milice, ce qui ne m’empêcha pas d’émettre un bref grondement de contrariété en lisant le contenu des nombreuses pages qui dressaient un profil de la jeune femme. Quand est-ce que la Milice comprendrait qu’elle n’avait rien à gagner à intégrer - et former - dans ses rangs de simples humains. En plus d’être des menaces tant pour l’image que pour la sécurité, ces rebuts d’Asaria ne valaient pas un clou sur le terrain. Plus lents, moins endurants, moins forts, incapables de voir dans la pénombre, dénués de la moindre capacité Asarienne susceptible de faire la différence ; je me demandais bien quel pouvait bien être l’intérêt de tout cela. Fabriquer des traîtres ? C’était réussi. Indubitablement.

Longuement, et toujours sans interrompre mon interlocuteur, les lèvres pincées par quelques efforts muets de réflexions et de recoupements d’idées, je prenais le temps de l’écouter. Mémoriser les détails qu’il me confiait, car je connaissais la valeur de l’information, à quel point un détail pouvait faire la différence entre fiasco et réussite. Ma cible, Pearson, semblait avoir un contact. Son identité n’était pas connue, aussi peu m’importait pour l’instant que l’homme soit une simple connaissance, une relation d’affaire ou celui qui tringlait la demoiselle pour occuper ses lundis soirs pluvieux, je ne le catégorisais pas comme prioritaire et indispensable à la traque. Un simple bonus dans le meilleur des cas. Car Huyana avait au moins cet atout d’être réaliste : il me demandait explicitement et sans détour de plonger la tête la première dans une fosse à purin.

Pas que je n’y étais pas déjà habituée par les nombreuses patrouilles dans les ruelles du Dôme Humain, mais cette fois-ci, il ne s’agissait plus pour moi de m’y présenter sous ma fonction de Milicienne avérée, proprement équipée de mon armure et mon équipement de fonction. Pour le coup, il s’agissait de se mêler à eux, partager leur air, leurs miasmes, leurs pensées affaiblies et leurs discours illusionnés. Moi qui m’étais toujours sentie reine parmi les insectes dans ces ruelles, j’allais devoir rendre ma couronne et me souiller les mains de boue plutôt que de sang. C’était répugnant, et pourtant, je ressentais une profonde excitation et enthousiasme à cela.

“Un billet d’entrée pour la SSIRA, carte blanche pour agir et seulement vous comme référent direct ? Ainsi, je suis couverte d’un point de vue hiérarchique et opérationnel, vous êtes couvert d’un point de vue politique. Si jamais je venais à merder - ce que je ne souhaite pas - vous n’aurez qu’à nier l’existence de cette opération. C’est très bien vu Commandant. J’aime ça.” Je plantais mon regard azuré dans le sien, un sourire légèrement amusé sur les lèvres, en redéposant le dossier de Pearson sur le bureau.

“Je me ferai une joie de vous ramener cette salope, Commandant. Mais pour revenir sur ce qui concerne cette histoire de SSIRA et d’une potentielle intégration, je vous demanderai de ne pas intervenir auprès du Général. Je ne cautionne pas ce genre d’appui. Je préfère amplement gagner mes galons dans la sueur et le sang Commandant. Quant aux autres soldats, laissez-les agir, laissez-les parler. Je ne voudrais pas éveiller les soupçons et susciter quelques interrogations trop curieuses quant à savoir pour quelle raison un Commandant et Ministre d’Asaria se préoccupe soudainement des occupations d’un simple Lieutenant de Brigade. Tout ce qui pourra me décrédibiliser dans les jours à venir n’en sera que plus profitable au succès de la mission, et je me chargerai de remettre les points sur les i une fois celle-ci achevée.” Je me raclais brièvement la gorge en me redressant sur mon siège, croisant mes mains devant moi, les coudes en appui sur le bureau.

