Le retour de l'enfant prodigue

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MessageSujet: Le retour de l'enfant prodigue   Jeu 1 Sep - 13:27

Il y a 2 ans...

*Où suis-je?...Quel est cet endroit?*

- Comment se porte notre cobaye aujourd'hui?

- Ses constantes sont stables professeur.

*Ces voix...A qui sont-elles? Elles viennent de l'extérieur*

Les ténèbres... La noirceur d'une nuit qui semble ne jamais se terminer.J'ai froid... Un frisson me parcours la peau, glissant du bas de mon dos jusqu'à ma nuque. Mais respiration se fait plus difficile et forcée et je commence à avoir des difficultés à sentir mon corps C'était comme si mon esprit se détachait progressivement de mon enveloppe de chair et de sang pour flotter dans l'espace et finir par disparaître. Est ce dont cela que les gens appellent la mort? C'est de ça qu'ils ont peur? Ça n'a pourtant rien de bien effrayant. C'est une sensation à la fois agréable et plutôt étrange je dois dire. On se sent comme dépossédé de ce que l'on est, invité à fermer les yeux et dormir d'un sommeil du juste éternel. Mais alors d'où provient ce vrombissement incessant ? Quel est donc ce bruit qui déchire cette plénitude dans laquelle je suis plongé?  Non, ceci n'est pas la mort...Mais alors où suis-je ?

-Professeur, le cobaye ouvre les yeux...

Le réveil est difficile. Même ouvrir les yeux semble être un effort devenu surhumain pour moi. Pourtant avec la volonté nécessaire j'arrive enfin à ouvrir mes paupières. Mais le monde me paraît flou. Je ne distingue que des ombres vêtues de blancs. Paradoxale n'est ce pas? Ça et là, dans l'obscurité de la pièce des points de lumières clignotent.

- Où? Où suis-je?

- Comment? Tu ne te rappelles pas? Mais tu es chez toi...

-C-chez moi?

Ma tête est lourde. J'ai du mal à rassembler mes idées. Et cette pression sur mon visage m'étouffe de plus en plus. Tentant de bouger je me rend compte que mes mouvements sont plus lents, plus lourd. Et pour cause...S'habituant progressivement au peu de lumière environnante. J'arrive enfin a distinguer l'espace qui m'entoure pour enfin de rendre compte de la situation. Ce qui semblait m'étouffer n'était autre qu'un masque respiratoire placé sur mon visage. La sérénité dans laquelle je me trouvais il y a peu s'estompait au fur et à mesure pour laisser la place à une angoisse grandissante. Cette dernière n'était pas prête de s'arrêter lorsqu'enfin je compris que je me trouvais dans un gigantesque tube. Flottant à l'intérieur comme placé en suspension. Effrayé un mouvement de recul de ma part me fît percuter la paroi. La douleur était réelle, je n'étais donc pas dans un cauchemar. A mon plus grand regret...

-Professeur son rythme cardiaque commence à s'affoler.

-Calme-toi Edouard! Détend-toi!

-Laissez moi sortir! Vous m'entendez...Je veux sortir d'ici...

- Mais Edouard...C'est toi qui est venu à nous... Tu ne te rappelles pas ?

C'est alors que ma mémoire me rappela ma triste condition. Mon départ de chez Amaria à la suite de l'arrivée de Tyler. Ma décision de ne pas entravé ce possible bonheur qu'elle pourrait construire avec lui. Je m'étais vu comme une gène pour celle qui s'était montrée si tendre et gentille avec moi. Elle n'avait toujours voulu que mon bonheur lorsqu'on connaissait mon passif difficile. Elle avait cru en moi, m'avait soutenu. Et pour tout ça, pour la remercier, j'avais préféré faire passer son bonheur avant le mien. C'était donc en pleine nuit, à l'insu de tous, que j'avais disparu. Pas de lettre, pas d'adieu. Fantôme sans passé j'étais, fantôme je m'étais enfoncé dans la nuit avec pour seuls témoins les étoiles et le croissant de lune. Ce qui me paraissait naïvement être un geste d'amour aurait sans doute été perçu comme une profonde bêtise de la part des beaucoup de gens.

Progressivement mes peurs s'effacèrent. Je m'étais résigné à cette condition qui était la mienne. Derrière la verre je cru apercevoir un sourire se dessiner sur les lèvres de celui qui se faisait appeler depuis tout à l'heure "Professeur".


-Bien. C'est très bien Edouard...

J'entend ses mots mais je n'y prête pas la moindre attention. Mes pensées se concentrent sur une seule et même personne. Son sourire, son visage, ses yeux...

*Amaria...*

***

Ma vie a suivi son cour, mais le temps est devenu une notion qui m'échappe totalement. Je ne saurais vous dire depuis combien de temps je me trouve dans ce laboratoire. D'après ce que j'ai pu comprendre je me trouve actuellement dans une zone spécialisée à l'intérieur du Centre de Recherche de la cité. Je suis surveillé 24h/24. Placé en sommeil artificiel et réveillé au besoin. Les bulles dans mon tube sont devenues mes seules compagnes et à présent je perçois les bruits des machines auxquels je suis accordée comme une mélodie.
J'ai accepté mon rôle de cobaye à présent. Ma vie se résumant à des tests physiques et mentaux. Grâce à eux j'ai pu développer et accroître mes pouvoirs. Mais le plus important, j'ai enfin pu en maîtriser une bonne partie et en réveiller un nouveau paraît-il. Un don qui semble se manifester lorsque je suis en sommeil pour le moment et qui ralentit le mouvements des objets et des gens prêt du tube. Certes ce n'est pas encore parfait, mais à présent je n'ai plus peur de les utiliser ou de faire du mal au gens par inadvertance. J'ai embrassé qui je suis.
J'aimerais vous dire que j'ai enfin retrouvé la mémoire. Que mon esprit s'est ouvert et que je sais désormais qui je suis. Mais pourquoi se mentir...Pourtant au file du temps j'arrive totalement à m'en détacher, et même certains jours je me surprend à ne pas y avoir pensé. Moi qui était pourtant obnubilé par cela par le passé. Par ce désir incessant de retrouver celle qui m'avait donné la vie, je semblais ne plus y apporter autant d'importance... Etais-je donc en train de perdre toutes émotions ?

Néanmoins mon esprit n'a jamais cessé de penser à Amaria. Que pouvait-elle bien faire en ce moment? Que devenait elle? J'espérais qu'elle soit enfin heureuse, qu'elle vive sa vie. Ces pensées m'aidaient à tenir lorsque la motivation venait à me manquer. Un phare dans la nuit, une mère par procuration...


***


Il y a quelques jours...

Quelque chose s'est produit au Centre de Recherche. Quoi exactement? Je ne saurais le dire puisque moi même je n'en sais rien. Cependant en observant le visage des médecins je me rend compte que quelque chose ne va pas... Les miliciens fouillent partout, ça doit donc être grave...

---

Je commence à étouffer dans cet endroit. Cela fait si longtemps que je n'ai pas vu la lumière du soleil, ni ressentit sa chaleur sur ma peau. L'ombre commence à me peser et des envies de libertés naissent vivement en moi. En aurais-je assez de n'être qu'un jouet? Un pantin qu'on manipule et qu'on observe comme un projet scientifique...
Le crédo du « Professeur » entamait de plus en plus mes pensées. J'allais finir par lui faire bouffer son « C'est toi qui est venu à nous »...Finir m'a vie ici m'était insupportable. Je me devais de faire quelque chose pour y remédier...Mais quoi? Cet endroit était tellement sécurisé que même une mouche cherchant à s'envoler se faire repérer avant même qu'elle ait eu la chance de battre des ailes... Comment faire dans de pareilles conditions?
J'avais envie de me révolter, me rebeller contre cette autorité qui n'avait de cesse de jouet avec moi, de me voir uniquement comme un objet. Je respire, je parle, je pense, merde...


Je veux vivre, tout simplement...Est-ce trop demander?

---

Comme un cadeau tombé du ciel une chance vient de s'offrir à moi. Alors que mon nouvel entraînement venais de se terminer, l'alarme du Centre me mit à raisonner dans les couloirs. Le haut-parleur demandait l'évacuation de l'aile C-4 qui avait pris feu. La main d'un des médecins fît pression sur mon épaule comme pour me signaler qu'il fallait garder son calme et ne pas céder à la panique...Mais ce n'était pas à moi qu'il fallait le dire, mais plutôt au troupeau de scientifiques qui apparut au détour du couloir. La panique avait gagner l'esprit des intellects de la cité, au penseur de ce monde. Bravo pour l'image dis donc...Bousculant, cognant, chacun y allait de bon train sans se soucier de ceux ayant trébuché au sol, se faisant littéralement piétiné... Un spectacle qu'on pensait je voir que dans des films catastrophe défilait devant mes yeux. Les poings crispés quelque chose en moi hésitait à foncer dans la masse pour m'y fondre et ainsi pouvoir m'échapper. Pourquoi hésitez lorsque la liberté t'ouvre ses bras. J'étais comme figé, mon esprit voulait s'enfuir  mais mon corps ne lui obéissait pas. C'est alors que l'un des scientifiques rentra en collision avec notre petit groupe nous faisant tomber à terre comme une vulgaire rangée de domino. Ce fût le déclic que j'attendais, avant même qu'ils ne puissent réagir, je m'étais redressé et avait bondi dans la masse des blouses blanches.

- EDOUARD REVIENS!

- ARRÊTEZ LE! IL NE DOIT PAS S’ÉCHAPPER!!!

Mais parfois on a pas toujours ce que l'on veut et malheureusement pour eux je n'étais pas près d'obéir en m'arrêtant sagement. L'appel de la lumière raisonnait un moi comme un cri intérieur. Enfin, après tout ce temps j'allais goûter au monde extérieur. Tout le monde courait dans la même direction et je pu voir qu'il n'y avait pas que les scientifiques. D'autres personnes, probablement d'autres cobayes avaient eu la même idée que moi. Un sourire se dessina sur mon visage. Je n'étais donc pas le seul à profiter de la situation. Je cru apercevoir une chevelure rousse dans la vague humaine mais très vite elle sembla se noyer. Et pour l'heure on a mieux à faire que de regarder les alentours. Droit devant moi la porte vers l'extérieur était ouverte et la lumière du soleil s'y était engouffré. Plus que quelques pas, attention, ça y est presque...

Jamais douleur n'avait été aussi délectable que celle-là. Totalement aveuglé par l'astre artificiel j'eu le réflexe de me protéger les yeux avec la main droite afin de pouvoir jeter mon regard sur ce monde que je n'avais pas vu depuis tellement longtemps. Heureux serait un euphémisme...J'étais vivant. Le bruits des pas dans les escaliers de secours étaient une délivrance, le symbole de mon succès. Et tandis que les scientifiques et autres chercheurs s'étaient réunis en bas du bâtiment j'en profitais pour me m'engouffrer dans l'une des rues environnante et disparaître.

Être libre. Enfin, après tout ce temps je pouvais aller ou bon me semblait. Courant dans les rues, slalomant entre des passants surpris. Ils ne pouvaient comprendre ce que je ressentais. Je reprenais goût à la vie, profitant du moment présent. La lumière était vraiment forte et par deux fois je manquais de percuter des gens. Mais c'était ça vivre, se faire mal, s'excuser, puis reprendre son chemin sans regarder derrière soit. Et tandis que je courais sans but, juste pour le plaisir je ne pu m'empêcher de l'appeler...


* Amaria...Amaria...Ou es-tu? *

Dans l'euphorie du moment je m'étais rendu immédiatement dans le parc d'Asaria. Pouvoir courir pour soit, se dépenser sur le gazon et non pas sur une tapis de course, et même simplement toucher le gazon. Un luxe que je pouvais enfin m'offrir. Rien n'avait réellement changé là-bas, le lac ou j'avais fait mes première rencontre en tant qu'enfant libre, était toujours là. Les cris de joies de enfants environnants, les coureurs du dimanche et les promeneurs. Rien n'avait changé...Mes pas m'avait amené au bord du lac devant lequel je m'étais assit. Mes doigts caressaient sans cesse l'herbe verdoyante tandis qu'une douce brise glissa sur mon visage à m'en donner un frisson. Comme tout ça m'avait manqué...

***

Aujourd'hui...