“Pour finir, une simple question, d’ordre purement logistique mais ; possédez-vous des esclaves, Commandant ?”
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MessageSujet: Re: (Terminé) Human target || Jane Sheppard   Sam 11 Fév - 10:48

Le Général Van Brënner lui avait donné toute amplitude pour traquer l’humaine. Tout ce procédé venait s’unir au grand dessin du ministre : l’Opération Catacombes. Nettoyer Asaria de ces traitres et des parias qui grouillaient un peu partout et qui contaminaient la belle cité, c’était le devoir des Anciens de redonner sa superbe à celle qui les gardait précieusement sous ses dômes de verre. Le Lion de feu mettait les derniers points stratégiques au plan de bataille tandis qu’Elijah supervisait l’aspect de cet ensemble imparable. La dernière conversation avec le Général datait de peu et il avait été le premier à mettre en avant les qualités du Lieutenant Sheppard. L’œil vigilant du ministre de la sécurité et père de la Milice sacrée s’était arrêté sur le dossier de cette femme et Elijah avait lui aussi trouvé en elle des compétences et un profil remarquables qui le séduisaient professionnellement. Elle serait mise au courant en temps voulu. Il ne fallait rien précipiter et apprécier l’esprit sémillant de la femme soldat. Silencieusement, elle l’avait écouté sans se départir d’une forme d’analyse qu’il pouvait percevoir sur les traits sérieux de son interlocutrice. Huyana avait mis la main sur les anciennes demandes d’affectations du lieutenant Sheppard qui avaient toutes été refusées. Pourquoi ? Ses résultats démontraient un soldat rigoureux et rationnel ? Les jalousies étaient nombreuses entre hommes et entres femmes, ainsi qu’entre hommes et femmes.  Il la laissa feuilleter son dossier et celui de la traitresse.   « Je ne nierai pas cette opération Lieutenant. Le Général est au courant et je dois moi aussi rendre des rapports à mon Supérieur. Si cette mission merde, nous en serons responsable tous les deux. Devrais-je mettre votre tête en avant sur un plateau en argent pour me protéger ? Je pourrai. C’est une éventualité qui ne m’a pas échappé. Pourtant, j’ai accepté de gérer le dossier Pearson et je prends mes responsabilités comme vous prendrez les vôtres. Votre champ de mouvements est immense pour cette mission, mais ne jubilez pas de trop auprès de vos collègues. »

Elle était femme à vouloir réussir par son propre chef. Il ne niait pas qu’elle lui plaise beaucoup, tellement mieux que le commandant Carlyle et sa fausse fidélité envers Asaria et sa Milice. Une femme de confiance. « Le Général est déjà au courant de vos compétences. C’est lui-même qui m’a parlé de vous en premier lors de notre dernière réunion. Vous allez être amené à servir de grands projets, Lieutenant. La mission Pearson sera pour vous un divertissement. La chasse est un plaisir non un ennui ou une obligation. Vous y mettrez le temps voulu pour l’attraper. Le Général a des dessins plus considérables pour Asaria et la Milice. Vous en faites partie. Soyez patiente et bientôt vous pourrez admirer la noblesse de ce changement et son évolution qui feront entrer Asaria dans une nouvelle ère. »

Huyana ne pouvait dévoiler les intentions du Général. C’était à lui de convoquer les soldats et de les briefer sur ce projet magistral qui allait faire mordre la poussière aux rats des égouts et à tous les renégats qui osaient encore se dresser contre la puissance du gouvernement. « Vous aimez la discrétion, c’est tout en votre honneur. Je dois quand même apporter une notification à cela. Je suis d’accord sur le principe de ne pas vous mettre en avant, mais il est aussi de mon devoir en tant que votre Supérieur de vous protéger des langues acerbes. Il y aura des limites dans leur attitude, je ne tolère pas qu’on vienne discréditer mes ordres et mes choix d’un soldat. Ce n’est pas pour ça que vous serez intouchable. C’est un principe. »

Sa dernière question  n’était plus en accord avec le sujet de leur entrevue. Il  se caressa la barbe un moment et finit par lui répondre, amusé par son audace. « Je possède des humains qui s’occupent de ma villa. Ce sont des esclaves. Ils sont à moi. Ils me servent. Ils m’obéissent. Si vous voulez savoir si je possède des esclaves sexuelles, je n’en ai plus. La dernière était trop fragile, trop infantile pour attirer mon attention longtemps. Elle a été un jouet. Je me suis lassé et comme tout jouet, il se casse à la fin s’il n’est pas résistant. Pourquoi cette question, Lieutenant ? Vous avez à me proposer une esclave ? »
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