Être libre s'est bien. Mais et après? C'est bien beau de vouloir voler de ses propres ailes, mais lorsqu'on ne sait pas où se rendre ça ne sert pas à grand chose...J'avoue que dans mon empressement je n'avais pas pensé à la suite des évènements. Tout ce que je voulais s'était partir. Quitter cet endroit. Sans argent, sans nourriture, sans endroit ou dormir et me cachant des troupes de miliciens. J'en venais presque à regretter mon tube. A cette pensé je me serais mis des claques tellement c'était insensé. Mais où aller à présent? De toute ma vie je n'avais connu que quatre endroits dans toute cette immense cité, si on oublie mes familles d'adoption: L'hôpital, le centre de recherches, le parc et enfin l'appartement d'Amaria...  C'est vers ce dernier que mes pas me ramenèrent.

J'avais pris conscience que plusieurs années s'étaient écoulées depuis mon retour volontaire au Centre en apercevant mon reflet sur l'eau du lac. Pas de réel changements à proprement parlé. Je semblais avoir grandi et mon visage avait commencé à perdre ses rondeurs enfantines. Mais sinon rien de plus. C'est à force de questionnements et de demandes qu'enfin je me retrouvais devant l'immeuble de la scientifique. Le bâtiment que je reconnaissais me fit sourire et d'un pas lent je m'approchais des marches. A chacun de mes pas, la tension montait en moi. Mon coeur battait à tout rompre dans ma poitrine et ma tête commençait à se remplir de « et si... ». Et si elle m'avait oublié? Et si elle n'habitait plus ici? Et si...

Plus de temps de penser je venais enfin de monter la dernière marche. A ma gauche la liste des résidents. Je déglutissais avec peine tant la peur s'était emparée de moi. Je n'osais regarder...Fermant les yeux, je pris une grande respiration. Je n'avais pas fait tout ce chemin pour abandonner si près du but...Malgré tout, c'est une paupière hésitante qui s'ouvrit en direction de la liste. C'est alors, qu'entre deux noms s'affichait en lettres noires et majuscules.


« TYLER DANVERS & AMARIA SARIA »

La pression retomba d'un seul coup. J'expirais bruyamment car le soulagement était réel. Mon visage s'illumina comme jamais auparavant. Elle était toujours là. Elle vivait toujours ici. Et elle était toujours avec Tyler. Comment ne pas être heureux pour elle. Passant mes doigts sur l'étiquette, mon sourire s'effaça...Que faire maintenant? Je ne pouvais quand même pas sonner et lui dire  « coucou s'est moi Coco cinelle... »

Lentement mon bras s'abaissa et je restais planté là, ne sachant ce que je devais faire à présent...


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Amaria Saria
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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Jeu 8 Sep - 18:55

La soirée venait à peine de commencer. Tyler était de garde à l’Hôpital et le silence pesant de l’appartement me renvoyait à cette voix que j’avais entendue il y a plusieurs jours. Elle s’était manifestée à moi, familière, à la fois teintée de tristesse et d’amour. Elle appartenait à un petit garçon que j’avais rencontré il y a plusieurs années au Centre et qui avait subitement disparu … Daniel possédait des dons puissants. Cela n’avait fait que me conforter dans mes recherches depuis toutes ces années sur les pouvoirs des Asariens et de leur code génétique à leur naissance. Tout était dicté par la séquence du génome dès notre venue au monde. Si nous avions tous les mêmes facultés de base, à savoir les 5 sens hyper développés et une force supérieure à celle des humains, nous avions des pouvoirs qui faisaient de nous des Êtres uniques. Ces capacités extraordinaires devaient se maitriser dès l’enfance pour éviter  la perte de contrôle. Mais parfois, certains d’entre-nous réagissions très différemment et notre corps aussi.

Mes études sur la génétique s’étaient basées sur mon propre ADN. J’avais reçu le don de télépathie. Un pouvoir que j’avais eu beaucoup de mal à freiner dans mes jeunes années. Toute petite, la télépathie était devenue une malédiction. J’entendais toutes ces pensées dans ma tête, le murmure de chaque personne qui passait près de moi. Rien n’échappait à mon esprit et j’en devenais folle. Je m’étais débrouillée toute seule, avec les recherches que j’avais effectuées et j’avais appris à former une barrière psychique pour contenir sa puissance.  Nous étions les Premiers et personne ne s’était penché sur les caractéristiques de nos pouvoirs et de leurs conséquences, au début. Mon père était déjà devenu la figure paternelle du SEER et il avait laissé derrière lui sa femme et sa fille pour voyager de pays en pays, avant que la pluie de feu n’éclate sur Terre.

Durant des décennies, j’avais moi-même établi une liste d’après mes conclusions. J’avais listé les Asariens en 4 groupes. Le premier groupe, les Asariens de niveau 1 naissaient avec un don plus puissant que les autres, mais rien n’entrainait de perturbations dans leur évolution. Puis, il y avait le second groupe, les Asariens de niveau 2. Le pouvoir puissant à la naissance déstabilisait quelque peu la personne qui le possédait. Un apprentissage pour le contrôler était conseillé. Le pouvoir devenait plus inquiétant pour les Asariens de niveau 3. Ce pouvoir troublait le quotidien de la personne et il pouvait devenir dangereux aussi bien pour son propriétaire que pour son entourage. Un apprentissage précis et beaucoup d’assiduité devaient être pratiqués. Et le niveau 4 … que je nommais aussi les Omégas … Ces personnes devaient chaque jour de leur existence lutter contre la puissance qui les animait et qui les rongeait à la fois. Un trop grand pouvoir qu’ils ne pouvaient pas toujours maitriser. Certains, avec beaucoup d’efforts, arrivaient à le canaliser, au détriment d’une concentration qui demandait beaucoup d’énergie. Parfois, l’individu s’épuisait, le corps aussi. J’en étais une comme mon père Ahmad l’avait été … et je m’étais toujours posée la question au sujet de Gabriel puisqu’il avait hérité de la moitié du code génétique de notre père associé à la puissance d’Alianka.

Tout cela me faisait penser à Daniel. Sa nature puissante avait été convoitée par le Centre et le gouvernement. Je l’avais sorti de sa cellule. Il était venu habiter ici et puis il s’était volatilisé. Un moment, j’avais cru que le Centre avait remis la main sur ce petit garçon, mais rien, aucun fichier, aucun indice n’était apparu dans le système informatique. Très souvent je pensais à lui. Il était le fils que je n’avais jamais eu et il me manquait. Une disparition supplémentaire à ajouter à la cité de verre.

Debout devant la baie vitrée, je ne voyais aucune lumière d’Asaria. Mon esprit se remémorait ces souvenirs … et mon esprit puissant capta une signature psychique reconnaissable.

- Non … c’est impossible …

Je me retournai prestement et je courus vers la porte de l’appartement. Je pris au passage la carte magnétique sur le petit buffet et je sortis vivement dans le couloir vers l’ascenseur. Je lançai ma télépathie en dehors de la tour résidentielle pour trouver cet esprit qui avait effleuré le mien. C’était Lui. L’ascenseur s’ouvrit dans la foulée et je m’engouffrai à l’intérieur. En quelques secondes je me retrouvai au rez de chaussée. Mais avant de m’avancer vers l’entrée, je m’arrêtai et je fermai mes yeux pour sonder et  être certaine que ce que ma télépathie avait perçu.  C’était vraiment lui. Mon pouvoir, à sa base, servait à communiquer d’un esprit à un autre, à échanger des informations. L’évolution de ce pouvoir était extraordinaire. La télépathie pouvait devenir un don aussi bien offensif que défensif. L’esprit devenait puissant au point de pouvoir en contrôler un autre.

Lorsque j’ouvris mes prunelles, je fixai au loin la porte vitrée qui constituait l’entrée principale de la tour où je résidais. Je m’avançai alors, pas après pas, lentement et à chaque avancée, la scène se découvrait à mes yeux. Il avait grandi, mais c’était toujours le même. Ses cheveux blonds/roux, un visage plus masculin. Il ne bougeait pas, planté devant la liste des noms des résidents. Mon cœur se mit à battre comme le tonnerre un soir d’été dans les terres sauvages. Je réduisis les derniers mètres entre nous puis, je débloquai la sécurité de la porte dont les deux battants me laissèrent sortir. Un tendre sourire se dessina sur mes lèvres que je pinçai pour contenir toute mon émotion.

- Da … Daniel … C’est bien toi?

Je voulais l’entendre de ses propres mots. J’avais tant de questions à lui poser …







Dernière édition par Amaria Saria le Mar 18 Oct - 11:24, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Jeu 13 Oct - 0:36

La joie et l'impatience des retrouvailles firent rapidement place à l'angoisse et l'appréhension dans mon esprit. Planté là, comme un piquet devant les boutons je ne savais que faire. Elle était si prêt et pourtant si loin à la fois. Et inévitablement, un flot de questions me submergea. Serait-elle là? Se souviendrait-elle de moi? Pire encore voudrait-elle encore de moi après une si longue absence? C'était sans doute une erreur de ma part d'être revenu jusque là. Comment pourrait-on ne pas être en colère après ce que j'avais fait. Elle m'avait extirpé du Centre pour me protéger, et moi je lui avais tout simplement tourné le dos comme si tout ce qu'elle avait fait pour moi jadis n'avais pas eu la moindre valeur à mes yeux. Pourra-t-elle comprendre que c'est par amour que j'avais agis de la sorte? Que je ne voulais que son bonheur, qu'elle soit heureuse et que ma peur dévorante de mes dons n'avais eu de cesse de me hanter jusqu'à présent? Nan, ne te voile pas la face Daniel. Ce que tu as fait est impardonnable. Tu auras beau te cacher derrière tes grands discours, ce qui est fait et fait. Et revenir vers elle serait la faire souffrir plus qu'elle ne le mérite.

La pression fût elle que je sentis mon bras droit être pris de tremblements. Nerveux? Oh comment ne pas l'être. Autours de moi l'air commençait à se rafraîchir au rythme de cette peur qui montait en moi. Le givre commençait à ramper sur les surfaces vitrées environnante. Mais en cet instant précis je n'en avais pas conscience, seul mon hésitation occupait tout mon esprit. Ce n'est qu'au moment où je vis de la buée s'échapper d'entre mes lèvres que je pris conscience de ce qui se passait. comprimant mon bras droit à l'aide de ma main gauche, je tentais de reprendre mon calme, de garder le contrôle. Bien qu'ayant été entraîné par les scientifiques du laboratoire je me rendais compte qu'il était plus difficile de contrôler ses émotions en situation réelle. Pourtant c'était aussi dans ce but que j'avais pensé bien faire. Apprendre à contrôler qui j'étais pour mieux revenir et vivre une vie normale sans risque de faire mal à qui que se soit. Serais-je donc seulement prêt un jour pour ça?

Ce bras tremblant semblait me narguer. Me dire que tout ce que j'avais enduré jusque là n'avait finalement servis à rien. J'étais faible et je le resterai...Je n'étais pas une machine que l'on envoi en réparation lorsqu'elle commence à montrer des signes de faiblesses. J'étais une créature faite de chair et de sang, imparfaite et que tous les entraînements du monde ne pourraient changer. Le givre cristallisé sur les fenêtres me renvoyait mon impuissance et me murmurait "va-t-en! Tu ne l'as mérite pas...".

Enfin le tremblement disparu sous la pression de plus en plus forte de ma main gauche. J'avais retrouvé un semblant de calme alors que je posais une nouvelle fois mon regard sur l'étiquette. La température revenait à la normal dans la rue. Je reprenais le contrôle de mes émotions. Qu'est ce que j'avais espéré franchement? Nous n'étions pas dans un film. Les happy ends n'existent pas. Cesse de rêver Daniel, tu as voulu être seul, alors le bonheur n'est pas une chose à laquelle tu peux avoir droit. Il est trop tard pour ça. Résigne toi et va-t-en. Laisses là vivre sa vie sans toi. Elle a bien dû aller de l'avant pendant deux ans à cause de toi. Tu n'as pas le droit de lui infliger ça. De t'imposer comme ça...Je me berçais d'illusions et de rêves. Mais tout à une fin dans ce bas monde et le rêve se doit de n'être qu'un moment fugace propre au royaume de l'espoir. Enfonçant mes mains dans les poches de mon pantalon, je regardais une dernière fois cette porte avant de lui tourner le dos. Jamais elle ne saurait que j'étais venu. C'était peut être mieux comme ça après tout.

Du coin de l'oeil je vis une silhouette se rapprocher de l'entrée, mais déjà mes pas descendaient les marches pour venir se poser mollement sur le trottoir. Derrière moi, le bruit de la porte qui s'ouvre. Je ne pu m'empêcher de tourner mon visage. Il est des situations où l'instinct prend le dessus. Qui n'a jamais tourné la tête au moindre bruit environnant, lever les yeux à l'arrivée d'une nouvelle personne dans une pièce. Cette curiosité propre à l'homme sans cesse sur ses gardes, à l'affût du moindre changements dans son champ de vision. Mon regard résigné si figea sur place. Mon corps s'immobilisa à la vue de cet individu qui venait de franchir le pas des portes. En haut des marches, comme la récompense d'une longue quête se trouvait celle pour qui j'étais de retour. Un sourire plein de générosité sur les lèvres. Ce sourire que je ne m'étais jamais lassé de regarder avec affection... Amaria...mon Amaria...

Mon esprit était complètement embrumé, je ne voyais que sa silhouette, cette apparence qui n'avait pas changé en deux ans. J'étais comme pétrifié devant elle. Que penser? Que ressentir en pareil circonstance? Les battements de mon coeur résonnaient dans mes oreilles, les bruits environnants n'existaient plus. Comme si le monde avait cessé de tourner, que le temps s'était figé. Je ne fixais que son visage et ses yeux. Ses yeux brillants par une émotion qui semblait croître en elle. Et c'est alors qu'elle laissa entendre sa voix. Hésitante mais chargée d'espoir. Elle ne m'avait donc pas oubliée...J'aurais voulu lui répondre, laisser ma voix s'élever jusqu'à elle. Mais aucun son ne sorti de ma bouche, j'avais du mal à déglutir et sentais la soif se reserrer sur ma gorge. Seul mes yeux trahissaient l'émotion qui montait en moi. Pour toute réponse, des larmes brouillant ma vision. Comme si mon cerveau venait de se reconnecter avec la réalité, je me mis à grimper les marches me séparant d'Amaria. Rien n'aurait pu m'arrêter. Pris dans mon élan, j'avais mal évalué ma prise de terre lorsque l'un de mes pieds glissa de la marche sur lequel je venais de le poser. Partant en avant, manquant de redécorer le sol d'une rangée de dents mes bras prirent le relais pour que je continue ma course le temps pour moi de me redresser. Les larmes avaient terminé de brouiller ma vision, mais je savais qu'elle était devant moi. Elle était là, juste là. Et dans un dernier effort je plongeais mon corps contre le sien. Me blottissant autant que je le pouvais. Mes bras enlacèrent sa taille et ne voulaient plus la lâcher. Je n'osais ouvrir les yeux de peur qu'il ne s'agisse que d'un rêve et que je me retrouve dans mon tube au Labo. Peur et joie vire-voltaient en moi dans une valse mélancolique. Je n'arrivais pas à contenir mes larmes, je ne voulais pas les contenir. J'étais rentré, j'étais de nouveau avec elle. Son parfum, sa peau, cette bien elle, ce n'était pas un rêve. Le monde aurait pu s'effondrer autours de moi que je m'en serais moqué tellement le bonheur de l'instant vibrait dans ma poitrine. Une chaleur douce et apaisante dont on ne voudrait jamais connaître la fin. Mon oreille collée sur sa poitrine j'entendais l'accélération de son coeur. Douce mélodie...

La joie du moment fît place à la honte...Une honte qui telle une ombre dans mon coeur s'étendit à la moindre cellule de mon être. Blottit contre Amaria je n'osais croiser son regard tellement je me sentais coupable. Comment pourrais-je la regarder droit dans les yeux en prenant conscience que si je n'étais pas partie, rien de cela ne ce serait passé...Avalant difficile, pressant ma tête contre elle, je trouvais néanmoins la force de lui dire...


- J..je suis désolé...Tellement désolé...

La culpabilité écrasait mes épaules face à la douceur dont cette dernière faisait preuve à mon égard. Comment avait-pu lui faire subir une telle situation? Moi qui pensais n'avoir agis que dans son intérêt?

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Amaria Saria
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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Mar 18 Oct - 12:25





Mon esprit n’aurait pu me jouer de tour, ni encore moins mon pouvoir. J’avais imaginé cette scène des dizaines de fois dans ma tête, de quelles manières on se retrouverait. Durant ces deux longues années, j’avais toujours gardé cet espoir au fond de mon cœur qu’il était bien vivant, là quelque part. Asaria n’était pas à sa première disparition. Mon père et mon frère faisaient partis des mystères de la cité de verre, alors pourquoi pas Daniel ? La porte d’entrée de la tour où je résidais, s’ouvrit et je pus enfin mettre les pieds dehors. Il s’était éloigné, déjà, mais au même moment où je l’appelais, il s’était déjà retourné, comme s’il guettait mon arrivée. Puis … tout se passa rapidement. Sa silhouette courut vers moi, au point qu’il manqua de perdre l’équilibre. Il se rattrapa sur ses jambes et se jeta sur moi pour m’enlacer. Ses bras se refermèrent autour de ma taille et les miens contre son corps pour le serrer tout contre moi. Mon cœur était en train d’exploser de joie et je ne pus freiner mes larmes sur mes joues.

Qu’avait-il bien pu se passer durant ces deux dernières années ? Pourquoi ne s’était-il pas manifesté plus tôt ? Où avait-il vécu ? Je mourais d’envie de lui poser toutes ces questions, mais je ne désirai pas le brusquer. Je fermai les yeux pour m’assurer que je ne rêvais pas. J’enserrai un peu plus mes bras pour mieux l’étreindre tout comme il le faisait avec moi.  Je le sentis se presser encore plus contre moi avec cette impression de peur que je ne sois que le fruit de son imagination. Ma main remonta dans ses cheveux que je caressais doucement et tendrement. Sa voix, alors, perça ce silence émotionnel. Daniel était désolé …

- Ne le sois pas et pourquoi devrais-tu l’être ? Le plus important c’est que tu sois en bonne santé et là, maintenant ! J’ai pensé à toi pendant ces deux années. Je t’ai cherché longtemps sans pouvoir te trouver. Tu m’as manqué.

Je voulais le voir, le regarder de nouveau. C’est ce que je fis, en le faisant légèrement reculer et je glisser mes doigts sous son menton pour l’observer. Il avait changé comme tous les adolescents. Nous avions cette faculté, nous les Asariens de grandir normalement comme les humains jusqu’à notre majorité puis les années, au fur et à mesure, se figeaient et ne nous laissaient peu de traces, surtout les enfants nés d’Asariens. C’était légèrement différent pour ceux qui avaient reçu le SEER et tout dépendait de leur âge à ce moment-là. Daniel n’échappait pas à la règle de jeune garçon qui se métamorphose en deux ans, dont le corps se transforme et les traits deviennent plus matures.

- On va rentrer Daniel. Il commence à faire froid même sous le dôme. Les températures se refroidissent avec l’arrivée de l’hiver. Tu vas tout me raconter, mais au chaud dans mon appartement. Allez, viens avec moi !

Je le gardai dans le creux de mon bras et nous rentrâmes à l’intérieur de la tour résidentielle. Je refis le même chemin que j’avais emprunté pour aller à sa rencontre. L’ascenseur nous mena à mon étage et jusqu’à ce que nous soyons tranquillement dans mon appartement, Daniel n’avait ajouté aucun mot, aucune explication. Il me tenait toujours fermement à lui.

- Tu connais cet endroit. Il n’a pas changé. Mets-toi à l’aise.  Que s’est-il passé ? Pourquoi es-tu parti sans jamais me donner de tes nouvelles ?

Je n’avais aucune rancune envers lui, aucun ressentiment d’avoir un jour disparu sans un mot. Maintenant qu’il était de retour, j’aspirai à une unique chose : comprendre sa démarche et où il avait vécu pendant tout ce temps.

- Que dirais-tu d’un bon chocolat chaud ?


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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Dim 23 Oct - 23:05

Ses bras m'étreignant avec la douceur d'une mère, sa main glissant délicatement dans mes cheveux, ses larmes que je sentais me couler dessus. C'était impossible qu'il s'agisse d'un rêve. Il ne pouvait en être autrement. Et cette voix. Cette voix que je n'avais pas entendu depuis deux ans maintenant était restée gravée dans mon coeur et mon esprit. Un timbre chaleureux et bienveillant. Les mots sortirent de sa bouche déchirèrent mon coeur. Pendant toutes ces années elle ne m'avait pas oublié,me cherchant sans y parvenir. Elle ne n'avait pas perdu espoir dans mon retour. Elle m'aimait vraiment depuis tout ce temps. J'aurais dû être heureux, ne plus pouvoir contenir ma joie face à cette merveilleuse révélation. Pourtant j'avais la gorgé nouée. Aucuns sons n'auraient pu s'échapper d'entre mes lèvres tant la culpabilité enserrait mon coeur et écrasait mes jeunes épaules. Moi qui pensais disparaître de sa vie pour ne pas être une gène et ne pas la mettre en danger, je n'avais pas pensé au déchirement que ma disparition lui aurait causé. Combien de temps m'avait elle cherché avant de reprendre le cours de sa vie? Je voulais son bonheur et ça s'était retourné contre moi. J'avais honte, tellement honte. Je ne méritais pas de croiser son regard, de contempler son sourire, de profiter de sa gentillesse à mon égard. Je n'étais qu'un petit con égoïste, voilà tout.

Mon visage enfoui dans ses vêtements je n'avais pas la force de lever la tête pour la regarder. Pourtant je ne fis rien pour l'empêcher de m'écarter d'elle lorsqu'elle me recula d'entre ses bras. Ni même lorsqu'elle passa sa main sous mon menton pour relever mon visage. Toutefois mon regard se faisait fuyant. Je ne me sentais pas la force de faire face à cette tristesse que j'avais moi même engendré. Je devinais qu'elle devait sourire. Ce sourire qu'elle m'avait à maintes reprises adressée pour que je me sente mieux à l'époque. Le courage de lui adressait la parole, de répondre à ses questions me faisait défaut. Je sentais la chaleur de la honte de rougir les joues. Etait ce qu' elle avait compris la tourmente qui bouillonnait en moi ou alors que l'entrée de son immeuble n'était pas le meilleur endroit pour parler de ça? Toujours est il que dans une étreinte maternelle elle m'emmener à l'intérieur. Elle me parlait du froid qui commençait à glisser sournoisement sur la cité, pourtant je n'avais rien senti. Si j'avais pu apprendre une chose sur mes dons durant ces années d'entraînements c'est que mon don atmokinésie m'immunisait contre les changements de températures. Mais je ne pouvais résister à sa douceur, comment aurais-je pu d'ailleurs? Et sans un mot, je la suivi dans l'immeuble.

Mon étreinte n'avait pas changé depuis le seuil de l'entrée principale. Je regardais furtivement le chemin empreinté, l'ascenseur qui monte, le "ding" annonçant que nous étions arrivé à l'étage et enfin cette porte qui s'ouvrit à moi après deux ans d'absence volontaire. Animal craintif au départ, je m'étais lentement détaché d'elle lorsque je fus à l'intérieur de l'appartement. Tout comme sa propriétaire, il régnait dans ce lieu une atmosphère douce et bienveillante invitant au repos. Fermant les yeux un instant, je m'imprégnais des diverses senteurs du logis. Cela faisait si longtemps que je n'avais pas connu le bien-être d'un véritable foyer. Mais je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même me direz vous. Et vous auriez parfaitement raison. Ce court laps de temps de béatitude fût brisé lorsqu'Amaria, sans penser à mal me demanda où j'étais passé depuis tout ce temps. A ces mots, mes paupières s'ouvrirent et un regard chargé de peur et de culpabilité grima mon visage. Baisant la tête, jouant nerveusement avec mes doigts, je me demandais comment j'allais pouvoir les expliquer les choses. Comment pourrais-je lui dire qu'après tout ce qu'elle avait fait pour moi j'étais revenu à la case départ.

Je n'avais pas besoin d'en dire plus pour qu'elle ne brise le silence et m'aide à me sentir mieux. A l'annonce d'un éventuel chocolat chaud j'en relevais rapidement la tête. Dans mes yeux se mit à briller l'envie à li'dée de ce breuvage que je n'avais pas goûté depuis tellement de temps.


- Oh oui! Avais-je laissé entendre entre mes lèvres avec toutes la spontanéité d'un enfant. Comment pouvait on dire non à pareille proposition? Qui dans ce monde ne pouvait aimer le chocolat?

Je fus moi-même surpris de cet élan dont j'avais fait preuve. Mes premiers mots depuis tout à l'heure, pour du chocolat. Et plus important encore, notre premier contacte visuel. Son regard lui non plus n'avait pas changé. Toujours aussi généreux, toujours aussi amical. Un sourire de sa part, un mot, puis elle disparu dans la cuisine. J'avais obtenir un petit sursis le temps que la machine ne prépare le liquide chaud et sucré. Serait-ce assez pour prendre mon courage à deux mains? Faire face à ma décision passé? Mon esprit carburait à cent à l'heure devant l'inévitable confrontation. Je fis quelques pas dans la pièce et remarquait qu'il y avait eu très peu de changement. Des déplacements d'objets ça et là, quelques remplacements également. Mais sinon, rien de réellement tranché. M'approchant de la table, le laissais mes doigts glisser sur sa surface, me remémorant ce moment où je m'étais assis là pour la première fois. Un sourire nostalgique vint se dessiner dans le creux de mes lèvres lorsque j'entendis la maîtresse de maison revenir vers moi.

D'un geste rapide je retirais ma main de la table, comme si j'avais eu peur d'avoir fait une bêtise. Droit comme un I lorsqu'elle arriva dans la pièce, mon sourire avait disparu. Seul dans mon regard se reflétait les derniers sursauts de ma mélancolie. Les effluves du chocolat fumant ne tarda pas à venir me chatouiller les narines et tandis qu'elle m'offrit l'une des tasses, m'invitant une nouvelle fois à me mettre à l'aise je restais debout. J'avais ce besoin de rester dans cette position pour le moment, pour expliquer ma décision passée.
Mon regard était vissé sur ma tasse. Sa chaleur me chatouillait les mains. Toutefois je la posais lentement sur la table avant de prendre une grande respiration.


- Je suis parti parce que je ne voulais pas être un poids pour vous. Je ne voulais pas être une gène dans votre vie. Vous aviez rencontré le docteur Danvers et je voulais que vous soyez heureuse, je ne voulais pas être une gène...

Tout en disant ces mots je m'étais agrippé les bras. Je me répétais dans mes mots, mais j'avais besoin de le dire, de me l'entendre dire, comme si cela m'aider à aller mieux, me convaincre que j'avais fait ça pour de bonnes raisons. De nouveau mon regard s'était fait fuyant alors que je sentais l'émotions me gagner progressivement.

- J...J'avais peur. Peur de vous faire accidentellement du mal. Peur d'être à nouveau abandonné. J...Je voulais que vous puissiez vivre votre vie sans que je ne sois un fardeau pour vous. J..je suis désolé...

Ma voix s'était faite tremblement, le courage dont j'avais fait preuve pour articuler ces quelques mots commençait déjà à se dérober sous mes pieds. Je sentais de nouveau mes yeux se remplir de larmes. Mais je ne pouvais la regarder en face. La honte me serrait le coeur, j'avais l'impression d'étouffer.

-Je..Je ne savais pas où aller après être parti. Je ne...Je ne connaissais que peu d'endroits d'Asaria, alors...Je suis retourné au seul que je connaissais...

L'hôpital. C'est de là que tout était partie par la suite. J'aurais voulu qu'elle lise dans mes pensées, qu'elle puisse comprendre tout ce qui s'était passé pendant ces deux années. Les tests que j'avais subie, l'entraînement qu'on m'avait imposé. Ce désir que j'avais de vouloir faire de mal à personne et surtout pas à elle. Moi, suspendu dans un gigantesque tube en sommeil forcé lorsqu'on avait pas besoin de moi. Où trouverais-je la force de mettre des mots sur toute cette période pour qu'elle puisse comprendre? Sans un mot je lui avais tourné le dos, m'appuyant sur le rebord de la table, laissant s'y écraser l'un de mes larmes...
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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Ven 11 Nov - 19:14



" Suis ton cœur, pour que ton visage brille durant le temps de ta vie. "

Je l’avais perdu et pourtant j’avais toujours espéré le revoir encore.  Où avait-il passé toutes ces dernières années ? Même mon lien télépathique avec lui ne m’avait rien appris comme si on avait pris soin d’effacer toutes ses traces pour que je ne puisse pas le retrouver. Daniel n’avait pas ce don de détourner la télépathie aussi puissamment utilisée, mais peut-être avait-il croisé sur sa route des gens d’une avidité redoutable et à l’esprit pervers. Pouvait-on se cacher parmi nos semblables ? Je le pensais, mais au prix d’un énorme sacrifice et d’une machination sans limite. Qui aurait pu s’intéresser à un petit garçon ? Je me savais surveillée par le gouvernement dès le début de la naissance d’Asaria parce que j’étais la fille de mon père et que sa maitresse ne pouvait se résigner à me laisser tranquille. Alianka avait longtemps pensé que je possédais la formule du SEER. Mais elle se trompait et elle l’avait compris au fil des années que mon père avait emporté avec lui sa plus grande découverte et sa plus grande malédiction pour l’humanité.

Pour le moment, je mettais toutes mes questions de côtés et je l’avais attiré avec moi pour le faire rentrer à l’intérieur de la tour résidentielle. Il avait peur que je le rejette, peur que je ne puisse pas comprendre ou bien le juger. J’avais surtout besoin de rattraper tout ce temps de perdu qu’on nous avait pris. Deux années … Pourtant j’avais l’impression que c’était hier que tout cela s’était passé : Daniel n’était pas rentré à l’appartement. Tyler et moi nous l’avions cherché pendant plusieurs jours.  La Milice nous avait ris au nez lorsque nous étions allés déclarer la disparition de jeune adolescent. Personne ne disparaissait ainsi de la cité et surtout pas un Asarien hors des dômes à cause du soleil. Nous le savions et cependant, j’étais certaine que quelque chose s’était tramée. Le « ding » de l’ascenseur nous avait sortis de ce cocon que nous venions de reformer. Il s’était lové dans mes bras si fort que je l’avais étreint  avec la même intensité.  Je l’entrainai dans cet appartement qui lui était familier. Il reconnaitrait sans mal ce lieu qui avait été le sien. Il y avait encore sa chambre que j’avais laissé tel quel. Ni Tyler ni moi, n’avions eu le courage de renoncer à la changer ou à y entreposer autre chose. Je ne savais pas s’il voulait la revoir, mais tout était là, de la même façon qu’il l’avait arrangée.

Je le laissai un peu seul dans le salon pendant que je m’affairai dans la cuisine pour préparer le chocolat chaud qu’il avait accepté. La boisson chaude fut vite prêtre et je la versai dans deux grosses tasses. J’avais entre-temps découpé quelques tranches de brioches que j’avais disposées dans une assiette. Je n’avais pas besoin de ma télépathie pour ressentir les vibrations de son esprit qui venaient sans cesse se répercuter contre le mien. Je saisis le plateau où j’avais disposé notre petite collation et je sortis silencieusement de la cuisine. Et c’est là que je le vis sans qu’il ne se rende-compte de ma présence. Il était presque en adoration devant chaque objet, chaque meuble qui composait la pièce. Je sentais ses diverses émotions s’entrechoquaient et la bataille qu’il semblait livre avec lui-même. Je ne me permettrais pas de lire dans ses pensées parce que c’était ainsi que je fonctionnais avec mes proches. Je vis son sourire s’afficher sur ses lèvres puis très vitre disparaitre, comme s’il se refusait à ce petit bonheur ou comme s’il avait commis une terrible erreur en revenant me voir.

Je ne désirai pas l’espionner. Alors je fis du bruit avec mon plateau et Daniel se tourna vers moi. Je lui souris de nouveau et je l’invitai à s’installer confortablement tandis que je posais mon plateau sur la table basse face au divan. Mais il avait ce besoin de courage pour m’expliquer son histoire et il resta debout devant moi. Sa voix se fit entendre et brisa sa mélancolie et son malaise contre lesquels il luttait. Ses mots me firent très mal. Où avais-je donc pu échouer dans mon lien avec Daniel pour qu’il m’avoue cela, pour qu’il pense qu’il était un poids pour Tyler et moi ? Il était convaincu que c’était la meilleure solution. Je reposai ma tasse que j’avais à peine touchée et je le laissai ouvrir les vannes de son cœur pour le soulager de toute cette tension qui m’enserrait le cœur. La conclusion tomba comme un jugement horrible. J’écarquillai grand les yeux …

- L’hôpital ? C’est … C’est impossible Daniel !!… Tyler et moi, nous avons commencé par l’hôpital, à rechercher une trace de ton retour. J’ai fait les mêmes démarches au Centre. Il n’y avait rien te concernant. Nous avons fait appel à un expert en informatique pour nous aider à creuser plus loin dans le système informatique, tu n’y apparaissais pas.

Ma tristesse avait fait place à mon inquiétude. Je me redressai du divan et je m’approchai doucement de lui. Mes mains se posèrent sur ses épaules que je frictionnai tendrement.

- Je ne sais pas ce qui t’a fait croire qu’en disparaissant de notre vie, tu allais nous offrir du bonheur. J’ai commis des erreurs avec toi pour que tu penses cela. Je n’ai peut-être pas assez démontré mon attachement pour toi ou pas assez démonstratif. Je n’ai pas d’enfants. Il n’y a pas de manuel pour être parents. Mais je sais une chose c’est que tu as toujours été très important pour moi et pour Tyler.

J’avais connu aussi l’abandon de mon père bien que ma mère avait toujours été présente pour moi. J’avais suivi les pas de mon géniteur, le grand Ahmad Saria et j’étais devenue une scientifique, une généticienne et un médecin. J’avais voyageai avant la pluie de feu pour retracer ses déplacements. J’avais subi aussi l’injection du SEER un peu avant la destruction de notre planète.

- Daniel, si j’ai pris la décision de t’avoir dans ma vie, que tu en fasses partie, ce n’était pas pour t’abandonner par la suite.  Il n’y a jamais eu aucun mensonge entre nous. Pourquoi t’aurai-je caché cela ? Ta chambre est toujours là … Si je t’avais rayé de ma vie, je l’aurai transformée en une autre pièce. Tu peux aller la voir si tu veux … Rien n’a bougé de place.

C’était la preuve qu’il avait toujours été dans mon cœur. D’autres questions tambourinaient dans ma tête … Plus importantes. Plus délicates.

- Est-ce que tu te sens capable de me raconter ce que tu as vécu pendant ces deux années à l’hôpital ?




Dernière édition par Amaria Saria le Sam 28 Jan - 17:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Dim 8 Jan - 1:55

Les vannes étaient désormais ouvertes et j'exprimais maladroitement les raisons qui m'avaient poussées à agir comme je l'avais fait. Dos à Amaria, j'avais fermé mon poing. Le pressant si fort que j'aurais pu me blesser jusqu'au sang tellement la culpabilité rongeait chaque parcelle de mon corps. Tout en moi n'était que remord et tristesse. Pensant bien faire, j'avais créer la peur auprès de celle pour qui j'avais un amour infinie. Comment avais-je, ne serait ce qu'un instant, pu penser que ma décision était la bonne. Que j'avais agis pour son bien à elle, pour son bonheur? Arrête de te voiler la face Daniel et ouvres les yeux. Ta peur d'être un danger, d'être une fois encore abandonné avait orienté ton choix. Ta décision n'avait rien d'altruiste et de bienveillante. Ce n'était que pur égoïsme. La bêtise dont tu avais fait preuve n'avait d'égal que ton ignorance de ce monde. Tu t'es complet dans la misère, et le pire dans tout ça c'est que tu étais revenu sur tes pas. Retourné vers cet hôpital qui n'était pour toi qu'une prison. Quatre murs desquels tu voulais pourtant t'échapper... Tu es pathétique Daniel...Pathétique et inutile...

Je ne pouvais m'en prendre qu'à moi même, ma faiblesse n'était plus à démontrer. Je voulais être fort, mais je me comportais comme un enfant. J'agissais par instinct et non par logique. Girouette j'allais au grès du vent et disons le clairement j'avais foutu un vrai "bordel" dans la vie de toutes les personnes que j'avais croisé. Pourtant aucune ne me faisais plus de mal que celle d'Amaria. Cette gentillesse et cette affection qu'elle avait eu pour moi n'étaient pas forcée ni artificielle. Elle fût la seule qui avait posé les yeux nos pas sur ce que je pouvais servir mais sur le moi, le vrai moi. Ce garçon d'il y a deux ans enfermé dans sa cellule... Mes larmes s'écrasaient sur les paumes de mes poings et je sentais la morve se frayer un chemin à l'entrée de mes narines. Reniflant pour les faire disparaître je sentais la température de mes doigts se réduire sachant ce que cela impliquait.

Ses premiers mots, sa voix chargée d'émotions me transperçais ce qui devait me servir de coeur. Car pour avoir agit comme je l'ai fait je ne devais pas en avoir beaucoup. Ils étaient donc partis à ma recherche. Avaient tenté de me retrouver mais en vain apparemment. J'eu une pensée à sa remarque. Il aurait été trop facile d'arriver comme une fleur à l'hôpital en pensant qu'ils lui diraient la vérité. Sa télépathie aurait pu les faire parler il est vrai. Mais que peut-on dire lorsque l'on ne sait rien? J'étais arrivé de nuit devant le bâtiment. Fixant son éclairage artificiel de l'extérieur comme l'insecte attiré par la lumière. C'est une patrouille de la milice faisant sa ronde qui avait mis la main sur moi. Après...le vide total. Mais cette sensation de légèreté, de flotter dans l'air et ce désir de devenir plus fort. D'apprendre à me contrôler...

Sans me retourner je l'entendis se lever du divan pour se rapprocher de moi. Ses deux mains se posant sur mes épaules étaient si chaleureuse et maternelle qui décuplèrent ma honte intérieure. Malgré ce que j'avais fait, mais ma fuite elle n'avait eu de cesse de m'aimer, de s'inquiéter pour moi. C'était si bon et douloureux à la fois. C'est alors qu'elle m'apporte l'estocade finale. Elle même se remettait en question, pensant avoir mal agit à mon encontre. A cette remarque j'avais brusquement fait volte-face, manquant de renverser ma tasse de chocolat...


-NON TU NE DOIS PAS DIRE CA!!! commençais-je à répondre d'une voix gonflée par les émotions tourbillonnante dans ma tête. Tu as été si gentille avec moi. Tu as été la première à vraiment m'aimer, à vouloir prendre soin de moi, à vouloir veiller sur moi, à m'avoir fait oublier ma...ma mère. Tous les moments passés avec toi sont à jamais gravé dans ma tête et mon coeur. Ils sont ceux que j'ai de plus précieux au monde. Je voulais...Je voulais seulement être plus fort, pour ne pas te faire du mal. Je voulais être capable de me contrôler pour que tu n'ais pas à t'inquiéter pour moi quand j'essayerais de m'intégrer dans ce monde. Je voulais seulement que tu sois fière de moi...

Regarde ce que tu as provoqué Daniel. Admire ton oeuvre toi qui ne voulais que le bonheur d'Amaria. Par ta décision tu as fais naître en elle peur et chagrin. Penses tu encore mériter son amour? Sa tendresse? Comment peux tu encore soutenir son regard toi qui agit sans réfléchir aux conséquences de tes actes. La tristesse voilant son regard me consumait. J'étouffais. Mes yeux ne pouvaient contenir ce flots de larmes qui glissaient sans pouvoir s'arrêter. Je sentais mes jambes se ramollir et trembler. Mais je me devais de rester debout, d'assumer les conséquences de mes actes et de ma bêtise...Mais ce regard, son regard, je n'arrivais plus à le fixer, aussi je détournais la tête...

- Je suis désolé...Tellement désolé...Je pensais...je voulais...

Quel fils aurait pu agir de la sorte envers sa mère? Quel monstre pouvait faire souffrir une personne qui l'aimait tant?

Elle n'avait jamais voulu m'abandonner, me le disant elle même. Je le savais à l'époque. Mais intérieurement une part de moi en avait douté. Après avoir été baladé de maison en maison, de famille en famille j'avais fini par me faire une raison. J'étais nomade et non sédentaire dans la vie des gens que j'avais approché. Une part de moi avait sans cesse vécu dans cette crainte de l'abandon aussi était ce aussi pour cela que cette fois-ci j'avais préféré prendre les devants. J'avais tellement été trahi par des adultes dans le passé. Amaria était différente d'eux et pourtant je n'avais pas eu assez confiance en elle et en moi-même pour tenter cette aventure. Le fait d'entendre ses mots, de pendre enfin conscience de cet amour inconditionnel qu'elle avait eu pour moi durant tout ce temps n'était que pur bonheur dans mon coeur. Ma chambre était toujours là, elle m'avait entendu sans tourner la page. A cause de moi elle avait perdu à sa façon deux ans à m'attendre. Nan c'est clair, je ne le méritais vraiment pas...


- Ma...ma chambre...

Bafouillant, ces mots sortant de mes lèvres raisonnaient comme un moment de nostalgie. N'y ayant vécu que peu de temps j'en avais peu de souvenir. Cependant mes yeux regardèrent le couloir le plus proche sachant que derrière l'une des portes se trouvait l'objet de ce souvenir. Décidément j'avais tout gâché...

La suite fût plus délicate à aborder. Amaria me demandant si je pouvais lui parler de ce que j'avais vécu pendant ces deux années d'absence. Je sentis mon coeur de serrer dans ma poitrine et cette fois ci, sans l'ombre d'une hésitation je posais mes yeux bleu sur le visage de celle qui me posait la question. N'était-ce pas légitime de sa part de vouloir en apprendre plus sur mon absence? Ne méritait-elle pas de connaître la vérité? Après tout ce que tu lui avais fait subir tu lui devais bien ça nan? Pourtant, pendant l'espace de quelques secondes la peur s'était dessinée dans mon regard derrière le voile humide des larmes. Comment mettre des mots sur ce que j'avais dû endurer sans qu'elle ne se sente immédiatement coupable? N'avait elle pas déjà assez souffert à cause de moi?


- Je...Je ne peux pas....

C'était trop difficile, trop douloureux. Le courage m'avait abandonné. Croisant les bras je me mis à les frotter lentement qui comme cherchant à me réchauffer...J'avais la tête entre le marteau et l'enclume. Entre l'envie de tout lui raconter, mais l'appréhension quant à sa réaction face à tout ce qui c'était passé. Quelques secondes s'écoulèrent tandis que sournoisement, le silence s'installait entre nous.

- Mais...je peux te montrer...

Reprenant mes esprits, pressant mes mains contre mes bras je cherchais à me donner du courage pour accepter les conséquences de mes actes. Essuyant mes yeux d'un revers de la main je tentais d'y exprimer une assurance que je n'avais pas. Amaria devait savoir. Lui prenant l'une des mains je la plaçais contre mon front.

- Ne te reproche rien d'accord...N'oublies pas que tout ça est arrivé par ma faute...Parce que je pensais bien faire...

Fermant alors les yeux, l'Asarienne pu parcourir mes souvenirs, se frayer un chemin dans le labyrinthe de ces deux ans de silence... Mentalement je partageais avec elle ma vie de cobaye. Je ne connaissais pas grand chose de l'endroit dans lequel j'avais vécu pendant ces deux ans. Les dédales des couloirs n'avaient rien à voir avec ceux de l'hôpital. Ils étaient bruts et froids. Pas de peintures, à même le béton. Seules touches de couleurs, les lumières d'urgences et les lignes jaunes parcourant les couloirs indiquant le sens de la marche. De temps à autre je sortais de l'endroit me forçant à porter un masque pour ne pas voir ou l'on m'emmenait. J'aurais voulu enregistrer le parcours mais j'avais très rapidement mis de côté cette option lorsque je m'étais rendu compte qu'à chaque fois c'était un itinéraire différents. Les scientifiques quant à eux dissimulaient leur visage sous des masques qui me faisaient penser à de gros moustiques avec leur yeux ronds et leurs tubes sortant de l'orifice situé au niveau de la bouche.

Mais ce n'était pas seulement le temps passé que je lui montrais, elle pouvait également ressentir les diverses sensations que j'avais eu à cette époque. Ma vue d'un laboratoire que je ne connaissais en général que derrière la vitre de mon tube. La sensation de respirer à l'aide d'un masque. Les électrochocs que j'avais subis pour forcer l'éveil de mon dernier don. Les multiples prises de sang ayant été réalisée. Mes entraînements poussés à l'extrême pour dépasser mes limites. L'impression que tous mes muscles se déchiraient après chaque épreuve. Ce goût du sang dans la bouche, mes poumons en feux. Autant de détails que désormais elle pouvait parcourir. Malgré mes yeux fermés mon visage se crispait de temps à autre au souvenir de certains événements, mais je devais tenir, ne pas flancher pour lui donner un maximum d'informations.

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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Sam 28 Jan - 19:36

Daniel était donc sorti de ma vie pour me laissait vivre la mienne avec Tyler. Pourquoi ne m’avait-il jamais parlé de tout cela, de ce qui l’inquiétait ? En désirant formaliser le couple que je formais avec Tyler, c’était avant tout la démarche pour assurer à Daniel une vraie vie de famille avec près de lui la présence d’un homme. Il n’avait pas compris cela et j’avais échoué dans ma communication avec lui. On pouvait aimer une personne, on pouvait la chérir de tout son cœur, mais parfois nous étions incapables de la retenir et de lui démontrer toute l’affection et les sentiments qui nous animaient. Tyler avait eu beaucoup de difficultés à m’approcher et à briser cette carapace. Peut-être n’avais-je pas été aussi attentionnée que je l’aurai voulu avec Daniel. Mes mains se posèrent sur ses épaules et il se retourna brusquement vers moi, tenant contre lui sa tasse de chocolat chaud. Il éleva sa voix en toute première réponse et je me reculai de lui pour lui laisser cet espace vital ont il avait besoin. Ses émotions le troublaient et elles formaient en lui une sorte de flux puissant qu’il avait du mal à maitriser. Je percevais tout cela grâce à ma télépathie, car j’étais devenue depuis bien longtemps plus qu’une simple télépathe. Ce dont évoluait avec l’âge. Ce n’était plus le simple fait de communiquer silencieusement avec un autre esprit, c’était aussi la capacité de contrôler des esprits inférieurs, d’imposer des ordres et des images dans la psyché d’autrui, de ressentir les émotions et les souvenirs des personnes. Ce pouvoir était très complexe et moi-même pour l’avoir étudié depuis ma jeunesse, je n’étais pas certaine qu’il en possède des limites. C’était une véritable bataille contre moi-même et j’avais depuis, pour ne pas devenir folle, érigé mes propres barrières psychiques pour maintenir à distance les pensées de tout ce monde.  Daniel ne semblait pas deviner la force de ses pensées et toutes les vibrations de ses émotions qui résonnaient puissamment dans la pièce.

- Daniel, tes pouvoirs ont toujours été puissants, dès l’instant où je t’ai rencontré. Tu as toujours pensé être comme … maudit par rapport à toutes les personnes que tu approchais. Ton unique solution que tu t’es imposé, était la solitude pour ne pas blesser ou mettre en danger les autres. Je ne t’en veux pas. Je suis aussi fautive que toi. Je pensais qu’en ayant une vraie famille, tu prendrais plus d’assurance, que tu aurais plus confiance en toi. Mais en aucun cas, je n’ai jamais pensé ni voulu que tu disparaisses de ma vie.

Ma main caressa tendrement sa joue. Il s’était sacrifié pensant que c’était la bonne solution à mon nouveau bonheur. Je pris sa tasse de chocolat et je la posais sur la table basse.

- Une mère s’inquiète toujours pour son enfant. Elle est là pour le protéger, pour l’aider, pour le guider. Tout cela est aussi nouveau pour toi que pour moi.

Sa chambre était toujours là, dans le même état qu’il l’avait laissé. En lui demandant de me raconter ce qu’il avait subi à l’hôpital, je me doutais très bien que ces souvenirs-là seraient douloureux.  Tout son corps tremblait. Il se donnait le courage et j’en étais presque à me dégouter de lui avoir posé cette question. J’aurai pu utiliser ma télépathie, chercher et fouiller son esprit à la recherche de réponses, mais jamais je n’avais employé mon pouvoir de cette manière-là avec mes proches. Je hochai la tête quand il m’avoua qu’il pouvait me montrer et que je n’avais rien à me reprocher sur tout ce que j’allais voir. Ses mots n’allégeaient en rien ma conscience. Je me reprochais toutes mes erreurs que j’avais accumulées avec lui au point qu’il se sente terriblement mal avec moi et Tyler et qu’il s’efface de ma vie.

Nos esprits se connectèrent alors avec sa permission et je fermai les yeux en même temps que lui. Le lien puissant de ma télépathie s’accommoda parfaitement avec les sentiments que nous partagions pour le rendre encore plus précis. J’entrai dans sa tête, dans ses souvenirs qui m’avaient tenue éloignée de lui pendant deux ans. Le décor s’ouvrit sur des longs couloirs qui ne ressemblaient en rien à ceux que je connaissais de l’hôpital. Peut-être que ces personnes l’avaient amené ailleurs une fois qu’il s’était présenté à l’hôpital, d’où encore le fait que sa trace avait bien été effacée. Des visages se dessinaient. Ils portaient des masques, tous pour éviter qu’on puisse les reconnaitre. Cet endroit ne m’était pas familier et j’étais incapable de savoir où il avait été retenu captif durant ces deux ans. Son esprit m’emporta encore plus loin et ce fut toutes sortes de sensations que je percevais venant de ses souvenirs, ce qu’il revivait en me dévoilant tout cela. Mes larmes glissèrent sur mes joues en comprenant tout le mal qu’on lui avait fait. On lui avait volé son adolescence et on lui avait fait subir des épreuves indescriptibles. Mon cœur se sera de tristesse et de douleur. C’est moi qui mis fin à note lien psychique. C’était une torture pour lui de revivre cette période et je ne désirai pas le rendre malheureux et perdu. Délicatement, avec la plus grande tendresse, je le pris dans mes bras et je le serrai tout contre moi comme une mère pourrait le faire avec son enfant. Ma main glissa dans ses cheveux et je le berçai lentement.

- Je t’aime et je suis si désolée pour tout ce que tu as vécu là-bas.

Son corps était aussi tendu qu’un arc et je le sentais combattre ses propres émotions pour ne pas flancher. Je posai mon menton doucement au-dessus de sa tête.

- Je connais ces mêmes endroits au Centre de recherche pour avoir pu croiser une jeune femme un peu plus âgée que toi, il y a plusieurs années. Elle s’appelait Kyra et ses pouvoirs se calquaient sur ses émotions. On lui avait fait croire qu’elle était un monstre parce qu’elle était incapable de les maitriser. Je l’ai découverte comme cobaye, une bête de foire sur laquelle on effectuait tout un tas de tests. Avec toi, ils ont poussé tes pouvoirs à se développer plus vite alors que l’adolescence est là pour nous apprendre à les maitriser petit à petit. Bien sûr, il y a des exceptions. Ma télépathie a toujours été puissante même quand j’étais plus petite que toi. Je suis arrivée au fil de mes études sur nos pouvoirs à classer les Asariens en fonctions de leurs capacités à maitriser leurs dons.

Je n’allais pas l’assommer avec mes recherches. Mais ce que ces hommes et ces femmes très certainement commandités par le gouvernement cherchaient à faire sur Daniel, était assez clair pour moi, la scientifique et la généticienne que j’étais.

- Comment ressens-tu tes pouvoirs à présent ? Comment les classerais-tu ? Quelles en sont leur teneur ? Il ne faut pas avoir peur d’eux. Ils sont une part de nous, une prolongation. Tes pouvoirs doivent se développer à leur manière à eux, certains plus vite que d’autres. C’est pour cela qu’il faut apprendre à les contrôler avec des entrainements bien précis  et de la concentration.


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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Mar 14 Mar - 2:08

Depuis le début Amaria avait lu en moi comme dans un livre ouvert. La peur de faire du mal avait guidé mes pas et influencé mes décisions. Et pourtant elle ne m'en avait pas voulu. Mieux encore elle le comprenait et elle m'avait semble-t-il pardonné mon erreur passé. Mais alors pourquoi de mon côté continuais-je de ressentir cette sensation de mal-être? Mais le plus beau des cadeaux fût ce mot, "Mère". Amaria se considérait comme ma mère. Ce dernier ricochait dans tout mon être tant il me faisait plaisir à entendre encore et encore. J'aurai voulu qu'elle n'arrête jamais de le répéter tant il était doux à mes oreilles.

L'échange télépathique dura un moment. Ce fût un torrent d'informations et de souvenirs qui se déversèrent dans l'esprit d'Amaria. Mais je voulais lui apporter des réponses. Là où les mots étaient trop difficiles à jaillir les souvenirs me permettaient de partager l'enfer pour lequel j'avais moi-même signé. Les yeux clos, je ressentais le moindre de mes battements de coeur, la moindre respiration découlant de ces images d'un autre temps. A tel point que j'aurais juré sentir une larme couler le long de ma joue au rappel de cette période. Vous savez, cette drôle de sensation de chatouillement lorsqu'une larme glisse lentement le long de votre joue pour trouver refuge à la commissure des lèvres. Pour me donner du courage j'avais serré ma tasse de chocolat un peu plus fort comme pour me rattacher au monde réel. Il ne fallait pas que je me laisse emporter par toute mes émotions, il fallait que je les canalises pour ne pas exploser. Néanmoins à la surface de mon chocolat des bulles commencèrent à poindre pendant qu'une fumée s'étirait vers le ciel. La souffrance du passé commençait à avoir un impact autours de moi. Plissant un peu plus les paupières, il fallait résister encore un peu, rien qu'un peu. S'était presque fini. Tenir et ne pas lâcher. Pas cette fois...

Je me revoyais de nouveau dans mon tube, suspendu à l'intérieur et respirant avec un masque lorsque le souvenir se déchira devant moi. Cette situation me fît immédiatement ouvrir les yeux je constatais que c'était Amaria elle-même qui avait décidé de mettre un terme à cette connexion. L'espace environnent se mit un tournoyer un court instant mais rien ne m'avait préparer à ce que j'allais voir à présent. Face à moi, le visage de l'Asarienne s'était assombrie. Pire encore, des larmes s'étaient frayé un chemin pour rougir ses joues. J'avais une nouvelle fois fait du mal à Amaria. En voulant partager avec elle ces années perdues je n'avais fait que créer un peu plus de malheur. N'étais-je bon qu'à ça? Une vive douleur me compressa la poitrine. J'avais déjà connu cette sensation et instinctivement je m'étais légèrement reculé d'elle. J'avais mal comme si je me consumais de l'intérieur à tel point que l'expression de souffrance déforma une partie de ma visage.

Mais loin de se démonter, je vis ma scientifique se rapprocher de moi. Elle n'avait pas peur. Elle n'avait jamais eu peur. Et tendrement je sentis son corps contre le mien. Ce contact, pourtant banal, pour certains m'interpella. La douleur fit place à la surprise et bientôt la surprise ne tarda pas à laisser sa place à la paix. La tendresse n'avait pas été monnaie courante lors de ces deux dernières années. Les caresses, remplacées par un collier électrifié m'avait plus d'une fois brûlé la chair pour toutes sortes de raisons. Refréner une perte de contrôle en me faisant sombrer dans l'inconscience, provoquer l'activation de l'un des dons pour des tests ou encore juste pour le plaisir de la part de certains gardiens sadiques. Car après tout quand les chats ne sont pas là, les souris dansent. Et qui m'aurait écouté si j'avais dit ce qui se passait. Ma parole n'avait jamais eu lieu d'être ni la moindre importance pour eux. Je savais qu'en voyant un scientifique s'approcher de moi la souffrance n'était pas loin. Animal blessé la voir se rapprocher de moi m'avait rappelé cette sensation dans la nuque et je m'étais aussitôt raidi. Droit comme un "i" attendant la douleur devant cette approche. Pourtant en un geste plein de chaleur elle avait fini par me détendre et m'apaiser. Mon oreille entendait le rythme bienveillant de son coeur. Je me sentais protégé et mieux encore, aimé. Avec toute la douceur d'une mère je sentis son corps me bercer cherchant à me soulager de mon fardeau. Sa main glissant dans ma chevelure me confortait dans l'idée qu'Amaria n'avait jamais cessé de m'aimer. Qu'elle ne m'avait jamais abandonné. Que j'étais enfin chez moi...

Par sa gestuelle, elle se voulait rassurante, compatissante même, et les mots sortant de sa bouche me confortait dans cette idée. Elle se sentait désolé pour moi, pour ce que j'avais traversé. Mais bien que se voulant bienveillant sur le moment ces mots me faisaient l'effet d'un couteau que l'on remuait un peu plus dans la plaie. Cependant je ne pouvais que m'en prendre à moi même. J'avais été l'instigateur de cette histoire et la culpabilité serait à jamais la compagne de ma conscience. Peut être maîtrisée mais à jamais en moi. Je me sentais sale vis à vis d'Amaria. Elle qui n'était que compassion et bonté pour moi. Les douleurs ressenties durant ces deux dernières années n'étaient rien en comparaison à toute cette gentillesse qu'elle m'offrait. J'avais mal et pourtant, j'étais heureux...

D'abord crispé, mes points finirent par s'ouvrir et je m'abandonnais complètement à sa douceur. Ce contact maternel était quelque chose de si bon que je ne voulais pas qu'il s'arrête. Son menton au dessus de ma tête, ses bras enveloppant mon corps. Autant de petits gestes parfaitement naturels qui me faisaient du bien. Sans un mot, le visage plaqué contre son corps, j'écoutais ses paroles. Le poids des émotions sur l'usage de nos dons. Et l'impact qu'ils avaient dessus. Et surtout la maîtrise de ses derniers par l'apprentissage et l'entraînement. Plus encore, j'appris que je n'avais pas été le seul Asarien à avoir été traité comme un paria et une abomination. Une certaine Kyra avait connu le même sort. A l'écoute de son récit j'avais lever mon visage en direction du sien tout en refusant de quitter la chaleur de ses bras protecteur. La plupart de ces mots raisonnaient en moi tel un échos. Elle m'avait déjà parlé de cela bien avant que je ne sorte de la cellule immaculée. Comment aurais je pu l'oublier...

Toutefois la direction que prenait la conversation commença à me glacer le sang. Instinctivement ma main gauche se posa sur ma nuque pour masser la zone meurtrie à de nombreuses reprises par le passé. La plénitude du moment présent s'était fanée pour faire place à une angoisse grandissante. Aussitôt la température de mon corps chuta brutalement. Amaria aurait probablement ressenti le froid lui brûler la chair si je ne m'étais pas écarter d'elle en plaçant mes bras tendu entre nous deux. Je voulais créer une distance de sécurité, ne pas la faire souffrir d'avantage. La douleur dans ma poitrine rejaillit de plus belle et cette fois je l'agrippais de mes deux mains. J'avais mal, et je serrais les dents à me les briser. Je ne devais pas hurler... Rester calme, essayer de penser à autre chose... Tombant à genoux, recroquevillé sur moi-même je tentais de me calmer. J'avais fermé les yeux, comme pour m'aider à garder le contrôle. Ma respiration se faisait de plus en plus difficile et chaque expiration laissaient s'échapper de la buée de ma poche. Profitant d'un moment de calme j'enfonçais précipitamment ma main droite dans la poche de mon pantalon pour en sortir une petite pilule vermeille que j'avalais. Son effet se fit graduellement. Mon rythme cardiaque, qui depuis tout à l'heure était pris de frénésie, commençait à retrouver un flux normal. La douleur s'évanouissait et déjà je sentais que ma température corporelle remontait à mesure que la pilule faisait effet.

Enfin je pouvais respirer de nouveau. Me relevant lentement en m'aidant de la chaise se trouvant à la portée de ma main. Je me sentais mieux à présent. Mais je devais donner une réponse à Amaria. Mais cette fois je savais que rester debout me serait impossible. Aussi avais-je pris place sur la chaise. Là, en face de ma "mère", je croisais furtivement son regard avant de commencer...


- Mes pouvoirs sont hors de contrôle...avais-je finis par lui révéler... Lorsque j'étais dans cet endroit, les gens qui s'occupaient de moi m'avait placé une sorte de collier autour du cou. Si je dépassais un certain seuil de puissance je recevais une violente décharge électrique. J'ai cru pendant un temps que c'était une technique pour m'apprendre à réguler ma puissance. Qu'après cela j'aurais été en mesure de maîtriser ma puissance et ainsi pouvoir vivre normalement... Cependant lorsqu'ils ont commencé à en user pour déclencher mes pouvoirs, pour les forcer à se développer plus rapidement j'ai compris qu'il voulait quelque chose de plus, peu importe les conséquences. Je n'étais plus qu'un rat de laboratoire pour eux. Ballotté entre les mises en sommeil et les périodes d'éveilles je n'ai jamais eu de véritables moment d'apprentissages.

Les jambes écartés, les bras posés sur mes genoux je racontais mon histoire le visage fixant le sol. Ce n'était pas de la tristesse qui habillait mes paroles mais plutôt de la culpabilité et du remord face à la bêtise que j'avais faite. Je pensais avoir trouvé la solution à mon problème à l'époque alors qu'il n'en était rien...

- C'est mon pouvoir d'annihilation qui voulaient par dessus tout. De ce que j'ai cru comprendre il serait directement lié à mon sang. Je ne compte plus les prises de sang qui m'ont été faite et je pense que si je n'avais pas ce "blood healer" comme ils disent en moi mes bras parleraient d'eux-même... Fort de cette découverte ils ont augmenté le voltage de mon collier comme si la souffrance endurée poussait mon corps au delà de ses limites et augmentait la puissance de mes dons... Il s'avéra que c'était la solution car plus la souffrance était élevée et plus la molécule annihilante était concentrée dans mon corps. Je ne dois la vie qu'à mon atmokinésie. A cause de leurs expériences ils l'ont involontairement amplifié et fait gagner en intensité. C'est grâce à ça que j'ai pu supporter les violences des chocs électriques au fil du temps. Seulement en agissant ainsi mon corps n'était plus en mesure de supporter toute cette puissance accumulée. J'avais perdu tout contrôle sur mes pouvoirs. C'est à ce moment là que l'on m'a plongé dans un sommeil artificiel, bien que coma serait plus juste. Je n'entendais que des voix, des bruits autours de moi sans avoir la possibilité de réagir. Ils avaient joué les apprentis sorciers et j'étais devenu un jouet trop dangereux pour resté éveillé mais trop précieux pour être détruit. Comme quoi malgré tout, ils ont eu quelque chose de bon ces dons...

Amusé par la propre réflexion j'affichais un sourire furtif tout en regardant la paume de mes mains.

- Toutefois, j'ai pu de nouveau ouvrir les yeux. On m'avait sorti de mon état de stase. Plus étrange, lorsque j'avais posé mes doigts sur mon cou, j'avais découvert que le collier n'y était plus. Sur le moment j'étais réellement paniqué. Et pourtant il se s'était rien passé. Mes dons ne s'étaient pas manifestés. Je n'avais plus mal, mon corps semblait avoir absorber la puissance qui se dégageait de moi. Je pensais avoir enfin la maîtrise de mes dons. Mais la joie fit rapidement place au désespoir. je n'étais pas aussi fort que je le pensais. Durant mon hibernation forcée les scientifiques avaient réussi à mettre au point un procédé capable de réguler la puissance des pouvoirs des Asariens. Ainsi je ne devais ma maîtrise apparente qu'à ces petites pilules...finis-je par lui dire en tirant de ma poche l'une d'entre elle pour la montrer à Amaria. Sans elle je ne suis qu'une bombe à retardement.

Oui j'étais devenu dépendant de ces petites pilules. Grâce à elle j'avais réussi à trouver un semblant d'équilibre. Seulement leur efficacité ne durait pas plus de 12 heures durant lesquels mes dons étaient maintenus sous mon contrôle. Je savais que c'était une façon détourner d'y faire face. Seulement voilà, Amaria n'avait pas vu comme moi leur déchaînement lorsqu'ils ne sont pas sous l'effet de cette "drogue". Et rien que dit penser je m'étais mis à jouer nerveusement avec mes doigts...
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Amaria Saria
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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Lun 10 Avr - 11:04








Daniel était dans mes bras, apeuré, blesse, perplexe, dérouté par tout cela. Qu’avait-il donc bien pu penser ? Que j’allais le fuir en découvrant ce qu’on lui avait fait subir loin de moi ? Que j’aurai peur d’un enfant aux pouvoirs puissants et peut-être très certainement incontrôlables ? Je l’étais moi-même en quelque sorte … incontrôlable. Ne l’étions pas nous tous, nous Asariens et quel que soit notre âge ? Nous possédions en nous des dons extraordinaires et nous devions les développer autant qu’apprendre à les maitriser. Daniel me faisait penser à Héméra, ma filleule. Elle était à part, elle aussi, différente des enfants de son âge par la complexité de sa nature et des pouvoirs puissants qu’elle possédait depuis sa naissance … et même avant cela, dans le ventre de sa mère. Je serrai tendrement Daniel contre moi et le berçant doucement. Je ne devais pas le brusquer. Il devait par lui-même se laisser aller, se laisser toucher et comprendre qu’il était en sécurité. Pour le sécuriser, pour lui faire comprendre qu’il n’était pas une bête de foire, un cobaye avec un numéro sur lequel on pouvait prétendre toute sorte de tests horribles … comme chez Héméra, je désirai lui rappeler que je possédais aussi des pouvoirs comme la télépathie et que j’avais dû faire des efforts impressionnants et quotidiens pour apprendre à me protéger de moi-même. La télépathie était un don qui se développait et qui muait avec l’âge. C’était l’un des plus dangereux et des plus puissants si on n’arrivait pas à s’en préserver. Toutes ces voix à l’extérieur qui résonne dans notre tête. Toutes ces pensées qui ne sont pas les nôtres et qui arrivent à nous troubler, à nous perturber au point de nous faire croire que ce sont bien les nôtres. Et on perd alors tout contrôle sur notre propre conscience et logique.

Je devais savoir quels étaient ses pouvoirs, comment ils étaient développés et si ces tests les avaient renforcés ou dénaturés. Je sentis alors son petit corps bouger contre moi et ses bras me faire reculer. Daniel avait remis la distance entre nous deux et je respectais cet écart même si cela me faisait mal de le voir aussi perdu. Ses gestes furent si rapides, si effrayants. Ses mains pressèrent sa poitrine comme si une douleur terrible venait de l’assaillir et il tomba à genoux sur le sol. Sa respiration était difficile, son visage crispé, ses yeux fermés et maintenu par cette douleur de ne rien laissait paraitre. Je m’agenouillai face à lui tout en respectant cette distance pour ne pas le bouleverser davantage.

- Daniel … Parle-moi … Dis-moi … Qu’est ce qui se passe ?

Sa main glissa dans une des poches de son pantalon et il en sortit du bout de ses doigts, une pilule d’un éclat rouge qui m’impressionna et me fit froncer les sourcils. Daniel l’avala d’un geste vif comme si sa vie en dépendait … Mon Dieu, que lui avait-on fait durant tout ce temps … ? J’aurai voulu le toucher, lui prendre la main, mais je savais que sa situation n’accepterait aucun contact même pas le mien. J’aurai pu utiliser ma télépathie pour l’aider à se calmer, à chercher avec lui dans son esprit des moments beaux et attendrissants pour lui donner une bouffée d’oxygène supplémentaires, mais je ne le pouvais pas. Mon intrusion dans sa psyché sans son accord pourrait être encore plus désastreuse. Lentement, son corps s’apaisa, les traits de son visage se détendirent et sa respiration redevint normale. Cette pilule l’avait aidé à contrôler ses émotions, à ne pas se laisser submerger par ses pouvoirs.

Je le suivis du regard lorsqu’il se redressa en se tenant au dossier de la chaise, près de lui et moi, je restai à genoux devant lui, les deux mains posées sur mes cuisses. Daniel, fébrilement, s’installa sur la chaise et avec attention, j’écoutai son explication sur ses dons. Son histoire me glaça le sang et je fis en sorte en murer mes émotions même si cela me coutait, mais rien ne devait interférer avec ce qu’il me racontait. Je devais analyser tout ce qu’il m’avouait pour tenter de reconstituer le puzzle et d’en apprendre davantage sur les pouvoirs de Daniel. Durant ce mois de détention, il portait un collier qui n’était pas destiné à maitriser ses pouvoirs, mais bien à les développer … les dénaturés comme je m’en étais doutée. Un Asarien jeune avec des pouvoirs puissants et latents était un cobaye parfait pour ces types … Mais pourquoi ? Quel était leur but ? Je restai silencieuse et je gardais pour moi toutes mes questions.

Je tendis ma main vers son bras que je caressai affectueusement. Il continua son récit, ce cauchemar, cet enfer qu’il avait vécu sans défense, sans personne pour l’aider … Et moi qui avait cru qu’il avait disparu, retrouvé sa famille. Je l’avais cherché en vain sans aucune trace de lui alors … qu’il était si proche de moi … Je hochai la tête négativement, de gauche à droite. Il devait savoir que ce n’était pas tout à fait la vérité.

- Daniel, nos pouvoirs viennent de notre séquence ADN. Notre sang fait ce que nous sommes. Nous possédons environs 60% des dons héréditaires de nos parents, ceux de la nouvelle génération comme toi. Moi je n’en suis pas une. Et mon père … possédait des pouvoirs différents des miens. Seul mon … mon frère a hérité de cela et ceux de sa mère. Mais nous avons encore 40 % de part d’inconnue. Ce qui fait qu’en naissant, nous pouvons découvrir un pouvoir qui n’est pas attribué à nos parents.

Je pensai à Héméra. Elle possédait deux pouvoirs identiques à son père et elle avait développé la télépathie. Peut-être que cela venait aussi des parents de Grant. Je ne lui avais jamais posé la question.

- Le pouvoir d’annihilation est comme tous les dons : s’il est utilisé à des fins épouvantables, il deviendra dangereux.  L’atmokinésie n’aurait là non plus pas dû se développer aussi vite. Tu possèdes désormais dans ton corps d’adolescent, la puissance d’un Ancien. On ne joue pas avec la nature et l’Etre humain sans en payer les conséquences. Ils ont été dépassés par leurs expériences. C’était certainement leur but, de savoir à quel moment tes pouvoirs allaient se développer plus vite que ton corps.

Ma main attrapa les siennes quand il se figea devant ses paumes. Je pris la seconde pilule qu’il me montra et je l’étudiai.

- J’aimerai faire des analyses, est-ce que tu veux bien m’en laisser une ? Combien de temps durent leurs effets ?  Ecoute-moi bien Daniel, ils ont joué, comme tu as dit aux apprentis sorciers, c’était une finalité pour eux de pousser à bout les dons d’un adolescent et pouvoir  employer sur toi ce traitement. Tout ceci est contre nature, mais tes pouvoirs ne reviendront pas à leur niveau minimal. Ils ont été trop boostés pour cela.

Je lui remis la pilule et je posai mes mains sur ses épaules, toujours agenouillée face à lui.

- Daniel, c’est l’âge qui façonne les pouvoirs. Ce sont nos expériences qui les endurent et les font évoluer, mais rien n’empêche le cops et l’esprit d’être alliés et plus puissants que les dons. Tout ceci s’apprend. Il faut des entrainements comme moi j’ai eu, plus jeune, un mentor qui m’a appris à maitriser ma télépathie. Je veux savoir avant tout ce qu’il y a dans ces pilules, mais je ne suis pas certaine de trouver que des bonnes choses. Ça doit être encore un projet à eux.  Tu es fort Daniel. Tu as dépassé ces tortures, tu as trouvé un moyen de te protéger. On trouvera un moyen de te faire reprendre le contrôle sur tes pouvoirs. Et dis-toi une chose … que moi, toi, n’importe qui en Asaria, nos dons se calquent sur nos émotions. Ce n’est ni un secret, ni un mystère. C’est comme ça. C’est pour cela qu’il faut s’entrainer.
Est-ce que tu te souviens d’un nom ? Parmi ces voix dans ton coma artificiel, de leurs conversations, de mots qu’ils disaient ou répétaient ?



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MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Sam 29 Avr - 13:15

Lentement mais surement le calme s'était installé dans tout mon être. Je sentais les effets de la drogue couler dans mes veines, placer en sommeil mes dons tirés à l'extrême par les tests effectués des scientifiques. Pourtant, malgré une sérénité grandissante, je continuais de jouer nerveusement avec mes doigts comme l'effet ayant fait une bêtise. Mais n'était ce pas de cela dont il s'agissait d'une certaine manière. Par mon imprudence je n'avais fait qu'aggraver ma situation qui à mes yeux était déjà instable à l'époque. Et au lieux d'accepter pleinement la main qu'Amaria m'avait tendu j'avais choisi de m'en remettre à des inconnus. Des êtres pour qui je n'étais ni plus ni moins qu'un cobaye, un rat de laboratoire. J'ai tellement honte, je me sentais si coupable... La tête baissée, je fixais mes doigts qui s'entortillaient alors que la voix bienveillante de ma "mère" arrivait jusqu'à moi.

Pas de reproches ni de colère dans son timbre. Juste une profonde inquiétude sincère quant à ce qui m'était arrivé. A genoux face à moi, ses mains doucement posées sur mes cuisses, elle se voulait chaleureuse et maternelle. Et elle l'avait toujours été. Elle cherchait à comprendre sans pour autant me forcer la main. Mais croiser son regard n'était pas chose facile. Tellement de sentiments contradictoires flottait dans ma tête, mais rien n'était plus fort en ce moment que la honte m'écrasant l'âme. Avec calme elle m'expliqua que si nos dons avait une part d'inconnu dans notre ADN mais que la majorité était le reflet héréditaire offert par nos parents. Sa voix si claire eu un moment d'hésitation lorsqu'elle parla de son frère. Comme si il s'agissait d'un souvenir douloureux. Certes cela piqua ma curiosité, mais l'heure n'était pas à cela. Pour le moment je devais comprendre que mes dons étaient une part de ma véritable famille. Un souvenir de leur existence transmis par les gènes de mes géniteurs. Etrangement cette conversation fit écho en moi comme un souvenir de mon passé. Ce n'était peut être pas les même mots qu'elle avait employée lorsque je vivais dans ma cellule immaculée, mais nous avions déjà eu cette conversation il y a deux ans.

Par ses contacts physiques je savais qu'elle cherchait à me mettre en confiance. A recréer un lien que j'avais moi-même rompu par le passé. Elle était ouverte au pardon. Mais étais-je capable de me pardonner moi-même. Là était la question. Petit à petit, au fil de ses explications j'avais cessé de jouer avec mes doigts. Elle m'expliqua les conséquences des expériences réalisées sur ma personne. Un pouvoir trop grand vivant dans un corps encore trop jeune. C'était une chose que je ne savais que trop bien malheureusement. Toutefois lorsqu'elle employa le terme "Ancien" mon regard, qui jusqu'alors fixait le sol s'était redressé pour se plonger dans celui d'Amaria. La panique et la peur se reflétaient dans mes pupilles. Qu'est ce que cela voulait dire? Pour tenter de me calmer elle s'était saisie de mes mains, exerçant une pression pleine de douceur. Il était clair qu'elle ne voulait pas que je m'inquiète et que je sache qu'elle serait là pour moi. Qu'elle ne m'abandonnerait pas. Cherchant à la rassurer, à lui dire que j'avais compris je tentais de lui adresser un coin du bout des lèvres dès plus maladroit.

Je lui avais présenté la dite pilule vermeille tout en lui parlant. Un si petit objet était capable de me calmer, d'apaiser la douleur d'un trop grand pouvoir pour moi à l'heure actuelle. Je m'attendais à une remontrance de sa part. Une expression de colère sur son visage. Mais il n'en fût rien. Elle s'était saisie de la drogue avant de la faire rouler entre ses doigts. Son regard s'était fait plus dure, mais ce n'était pas à mon encontre. Sa concentration était totalement orientée sur le "médicament" qu'elle tenait. Déformation professionnelle en somme. La scrutant un moment sa voix ne tarda pas à refaire surface lorsqu'elle détacha son regard de l'objet. Cependant, les explications qu'elle m'exposa n'avaient rien de rassurant. Par leurs tests ils avaient dénaturé l'évolution normale de mes capacités. Une regression  était impossible. D'une certaine façon je le savais, mais c'est toujours difficile de se l'entendre dire. Il faut alors faire face à la réalité de sa condition et vivre avec. Espérer que les choses s'arranger d'un claquement de doigts n'est que pure illusion. Je devais à présent subir les conséquences de mes choix. Mais c'est tellement plus facile à dire qu'à faire.


L'effet d'une douche froide. Voilà comment je me sentais intérieurement. Petit à petit mon corps s'était recroquevillé. Entourant les bras autours de mes genoux j'avais besoin de me calmer. Mais mes pupilles trahissaient un désespoir profond. Embué par des larmes nouvelles je ne savais plus ce que je devais faire maintenant.

- En général les effets durent 12 heures...

Ma voix s'était perdue dans mes genoux lorsque j'avais plongé ma tête dans leur direction. Qu'est ce que j'allais bien pouvoir faire maintenant? Me rendant la pilule, un mouvement de ma main repoussa lentement la sienne pour lui faire comprendre qu'elle pouvait la garder. Elle voulait faire des tests aussi devait elle avoir en sa possession les éléments dont elle avait besoin. Toujours agenouillée face à moi je sentis ses mains se poser sur mes épaules. Sa compassion m'avait tellement manqué. Son soutient réussissait à apaiser ma souffrance. Comment avais-je pu croire qu'elle me balaierait de sa vie pour connaître le bonheur. J'avais été stupide...

Amaria chercha à me calmer. Par ses gestes, ses mots, elle voulait me venir en aide et me soutenir. Son appartement était comme un cocon. Un lieu de repos pour mon âme égarée. Elle me répéta que le temps était l'allié de l'apprentissage. Que pour réussir à se contrôler le mental et le physique devait se compléter et non s'affronter. Mais que faire lorsque les émotions nous submergent? Là encore il fallait s'entraîner. Comme beaucoup d'Asariens, mes dons se calquent sur les émotions de chacun. Par ses paroles elle me redonnait espoir et surtout confiance. A tel point que j'avais fini par relever la tête tout en frottant mes yeux d'un revers de la main...


- Tu me le promet?

Il y avait donc un petit espoir pour que les choses s'arrangent...J'avais encore le droit d'y croire alors. L'entraînement et la pratique seront mes alliés, avec le soutient d'Amaria. Lorsqu'elle me demanda si je me rappelais de quelque chose d'autre. De voix, de bribes de conversation la concentration figea mon visage. Cherchant dans mes souvenirs des détails qui pourraient aider la scientifique.

- C'est assez flou... Ils parlaient de tests, de l'avancée d'un projet. Un grand pas dans l'évolution de ce monde...

J'aurais tellement aimé lui donner plus de précisions. Me rendre plus utile...Mais mon subconscient n'avait assimilé que des mots. Jusqu'à ce que je me souvienne d'une chose...

- Qualitas potentia nostra ! Pour l'amour d'Asaria ! fini-je par lui dire... Ils n'arrêtaient pas de dire ça lorsqu'il parlait avec quelqu'un. Mais je ne sais pas qui.
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Amaria Saria
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Activité/Profession : Présidente de la Cité, médecin et généticienne

MessageSujet: Re: Le retour de l'enfant prodigue   Dim 30 Avr - 19:41






Le destin était un facteur inconnu, même à nous Asariens, créatures aux fabuleux pouvoirs. Nous possédions toutes et tous des dons extraordinaires, mais nous ne pouvions pas tout contrôler. Cela nous donnait encore un peu d’humanité … pour certains d’entre-nous. Et ce destin, ce hasard ou cette chance, ou plus encore, les trois combinés à la fois, m’avaient offert ce cadeau en ce début e soirée de retrouver un adolescent qui était cher à mon cœur. Daniel avait été capturé par des personnes qui avaient fait de lui, un cobaye. Il possédait des facultés puissantes malgré son jeune âge et des gens mal intentionnés s’étaient servis de lui pour faire des expériences ignobles. Nos pouvoirs étaient associés à nos gênes et c’était sur le ciblage génomique que mes recherches s’étaient naturellement tournées depuis toutes ces années.  Notre nature ne nous avait pas tout révélé bien que certains étaient persuadés que nous étions le dernier chainon de la chaine humaine, le degré le plus élevé, la race pure. Pourtant, je n’y avais jamais cru et mon père, non plus. Ses vieux carnets que j’avais découverts, racontaient ses pensées. Il m’en manquait certains que je n’avais jamais retrouvés. La formule du SEER resterait éternellement le mystère d’Ahmad Saria, disparue avec lui. Alors, je m’étais concentrée sur ce que je savais faire : la génétique pour aider les Miens. Nous avions poussé la nature à nous doter de pouvoirs, nous avions désorganisé l’équilibre pour devenir ce que nous étions aujourd’hui. Et pour ce désordre universel, nous en devions tous, chacun à sa façon, en payer le prix.

L’adolescent était brisé par les tests qu’on lui avait fait subir. Héméra aurait pu réagir comme Daniel. Ce fut son entourage, l’amour de sa mère et de toutes ces personnes autour d’elle qui ont fait en sorte de guider la petite fille et de lui apporter tout le soutien dont elle avait besoin. Daniel, lui, était tout seul dans cette chambre isolée avec ces personnes habillées en blanc. Il n’avait pas eu droit aux mêmes chances que la petite fille. Les pouvoirs d’Héméra étaient puissants et elle était plus petite en âge que Daniel. Je l’avais alors prise sous mon aile pour canaliser son énergie et surtout l’aider à maitriser sa télépathie. Elle était très forte parce qu’elle se savait aimer et elle n’avait pas peur de faire face à ses dons. L’adolescent recroquevillé sur sa chaise ne pensait pas de la même façon et c’était normal. Et le destin était peut-être un allié, après tout. C’était à moi de renverser la situation et de donner à Daniel la possibilité de contrôler des pouvoirs qui auraient dû évoluer avec lui.

- Oui, je te promets. Mais dis-toi bien que les entrainements ne reposent pas sur moi. Ils reposent sur ta volonté. Moi, je ne suis là que pour te guider et te soutenir. Tout le reste du travail, c’est à toi qu’il revient. Il faudra attendre que les effets des pilules disparaissent totalement de ton corps. C’est une fois que ton sang sera débarrassé de cette substance que nous pourrons faire ces entrainements.

Je l’avais questionné sur ses souvenirs, s’il se souvenait de conversations, de noms, de quelque chose qui pouvait m’aider. Tout ce qu’il me disait, c’était des sensations floues qui lui revenait, des bribes de mots et une phrase qu’il me répéta. Je fronçai les sourcils devant cette révélation.

- Qualitas potentia nostra … Pour l'amour d'Asaria …

Répétai-je dubitativement. Qu’est-ce que cela signifiait et pourquoi ?

- Cela me fait penser à du fanatisme, mais pourquoi alors chercher à faire des tests sur toi ? Qui serait derrière tout ceci … ? Je ne comprends pas le lien entre tout cela.

Et apparemment, je ne le comprendrais pas d’aussi tôt. Je gardai la pilule qu’il m’avait remise et je me redressai pour le laisser un instant seul. Je devais prendre soin de ce « médicament ». J’allais dans ma chambre et je déposai la pilule dans un petit écrin que j’emporterai avec moi au laboratoire, au QG des Pacificateurs, dès demain matin. Je n’avais qu’une donnée : son effet se limitait à 12 heures. Je revins près de lui, ce soir, commençait pour lui, une nouvelle vie avec ses hauts et ses bas et beaucoup d’énergie à donner.

- Tu ne peux pas arrêter brutalement ton traitement. C’est comme une drogue et ton corps serait ton propre ennemi. Il faut que tu fasses cela progressivement et cela va prendre plusieurs semaines. Tu espaceras les prises de pilules plus longtemps, au fur et à mesure. La prochaine, tu la prendras 14 heures après et tu vas le faire sur plusieurs jours. Quand ton corps et ton esprit accepteront cette nouvelle donnée, tu espaceras les prises toutes les 16 heures. Combien te reste-t-il de pilules avec toi ?

On sonna soudainement à ma porte, ce qui nous fit sursauter à tous les deux. J’avais oublié que j’avais passé commande au restaurant chinois. Je fis signe à Daniel de ne pas s’inquiéter. J’ouvris la porte pour réceptionner ma commande et la payer. Le livreur me souhaita bon appétit et je refermai la porte pour revenir dans le salon.

- J’espère que tu aimes la nourriture chinoise. Je vais commander une autre part. Il n’y en aura pas assez pour deux.

Je lui fis un clin d’œil et une fois que j’avais posé le sac sur la table, je lui tendis le flyer.

- C’est à toi de choisir. On va commencer par passer une bonne soirée avec de délicieux petits plats. Demain est un autre jour Daniel. L’espoir d’une nouvelle vie.

HRP : Cette réponse clôture ma participation à ce beau RP. N'hésite pas à répondre une dernière fois si tu le souhaite. Merci pour cet échange Smile


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